Syrie: les bataillons Zapad et Vostok à Alep, les bérets verts de la CIA à Palmyre

Le rôle des redoutables commandos tchétchènes des bataillons ZAPAD et VOSTOK dans les combats de rue pour la capture des derniers carrés de maisons  à Alep-est aurait été déterminant dans la victoire des forces syriennes, iraniennes et russes.

Alep est pratiquement sous le contrôle de Damas mais une nouvelle offensive de l’organisation terroriste connue sous le nom d’Etat Islamique en Irak et au Levant, solidement appuyée par les bérets verts de la CIA a totalement pris au dépourvu l’armée syrienne à Palmyre (Tadmor) où une base logistique gouvernementale a été prise d’assaut par une brigade terroriste. D’après des témoignages convergents, les forces rebelles ont eu recours à une nouvelle tactique: celle des essaims par vagues successives, s’assurant toujours d’une supériorité numérique de 10 contre 1 à un point d’attaque donné.

De toute évidence, russes et américains ne cachent plus l’implication directe de leurs forces spéciales dans les combats au sol en Syrie et on y assiste à une nouvelle course entre les militaires des deux puissances, rappelant étrangement la course endiablée entre américains et soviétiques vers Berlin en 1944-45.

Syrie: des militaires US et britanniques sous les bombes russes…

Des informations assez précises évoquent un raid effectué hier par des avions de combat russes contre des positions de l’organisation terroriste connue sous le nom du Front Al-Nusra près de Tenef (Syrie méridionale)

Cette position secrète a déjà fait l’objet d’un raid aérien russe et syrien en juin 2016, suscitant une très vive tension entre Londres, Moscou et Washington. C’est l’une des causes ayant amené le Département d’Etat US a étendre la liste des sanctions internationales contre la Syrie.

Ce raid aérien contre une position terroriste a failli déclencher ce que l’on redoutait le plus: une confrontation militaire directe entre les Etats-Unis d’Amérique et la Russie.

Il s’est avéré que les bombardiers russes ont visé une position clandestine américaine servant de base logistique à l’organisation terroriste Jabhet Al-Nusra.

Moscou insiste qu’il a avisé à l’avance le centre de commandement de la coalition sis en Jordanie de son intention de cibler les organisations terroristes évoluant dans la zone ciblée. Dans les faits, une vingtaine de militaires britanniques ont quitté cette position à la hâte une journée avant le raid, confirmant que leur commandement avait reçu l’avertissement russe.

L’incident a été assez sérieux pour susciter une très forte réaction US, promptement contrée par le Chef de la diplomatie russe, Serguei Lavrov.

Le Kremlin a annoncé aujourd’hui ne détenir aucune information sur un éventuel raid aérien ayant visé une « base américano-britannique » en Syrie.

En réalité, les russes ne cachent plus leur profonde exaspération vis à vis des comportements totalement irresponsables des pays de la coalition dans la guerre en Syrie, en soulignant l’inconséquence et la précipitation de Paris à mener un raid aérien à Minbej (Nord-Est d’Alep), dans une zone sous contrôle gouvernemental syrien, tuant plus d’une centaine de civils, ou encore le rôle croissant des « instructeurs » britanniques au sein des unités des organistions terroristes Nur-Eddine Zenki et Al-Nusra.

Golan: un drone peut en cacher un autre…

YassirUAV

Le drone en provenance de Syrie ayant survolé durant plus de 63 minutes la portion occupée du plateau du Golan le 17 juillet 2016 serait, selon un site proche des milieux militaires israéliens, un UAV de fabrication iranienne dénommé « Yasser« ياسر et serait une copie améliorée (reverse engineering) d’un drone US ScanEagle ayant été piraté puis abattu par la défense spatiale iranienne au dessus de leur territoire le 17 décembre 2012.

Ce type de drones est utilisé par le Hezbollah libanais mais également l’armée syrienne. Le 17 juillet, un drone similaire a survolé une zone militaire israélienne interdite au Golan et a pu revenir à sa base sans être intercepté. Deux F-16 I Sufa israéliens ont vainement tenté d’abattre l’appareil sans pilote au moyens de missiles AA (Air-Air) Python après qu’une batterie de missiles Patriot ait échoué à le détruire.

Les missiles Patriot et Python ont fait l’objet de mesures de brouillage électronique puisque les deux missiles intercepteurs se sont auto-détruit en plein vol-on évoque une collision, alors qu’un missile AA lancé par l’un des F-16I a dévié de sa trajectoire en se dirigeant vers le sol.

Les technologies embarquées par le ScanEagle US ayant été capturé par les iraniens en 2012 étaient classifiées et faisaient partie d’un programme avancé supervisé par la DARPA (Defence Advanced Research Projects Agency). Une partie de ces technologies a été fournie par les iraniens aux russes et aux chinois.

C’est en quelque sorte le fruit d’un transfert de technologies par conflit interposé…

Il était une fois un drone au dessus du Golan

Le 17 juillet 2016, un drone militaire d’un type non identifié en provenance de Syrie a survolé la portion occupée par Israël au Golan sur une distance évaluée (côté israélien) à 4 kilomètres avant de retourner en Syrie.

Entretemps, l’appareil a échappé à deux missiles Sol-Air tirés par une ou des batteries Patriot PAC-2 ainsi qu’à un ou plusieurs missiles Air-Air tirés par les deux (et non un) F-16I Sufa (Tempête) dépêchés pour intercepter l’intrus.

Cela semble nouveau mais aucunement surprenant si l’on se fie au grand bouleversement géostratégique en cours depuis l’ingénierie du chaos initiée en 2011 dans la « partie centrale du monde ».

De quel type de drone s’agissait-il?

Форпост

Pour certains analystes israéliens, ce serait un ForSpot de fabrication russe, lequel est une copie sous licence du drone israélien מרומית « Meyromit » ou Searcher. Des appareils similaires ont été utilisés par l’Armée russe en Ukraine et en Syrie. Mais qu’en est-il vraiment?

Silence radio à Damas et aucune information du côté du Hezbollah libanais, autre grand utilisateur de drones iraniens ou chinois (en fait nord-coréens) et même israéliens (le Scout est passé par les voies impénétrables de la contrebande)

En tout état de cause, cet incident démontre clairement les limites du système intercepteur Patriot (lequel a bénéficié d’une hyperpublicité que l’on peut qualifier de « mensongère » depuis le déploiement de ces premières versions au Moyen-Orient en 1991) comme il indique que le système de défense spatial de l’Etat d’Israël n’est pas aussi efficace qu’on le croit (la foi même erronée en ses capacités en matière de défense est elle-même un des éléments constitutifs de la dissuasion psychologique)

C’est donc un message à peine codé. La partie ayant transmis ce message a d’une part, tenu à faire savoir aux israéliens qu’ils doivent s’attendre à quelques grosses surprises au cas où ils seraient tentés par de nouveaux raids au Liban ou en Syrie, dix ans après la guerre de juillet 2006 au cours de laquelle l’invincibilité supposée des chars Merkava s’était effondrée, et d’autre part, que le fait accompli au Golan ne sera jamais reconnu par la Syrie.

S’agit-il d’un Forspot? Pas sûr. Par contre, il pourrait bien s’agir d’une copie iranienne d’un drone chinois (lui même copie du Searcher) doté de puissants brouilleurs électroniques…

Syrie: Ennosra en état d’alerte maximale

Le Front d’Ennosra vient de mettre en alerte l’ensemble de ses troupes tout en ordonnant l’évacuation de l’ensemble de ses QG dans la région d’Idlib. Cette alerte générale intervient alors que la puissante organisation terroriste avait déployé plus de 6000 hommes à Alep et que l’un de ces principaux camps a été détruit par les bombes de l’aviation syrienne au sud d’Idlib.

Plus au Nord, plus de 6000 hommes d’Ennosra continuent à harceler les forces armées syriennes et les forces auxilliaires (Forces mixtes et combinées de la défense nationale, Hezbollah libanais, diverses milices irakiennes, volontaires iraniens et unités des Spetsnaz russes) mais la réapparition en force et soudaine de chasseurs-bombardiers de l’armée de l’air syrienne dans le ciel semble indiquer un changement de stratégie en cours. D’où la panique d’Ennosra à Idlib où elle vient de perdre des chefs militaires.

 

Syrie: l’aviation syrienne vise un camp d’Ennosra au Sud d’Idlib

Des dizaines d’éléments du Front Ennosra, incluant des commandants opérationnels de cette organisation terroriste, ont péri le 30 mai 2016 près d’Idleb sous les bombes thermobariques de l’aviation syrienne lors d’un raid aérien d’une violence inouïe.

Un camp fortifié du Front Ennosra (Jabhet Ennosra), une puissante organisation terroriste protégée par l’Otan,  situé près de la localité de Mastouma au Sud d’Idleb, a subi un très violent bombardement aérien mené par des chasseurs bombardiers des forces aériennes syriennes.

Le Front Ennosra n’a divulgué aucune information relative à ce raid mais de source indépendante, on estime que des dizaines d’éléments armés du mouvement ont été éliminés, incluant deux commandants régionaux. La zone où se trouvait le camp fortifié d’Ennosra a été entièrement dévastée.

Ce raid aérien de l’armée de l’air syrienne inaugure une nouvelle stratégie adoptée par Damas en coordination avec Moscou. Cette stratégie vise à redonner aux forces aériennes syriennes la pré-éminence de l’action tout en renforçant ses capacités opérationnelles, mises à mal par un très violent conflit de plus de 5 années consécutives.

Pour l’histoire, l’aviation militaire syrienne a joué et continue de jouer un rôle de premier plan dans la guerre en Syrie et ce, en dépit des pertes subies et d’un manque flagrant de pièces de rechange et de carburant. On ne compte plus les hauts faits d’armes accomplis par des pilotes entraînés à affronter des F-16 et des F-15 israéliens. Depuis mars 2011, plus de 950 pilotes syriens sont morts au combat.

Mig29SyrianAF

 

Une frappe israélienne a visé un PC du Hezbollah à l’aéroport international de Damas

Une frappe israélienne a visé, mardi 10 mai 2016, un poste de commandement fortifié du Hezbollah situé à l’aéroport international de Damas, avec au moins un missile Air-Sol anti-bunker de nouvelle génération.

Dans un premier temps, Tel-Aviv et le Hezbollah avaient tous les deux démenti toute information relative à une éventuelle frappe israélienne contre des cibles de l’armée syrienne ou du Hezbollah dans les environs de Damas.

Toutefois, ce démenti confortait la véracité de l’information.

Le Chef militaire du Hezbollah en Syrie, Mustapha Badreddine, dit Dulfiquar (une épée mythique liée au mythe d’Excalibur et de la Durandal), théoricien de la guerre asymétrique et l’un des principaux tacticiens du mouvement en Syrie,  a été la cible de la frappe israélienne.

