Libye: un hélicoptère des forces spéciales françaises abattu par un missile 9K32 près de Benghazi

Strategika51-Tripoli:

Une source militaire libyenne nous a confirmé qu’un hélicoptère français des forces spéciales  opérant clandestinement sous les couleurs des forces du général Khalifa Hafter a bien été abattu mardi par un missile Sol-Air tiré par un lanceur portable 9K32 Strela 2 (Cтрела ou code Otan SA-7 Grail) lors de combats près de Benghazi, en Cyrénaïque.

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Un lanceur portable de missile Sol-Air Strela 2 (SA7) à Benghazi. Des centaines de systèmes d’armes similaires sont disséminés dans la région et au moins dix unités sont parvenus clandestinement à des cellules  dormantes de Daech en Europe de l’Ouest.

Au moins deux éléments des Commandos des Opérations Spéciales françaises, qui combattent aux côtés d’autres éléments des forces spéciales de l’Otan au sein de la nouvelle armée libyenne (relevant plus ou moins du gouvernement reconnu par la « Communauté internationale »), ont été tués.

On ignore pour l’instant si les deux militaires français ont été tués sur le coup ou comme l’affirment certains miliciens rebelles, achevés au sol à l’arme blanche après la chute de l’appareil.

Un autre appareil accompagnant celui qui a été abattu a tenté une opération de couverture mais aurait essuyé des tirs de missile Sol-Air et de canons antiaériens et a du rebrousser chemin en catastrophe.

Des forces du général Khalifa Hafter ont pu arriver jusqu’aux débris de l’appareil où il n’y avait aucun survivant. Le ministère français de la Défense se garde du moindre commentaire sur cet énième incident en Libye.

La plupart des médias passent sous silence la guerre acharnée déchirant la Libye depuis la chute du régime du Colonel Gaddafi en octobre 2011. Depuis au moins une année des forces spéciales de l’ensemble des pays de l’Otan et de certains pays arabes combattent au sein de ce qui a été convenu d’appeller la nouvelle armée libyenne sous le commandement du généralissime Khalifa Hafter. Mais le chaos régnant dans le pays est tel que l’on ne peut plus définir ce que signifie un semblant de  victoire militaire.

Il y a quelques mois, des  commandos britanniques dont des éléments du 22e Régiment des SAS (Special Air Service) et néerlandais accompagnant un convoi militaire libyen ont déjà subi de lourdes pertes (comme ils n’en avaient jamais connu depuis leur création) lors d’une embuscade spéctaculaire sur l’axe côtier Misrata-Sirte. Quelques temps tard, des bérêts verts US devaient quitter dans la précipitation leurs positions, officiellement à cause de photographies compromettantes publiées sur des réseaux sociaux mettant à nu leur couverture. Cependant, la véritable raison de leur départ est en relation avec un très violent pilonnage au mortier de leur base d’opération avancée (FOB) effectué par des forces locales « amies ». Les français et surtout les égyptiens ont eu à déplorer une série de fiascos tactiques. Au cours d’un de ces ratages, près d’une cinquantaine d’éléments des forces spéciales égyptiennes opérant en Libye orientales ont été mis hors combat.

Idem pour les italiens qui ont du plier bagage dès le premier accrochage sérieux avec des milices non identifiées. Cet incident comme tous ceux relatés ci-dessus et impliquant les forces spéciales de l’Alliance Atlantique en Libye sont classifiés « Secret Défense ».

Plus qu’en Syrie, c’est en Libye que l’Otan, agissant dans la clandestinité (sous couvert des forces armées libyennes d’un des deux gouvernements rivaux) a connu ses pires déboires depuis sa création.

 

Le Brexit redistribue la géopolitique mondiale

Alors que la presse internationale cherche des moyens pour relancer la construction européenne, toujours sans la Russie et désormais sans le Royaume-Uni, Thierry Meyssan considère que rien ne pourra plus éviter l’effondrement du système. Cependant, souligne-t-il, ce qui est en jeu, ce n’est pas l’Union européenne elle-même, mais l’ensemble des institutions qui permettent la domination des États-Unis dans le monde et l’intégrité des États-Unis eux-mêmes.

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Le Président de la République Populaire de Chine, Xi Jinping, passant en revue la Garde Royale Britannique lors d’une visite officielle à Londres.

Personne ne semble comprendre les conséquences de la décision britannique de quitter l’Union européenne. Les commentateurs, qui interprètent la politique politicienne et ont perdu depuis longtemps la connaissance des enjeux internationaux, se sont focalisés sur les éléments d’une campagne absurde : d’un côté les adversaires d’une immigration sans contrôle et de l’autre des « pères fouettards » menaçant le Royaume-Uni des pires tourments.

Or, les enjeux de cette décision n’ont aucun rapport avec ces thèmes. Le décalage entre la réalité et le discours politico-médiatique illustre la maladie dont souffrent les élites occidentales : leur incompétence.

Alors que le voile se déchire sous nos yeux, nos élites ne comprennent pas plus la situation que le Parti communiste de l’Union soviétique n’envisageait les conséquences de la chute du Mur de Berlin en novembre 1989 : la dissolution l’URSS en décembre 1991, puis du Conseil d’assistance économique mutuelle (Comecon) et du Pacte de Varsovie six mois plus tard, puis encore les tentatives de démantèlement de la Russie elle-même qui faillit perdre la Tchétchènie.

Dans un futur très proche, nous assisterons identiquement à la dissolution de l’Union européenne, puis de l’Otan, et s’ils n’y prennent garde au démantèlement des États-Unis.

Quels intérêts derrière le Brexit ?

Contrairement aux rodomontades de Nigel Farage, l’UKIP n’est pas à l’origine du référendum qu’il vient de gagner. Cette décision a été imposée à David Cameron par des membres du Parti conservateur.

Pour eux, la politique de Londres doit être une adaptation pragmatique aux évolutions du monde. Cette « nation d’épiciers », ainsi que la qualifiait Napoléon, observe que les États-Unis ne sont plus ni la première économie mondiale, ni la première puissance militaire. Ils n’ont donc plus de raison d’en être les partenaires privilégiés.

De même que Margaret Thatcher n’avait pas hésité à détruire l’industrie britannique pour transformer son pays en un centre financier mondial ; de même ces conservateurs n’ont pas hésité à ouvrir la voie à l’indépendance de l’Écosse et de l’Irlande du Nord, et donc à la perte du pétrole de la mer du Nord, pour faire de la City le premier centre financier off shore du yuan.

La campagne pour le Brexit a été largement soutenue par la Gentry et le palais de Buckingham qui ont mobilisé la presse populaire pour appeler à revenir à l’indépendance.

Contrairement à ce qu’explique la presse européenne, le départ des Britanniques de l’UE ne se fera pas lentement parce que l’UE va s’effondrer plus vite que le temps nécessaire aux négociations bureaucratiques de leur sortie. Les États du Comecon n’ont pas eu à négocier leur sortie parce que le Comecon a cessé de fonctionner dès le mouvement centrifuge amorcé. Les États membres de l’UE qui s’accrochent aux branches et persistent à sauver ce qui reste de l’Union vont rater leur adaptation à la nouvelle donne au risque de connaître les douloureuses convulsions des premières années de la nouvelle Russie : chute vertigineuse du niveau de vie et de l’espérance de vie.

Pour la centaine de milliers de fonctionnaires, d’élus et de collaborateurs européens qui perdront inévitablement leur emploi et pour les élites nationales qui sont également tributaires de ce système, il convient d’urgence de réformer les institutions pour les sauver. Tous considèrent à tort que le Brexit ouvre une brèche dans laquelle les Eurosceptiques vont s’engouffrer. Or, le Brexit n’est qu’une réponse au déclin des États-Unis.

Le Pentagone, qui prépare le sommet de l’Otan à Varsovie, n’a pas non plus compris qu’il n’était plus en position d’imposer à ses alliés de développer leur budget de Défense et de soutenir ses aventures militaires. La domination de Washington sur le reste du monde est terminée.

Nous changeons d’ère.

Qu’est-ce-qui va changer ?

La chute du bloc soviétique a d’abord été la mort d’une vision du monde. Les Soviétiques et leurs alliés voulaient construire une société solidaire où l’on mette le plus de choses possible en commun. Ils ont eu une bureaucratie titanesque et des dirigeants nécrosés.

Le Mur de Berlin n’a pas été abattu par des anti-communistes, mais par une coalition des Jeunesses communistes et des Églises luthériennes. Ils entendaient refonder l’idéal communiste débarrassé de la tutelle soviétique, de la police politique et de la bureaucratie. Ils ont été trahis par leurs élites qui, après avoir servi les intérêts des Soviétiques se sont engouffrés avec autant d’ardeur pour servir ceux des États-uniens. Les électeurs du Brexit les plus engagés cherchent d’abord à retrouver leur souveraineté nationale et à faire payer aux dirigeants ouest-européens l’arrogance dont ils ont fait preuve en imposant le Traité de Lisbonne après le rejet populaire de la Constitution européenne (2004-07). Ils pourraient eux aussi être déçus par ce qui va suivre.

Le Brexit marque la fin de la domination idéologique des États-Unis, celle de la démocratie au rabais des « Quatre libertés ». Dans son discours sur l’état de l’union de 1941, le président Roosevelt les avaient définies comme (1) la liberté de parole et d’expression, (2) la liberté de chacun d’honorer Dieu comme il l’entend, (3) la liberté du besoin, (4) la liberté de la peur [d’une agression étrangère]. Si les Anglais vont revenir à leurs traditions, les Européens continentaux vont retrouver les questionnements des révolutions française et russe sur la légitimité du pouvoir, et bouleverser leurs institutions au risque de voir resurgir le conflit franco-allemand.

Le Brexit marque aussi la fin de la domination militaro-économique US ; l’Otan et l’UE n’étant que les deux faces d’une seule et unique pièce, même si la construction de la Politique étrangère et de sécurité commune a été plus longue à mettre en œuvre que celle du libre-échange. Récemment, je rédigeais une note sur cette politique face à la Syrie. J’examinais tous les documents internes de l’UE, qu’ils soient publics ou non publiés, pour arriver à la conclusion qu’ils ont été rédigés sans aucune connaissance de la réalité de terrain, mais à partir des notes du ministère allemand des Affaires étrangères, lui-même reproduisant les instructions du département d’État US. J’avais eu il y a quelques années à effectuer la même démarche pour un autre État et j’étais arrivé à une conclusion similaire (sauf que dans cet autre cas, l’intermédiaire n’était pas le gouvernement allemand, mais le français).

