Daech a exécuté un scientifique irakien à Mossoul pour avoir refusé de coopérer en matière d’armes biologiques

L’organisation Daech a exécuté le président du département de physique de l’université de Mossoul dans le Nord de l’Irak après que ce dernier ait fermement refusé de participer à des programmes visant à concevoir et produire des armes biologiques.

C’est le troisième scientifique irakien à être publiquement assassiné pour avoir refusé d’aider Daech à développer une arme biologique. Un objectif désormais ultra-prioritaire de Daech, dont la perte de territoire se poursuit aussi bien en Irak qu’en Syrie.

Des pamphlets de Daech capturés par des militaires irakiens évoquent l’impossibilité d’un retrait ou d’une défaite face aux armées des infidèles (c’est-à-dire les armées syrienne et irakienne) tout en appelant à l’usage d’armes radiologiques, chimiques et bactériologiques. Et dans ce domaine, tous les procédés sont permis: jeter des cadavres dans les barrages d’eau potable, empoisonner les puits et sources d’eau ou propager des bactéries et d’autres toxines pathogènes par divers moyens…

Le chaos constructif cher à certains théoriciens néoconservateurs US ou l’Apocalyspe. Le choix semble bien cruel. Le fameux Printemps Arabe s’est révélé bien onéreux. Notamment pour l’Europe, qui se retrouve forcée à subir une des plus grandes migrations humaines de l’époque contemporaine et dont l’intensité ébranle les fondements même de l’Union Européenne. Pourtant, c’est cette même Europe dupée par les faucons de Washington qui a vivement applaudi à l’une des opérations les plus complexes de l’histoire moderne sous couvert de démocratie…Tout est perdu fors l’honneur tant que ce printemps Arabe n’a pas (encore) débouché sur un véritable hiver nucléaire!

Vers un renversement de situation au Proche-Orient

La période du « Printemps arabe » touche à sa fin. Désormais, la Maison-Blanche et le Kremlin sont en train de redessiner les contours du « Moyen-Orient élargi ». Cependant, leur accord conclu avant l’intervention militaire russe en Syrie pourrait être modifié par le changement de l’équilibre des forces. Rien ne prouve que Moscou acceptera la stabilisation de la Syrie et fermera les yeux sur la partition de la Turquie et de l’Arabie saoudite qui vont commencer. Quoi qu’il en soit, le bouleversement qui s’annonce modifie la donne établie depuis cinq ans. La plupart des puissances impliquées essayent donc de retourner leur veste avant les autres.

La presse, dans quelque pays que ce soit, est tellement occupée à scruter la position de son propre État dans le conflit du Proche-Orient qu’elle ignore les négociations globales entre la Maison-Blanche et le Kremlin [1] et, du coup, interprète de travers les événements secondaires. Pour clarifier l’agitation diplomatique actuelle, nous devons donc revenir à l’accord USA-Russie de septembre dernier.

La partie publique de cet accord a été formulée par la Russie dans un document distribué le 29 septembre au Conseil de sécurité de l’Onu [2]. Il indique que, pour rétablir la paix et la stabilité en Afrique du Nord et au Proche-Orient, il faut et il suffit (1) d’appliquer les résolutions du Conseil de sécurité —ce qui implique notamment le retrait d’Israël sur ses frontières de 1967— et (2) de lutter contre l’idéologie terroriste —c’est-à-dire à la fois contre les Frères musulmans créés par le Royaume-Uni et soutenus par la Turquie, et contre le wahhabisme propagé par l’Arabie saoudite—.

Il avait été initialement prévu que la Russie fasse adopter une résolution en ce sens lors de la réunion du 30 septembre du Conseil de sécurité. Cependant, les États-Unis s’y sont opposés dans l’heure précédente [3]. Sergey Lavrov a alors présidé la séance sans évoquer son projet. Cet événement majeur ne peut s’interpréter que comme un désaccord tactique qui ne doit pas entraver un accord stratégique.

Le 20 octobre, le président Vladimir Poutine recevait au Kremlin son homologue syrien, Bachar el-Assad, en présence de ses ministres de la Défense et des Affaires étrangères, du secrétaire général du Conseil russe de sécurité nationale et du chef des services secrets. L’entretien portait sur l’application du plan russo-états-unien, incluant celle du Communiqué de Genève du 30 juin 2012 [4]. Le président el-Assad faisait valoir qu’il suit les instructions de ce Communiqué et, notamment, qu’il a intégré dans son gouvernement les partis d’opposition qui en ont fait la demande conformément à la description que le Communiqué fait d’un Organe gouvernemental de transition.

S’étant assuré que les deux pays avaient une même lecture du Communiqué de Genève, la Russie et les États-Unis décidèrent de mettre au pas les États dissidents, à savoir la France, la Turquie et l’Arabie saoudite. Sachant que la position française n’est pas fondée sur des intérêts réalistes, mais s’explique exclusivement par un fantasme colonial et par la corruption de son gouvernement par l’argent turc et saoudien [5], la Maison-Blanche et le Kremlin décidèrent de traiter uniquement la source du problème, à savoir Ankara et Riyad. Le 23 octobre, John Kerry et Sergey Lavrov reçurent donc leurs homologues turc et saoudien à Vienne. Aucun texte final n’a été publié. Cependant, il semble que la Russie ait menacé les deux invités sans que les États-Unis ne prennent leur défense.

Affolé d’une possible entente russo-états-unienne contre la Turquie et l’Arabie saoudite, la France convoqua alors un « dîner de travail », et non un « sommet diplomatique », à Paris. L’Allemagne, l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis, les États-Unis, l’Italie, la Jordanie, le Qatar, le Royaume-Uni et la Turquie « évoquèrent » et non « décidèrent » le sort de la Syrie. Le format de cette réunion correspond à celui du « Core Group » des « Amis de la Syrie », sauf l’Égypte qui a déjà secrètement rejoint le camp de la Syrie. Le fait d’avoir été contraint d’inviter les États-Unis a plombé la réunion. Là encore, pas de texte final.

Enfin, le 30 octobre, les États-Unis et la Russie réunissaient un plus vaste aréopage comprenant tous les participants aux deux réunions précédentes plus l’Égypte, la Chine, l’Irak, l’Iran, le Liban, Oman, l’Union européenne et les Nations unies. Si la presse s’est esbaudie de la présence de l’Iran qui avait été tenu à l’écart de tout règlement depuis le début du conflit, elle n’a pas relevé le retour de l’Égypte du maréchal al-Sissi qui rentre sur la scène internationale grâce à la découverte de ses nouvelles réserves de pétrole, ni de l’absence persistante de la principale puissance régionale, Israël. Ce dernier point ne peut s’expliquer que dans le cas où l’État hébreu avait obtenu préalablement la garantie de parvenir à un de ses objectifs de guerre, la création d’un État colonial au Nord de la Syrie.

Les participants ont tous été priés de signer une déclaration finale que seuls les Russes et les Iraniens ont prit soin de diffuser [6]. Et pour cause : elle marque la défaite des faucons US. En effet, dans son point 8, il est indiqué que le « processus politique » —et non pas le « processus de transition »— sera conduit par les Syriens, propriété des Syriens, et que le Peuple syrien décidera du futur de la Syrie [7]. Cette formulation lourde invalide le document Feltman qui constitue l’objectif depuis plus de trois ans des faucons US, des Français, des Turcs et des Saoudiens : la capitulation totale et inconditionnelle de la République arabe syrienne [8].

Le projet US se poursuit malgré l’accord avec la Russie

La suite des événements devrait donc logiquement être la mise au pas de la Turquie, de l’Arabie saoudite et de la France, ce qui pourrait être fait tout en poursuivant les objectifs initiaux US.

Pour la Turquie, après le scrutin probablement truqué du 1er novembre et la victoire de l’AKP [9], la guerre civile devrait s’étendre et se développer [10] jusqu’à la partition du pays en deux, puis à la fusion du Kurdistan turc, du Kurdistan irakien et d’un territoire arabe syrien occupé par les Kurdes syriens et les États-Unis. D’ores et déjà, le YPG et les États-Unis conquièrent ensemble un territoire arabe au Nord de la Syrie. Le YPG qui, jusqu’au mois dernier, recevait ses armes et ses soldes de Damas, s’est retourné contre la République arabe syrienne. Ses miliciens envahissent les villages conquis, expulsent les enseignants et décrètent la kurdisation forcée des écoles. Le Kurde, qui était parlé et enseigné à l’école, devient la langue unique et obligatoire. Les milices de la République arabe syrienne, notamment les Assyriens, en sont réduites à défendre leurs écoles par les armes contre leurs compatriotes kurdes [11].

De son côté le roi Salman d’Arabie saoudite doit encaisser sa défaite au Yémen ; un voisin qu’il avait envahi officiellement pour soutenir un président en fuite, en réalité pour exploiter avec Israël le pétrole du « Quart vide » [12]. Coup sur coup, les Émirats arabes unis et l’Égypte se sont retirés de sa Coalition. Les premiers après avoir essuyé de lourdes pertes parmi leurs officiers, les seconds plus discrètement, laissant les opérations militaires aux seules mains des Israéliens. Les Houthis, poussés vers le Nord par les bombardements, ont effectué plusieurs incursions en Arabie saoudite et y ont détruit des bases militaires aériennes et leurs matériels. Les soldats saoudiens, presque tous des étrangers servant sous écusson saoudien, ont déserté en masse contraignant le roi à prendre un décret contre les abandons de poste. Pour éviter un désastre militaire, l’Arabie saoudite a alors sollicité de nouveaux alliés. Contre de l’argent sonnant et trébuchant, le Sénégal a envoyé 6 000 hommes et le Soudan 2 000. La Mauritanie hésite à envoyer un contingent. Le roi, dit-on, aurait également sollicité l’armée privée Academi (ex-Blackwter/Xe) qui recruterait actuellement des mercenaires en Colombie. Ce fiasco est directement imputable au prince Mohammed ben Salmane, qui a revendiqué l’initiative de cette guerre. Ainsi, il affaiblit l’autorité de son père, le roi Salman, et fait gronder la contestation des deux clans exclus du pouvoir, ceux de l’ancien roi Abdallah et du prince Bandar. Logiquement ce conflit devrait aboutir à un partage de leur héritage entre les trois clans et donc à un partage du royaume en trois États.

Ce n’est qu’après ces nouveaux conflits que la paix devrait revenir dans la région, sauf dans la partie arabe colonisée par le nouveau Kurdistan, appelée à devenir le nouveau point de fixation des antagonisme régionaux en lieu et place de la Palestine.

Mais même écrit, le futur est incertain. Le renversement du rapport de forces entre Washington et Moscou [13] pourrait modifier leur accord.

Les rats quittent le navire

Alors que les mauvais joueurs annoncent sans sourciller que l’intervention militaire russe en Syrie n’apporte pas les résultats escomptés par Moscou, les jihadistes en fuite se replient en Irak et en Turquie. Le chef d’état-major US, le général Joseph Dunford, a admis, le 27 octobre lors d’une audition au Sénat, que désormais les armes parlaient en faveur de la République arabe syrienne [14]. Tandis que le Commandeur suprême de l’Otan, le général Philip Breedlove, a déclaré, le 30 octobre lors d’une conférence de presse au Pentagone, que c’est une litote de dire que la situation évolue de jour en jour et menace désormais la sécurité de l’Europe [15].

Force est de constater que l’alliance entre les partisans du chaos et ceux de la recolonisation va non seulement perdre en Syrie, mais que l’Alliance atlantique elle-même ne peut plus prétendre à la domination globale. Du coup, une soudaine agitation traverse les chancelleries, beaucoup affirmant qu’il est temps de parvenir à la paix —ce qui sous-entend qu’ils pensaient jusque là différemment—.

Les « retournements de veste » qui s’annoncent à propos de la Syrie auront comme première conséquence la consécration du rôle international de la République islamique d’Iran et de la Fédération de Russie ; deux acteurs que la presse occidentale présentait, il y a quatre mois encore, comme totalement isolés et voués à de terribles difficultés économiques ; deux puissances qui sont désormais les premières forces militaires, régionale pour l’Iran et globale pour la Russie ; et comme seconde conséquence le maintien au pouvoir du président el-Assad dont on annonce depuis cinq ans qu’« il doit partir ».

Dans ce contexte, la propagande de guerre continue imperturbablement, affirmant que si ce ne sont pas les bombardements russes qui tuent des civils, c’est l’armée syrienne qui les bombarde ; imputation confirmée par la matrice des organisations terroristes, les Frères musulmans, via leur Observatoire syrien des Droits de l’homme. Ou encore que la Russie est pressée de négocier car son intervention lui revient cher —comme si elle ne l’avait pas budgétisée durant sa longue préparation—. Jamais à court d’invention, le directeur de la CIA, John Brennan, prétend quant à lui que la Russie s’apprête à lâcher le président el-Assad, alors même que le président Poutine s’est gaussé de cette auto-persuasion quelques jours plus tôt, au Club de Valdai.

En France, la révolte gagne la classe politique. Les quatre principaux leaders de la droite, Dominique de Villepin, François Fillon, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy ont chacun de leur côté déclaré qu’il est absurde de s’aliéner la Russie et de ne pas reconnaitre la défaite en Syrie. Cependant Alain Juppé, qui joua un rôle central dans le début de la guerre, notamment en signant un traité secret avec la Turquie, persiste à conserver l’objectif de renverser la République arabe syrienne, plus tard. À gauche, plusieurs leaders envisagent de prochains voyages à Damas.

La panique devant les changements prévisibles est en fait générale. Si Nicolas Sarkozy s’est précipité chez le président Poutine, le vice-chancelier allemand, Sigmard Gabriel, également [16]. Il a plaidé pour que l’on referme les contentieux et les aigreurs du passé et que l’on renoue le dialogue avec la Russie. Il était temps.

Thierry Meyssan

Source: Voltairenet

Notes:

[1] « Moscou et Washington entendent refonder les relations internationales », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 octobre 2015.

[2] « Proposition russe d’un débat au Conseil de sécurité sur le terrorisme », Réseau Voltaire, 1er octobre 2015.

[3] “Lavrov to chair Security Council’s meeting on fighting terrorism”, Tass, September 30, 2015.

[4] « Communiqué final du Groupe d’action pour la Syrie », Réseau Voltaire, 30 juin 2012.

[5] « Pourquoi la France veut-elle renverser la République arabe syrienne ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 octobre 2015.