Des soldats syriens postés autour de l’aéroport international de Damas ont été les témoins d’une gigantesque explosion, laquelle ne pouvait résulter que de l’usage d’une arme de très forte puissance, que les forces rebelles ne pouvaient en aucun cas posséder.

« Selon les informations préliminaires, une grande explosion a visé l’un de nos postes près de l’aéroport international de Damas, tuant le frère commandant Mostafa Badreddine et blessant d’autres personnes », a indiqué le Hezbollah sur son site officiel en poursuivant qu’il allait « poursuivre l’enquête pour déterminer la nature et les causes de l’explosion et savoir si elle est due à un bombardement aérien, à un missile ou à un tir d’artillerie »

Peu de détails émergent de cet énième engagement des forces armées israéliennes en Syrie, un domaine relevant du tabou puisque Tel-Aviv, bien que l’un des principaux protagonistes de la guerre en Syrie, fait tout son possible pour y demeurer à l’écart, du moins aux yeux de l’opinion publique, en présentant cette guerre comme une simple guerre civile.

D’après des sources militaires syriennes, les israéliens ont utilisé pour la première fois un nouveau vecteur et une nouvelle génération de missiles anti-bunker d’une portée et d’une puissance jusque-là inconnues en précisant que les appareils ayant délivré le missile n’avaient pas pénétré l’espace aérien syrien.

 

 

La Russie n’interviendra pas en cas de guerre au Golan

La dernière rencontre du président de la fédération de Russie avec le premier ministre de l’Etat d’Israël semble avoir été un échec sur tous les plans.
Vladimir Poutine aurait laissé entendre à Benyamin Netanyahu que la Russie ne bougera pas le moindre petit doigt pour empêcher une riposte du Hezbollah libanais et de ses alliés (Damas et Téhéran) au Golan en cas d’une éventuelle agression israélienne contre le Liban.
En d’autres termes, la Russie dont les forces aériennes sont stationnées en Syrie, n’interviendra pas au sud d’un certain parallèle mais n’agira pas non plus pour dissuader la Syrie et le Hezbollah de réactiver le front du Golan (un territoire en partie occupé par Israël)  et du lac Tiberiade.
Cette mise en garde fut derrière la réunion précipitée du cabinet israélien au Golan. Une mise en scène un peu kitsch dans une caricature de Kibboutzim à l’issue de laquelle le gouvernement Netanyahu a pondu un communiqué grotesque digne d’une véritable dictature orientale où il est question de possession éternelle du plateau stratégique du Golan.
Éternelle? On est là en plein délire ésotérique. C’est une tendance lourde vu l’abêtissement universel mais au point d’en oublier l’ABC de toute politique, cela devient une sorte de charlatanisme à peine déguisé. Et c’est pour cela que nous répétons ici que le plus grand danger existentiel auquel fait face Israël n’est pas son environnement stratégique mais bel et bien Netanyahu.
L’Arabie Saoudite pousse indirectement Tel-Aviv à attaquer le Liban pour se débarrasser une fois pour toute du Hezbollah libanais. Et de fait, une éventuelle nouvelle aventure israélienne au Liban serait entièrement financée par Ryad à condition d’annihiler le Hezbollah.
Le problème est que toute évaluation rationnelle de la situation stratégique au Levant après plus de cinq années de guerre en Syrie et en Irak souligne non seulement la montée en puissance des capacités militaires du Hezbollah, mais un renforcement de ses alliés autour d’un axe fonctionnel et indépendant des circuits décisionnels « occidentaux ».
Loin d’être affaibli, le Hezbollah a acquis une formidable expérience de sa participation dans les vastes campagnes de guerre en Syrie. En dépit de pertes humaines assez importantes, le mouvement libanais a réussi à renforcer, grâce à Damas et Téhéran, sa capacité de frappe balistique et par dessus tout acquérir une solide base de données sur les cibles stratégiques israéliennes dont les centres de stockage d’ogives nucléaires, les dépôts d’hydrocarbures et d’ammoniac ainsi que les centres de fabrication d’armes bactériologiques et chimiques (lesquels seraient situés au centre des grandes agglomérations urbaines selon le secrétaire général du Hezbollah)
Mais c’est la capacité du Hezbollah à manoeuvrer sur des fronts étendus et à capturer des centres urbains et péri-urbains qui semble donner des cauchemars aux stratèges israéliens. Ces derniers n’écartent point un scénario dans lequel le Hezbollah, aidé par les unités de l’armée syrienne investirait non seulement le Golan mais la Galilée soit le Nord de la Palestine historique. Une perspective à résonance eschatologique mais bien réelle si l’on considère les facteurs actuels.
Lors de la guerre du Liban de juillet 2006, la Syrie avait activement assisté le Hezbollah à faire face militairement, non sans un certain succès, à une violente agression israélienne. C’est à partir de cette année qu’il fut décidé de punir Damas et d’y induire un changement de régime. Cependant personne n’avait pensé à une intervention russe. Un impondérable impossible à prévoir.
Sans s’attarder sur d’autres faits, on assiste actuellement à l’émergence d’un nouvel ordre au Moyen-Orient et certainement pas celui surgissant d’un chaos rêvé par les néoconservateurs pro-Israël au lendemain de la chute de Baghdad.
C’est dans ce contexte qu’un contre feu est allumé par les alliés à Alep, deuxième ville de Syrie et dernier espoir des bellicistes de Ryad, d’Ankara et de Tel-Aviv.

L’armée syrienne brise le siège de la base aérienne de Kwairess

L’armée syrienne est parvenue avec l’aide de l’aviation russe à briser l’interminable siège de la base aérienne de Kwairess, la moins importante des dix-sept bases aériennes encore opérationnelle des forces armées syriennes.

Cette base assiégée de toutes part par la rébellion syrienne de décembre 2012 à mai 2015 puis depuis mai 2015 jusqu’à cette semaine par les forces de l’organisation Daech, a non seulement résisté à une multitude d’assauts et un déluge d’obus de mortier mais a continué plus ou moins à être particulièrement active: Les Albatros L.39 ZO et ZA de la base ont pu effectuer des sorties de combat jusqu’en mai 2013 où le manque de pièces de rechange et le rationnement de carburant ont amené les défenseurs de la base à interrompre provisoirement les missions de bombardement avant de reprendre les sorties en 2014.

Le seul lien des défenseurs de la base avec le monde extérieur, bloqués à l’intérieur de la base depuis le début de la guerre en Syrie, a été une escadrille d’hélicoptères Mil MI-8 utilisée pour les réapprovisionnements en nourriture, eau, carburant, pièces de rechanges, munitions et médicaments.

Manquant d’armes lourdes et de blindés, les soldats et pilotes de l’armée syrienne assiégés dans la base ont du s’adapter et faire preuve d’habilité en exploitant au maximum les possibilités tactiques offertes par le terrain et les quatorze batteries d’artillerie antiaérienne de la base, principalement des ZPU-4 de 14.5 mm, l’omniprésent ZU-23 de 23mm  mais aussi quelques AZP S-60 (57mm) et une douzaine d’hélicoptères non équipés pour le combat.

La résistance de ces pilotes et soldats de l’armée syrienne a le mérite d’être connue. Le commandant de la base, le général Mehenna,  tué au combat lors d’un pilonnage au Howitzer M-198 US 155 mm (armement lourd capturé par Daech en Irak) guidé à l’aide de drones durant le siège n’a pas fait fléchir la détermination de ses éléments. Les mécaniciens et le peronnel non-navigant s’organisent en unités de choc et se répartissent entre les batteries antiaériennes judicieusement positionnées, des pilotes et des mécanos se convertissent en snipers en utilisant massivement des fusils Dragunov SVD et des fusils anti-matériel AM50 (12.7mm) de fabrication iranienne. Plus tard, les soldats syriens sont approvisionnés via des Mil Mi-8 de matériel russe de vision nocturne et de systèmes de détection.

Chose étrange, malgré un ballet de Mil Mi-8 quasiment incessant, peu de ces appareils à l’allure peu fine et lourde ont été atteints par la DCA de Daech, active quasiment 24h sur 24.

La base aérienne dispose encore d’un système de missile SAM S-125 et de plus de 57 appareils (sur un total initial de 92) dont de vieux Meteor britanniques déclassés ainsi que deux Mig-23.

Photographie de groupe de soldats syriens armés d'AKM dans un hangar pour avion de la base aérienne assiégée de Kwaires prise en 2014. Notez que quasiment l'ensemble de ces militaires syriens n'a bénéficié d'une permission depuis novembre 2012.
Photographie de groupe de soldats syriens armés d’AKM dans un hangar pour avion de la base aérienne assiégée de Kwairess prise par un journaliste de la télévision syrienne en 2014. Notez que quasiment l’ensemble de ces militaires syriens n’ont pas vu à quoi ressemble le monde extérieur depuis novembre 2012.

Des essaims d’insectes « voraces » lâchés dans les territoires contrôlés par Daech au Kurdistan

L’information peut paraître invraisemblable mais les divers recoupements recueillis confirment au moins une partie de ce que vient de rapporter une chaîne d’information irakienne: des essaims d’insectes particulièrement voraces ravagent des zones sous contrôle de Daech à la limite des no man’s land séparant les groupes d’assaut de l’organisation de « l’Etat Islamique en Irak et au Levant »  des unités de combattants Pechmerga au Kurdistan irakien.

Nous ne pouvons confirmer les informations concernant certaines caractéristiques de ces insectes et plus précisément leurs membres hypertrophiés. Des rumeurs évoquent un lien entre cette soudaine prolifération d’insectes exotiques et d’expériences interdites ou secrètes sur des organismes génétiquement modifiés pour le combat (source: Faculté des sciences de Bagdad) circulent en Irak.

L’Irak continue d’être confronté à une épidémie de Choléra, d’épizooties et maintenant à une prolifération d’insectes tueurs. Des cas de prolifération d’insectes tueurs exotiques ont déjà été rapportés à plusieurs reprises dans ce pays après son invasion par les forces US en mars 2003.

L’utilisation d’agents chimiques et bactériologiques au Moyen-Orient fait suite à la création artificielle de Daech et l’échec de ce dernier à semer un chaos généralisé après l’intervention directe russe en Syrie en date du 30 septembre 2015.

Vers un renversement de situation au Proche-Orient

La période du « Printemps arabe » touche à sa fin. Désormais, la Maison-Blanche et le Kremlin sont en train de redessiner les contours du « Moyen-Orient élargi ». Cependant, leur accord conclu avant l’intervention militaire russe en Syrie pourrait être modifié par le changement de l’équilibre des forces. Rien ne prouve que Moscou acceptera la stabilisation de la Syrie et fermera les yeux sur la partition de la Turquie et de l’Arabie saoudite qui vont commencer. Quoi qu’il en soit, le bouleversement qui s’annonce modifie la donne établie depuis cinq ans. La plupart des puissances impliquées essayent donc de retourner leur veste avant les autres.