Premières conséquences au sein de l’UE

Actuellement, des syndicats français rejettent le projet de loi sur le Travail qui a été rédigé par le gouvernement Valls sur la base d’un rapport de l’Union européenne, lui-même inspiré par les instructions du département d’État US. Si la mobilisation de la CGT a permis aux Français de découvrir le rôle de l’UE dans cette affaire, ils n’ont toujours pas saisi l’articulation UE-USA. Ils ont compris qu’en inversant les normes et en plaçant les accords d’entreprise au-dessus des accords de branche, le gouvernement remettait en réalité en cause la prééminence de la Loi sur le contrat, mais ils ignorent la stratégie de Joseph Korbel et de ses deux enfants, sa fille naturelle la démocrate Madeleine Albright et sa fille adoptive la républicaine Condoleezza Rice. Le professeur Korbel assurait que pour dominer le monde, il suffisait que Washington impose une réécriture des relations internationales dans des termes juridiques anglo-saxons. En effet, en plaçant le contrat au-dessus de la Loi le droit anglo-saxon privilégie sur le long terme les riches et les puissants par rapport aux pauvres et aux misérables.

Il est probable que les Français, les Hollandais, les Danois et d’autres encore tenteront de se détacher de l’UE. Ils devront pour cela affronter leur classe dirigeante. Si la durée de ce combat est imprévisible, son issue ne fait plus de doute. Quoi qu’il en soit, dans la période de bouleversement qui s’annonce, les ouvriers français seront difficilement manipulables, à la différence de leurs homologues anglais, aujourd’hui désorganisés.

Premières conséquences pour le Royaume-Uni

Le Premier ministre David Cameron a argué des vacances d’été pour remettre sa démission à octobre. Son successeur, en principe Boris Johnson, peut donc préparer le changement pour l’appliquer instantanément à son arrivée à Downing Street. Le Royaume-Uni n’attendra pas sa sortie définitive de l’UE pour mener sa propre politique. À commencer par se dissocier des sanctions prises à l’encontre de la Russie et de la Syrie.

Contrairement à ce qu’écrit la presse européenne, la City de Londres n’est pas directement concernée par le Brexit. Compte tenu de son statut particulier d’État indépendant placé sous l’autorité de la Couronne, elle n’a jamais fait partie de l’Union européenne. Certes, elle ne pourra plus abriter les sièges sociaux de certaines compagnies qui se replieront dans l’Union, mais au contraire elle pourra utiliser la souveraineté de Londres pour développer le marché du yuan. Déjà en avril, elle a obtenu les privilèges nécessaires en signant un accord avec la Banque centrale de Chine. En outre, elle devrait développer ses activités de paradis fiscal pour les Européens.

Si le Brexit va temporairement désorganiser l’économie britannique en attente de nouvelles règles, il est probable que le Royaume-Uni —ou tout au moins l’Angleterre— se réorganisera rapidement pour son plus grand profit. Reste à savoir si les concepteurs de ce tremblement de terre auront la sagesse d’en faire profiter leur peuple : le Brexit est un retour à la souveraineté nationale, il ne garantit pas la souveraineté populaire.

Le paysage international peut évoluer de manière très différente selon les réactions qui vont suivre. Même si cela devait tourner mal pour certains peuples, il vaut toujours mieux coller à la réalité comme le font les Britanniques plutôt que de persister dans un rêve jusqu’à ce qu’il se fracasse.

Thierry Meyssan

Voltairenet

Source directe à l’article: ici

Le vol de Germanwings aurait été abattu par une « arme mal contrôlée »

Selon un rapport du SVR (СВР РФ), un des services de renseignements russes, le crash de l’Airbus A320 de Germanwings dans les Alpes françaises serait lié à la disparition du Boeing 777 du vol MH370 de Malaysia Airlines en mars 2014 puisque les deux auraient été abattus par une nouvelle arme, très mal contrôlée, destinée à détruire en plein vol des ogives de missiles.

Officiellement, l’Airbus A320 de la compagnie Germanwings aurait été délibérement détruit par son propre co-pilote. Une sorte de suicide ayant entraîné la mort de 149 autres personnes. Cependant, la source première de cette thèse n’est autre que le fameux…New York Times! Ce qui décrédibilise totalement l’information.

Quelle est cette arme nouvelle mal contrôlée qui représente un danger fatal pour l’aviation civile dans le monde? C’est un système de défense utilisant un Laser d’une puissance de 150 Kilowatts à base de liquide dénommé High Energy Liquid Laser Area Defense System ou HELLADS.

Des informations supplémentaires sur ce Laser à haute énergie sont disponibles sur le site officiel de la DARPA.

Ce n’est pas la première fois que l’on incrimine de nouvelles armes à hautes énergies dans la survenue de catastrophes aériennes jamais élucidées. Il en est ainsi de l’Airbus A330-203 du Vol 447 d’Air France assurant la liaison Rio de Janeiro-Paris, lesquel s’est abîmé en plein océan Atlantique le 01e juin 2009, ou encore l’appareil du vol MH370 de la Malaysian Airlines, porté disparu au dessus de l’océan indien depuis le 8 mars 2014.

L’Airbus A320-200 de la Germanwings s’est crashé le 24 mars 2015 à Prads-Haute Bléone dans les Alpes de Haute Provence. L’enquête officielle incrimine le co-pilote, Andreas Lubitz, qui aurait délibérément détruit l’appareil en le lançant contre une montagne suite à des tendances suicidaires. Dans le cas de la seconde hypothèse russe, incriminant un essai d’arme Laser de la part d’un pays de l’Otan, y avait-il des manoeuvres militaires près du lieu de la catastrophe à la même date?

Quatre jour avant le crash, un exercice militaire international baptisé CITADEL KLEBER de la force de réaction rapide de l’Otan s’achevait  à Mourmelon Le-Grand dans la Marne. Impliquant près de 1200 militaires de six pays dont les Etats-Unis, il simulait une guerre fictive entre deux Etats dont un procédait à des tirs de missiles balistiques. Officiellement, l’exercice n’impliquait ni chars ni de soldats mais uniquement des opérateurs derrière des consoles dans des espaces modulaires sous tentes. Inutile de préciser que cet exercice comportait un volet confidentiel. D’ailleurs le site officiel du ministère russe de la Défense s’y intéresse de manière très particulière.

Officiellement aussi la force de réaction rapide de l’Otan est présentée comme suit: « The NATO Response Force is a highly ready and technologically advanced multinational force made up of land, air, maritime and Special Operations Forces components that the Alliance can deploy quickly, wherever needed. »

Le 27 mars 2015, un blackout massif et inhabituel affecte la ville d’Amsterdam dans les Pays Bas, conduisant à l’annulation de l’ensemble des vols en provenance et à destination de l’aéroport. Là encore, c’est le mystère. Les russes évoquent un essai « spécial » d’un nouveau système défensif par l’US Air Force en Europe du Nord et dont des éléments seraient déployés en secret en Europe pour faire face à une éventuelle menace balistique russe…

Pour certains analystes, il y aurait eu donc un autre essai de cette arme entre le 20 et le 27 mars 2015 en Europe du Sud.

Tout cela est-il crédible? L’Airbus A320-200 a t-il été abattu suite à une bavure causée par la non maîtrise d’un nouveau système d’armes? Ou bien faut-il nous contenter de l’histoire d’un co-pilote suicidaire qui est passé à l’acte, entraînant avec lui 149 autres personnes?

Pour notre part, le fait que la seconde hypothèse ait été lancée à un moment très opportun et de manière très insidieuse par le New York Times nous porte à reconsidérer l’ensemble de la narration officielle. C’est même un élément à charge contre la thèse elle-même. Une analyse poussée de la scène du crash s’impose et il s’avère dès maintenant que les images rendues publiques du site du crash comportent quelques éléments assez inhabituels pour une collision au sol.

Le vol MH370 a totalement disparu. Volatilisé. On en a retrouvé à ce jour aucun débris. La communauté internationale si prompte à réagir, semble avoir oublié le sort de cet avion. De même que les puissantes agences d’écoute dont les algorithmes de recherche ne ratent aucun signal émanant de votre téléphone portable ou autre gadget électronique.

Ce qui est certain est que des Lasers à haute énergie sont en train d’être déployés un peu partout. C’est le début d’une nouvelle ère pour ce type d’armes. Avec leur lot d’inconvénient et de bavures.

Entre le comportement suicidaire d’un pilote et des essais de plus en plus nombreux d’armes secrètes mettant en danger les aéronefs civils, il faudra à l’avenir certainement une bonne dose de courage ou de fatalisme pour s’embarquer à bord d’un avion.

La ceinture et les bretelles

Pour certains dirigeants musulmans, notamment au Moyen-Orient, il existe trois risques majeurs d’être renversés:
1- Une intervention étrangère;
2- Des hordes de terroristes qui viendraient camper sous leurs fenêtres (compatible avec le N°1);
3- Le peuple qui se rebelle, pour de bonnes raisons ou pour répondre aux désirs du N°1.

Bashar al-Assad en connait un rayon puisqu’il est lui-même sous le coup de ces trois fléaux. Certains présidents démocratiquement élus (pour reprendre une expression chère aux dirigeant occidentaux) n’ont pas eu le temps de défaire leurs valises et sont passés à la trappe. C’est le cas pour les chefs d’état issus des Frères Musulmans. Tous sauf un, mais il est vrai qu’à l’époque ou ses homologues se faisaient détrôner il n’était que Premier ministre; je veux, bien entendu, parler de Tayyep Recep Erdogan.

Après avoir consciencieusement préparé son élection à la tête de la Turquie – le palais présidentiel n’étant que la partie visible de l’iceberg – le dirigeant turc n’a pas l’intention de lâcher le pouvoir aussi rapidement que ses anciens homologues. A ce titre, il a pris soin de ne froisser personne. Ouvrant ses frontières aux extrémistes sensés libérer la Syrie, il a aussi autorisé l’OTAN à déployer ses missiles Patriot sur son territoire (sous couvert d’une éventuelle attaque syrienne), et laisser les navires US se ravitailler et réparer dans les ports de la mer Noire. Cette liste étant, vous vous en doutez, non exhaustive; puisque je ne parle pas des troupes de renseignements occidentales réparties le long de la frontière avec la Syrie, ni même des coups de main que l’armée turque a donné, de temps en temps, aux rebelles lorsque ceux-ci se trouvaient en fâcheuse posture.