[6] “Joint Statement on the outcome of the multilateral talks on Syria”, Voltaire Network, 30 October 2015.

[7] “This political process will be Syrian led and Syrian owned, and the Syrian people will decide the future of Syria”.

[8] « Deux épines dans le pied d’Obama », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 31 août 2015.

[9] « Vers la fin du système Erdoğan », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 15 juin 2015.

[10] « La Turquie en danger », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 27 juillet 2015.

[11] « Les États-Unis et Israël débutent la colonisation du Nord de la Syrie », Réseau Voltaire, 1er novembre 2015.

[12] « Les projets secrets d’Israël et de l’Arabie saoudite », par Thierry Meyssan ; « Pourquoi l’Occident est-il silencieux sur la guerre du Yémen ? », par Martha Mundy, Traduction Alasso, Counterpunch, Réseau Voltaire, 22 juin et 4 octobre 2015.

[13] « L’armée russe affirme sa supériorité en guerre conventionnelle », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 19 octobre 2015.

[14] “Dunford Tells Senate Now is Time to Reinforce Iraqi Success Against ISIL”, Jim Garamone, DoD News, October 27, 2015.

[15] “Department of Defense Press Briefing by General Breedlove in the Pentagon Briefing Room”, October 30, 2015.

[16] « L’Allemagne tente de se sortir du conflit syrien », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie), Réseau Voltaire, 29 octobre 2015.

Pourquoi la France veut-elle renverser la République arabe syrienne ?

La France est aujourd’hui la principale puissance qui appelle au renversement de la République arabe syrienne. Alors que la Maison-Blanche et le Kremlin négocient en secret la manière de se débarrasser des jihadistes, Paris persiste à accuser le « régime de Bachar » (sic) d’avoir créé Daesh et à déclarer qu’après avoir éliminé l’Émirat islamique, il conviendra de renverser la « dictature alaouite » (re-sic). La France est publiquement soutenue par la Turquie et l’Arabie saoudite, et en sous-main par Israël.

Comment expliquer ce positionnement de perdant alors que la France n’a aucun intérêt économique ou politique dans cette croisade, que les États-Unis ont cessé de former des combattants contre la République, et que la Russie est en train de réduire en cendre les groupes jihadistes ?

La plupart des commentateurs ont souligné à juste titre les liens personnels du président Nicolas Sarkozy avec le Qatar, sponsor des Frères musulmans, et ceux du président François Hollande, également avec le Qatar, puis avec l’Arabie saoudite. Les deux présidents ont fait financer illégalement une partie de leurs campagnes électorales par ces États et ont bénéficié de toutes sortes de facilités offertes par ces mêmes États. En outre, l’Arabie saoudite détient désormais une partie non-négligeable des entreprises du CAC40, de sorte que son désinvestissement brutal causerait de graves dommages économiques à la France.

Je voudrais évoquer ici une autre hypothèse explicative : les intérêts coloniaux de certains dirigeants français. Pour cela, un retour en arrière est nécessaire.

Les accords Sykes-Picot

Durant la Première Guerre mondiale, les Empires britannique, français et russe sont secrètement convenus de se partager les colonies des Empires austro-hongrois, allemand et ottoman lorsqu’ils seraient vaincus. À l’issue de négociations secrètes à Downing Street, le conseiller du ministre de la Guerre et supérieur de « Lawrence d’Arabie », Sir Mark Sykes, et l’envoyé spécial du Quai d’Orsay, François Georges-Picot, décident de partager la province ottomane de la Grande Syrie entre eux et en informent le Tsar.

Les Britanniques, dont l’Empire était économique, s’approprient les zones pétrolières connues à l’époque et la Palestine pour y installer une colonie de peuplement juive. Leur territoire s’étendait sur ceux de l’État de Palestine, d’Israël, de la Jordanie, de l’Irak et du Koweït actuels. Paris, qui était partagé entre partisans et adversaires de la colonisation, admettait quant à lui une colonisation à la fois économique, culturelle et politique. Il s’appropria donc les territoires du Liban et de la Petite Syrie actuels dont près de la moitié de la population à l’époque était chrétienne et dont il se déclarait le « protecteur » depuis François Ier. Enfin, les lieux saints de Jérusalem et de Saint-Jean d’Acre devaient être internationalisés. Mais en réalité, ces accords ne furent jamais pleinement appliqués à la fois parce que les Britanniques avaient pris des engagements contradictoires et surtout parce qu’ils entendaient créer un État juif pour poursuivre leur expansion coloniale.

Jamais les « démocraties » britannique et française ne débattirent publiquement de ces accords. Ils auraient choqué les Peuples britanniques et auraient été rejetés par le Peuple français. Les accords Sykes-Picot sont révélés par les révolutionnaires bolcheviks qui les découvrent dans les archives du Tsar. Ils provoquent la fureur des Arabes, mais les Britanniques et les Français ne réagissent pas aux agissements de leurs gouvernements.

L’idée coloniale française

La colonisation française a débuté sous Charles X avec la conquête sanglante de l’Algérie. C’était une question de prestige qui ne fut jamais validée par les Français et déboucha sur la révolution de Juillet 1830.

Mais l’idée coloniale n’est apparue en France qu’après la chute du Second Empire et la perte de l’Alsace-Moselle. Deux hommes de gauche, Gambetta et Jules Ferry proposent de partir à la conquête de nouveaux territoires en Afrique et en Asie à défaut de pouvoir libérer l’Alsace et la Moselle occupées par le Reich allemand. Ils s’unissent avec les intérêts économiques de la droite liés à l’exploitation de l’Algérie.

Comme la motivation de dérivatif à la libération du territoire national n’est pas très glorieuse, les amis de Gambetta et de Ferry vont l’enrober d’un discours mobilisateur. Il ne s’agit pas de satisfaire des appétits expansionnistes ou économiques, mais de « libérer des peuples opprimés » (sic) et de les « émanciper » de cultures « inférieures » (re-sic). C’est beaucoup plus noble.

À l’Assemblée nationale et au Sénat, les partisans de la colonisation avaient créé un lobby pour défendre leurs appétits : le « Parti colonial ». Le terme de « parti » ne doit pas ici induire en erreur, il ne désigne pas une formation politique mais un courant de pensée trans-partisan, réunissant une centaine de parlementaires de droite et de gauche. Ils s’adjoignirent de puissants hommes d’affaires, des militaires, des géographes et de hauts fonctionnaires, comme François Georges-Picot. Si très peu de Français s’intéressaient à la colonisation avant la Première Guerre mondiale, ils furent beaucoup plus nombreux durant l’Entre-deux-Guerres… c’est-à-dire après la restitution de l’Alsace et de la Moselle. Le Parti colonial, qui n’était plus alors que celui du capitalisme aveugle enrobé de droit-de-l’hommisme, tenta de convaincre la population à travers de grandes manifestations comme la sinistre Exposition coloniale de 1931 et connut son apogée avec le Front populaire de Léon Blum, en 1936.

La colonisation de la Petite Syrie

À l’issue de la Guerre et de la chute de l’Empire ottoman, le chérif Hussein des deux Mosquées de La Mecque et de Médine proclame l’indépendance des Arabes. Conformément aux engagements de « Lawrence d’Arabie », il se proclame « roi des Arabes », mais est rappelé à l’ordre par la « perfide Albion ».

En 1918, son fils, l’émir Fayçal, proclame un gouvernement arabe provisoire à Damas tandis que les Britanniques occupent la Palestine et les Français la côte méditerranéenne. Les Arabes tentent de créer un État unitaire, multiconfessionnel, démocratique et indépendant.

Le président US, Woodrow Wilson a réconcilié son pays avec le Royaume-Uni autour du projet commun de création d’un État juif, mais il est opposé à l’idée de coloniser le reste de la région. Quittant la conférence de Versailles, la France se fait octroyer un mandat par le Conseil suprême inter-alliés pour administrer sa zone d’influence lors de la conférence de San Remo. La colonisation avait trouvé un alibi juridique : il fallait aider les Levantins à s’organiser après la chute des Ottomans.

Les premières élections démocratiques sont organisées en Syrie par le gouvernement arabe provisoire. Elles donnent la majorité du Congrès général syrien à des caciques sans véritable couleur politique, mais l’assemblée est dominée par les figures de la minorité nationaliste. Elle adopte une Constitution monarchique et bicamérale. À l’annonce du mandat français, le Peuple se soulève contre l’émir Fayçal qui a décidé de collaborer avec les Français et les Maronites du Liban qui le soutiennent. Paris envoie la troupe sous les ordres du général Gouraud, un membre du « Parti colonial ». Les nationalistes syriens lui livrent bataille à Khan Mayssaloun où ils sont écrasés. La colonisation commence.

Le général Gouraud sépare d’abord le Liban —où il dispose du soutien des Maronites— du reste de la Syrie qu’il s’efforce de gouverner en divisant et en opposant les groupes confessionnels. La capitale de la « Syrie » est transférée à Homs, une petite ville sunnite, avant de revenir à Damas, mais le pouvoir colonial reste basé au Liban, à Beyrouth. Un drapeau est donné à la colonie, en 1932, il est composé de trois bandes horizontales représentant les dynasties Fatimides (vert), Omeyyades (blanc) et Abbasides (noir), symboles des musulmans chiites pour la première et sunnites pour les deux suivantes. Les trois étoiles rouges représentent les trois minorités chrétienne, druze et alaouite.

La France entend faire du Liban un État maronite, car les Maronites sont des chrétiens reconnaissant l’autorité du pape, et de la Syrie un État musulman. Elle ne cessera de combattre les chrétiens de la Petite Syrie car majoritairement orthodoxes.

En 1936, la gauche accède au pouvoir en France avec le gouvernement du Front populaire. Il accepte de négocier avec les nationalistes arabes et leur promet l’indépendance. Le sous-secrétaire d’État aux protectorats du Maghreb et aux mandats du Proche-Orient, Pierre Viénot, négocie l’indépendance du Liban et de la Syrie (comme il avait tenté de la faire pour la Tunisie). Le Traité est ratifié à l’unanimité par le Parlement syrien, mais ne sera jamais présenté par Léon Blum —membre du « Parti colonial »— au Sénat.

Dans la même période, le gouvernement du Front populaire décide de séparer la ville d’Antioche de la Petite Syrie et propose de la rattacher à la Turquie, ce qui sera fait en 1939. De cette manière, Léon Blum entend se débarrasser des chrétiens orthodoxes dont le patriarche est titulaire de la chaire d’Antioche et que les Turcs ne manqueront pas de réprimer.

Finalement, c’est la division de la France durant la Seconde Guerre mondiale qui mettra fin à la colonisation. Le gouvernement légal de Philippe Pétain tente de maintenir le mandat, tandis que le gouvernement légitime de Charles De Gaulle proclame l’indépendance du Liban et de la Syrie, en 1941.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Gouvernement provisoire de la République met en œuvre le programme du Conseil national de la Résistance. Pourtant, le « Parti colonial » s’oppose aux indépendances des peuples colonisés. Le 8 mai 1945, c’est le massacre de Sétif (Algérie) sous le commandement du général Raymond Duval, le 29 mai, c’est celui de Damas sous le commandement du général Fernand Olive. La ville est bombardée par l’aviation française durant deux jours. Une grande partie du souk historique est détruite. L’hémicycle du Congrès du Peuple syrien lui-même est bombardé.

L’ambition coloniale de la France en Syrie depuis 2011

Alors que le président Nicolas Sarkozy avait invité son homologue syrien, Bachar el-Assad, aux cérémonies du 14 juillet 2008 aux Champs-Élysées en célébrant ses avancées démocratiques, il négocie avec les États-Unis et le Royaume-Uni le remodelage du « Moyen-Orient élargi » en 2009-10. La secrétaire d’État Hillary Clinton le convainc de relancer le projet colonial franco-britannique sous la guidance états-unienne, c’est la théorie du « leadership par l’arrière ».

Le 2 novembre 2010 —c’est-à-dire avant le « Printemps arabe »—, la France et le Royaume-Uni signent une série de documents connus comme les Accords de Lancaster House. Si la partie publique indique que les deux États mettront en commun leurs forces de projection (c’est-à-dire leurs forces coloniales), la partie secrète prévoit d’attaquer la Libye et la Syrie, le 21 mars 2011. On sait que la Libye sera attaquée deux jours plus tôt par la France, soulevant la colère du Royaume-Uni qui était ainsi doublé par son allié. L’attaque de la Syrie n’aura, par contre, jamais lieu car le commanditaire, les États-Unis, changera d’avis.

Les Accords de Lancaster House ont été négociés pour la France par Alain Juppé et le général Benoît Puga, un partisan enragé de la colonisation.

Le 29 juillet 2011, la France créée l’Armée syrienne libre (les « modérés »). Contrairement à la communication officielle autour de son chef, le colonel Riyad el-Asaad, ses premiers éléments ne sont pas des Syriens, mais des Libyens membres d’al-Qaïda. Riyad el-Asaad n’est qu’une couverture chargée de donner le vernis syrien. Il a été choisi en raison de son homonymie avec le président Bachar el-Assad avec lequel il n’a aucun lien de parenté. Cependant, ignorant que les deux noms ne s’écrivent pas de la même manière en arabe, la presse atlantiste voit en lui le signe la « première défection au sein du régime ».

L’Armée syrienne libre (ASL) est encadrée par des légionnaires français, détachés de leur corps et mis à la disposition de l’Élysée et du général Benoît Puga, le chef d’état-major privé du président Sarkozy. L’ASL reçoit comme drapeau celui de la colonisation française.

Actuellement, l’ASL n’est plus une armée permanente. Mais sa marque est utilisée ponctuellement pour des opérations imaginées par l’Élysée et effectuées par des mercenaires des autres groupes armés. La France persiste à distinguer des jihadistes « modérés » et d’autres « extrémistes ». Il n’existe pourtant aucune différence de personnel ou de comportement entre les deux groupes. C’est l’ASL qui débuta les exécutions d’homosexuels en les jetant du haut des toits d’immeubles. C’est également l’ASL qui diffusa une vidéo de l’un de ses dirigeants cannibale mangeant le cœur et le foie d’un soldat syrien. La seule différence entre modérés et extrémistes, c’est leur drapeau : celui de la colonisation française ou celui du jihad.