La presse, dans quelque pays que ce soit, est tellement occupée à scruter la position de son propre État dans le conflit du Proche-Orient qu’elle ignore les négociations globales entre la Maison-Blanche et le Kremlin [1] et, du coup, interprète de travers les événements secondaires. Pour clarifier l’agitation diplomatique actuelle, nous devons donc revenir à l’accord USA-Russie de septembre dernier.

La partie publique de cet accord a été formulée par la Russie dans un document distribué le 29 septembre au Conseil de sécurité de l’Onu [2]. Il indique que, pour rétablir la paix et la stabilité en Afrique du Nord et au Proche-Orient, il faut et il suffit (1) d’appliquer les résolutions du Conseil de sécurité —ce qui implique notamment le retrait d’Israël sur ses frontières de 1967— et (2) de lutter contre l’idéologie terroriste —c’est-à-dire à la fois contre les Frères musulmans créés par le Royaume-Uni et soutenus par la Turquie, et contre le wahhabisme propagé par l’Arabie saoudite—.

Il avait été initialement prévu que la Russie fasse adopter une résolution en ce sens lors de la réunion du 30 septembre du Conseil de sécurité. Cependant, les États-Unis s’y sont opposés dans l’heure précédente [3]. Sergey Lavrov a alors présidé la séance sans évoquer son projet. Cet événement majeur ne peut s’interpréter que comme un désaccord tactique qui ne doit pas entraver un accord stratégique.

Le 20 octobre, le président Vladimir Poutine recevait au Kremlin son homologue syrien, Bachar el-Assad, en présence de ses ministres de la Défense et des Affaires étrangères, du secrétaire général du Conseil russe de sécurité nationale et du chef des services secrets. L’entretien portait sur l’application du plan russo-états-unien, incluant celle du Communiqué de Genève du 30 juin 2012 [4]. Le président el-Assad faisait valoir qu’il suit les instructions de ce Communiqué et, notamment, qu’il a intégré dans son gouvernement les partis d’opposition qui en ont fait la demande conformément à la description que le Communiqué fait d’un Organe gouvernemental de transition.

S’étant assuré que les deux pays avaient une même lecture du Communiqué de Genève, la Russie et les États-Unis décidèrent de mettre au pas les États dissidents, à savoir la France, la Turquie et l’Arabie saoudite. Sachant que la position française n’est pas fondée sur des intérêts réalistes, mais s’explique exclusivement par un fantasme colonial et par la corruption de son gouvernement par l’argent turc et saoudien [5], la Maison-Blanche et le Kremlin décidèrent de traiter uniquement la source du problème, à savoir Ankara et Riyad. Le 23 octobre, John Kerry et Sergey Lavrov reçurent donc leurs homologues turc et saoudien à Vienne. Aucun texte final n’a été publié. Cependant, il semble que la Russie ait menacé les deux invités sans que les États-Unis ne prennent leur défense.

Affolé d’une possible entente russo-états-unienne contre la Turquie et l’Arabie saoudite, la France convoqua alors un « dîner de travail », et non un « sommet diplomatique », à Paris. L’Allemagne, l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis, les États-Unis, l’Italie, la Jordanie, le Qatar, le Royaume-Uni et la Turquie « évoquèrent » et non « décidèrent » le sort de la Syrie. Le format de cette réunion correspond à celui du « Core Group » des « Amis de la Syrie », sauf l’Égypte qui a déjà secrètement rejoint le camp de la Syrie. Le fait d’avoir été contraint d’inviter les États-Unis a plombé la réunion. Là encore, pas de texte final.

Enfin, le 30 octobre, les États-Unis et la Russie réunissaient un plus vaste aréopage comprenant tous les participants aux deux réunions précédentes plus l’Égypte, la Chine, l’Irak, l’Iran, le Liban, Oman, l’Union européenne et les Nations unies. Si la presse s’est esbaudie de la présence de l’Iran qui avait été tenu à l’écart de tout règlement depuis le début du conflit, elle n’a pas relevé le retour de l’Égypte du maréchal al-Sissi qui rentre sur la scène internationale grâce à la découverte de ses nouvelles réserves de pétrole, ni de l’absence persistante de la principale puissance régionale, Israël. Ce dernier point ne peut s’expliquer que dans le cas où l’État hébreu avait obtenu préalablement la garantie de parvenir à un de ses objectifs de guerre, la création d’un État colonial au Nord de la Syrie.

Les participants ont tous été priés de signer une déclaration finale que seuls les Russes et les Iraniens ont prit soin de diffuser [6]. Et pour cause : elle marque la défaite des faucons US. En effet, dans son point 8, il est indiqué que le « processus politique » —et non pas le « processus de transition »— sera conduit par les Syriens, propriété des Syriens, et que le Peuple syrien décidera du futur de la Syrie [7]. Cette formulation lourde invalide le document Feltman qui constitue l’objectif depuis plus de trois ans des faucons US, des Français, des Turcs et des Saoudiens : la capitulation totale et inconditionnelle de la République arabe syrienne [8].

Le projet US se poursuit malgré l’accord avec la Russie

La suite des événements devrait donc logiquement être la mise au pas de la Turquie, de l’Arabie saoudite et de la France, ce qui pourrait être fait tout en poursuivant les objectifs initiaux US.

Pour la Turquie, après le scrutin probablement truqué du 1er novembre et la victoire de l’AKP [9], la guerre civile devrait s’étendre et se développer [10] jusqu’à la partition du pays en deux, puis à la fusion du Kurdistan turc, du Kurdistan irakien et d’un territoire arabe syrien occupé par les Kurdes syriens et les États-Unis. D’ores et déjà, le YPG et les États-Unis conquièrent ensemble un territoire arabe au Nord de la Syrie. Le YPG qui, jusqu’au mois dernier, recevait ses armes et ses soldes de Damas, s’est retourné contre la République arabe syrienne. Ses miliciens envahissent les villages conquis, expulsent les enseignants et décrètent la kurdisation forcée des écoles. Le Kurde, qui était parlé et enseigné à l’école, devient la langue unique et obligatoire. Les milices de la République arabe syrienne, notamment les Assyriens, en sont réduites à défendre leurs écoles par les armes contre leurs compatriotes kurdes [11].

De son côté le roi Salman d’Arabie saoudite doit encaisser sa défaite au Yémen ; un voisin qu’il avait envahi officiellement pour soutenir un président en fuite, en réalité pour exploiter avec Israël le pétrole du « Quart vide » [12]. Coup sur coup, les Émirats arabes unis et l’Égypte se sont retirés de sa Coalition. Les premiers après avoir essuyé de lourdes pertes parmi leurs officiers, les seconds plus discrètement, laissant les opérations militaires aux seules mains des Israéliens. Les Houthis, poussés vers le Nord par les bombardements, ont effectué plusieurs incursions en Arabie saoudite et y ont détruit des bases militaires aériennes et leurs matériels. Les soldats saoudiens, presque tous des étrangers servant sous écusson saoudien, ont déserté en masse contraignant le roi à prendre un décret contre les abandons de poste. Pour éviter un désastre militaire, l’Arabie saoudite a alors sollicité de nouveaux alliés. Contre de l’argent sonnant et trébuchant, le Sénégal a envoyé 6 000 hommes et le Soudan 2 000. La Mauritanie hésite à envoyer un contingent. Le roi, dit-on, aurait également sollicité l’armée privée Academi (ex-Blackwter/Xe) qui recruterait actuellement des mercenaires en Colombie. Ce fiasco est directement imputable au prince Mohammed ben Salmane, qui a revendiqué l’initiative de cette guerre. Ainsi, il affaiblit l’autorité de son père, le roi Salman, et fait gronder la contestation des deux clans exclus du pouvoir, ceux de l’ancien roi Abdallah et du prince Bandar. Logiquement ce conflit devrait aboutir à un partage de leur héritage entre les trois clans et donc à un partage du royaume en trois États.

Ce n’est qu’après ces nouveaux conflits que la paix devrait revenir dans la région, sauf dans la partie arabe colonisée par le nouveau Kurdistan, appelée à devenir le nouveau point de fixation des antagonisme régionaux en lieu et place de la Palestine.

Mais même écrit, le futur est incertain. Le renversement du rapport de forces entre Washington et Moscou [13] pourrait modifier leur accord.

Les rats quittent le navire

Alors que les mauvais joueurs annoncent sans sourciller que l’intervention militaire russe en Syrie n’apporte pas les résultats escomptés par Moscou, les jihadistes en fuite se replient en Irak et en Turquie. Le chef d’état-major US, le général Joseph Dunford, a admis, le 27 octobre lors d’une audition au Sénat, que désormais les armes parlaient en faveur de la République arabe syrienne [14]. Tandis que le Commandeur suprême de l’Otan, le général Philip Breedlove, a déclaré, le 30 octobre lors d’une conférence de presse au Pentagone, que c’est une litote de dire que la situation évolue de jour en jour et menace désormais la sécurité de l’Europe [15].

Force est de constater que l’alliance entre les partisans du chaos et ceux de la recolonisation va non seulement perdre en Syrie, mais que l’Alliance atlantique elle-même ne peut plus prétendre à la domination globale. Du coup, une soudaine agitation traverse les chancelleries, beaucoup affirmant qu’il est temps de parvenir à la paix —ce qui sous-entend qu’ils pensaient jusque là différemment—.

Les « retournements de veste » qui s’annoncent à propos de la Syrie auront comme première conséquence la consécration du rôle international de la République islamique d’Iran et de la Fédération de Russie ; deux acteurs que la presse occidentale présentait, il y a quatre mois encore, comme totalement isolés et voués à de terribles difficultés économiques ; deux puissances qui sont désormais les premières forces militaires, régionale pour l’Iran et globale pour la Russie ; et comme seconde conséquence le maintien au pouvoir du président el-Assad dont on annonce depuis cinq ans qu’« il doit partir ».

Dans ce contexte, la propagande de guerre continue imperturbablement, affirmant que si ce ne sont pas les bombardements russes qui tuent des civils, c’est l’armée syrienne qui les bombarde ; imputation confirmée par la matrice des organisations terroristes, les Frères musulmans, via leur Observatoire syrien des Droits de l’homme. Ou encore que la Russie est pressée de négocier car son intervention lui revient cher —comme si elle ne l’avait pas budgétisée durant sa longue préparation—. Jamais à court d’invention, le directeur de la CIA, John Brennan, prétend quant à lui que la Russie s’apprête à lâcher le président el-Assad, alors même que le président Poutine s’est gaussé de cette auto-persuasion quelques jours plus tôt, au Club de Valdai.