Les deux premiers risques étant momentanément écartés, Erdogan s’attaque donc au peuple. On ne sait jamais, un accident étant vite arrivé, le dirigeant turc juge plus sage de réfréner les velléités de liberté que pourraient avoir ses citoyens. Car les troubles ne sont pas rares en Turquie; les manifestations étudiantes de 2013, celles des mineurs il y a un an; toutes violemment réprimées par le régime ont laissées des traces. Si la guerre en Syrie à permis à l’ancien Premier ministre d’atteindre le pouvoir suprême (en jouant sur la sécurité, mais en ventant aussi le plein emploi; un peu comme le feraient des candidats occidentaux), il n’oublie pas que si une solution venait à être trouvée pour régler ce conflit, le peuple pourrait bien lui demander des comptes. D’autant plus que la question kurde n’est toujours pas réglée…

Pire, la Turquie a un système parlementaire et lorsque l’on veut devenir tout puissant une seule option s’offre à vous: passer à un régime présidentiel, ce qui vous laisse beaucoup plus de libertés. Pour cela, Erdogan doit réformer la constitution. Cependant, avant toute refonte il faudra attendre le résultat des élections législatives du 7 juin prochain et surtout Erdogan et son parti – l’AKP (Parti de la justice et du développement) – devront posséder au moins les deux tiers des 550 sièges du parlement. Mais la rue pourrait ne pas être d’accord avec cette réforme…

Aucun souci, Erdogan a pensé à tout. Il vient de faire voter par les députés turc une version raccourcie du projet de loi très controversé de sécurité intérieure du gouvernement incluant les principales mesures destinées à renforcer les pouvoirs de la police.
Le texte voté permet aux policiers de fouiller domiciles ou véhicules sur la base de simples soupçons ou de retenir des suspects en garde à vue pendant quarante-huit heures, contre vingt-quatre auparavant, sans supervision d’un magistrat. Il punit aussi de quatre ans de prison les manifestants porteurs de cocktails Molotov ou de feux d’artifice.

Il autorise également les policiers à utiliser leurs armes à feu contre les porteurs de cocktail Molotov et interdit aux manifestants de cacher leur visage, sous peine de cinq ans de prison.

Avec ça, les manifestants sont prévenus. Des manifestations oui, à la rigueur; mais la chienlit, non!
Au fond, avec cette loi liberticide, Erdogan rejoint le groupe des dirigeants à la limite de la dictature. Et dire qu’il montre du doigt Bashar al-Assad depuis le début de la guerre syrienne.
Une déclinaison de la parabole de la paille et de la poutre, certainement…

Thorbjørn Jagland destitué de ses fonctions de président du Nobel de la Paix

Le président du Comité attribuant chaque année le Prix Nobel de la Paix, Thorbjørn Jagland, a été rétrogradé par le parlement norvégien au rang de simple membre du Comité, une décision sans précédent dans l’histoire du Prix.

Le parlement norvégien s’est rendu aux accusations de corruption du président Jagland que nous avions été les premiers à exposer en détail [1] (mais sans évoquer les raisons qui l’auraient conduit dans cette voie).

Les médias qui nous accusé à l’époque de « conspirationnisme » et d’« anti-américanisme » n’ont pas repris leurs insultes à l’encontre du parlement norvégien.

Le parlement norvégien a souhaité que le Prix de la Paix revienne à sa fonction initiale [2]. En effet, au cours des dernières années, le Prix a été systématiquement attribué non pas à des militant de la paix, conformément aux indications d’Alfred Nobel, mais à des soutiens de l’Otan [3].

Ancien Premier ministre de Norvège, Thorbjørn Jagland reste cependant secrétaire général du Conseil de l’Europe, fonction dans laquelle il s’emploie aujourd’hui à justifier le coup d’État en Ukraine.

Treize années d’occupation, jusqu’à 130 000 hommes déployés, 50 nations présentes, plus de 4 000 morts… Pour rien!

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Le dimanche 28 Décembre, l’OTAN a fait ses adieux à l’Afghanistan. Enfin, ses adieux, pas tout à fait, puisque 12 500 hommes vont rester sur place pour assurer la formation des forces de sécurité afghanes. Mais au-delà de la propagande distillée par les Médias occidentaux, la situation sur place n’a guère évoluée.

Lors du lancement de la guerre en Afghanistan par les USA et leurs alliés (en 2001, suite aux attentats du 11 Septembre), l’objectif était de libérer le pays des Talibans. Si le début du conflit a vu des victoires rapides et nombreuses de la part de l’Occident, la suite a été nettement moins glorieuse; et pour cause, l’Afghanistan fait partie de ces pays où les armées extérieures s’y cassent les dents. Les Talibans eux-mêmes n’ont jamais réussi à conquérir l’ensemble du territoire.

D’ailleurs, un peu plus de treize ans après la « reconquête » l’objectif tant recherché n’a toujours pas été atteint. Même si les Talibans ne gouvernent plus, ils font néanmoins régner un régime de terreur sur l’ensemble du territoire. Pire, la sécurisation tant vantée des principales villes n’est qu’une illusion, comme le montre les récents attentats qui ont marqué ces derniers mois. Pour vous donner un ordre d’idées, l’armée afghane et la police ont perdu plus d’homme durant les dix premiers mois de cette année, que la coalition occidentale depuis le début de la guerre.

Certes, les Talibans ne sont plus tout à fait aussi nombreux qu’avant, mais ils ont su modifier leur tactique, et se sont spécialisés dans la guérilla et la résistance armée – comme bon nombre de groupes armés dans le monde lorsqu’ils sont en lutte contre un ennemi plus nombreux et mieux armé.

Quant aux femmes afghanes, dont le sort – interdiction de fréquenter les écoles et les universités, interdiction de travailler, et port de la burka (voile intégral recouvrant tout le corps) avait ému l’ensemble du monde, si elles ont retrouvé un semblant de liberté, elles ne sont pas aussi indépendantes que les médias main stream veulent bien nous le faire croire. Car si les Talibans ne sont plus à la tête du pays, la peur qu’ils ont instillé et qu’ils entretiennent à coup d’attentats n’est pas prête de disparaître.

La doctrine occidentale peut se résumer à ceci: Je suis venu, j’ai vu, j’ai brouillé les cartes et je suis reparti…

Détente?

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Peut-on, sans crainte du ridicule, vouer aux gémonies une nation toute entière, et dans le même temps se tourner vers cette même nation afin de sauver la sienne? A n’en pas douter, certains philosophes pourraient en écrire tout un chapitre, mais je vais tenter de faire plus court.

L’Ukraine, car il s’agit bien de ce pays, est en proie à une pénurie de charbon. Ce charbon a trois utilités aussi importantes l’une que l’autre:
1- approvisionner les centrales électriques,
2- approvisionner les chauffages urbains,
3- acheter la paix sociale.

Tout est partie d’une loi votée par le parlement de Kiev et qui déclare criminel tout achat de marchandises et/ou de services aux provinces autonomes de Donetsk et Louhansk, petit souci, le charbon utilisé dans les centrales ukrainiennes provient de ces deux régions; donc, impossible d’en acheter. Et l’hiver est là…

Dans un élan de compassion, Moscou vient de proposer aux dirigeants pro-occidental de Kiev de leur vendre la précieuse marchandise. Cette initiative est à mettre au crédit du président russe lui-même. D’après son porte-paroles – Dmitri Peskov – Vladimir Poutine a parlé d’un geste de bonne volonté, ajoutant que la Russie n’exigerait pas de paiement préalable. « Poutine a pris la décision d’entamer les livraisons en raison de l’urgence de la situation (…) et malgré l’absence de pré paiement »

La livraison porte d’ors et déjà sur 500 000T/mois et pourrait doubler en cas d’accord durable. A n’en pas douter les dirigeants ukrainiens vont sauter sur l’occasion – au mois jusqu’au dégel – et lâcheront peut-être un peu de lest. Il est aussi à noter que cette transaction a été officialisée le lendemain d’un échange de prisonniers entre Kiev et les séparatistes de l’Est; 145 militaires ukrainiens ont été échangés contre 222 rebelles, le plus gros échange depuis le début des hostilités.

Lors de la Guerre Froide, deux épisodes ont été qualifiés de « Détente ». Le premier débuta après la crise de Cuba (1963) et prit fin avec les prémices de la guerre d’Afghanistan (1979); le deuxième commença avec l’arrivée de Mikhaïl Gorbatchev à la tête du Kremlin en 1985 et vit la chute de l’URSS (1991).
Vladimir Poutine serait-il en train d’instaurer une troisième « détente » au sein de cette Guerre Froide 2.0? Mais surtout, l’Occident saura-t-il saisir la balle au bond? Pas certain. Quand à Kiev, je ne me fais aucunes illusions; coincé entre le bloc atlantiste et le peuple (qui pourrait demander des comptes aux dirigeants nouvellement élus en cas de pénurie effective de charbon), Porochenko et ses ministres n’ont pas fini de jouer aux girouettes; d’autant plus qu’il y a quelques semaines de ça, le président ukrainien exprimait sa volonté de posséder la plus grande armée d’Europe – en plus d’intégrer l’OTAN…

Les sanctions économiques contre la Russie portent leurs fruits

Effectivement, les sanctions prisent par l’occident à l’encontre de l’Ours russe commencent à devenir tangibles… mais en Europe. Et plus précisément à l’OTAN.

Le 24 novembre a eu lieu, à la Hague aux Pays-Bas, la soixantième session plénière de l’assemblée parlementaire de l’OTAN; à cette occasion, le secrétaire général – Jens Stoltenberg – a fait un discourt portant sur la cheville ouvrière de cette organisation: l’argent.

Selon lui, il existe trois priorités:
1-Garder l’OTAN fort comme une alliance politique et militaire.
2-Travailler avec nos partenaires pour apporter plus de stabilité à cette région.
3-Et garder le lien, solide comme le roc, entre l’Europe et l’Amérique du Nord.

Toujours d’après lui, chacune de ces priorités exige des ressources financières, soutenues par une volonté politique. Mais sans eux, il ne peut y avoir de sécurité, pas de prospérité, ni de liberté. Donc, une seule solution: des sous! Mais pas qu’un peu, non, plein de sous, comme s’il en pleuvait. Car pour que l’OTAN soit opérationnel face aux menaces (à ce titre le secrétaire n’en voit que deux: l’Est ou le sud (Afrique du Nord et Moyen-Orient)) il faudrait que chaque pays membre fasse augmenter son budget de la Défense à 2% de son PIB! Rien que ça!

Pas certain que tous les citoyens soient heureux de savoir que les ministères de la Défense se taillent la part du lion. Mais d’après Jens Stoltenberg, ceci est réalisable; la preuve quatre membres ont déjà atteint cet objectif: les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la Grèce et l’Estonie.
En fait, ce qui lui met les nerfs à vif, c’est que la Russie a augmenté ses dépenses militaires de 50% en cinq ans, alors que dans le même temps les dépenses totales de défense de l’OTAN ont baissé de vingt pour cent.

Bref, c’est bien beau de vouloir à tout prix se trouver un ennemi juré (même si l’actuel à un air de déjà vu), mais encore faut-il s’en donner les moyens. Heureusement le VIP de luxe et accessoirement secrétaire général de l’OTAN est là pour veiller au grain. Au fond, je m’inquièterai vraiment du rôle de l’OTAN lorsque le secrétaire général sera issu des rangs de l’armée…

Ce que vous faites renforce l’OTAN. Ce que vous faites protège la Turquie.

« What you do keeps NATO strong. What you do keeps Turkey safe. »
Cette phrase, on la doit au nouveau secrétaire général de l’OTAN – Jens Stoltenberg – en visite en Turquie. Sur le site de Gaziantep (sud de la Turquie, pas très loin de la frontière syrienne et à environ cent kilomètres de Kobane) il a tenu à remercier les soldats US déployés dans le cadre de la mission Patriot.