Début 2012, les légionnaires français escortent les 3 000 combattants de l’ASL à Homs, l’ancienne capitale de la colonisation française, pour en faire la « capitale de la révolution ». Ils se retranchent dans le quartier neuf de Baba Amr et proclament un Émirat islamique. Un tribunal révolutionnaire condamne à mort plus de 150 habitants qui étaient restés dans le quartier et les fait égorger en public. L’ASL tint un siège d’un mois protégée par des postes de tir de missiles anti-tanks Milan, mis à disposition par la France.

Lorsque le président François Hollande relance la guerre contre la Syrie, en juillet 2012, il conserve —fait unique dans l’histoire de France— le chef d’état-major privé de son prédécesseur, le général Benoît Puga. Il reprend la rhétorique et la gesticulation coloniale. Ainsi, il déclare que la République arabe syrienne est une « dictature sanguinaire » (il faut donc « libérer un peuple opprimé ») et que le pouvoir est confisqué par la minorité alaouite (il faut donc « émanciper » les Syriens de cette horrible secte). Il fait interdire aux réfugiés syriens en Europe de participer aux élections qui se tiennent dans leur pays et décide à leur place que le Conseil national syrien —non élu— est leur représentant légitime. Son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, déclare que le président démocratiquement élu, Bachar el-Assad, « ne mérite pas d’être sur la Terre ».

Les déclarations de Valéry Giscard d’Estaing

Le 27 septembre dernier, l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing accorda une interview d’une page au quotidien Le Parisien/Aujourd’hui en France à propos des réfugiés et de l’intervention russe contre les terroristes en Syrie. Il y déclare : « Je m’interroge sur la possibilité de créer un mandat de l’Onu sur la Syrie, pour une durée de cinq ans ».

Jamais l’Onu n’a accordé de « mandat » depuis sa création. Ce simple mot renvoie aux affres de la colonisation. Jamais non plus un leader français n’avait ainsi évoqué publiquement l’ambition coloniale française depuis l’indépendance de l’Algérie, il y a 53 ans.

Il importe ici de rappeler que Geneviève, la sœur de François Georges-Picot (celui des Accords Sykes-Picot), épousa le sénateur Jacques Bardoux —membre du « Parti colonial »—. Leur fille, May Bardoux, épousa quant à elle le président de la Société financière française et coloniale, Edmond Giscard d’Estaing, le père de l’ancien président français.

Ainsi, la solution du problème syrien, selon le petit neveu de l’homme qui négocia avec les Britanniques le mandat français sur la Syrie, c’est de recoloniser le pays.

Thierry Meyssan

Voltairenet

Source : « Pourquoi la France veut-elle renverser la République arabe syrienne ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 octobre 2015, www.voltairenet.org/article189002.html

L’agent agitateur Bernard Henry Lévy interdit d’entrée dans une douzaine de pays

L’agitateur ultra-sioniste franco-israélien Bernard Henry Lévy, autoproclamé « philosophe » (Sic!) et bouffon du système de la bien-pensance, vient d’être interdit d’entrée en Fédération de Russie et en Chine.

Outre ces deux pays cités ci-dessus, l’agent extrémiste est déclaré persona non grata en Algérie (depuis deux mois), en Biélorussie, en Bolivie, à Cuba, en Iran, en Irak, au Nicaragua, au Soudan, en Syrie, en Tunisie, au Vénézuela et au Yémen.

L’information est confirmée pour la totalité des pays citées supra à l’exception de la Tunisie dont le gouvernement n’a pas officiellement instruit les services concernés de l’interdiction d’entrée de Bernard Henry Lévy sur son territoire mais a pris des dispositions pour qu’il soit refoulé à l’arrivée.

Une dizaine d’autres pays dont l’Afrique du Sud, le Brésil, le Nigéria et le Kazakhstan ont inscrit le nom de celui qui joué un rôle propagandiste va t-en guerre en Libye sur une liste noire de personnes classées très dangereuses pour la sécurité nationale de ces pays.

Conflit au Moyen-Orient: des avions israéliens bombardent la province de Lattaquié

Selon des informations partiellement confirmées par un responsable américain via CNN et rapportées par la chaîne libanaise d’information en continu Al-Mayadeen, des chasseurs-bombardiers israéliens ont bombardé des sites de missiles anti navires syriens à Lattaquié, sur le littoral méditerranéen.

Des missiles SS-N de type Yakhont ont été ciblés par des raids de l’aviation israélienne dans ce qui s’apparente à la sixième intervention flagrante d’Israël dans le conflit en cours en Syrie.

L’aviation israélienne a également bombardé des positions de l’armée syrienne pour couvrir le retrait de commandos israéliens infiltrés au sein des rebelles à partir du littoral pour localiser et identifier les sites de lancement de missiles syriens.

L’armée israélienne offre des facilités directes à des factions rebelles en Syrie. C’est le cas notamment au Golan occupé par Israël où les unités israéliennes ont établi des hôpitaux de campagne, des QG de commandement et un feu de soutien au profit des rebelles pseudo-islamistes en guerre contre le régime syrien.

Le Président syrien Bashar Al-Assad a insisté à plusieurs reprises que le conflit ravageant son pays depuis presque trois ans est une guerre régionale à portée universelle dans laquelle Israël et ses alliés jouent un rôle primordial.

Possible usage imminent d’armes chimiques en Syrie

Des informations recueillies indiquent un possible usage imminent d’armes chimiques dans les combats en cours entre les unités de l’armée syrienne et les factions rebelles dans la périphérie de Damas.

L’armée syrienne tente actuellement de libérer Mouadamiyat al-Cham, une banlieue au sud-ouest de Damas tenue par les rebelles. En parallèle, une autre offensive gouvernementale est en cours sur la sortie Nord de Damas et sur l’axe Damas-Homs.

La Russie a fait part aujourd’hui de sa vive préoccupation en réaction à des informations faisant état d’un possible usage d’armes chimiques par des éléments extrémistes.

L’Arabie Saoudite, Israël et la Turquie soutiennent directement des factions de la rébellion syrienne et des phalanges de volontaires étrangers combattant en Syrie.

Des trois pays, l’Arabie Saoudite est le pays ayant dépensé le plus dans l’affaire syrienne: 30 milliards de dollars. La Turquie, allié clé de Washington dans la région est allé jusqu’à compromettre son intégrité territoriale et accepter sur son sol des camps d’entraînements d’extrémistes religieux.

Israël qui s’est préparé depuis longue date à une guerre régionale sur plusieurs axes, n’a pas pu digérer les efforts internationaux pour parvenir à une paix négociée en Syrie. La survie du régime Al-Assad et de ses soutiens régionaux  serait fatale pour les objectifs stratégiques israéliens au Moyen-Orient.

Syrie: l’architecte du déploiement militaire syrien au Liban tué au combat à Deir Ezzor

Général Djama DjamaaL’un des architectes du déploiement militaire syrien au Liban de 1976 à 1982 puis de 2003 à 2005, le général Djama Djamaa,  a été tué hier jeudi 17 octobre 2013 au combat à Deir Ezzor, la plus grande ville de l’Est de la Syrie, non loin de la frontière irakienne.

Le général Djamaa dirigeait les renseignements militaires à Deir Ezzor , ville où se déroulent depuis quelques jours de très intenses combats entre l’armée syrienne et une trentaine de groupes radicaux venus d’Irak et de Jordanie.

Les médias syriens ont rapporté l’information mais sans préciser les circonstances dans lesquelles a péri  ce général en froid avec sa hierarchie sur la manière de conduire les opérations militaires contre ce que la Syrie désigne officiellement les forces sionistes mondialisées.

Selon l’observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), une officine du MI6 britannique et pro-rébellion  armée, le général Djamaa aurait été atteint par le tir d’un sniper ou de plusieurs snipers rebelles. Ces derniers utilisent de plus en plus des fusils anti-material à très gros calibre (de 12.7 à 30 mm) fournis par leurs soutiens étrangers.

Partisan convaincu de la Grande Syrie et anti-sioniste, le général Djamaa était en froid avec l’Etat-major sur certains points relatifs à la stratégie de défense asymétrique face à la coalition mondiale menée par les Etats-Unis, Israël et l’Arabie Saoudite  s’acharnant sur la Syrie. Il aurait entre autres préconisé un nouveau déploiement au Liban pour divertir les forces israéliennes du Golan.

Photo du jour: un soldat de l’armée syrienne…30 mois de résistance!

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Un soldat des forces armées syriennes sur le bord d’une route reliant Homs à Alep. En 30 mois de conflit, loin de se disloquer, l’armée syrienne a connu un profond remaniement et une véritable révolution tactique: son organisation est devenue plus flexible avec une nette prépondérance des troupes de choc. Les unités de l’armée syrienne se battent sur trois fronts majeurs (Nord, Littoral, Sud) répartis entre 284 lieux d’affrontements. Fait important, les meilleures unités sont gardées en réserve en cas d’affrontement direct avec Israël…

Premier résultat du conclave de Ryad: le Conseil National Syrien n’ira pas à Génève

C’était un peu prévisible. Le Conseil National Syrien (CNS) représentant une faction de l’opposition syrienne armée a décidé de boycotter la Conférence de Genève II, prévue en novembre 2013.

Cette décision serait l’un des premiers résultats du conclave de Ryad au cours duquel l’Arabie Saoudite et ses alliés dont en premier lieu la France ont arrêté une nouvelle stratégie visant le torpillage de toute solution négociée et/ou pacifique du conflit syrien.

Le CNS est non seulement à la solde de pays comme l’Arabie Saoudite mais demeure très divisé par un complexe jeu d’influence et de rivalités de chapelles.

Pas question donc d’une Conférence où l’on verra parader les représentants du régime de Damas et leurs alliés régionaux. Pour Ryad aussi bien que Tel-Aviv, seul un changement de régime violentdu type de celui qui a balayé l’ex-régime irakien est à même de représenter la solution idoine. Le jour d’après, on se battra entre bons alliés pour une place au soleil: un régime islamiste pseudo-sunnite et pro-libéral ou un régime doté d’un Premier ministre pro-israélien, c’est selon les desirata des deux plus influents alliés de Washington dans la région.

Une Syrie gouvernée par un Premier ministre aux prérogatives illimitées tournant le dos à la résistance libanaise et à l’Iran tout en acceptant l’occupation d’une partie de son territoire en échange d’une paix en trompe l’oeil avec Israël? Une hérésie à Damas. La guerre continue…

Syrie: l’armée poursuit sa contre-offensive au Sud de Damas

Selon des informations convergeantes, des unités de choc de l’armée syrienne soutenues par des milices populaires et des éléments du Hezbollah libanais ont repris les localités de Husseinyé et de Dyabya dans la banlieue méridionale de la capitale Damas.

Des unités parachutistes ont été larguées au dessus de cette zone où ce trouve un important sanctuaire chiite pour tenter de prendre à revers les forces rebelles. Celles-ci ont opposé une très vive résistance en utilisant des tirs d’artillerie de barrage, des canons antiaériens et des missiles antichar sophistiqués de type Kornet.

Peu d’informations ont filtré sur la participation d’éléments du Hezbollah libanais mais ce qui semble certain est que la stratégie de choc  et  les innovations tactiques inédites utilisées par l’armée syrienne lors des combats portent  bien la trace du mouvement.

Les combats ont été d’autant plus acharnées que l’enjeu semblait se focaliser autour des lieux de pélérinage chiite. Les rebelles appartenant à diverses factions dont des radicaux salafistes  se sont battus à mort contre ceux qu’ils perçoivent comme leurs ennemis hérétiques. Plus de 500 rebelles ont péri dans les combats entre mercredi et aujourd’hui. 119 d’entre eux ont été éliminé par le Hezbollah ces dernières 24 heures.

De lourdes pertes ont été également enregistrées au sein des forces de la défense nationale (Quwwat Al-Difaa Al-Watani) une milice paramilitaire populaire mise sur pied par le gouvernement pour soutenir l’effort de guerre.

Enfin, il est à souligner que des milices irakiennes se battent pour les deux camps, sans aucun doute pour des raisons confessionnelles. Une tendance dangereuse susceptible de nuire à la politique générale de Damas, bien plus modérée que celle du gouvernement en place à Baghdad.

D’après diverses informations, plus de 15000 rebelles sont encore retranchés dans les banlieues périphériques sud de la capitale. L’armée syrienne tente de nettoyer le sud de la capitale afin de prévenir un éventuel blocage des voies de communication avec les provinces méridionales menant vers le Golan et la Jordanie.

Conflit au Moyen-Orient: d’importants convois blindés syriens en route vers le Golan

20131010-034939.jpgDes informations confirmées en provenance de Syrie rapportent que d’importants convois blindés de l’armée syrienne font actuellement route vers la ville de Qunaïtra au Golan, près de la frontière avec Israël.

Dans un développement inédit, l’armée syrienne a fini par dévoiler ses unités d’élite laissées jusque-là en réserve. Nos informations évoquent avoir aperçu une colonne de plus de 200 chars de bataille de type T-72 S se dirigeant vers le plateau du Golan, territoire syrien occupé par Israël en 1967 et annexé en 1981.

Ces mouvements surviennent dans un contexte de trés forte tension, notamment en Israël où trois aéronefs militaires (deux avions de combat et un drone) se sont abattus en moins de 48 heures.

S’agit-il de renforts militaires destinés à la province méridionale de Deraa, berceau de la rébellion, ou est-ce un déploiement en prévision d’un conflit avec Israël?

De toute évidence, l’armée syrienne est en train de procéder à un profond remaniement de ses unités combattantes. Le parachutage massif de troupes de choc sur Jobar et les grandes voies périphériques de la région de Damas  illustrent cette nouvelle approche.

Autre nouveauté. D’ordre sémantique cette fois. Le ministère syrien de la défense commence à utiliser officiellement le terme sioniste et pro-sioniste pour qualifier les groupes islamistes radicaux et la rébellion syrienne.

Au Nord du pays, les unités de l’armée syrienne mènent une contre-offensive sur Salaheddine (Alep) et se battent depuis deux jours autour du krak des Chevaliers. A la frontière turque, syriens et turcs s’affrontent à mort par kurdes et islamistes interposés: les comités de la résistance kurde opposent une lutte acharnée aux cohortes islamistes radicales de Daesh, armés et soutenus par la Turquie par peur d’une extension du conflit kurde. Une extension que Damas encourage au plus point.

Les rebelles toutes factions confondues viennent de recevoir une artillerie plus performantes de la part de l’Arabie Saoudite et la Grande-Bretagne. Disposant de roquettes d’un plus grand rayon d’action, ils les ont utilisé contre des objectifs stratégique comme la raffinerie de Homs (centre du pays).