En France, la révolte gagne la classe politique. Les quatre principaux leaders de la droite, Dominique de Villepin, François Fillon, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy ont chacun de leur côté déclaré qu’il est absurde de s’aliéner la Russie et de ne pas reconnaitre la défaite en Syrie. Cependant Alain Juppé, qui joua un rôle central dans le début de la guerre, notamment en signant un traité secret avec la Turquie, persiste à conserver l’objectif de renverser la République arabe syrienne, plus tard. À gauche, plusieurs leaders envisagent de prochains voyages à Damas.

La panique devant les changements prévisibles est en fait générale. Si Nicolas Sarkozy s’est précipité chez le président Poutine, le vice-chancelier allemand, Sigmard Gabriel, également [16]. Il a plaidé pour que l’on referme les contentieux et les aigreurs du passé et que l’on renoue le dialogue avec la Russie. Il était temps.

Thierry Meyssan

Source: Voltairenet

Notes:

[1] « Moscou et Washington entendent refonder les relations internationales », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 octobre 2015.

[2] « Proposition russe d’un débat au Conseil de sécurité sur le terrorisme », Réseau Voltaire, 1er octobre 2015.

[3] “Lavrov to chair Security Council’s meeting on fighting terrorism”, Tass, September 30, 2015.

[4] « Communiqué final du Groupe d’action pour la Syrie », Réseau Voltaire, 30 juin 2012.

[5] « Pourquoi la France veut-elle renverser la République arabe syrienne ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 octobre 2015.

[6] “Joint Statement on the outcome of the multilateral talks on Syria”, Voltaire Network, 30 October 2015.

[7] “This political process will be Syrian led and Syrian owned, and the Syrian people will decide the future of Syria”.

[8] « Deux épines dans le pied d’Obama », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 31 août 2015.

[9] « Vers la fin du système Erdoğan », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 15 juin 2015.

[10] « La Turquie en danger », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 27 juillet 2015.

[11] « Les États-Unis et Israël débutent la colonisation du Nord de la Syrie », Réseau Voltaire, 1er novembre 2015.

[12] « Les projets secrets d’Israël et de l’Arabie saoudite », par Thierry Meyssan ; « Pourquoi l’Occident est-il silencieux sur la guerre du Yémen ? », par Martha Mundy, Traduction Alasso, Counterpunch, Réseau Voltaire, 22 juin et 4 octobre 2015.

[13] « L’armée russe affirme sa supériorité en guerre conventionnelle », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 19 octobre 2015.

[14] “Dunford Tells Senate Now is Time to Reinforce Iraqi Success Against ISIL”, Jim Garamone, DoD News, October 27, 2015.

[15] “Department of Defense Press Briefing by General Breedlove in the Pentagon Briefing Room”, October 30, 2015.

[16] « L’Allemagne tente de se sortir du conflit syrien », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie), Réseau Voltaire, 29 octobre 2015.

Pourquoi la France veut-elle renverser la République arabe syrienne ?

La France est aujourd’hui la principale puissance qui appelle au renversement de la République arabe syrienne. Alors que la Maison-Blanche et le Kremlin négocient en secret la manière de se débarrasser des jihadistes, Paris persiste à accuser le « régime de Bachar » (sic) d’avoir créé Daesh et à déclarer qu’après avoir éliminé l’Émirat islamique, il conviendra de renverser la « dictature alaouite » (re-sic). La France est publiquement soutenue par la Turquie et l’Arabie saoudite, et en sous-main par Israël.

Comment expliquer ce positionnement de perdant alors que la France n’a aucun intérêt économique ou politique dans cette croisade, que les États-Unis ont cessé de former des combattants contre la République, et que la Russie est en train de réduire en cendre les groupes jihadistes ?

La plupart des commentateurs ont souligné à juste titre les liens personnels du président Nicolas Sarkozy avec le Qatar, sponsor des Frères musulmans, et ceux du président François Hollande, également avec le Qatar, puis avec l’Arabie saoudite. Les deux présidents ont fait financer illégalement une partie de leurs campagnes électorales par ces États et ont bénéficié de toutes sortes de facilités offertes par ces mêmes États. En outre, l’Arabie saoudite détient désormais une partie non-négligeable des entreprises du CAC40, de sorte que son désinvestissement brutal causerait de graves dommages économiques à la France.

Je voudrais évoquer ici une autre hypothèse explicative : les intérêts coloniaux de certains dirigeants français. Pour cela, un retour en arrière est nécessaire.

Les accords Sykes-Picot

Durant la Première Guerre mondiale, les Empires britannique, français et russe sont secrètement convenus de se partager les colonies des Empires austro-hongrois, allemand et ottoman lorsqu’ils seraient vaincus. À l’issue de négociations secrètes à Downing Street, le conseiller du ministre de la Guerre et supérieur de « Lawrence d’Arabie », Sir Mark Sykes, et l’envoyé spécial du Quai d’Orsay, François Georges-Picot, décident de partager la province ottomane de la Grande Syrie entre eux et en informent le Tsar.

Les Britanniques, dont l’Empire était économique, s’approprient les zones pétrolières connues à l’époque et la Palestine pour y installer une colonie de peuplement juive. Leur territoire s’étendait sur ceux de l’État de Palestine, d’Israël, de la Jordanie, de l’Irak et du Koweït actuels. Paris, qui était partagé entre partisans et adversaires de la colonisation, admettait quant à lui une colonisation à la fois économique, culturelle et politique. Il s’appropria donc les territoires du Liban et de la Petite Syrie actuels dont près de la moitié de la population à l’époque était chrétienne et dont il se déclarait le « protecteur » depuis François Ier. Enfin, les lieux saints de Jérusalem et de Saint-Jean d’Acre devaient être internationalisés. Mais en réalité, ces accords ne furent jamais pleinement appliqués à la fois parce que les Britanniques avaient pris des engagements contradictoires et surtout parce qu’ils entendaient créer un État juif pour poursuivre leur expansion coloniale.

Jamais les « démocraties » britannique et française ne débattirent publiquement de ces accords. Ils auraient choqué les Peuples britanniques et auraient été rejetés par le Peuple français. Les accords Sykes-Picot sont révélés par les révolutionnaires bolcheviks qui les découvrent dans les archives du Tsar. Ils provoquent la fureur des Arabes, mais les Britanniques et les Français ne réagissent pas aux agissements de leurs gouvernements.

L’idée coloniale française

La colonisation française a débuté sous Charles X avec la conquête sanglante de l’Algérie. C’était une question de prestige qui ne fut jamais validée par les Français et déboucha sur la révolution de Juillet 1830.

Mais l’idée coloniale n’est apparue en France qu’après la chute du Second Empire et la perte de l’Alsace-Moselle. Deux hommes de gauche, Gambetta et Jules Ferry proposent de partir à la conquête de nouveaux territoires en Afrique et en Asie à défaut de pouvoir libérer l’Alsace et la Moselle occupées par le Reich allemand. Ils s’unissent avec les intérêts économiques de la droite liés à l’exploitation de l’Algérie.

Comme la motivation de dérivatif à la libération du territoire national n’est pas très glorieuse, les amis de Gambetta et de Ferry vont l’enrober d’un discours mobilisateur. Il ne s’agit pas de satisfaire des appétits expansionnistes ou économiques, mais de « libérer des peuples opprimés » (sic) et de les « émanciper » de cultures « inférieures » (re-sic). C’est beaucoup plus noble.

À l’Assemblée nationale et au Sénat, les partisans de la colonisation avaient créé un lobby pour défendre leurs appétits : le « Parti colonial ». Le terme de « parti » ne doit pas ici induire en erreur, il ne désigne pas une formation politique mais un courant de pensée trans-partisan, réunissant une centaine de parlementaires de droite et de gauche. Ils s’adjoignirent de puissants hommes d’affaires, des militaires, des géographes et de hauts fonctionnaires, comme François Georges-Picot. Si très peu de Français s’intéressaient à la colonisation avant la Première Guerre mondiale, ils furent beaucoup plus nombreux durant l’Entre-deux-Guerres… c’est-à-dire après la restitution de l’Alsace et de la Moselle. Le Parti colonial, qui n’était plus alors que celui du capitalisme aveugle enrobé de droit-de-l’hommisme, tenta de convaincre la population à travers de grandes manifestations comme la sinistre Exposition coloniale de 1931 et connut son apogée avec le Front populaire de Léon Blum, en 1936.

La colonisation de la Petite Syrie

À l’issue de la Guerre et de la chute de l’Empire ottoman, le chérif Hussein des deux Mosquées de La Mecque et de Médine proclame l’indépendance des Arabes. Conformément aux engagements de « Lawrence d’Arabie », il se proclame « roi des Arabes », mais est rappelé à l’ordre par la « perfide Albion ».

En 1918, son fils, l’émir Fayçal, proclame un gouvernement arabe provisoire à Damas tandis que les Britanniques occupent la Palestine et les Français la côte méditerranéenne. Les Arabes tentent de créer un État unitaire, multiconfessionnel, démocratique et indépendant.

Le président US, Woodrow Wilson a réconcilié son pays avec le Royaume-Uni autour du projet commun de création d’un État juif, mais il est opposé à l’idée de coloniser le reste de la région. Quittant la conférence de Versailles, la France se fait octroyer un mandat par le Conseil suprême inter-alliés pour administrer sa zone d’influence lors de la conférence de San Remo. La colonisation avait trouvé un alibi juridique : il fallait aider les Levantins à s’organiser après la chute des Ottomans.

Les premières élections démocratiques sont organisées en Syrie par le gouvernement arabe provisoire. Elles donnent la majorité du Congrès général syrien à des caciques sans véritable couleur politique, mais l’assemblée est dominée par les figures de la minorité nationaliste. Elle adopte une Constitution monarchique et bicamérale. À l’annonce du mandat français, le Peuple se soulève contre l’émir Fayçal qui a décidé de collaborer avec les Français et les Maronites du Liban qui le soutiennent. Paris envoie la troupe sous les ordres du général Gouraud, un membre du « Parti colonial ». Les nationalistes syriens lui livrent bataille à Khan Mayssaloun où ils sont écrasés. La colonisation commence.

Le général Gouraud sépare d’abord le Liban —où il dispose du soutien des Maronites— du reste de la Syrie qu’il s’efforce de gouverner en divisant et en opposant les groupes confessionnels. La capitale de la « Syrie » est transférée à Homs, une petite ville sunnite, avant de revenir à Damas, mais le pouvoir colonial reste basé au Liban, à Beyrouth. Un drapeau est donné à la colonie, en 1932, il est composé de trois bandes horizontales représentant les dynasties Fatimides (vert), Omeyyades (blanc) et Abbasides (noir), symboles des musulmans chiites pour la première et sunnites pour les deux suivantes. Les trois étoiles rouges représentent les trois minorités chrétienne, druze et alaouite.