Car vous ne vous en souvenez peut-être pas, mais la Turquie avait réclamé, en 2012, l’aide de l’OTAN afin d’obtenir une défense antimissiles digne de ce nom.
Je vais vous donner la traduction de l’article fourni par l’Organisation du Traité Nord-Atlantique:

Depuis Janvier 2013, le déploiement de missiles Patriot de l’OTAN a renforcé les défenses aériennes de la Turquie afin de protéger le territoire et les citoyens Turcs contre les attaques de missiles de la Syrie. L’Allemagne, les Pays-Bas et les États-Unis fournissent actuellement deux batteries Patriot chacun pour la mission, situé à Kahramanmaras, Adana et Gaziantep.

C’est étonnant, mais dans mes souvenirs Damas n’a pas envoyé de missiles de l’autre côté de la frontière…
Cependant, cette visite n’a rien d’anodin. Au cas où – disons plutôt lorsque – une zone d’exclusion aérienne vienne à être mise en place au-dessus de la frontière turco-syrienne, le système antimissiles serait là pour dissuader d’éventuels débordements.

Comme conclusion, voici une des déclarations du secrétaire général devant les soldats US:

« Votre mission est plus importante que jamais, et les Alliés restent attachés à cette mission essentielle. »

Mistral: le pied-de-nez de la France à la Russie

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L’affaire des Mistral fait grand bruit. Annuler la livraison de deux bâtiments de guerre pour des raisons fallacieuses, ce n’est pas tous les jours que l’on voit ça. Pour résumer, la Russie est (re)devenue l’ennemi public N°1, donc elle n’a pas le droit de posséder des navires issus de la technologie occidentale – alors que les rebels syrien, eux, en ont le droit; même si les combattants français revenant de Syrie sont immédiatement emprisonés; allez comprendre.

Paris se retrouve donc avec deux porte-hélicoptères sur les bras, et une épée de Damoclès au-dessus de la tête sous la forme des compensations que Moscou ne se privera pas de demander (on parle de trois milliards d’Euro). Voilà qui ne va pas arranger les affaires du chef de guerre président de la république.

Mais heureusement, une issue semble avoir été trouvée. Si les conditions pour la livraison ne sont pas réunies; à savoir le retrait total des troupes russes d’Ukraine, et le respect du cessez-le-feu dans l’Est ukrainien (autant dire que c’est impossible); la France pourrait revendre ses deux Mistral à…l’OTAN! Poutine appréciera le trait d’humour.

On parle aussi de les revendre à l’Union Européenne, histoire de relancer la mythique « Défense Européenne ». Défense européenne qui ne sert pas à grand chose, puisque la plupart des membres font partie de l’OTAN…

Le Vladivostok, un des deux Mistral de la discorde. Actuellement à quai à Saint-Nazaire, il a déjà effectué quelques sorties en mer avec son futur équipage. Photo: Strategika51
Le Vladivostok, un des deux Mistral de la discorde. Actuellement à quai à Saint-Nazaire, il a déjà effectué quelques sorties en mer avec son futur équipage. Photo: Strategika51

Partition de la Crimée: la fin de l’U-E?

Et si l’Europe avait gros à perdre face à la partition de la Crimée? Certes, l’Ukraine ne faisait pas – encore – partie de l’entité européenne, mais c’était un des objectifs final. Or le rattachement de la Crimée, par référendum, à la Russie, nous démontre que les peuples ont encore une certaine influence.

Car je ne sais pas si vous êtes dans le même cas que moi, mais à force de vivre au sein de l’Union Européenne j’en avais oublié les pays qui la composaient. Avant la chute du mur de Berlin et l’effondrement de l’URSS, il y avait d’un côté les Etats occidentaux (France, Belgique, RFA, Royaume-Uni…) et de l’autre les pays de l’Est. Depuis lors, l’EU n’a eu de cesse de s’étendre, phagocytant une à une les anciennes républiques soviétiques – avec l’appui de l’OTAN – et effaçant au fur et à mesure de son avancée vers l’Est les frontières séparant les Etats.

L’Europe voudrait nous faire croire qu’il n’y a plus qu’un seul peuple, de Dublin à Kiev, une seule et unique monnaie, et un état central: Bruxelles. L’affaire ukrainienne a remis tout ceci en cause. Imaginez un peu, un peuple qui se soulève contre l’UE – synonyme de progrès social, de développement et de matins qui chantent, d’après Bruxelles – afin de rejoindre la Russie – décadente, corrompue, et arriérée; dixit les mêmes…Surtout que depuis la crise économique de 2007 et des conséquences qu’elle a pu avoir au sein des Etats du Sud, soumis à un redressement budgétaire drastiques; certains pays membres commencent à se poser des questions quant à l’utilité de rester au sein d’un tel conglomérat de différences.

Pour l’instant, Bruxelles a réussi à maintenir le status quo. Mais jusqu’à quand? Non seulement les grecs se verraient bien sortir de l’Europe, mais certains peuples qui constituent l’âme d’un même pays pensent eux aussi à jouer les filles de l’air; les Catalans et les écossais, par exemple. Même Venise vient de voter pour son indépendance avec un « oui » qui l’emporte à prés de 90%, ceci étant dit, le vote n’avait pas de légitimité, enfin, d’après Rome et Bruxelles.

L’Europe a gros à perdre dans cette histoire. Et se ne sont pas les sanctions ridicules prisent contre Moscou qui vont faire peur aux citoyens européens. Remercions donc Vladimir Poutine d’avoir donné matière à réfléchir à une partie de la contestation anti-Europe.

L’OTAN est une administration comme une autre…

Voici, rien que pour vos yeux, et en direct du site de l’OTAN, l’allocution du secrétaire général – Anders Fogh Rasmussen.

Nous venons de nous réunir, à la demande de la Pologne afin de tenir des consultations dans le cadre de l’article 4 du Traité de Washington.

Cet article stipule que nous nous consulterons chaque fois qu’un allié pense que l’intégrité territoriale, l’indépendance politique ou la sécurité de tout membre de l’OTAN est menacée.

Malgré les appels répétés de la communauté internationale, la Russie continue de violer la souveraineté de l’Ukraine et son intégrité territoriale, et continue de violer ses engagements internationaux.

Ces développements ont de graves conséquences actuellement pour la sécurité et la stabilité de la zone euro-atlantique.

Alliés sont ensemble dans un esprit de forte solidarité dans cette grave crise.

Donc, nous nous engageons à intensifier notre évaluation rigoureuse et continue des implications de cette crise pour la sécurité de l’Alliance. Nous le ferons en étroite coordination et par consultation.

Nous continuons à soutenir tous les efforts constructifs pour une solution pacifique à la crise actuelle, conformément au droit international.

Nous allons continuer à consulter avec l’Ukraine au sein de la Commission OTAN-Ukraine.

Et nous allons engager avec la Russie au sein du Conseil OTAN-Russie. Nous tiendrons une réunion demain.

Bref, de consultations en consultations; de rapports en rapports; de jour en jour; l’intervention de l’OTAN recule. Mais qui en doutait encore? En résumé, la crise ukrainienne se résume à l’ouverture de deux nouveaux dossiers: la Commission OTAN-Ukraine; et le Conseil OTAN-Russie. Ce dernier dossier rappelle les grandes heures de la guerre froide.

Ukraine: déceptions occidentales et accord sino-russe

Samedi dernier, la Pologne poussait des cris d’orfraie et en appelait à l’OTAN. C’était la blague du jour. Bon, depuis Samedi, l’organisation Nord-Atlantiste n’a pas beaucoup fait parler d’elle.

Mais aujourd’hui, on prend les mêmes et on recommence. La Pologne a encore haussé le ton, et, par l’intermédiaire de son président – Bronislaw Komorowski – en appelle à…l’Union-Européenne!

Au moment où il s’agit d’empêcher une montée (des tensions) en Ukraine, l’UE devrait être capable d’adopter une position plus ferme sur la perspective de sanctions économiques et politiques. La Pologne devrait présenter une telle position lors du Conseil européen.

Ah! L’UE capable d’être plus ferme? Bienvenue dans le monde réel, Mr Komorowski. L’Europe n’a aucuns moyens d’être ferme; mis à part pour « sauver » ses membres de la faillite.

Autre moyen que l’Occident a mis en place pour punir le Kremlin, la chute de la Bourse de Moscou (-10.79% pour le Micex (Moscow Interbank Currency Exchange) et -12.01% pour le RTS (Russian Trading System)), problème, les autres places boursières plongent à leur tour; -3.44% pour Francfort, -2.66% pour Paris, -1.46% pour Londres…Et pour l’instant, le Dow-Jones et le Nasdaq ne valent guère mieux.

Et enfin, le conseil de sécurité de l’ONU va se réunir – encore une fois – pour discuter de la situation en Ukraine. Mais, comme la Russie et Pékin ont les mêmes vues sur l’Ukraine, cette réunion est perdue d’avance.

Car, Sergueï Lavrov et Wang Yi ont souligné la large concordance de vues de la Russie et de la Chine sur la situation dans ce pays et autour, selon un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères. Cependant, Pékin reste vague sur le sujet. Et ceci est compréhensible, face aux velléités d’indépendance du Xinjiang, le gouvernement chinois ne peut pas trop se permettre d’afficher sa satisfaction.

Comme on le voit, la Russie et la Chine se rapprochent de plus en plus; et ce, au fur et à mesure que l’Occident fait tout pour contrer leurs montée en puissance. On ne verra sûrement jamais d’alliance entre l’Ours et le Panda – leurs histoires communes les en empêche – mais il est des  concordances qui ont plus de poids que les alliances…

Ukraine: Le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent. L’Occident creuse…

La balle est dans le camp occidental. Ne croyez pas que je prends les évènements à la légère, loin de là, mais Vladimir Poutine vient de démontrer – encore une fois – que les actes sont plus utiles que les tergiversations.

Voilà où nous en sommes: Suite au vote par la Haute Chambre de la Fédération de Russie de l’autorisation du déploiement de troupes sur le sol ukrainien; l’Occident balbutie, gesticule, et se prend les pieds dans le tapis. Tout le monde y va de sa déclaration; l’ONU tiendra une séance extraordinaire dans les heures à venir, Catherine Ashton va réunir les Ministres des affaires étrangères de l’Europe; Le secrétaire général de l’OTAN aurait lui aussi convoqué une réunion de crise; la Pologne crie haro sur Moscou, l’ancien boxeur ukrainien reconverti dans la politique – Vitali Klitschko – demande la mobilisation générale*; Ban ki-Moon, quant à lui, essaye désespérément d’appeler au calme et au dialogue.