Au Golan, une unité israélienne a ouvert le feu sur une position de l’armée syrienne après qu’un soldat israélien a été blessé par des tirs d’armes légères.  Les syriens ont riposté et un intense échange de tirs s’en ai suivi. Quelques heures plus tard, les israéliens refusent l’entrée dans leur territoire d’une quinzaine de blessés de l’armée syrienne libre (ASL-Rébellion) craignant sans doute un piège. Car en Syrie actuellement, personne ne sait qui est qui.

Sur le plan diplomatique, le Chef d’Etat-major des armées russes vient de confirmer les termes de l’accord secret conclu entre Moscou et Damas en échange d’un désarmement (partiel?) de l’arsenal chimique syrien. La Syrie est officiellement sous la protection de la Russie et de son parapluie nucléaire.

Conflit au Moyen-Orient: quel impact sur les réacteurs nucléaires de la région?

Officiellement, la Syrie dispose d’un réacteur miniature source de neutrons (Miniature Neutron Source reactor ou MNSR) près de Damas. Il s’agit d’un réacteur compact destiné à la recherche dans le domaine nucléaire fourni par la République populaire de Chine. Ce réacteur fonctionne avec de l’uranium U235 enrichi à près de 90%.

Divers rapports émanant de services de renseignement hostiles au régime syrien actuel avaient évoqué une possible coopération avec la Corée du Nord et l’Iran dans le domaine nucléaire.

le 06 septembre 2007, des avions de guerre israéliens soutenus par l’US Air force avaient effectué un raid via la Turquie sur un prétendu réacteur nucléaire en construction en Syrie.

A l’époque, le Président américain George W. Bush avait déclaré que ce réacteur avait des caractéristiques similaire au réacteur de Yongbyon en Corée du Nord et que par conséquent, cette frappe était un « avertissement  » à la Corée du Nord. De son côté, tout en niant les accusations, Damas avait affirmé que le site visé n’était qu’un simple centre de recherches en agronomie relevant des forces armées.

La Russie a souligné mercredi les conséquences “catastrophiques” que pourrait avoir une attaque occidentale sur la Syrie si un missile venait à frapper un réacteur MNSR de recherche situé près de la capitale Damas.

 

“Si une ogive, volontairement ou par hasard, devait toucher le Réacteur miniature source de neutrons (MNSR) près de Damas, les conséquences pourraient être catastrophiques”, a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

 

Les zones environnantes pourraient être contaminées par de l’uranium hautement enrichi (U235), ajoute le ministère qui craint aussi que du matériel nucléaire tombe entre les mains des rebelles radicaux après une attaque.

Cependant, c’est en Israël où les inquiétudes sur la sécurité des installations nucléaires en cas de conflit sont les plus vives. Plus précisément la vieille centrale nucléaire de Dimona au Néguev.  Ce site qu’ont tenté de survoler à deux reprises des drones du Hezbollah libanais.

Le site est déjà la source d’une contamination radiologique des sols mais que l’Etat s’efforce de passer sous silence par peur de l’opinion publique. En cas de « conflit ouvert » ou de « dérapages » des frappes occidentales sur la Syrie, ce pays ou l’un de ses alliés, plus probablement le Hezbollah pourrait bien cibler Dimona avec des dizaines de missiles disposant d’un faible EPR (Error probability Range).

On peut aisément imaginer l’impact psychologique immense aussi bien au sein de l’opinion publique israélienne que celle des pays Arabes si un ou plusieurs missiles venaient à s’abattre sur  Dimona.

Quoi qu’il en soit, il devient de plus en plus évident que ceux qui parlent de  » frappes sur la Syrie »  ignorent l’inextricable complexité et l’extrême gravité de la situation du Moyen-Orient dans son ensemble.

C’est un front ouvert du plateau iranien jusqu’au au littoral syro-libanais en passant par l’Irak.  Pour celles et ceux qui l’ont oublié, les chapelets de bombes explosant quotidiennement en Irak sont le signe le plus évident du débordement du conflit syrien sur ce pays.

Téhéran: une agression contre la Syrie permettra la libération de la Palestine

Des doutes subsistaient quant à une éventuelle riposte de l’Iran en cas d’agression étrangère en Syrie. Désormais, cela ne fait plus l’ombre d’un doute: la machine de guerre iranienne est en plein branle-bas de combat.

Un disours mystique et eschatologique domine les débats en Iran: pour la première fois, les iraniens évoquent publiquement « l’ultime guerre, celle qui conduira à la libération de la Palestine et l’anéantissement de l’Etat sioniste ».

De toute évidence et parallèlement aux immenses préparatifs de guerre israéliens, l’Iran s’est bien préparé à une guerre régionale totale. Cette donne chamboule non seulement les calculs de Washington et exlique ses hésitations mais également le recours par Obama à une approbation du Congrès pour déclencher ce qui pourrait être l’un des plus grands conflits du siècle.

Vu de Téhéran, l’approbation du Congrès est acquise d’avance, vu l’influence qu’exerce le  puissant lobby pro-israélien sur le pouvoir législatif US.

D’après des indiscrétions, la délégation du Haut Conseil de la sécurité nationale iranienne en visite depuis hier  à Damas aurait remis aux syriens un message secret ainsi que des plans visant à synchroniser une éventuelle riposte en cas d’agression contre la Syrie.

Quelques heures plus tard, le commandant en chef des Niruyeh Moghavemat Bassij (force de mobilisation de la résistance), la plus grande force  paramilitaire d’Iran (de 3 à 9 millions d’éléments), fondée en 1979 et relevant des forces du Corps des Gardiens de la Révolution a annoncé publiquement que toute « agression contre la Syrie conduira à la libération de la Palestine ».

D’autres généraux iraniens de l’armée régulière et des Gardiens de la Révolution ont martelé qu’une intervention occidentale en Syrie déclencherait un conflit qui ne sera pas circonscrit aux seules frontières syriennes.

Au Liban, des analystes proches du Hezbollah libanais estiment quant à eux qu’une éventuelle attaque américano-sioniste contre la Syrie verra la libération de la Palestine septentrionale. Une allusion à peine voilée à l’existence de plans secrets prévoyant l’intrusion de combattants du Hezbollah en Galilée, voire l’investiture d’agglomérations israéliennes. Ce qui serait une première depuis la création d’Israël en 1948.

Un cauchemar pour Obama.

Iran: « Dures conséquences si Washington franchit la ligne rouge » en Syrie

Une attaque militaire américano-israélienne sur la Syrie serait perçue comme une attaque généralisée contre la République islamique d’Iran. Le Chef adjoint de l’Etat-Major des forces armées iraniennes, le général Messaoud Jezayeri a explicitement averti de dures conséquences si Washington décide de franchir la ligne rouge en Syrie.

Les américains et les israéliens le savent depuis le début mais attendaient patiemment le changement de deux variables: primo, un affaiblissement suffisant des forces armées syriennes et de son économie; secundo, l‘arrivée de nouveaux systèmes d’armes capables de rendre obsolètes les systèmes d’armes russes, chinois et iraniens. Ce qui semble être fait vu les déclarations belliqueuses des Chefs d’Etats alliés des Etats-Unis.

Cependant, nul ne pourra prévoir ce qui adviendra au lendemain de l’incendie. Car, ne vous y trompez pas deux fois: une attaque américano-israélienne sur la Syrie et l’Iran marquera non seulement l’épilogue et l’échec définitif de ce que l’on a appelé « Printemps arabe » (jeu de mot signifiant « destruction arabe » en hébreu) mais également le début de la troisième guerre mondiale. Ironie du sort, celle-ci a toutes les chances de se déclencher à la veille de la commémoration du centenaire de la première guerre mondiale…

Proche et Moyen-Orient ou les enfants de l’anarchie…

Le changement de paradigme opéré en urgence par l’administration US du président Barack Obama dans sa gestion du Proche et Moyen-Orient a non seulement  brouillé des cartes et faussé des grilles d’analyses mais causé des troubles graves dans des pays comme l’ Egypte, la Tunisie et la Libye.

Une partie non-négligeable du monde musulman se retrouve désormais plongée dans l’anarchie.  Si la guerre en Syrie continue de faire rage, la Turquie assiste impuissante à la disparition de ses frontières méridionales tandis que l’Iran peine à faire face à un embargo économique, financier et technologique total.

Depuis le début du Ramadan, mois sacré musulman, des attaques asymétriques  ont visé les armées régulières d’Egypte, d’Irak, du Liban, de Libye, de Syrie et de Tunisie. C’est donc à un véritable Ramadan rouge que sont confrontés la plupart des pays du monde dit arabe.

Syrie

L’axe Damas-Bagdad-Téhéran est de plus en plus visé. Hier, Damas a condamné avec la plus grande fermeté les attaques terroristes massives ayant visé plusieurs villes irakiennes (un bilan officiel irakien évoque 55 morts et plus de 250 blessés).  Une semaine auparavant, une attaque contre la sinistre prison d’Abou Gharib, près de Bagdad, a permis l’évasion spéctaculaire de plus de 1200 détenus. Une grande partie de ces derniers se seraient dirigés en Syrie pour rejoindre les rangs des groupes terroristes se battant contre le gouvernement syrien.

Sur le terrain en Syrie, une vigoureuse contre-offensive en cours de l’armée syrienne à Khan Al-Assal (Alep), prise il y a quelques jours par des groupes liés à al-Qaïda au Levant.  La capture de la localité par une vingtaine de groupes armés a donné lieu à des représailles sanglantes puisque la « brigade du Califat » a passé au fil de l’épée plus de 220 personnes accusées de collaborer ou d’être des sympathisants du gouvernement.

La chute de Khan Al-Assal a été rendue possible par l’usage inédit de nouvelles tactiques et l’intervention directe d’unités militaires de pays voisins  « noyées » au sein des insurgés.  On évoque surtout des éléments de l’armée turque mais également quelques éléments de l’IDF (Israel Defence Forces) au Nord d’Alep où la frontière avec la Turquie a cessé d’exister sur fond de résurgence du nationalisme kurde.  Des sources syriennes indiquent que des unités parachutistes sont parvenus à pénétrer dans les alentours de Khan Al-Assal et sont actuellement en train de se battre à l’entrée de la localité.

D’autres unités mixtes de l’armée syriennes ont lancé une offensive  pour désengager l’aérodrome de Ming et la prison centrale d’Alep. La Prison centrale d’Alep, défendue par l’élite des forces du ministère de l’intérieur, est assiégée depuis avril 2013. Aux unités d’infanterie mécanisée se sont jointes des unités paramilitaires et des comités de la résistance palestinienne. Damas est parvenu à un accord secret avec les Kurdes au Nord pour faire face à l’ennemi commun: la Turquie et ses milliers de combattants étrangers inflitrés.

Plus au Sud, des offensives de l’armée syrienne à Sibina dans la périphérie de Damas ont été signalés.  Une intervention des blindés à Arbin dans la campagne de Damas s’est terminée par la destruction d’un groupe terroriste multinational.

A Hermon, une brigade de Jabhet Ennosra (le Front des Partisans) a été éliminée par des troupes de choc.  Dans le gouvernorat de Homs, des troupes de choc ont réussi à pénétrer dans la ville de Khalidia où les défenses de l’armée syrienne libre (ASL) et des groupes alliés se sont subitement effondrées.  Des tranchées et des blockhaus improvisés ont été découverts en plein centre-ville par les unités de génie de l’armée loyalistes. Ces dernières ont également découvert que des immeubles ont été plastiqués.

Dans le Sud du pays, une unité de la Garde Républicaine syrienne a éliminé la fameuse « brigade de la mort » et son chef Ibrahim Al-Misry. Près du Golan, l’armée syrienne recapture une localité non loin de la ville d’Al-Qunaïtra.

Sur le plan économique, Damas tente par tous les moyens possibles de limiter les effets de la guerre économique à outrance menée à son encontre. Le taux de change officiel est maintenu à 175 lires syriennes contre un dollar US.  De nouvelles lois répressives visant la spéculation et le marché noir viennent d’être promulguées. Ces dernières assimilent désormais les spéculateurs aux terroristes. Malgré la crise et les pénuries, une catégorie de nouvaux riches a émergé du chaos et de la spéculation.

C’est dans ce climat économique marqué par une recrudescence sans précedant du chômage que le ministère de l’intérieur lance une vaste campagne de recrutement afin de renforcer ses structures. Le renforcement de ces forces permettrait l’affectation des forces militaires à d’autres tâches plus urgentes. Selon des sources syriennes, plus de 35% des capacités de l’armée syrienne demeurent en réserve pour faire face à une éventuelle intervention étrangère.

Sur le plan de l’information, Les chaînes de télévision syriennes sont retransmises via le satellite russe AM44 EXPRESS.  La chaîne syrienne d’information en continu Al-Ikhbarya est toujours retransmise sur Eutelsat W2A. Radio Damas émet sur 102.8 FM à Damas et sa périphérie.

Egypte

L’appel du chef des armées égyptiennes, le général Abdul Fattah Al-Sissi, des centaines de milliers de manifestants anti-Morsi sont descendus dans les rues et les avenues des grandes villes égyptiennes. Des heurts sanglants ont opposé deux Egypte, causant près de 200 morts en une semaine. Des armes à feu ont été utilisés aussi bien par les partisans des Frères Musulmans que par des policiers en civils inflitrés parmi les manifestants. Au Sinaï, deux soldats égyptiens tués et plusieurs autres sont blessés dans une attaque à la roquette. Les insurgés islamistes utilisent désormais des armes lourdes.  Des hélicoptères Apache de l’armée égyptienne bombardent des repaires présumés de groupes armés. Si les troubles sanglants du Caire, d’Alexandrie ou de Port-Said peuvent déboucher sur un semblant de brève guerre civile, ceux de la péninsule du Sinaï risquent de durer pendant des années. Avec toutes les conséquences possibles sur la sécurité régionale

Libye

Les répercussions du chaos égyptien en Libye sont très graves. Déjà en plein chaos, le pays fait face à une campagne soutenues et organisée de terreur. La démission de plusieurs ministres du gouvernement a succédé l’évasion spectaculaire de plus d’un millier de détenus de la prison centrale de Bengazi. Des assauts contre des bâtiments officiels et attentats à la bombe contre le palais de justice de la ville ont coincidé avec un assaut contre un hôpital psychiatrique où  plus de 150 internés en fuite ont été armés.  Des dissidences sont signalés  au Sud du pays.  La Libye Occidentale est sous le gouvernement de facto d’une puissante tribu (Zentane) détenant des armes chimiques et des missiles balistiques de courte portée . Prolifération des coupeurs de routes. L’extrême Sud de la Libye, notamment près des confins frontaliers avec le Tchad, le Niger et l’Algérie est quasiment une  zone libre commandée par Mokhtar Belmokhtar.