La France entend faire du Liban un État maronite, car les Maronites sont des chrétiens reconnaissant l’autorité du pape, et de la Syrie un État musulman. Elle ne cessera de combattre les chrétiens de la Petite Syrie car majoritairement orthodoxes.

En 1936, la gauche accède au pouvoir en France avec le gouvernement du Front populaire. Il accepte de négocier avec les nationalistes arabes et leur promet l’indépendance. Le sous-secrétaire d’État aux protectorats du Maghreb et aux mandats du Proche-Orient, Pierre Viénot, négocie l’indépendance du Liban et de la Syrie (comme il avait tenté de la faire pour la Tunisie). Le Traité est ratifié à l’unanimité par le Parlement syrien, mais ne sera jamais présenté par Léon Blum —membre du « Parti colonial »— au Sénat.

Dans la même période, le gouvernement du Front populaire décide de séparer la ville d’Antioche de la Petite Syrie et propose de la rattacher à la Turquie, ce qui sera fait en 1939. De cette manière, Léon Blum entend se débarrasser des chrétiens orthodoxes dont le patriarche est titulaire de la chaire d’Antioche et que les Turcs ne manqueront pas de réprimer.

Finalement, c’est la division de la France durant la Seconde Guerre mondiale qui mettra fin à la colonisation. Le gouvernement légal de Philippe Pétain tente de maintenir le mandat, tandis que le gouvernement légitime de Charles De Gaulle proclame l’indépendance du Liban et de la Syrie, en 1941.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Gouvernement provisoire de la République met en œuvre le programme du Conseil national de la Résistance. Pourtant, le « Parti colonial » s’oppose aux indépendances des peuples colonisés. Le 8 mai 1945, c’est le massacre de Sétif (Algérie) sous le commandement du général Raymond Duval, le 29 mai, c’est celui de Damas sous le commandement du général Fernand Olive. La ville est bombardée par l’aviation française durant deux jours. Une grande partie du souk historique est détruite. L’hémicycle du Congrès du Peuple syrien lui-même est bombardé.

L’ambition coloniale de la France en Syrie depuis 2011

Alors que le président Nicolas Sarkozy avait invité son homologue syrien, Bachar el-Assad, aux cérémonies du 14 juillet 2008 aux Champs-Élysées en célébrant ses avancées démocratiques, il négocie avec les États-Unis et le Royaume-Uni le remodelage du « Moyen-Orient élargi » en 2009-10. La secrétaire d’État Hillary Clinton le convainc de relancer le projet colonial franco-britannique sous la guidance états-unienne, c’est la théorie du « leadership par l’arrière ».

Le 2 novembre 2010 —c’est-à-dire avant le « Printemps arabe »—, la France et le Royaume-Uni signent une série de documents connus comme les Accords de Lancaster House. Si la partie publique indique que les deux États mettront en commun leurs forces de projection (c’est-à-dire leurs forces coloniales), la partie secrète prévoit d’attaquer la Libye et la Syrie, le 21 mars 2011. On sait que la Libye sera attaquée deux jours plus tôt par la France, soulevant la colère du Royaume-Uni qui était ainsi doublé par son allié. L’attaque de la Syrie n’aura, par contre, jamais lieu car le commanditaire, les États-Unis, changera d’avis.

Les Accords de Lancaster House ont été négociés pour la France par Alain Juppé et le général Benoît Puga, un partisan enragé de la colonisation.

Le 29 juillet 2011, la France créée l’Armée syrienne libre (les « modérés »). Contrairement à la communication officielle autour de son chef, le colonel Riyad el-Asaad, ses premiers éléments ne sont pas des Syriens, mais des Libyens membres d’al-Qaïda. Riyad el-Asaad n’est qu’une couverture chargée de donner le vernis syrien. Il a été choisi en raison de son homonymie avec le président Bachar el-Assad avec lequel il n’a aucun lien de parenté. Cependant, ignorant que les deux noms ne s’écrivent pas de la même manière en arabe, la presse atlantiste voit en lui le signe la « première défection au sein du régime ».

L’Armée syrienne libre (ASL) est encadrée par des légionnaires français, détachés de leur corps et mis à la disposition de l’Élysée et du général Benoît Puga, le chef d’état-major privé du président Sarkozy. L’ASL reçoit comme drapeau celui de la colonisation française.

Actuellement, l’ASL n’est plus une armée permanente. Mais sa marque est utilisée ponctuellement pour des opérations imaginées par l’Élysée et effectuées par des mercenaires des autres groupes armés. La France persiste à distinguer des jihadistes « modérés » et d’autres « extrémistes ». Il n’existe pourtant aucune différence de personnel ou de comportement entre les deux groupes. C’est l’ASL qui débuta les exécutions d’homosexuels en les jetant du haut des toits d’immeubles. C’est également l’ASL qui diffusa une vidéo de l’un de ses dirigeants cannibale mangeant le cœur et le foie d’un soldat syrien. La seule différence entre modérés et extrémistes, c’est leur drapeau : celui de la colonisation française ou celui du jihad.

Début 2012, les légionnaires français escortent les 3 000 combattants de l’ASL à Homs, l’ancienne capitale de la colonisation française, pour en faire la « capitale de la révolution ». Ils se retranchent dans le quartier neuf de Baba Amr et proclament un Émirat islamique. Un tribunal révolutionnaire condamne à mort plus de 150 habitants qui étaient restés dans le quartier et les fait égorger en public. L’ASL tint un siège d’un mois protégée par des postes de tir de missiles anti-tanks Milan, mis à disposition par la France.

Lorsque le président François Hollande relance la guerre contre la Syrie, en juillet 2012, il conserve —fait unique dans l’histoire de France— le chef d’état-major privé de son prédécesseur, le général Benoît Puga. Il reprend la rhétorique et la gesticulation coloniale. Ainsi, il déclare que la République arabe syrienne est une « dictature sanguinaire » (il faut donc « libérer un peuple opprimé ») et que le pouvoir est confisqué par la minorité alaouite (il faut donc « émanciper » les Syriens de cette horrible secte). Il fait interdire aux réfugiés syriens en Europe de participer aux élections qui se tiennent dans leur pays et décide à leur place que le Conseil national syrien —non élu— est leur représentant légitime. Son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, déclare que le président démocratiquement élu, Bachar el-Assad, « ne mérite pas d’être sur la Terre ».

Les déclarations de Valéry Giscard d’Estaing

Le 27 septembre dernier, l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing accorda une interview d’une page au quotidien Le Parisien/Aujourd’hui en France à propos des réfugiés et de l’intervention russe contre les terroristes en Syrie. Il y déclare : « Je m’interroge sur la possibilité de créer un mandat de l’Onu sur la Syrie, pour une durée de cinq ans ».

Jamais l’Onu n’a accordé de « mandat » depuis sa création. Ce simple mot renvoie aux affres de la colonisation. Jamais non plus un leader français n’avait ainsi évoqué publiquement l’ambition coloniale française depuis l’indépendance de l’Algérie, il y a 53 ans.

Il importe ici de rappeler que Geneviève, la sœur de François Georges-Picot (celui des Accords Sykes-Picot), épousa le sénateur Jacques Bardoux —membre du « Parti colonial »—. Leur fille, May Bardoux, épousa quant à elle le président de la Société financière française et coloniale, Edmond Giscard d’Estaing, le père de l’ancien président français.

Ainsi, la solution du problème syrien, selon le petit neveu de l’homme qui négocia avec les Britanniques le mandat français sur la Syrie, c’est de recoloniser le pays.

Thierry Meyssan

Voltairenet

Source : « Pourquoi la France veut-elle renverser la République arabe syrienne ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 octobre 2015, www.voltairenet.org/article189002.html

Syrie, quelle est la stratégie russe?

Quelle est la stratégie de Vladimir Poutine en Syrie? Défendre un réduit Alaouite afin de sécuriser l’accès de la Russie aux mers chaudes ou à l’inverse renverser l’Etat Islamique afin de contrôler l’ensemble du Moyen-Orient? Pour répondre à cette question, il convient de replacer l’intervention russe en perspective historique et géopolitique.

L’intervention Russe, une revanche sur la guerre de Crimée

Depuis plusieurs siècles, la Russie affirme son droit à la protection des minorités orthodoxes du Levant.Soue ce rapport, la France qui a protégé traditionnellement les chrétiens d’Orient – et la Russie, se trouvent en positions quasi concurrentes. Cette rivalité s’est d’ailleurs cristallisée dans la guerre de Crimée (1853-1856) pendant laquelle l’Empire Ottoman, allié à la France et l’Angleterre, s’est opposé à la Russie.

A l’inverse de Lord Palmerston, tenant d’une politique punitive envers la Russie, Napoléon III adopte alors une attitude conciliante envers le Tsar, qui participe au renouveau de l’influence française en Europe. Une fois la Russie évincée du Levant, la France se trouve dans l’obligation d’assurer la protection de la Syrie. Lorsque 6000 chrétiens sont massacrés à Damas du 9 au 18 juillet 1860, la France réagit avec fermeté en faisant adopter un protocole international le 3 août 1860 : un corps de troupes européennes de 6 000 hommes est dirigé vers la Syrie afin de contribuer au rétablissement de la tranquillité. Il s’agit de la première expédition à but humanitaire de l’histoire. Aujourd’hui, les acteurs géopolitiques n’ont pas fondamentalement changé au Levant, à la différence près que les Etats-Unis se sont substitués à la Grande-Bretagne. En revanche, les rôles sont inversés: la Russie a pris la place abandonnée par la France.

La Syrie, nouvelle Ukraine

La Syrie se présente en quelque sorte comme l’Ukraine de l’Iran. L’Empire Sassanide s’appuyait en effet jadis sur trois espaces stratégiques : la plaine irakienne, la façade maritime syrienne et les hauts plateaux yéménites. A la différence des déserts qui les entourent, ces régions sont en premier lieu des espaces agricoles à hauts rendements. Leur agriculture intensive permet d’ailleurs de nourrir une population nombreuse. Ces riches foyers d’agriculture et de population sont donc interconnectés depuis l’antiquité. En second lieu, ces espaces constituent des entrepôts commerciaux connectés à la mer. Ils relient la Perse, recluse dans ses montagnes, à l’économie-monde. Sans cette connexion maritime, seul levier de puissance, l’Iran reste un empire confiné. En troisième lieu ces espaces partagent des traits religieux communs depuis le XVIe siècle, période pendant laquelle le chiisme devient religion d’Etat en Perse. Ces espaces sont fédérés par un clergé et des lieux de pèlerinage partagés. Bref, l’Irak, la Syrie et le Yémen constituent les anciennes fenêtres d’un l’Empire effondré. La Syrie, espace agricole peuplé, connecté au commerce maritime, et cousine religieusement de l’Iran, se présente donc comme l’Ukraine de la Russie.