Hollande et Merkel se disent préoccupés par la tournure des évènements. On le serait à moins, à leur place. Du coup François Hollande s’emmêle les pinceaux et confond  les risques que fait courir l’Union Européenne à l’Ukraine avec ceux de la Russie:

La décision du Conseil de la Fédération de Russie d’autoriser l’envoi de troupes russes en Ukraine fait peser des menaces réelles sur l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’Ukraine

Moscou vient de prendre la main. Mais ce poker n’est plus vraiment un jeu, et il pourrait bien déboucher sur une remise en question des prétentions atlantico-européennes quant aux anciennes provinces russes. A force de croire que le président russe n’avait plus les moyens de nuire, l’Occident en a perdu tout sens de la modération. Mais l’Ours russe n’est pas mort, loin de là, et il fera tout pour protéger ses intérêts, comme la France le fait en Afrique, les USA en Amérique du Sud, etc…

L’ingérence n’est pas la chasse-gardée de l’Occident, et il vient d’en faire l’expérience.

  • Merci à Ampipeline pour les informations.

Ukraine: escalade militaire en Crimée

Suite à l’appel à l’aide du nouveau Premier Ministre de Crimée, Sergiï Aksionov:

«Prenant en compte ma responsabilité pour la vie et la sécurité des citoyens, je demande au président russe Vladimir Poutine d’aider à assurer la paix et le calme sur le territoire de Crimée »

Des mouvements de troupes (russes?) ont été rapportées. Notamment un convoi de transports de troupe et de camions vendredi soir sur la route entre Sebastopol et Simféropol. Simféropol étant le théâtre d’un déploiement de soldats n’ayant aucuns signes distinctifs et qui patrouillent dans le centre-ville; mais on rapporte aussi que des mitrailleuses ont été installées de manière à pouvoir défendre le bâtiment du Parlement.

La zone de l’aéroport est aussi concernée par cette démonstration de forces. Des dizaines d’avions-cargo militaires auraient atterris dans un aéroport militaire près de Simféropol. La Russie a – dans le cadre de son inspection militaire – aurait assuré des transports aériens en début de semaine depuis une base aérienne près de Moscou, dont notamment le transport de forces spéciales aéroportées pour la ville d’Anapa, au bord de la Mer Noire. Six hélicoptères de transport « Mil MI-8 » auraient également été envoyés sur le secteur en crise.

Le Ministre des affaires étrangères ukrainien a convoqué (Jeudi dernier) le chargé d’affaires russe Andreï Vorobiev, pour lui rappeler que la Russie était garante de son intégrité territoriale et demander que les militaires de la flotte de la mer Noire « s’abstiennent de tout mouvement en dehors du périmètre où ils sont cantonnés ». De son côté, Alexandre Tourtchinov, président ukrainien par intérim, a lancé un appel devant le Parlement à Kiev : « Je m’adresse aux dirigeants militaires de la flotte de la mer Noire : tous les militaires doivent rester sur le territoire prévu par les accords. Tout mouvement de troupe armé sera considéré comme une agression militaire ».

Cependant, le Premier ministre Arseni Iatseniouk a affirmé samedi que l’Ukraine avait refusé de répondre par la force à la provocation russe. Répondre par la force? Quelle force? La « Grande Muette » n’a jamais aussi bien porté son nom. Qui, parmi vous, a entendu la voix de l’armée durant les manifestations de Kiev? Vous me direz que ce n’est pas son rôle, certes, mais elle était néanmoins absente des débats. A ce propos, le secrétaire général de l’OTAN avait déclaré, le 23 Février:

I commend the statement of the Ukrainian army that it will in no way intervene in the political crisis. It is important that this continues to be the case.

De plus, face à l’armada russe basée à Sebastopol, l’Ukraine peut seulement espérer lui opposer son unique frégate U130 Hetman Sahaydachniy, son seul sous-marin de classe Foxtrot U01 Zaporizhzhia (que l’on doit entendre évoluer à des kilomètres à la ronde) et ses trois ou autre corvettes datant de la période soviétique ».

Les dirigeants ukrainien devraient faire attention à leurs déclarations. Si l’Occident lui a donné un coup de main pour renverser le gouvernement pro-russe de Ianoukovitch, ce même Occident réfléchira à deux fois avant de s’engager dans une guerre ouverte contre la Russie.

APRÈS LE MODÈLE TURC, LA COPIE SLAVE : La Pologne, nouvelle tête de pont d’un plan de déstabilisation de l’Otan

En serviteur zélé des intérêts US, la Pologne endosse officiellement, dans sa relation avec l’Ukraine, le rôle du Turc de service. À l’instar de la Turquie, qui s’est révélée être une plate-forme d’un intérêt géopolitique évident pour le transit des armes et le soutien en hommes et en matériel à destination des terroristes syriens, la Pologne fournit désormais le même type d’appui à leurs homologues ukrainiens. Donald Tusk, le Premier ministre polonais, a déclaré le 22 février 2014 que son pays assurait d’ores et déjà les soins nécessaires aux insurgés blessés de Kiev, des ordres ayant été effectivement donnés au ministère de l’Intérieur et aux Forces armées pour renforcer cette aide en mettant des hôpitaux à disposition. Le ministre délégué à la Santé a confirmé les contacts de Varsovie avec les rebelles de Kiev pour « organiser la prise en charge des soins aux blessés ukrainiens. ». Il en découle que la Pologne a, de fait, élargi jusqu’à près de 500 kilomètres à l’intérieur de l’Ukraine la zone sur laquelle elle entend exercer son influence, tant par l’action souterraine que par la diplomatie. En Ukraine, les services de renseignement polonais ne se contentent manifestement pas « d’aider les blessés » [des groupes terroristes]. On peut à plus forte raison présumer que les régions ukrainiennes frontalières de la Pologne —Lvov et Volyn— sont plus fortement encore sous l’emprise de Varsovie. Coïncidence ou pas, la région de Lvov a déjà tenté de déclarer son indépendance. Comme Varsovie l’a fait (et le fait en ce moment) en Ukraine, Ankara a exercé son influence en profondeur à l’intérieur du territoire syrien au plus fort de la crise qui a affecté ce pays. N’oublions pas que la Turquie a, elle aussi, abrité et soigné sur son propre territoire les combattants (terroristes) blessés en Syrie.

Il convient d’examiner de plus près la similitude des rapports qu’entretiennent la Pologne et la Turquie avec leurs voisins respectifs, l’Ukraine et la Syrie, pour mieux comprendre comment a été appliquée, dans l’un et l’autre cas, la méthode d’intervention du « pilotage par l’arrière » .

Notons d’abord que la stratégie du « pilotage par l’arrière » a été définie comme « un appui militaire des USA qui restent dans l’ombre et laissent à d’autres les slogans et la propagande ». C’est la stratégie adoptée pour les guerres menées sur des théâtres d’opération où, pour diverses raisons, les États–Unis répugnent à s’engager ouvertement. Elle s’appuie sur l’utilisation d’alliés, de « caciques » régionaux en charge de l’avancement des objectifs géopolitiques et géostratégiques des États-Unis, à travers un dispositif de guerre asymétrique, tandis que Washington redéploie ses forces en Asie où il souhaite opposer à la Chine une dissuasion de type conventionnel. Sur la scène européenne comme au Proche-Orient, ce sont les USA qui tirent les ficelles : pour Washington, la Pologne et la Turquie sont les marionnettes rêvées, l’une et l’autre dressées contre leurs voisins respectifs, l’Ukraine et la Syrie. Les États-uniens prennent principalement en charge l’entraînement des bandes de « l’opposition » et le renseignement. La Pologne et la Turquie font leur part du travail en apportant un soutien direct au déploiement de ces groupes sur le territoire des pays attaqués.

En Ukraine, les États-Unis ont infiltré les ONG pendant plus de dix ans pour entrer dans la place, leur allouant entre autres cinq milliards de dollars pour « aider le pays à instaurer des institutions démocratiques ». Dans la campagne de propagande menée contre Kiev, la NED (Fondation nationale pour la démocratie) a joué un rôle majeur pour faire avaler au public ukrainien une version relookée de la vidéo fumeuse Kony 2012utilisée auparavant comme prétexte au renforcement de la présence militaire US en Afrique centrale. Les reportages effrayants de « Danny », sur CNN, ont de la même façon été utilisés en Syrie en 2012 pour discréditer le régime de Damas.

Mais les ressemblances ne s’arrêtent pas là.

La Pologne et la Turquie sont toutes deux des États frontaliers de l’Otan, la Pologne étant présentée comme « le plus important de tous les pays frontaliers de l’Alliance en terme de puissance économique, politique et militaire ». Comparés à leurs voisins ukrainiens et syriens, ces deux pays d’un intérêt géostratégique majeur bénéficient d’une supériorité écrasante en matière de démographie. Ils souffrent, l’un comme l’autre, de complexes d’infériorité hérités de la gloire impériale perdue (perte de l’Union avec la Lituanie pour la Pologne et perte de l’Empire ottoman pour la Turquie) . Ils partagent tous deux une frontière terrestre étendue avec les pays qui sont dans le collimateur pour « une transition démocratique ». Ils ont pareillement en commun des liens culturels et politiques importants avec leurs voisins, hérités des empires perdus, qui remontent loin en arrière, avant le déclenchement de leurs crises respectives. Cela leur confère des atouts de premier ordre, intangibles, pour intervenir sur le futur champ de bataille, de manière officielle et non officielle, et pour mener les opérations de renseignement.

La Pologne et la Turquie abritent aussi l’une et l’autre des installations militaires importantes : l’US Air Force dispose d’une base aérienne à Incirlik, au sud de la Turquie, un radar de la défense anti-missile étant positionné à l’Est. Pour sa part, la Pologne a mis à la disposition des USA la base aérienne de Lask et un avant-poste de la défense anti-missile dans le Nord-Est, près de Kaliningrad. Quand on observe les développements de la campagne menée par les insurgés qui s’acquittent, en Ukraine, de la tâche qui leur a été confiée, on fait un constat inquiétant : les méthodes des fascistes ukrainiens ressemblent de plus en plus à celles des djihadistes en Syrie. Comme à Damas en 2011, où des tireurs embusqués (identifiés comme des rebelles) tiraient à l’aveuglette sur la foule, des balles ont commencé à s’abattre sur les civils à Kiev, où même un reporter de la télévision russe RT a essuyé des tirs. On peut comparer la revendication par Lvov de son indépendance à la déclaration d’autonomie des Kurdes du Nord de la Syrie. Ces régions jouxtent, l’une comme l’autre, les frontières de l’État qui s’immisce dans les affaires intérieures de son voisin pour le compte du commanditaire US. On retrouve le même parallélisme dans la prise de contrôle, par les rebelles ukrainiens et syriens, des postes frontières assurant la liaison avec l’État qui les soutient. Ces manœuvres ont, pour Ankara et Varsovie, le mérite évident de faciliter le transit des armes, des hommes et du matériel à destination de la lignée de terroristes qu’ils ont engendrée. Quand les insurgés s’avèrent incapables de garder le contrôle des zones frontalières, ils recourent au pillage des entrepôts des forces gouvernementales qu’ils ont réussi à investir ; ils volent les armes, soit en les confisquant aux agents des forces de l’ordre qu’ils capturent, soit en les dérobant dans les bâtiments dont ils prennent le contrôle  [6]. Les djihadistes qui combattent en Syrie sont coutumiers des prises d’otages et des exécutions sommaires. Leurs épigones ukrainiens marchent dans leurs pas comme en atteste leur capture de soixante policiers à Kiev.