Tunisie

La poursuite des assassinats politiques en Tunisie et la persistence d’un puissant maquis terroriste au Mont Chaambi dans la localité de Kasserine non loin des frontières algériennes menacent la sécurité nationale tunisienne. Des informations recueillies indiquent qu’une unité d’élite de l’armée tunisienne a été accrochée par des éléments terroristes retranchés au Mont Chaambi, causant la mort de dix militaires et des blessures à trois autres. Selon certaines informations non confirmées, les militaires auraient été égorgés et leur équipement volé. En Algérie, l’état-major de la 5e Région militaire de Constantine est en état d’alerte et des renforts en hélicoptères de combat et d’attaque au sol ont été dépêchés en urgence à Tebessa, face à Kasserine. Des sources parlent d’une opération imminente aux frontières afin de détruire toute éventuelle infiltration ou pour arrêter des secours fournis par des groupes basés en Algérie  aux 170  terroristes retranchés au mont Chaambi.

Conflit au Moyen-Orient: de la révolution 2.0 aux bombardements orbitaux?

1. Malgré un nouvel afflux notable d’hommes et de matériel, la rébellion syrienne peine non seulement à se maintenir en dehors des zones rurales isolées mais accentue ses divisions intrinsèques du fait de profonds clivages idéologiques et politiques.  En réalité, la rébellion syrienne, toutes tendances confondues, ne s’est jamais remise de sa défaite stratégique à Al-Qussayr (non loin de l’antique Meggido). Sur le terrain, les rebelles sont boutés hors des cités périphériques de Damas, écrasés à Homs et à Lattaquié, pourchassés près de la zone de cessez-le-feu au Golan et mis en échec à Alep où le blocus mis en place par des groupes extrémistes armés depuis le début du mois sacré du Ramadan vient d’être percé par les unités d’élite de l’armée syrienne.

Cet ascendant des forces armées syriennes et des milices populaires permet à Damas de focaliser sur un autre aspect non moins dangereux du conflit en cours en Syrie: la guerre économique. Depuis des mois, des campagnes organisées de spéculation monétaire et financière ont grandement nui à l’économie syrienne et à la valeur de la livre syrienne. Cette spéculation est accompagnée par diverses pratiques telles que la contrebande, la fuite massive de capitaux, l’organisation de fausses pénuries, le sabotage d’infrastructures, l’introduction de fausse monnaies, la corruption et une hausse anormale des produits de base. Pour y faire face, le Premier ministre syrien Wael Al-Halaki a mis en place toutes une série de mesures de protection. Cependant fort insuffisantes. Le recours à des experts iraniens, aguerris par le blocus auquel leur pays fait face, a permis d’éluder l’effondrement de la monnaie nationale syrienne.

Le gouvernement syrien a beau mettre en place un système de rationnement en temps de guerre, impossible de stopper les pratiques spéculatives. En vertu du système de rationnement, chaque personne adulte a le droit à 300 grammes de thé par mois mais ce produit s’échange sous le manteau à des prix rédhibitoires et est surtout exporté en masse vers des pays voisins. La situation est telle que l’armée syrienne commence à cibler les milieux de la spéculation. Néanmoins, contre toute logique, l’économie syrienne tient toujours. Les liens commerciaux officieux avec l’Irak et l’Iran (ce dernier ne parvient ou ne veut plus payer ses créances internationales) ainsi que ceux bancaires avec le Liban expliquent en partie mais pas totalement la survie surprenante du système économique d’un pays non producteur d’hydrocarbures dont l’économie est basée essentiellement sur l’agriculture et le textile.

2. Des indications receuillies laissent entendre que les populations civiles et les unités militaires assiégées à Alep ont pu être ravitaillées par l’armée syrienne qui a du intervenir alors que son plan ne préconise pas un mouvement vers le Nord avant le mois de d’octobre afin de parer à toute nouvelle attaque combinée sur Damas comme ce fut le cas en juillet 2012. Le blocus imposé par les groupes les plus extrémistes de la rebéllion n’a pas tenu, moins par la vigueur de l’offensive loyaliste que par l’éclatement de conflits armés entre, d’une part, les groupes liés à Al-Qaïda et des factions de l’armée syrienne libre, et, d’autre part, le front d’Ennosra et les milices kurdes. La situation semble prendre un virage inattendu au Nord de la Syrie et en Turquie méridionale avec l’éventualité de la déclaration d’une entité kurde indépendante. Cette éventualité est fort redoutée par Ankara.

3. Plus au Sud, près du plateau stratégique du Golan, des accrochages ont encore opposé des militaires syriens et israéliens. Des unités de l’armée syrienne pourchassant des groupes armés liés à l’armée du Cham (pays de Sem, autre appellation du Levant regroupant la Grande Syrie, c’est-à-dire, la Syrie, le Liban, la Palestine et la Jordanie) près de la ville de Qunaytra, ont poursuivi les rebelles jusqu’à un poste militaire israélien désaffecté situé à l’intérieur de la zone contrôlée par Israël, provoquant une riposte israélienne. Mais les deux pays, soumis à d’intenses pressions internationales pour éviter toute escalade, n’ont pas donné plus d’information. Ce qui est certain est que du côté israélien, une nouvelle brigade chargée du Golan est en train d’être constituée à la hâte tandis que les meilleures unités de l’armée israélienne se massent en Galilée. Le Liban et les confins syro-jordaniens sont survolés par un nombre impressionnant de drones. Au point que la défense antiaérienne israélienne en a abattu un le prenant pour un appareil du Hezbollah. D’autre part, des information jamais confirmées et non-vérifiables font état du déploiement par Israël de missiles nucléaires tactiques non loin du Lac Tibériade. Si cette information est vraie, cela renseigne sur le degré d’inquiétude que suscite l’évolution-défavorable jusqu’ici pour la stratégie de Tel-Aviv-de la crise syrienne dont le théatre d’opération s’étend désormais de la province irakienne d’Al-Anbar à l’Est jusqu’au littoral libanais sur la Méditerannée à l’Ouest.

4. L’évolution défavorable de la crise syrienne suivant les intérêts géostratégiques américains et par voie de conséquence israéliens à re-évaluer l’ensemble de la stratégie arrêtée jusque là. La rencontre du Chef des services de renseignement israéliens avec ses homologues US aux Etats-Unis a pour principal objet une redéfinition de cette stratégie à la lumière des derniers développements régionaux. Si des officiels US tels que le Secrétaire d’Etat John Kerry martèlent publiquement et sans conviction qu’il est encore impossible d’établir une zone d’exclusion aérienne au-dessus d’une partie du territoire syrien, des chefs militaires au Pentagone évoquent pour la première fois la possibilité de recourir à une nouvelle arme: les bombardements orbitaux ou frappes cinétiques. En d’autres termes de lâcher à partir de l’espace ou plus précisément d’une orbite déterminée, une pluie de micro-météorites artificielles qui viendraient s’écraser à très grande vitesse sur une surface déterminée de la planète et, en l’occurrence ici, du territoire syrien. On sait presque rien sur cette nouvelle technique qui rappelle les lancer de fléchettes au dessus des tranchées de la première guerre mondiale  mis à part l’existence d’un programme assez ancien dénommé Thor. La chute d’objets métalliques (matériaux spéciaux) ou autres, lâchés à partir d’une orbite proche et tombant à la vitesse des météores sur le sol syrien serait quasiment impossible à intercepter par les moyens actuels de la défense aérienne ou des des moyens d’interception balistique. Chinois et Russes semblent très inquiets et travaillent d’arrache-pied à des contre-mesures. Un des points faibles de cette technique est son impossibilité à acquérir des cibles précises puisqu’elle dépends de plusieurs variables de la chute libre, de la gravitation et de la rotation terrestre. Ce qui en résulte un phénomène de dispersion plus ou moins important.

La chute de météorites en Russie en février 2013 causant des dégâts dans l’Oural et dans le centre de la Russie a alimenté pas mal d’hypothèses dont la plus tonitruante a été émise publiquement par l’homme politique russe Vladimir Zhirinovsky qui a nommément accusé les Etats-Unis d’avoir testé un système de bombardement cinétique au dessus de l’Eurasie. Une hypothèse que les médias n’ont pas jugé relever et ont classé comme une autre théorie du complot paranoïaque. Ce qui est certain, c’est que l’US Air Force a testé en Irak, durant la période s’étendant de 1998 à 2003, soit l’invasion de ce pays, toute une série de nouvelles armes telles que les bombes à béton (non-explosives), des masses d’acier, des bombes à émission électromagnétiques et d’autres.

Quoi qu’il en soit, les déclarations d’officiels US telles que celles du Secrétaire d’Etat John Kerry sur l’impossibilité d’imposer une zone d’exclusion aérienne sur une partie du territoire syrien ou celles encore plus lénifiantes de responsables européens niant toute volonté d’armer les rebelles cache mal la préparation de plans alternatifs assez novateurs pour tromper la vigilance des alliés de la Syrie. Ce n’est point un hasard si le Chef d’état-major des Armées des Etats-Unis d’Amérique, le général Martin Dempsey, évoque pour la première fois la possibilité d’utiliser des frappes cinétiques (Kinetic strikes) en Syrie.  Si cette éventualité se réalise, le conflit au Moyen-Orient et ses multiples avatars high-tech dénommés sous le nom générique de printemps arabe, auront connu l’usage de l’ensemble des technologies préfigurant le monde de demain (l’arme nucléaire n’en est pas une et figure parmi les techniques du passé) allant des révolutions 2.0, versions plus perfectionnées des premières révolutions colorées aux bombardements orbitaux en passant par de nouvelles techniques d’ingénierie sociales et informationnelles à travers un contrôle total de l’Internet et des moyens de télécommunication. Bien que toutes ces nouvelles techniques soient à leur balbutiement, elles auront un rôle déterminant dans les conflits futurs.

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Le conflit syrien verra t-il l'usage inédit d'armes spatiales?
Le conflit syrien verra t-il l’usage inédit d’armes spatiales?

Conflit au Moyen-Orient: Blocus à Alep, raids israéliens ciblés, une opération en préparation

Il semble que la phase II du conflit en cours au Moyen-Orient soit en cours de préparation active. En une semaine, plus de 1500 mercenaires étrangers en provenance de Turquie sont venus renforcer les groupes extrémistes au Nord de la Syrie dans la province d’Alep où la situation humanitaire est des plus alarmantes en ce mois sacré musulman du Ramadan.

La ville d’Alep fait face à un terrible blocus de la part des groupes extrémistes et des informations recueillies indiquent que les prix des produits alimentaires de base ont connu une hausse de presque 900% du fait des pratiques spéculatives de la mafia.

Le gouvernement syrien tente de briser ce blocus en approvisionnant les populations des secteurs  loyalistes de la ville au moyen d’hélicoptères mais la prolifération de missiles antiaériens plus performants  au mains de certaines factions de la rébellion rend  ce type d’opération de plus en plus aléatoire.

Plus au Sud d’Alep, dans la province centrale de Homs, l’armée syrienne avance très lentement dans le centre historique de la ville vu son architecture où plus de 6000 rebelles utilisent systématiquement des explosifs et des roquettes antichar pour tenter de stopper l’avancée des unités syriennes. Leur défaite n’est plus qu’une question de jours.

Au sein de la rébellion, l’assassinat d’un des chefs suprêmes de l’Armée Syrienne Libre (ASL) par des membres de l’organisation extrémistes de l’Armée du pays du Levant et d’Irak (proche d’Al-Qaïda) risque de déclencher une guerre intestine entre, d’un côté, les puissantes factions islamistes, les plus nombreuses et les mieux armées, et d’un autre, des factions appartenant à d’autres courants.

L’armée syrienne sait qu’elle doit terminer son opération à Homs dans les meilleurs délais et diriger le gros de ses troupes vers Alep au Nord et autour du Golan au Sud-Ouest. Une opération d’envergure des « ennemis » de la Syrie est en phase de préparation active et verrait probablement  la participation de l’aviation israélienne aux côté d’une (nouvelle) armée de mercenaires. Au cours de cette opération, des commandos de tueurs du SAS britannique ou d’un autre service analogue tenteront vraisemblablement de décapiter l’Etat syrien. En d’autres termes, assassiner le Chef d’Etat.

L’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis et l’Egypte continuent de fournir une assistance logistique intense à la guérilla se battant contre le gouvernement syrien. Le coup d’Etat militaire contre l’ex-président égyptien Mohamed Morsi, un fervent partisan de la rébellion en Syrie, n’a pas changé la posture stratégique de l’Egypte dont l’armée, très pro-américaine,  contrôle l’ensemble de la vie politique et économique.

Sur le plan géopolitique, la situation est catastrophique pour Israël. Ce dernier fait désormais face à deux incendies: le premier à sa frontière (provisoire) septentrionale et le second sur son flanc méridional au Sinaï. Malgré leur silence, les responsables israéliens s’activent et se considèrent comme les acteurs d’un des plus importants conflits de l’histoire d’Israël. D’où les raids israéliens ponctuels et ciblés en Syrie , toujours passés sous silence.

Selon des informations révélés par des responsables US à la chaîne d’information en continu CNN, l’aviation israélienne aurait procédé la semaine dernière à des raids aériens sur la région de Lattaquié, ciblant des batteries de missiles antinavire de type Yakhont. Cette opération est intervenue en représailles au coulage d’un submersible israélien de la classe Dolphin il y a quelques mois.

Les Syriens et surtout leur alliés Russes ne sont pas restés les mains croisés. Un avion F-16 I ‘Soufa’, super-équipé s’est « officiellement » écrasé en mer suite à une « avarie technique ». Des sources libanaises  affirment que cet avion aurait été abattu près du littoral libanais et non pas près du littoral près de Gaza, causant l’épouvante et une panique générale en Israël. L’Etat-Major israélien a ordonné le blocage provisoire au sol de l’ensemble de la flotte. Des dizaines d’avions israéliens violent quotidiennement l’espace aérien libanais.

Tribune libre: Printemps arabe ou l’échec de la démocratie en Orient?