La Syrie utile, une bande littorale soumise aux invasions de la vallée de l’Euphrate

Le véritable poumon économique de la Syrie se situe sur la bande littorale. Le climat doux  y permet la culture de céréales et l’implantation de vergers. La plaine humide a donné naissance à une polyculture de subsistance orientée vers le tabac, le coton, ou encore le maraîchage. C’est ici que se situe le véritable cœur économique de la Syrie. La population de cette Syrie « utile » est essentiellement alaouite. L’axe principal relie les villes majeures du pays : Damas, Homs et Alep. A l’Est, l’Euphrate traverse le pays du Nord-Ouest vers le Sud-Est, et laisse une « cicatrice verte » dans le paysage. Afin de conquérir la colonne vertébrale économique du pays, qui relie Damas, Homs, Hama et Alep, l’axe historique de pénétration a consisté précisément à suivre la vallée de l’Euphrate d’Est en Ouest depuis l’Iraq, puis à repiquer vers  Alep. C’est la stratégie que poursuit l’Etat islamique.

Le déploiement russe en Syrie

La Russie apporte une aide militaire sur le terrain en Syrie depuis janvier 2012. En effet, des équipes de Spetznatz y forment l’armée syrienne et y mènent des actions commandos. Ce dispositif n’étant pas suffisamment efficace pour ralentir l’avancée des opposants au régime syrien, la Russie renforce fortement son dispositif militaire sur place depuis le mois d’août. Ses points d’entrée sont doubles. D’une part le port militaire de Tartous desservi via le Bosphore et d’autre part l’aéroport Bassel el-Assad de Lattaquié. Ces deux points ont l’avantage d’être proches (60km) et l’aéroport de Lattaquié est le deuxième plus grand aéroport contrôlé par le régime syrien. Le matériel terrestre mis en place est lourd et récent : véhicules de combat d’infanterie BTR-82A adaptés au combat urbain, artillerie anti-aérienne SA-22 PANTSIR mais aussi au moins neuf T-90. Des lance-roquettes multiples seraient aussi en cours d’acheminement. Les forces aériennes russes sur place sont équipées de matériel tout aussi récent et puissant : SU-25 potentiellement modernisés pour l’appui rapproché, SU-30SM, SU-34, Su-24 pour le bombardement tactique, hélicoptères MI-24PN et Mi-35M ainsi que des Mi-8AMTSh pour l’appui des troupes au sol et le transport de troupes ou de matériel. Des drones ont également été déployés par la Russie qui s’est engagée à partager le renseignement avec la Syrie et l’Iran. Les soldats syriens ne sont pas formés à l’utilisation de ce matériel, excepté les SU-24, les MI-24. La formation sur ces matériels étant lourde et longue, il est très certainement destiné à être employé par des soldats Russes. Du matériel de plus ancienne génération est peut être livré en parallèle aux forces syriennes. Les soldats russes combattent d’ors et déjà sur le front d’Alep et au nord-est de Lattaquié au sein d’opérations de l’armée syrienne comme en témoignent des vidéos mises en ligne. Ils utilisent ces nouveaux matériels. Ils sont appuyés par l’aviation russe, d’ores et déjà opérationnelle sur place.

Offensive ou démonstration de force ?

Il me semble que la Russie joue double jeu en Syrie. D’une part elle met en évidence un déploiement de forces (aucun camouflage des véhicules et appareils russes à l’aéroport « Bassel El-Assad », franchissement du Bosphore par les LST Alligator en plein jour et avec du matériel à peine camouflé, vols d’avions Russes déclarés aux autorités civiles vers la Syrie, fuite de photos de soldats Russes des troupes d’infanterie de marine sur les réseaux sociaux,… Si elle voulait être plus discrète, elle le serait ; cela semble donc faire partie de sa stratégie de communication. De plus, des preuves tangibles indiquent que l’armée Russe va plus loin. Elle interviendrait par des frappes aériennes et des troupes au sol, en particulier à l’est d’Alep. Cette zone est actuellement une zone ou l’armée syrienne gagne du terrain. D’autre part, M. Poutine ne reconnait que la livraison d’armes et l’aide humanitaire en Syrie. Quel est donc l’objectif ? Tout d’abord, il s’agit de ne pas combattre à la place de l’état Syrien ni même aux côtés de l’état Syrien, tout du moins au sol. La Russie veut sans doute éviter toute implication dans d’éventuelles « bavures » ou toute responsabilité dans une défaite, même locale, qui nuirait à son effort diplomatique. Son intervention va sans doute se fondre complètement dans les opérations syriennes : les frappes aériennes n’auront pas de signature russe ou syrienne et il n’y aura pas de certitude sur une présence russe dans une zone donnée. Cependant, l’efficacité de l’armée syrienne et de ses alliés est une priorité pour la Russie. Elle va vouloir réorganiser l’armée de Bachar El-Assad et sans doute mettre un frein à l’action des « milices » syriennes qui ne sont pas forcément efficaces sur le terrain et qui font régner une certaine insécurité au sein de la population (2 policiers tués à Lattaquié). Par cette méthode, la Russie souhaite avoir du poids dans les négociations diplomatiques. Elle semble en effet mettre sa puissance militaire au service de sa diplomatie. Elle recherche cela par-delà des objectifs militaires de conquête et de victoire, comme c’est aussi le cas en Ukraine. Elle désire s’affirmer comme le leader du camp « pro-Assad » et invite les occidentaux à faire de même. Si ces derniers se rangent à ses côtés, elle restera leader du mouvement par sa prise d’initiative et son avance sur le terrain. A long terme, si elle l’emporte, elle pourra éventuellement céder du terrain aux occidentaux et montrer sa « bonne foi » en favorisant un changement de régime, tout en s’assurant que le successeur de Bachar El-Assad lui sera favorable. En effet, sa rhétorique diplomatique utilise le même terme pour tous les opposants armés au pouvoir de Bachar El-Assad sur le territoire syrien : ce sont des « terroristes», qu’ils soient de l’état islamique ou non. Si la montée en puissance russe se prolongeait, le retournement de la situation militaire en Syrie pourrait s’effectuer en quatre temps : après avoir jeté un dispositif sur Lattaquié et Tartous, qui se présentent simultanément comme des ports et des terminaux gaziers, les troupes russes pourraient consolider leurs positions dans les villes d’Hama et Homs puis s’enfoncer au Nord vers Alep et au Sud vers Damas afin d’y libérer les forces gouvernementales d’Assad de la rébellion. Les combats y seront difficiles. Une fois ces villes prises, la Russie pourra s’attaquer par des bombardements aux centres nodaux de l’Etat islamique, intouchés jusqu’à présent. Les troupes gouvernementales syriennes et russes pourront alors s’enfoncer à l’Est vers Raqqah, fief de l’Etat islamique et objectif majeur de l’opération. La phase ultime des combats consistera à désenclaver Der-ez-Zor et de fait libérer la vallée de l’Euphrate.

Consciente de l’opportunisme d’une partie des combattants, la Russie, en s’engageant en force, pourrait jouer un rôle majeur dans le retournement de la guerre au détriment direct de l’Etat Islamique. Pour ce faire, la Russie dispose de nombreux avantages dont le renseignement n’est pas l’un des moindres. A Damas, l’implication de la Russie, même si elle reste faible par rapport aux soutiens financiers apportés à l’Etat islamique, a eu déjà un effet déterminant sur le moral des combattants syriens. Pourtant, il faudrait de très nombreux combattants au sol pour que la situation s’inverse. De ce point de vue, il n’est pas exclu que la Russie ait recours à des combattants musulmans russes afin de limiter l’emploi de ses troupes d’élite.

Un bombardier russe Sukhoï Su-34 (Fallback) en train de lâcher des munitions au dessus de cibles de Daech à Al-Rqqa, en Syrie. (Photographie, Ministère russe de la Défense)
Un bombardier russe Sukhoï Su-34 (Fallback) en train de lâcher des munitions au dessus de cibles de Daech à Al-Raqqa, en Syrie. (Photographie:  Ministère russe de la Défense)

 

Par Thomas et Jean-Baptiste Flichy de Neuville

Article paru sur le numéro 1599 du 10/10/2015 du journal « L’Homme Nouveau »

Thomas Flichy de Neuville,  que nous remercions, est professeur à l’Ecole Militaire Spéciale de Saint-Cyr

Syrie: l’armée syrienne poursuit ses avancées à Hama, Alep et Idlib

La guerre en Syrie a connu sa bataille des Ardennes: l’Armée syrienne soutenue par les unités du Hezbollah libanais et les conseillers militaires des Gardiens de la Révolution iranienne, avançant à très grande vitesse sous un intense soutien aérien tactique assuré par des essaims d’hélicoptères d’attaque russe Mil Mi-24 est parvenue à traverser le  massif forestier de Sahl El-Ghab à l’Est de la province de Lattaquié, dans des combats d’une extrême violence avant de prendre d’assaut la campagne de Hama où plus de 520 éléments des différentes factions rebelles ont été éliminés en moins de six heures. Les blockhaus rebelles sont pilonnés à coups d’obus de 155 mm et de roquettes SMERCH de 300 mm tandis que des Sukhoi Su-34 (Fallback) russes survolaient le champ de bataille à 400 mètres d’altitude en y déversant bombes et obus de 30 mm (Canon GSh 30-1/9A-4071K)

A Alep, les unités de chars de combat des régiments blindés de l’Armée syrienne ont réussi à trouver une parade aux missiles antichar Raytheon TOW de fabrication US en possession des rebelles. Pour la première fois, les missiles Tow massivement utilisés par les rebelles sont devenus inopérants face à une nouvelle tactique de combat statique mise en oeuvre par les unités de blindés syriennes.

Dans un développement inédit, des avions de combat US ont fait irruption au dessus d’Alep avant de cibler des installations de production d’électricité desservant les zones loyalistes avec des missiles Air-Sol.

D’autres avions-cargo US ont pu larguer de grande quantités d’équipements militaires et de munitions dont des missiles antichar sophistiqués au dessus des zones contrôlées par l’Etat Islamique (EI). L’aviation syrienne a ouvert le feu sur les cargaisons larguées par les avions US et des informations crédibles font état de la destruction de plus de 50 tonnes de matériel. Washington a demandé à Moscou des explications sur cet « incident » mais les russes ont répondu qu’ils ne disposaient d’aucune information à ce sujet. Les américains ont lancé à Damas un ultimatum se terminant aujourd’hui à 0000Z pour que ses avions cessent d’harceler les largages américains à destination des organisations terroristes d’Ahrar Al-Sham, l’Armée de la Conquête et du Front Ennosra, récipendiaires officiels de l’aide militaire à ce que Washington appelle « l’opposition modérée ».