Les exemples relevés plus haut démontrent clairement que les opérations de déstabilisation menées en Ukraine et en Syrie suivent un plan bien établi Les États Unis sont aux commandes et appliquent leur stratégie du « pilotage par l’arrière ». Ils manipulent des États ébranlés par l’écroulement des empires dont ils faisaient partie. Ils ciblent des territoires d’intérêt majeur, situés là où ils préfèrent ne pas intervenir directement, tenir leur rôle secret, et nier à leur guise toute implication. Une autre pratique est de plus en plus largement répandue : l’utilisation de groupes extrémistes régionaux fanatisés pour soutenir une entreprise de déstabilisation au long cours. Au Proche-Orient, ce sont les radicaux islamistes qui ont été choisis pour organiser et exporter le chaos. En Ukraine, les « wahabistes locaux » sont, semble-t-il, recrutés de plus en plus souvent parmi les groupes d’extrême droite, voire nazis, pour la conduite de certaines opérations. L’Ukraine peut fort bien devenir le terrain d’entraînement des autres groupes d’extrême droite européens. On peut aussi redouter que les groupes de factieux qui opèrent actuellement en Ukraine décident de vendre leur savoir-faire au plus offrant dans les autres pays européens. Tout comme la Turquie fait le lit des extrémistes islamistes à travers le soutien qu’elle apporte à ceux qui combattent en Syrie, la Pologne courtise dangereusement l’extrême droite nationaliste ukrainienne, comme l’attestent ses déclarations de soutien aux groupes qui utilisent la violence, et la décision récente d’évacuer et de soigner les insurgés (sans parler des autres formes de soutien tenues secrètes, dont on ignore l’étendue). Tout comme les extrémistes islamistes ont échappé à ceux qui en tiraient les ficelles, et mettent à présent en danger tout le Proche-Orient, les groupes nationalistes d’extrême droite risquent de devenir incontrôlables en Ukraine et peuvent mettre en danger l’Union européenne toute entière. Quand on compare la Pologne à la Turquie, et l’Ukraine à la Syrie, on est obligé de constater que le « Printemps arabe » est désormais inscrit, beaucoup plus profondément qu’il n’y paraît, dans le paysage européen.

Andrew Korybko
Source: Voltairenet

Al-Qaida, éternel supplétif de l’Otan

Jusqu’à présent, les autorités des États membres de l’Otan affirment que la mouvance jihadiste internationale, qu’elles soutenaient à sa formation, lors de la guerre en Afghanistan contre les Soviétiques (1979), se serait retournée contre elles lors de la libération du Koweït (1991). Elles accusent Al-Qaida d’avoir attaqué les ambassades US au Kenya et en Tanzanie (1998) et d’avoir fomenté les attentats du 11 septembre 2001, mais admettent qu’après la mort officielle d’Oussama Ben Laden (2011), certains éléments jihadistes auraient à nouveau collaboré avec eux en Libye et en Syrie. Toutefois, Washington aurait mit fin à ce rapprochement tactique en décembre 2012.

Or, cette version est démentie par les faits : Al-Qaida a toujours combattu les mêmes ennemis que l’Alliance atlantique, ainsi que le révèle une fois de plus le scandale qui secoue actuellement la Turquie.

On apprend que le « banquier d’Al-Qaida », Yasin al-Qadi —qui était désigné comme tel et recherché par les États-Unis depuis les attentats contre leurs ambassades au Kenya et en Tanzanie (1998)— était un ami personnel à la fois de l’ancien vice-président US Dick Cheney et de l’actuel Premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan. On découvre que ce « terroriste » menait grand train de vie et voyageait en avion privé en se moquant des sanctions des Nations Unies à son encontre. Ainsi, a t-il rendu visite au moins quatre fois à M. Erdoğan en 2012, arrivant par le second aéroport d’Istanbul où, les caméras de surveillance ayant été déconnectées, il était accueilli par le chef de la garde du Premier ministre, sans passer par les douanes.

Selon les policiers et magistrats turcs qui ont révélé ces informations et incarcéré les enfants de plusieurs ministres impliqués dans l’affaire, le 17 décembre 2013 —avant d’être dessaisis de l’enquête voire relevés de leurs fonctions par le Premier ministre—, Yasin al-Qadi et Recep Tayyip Erdoğan avaient mis au point un vaste système de détournement de fonds pour financer Al-Qaida en Syrie.

Au moment même où cet incroyable double-jeu était mis en lumière, la gendarmerie turque arrêtait à proximité de la frontière syrienne un camion transportant des armes destinées à Al-Qaida. Parmi les trois personnes interpellées, l’une déclarait convoyer le chargement pour le compte de l’IHH, l’association « humanitaire » des Frères musulmans turcs, tandis qu’une autre affirmait être un agent secret turc en mission. En définitive, le gouverneur interdisait à la police et à la justice de faire leur travail, confirmait que ce transport était une opération secrète du MIT (les services secrets turcs), et ordonnait que la camion et son chargement puissent reprendre la route.

L’enquête montre également que le financement turc d’Al-Qaida utilisait une filière iranienne à la fois pour agir sous couverture en Syrie et pour mener des opérations terroristes en Iran. L’Otan disposait déjà de complicités à Téhéran durant l’opération « Iran-Contras » dans des milieux proches de l’ancien président Rafsandjani, tel le cheikh Rohani, devenu l’actuel président.

Ces faits interviennent alors que l’opposition politique syrienne en exil lance une nouvelle théorie à la veille de la Conférence de Genève 2 : le Front al-Nosra et l’Émirat islamique en Irak et au Levant (ÉIIL) ne seraient que de faux nez des services secrets syriens chargés d’affoler la population pour la rabattre vers le régime. La seule opposition armée serait donc celle de l’Armée syrienne libre (ASL) qui reconnaît son autorité. Il n’y aurait pas de problème de représentativité à la Conférence de paix.

Nous serions donc priés d’oublier tout le bien que la même opposition en exil disait d’Al-Qaida depuis trois ans ainsi que le silence des États membres de l’Otan sur la généralisation du terrorisme en Syrie.

Dès lors, si l’on peut admettre que la plupart des dirigeants de l’Alliance atlantique ignoraient tout du soutien de leur organisation au terrorisme international, on doit aussi admettre que l’Otan est le principal responsable mondial du terrorisme.

Thierry Meyssan

Un palais pour l’OTAN.

Par ailleurs, les pays membres contribuent directement aux budgets gérés par l’OTAN selon une formule de partage des coûts agréée qui est fondée sur leur revenu national brut relatif. Ces contributions ne représentent qu’un très petit pourcentage du budget de défense global de chaque pays membre et servent à financer l’activité des structures intégrées de l’OTAN. Les contributions directes se font généralement suivant le principe du financement commun, ce qui signifie que les pays membres mettent leurs ressources en commun dans un cadre OTAN.

Le financement commun permet de couvrir des besoins collectifs tels que ceux qui sont liés à la structure de commandement de l’OTAN, les systèmes de défense aérienne, de commandement et de contrôle en place à l’échelle de l’OTAN ou les systèmes de communication couvrant toute l’Alliance, autant d’éléments dont aucun pays membre n’assume seul la responsabilité.

Ceci est une partie du mode de financement de l’OTAN. Le plus important à retenir, dans ce texte, est la première phrase écrite en gras:

« Ces contributions ne représentent qu’un très petit pourcentage du budget de défense global de chaque pays membre… »

Effectivement, le budget de l’Otan, divisé par le nombre de pays membres (28), ne représente pas grand-chose pour ces même pays. Mais la note pourrait vite grimper, voire même atteindre des sommets. Le siège actuel de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, datant de 1967, et situé à Bruxelles, est en passe d’être remplacé. La construction de ce projet sera achevé en 2016 et aura coûté…un milliard de dollars!

Rappelons, si cela est nécessaire, que l’OTAN fut fondé comme un rempart contre le pouvoir soviétique. Pouvoir qui a disparu en même temps que l’URSS. Ceci dit, les nouveaux états membres viennent en grande majorité des anciens pays de l’Est, et les nouveaux systèmes de défenses ont tendance à être pointés sur la Russie. Alors, dans ce cas-là, pourquoi vouloir à tout prix construire un siège social flambant neuf, lorsque les états qui financent sont obligés de se serrer la ceinture – crise oblige – et que les budgets alloués aux différents ministères de la Défense sont tous revus à la baisse? C’est un
adjoint au secrétaire général – Matthew Klimow – qui en parle le mieux:

«C’est un bâtiment fonctionnel qui nous permettra de dire au monde que l’OTAN est prête à relever les défis du 21e siècle« 

Et aussi:  « (…)que l’ancien siège de l’OTAN a été conçu pour durer seulement une décennie quand il a ouvert en 1967. »

On est en droit de se demander si cette construction pharaonique – avec une entrée principale de trente deux mètres de hauteur, on est bien sur de la construction pharaonique – a une utilité, lorsque l’Organisation en question se contente (hormis le déploiement en Afghanistan) de proposer des jeux de guerre sur l’ensemble du territoire européen, voire même en Asie Mineure. Après celui qui mobilisa 6 000 hommes en mer Baltique, la semaine dernière; le prochain grand rendez-vous aura lieu l’an prochain en Espagne et au Portugal, et devrait voir le déploiement de 40 000 soldats.

La seule conclusion que je puisse en tirer, est que l’OTAN ne risque pas d’être dissoute dans les années à venir, et que l’on risque de voir, un jour, la concrétisation de tous ces entrainements. Sans oublier que dans ces bâtiments, il doit bien y avoir quelques salles dédiées aux écoutes, et autres espionnages. En effet, quoi de plus simple et de moins onéreux, que de centraliser ce genre d’activités…

Pour voir les photos et l’article dont elles sont issues, c’est ici.

Afghanistan: les Aussies évacuent le pays …Officiellement sans victoire ni défaite!

Du déja vu! Le contingent australien en Afghanistan a terminé son retrait d’Afghanistan. Jusque là l’information est anodine. Mais un communiqué officiel australien a tenté de revenir sur la notion de victoire ou de défaite en rappelant que l’Australie n’a jamais eu l’ambition de défaire les Talibans mais d’améliorer les conditions de développement de la nation afghane…

Le ministère australien des Affaires étrangères a été plus explicite en évoquant une situation de ni victoire ni défaite. Difficile de faire plus neutre!

Cette obsession de la victoire est un apanage d’ex-puissances coloniales comme la France ou le Royaume Uni. D’ailleurs certains revendiquent toujours une victoire militaire là il y a eu une défaite consommée. Cinq décennies après, des nations d’avenir comme l’Australie et le Canada, entraînés dans le sillage des États-Unis se retrouvent confrontés au même dilemme.