L’armée égyptienne est finalement intervenue pour déposer le président Mohamed Morsi, pourtant premier président démocratiquement élu du pays. Le printemps arabe, né en Tunisie fin 2010, a atteint l’Egypte dès le début 2011 et a abouti au départ du président Moubarak qui dirigeait l’Egypte depuis trente ans.

Les revendications d’une grande partie de la jeunesse égyptienne qui a mené cette révolution dite du Nil ou du Papyrus sur la place centrale du Caire (la place Tahrir) ont abouti à des élections libres qui ont vu une déferlante islamique.

En effet, aux premières élections législatives de l’après Moubarak, qui a vu une participation de 55%, les frères musulmans ont obtenu 44.6 % des voix, concurrencés seulement par les plus radicaux qu’eux, les salafistes, qui ont obtenu 22,5% des voix, le premier parti pseudo libéral  obtenant seulement 7,8% des voix. A l’élection présidentielle de 2012, la scission du pays en deux (Islamo-conservateurs contre réformistes) était palpable et l’élection s’est résumée à un duel politique entre un homme de l’époque Moubarak et le candidat des frères musulmans, le scientifique Mohamed Morsi, qui a notamment étudié aux Etats-Unis. Celui-ci remportera l’élection avec 51,73 % des voix (la participation s’élevant à seulement 45%) et sera investi en juin 2012.

Un an plus tard, il sera donc déposé par l’armée après de nouvelles et immenses manifestations (plusieurs millions de personnes) place Tahrir et ailleurs en Egypte. Les opposants lui reprochent principalement sa piteuse gestion de la situation économique du pays. Ce Week-end, plusieurs centaines de milliers de partisans du président déchu sont eux aussi descendus dans la rue, invoquant eux à juste titre le respect des urnes et la démocratie. Les manifestations ont tourné à l’affrontement entre partisans de Mohamed Morsi et l’armée et en ce 10 juillet 2013 on parle déjà de dizaines de morts et de centaines de blessés.

Il y a là des dilemmes visiblement insolubles pour l’Egypte, pour les pays du printemps arabe et pour la communauté internationale.

La démocratie du printemps arabe a vu l’émergence et la prise de pouvoir de mouvements islamo-conservateurs (principalement les frères musulmans) qui étaient soit interdits, soit tenus à l’écart de la vie politique par les anciens pouvoirs laïcisants issus de la guerre froide. Ce retour au pouvoir des clergés et d’un Islam politique a accentué les batailles d’influences trans-territoriales entre confréries, menant à la situation que l’on connaît par exemple en Syrie. Ce pays fait en effet face à une guerre au niveau régional et confessionnel, ou le courant sunnite régional le plus radical tente de mettre à mal le croissant chiite en s’attaquant à sa composante la plus hérétique selon lui mais aussi la plus laïque selon les critères occidentaux. La Syrie est ainsi devenue le champ de bataille par ricochet d’une coalition Russo-chiite qui est en conflit ouvert avec un axe Occidentalo-sunnite.

Le mythe d’un Islam compatible avec la démocratie semble remis en cause.

Les victoires électorales des Frères musulmans en Egypte, en Tunisie ou en Libye, qui auraient pu amener à des cohabitations entre charia et démocratie, ne semblent plus viables. Il y a une crise culturelle profonde qui traverse les sociétés arabo-musulmanes. Les nouveaux régimes issus des élections semblent avoir du mal à bien intégrer la pluralité, qu’elle soit ethnico-culturelle, religieuse ou comportementale. Hormis en Tunisie ou les islamistes composent, la situation économique de tous les pays concernés par ces nouveaux régimes est d’ailleurs plus que catastrophique et qui semble inévitablement génératrice de protestations dans un avenir proche, comme c’est le cas en Egypte aujourd’hui.

Les coups d’état militaires et les juntes au pouvoir ont toujours été fermement condamnés par les pays occidentaux, que ce soit en Birmanie, en Grèce ou en Argentine. La mollesse des réactions occidentales face au coup d’état militaire en Egypte démontre bien le dilemme, entre armée et islamisation. Le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu a lui tenté d’empêcher une intervention de l’armée contre le président égyptien, en avertissant les capitales européennes hébétées mais cela a échoué.

L’armée apparaît pourtant de plus en plus comme un nouveau pouvoir (ou contre pouvoir) seul à même de maintenir une forme d’équilibre national et de protéger l’équilibre communautaire (et les minorités) face à une islamisation à outrance des pays concernés. Cette tendance n’est pas nouvelle. En Algérie, la victoire des islamistes fut annulée en 1991, plongeant le pays dans une guerre civile de 10 ans durant laquelle l’Armée affronta, jusqu’à sa victoire en 2002, divers groupes islamistes. En Turquie, Recep Erdogan, depuis son élection en 2003, a lui mené d’intensives campagnes pour désactiver l’armée et faire mettre en prison les officier qui auraient pu s’opposer à l’islamisation lente que le pays connaît, entrainant l’inquiétude des minorités et des laïcs qui ont manifesté récemment. En Syrie, l’armée parait être aujourd’hui le seul garant du rétablissement de l’ordre constitutionnel mis à mal.

Parmi les nombreux manifestants Egyptiens place Tahrir, certains brandissaient aussi des drapeaux syriens et des portraits de Bashar-El-Assad, traduisant ainsi leur bonne compréhension des événements géopolitiques régionaux mais aussi peut être leur profonde intuition que Syrie et Egypte doivent être unis et non en guerre. Il faut se souvenir qu’historiquement, Egypte et Syrie ont déjà été un seul et même état, pour faire face a la menace communiste d’un coté (qui n’existe plus aujourd’hui) et américaine de l’autre. Est-ce la raison pour laquelle de nombreux manifestants place Tahrir brandissaient également des pancartes dénonçant le soutien américain au candidat Morsi?

Il est certain que des groupes radicaux ne vont pas tarder à menacer l’armée Egyptienne d’un conflit pour le rétablissement du pouvoir islamique arrivé au pouvoir par les urnes. On peut se poser la question de savoir si l’Egypte va désormais connaître une guerre civile larvée sur le modèle de l’Algérie quand les élections de 1991 ont été annulées par l’armée.

Alors que le monde arabo-musulman risque de traverser au cours de ce siècle sa grande guerre interne, politique, confessionnelle et générationnelle. Pour les américains, il semble que l’agenda de remodelage du grand moyen orient soit remis aux calendes grecques. Il faut maintenant essayer d’imaginer quelles seront les conséquences directes des ces bouleversements pour les états de la région, et les conséquences possibles et imaginables pour la France, l’Europe et la Russie.

Alexandre Latsa

L’armée syrienne à Al-Qussayr met la main sur des documents secrets sur la contrebande d’armes

L’avancée des unités de l’armée syrienne au centre d’Al-Qussayr a permis la découverte de nombreuses caches d’armes et de dépôts de médicaments, voir des hôpitaux de campagne. Mais ce n’est pas tout. La prise des anciens postes de commandement de la rébellion armée a mis en lumière pas mal de secrets révélés par des documents secrets. Dans le labyrinthe des longs tunnels souterrains utilisés par les rebelles, de nombreux documents saisis par les officiers du renseignement aérien syrien démontrent d’une manière irréfutable la complicité active des services de renseignements de l’Arabie Saoudite, des Etats-Unis, de la France, de la Grande-Bretagne, du Qatar, de la Turquie mais également de partis libanais tels que les Forces libanaises (FL) appartenant à Samir Geagea et le Mouvement du Futur (Tyar Al-Mustaqbil) proche de Saâd Hariri, fils de l’ex-Premier ministre libanais assassiné Rafik Hariri.

Ces documents portent sur des transfert de fonds et des approvisionnements. Le matériel de télécommunications saisi est très sophistiqué et n’est pas en dotation dans l’ensemble des armées de la région. Dans le lot figurent des téléphones satellitaires doté d’un système de cryptage ultra-sophistiqué, des quantités d’explosifs C-4 et des sommes d’argent liquide en monnaies américaine, saoudienne et qatarie.

Des rumeurs au sein du commandement syrien évoquent la capture de 70 agents étrangers dont certains seraient de nationalité française ou belge parlant un arabe dialectal maghrébin. D’autres seraient des agents israéliens du « Katsas », la plupart portant la nationalité libanaise. Des agents saoudiens auraient été capturés. Enfin des agents turcs du MIT. D’après des documents découverts, les « agents » étaient chargés de la contrebande d’armes et de munitions du Liban à l’intérieur du territoire syrien.

Le bouclage de la zone par les militaires syriens avec l’aide d’éléments du Hezbollah libanais ont empêché les « contrebandiers » de fuir vers le Liban.

L’armée syrienne poursuit sa reconquête de la région en se dirigeant vers le Nord et le Nord-Ouest d’Al-Qussayr à la poursuite de centaines de rebelles armés. Les médias arabes proches de l’Arabie Saoudite et du Qatar (et dans leur sillage, certains médias égyptiens, libanais et libyens) tentent d’ameuter la rue arabe sur ce qui se passe à Al-Qussayr en le présentant comme un massacre interconfessionnel. En réalité, la rébellion syrienne et ses sponsor viennent de recevoir un coup fatal. Les voies d’approvisionnement à partir du Liban sont rompues. Reste la voie du Nord à partir de la Turquie.

Conflit au Moyen-Orient: le Hezbollah bouge ses pions

L’intervention du Chef du mouvement libanais Hezbollah, Hassan Nassrallah,  a mis les pendules à l’heure et s’adressait spécifiquement aux services de renseignement des pays derrière la déstabilisation de la Syrie- présents au Liban, en Jordanie, en Turquie, au Kurdistan irakien et à l’intérieur de la Syrie. L’afflux massif et organisé de milliers de « volontaires » arabes, asiatiques et européens (issus des communautés d’origine musulmane) en Syrie a conduit le Hezbollah a revoir sa politique sur le terrain. Ses éléments, concentrés sur les objectifs à atteindre lors de la prochaine confrontation avec Israël. Les multiples incursions des rebelles et surtout l’interconnexion de plusieurs groupes extrémistes libanais, syriens et étrangers au niveau des zones frontalières menaçait le Hezbollah d’un encerclement. Par dessus tout, les groupes armés tentent par tous les moyens de provoquer un embrasement interconfessionnel qui serait fatal au Liban en s’attaquant à des lieux saints et à des sépultures des compagnons du Prophète dans la région autrefois connue sous le nom de Grande Syrie. D’où l’intervention de  « volontaires » du Hezbollah dont les procédés ont été qualifiés par les observateurs de très professionnels. Les combattants du Hezbollah sont donc intervenus en territoire syrien non loin des frontières libanaises. Ces unités restreintes auraient exécuté des tactiques inédites et inconnues, lesquelles ont non seulement stupéfait les observateurs US et consterné les israéliens mais étonné le haut commandement de l’armée syrienne . Il semble patent que le Hezbollah dispose d’une bien meilleure stratégie que l’armée syrienne. Les éléments de cette dernière ignorent l’implication d’éléments du Hezbollah dans les opérations. Mais le résultat est là: là où le Hezbollah est intervenu, les rebelles ont été très rapidement défaits.  Jusqu’à présent, personne dans la communauté du renseignement n’a pu expliquer comment il a réussi à faire déplacer d’une manière furtive ses unités au delà de l’anti-Liban.

Des éléments du renseignement syrien en opération. Ils sont les seuls à être avertis de l'intervention et du rôle des éléments du Hezbollah en territoire syrien.
Des éléments du renseignement de l’armée de l’air syrien en opération près du littoral au nord de la frontière libanaise. Ils sont les seuls à être avertis de l’intervention et du rôle des éléments du Hezbollah en territoire syrien. seuls les officiers généraux syriens connaissent l’implication du hezbollah dans des combats très localisés en Syrie.

D’après des informations recueillis au Liban, les membres du Hezbollah ayant eu à intervenir en Syrie ont adopté l’uniforme de l’armée arabe syrienne mais avec des grades commençant par celui de lieutenant-colonel. Ce procédé respecte les règles d’engagement de l’armée syrienne. Echaudée par l’inexistence de l’armée libyenne lors de la guerre de Libye en 2011 et ayant pris acte de l’effondrement de l’armée irakienne en 2003, l’armée syrienne tient par dessus tout au maintien de l’uniforme et de la cohésion de ses unités. Le ministre syrien de la défense a d’ailleurs décidé que l’armée devra apparaître jusqu’à la fin comme une armée nationale combattant et se repliant dans l’ordre.L’intervention d’éléments du Hezbollah s’est avérée d’une redoutable efficacité. Une efficacité totale qui a fait dire au renseignement militaire israélien qu’en cas de nouvelle guerre du Liban (en référence à celle de 2006), rien ni personne n’arrêtera une pénétration du Hezbollah au Nord de ce qu’il appelle l’entité sioniste sauf peut-être un usage limité et tactique  d’armes non-conventionnelles.D’où la hantise de Tel-Avive d’un éventuel tranfert d’armes de Syrie au Liban.

Les Etats-Unis d’Amérique dont l’enjeu dans le conflit syrien est énorme, continuent de diffuser des déclarations publiques officielles relative à l’armement de factions de la rébellion syrienne, sont de facto des fournisseurs d’armes létales à celle-ci. Même si officiellement, Washington dément tout armememnt des rebelles. La Grande-Bretagne et la France mais également des pays comme les Pays-Bas sont allés très loin dans ce domaine, via des opérations compliquées financés par des pays du Golfe arabo-persique pour l’acquisition d’armements auprès de pays comme la Croatie, la Roumanie, la Bulgarie, la pologne et d’autres.

L’une des particularité du conflit en Syrie est que les renseignements de l’armée de l’air syrienne sont le fer de lance de la lutte pour la survie de l’Etat syrien pour Damas et ses alliés, ou pour reprendre les termes de la réthorique du camp adverse, de la répression. L’ancien président syrien Hafed Al-Assad, père de Bashar, était un pilote de chasse et il n’a eu de cesse de développer cette arme au détriment de toutes les autres, jugeant que c’est l’arme du futur. Son service de renseignement est le plus redoutable des 39 directions du renseignement général syrien.