A Idlib (un ensemble de 60 agglomérations) le chef des opérations militaires du Hezbollah libanais a été tué au combat durant une opération spéciale menée sur les arrières des forces de Daech dans la région.

L’aviation syrienne a commencé à effectuer des raids sur le nord de la base militaire de Deir Ezzor tandis que l’aviation russes continuaient ses raids avec une déconcertante réactivité sur l’ensemble des positions fortifiées, des centres de commandements et des dépôts d’armes et de carburants de Daech et du Front Ennosra. D’autres missiles de croisières russes ont été lancés sur des cibles de Daech en Syrie  à partir de la Mer Caspienne.

Quels que soient les futurs développements militaires en Syrie avec une implication croissante des forces adverses (on évoque un plan diabolique préparé en Angleterre) il semble bien que le tandem Russo-syrien ait déjà acquis des gains en vue de négocier une paix globale avec le camp adverse  prévue en territoire neutre- La Grèce est de plus en plus citée- avec un éventuel déplacement du président syrien à Athènes sous la protection de Sukhoi Su-35 Flanker E.

Guerre au Moyen-Orient: Le Mil Mi-24 est en train de changer le cours des batailles en Syrie septentrionale

Les hélicoptères d’attaque russes ont radicalement changé le cours des batailles en Syrie septrentionale. Une tempête de de feu et de métal se déverse sur les différentes forces rebelles tentant de résister à l’avancée terrestres des unités de l’Armée Arabe Syrienne (AAS) sur le front de Hama.

Des combattants de Daech et du Front Ennosra ont tenté d’abattre les chars volants russes au moyen de missiles antichar Raytheon Tow. En vain. Les Mil Mi-24 (Code Otan Hind) avancés essuyaient des tirs de mitrailleuses légères sans le moindre problème. Dans une vidéo de propagande de la rébellion, un Mil Mi-24 russe s’est même permis le luxe de survoler un ZSU-23-4 Shilka rebelle à moins de 40 mètres d’altitude sans que les opérateurs de l’engin aient pu l’atteindre avec leur rafales d’obus de 23 mm.

Les Mil Mi-24 russes couvrant l’avancée des troupes syriennes et des milices de la défense populaire ont causé des ravages dans les rangs de la rébellion.

Les rebelles tentent de stopper l’avancée des blindés syriens avec un usage massif de missiles antichar TOW mais l’ouragan de métal déversé par les hélicoptères de combat russes a grandement réduit l’efficacité des groupes rebelles tueurs de chars.

Au Nord de la province de Lattaquié, les dernières poches rebelles viennent d’être anéanties par un déluge de roquettes de 300 mm lancés par des BM-30 SMERCH à partir de positions éloignés de plus de 65 kilomètres.

Avec des moyens moindres que celles employées par les forces de la coalition menée par les Etats-Unis, la Russie a pu briser le statu quo et instaurer une nouvelle réalité en Syrie.

Pour Washington et ses alliés de l’Otan soutenant son projet de Grand-Moyen Orient (Grande-Bretagne, Australie, Arabie Saoudite, Bahrein, France, Qatar, Israël, Jordanie et Maroc) la partie est loin d’être terminée et un remix d’un Afghanistan Arabe est une option un peu trop tentante. Après tout, les Américains n’ont pas investi des milliers de milliard de dollars au Moyen-Orient pour laisser un nouveau venu introduit presque par effraction comme la Russie rafler toute la mise. Mais qui aura le courage d’abattre, même par proxy et via des sous-traitants locaux, le premier Sukhoi Su-34 russe sans que cela ne déclenche quelque chose que tout le monde aura à regretter?

La stratégie russe de 2015 est qualitativement et quantitativement supérieure à celle de l’Union Soviétique des années 80. La focalisation de la stratégie US sur la région Asie-Pacifique pourrait être perçue comme l’ébauche d’un vacuum au Moyen-Orient. Un vacuum que la Russie comble. Ce obligera Washington à ralentir sa stratégie face à la Chine et revenir dans la région centrale du monde. Comment? L’avenir proche nous le dira. Pour l’instant, la Russie fait un sans faute sur tous les plans.

Syrie: une guerre de mobilité

En abordant la question fort pertinente de la livraison par les Etats-Unis et leurs alliés de milliers de Pick-up 4X4 de type Toyota à  Daech en Irak et en Syrie, l’analyste militaire Valentin Vasilescu a souligné avec justesse que les bombardiers russes décollant de la base aérienne « Bassel Al-Assad » de Hmimim à Lattaquié mettent en moyenne 10 à 15 minutes pour être à la verticale au dessus des cibles terroristes dans le centre et l’Est de la Syrie, et que pendant ce laps de temps, les combattants de Daech, avec leurs pick-up Toyota (Hilux, Tacoma, Station) peuvent avoir effectué des déplacements de 3 à  6 kilomètres par rapport aux coordonnées Glonass qui ont été communiquées aux pilotes de guerre russes et aux systèmes embarqués de guidage des bombes.

Ce qui explique selon le même analyste que a plupart des frappes aériennes de l’aviation russe portaient sur des cibles fixes ou statique  telles que les dépôts de carburant et de munitions, les centres de commandement et de communication, les centres de fabrication des explosifs relevant de Daech (EIIL) et du Front Ennosra (Al-Qaïda en Syrie, que l’Otan veut sauver à n’importe quel prix)

La campagne aérienne russe de soutien à l’armée syrienne devrait avoir une durée de quatre mois calendaires selon Moscou. Les stratèges russes rejettent totalement le mythe de l’efficacité de la guerre aérienne tel qu’il a été élaboré après la fin de la seconde guerre du Golfe (16 janvier- 02 mars 1991) et estiment en conséquence qu’aucune guerre ne peut être gagnée sans des soldats au sol. C’est l’armée syrienne, notamment la nouvelle Division IV et les forces supplétives et alliées qui mènent l’assaut terrestre avec l’appui aérien tactique russe.

Pour l’instant, avec une telle stratégie, l’armée syrienne a pu recapturer une zone de plus de 70 kilomètres carrés et ce pour la première fois depuis la fin de l’année 2013.

Les blindés syriens font face à un formidable défi formé par la présence massive de missiles antichar Raytheon TOW entre les mains de Daech mais surtout de l’Armée de la Conquête (Jaich Al-Feth) dont le Front Ennosra est l’une des composantes essentielles.

Les forces syriennes en opération sur le front d’Idlib viennent de recevoir plus de 1000 missiles antichar 9M133 Kornet de la part de la Russie mais il semble que les blindés rebelles ne représentent guère une menace sérieuse pour l’armée syrienne. Cependant, l’usage de pick-up à quatre roues motrices modifiés et adaptés pour le combat mobile cause de très sérieux problèmes aux unités gouvernementales dont la mobilité est toujours bien en deça malgré une certaine adaptation, l’apport du Hezbollah en termes de tactiques de combat asymétriques et l’expérience acquise en plus de quatre années de conflit.

Syrie: Du soutien aérien tactique à très basse altitude

Après des mois de posture défensive face à l’avancée des différentes organisations rebelles soutenues par l’Otan, l’Arabie Saoudite, Israël,  le Qatar et la Turquie, l’armée syrienne vient de lancer sa plus grande contre-offensive sur Idlib avec le soutien aérien tactique russe. Objectif immédiat: séparer les fronts Sud d’Idlib de celui du Nord Hama.

Le général Ali Abdallah Ayoub, chef d’état-major des forces armées syriennes, supervise en personne l’offensive gouvernementale contre les positions fortifiées de Daech mais également la redoutable milice dénommée Armée de la Conquête (Front Ennosra, Ahrar Al-Sham et dix autres organisations armées)

Tandis que certains appareils de combat russes continuent à assurer des missions de supériorité aérienne dans l’espace aérien syrien, non sans heurts, notamment avec un F-16 et trois drones Predator US, les avions de combat russes effectuent désormais des frappes aériennes à très basse altitude, souvent en visuel, et certains pilotes réalisent de véritables prouesses en la matière.

C’est dans ce contexte que des hélicoptères d’assaut russes Mil Mi-24 (Code Otan: Hind) mènent d’intenses opérations contre les troupes rebelles.

Guerre au Moyen-Orient: un Mikoyan Mig-29 fantôme?

En appelant la Russie à restreindre ses frappes aériennes et ne pas viser les autres groupes terroristes (et accessoirement des civils) se battant contre le régime syrien, l’Otan vient de conforter de manière définitive l’ensemble des thèses regroupées sous le vocable « théories du complot » et donner raison à Damas

Depuis le début du conflit, le gouvernement syrien ne cesse de répéter à qui veut l’entendre qu’il fait face à des organisations terroristes fortement soutenues par l’Otan et des pays Arabes hostiles.

Le régime d’Ankara, dotée de la plus grande armée de l’Otan et très hostile à la Syrie, n’a cessé de jouer sur tous les tableaux pour semer le chaos et abattre le régime d’Al-Assad. Les avions de combat turcs ont pris l’habitude de survoler les confins frontaliers avec la Syrie et à maintes occasions, des avions turcs avaient abattu des hélicoptères et des bombardiers légers syriens à l’intérieur de l’espace aérien syrien. Ankara n’a jamais caché sa volonté d’établir une zone d’interdiction de survol au Nord de la Syrie.

La riposte de Damas s’est déployée sur deux axes: fermer les yeux sur la création d’une entité semi-étatique kurde au Nord d’Alep et poursuite des vols aggressifs de Mikoyan Mig-29 SM (Fulcrum) au dessus des confins frontaliers. On ne compte plus le nombre d’incidents ayant opposés des Mig-29 SM et des Su-24 syriens aux F–16 turcs depuis la fin de l’année 2013.

L’intervention russe aux côtés du gouvernement syrien est très mal perçue par Ankara et l’ensemble de l’Otan. Pour la Turquie s’ajoute un profond et tenace ressentiment anti-russe remontant aux guerres russo-ottomanes. L’agitation turque contre Moscou semble limitée mais soutenue.

L’armée turque dénonce depuis quelques jours le harcèlement de ses appareils par des avions de combat russes, des systèmes de missiles antiaériens et l’incursion d’au moins deux chasseurs russes dans l’espace aérien turc. Depuis ce matin, l’armée turque se plaint d’un Mikoyan Mig-29 fantôme, lequel aurait harcelé huit F-16 de l’armée de l’air turque sans que ces derniers aient pu l’identifier ou l’intercepter…

Un Mikoyan Mig-29 fantôme? Cela rappelle la légende du Hollandais volant. A moins que ce Mig-29 sans cocarde ne soit le fameux appareil piloté par un proche de Kim Jong Un. A ce rythme, Ankara et ses alliés de l’Otan sont en passe de nous faire avaler un nouveau mauvais film de politique-fiction afin d’entraver la nouvelle stratégie déployée par Moscou et Pékin au Moyen-Orient.