Faisant fi d’un certain déterminisme historique, les États-Unis et l’Otan ont irrémédiablement perdu la guerre d’Afghanistan. Le retrait ordonné masque une défaite étrange que les théoriciens de la guerre classique n’ont pas prévu. Non pas celle de ni guerre ni paix mais celle de ni victoire ni défaite!

OTAN: Toujours plus à l’Est…

Le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a tenu une conférence à Bruxelles la semaine dernière. En plus des poncifs habituels sur l’importance d’un partenariat inter-états pour faire face « aux problèmes de sécurité qui traversent les frontières« , il a reconnu plusieurs nouveaux développements:

– Une frégate ukrainienne a rejoint l’opération Ocean Shield hier , c’est la première fois qu’un pays partenaire a pris part à la mission anti-piraterie de l’OTAN au large de la Corne de l’Afrique ;

– La République de Moldavie se joindra à la mission de maintien de la paix de l’OTAN au Kosovo , la première fois que ce pays contribue à une opération dirigée par l’OTAN ;

– Les alliés et partenaires en Europe du Sud de l’OTAN se sont réunis la semaine dernière pour travailler sur une initiative dirigée par l’OTAN visant à améliorer la gouvernance et le contrôle démocratique du secteur de la défense;

– L’Autriche, partenaire de l’OTAN, co-dirige un projet de l’OTAN pour soutenir le système de formation à la défense d’un autre pays partenaire: la Serbie.

Un important exercice de l’OTAN qui aura lieu en Pologne et dans les Etats baltes le mois prochain pour s’assurer que la Force de réaction de l’OTAN  » est prête à défendre un allié, se déployer n’importe où et faire face à toute menace », at-il dit .

Ukraine et  Finlande participeront à l’exercice Steadfast Jazz , et d’autres partenaires de l’OTAN ont exprimé leur intérêt à en faire partie.

Pendant ce temps, un autre partenaire de l’OTAN , la Géorgie, a été autorisée à rejoindre la Force de réaction dans l’avenir , et Rasmussen a déclaré qu’il s’attend à ce que les troupes géorgiennes soient disponibles à la force dans le calendrier 2015.

«C’est, encore une fois, une première : la première fois que la Géorgie rejoint l’équipe de réaction rapide de l’OTAN », at-il dit .

NATO chief rules out launching war on Syria

The chief of the North Atlantic Treaty Organization (NATO) has ruled out yesterday the possibility of a military action against Syria.
What does it means? Rasmussen, the Eldrup empire Guy used to lie all the time since his tricky appointment at the head of the transatlantic Organization. Actually, NATO is already involved in Syria through Turkey and Signal intel.

Conflit au Moyen-Orient: intense activité aérienne autour de la Syrie et de Chypre

Trois jours après que la chasse aérienne turque ait abattu un hélicoptère Mil Mi17 des forces aériennes syriennes près de la frontière turque au dessus du territoire syrien, le niveau de l’activité aérienne autour de la Syrie et de Chypre a atteint un record  jamais égalé jusqu’à présent.

Outre les vols intensifs effectués par l’aviation israélienne, dont des informations non confirmées indiquent que plus de 25 % des appareils sont en vol à toute heure de la journée, des avions US,  turcs, britanniques, grecs et syriens multiplients les patrouilles armées au point où certains de ces appareils ont évité de justesse de sérieux incidents. Comme ce fut le cas lorsque des avions de combat de la RAF (Royal Air Force) échangèrent quelques bons procédés avec des chasseurs F-16 turcs dans l’espace aérien chypriote ou encore lorsque des avions syriens SU 24 effectuent des approches offensives sur la base d’Acrotiri à Chypre en se gardant toutefois de pénétrer dans l’espace aérien de l’île protégée par des Typhoons britanniques.

L’occupation de la partie Nord de l’île de Chypre par la Turquie et l’installation d’un gouvernement satellite en 1974 ont constitué durant de longues années un facteur de friction avec la Grèce.  Pour faire face à l’accroissement des activités de l’aviation turque au Sud de la Mer Egée, le gouvernement grec multiplie lui aussi les sorties aériennes, malgré une crise économique majeure marqué par une réduction drastique du budget.

En Turquie méridionale, le nombre des sorties aériennes des avions US à partir des bases de Batman et d’Inçirlik aurait été multiplié par trois ces deux dernières semaines. Une autre base secrète abritant des drones et selon toute vraisemblance des chasseurs F-22 aurait été découverte par des médias locaux.

On ne compte plus le nombre de drones furtifs et conventionnels survolant le Liban, le Nord de la Jordanie et la province irakienne d’Al-Anbar. Aucune information n’est disponible sur un éventuel survol de drones du territoire syrien mais il est fort probable que certains drones de nouvelle génération ont pu au moins survoler brièvement une partie du territoire syrien malgré la puissante couverture Radar assurée par les forces de défense balistique russe.

Par ailleurs, le haut commandement des forces armées syriennes ont confirmé que l’hélicoptère abattu dimanche dernier effectuait un vol de reconnaissance de routine près de la frontière turque dans le cadre de la lutte contre les infiltrations terroristes à partir de la Turquie. L’hélicoptère Mil Mi17 a pénétré par erreur en Turquie avant de rectifier son vol mais il a été atteint par un missile Air-Air de courte portée de type AIM 9 Sidewinder tiré par un F16 turc. L’hélicoptère a pu se poser en territoire syrien mais les deux pilotes sortis indemnes du crash ont été capturé par des terroristes islamistes qui les ont aussitôt décapité. Les têtes des deux pilotes syriens ont été emportés comme des trophés et montrés aux journalistes des médias mainstream.

Trois jours après cet incident, des avions de combat syriens survolent à très basse altitude l’ensemble de la bande frontalière avec la Turquie.  Des observateurs syriens estimant que les turcs ont tenu à venger la destruction en juin 2012 d’un F-4 Phantom turc par la défense anti-aérienne syrienne.

Tension extrême en Corée et au Moyen-Orient

Kim Jong Eun

L’escalade continue en Corée avec le déploiement massif de toute la panoplie de frappe stratégique américaine (bombardiers stratégiques B1B et B2, chasseur F-22, sous-marins d’attaque, etc.)  et la mise en place de batteries ABM à Tokyo et Séoul coïncide avec l’accélération du programme nucléaire iranien et du retrait tactique de l’armée syrienne des positions défensives qu’elle occupait depuis quarante ans au Golan face à Israël.

1. Que valent les menaces de la Corée du Nord et Kim Jong-Eun est-il en train de bluffer en évoquant des frappes pré-emptives sur le territoire US et une guerre thermo-nucléaire?  Ce qu’il faut savoir, c’est que personne n’a jamais voulu prendre les griefs de Pyongyong au sérieux. Kim Jong Il, le père de l’actuel dirigeant, était hanté par les leçons funestes de l’Irak de Saddam Hussein. D’une manière générale, les stratèges Nord-coréens ont suivi avec beaucoup d’attention ce qui s’est passé en Libye, l’imbroglio nucléaire de l’Iran  ou encore ce qui se passe chez l’un de leur très rares alliés, la Syrie. L’état-major du Nord est convaincu que tous les pays qui ont accepté de se laisser désarmer ont ouvert la voie à une invasion militaire. Malgré ses moyens rustiques, voire obsolètes, la Corée du Nord possède une stratégie tournée résolument vers l’offensive à outrance, inspirée de la doctrine du Juche. L’armée nord-coréenne, sous-équipée par rapport à celle du Sud, est essentiellement composée de forces spéciales entraînées à agir en profondeur derrière les lignes ennemies.

Cependant, c’est l’artillerie-pléthorique- de la Corée du Nord qui posera un sérieux problème à la Corée du Sud en cas de conflit. Des centres d’études stratégiques estiment qu’en cas de guerre, un immense barrage d’artillerie enverrait plus de deux millions d’obus, de roquettes et de missiles pourront s’abattre sur la seule ville de Séoul en moins d’une journée…Ces capacités s’insèrent dans une stratégie asymétrique prévoyant un usage simultané de vecteurs balistiques et de moyens aériens et submersibles afin de mener une tactique de Blitzkrieg visant à chasser les forces US du sud de la péninsule en vue d’une réoccupation.

Grâce à des technologies chinoises et russes , mais également par la coopération technique avec le Pakistan et l’Iran, la Corée du Nord a pu développer une série locale  de vecteurs balistiques opérationnels de type NoDong 1 et 2 à propulsion liquide, qui ont respectivement une portée de 1.300 kilomètres et de 1.500 kilomètres, ainsi qu’une nouvelle génération de missiles balistiques à portée intermédiaire, le Musadan (propulsion liquide), qui aurait une portée théorique de 3.200 kilomètres. Une autre famille de vecteurs  balistiques a été développée ces dernières années autour du missile Taepodong. Le Taepodong 1, pouvant être lancé à partir de silos ou de rampes fixes aurait une portée comprise entre 1800 et 2600 kilomètres. Une version améliorée, le Taepodong 2, un missile à propergol solide, peut être lancé à partir de rampes mobile et pourrait avoir une portée de 4000 kilomètres.

La Corée du Nord dispose également d’une famille de  missiles balistiques issues de modifications de la série de missiles russes SCUD.  Dénommé  Hwasong, ces missiles ont une portée de 300, 500 et 700 kilomètres. Les troupes du Nord sont très motivées (plusieurs incidents de par le passé ont confirmé jusqu’à quel point le soldat nord-coréen est fanatique). Par contre, l’aviation et les blindés sont en majorité obsolètes et ne pourront pas faire face aux moyens modernes utilisant la haute technologies des armées US.  C’est pour cela que Pyongyong, convaincue de la volonté US de changer son régime ou l’anéantir, a développé des armes non-conventionnelles.

Les stratèges nord-coréens n’ont jamais oublié les bombardements stratégiques américains et leurs tapis de bombes sur les villes et les usines lors de la guerre de Corée (1950-1953). Cette stratégie qui a fait ses preuve contre l’Allemagne et le Japon lors de la seconde guerre mondiale a contraint alors les nord-coréens a enterrer leurs usines sous terre. Mais leur plus grand traumatisme a été la guerre biologique. Ils n’ont pas oublié non plus la volonté du général Douglas McArthur d’en finir avec cette guerre en demandant l’emploi de bombes atomiques. C’est cette croyance selon laquelle ils ont évité l’extermination qui alimente depuis soixante ans la paranoïa nord-coréenne.

Pyongyong a donc consacré la plupart de son PIB à sa défense. L’effondrement de l’empire soviétique eut un profond impact et détermina la réclusion du régime, désormais méfiant à l’égard de l’ensemble du monde extérieur, y compris la Russie et la Chine, pourtant son allié et protecteur. Durant les années 90, la Corée du Nord dut faire face à des famines, « provoquées » selon le régime, par « l’ennemi impérialiste ». Du coup, son économie ne tenait que grâce à l’aide conséquente de la Chine et de la communauté internationale. Mais les dirigeants nord-coréens ont toujours su préserver une large automnomie de manoeuvre vis-à-vis de Pékin.