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, l'armée syrienne est relativement bien organisée. Des éléments du renseignement de l'armée de l'air syrienne près de Banyas. Mai 2013
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’armée syrienne est relativement bien organisée. Des éléments du renseignement de l’armée de l’air syrienne près de Banyas. Mai 2013

Le pourrissement du conflit syrien arrange les intérêts de certains pays de la région, lesquels n’ont jamais accepté les termes de la déclaration de Genève. L’émissaire des Nations Unies et de la Ligue arabe, Lakhdar Brahimi, en sait quelque chose. Sur un plan strictement stratégique, l’enlisement du conflit et son prolongement est profitable à Tel-Aviv puisque il affaiblit non seulement l’armée syrienne mais détruit l’infrastructure du dernier pays de la région du Moyen-Orient, ouvertement ennemi avec « l’entité sioniste ». Ce terme de plus en plus rarissime dans le monde arabe, a totalement disparu de la réthorique officielle des pays ayant connu des révoltes en 2011.L’objectif principal derrière l’abattement programmé du régime syrien est l’affaiblissement, voire la suppression du Hezbollah, prélude au ciblage de l’Iran. Damas est le maillon faible dans l’axe stratégique formé par l’Iran, la Syrie et le Hezbollah libanais. Une fois la Syrie extirpé de cet axe, l’Iran serait stratégiquement isolé et n’aurait plus de levier de pression sur Israël. Pour faire passer ces objectifs auprès des populations musulmanes, des pays comme l’Arabie Saoudite ou le Qatar alimentent une intense propagande à caractère confessionnel à tous les niveaux. Cette propagande encourage et renforce un supposé clivage entre sunnites et chiites. Thèse exploitée par certains orientalistes proches de la CIA dès la fin des années 60.

Les « islamistes » syriens n’ont jamais pardonné au régime syrien la répression de Hama en 1982; ils considèrent le régime syrien basé sur le parti baath comme impie et l’assimilent à l’idéologie National-socialiste et au communisme. L’adoption du salut Romain par l’armée syrienne et la présence de la couleur rouge dans le drapeau syrien servent de prétextes aux islamistes pour justifier leur position. Le remplacement du drapeau syrien par celui du Mandat français n’a aucun sens à leur yeux si ce n’est le remplacement de la couleur rouge par celle, verte, de l’Islam.

Ce combat est partagé, outre par les familles régnantes dans les monarchies et autres principautés pétrolières et gazières du Golfe arabo-persique, mais également par les islamistes égyptiens, jordaniens, libyens, tunisiens et marocains. Il est à noter que certains pays arabes où des partis islamistes sont parvenus au gouvernement soutiennent plus ou moins l’envoi de volontaires à ce nouveau type de « Jihad » pour le néolibéralisme.

Le président syrien Bashar Al-Assad est apparu en public très peu de temps après le ciblage de son Premier ministre Wael Al-Halki, un AlAssad_mai2013technocrate bon teint, par un attentat. Le retrait ou la disparition de Bashar Al-Assad peut-elle être un début de solution en Syrie? Pour les non-avertis, la question pourrait être réduite à cette dimension. En réalité, Al-Assad ne gouverne pas seul. L’Etat syrien est solidement bâti autour de l’armée et plus particulièrement l’armée de l’air. Celle-ci dispose d’une doctrine idéologique et politique assez forte. Son appartetance à une minorité (les Alaouites) et son alliance avec d’autres communautés laissent entrevoir, même en cas de disparition, une très longue lutte pour le pouvoir à l’issue de laquelle la Syrie risque de disparaître. D’autant plus que les groupes extrémistes affiliée à la très suspecte Al-Qaîda sont déterminés à exterminer les autres minorités dans le cadre d’une épuration confessionnelle.

Au sein de la mouvance dite « islamiste » qui regroupe un regroupement assez large et hétéroclite, la tendance est la croyance en une sorte de résurgence d’un monde islamique adhérant totalement à l’économie de marché et au consumérisme, lequel serait l’allié et l’outil des puissances de l’argent pour mener une guerre eschatologique contre un hypothétique axe russo-chinois, taxé de « communiste ». En d’autres termes, les islamistes envisagent de servir de chaire à canon à l’empire dans une éventuelle confrontation avec la Russie et la Chine. Comme quoi les outils géopolitiques peuvent être anachroniques. Même en prospective…

Tension extrême en Corée et au Moyen-Orient

Kim Jong Eun

L’escalade continue en Corée avec le déploiement massif de toute la panoplie de frappe stratégique américaine (bombardiers stratégiques B1B et B2, chasseur F-22, sous-marins d’attaque, etc.)  et la mise en place de batteries ABM à Tokyo et Séoul coïncide avec l’accélération du programme nucléaire iranien et du retrait tactique de l’armée syrienne des positions défensives qu’elle occupait depuis quarante ans au Golan face à Israël.

1. Que valent les menaces de la Corée du Nord et Kim Jong-Eun est-il en train de bluffer en évoquant des frappes pré-emptives sur le territoire US et une guerre thermo-nucléaire?  Ce qu’il faut savoir, c’est que personne n’a jamais voulu prendre les griefs de Pyongyong au sérieux. Kim Jong Il, le père de l’actuel dirigeant, était hanté par les leçons funestes de l’Irak de Saddam Hussein. D’une manière générale, les stratèges Nord-coréens ont suivi avec beaucoup d’attention ce qui s’est passé en Libye, l’imbroglio nucléaire de l’Iran  ou encore ce qui se passe chez l’un de leur très rares alliés, la Syrie. L’état-major du Nord est convaincu que tous les pays qui ont accepté de se laisser désarmer ont ouvert la voie à une invasion militaire. Malgré ses moyens rustiques, voire obsolètes, la Corée du Nord possède une stratégie tournée résolument vers l’offensive à outrance, inspirée de la doctrine du Juche. L’armée nord-coréenne, sous-équipée par rapport à celle du Sud, est essentiellement composée de forces spéciales entraînées à agir en profondeur derrière les lignes ennemies.

Cependant, c’est l’artillerie-pléthorique- de la Corée du Nord qui posera un sérieux problème à la Corée du Sud en cas de conflit. Des centres d’études stratégiques estiment qu’en cas de guerre, un immense barrage d’artillerie enverrait plus de deux millions d’obus, de roquettes et de missiles pourront s’abattre sur la seule ville de Séoul en moins d’une journée…Ces capacités s’insèrent dans une stratégie asymétrique prévoyant un usage simultané de vecteurs balistiques et de moyens aériens et submersibles afin de mener une tactique de Blitzkrieg visant à chasser les forces US du sud de la péninsule en vue d’une réoccupation.

Grâce à des technologies chinoises et russes , mais également par la coopération technique avec le Pakistan et l’Iran, la Corée du Nord a pu développer une série locale  de vecteurs balistiques opérationnels de type NoDong 1 et 2 à propulsion liquide, qui ont respectivement une portée de 1.300 kilomètres et de 1.500 kilomètres, ainsi qu’une nouvelle génération de missiles balistiques à portée intermédiaire, le Musadan (propulsion liquide), qui aurait une portée théorique de 3.200 kilomètres. Une autre famille de vecteurs  balistiques a été développée ces dernières années autour du missile Taepodong. Le Taepodong 1, pouvant être lancé à partir de silos ou de rampes fixes aurait une portée comprise entre 1800 et 2600 kilomètres. Une version améliorée, le Taepodong 2, un missile à propergol solide, peut être lancé à partir de rampes mobile et pourrait avoir une portée de 4000 kilomètres.

La Corée du Nord dispose également d’une famille de  missiles balistiques issues de modifications de la série de missiles russes SCUD.  Dénommé  Hwasong, ces missiles ont une portée de 300, 500 et 700 kilomètres. Les troupes du Nord sont très motivées (plusieurs incidents de par le passé ont confirmé jusqu’à quel point le soldat nord-coréen est fanatique). Par contre, l’aviation et les blindés sont en majorité obsolètes et ne pourront pas faire face aux moyens modernes utilisant la haute technologies des armées US.  C’est pour cela que Pyongyong, convaincue de la volonté US de changer son régime ou l’anéantir, a développé des armes non-conventionnelles.

Les stratèges nord-coréens n’ont jamais oublié les bombardements stratégiques américains et leurs tapis de bombes sur les villes et les usines lors de la guerre de Corée (1950-1953). Cette stratégie qui a fait ses preuve contre l’Allemagne et le Japon lors de la seconde guerre mondiale a contraint alors les nord-coréens a enterrer leurs usines sous terre. Mais leur plus grand traumatisme a été la guerre biologique. Ils n’ont pas oublié non plus la volonté du général Douglas McArthur d’en finir avec cette guerre en demandant l’emploi de bombes atomiques. C’est cette croyance selon laquelle ils ont évité l’extermination qui alimente depuis soixante ans la paranoïa nord-coréenne.

Pyongyong a donc consacré la plupart de son PIB à sa défense. L’effondrement de l’empire soviétique eut un profond impact et détermina la réclusion du régime, désormais méfiant à l’égard de l’ensemble du monde extérieur, y compris la Russie et la Chine, pourtant son allié et protecteur. Durant les années 90, la Corée du Nord dut faire face à des famines, « provoquées » selon le régime, par « l’ennemi impérialiste ». Du coup, son économie ne tenait que grâce à l’aide conséquente de la Chine et de la communauté internationale. Mais les dirigeants nord-coréens ont toujours su préserver une large automnomie de manoeuvre vis-à-vis de Pékin.

Des sources crédibles soulignent que la Corée du Nord pourrait posséder jusqu’à  5.000 tonnes d’armes chimiques mais également des armes biologiques. Elle dispose également d’unités de cyberguerre. Cependant, c’est sa possession de l’arme nucléaire qui rend ses menaces actuelles assez crédibles. le pays a effectué trois essais nucléaires souterrains et a placé un satellite en orbite. En outre, la Corée du Nord détiendrait de nouvelles capacités en matière de retraitement de l’uranium qui lui permettraient de produire aujourd’hui 40 kg d’uranium hautement enrichi. Peu de données existent sur son stock de plutonium mais des experts considèrent qu’il serait plus important que ce que l’on a cru jusqu’ici. Des informations fort crédibles font état d’un ordre signé par Kim Jong Eun, poursuivant une recommendation de son père, visant à la production de bombes H en quantité suffisante pour assurer une sanctuarisation du territoire contre toute menace. Cela soulève la question du nombre d’armes nucléaires en possession du régime nord-coréen. Moins de 10 bombes rustiques? Un peu plus d’une vingtaine? 28 comme l’a laissé entendre un espagnol employé par le régime? Nul ne le sait. Ce qui est certain est que Pyongyong fait tout son possible pour avoir la bombe H.

Lors du début de ce que l’on a appelé abusivement Printemps arabe, des dizaines de milliers de tracts appelant les populations nord-coréennes à se soulever et suivre l’exemple des révoltes arabes ont été lancés au dessus de la Corée du Nord. Un ancien candidat US aux présidentielles y est même allé jusqu’à menacer Pyongyong d’un « printemps » similaire. Il est intéressant de constater que des militaires nord-coréens se sont déplacés en Syrie pour y observer in situ ce qu’ils considèrent la nouvelle stratégie américaine de guerre par proxy local.

Les provocations du Sud se sont accru après l’arrivé au pouvoir à Séoul des milieux d’affaires conservateurs pro-américains et la mise à l’écart des partisans de la réunification. Cela a débouché sur des incidents comme celui de la frégate Ceonan ou encore le bombardement de l’île sudiste de Yeonpyeong. Les provocations US et japonaises n’ont jamais cessé.

Les médias occidentaux méprisent en général les capacités-certes obsolètes-mais bien réelles de ce petit pays d’Asie du Nord-Est. Le jeune âge de Kim Jong Eun a également été matière à un mépris à peine déguisé. Mais passent sous silence les griefs réels de la Corée du Nord à l’égard des Etats-Unis. Or que reproche Pyongyong aux Etats-Unis depuis 1953? La Corée du Nord reproche aux Etats-Unis d’avoir déployé secrètement  des armes nucléaires en Corée et de bloquer le processus de réunification; de vouloir la destruction du régime nordiste et son remplacement par celui qu’elle considère comme fantoche du Sud. Les Etats-Unis ont répondu à ces reproches en qualifiant le régime nord-coréen de paranoïde.

La clé de la crise coréenne est à Pékin. Le redéploiement stratégique US vers le Pacifique inquiète la Chine. Le nouveau dirigeant chinois Xi Jinping est issu des factions les plus nationalistes, lesquelles sont fort mécontentes de la mise dans la ligne de mire de la puissance US de leur pays. L’agitation de Pyongyong pourrait alors s’expliquer par une sourde colère chinoise,  notamment après une série de batailles secrète sur le cyberespace, de duels commerciaux et de sabotages à tous les niveaux.

2. L’Iran qui fait face à un train complet de sanctions et à une terrible crise économique, dispose t-il déjà de sa bombe atomique comme le laisse entendre des analystes israéliens? Et dans ce cas, une attaque contre l’Iran ne sera t-il pas le prélude à une guerre nucléaire tactique au Moyen-Orient?

L’Iran se considère en guerre depuis le ciblage maladroit de la Syrie. Téhéran considère la bataille actuelle en Syrie comme une étape dans une guerre dans laquelle elle est ciblée. D’où sa détermination à soutenir le gouvernement d’Al-Assad quoi qu’il en coûte. Et cela a eu un coût terrible pour la République islamique, notamment sur le volet économique. Confronté déjà à plusieurs trains de sanctions économiques et à un embargo technologique, Téhéran a su empêcher l’effondrement monétaire de la Syrie et continuer à activer ses relais en Irak et au Liban pour entraver la stratégie US et mettre en échec la supériorité stratégique israélienne. Confiant dans ses capacités militaires mais par dessus tout sur l’indéfectible soutien US, Tel-Aviv ne cesse depuis des mois de menacer l’Iran de frappes sur ses installations nucléaires, surtout depuis l’échec d’une révolution colorée (verte) et d’une tentative d’un soulèvement grâce à l’ingénierie du chaos social à l’aide des réseaux de téléphonie mobile et de l’Internet. Le pouvoir iraniens lui-même est divisé entre partisans du président Mahmoud Ahmadinejad et ses adversaires pro-libéraux et pro-occidentaux (l’oligarque Rafsandjani, Khatemi, etc. proches des milieux d’affaires) Mais la détermination de l’Iran à poursuivre la modernisation de ses forces armées et sa volonté à intégrer le club spatial et nucléaire alimentent des sentiments nationalistes favorables au gouvernement actuel. Confronté à l’Arabie Saoudite qui se considère en guerre contre le Chiisme en accusant Téhéran de vouloir promouvoir un arc chiite au Moyen-Orient, selon une stratégie US du double endiguement étendue au niveau de la géopolitique des religions, l’Iran tente par tous les moyens d’acquérir une dissuasion fiable (menaces contre le détroit d’Hormuz, force de frappe balistique, etc). D’où la question posée surtout par des anlystes israéliens: l’Iran a t-il sa bombe? Il ne fait aucun doute que les iraniens aient profité de l’invasion de l’Irak de Saddam Hussein (considéré comme un adversaire) et de l’Afghanistan où ils ont eu à jouer un rôle très ambigu en aidant les américains à rétablir l’ordre dans ces deux pays situés sur les deux flancs de la république islamique d’Iran. Ce faisant, ils ont aussi soutenu et armé des factions de la résistance à l’occupation US. Dans ce jeu dangereux, ils ont pu parfois récupérer du matériel militaire US endommagé et le remettre à des pays comme la Chine ou la Russie. En échange, ils en ont reçu des transferts de technologie qu’ils ont développé sous la supervision de scientifiques locaux et issus des anciennes républiques d’Asie centrale. Téhéran semble extrêmement préoccupé pour l’instant à observer le développement de la situation en Syrie, susceptible à tout moment de déboucher sur une guerre régionale ouverte.  Or, une éventuelle implication de la Turquie et d’Israël, soutenus par les pays arabes du golfe arabo-persique, les Etats-Unis (et de l’Otan) signifierait l’usage d’armes nucléaires tactiques. Et dans ce domaine, c’est Israël qui possède le plus grand arsenal nucléaire de la région.