Guerre au Moyen-Orient: Des pilotes nord-coréens en Syrie

La situation devient très dangereuse au Moyen-Orient où des avions de combat de l’armée de l’air turque (Türk Hava Kuvvetleri) tentant de survoler les zones frontalières avec la Syrie pour assurer le passage des convois de combattants rebelles ont failli se faire abattre par des avions de combat russes de type Sukhoi Su-30 SM, Sukhoi Su-24, lesquels n’ont pas hésité à les pourchasser jusqu’à l’intérieur du territoire turc (5 miles de profondeur selon Ankara; quelques centaines de mètres selon Moscou)

Des médias ont rapporté que Ankara aurait confondu des Sukhoi Su-30 SM russes avec des Mig-29 Fulcrum. En réalité, les Sukhoi Su-30 SM russes volent toujours en tandem avec au moins deux Mig-29 Fulcrum syriens.

Les Mig-29 que les autorités turques accusent d’avoir harcelé deux F-16 Fighting Falcon turcs survolant de manière aggressive la zone frontalière syro-turque appartiennent aux forces aériennes syriennes. Mais il semble certain que les appareils ayant verrouillé leurs systèmes d’armes sur les F-16 turcs durant plus de 5 minutes et 40 secondes soient des Su-30 SM. En d’autres termes, les F-16 turcs n’avaient aucune chance de survie si les russes avaient décidé de les abattre en combat aérien.

Le plus surprenant est que des informations convergentes font état de la présence effective de pilotes nord-coréens en Syrie et ces derniers sont de plus en plus souvent intégrés au sein des escadrilles de Mig-29 encore opérationnelles de l’armée de l’air syrienne.

La virulente réaction officielle nord-coréenne à l’égard de la Turquie (menace de guerre nucléaire et promesse de raser Ankara de la carte) pourrait s’expliquer par le fait qu’au moins un des Mig-29 faisant office de doublure aux Su-30 SM russes était piloté par un officier nord-coréen.

Conséquemment à cet « incident », le Chef de la Mission Diplomatique Russe à Ankara a été convoqué par le ministère des Affaires étrangères de la République turque.

Sur le terrain, des informations en provenance de Damas confirment l’élargissement du champ d’intervention de l’aviation russe et l’usage de nouvelles munitions.

Syrie: un sous-marin Chinois d’attaque à propulsion nucléaire à Tartous

D’une manière encore plus discrète que l’acheminement d’avions de combat russes en Syrie, la Chine continue de renforcer sa présence militaire près des côtes syriennes: quatre bâtiments de surface de la marine chinoise mouillent déjà près du port militaire de Tartous. Deux autres bâtiments de guerre de l’Empire du Milieu croisent au large de Lattaquié.

Cependant la nouvelle la plus surprenante concerne la présence confirmée d’au moins un submersible nucléaire chinois de la classe Jin (Type 094) dans les lieux. Le Type 094 n’est pas très silencieux en comparaison avec les submersibles en possession des autres puissances nucléaires et certains analystes de la région se demandent comment se fait-il que ce submersible armé de douze missiles balistiques (SLMB) JL-2 d’une portée variant entre 7300 et 8000 kilomètres n’ait pas été détecté bien avant par la pléthore de satellites, stations d’écoutes, drones et avions de reconnaissance militaires surveillant la Méditerranée orientale et le Levant.

La Chine ne compte pas s’arrêter là et des informations non encore confirmées indiquent que Pékin envisage d’envoyer son second porte-avions, le Mao Tsé-Tung (théoriquement en cours de construction avec un autre porte-avions), au large de la Syrie pour son voyage inaugural.

Enfin des sources proches du ministère russe de la Défense à Moscou évoquent une éventuelle participation d’avions de combat Chinois à la campagne de raids aériens menés par Moscou contre les différentes organisations terroristes en Syrie.

Syrie: les avions russes ciblent la capitale autoproclamée de Daech

Les raids aériens menés par l’aviation Russe sur Al-Riqqa, capitale autoproclamée de Daech et ancienne capitale d’été du Calife Abbasside Haroun Al-Rashid au 9e siècle de l’ère chrétienne se sont avérés d’une redoutable efficacité. D’autres raids aériens ont visé Hama, Idlib et Alep.

Des avions de combat russes et syriens ont bombardé la base aérienne de Tabqa, capturée par Daech, en y détruisant l’ensemble des hangars militaires et autres dépôts d’armes et de munitions. Les raids menés par les Russes sont si redoutables que huits grandes organisations terroristes dont l’Armée de la Conquête (Jeich Al-Fath) et Ansar Al-Sham (les Partisans du Levant) tentent d’évacuer les agglomérations dans lesquelles elles étaient retranchées.

Les pays ayant fait partie du groupe dit des « Amis de la Syrie » se retrouvent dans le plus grand embarras:  les Russes ne font pas semblant de bombarder; ils bombardent pour de vrai.

Comment donc protéger des bombes Russes la pléthore de groupes terroristes armés financés et soutenus par les alliés sans éveiller les soupçons de quelques opinions publiques anésthésiées par la propagande officielle et la narration officienne sur ce qui ce passe en Syrie? Voilà ce qui explique la nervosité des dirigeants des pays de l’Otan et leurs alliés Arabes ainsi que leurs déclarations insolites sur la question syrienne allant jusqu’à rappeler au président Poutine la nécessité d’épargner leurs protégés sur le terrain.

L’Otan semble préoccupé par la volonté russe d’établir une zone d’interdiction de survol [A2/AD (Anti-Access/Access Denial)] au dessus des régions côtières de la Syrie.

L’intervention russe n’a pas seulement détruit des positions de Daech et de Jabhet Ennosra (Al-Qaîda) en Syrie mais également fait voler en éclats la dernière paille de l’empire: les deux groupes ne sont en réalité que des sous-traitants de sa stratégie.

Moyen-Orient: l’Irak favorable à des frappes aériennes Russes contre Daech sur son territoire

Alors que l’aviation Russe en coordination avec les forces armées syriennes poursuit un plan de guerre assez précis en tentant de dégager l’étau des zones dites « noires » autour de ce que certains observateurs dénomment la « Syrie utile », des officiels irakiens viennent de solliciter Moscou pour une assistance militaire « élargie » comprenant des livraisons d’équipements militaires et des frappes aériennes contre les positions de Daech dans la province d’Al-Anbar.

Baghdad a déjà passé commande à Moscou d’hélicoptères de combat Mil Mi-28 (Code Otan: Havoc) et d’avions d’attaque au sol de type Sukhoi Su-25 mais si ce nouveau développement se confirme, il risque de réduire à néant toute la stratégie et les gigantesques efforts politiques, diplomatiques, financiers et militaires des Etats-Unis et leurs alliés au Moyen-Orient depuis le 02 aoüt 1990, date de l’invasion du Koweit par l’Irak de Saddam Hussein et casus belli de la longue campagne de guerres menées contre l’Irak durant près de deux décennies.

A fortiori, la demande irakienne met à nu la thèse d’une rivalité Russo-iranienne au Levant et en Mésopotamie. Le redéploiement russe totalement inédit au Moyen-Orient se fait surtout au détriment de l’influence traditionnelle US

Guerre au Moyen-Orient: des submersibles Chinois en Méditerranée Orientale

Selon des informations confirmées, Pékin envisage d’envoyer des submersibles et des renforts en bâtiments de surface au large de la Syrie.

Il est à noter que des bâtiments de la marine de guerre chinoise croisent depuis un certain temps en Méditerranée orientale. Un site spécialisée israélien y fait état de la présence du porte-avions Liaoning mais il semble de plus en plus probant que les submersibles non identifiés croisant au large des côtes syriennes et libanaises soient chinois.

Pékin soutien la Russie dans les dossiers ukrainien et syrien et des observateurs n’écartent plus un haut niveau de coordination militaire entre les deux pays, notamment en Syrie, où la Chine devra avoir un rôle naval tandis que la Russie assurera la défense aérienne des zones littorales en coordination avec l’armée syrienne. L’Iran pour sa part assure un soutien croissant aux unités d’élites syriennes chargées de la défense de la capitale Damas.

Syrie: Duel Aérien entre des Sukhoi SU-30 SM russes et des F-15 israéliens

EXCLUSIF-Strategika 51: Six chasseurs multirôles russes de type Sukhoi SU-30 SM ont mis en fuite des chasseurs israéliens de type McDonnell Douglas F-15 au large des côtes syriennes.

Les appareils israéliens survolent depuis des mois l’espace aérien syrien et plus particulièrement la base aéronavale de Lattaquié, tête de pont des forces russes en Syrie. Les appareils israéliens suivent en général un plan de vol assez complexe et approchent Lattaquié à partir de la mer

Dans la nuit du 1er au 02 octobre 2015, six Sukhoi SU-30 SM russes ont décollé de la base aérienne syrienne de Hmimim en direction de Chypre avant d’intercepter en position d’attaque quatre  chasseurs israéliens F-15.

Surpris par une situation aussi inattendue et probablement non préparé à un combat aérien avec l’un des meilleurs chasseurs polyvalents russes, les pilotes israéliens ont vite rebroussé chemin vers le Sud en survolant à très grande vitesse le Liban.

L’armée libanaise a annoncé officiellement à 2313 Z (heure locale) que quatre « appareils ennemis » (israéliens) avaient franchi l’espace aérien du Liban.

Cet « incident » entre des avions de combat russes et israéliens a frappé de stupeur le commandement des forces aériennes israéliennes, lequel a estimé qu’un éventuel combat aérien entre les F-15 israéliens et les Su-30 russes aurait débouché sur la destruction des quatre appareils israéliens. Israël a vivement protesté auprès de Moscou de cet incident mais les russes ont exigé des explications sur la présence d’avions de combat israéliens en plein espace aérien syrien. Cet incident indique que la protection de l’espace aérien syrien est désormais sous la protection de l’arme aérienne russe. Ce qui cause des grincements de dents à Washington.

L’incident a été passé sous silence par les grandes agences de presse mais les relais politiques et médiatiques d’Israël aux Etats-Unis,  en Europe et dans le monde arabe vont redoubler d’efforts pour diaboliser le soutien russe au gouvernement syrien.

Sukhoi Su-30 SM russe. Ce chasseur multirôle basé sur la famille du Su-30 MK est admiré par l'ensemble des analystes militaires US.
Sukhoi Su-30 SM russe. Ce chasseur multirôle basé sur la famille du Su-30 MK est admiré par l’ensemble des analystes militaires US.