3. En dégageant ses divisions d’élite gardant le Golan, le président syrien Bashar Al-Assad semble défier les djihadistes qui l’on accusé de collusion avec Israël (« en 40 ans, l’armée syrienne n’a pas tiré un seul coup de feu en direction du lac de Tibériade ») en les mettant devant le fait accompli: il semble leur dire, puisque vous accuser les régimes Arabes laïcs de vous barrer le chemin de la Palestine pour le Djihad, allez y maintenant, je vous laisse le champ libre…Cette stratégie vise l’implication directe d’Israël dans le conflit et rappelle une stratégie similaire engagée avec la Turquie autour de la question kurde.  Une stratégie de haute volée qui rappelle celle de son prédécesseur de père, abhorré par les Frères musulmans et surnommé par ses adversaires le Bismarck du Levant.

En effet, l’afflux de volontaires des quatre coins du monde musulmans et d’Europe au « Djihad » contre le régime d’Al-Assad en intégrant Al-Qaida en Syrie (front d’el-Nosra) ne peut dès lors plus être légitimé par les théologiens musulmans pro-occidentaux et néolibéraux puisque le chemin vers les frontières d’Israël, lourdement surveillé en Egypte et en Jordanie, est grand ouvert.

France Displays Unhinged Hypocrisy as Bombs Fall on Mali

NATO funding, arming, & simultaneously fighting Al Qaeda from Mali to Syria.

A deluge of articles have been quickly put into circulation defending France’s military intervention in the African nation of Mali. TIME’s article, « The Crisis in Mali: Will French Intervention Stop the Islamist Advance? » decides that old tricks are the best tricks, and elects the tiresome « War on Terror » narrative.
TIME claims the intervention seeks to stop « Islamist » terrorists from overrunning both Africa and all of Europe. Specifically, the article states:
« …there is a (probably well-founded) fear in France that a radical Islamist Mali threatens France most of all, since most of the Islamists are French speakers and many have relatives in France. (Intelligence sources in Paris have told TIME that they’ve identified aspiring jihadis leaving France for northern Mali to train and fight.) Al-Qaeda in Islamic Maghreb (AQIM), one of the three groups that make up the Malian Islamist alliance and which provides much of the leadership, has also designated France — the representative of Western power in the region — as a prime target for attack. »
What TIME elects not to tell readers is that Al-Qaeda in the Islamic Maghreb (AQIM) is closely allied to the Libyan Islamic Fighting Group (LIFG whom France intervened on behalf of during NATO’s 2011 proxy-invasion of Libya – providing weapons, training, special forces and even aircraft to support them in the overthrow of Libya’s government.

As far back as August of 2011, Bruce Riedel out of the corporate-financier funded think-tank, the Brookings Institution, wrote « Algeria will be next to fall, » where he gleefully predicted success in Libya would embolden radical elements in Algeria, in particular AQIM. Between extremist violence and the prospect of French airstrikes, Riedel hoped to see the fall of the Algerian government. Ironically Riedel noted:
Algeria has expressed particular concern that the unrest in Libya could lead to the development of a major safe haven and sanctuary for al-Qaeda and other extremist jihadis.

And thanks to NATO, that is exactly what Libya has become – a Western sponsored sanctuary for Al-Qaeda.

AQIM’s headway in northern Mali and now French involvement will see the conflict inevitably spill over into Algeria. It should be noted that Riedel is a co-author of « Which Path to Persia? » which openly conspires to arm yet another US State Department-listed terrorist organization (list as #28), the Mujahedin-e Khalq (MEK) to wreak havoc across Iran and help collapse the government there – illustrating a pattern of using clearly terroristic organizations, even those listed as so by the US State Department, to carry out US foreign policy.Geopolitical analyst Pepe Escobar noted a more direct connection between LIFG and AQIM in an Asia Times piece titled, « How al-Qaeda got to rule in Tripoli: »
« Crucially, still in 2007, then al-Qaeda’s number two, Zawahiri, officially announced the merger between the LIFG and al-Qaeda in the Islamic Mahgreb (AQIM). So, for all practical purposes, since then, LIFG/AQIM have been one and the same – and Belhaj was/is its emir.  »
« Belhaj, » referring to Hakim Abdul Belhaj, leader of LIFG in Libya, led with NATO support, arms, funding, and diplomatic recognition, the overthrowing of Muammar Qaddafi and has now plunged the nation into unending racist and tribal, genocidal infighting. This intervention has also seen the rebellion’s epicenter of Benghazi peeling off from Tripoli as a semi-autonomous « Terror-Emirate. » Belhaj’s latest campaign has shifted to Syria where he was admittedly on the Turkish-Syrian border pledging weapons, money, and fighters to the so-called « Free Syrian Army, » again, under the auspices of NATO support.

LIFG, which with French arms, cash, and diplomatic support, is now invading northern Syria on behalf of NATO’s attempted regime change there, officially merged with Al Qaeda in 2007 according to the US Army’s West Point Combating Terrorism Center (CTC). According to the CTC, AQIM and LIFG share not only ideological goals, but strategic and even tactical objectives. The weapons LIFG received most certainly made their way into the hands of AQIM on their way through the porous borders of the Sahara Desert and into northern Mali.

In fact, ABC News reported in their article, « Al Qaeda Terror Group: We ‘Benefit From’ Libyan Weapons, » that:
A leading member of an al Qaeda-affiliated terror group indicated the organization may have acquired some of the thousands of powerful weapons that went missing in the chaos of the Libyan uprising, stoking long-held fears of Western officials. « We have been one of the main beneficiaries of the revolutions in the Arab world, » Mokhtar Belmokhtar, a leader of the north Africa-based al Qaeda in the Islamic Maghreb [AQIM], told the Mauritanian news agency ANI Wednesday. « As for our benefiting from the [Libyan] weapons, this is a natural thing in these kinds of circumstances. »
It is no coincidence that as the Libyan conflict was drawing to a conclusion, conflict erupted in northern Mali. It is part of a premeditated geopolitical reordering that began with toppling Libya, and since then, using it as a springboard for invading other targeted nations, including Mali, Algeria, and Syria with heavily armed, NATO-funded and aided terrorists.

French involvement may drive AQIM and its affiliates out of northern Mali, but they are almost sure to end up in Algeria, most likely by design. Algeria was able to balk subversion during the early phases of the US-engineered « Arab Spring » in 2011, but it surely has not escaped the attention of the West who is in the midst of transforming a region stretching from Africa to Beijing and Moscow’s doorsteps – and in a fit of geopolitical schizophrenia – using terrorists both as a casus belli to invade and as an inexhaustible mercenary force to do it.

 

Exclusif: le 21 décembre serait la date choisie par l’Otan pour une grande opération clandestine en Syrie

Ironie du sort ou pas, les commandements des opérations spéciales de trois pays occidentaux membres de l’Alliance atlantique auraient retenu la date symbolique du 21 décembre 2012 pour lancer une troisième opération clandestine d’envergure à l’intérieur de la Syrie. On ne connaît pas le nom de code d’une telle opération mais il est à parier qu’elle portera bien le nom de « Doomsday Blade » sur les documents du USSOCOM (United States Special Operations Command) et un autre nom de code en arabe avec une référence directe à l’eschatologie musulmane pour les groupes rebelles parmi lesquels se sont joints ces deux derniers jours deux groupes de combattants d’Asie centrale et des membres aguerris de « Ushtria Çlirimtare e Kosovës » ou UçK (armée de libération du Kosovo) sous supervision d’officiers albanais, britanniques, hollandais, allemands, français, turcs et saoudiens. De son côté, le Qatar, mu par sa rivalité avec le Royaume d’Arabie Saoudite, tente de mobiliser des volontaires issus des provinces frontalières entre l’Afghanistan et le Pakistan ainsi que du Turkestan  chinois.

Le Casus belli invoqué est celui de la prétendue volonté de Damas d’utiliser des armes chimiques contre la rébellion.  Ce que les médias tentent de cacher est que ces armes sont destinées à être utilisés en dernier ressort dans un éventuel conflit avec Israël dont les stocks d’armes chimiques est 180 fois plus important que celui de la Syrie.

Dans un vidéo circulant sur le net, des rebelles syriens déclarent qu’ils sont en train d’effectuer des recherches sur des gaz de combat. Dans la même vidéo, deux pauvres lapins sont gazés (aucune réaction des ONG de protection des animaux!). Détail troublant, le sigle des laboratoires chimiques turcs Tekkim y apparaît sur des bidons…

Même les prédictions Mayas sont exploités à des fins bellicistes. C’est cela aussi la décadence.

 

 

 

Un deuxième des assassins présumés de Gaddafi tué en …Syrie!

Ironie du sort ou malédiction, les rebelles apparus dans la video montrant les derniers instant du colonel Gaddafi pendant son lynchage et son exécution sommaire se font éliminer un par un, aussi bien à l’intérieur de la Libye qu’à l’extérieur.

Après la mort du jeune Omrane Chaabane, un natif de la ville de Misrata des suites de blessures par balles malgré un transfert médical assuré par l’Armée française à Paris, un autre rebelle ayant pris part à l’hallali contre la dépouille du colonel Gaddafi après son assassinat le 20 octobre 2011 près de Syrte a été tué par les forces de l’Armée arabe de Syrie à Alep, en ce vendredi 19 octobre 2012.

Le milicien libyen Omar Abdulsalam Arib est mort pulvérisé par les balles des unités régulières de l’Armée syrienne alors qu’il tentait avec son groupe composé majoritairement de mercenaires libyens de fuir un quartier d’Alep encerclé par les unités de l’armée syrienne.

Les assassins présumés du colonel Gaddafi meurent dans une totale indifférence de la part des médias globaux.

Natif de Misrata, Arib a été transféré en Turquie où il a passé un certain temps dans un camp d’entraînement sous la supervision de l’Otan avant d’être infiltré dans le Nord de la Syrie pour rejoindre la guérilla terroriste internationale visant à détruire l’Etat national syrien.

L’Allemagne en guerre pour le printemps arabe de Washington

C’est un secret de polichinelle. Depuis sa participation dans les opérations militaires dans le cadre de l’OTAN en Afghanistan, l’armée allemande opère de plus en plus à l’extérieur. Cette sous-traitance a été rendue nécessaire par l’épuisement des forces armées américaines en Afghanistan et en Irak.

Contrairement aux allégations de Wikileaks après sa reprise en main par la CIA, c’est bien le Bundesnachrichtendienst ou BND, le service de renseignement allemand et non le renseignement britannique,  qui a le premier détecté et localisé avec une extrême précision l’ex-leader libyen Mouamar Gaddafi lors de la bataille de Syrte en octobre 2011. Le BND a transmis l’information aux américains et aux  britanniques, lesquels avaient une de SAS sur le terrain. Les français, dont les agents étaient très présents en Libye, ont très mal apprécié de se faire devancer par l’Allemagne.

En Syrie, l’Allemagne est aux avant-postes: la marine allemande a déployé il y a près de trois mois un navire d’écoute et de guerre électronique en Méditerranée orientale, capable d’espionner sur une profondeur de 600 kilomètres (375 miles)  les déplacements de l’armée syrienne. Plus encore, des agents du BND allemand sont présent à Adana dans le sud de la Turquie où au moins deux centres de commandement et de coordination de l’Otan supervisent l’installation de camps d’entraînement de combattants étrangers près des frontières syriennes. Pour les français, pas question de se faire encore devancer par « ces allemands sous-traitants du Pentagone »; la DGSE et le COS ont mobilisé quasiment leurs meilleurs effectifs au Liban, en Jordanie, en Turquie et en Arabie Saoudite.

L’activisme militaire allemand dans le Printemps arabe n’aurait jamais été possible sans les débâcles de Washington en Afghanistan et en Irak. Outre les ventes clandestines d’armes aux insurgés via des montages compliqués impliquant des sociétés fictives, l’Allemagne, tout comme la totalité des pays nordiques, a été impliquée dans le chaos en cours dans le monde arabe. Des sous-marins de la marine allemande croisent ainsi au large de la Syrie et du Liban dans le cadre d’opération secrètes tandis que des informations de plus en plus concordantes indiquent que les services allemands tentent de mobiliser, à l’instar de que que font les britanniques et les français depuis longtemps,  le potentiel islamiste radical de l’émigration, majoritairement  turque en Allemagne,  afin d’alimenter en combattants les filières du « Jihad otanien » contre le régime syrien.

La politique du président Obama qui privilégie les guerres secrètes, indirecte  et privées a rendu possible l’implication de la machine de guerre allemande au profit des objectifs géostratégiques américains dans la région centrale du monde, supervisée par le Centcom. Cette région vitale dans laquelle se concentre la majorité des réserves prouvées d’énergie fossile est un enjeu crucial pour les grandes puissances.  Cette implication allemande est inédite dans l’histoire récente de l’Allemagne d’après-guerre et préfigure un monde où les guerres par proxy se feront de plus en plus par des pays ou des organisations tierces.