Des sources crédibles soulignent que la Corée du Nord pourrait posséder jusqu’à  5.000 tonnes d’armes chimiques mais également des armes biologiques. Elle dispose également d’unités de cyberguerre. Cependant, c’est sa possession de l’arme nucléaire qui rend ses menaces actuelles assez crédibles. le pays a effectué trois essais nucléaires souterrains et a placé un satellite en orbite. En outre, la Corée du Nord détiendrait de nouvelles capacités en matière de retraitement de l’uranium qui lui permettraient de produire aujourd’hui 40 kg d’uranium hautement enrichi. Peu de données existent sur son stock de plutonium mais des experts considèrent qu’il serait plus important que ce que l’on a cru jusqu’ici. Des informations fort crédibles font état d’un ordre signé par Kim Jong Eun, poursuivant une recommendation de son père, visant à la production de bombes H en quantité suffisante pour assurer une sanctuarisation du territoire contre toute menace. Cela soulève la question du nombre d’armes nucléaires en possession du régime nord-coréen. Moins de 10 bombes rustiques? Un peu plus d’une vingtaine? 28 comme l’a laissé entendre un espagnol employé par le régime? Nul ne le sait. Ce qui est certain est que Pyongyong fait tout son possible pour avoir la bombe H.

Lors du début de ce que l’on a appelé abusivement Printemps arabe, des dizaines de milliers de tracts appelant les populations nord-coréennes à se soulever et suivre l’exemple des révoltes arabes ont été lancés au dessus de la Corée du Nord. Un ancien candidat US aux présidentielles y est même allé jusqu’à menacer Pyongyong d’un « printemps » similaire. Il est intéressant de constater que des militaires nord-coréens se sont déplacés en Syrie pour y observer in situ ce qu’ils considèrent la nouvelle stratégie américaine de guerre par proxy local.

Les provocations du Sud se sont accru après l’arrivé au pouvoir à Séoul des milieux d’affaires conservateurs pro-américains et la mise à l’écart des partisans de la réunification. Cela a débouché sur des incidents comme celui de la frégate Ceonan ou encore le bombardement de l’île sudiste de Yeonpyeong. Les provocations US et japonaises n’ont jamais cessé.

Les médias occidentaux méprisent en général les capacités-certes obsolètes-mais bien réelles de ce petit pays d’Asie du Nord-Est. Le jeune âge de Kim Jong Eun a également été matière à un mépris à peine déguisé. Mais passent sous silence les griefs réels de la Corée du Nord à l’égard des Etats-Unis. Or que reproche Pyongyong aux Etats-Unis depuis 1953? La Corée du Nord reproche aux Etats-Unis d’avoir déployé secrètement  des armes nucléaires en Corée et de bloquer le processus de réunification; de vouloir la destruction du régime nordiste et son remplacement par celui qu’elle considère comme fantoche du Sud. Les Etats-Unis ont répondu à ces reproches en qualifiant le régime nord-coréen de paranoïde.

La clé de la crise coréenne est à Pékin. Le redéploiement stratégique US vers le Pacifique inquiète la Chine. Le nouveau dirigeant chinois Xi Jinping est issu des factions les plus nationalistes, lesquelles sont fort mécontentes de la mise dans la ligne de mire de la puissance US de leur pays. L’agitation de Pyongyong pourrait alors s’expliquer par une sourde colère chinoise,  notamment après une série de batailles secrète sur le cyberespace, de duels commerciaux et de sabotages à tous les niveaux.

2. L’Iran qui fait face à un train complet de sanctions et à une terrible crise économique, dispose t-il déjà de sa bombe atomique comme le laisse entendre des analystes israéliens? Et dans ce cas, une attaque contre l’Iran ne sera t-il pas le prélude à une guerre nucléaire tactique au Moyen-Orient?

L’Iran se considère en guerre depuis le ciblage maladroit de la Syrie. Téhéran considère la bataille actuelle en Syrie comme une étape dans une guerre dans laquelle elle est ciblée. D’où sa détermination à soutenir le gouvernement d’Al-Assad quoi qu’il en coûte. Et cela a eu un coût terrible pour la République islamique, notamment sur le volet économique. Confronté déjà à plusieurs trains de sanctions économiques et à un embargo technologique, Téhéran a su empêcher l’effondrement monétaire de la Syrie et continuer à activer ses relais en Irak et au Liban pour entraver la stratégie US et mettre en échec la supériorité stratégique israélienne. Confiant dans ses capacités militaires mais par dessus tout sur l’indéfectible soutien US, Tel-Aviv ne cesse depuis des mois de menacer l’Iran de frappes sur ses installations nucléaires, surtout depuis l’échec d’une révolution colorée (verte) et d’une tentative d’un soulèvement grâce à l’ingénierie du chaos social à l’aide des réseaux de téléphonie mobile et de l’Internet. Le pouvoir iraniens lui-même est divisé entre partisans du président Mahmoud Ahmadinejad et ses adversaires pro-libéraux et pro-occidentaux (l’oligarque Rafsandjani, Khatemi, etc. proches des milieux d’affaires) Mais la détermination de l’Iran à poursuivre la modernisation de ses forces armées et sa volonté à intégrer le club spatial et nucléaire alimentent des sentiments nationalistes favorables au gouvernement actuel. Confronté à l’Arabie Saoudite qui se considère en guerre contre le Chiisme en accusant Téhéran de vouloir promouvoir un arc chiite au Moyen-Orient, selon une stratégie US du double endiguement étendue au niveau de la géopolitique des religions, l’Iran tente par tous les moyens d’acquérir une dissuasion fiable (menaces contre le détroit d’Hormuz, force de frappe balistique, etc). D’où la question posée surtout par des anlystes israéliens: l’Iran a t-il sa bombe? Il ne fait aucun doute que les iraniens aient profité de l’invasion de l’Irak de Saddam Hussein (considéré comme un adversaire) et de l’Afghanistan où ils ont eu à jouer un rôle très ambigu en aidant les américains à rétablir l’ordre dans ces deux pays situés sur les deux flancs de la république islamique d’Iran. Ce faisant, ils ont aussi soutenu et armé des factions de la résistance à l’occupation US. Dans ce jeu dangereux, ils ont pu parfois récupérer du matériel militaire US endommagé et le remettre à des pays comme la Chine ou la Russie. En échange, ils en ont reçu des transferts de technologie qu’ils ont développé sous la supervision de scientifiques locaux et issus des anciennes républiques d’Asie centrale. Téhéran semble extrêmement préoccupé pour l’instant à observer le développement de la situation en Syrie, susceptible à tout moment de déboucher sur une guerre régionale ouverte.  Or, une éventuelle implication de la Turquie et d’Israël, soutenus par les pays arabes du golfe arabo-persique, les Etats-Unis (et de l’Otan) signifierait l’usage d’armes nucléaires tactiques. Et dans ce domaine, c’est Israël qui possède le plus grand arsenal nucléaire de la région.

3. En dégageant ses divisions d’élite gardant le Golan, le président syrien Bashar Al-Assad semble défier les djihadistes qui l’on accusé de collusion avec Israël (« en 40 ans, l’armée syrienne n’a pas tiré un seul coup de feu en direction du lac de Tibériade ») en les mettant devant le fait accompli: il semble leur dire, puisque vous accuser les régimes Arabes laïcs de vous barrer le chemin de la Palestine pour le Djihad, allez y maintenant, je vous laisse le champ libre…Cette stratégie vise l’implication directe d’Israël dans le conflit et rappelle une stratégie similaire engagée avec la Turquie autour de la question kurde.  Une stratégie de haute volée qui rappelle celle de son prédécesseur de père, abhorré par les Frères musulmans et surnommé par ses adversaires le Bismarck du Levant.

En effet, l’afflux de volontaires des quatre coins du monde musulmans et d’Europe au « Djihad » contre le régime d’Al-Assad en intégrant Al-Qaida en Syrie (front d’el-Nosra) ne peut dès lors plus être légitimé par les théologiens musulmans pro-occidentaux et néolibéraux puisque le chemin vers les frontières d’Israël, lourdement surveillé en Egypte et en Jordanie, est grand ouvert.

Kosovo : un nouveau Rambouillet imposé à la Serbie

Quatorze ans après la victoire de la plus grande coalition militaire de l’Histoire, l’OTAN, sur la Serbie, celle-ci est sommée de céder une partie de son territoire, le Kosovo. Ce qui était présenté par Londres comme la première guerre humanitaire s’est avéré n’être qu’une guerre de conquête : le Kosovo, d’abord utilisé comme base militaire par l’OTAN, devrait être placé le 2 avril 2013 sous protectorat de l’Union européenne.

Le gouvernement de Serbie rumine ses conditions préalables à la signature de son « accord historique », ce 2 avril 2013 à Bruxelles, avec le gouvernement du Kosovo.

Cet accord placerait l’intégralité des communes serbes du Kosovo sous l’autorité du gouvernement de Priština. Même l’idée d’une autonomie de ces communes a été pour le moment rejetée au profit d’une Association des communes serbes ayant un statut analogue à une ONG, mais toujours sous le contrôle du gouvernement kosovar. Les « structures parallèles » du Nord-Kosovo, maintenues jusqu’à ce jour contre vents et marées par Belgrade, et qui ont protégé les populations de cette zone de l’épuration ethnique dont furent victimes les poches plus au sud, notamment en mars 2004, devront être entièrement démantelées. Aux dernières nouvelles, Belgrade exige des tribunaux et une police autonomes pour les communes serbes.

La défaite à tous les coups

Cette signature est un acte sans retour possible qui constitue une reconnaissance de fait de l’indépendance du Kosovo. Il conduit logiquement et inévitablement à une reconnaissance de droit. Le président de la commission de politique étrangère du Bundestag l’a du reste formellement notifié à la Serbie : il n’y aura pas de progrès des relations avec l’UE ni d’adhésion sans cette reconnaissance. Celle-ci ne sera dès lors qu’une formalité technique qu’il s’agira d’acter de manière adéquate dans l’année ou les deux années à venir. Une fois le Kosovo reconnu par l’État même dont il a été détaché, la position des États qui, jusqu’au sein de l’UE, refusent opiniâtrement de reconnaître cet État-croupion issu d’une sécession violente deviendra intenable.

D’un autre côté, si Belgrade devait opter pour la rupture d’avec l’UE, la perte du Kosovo paraît tout aussi certaine. En prévision du scénario violent, les États-uniens ont déjà déployé leur 525e Brigade spécialisée dans le contrôle des émeutes. Comme en 1999 avec le fameux et fumeux « massacre de Račak », l’OTAN montera en épingle un incident et en tirera prétexte pour occuper les zones du Nord avec une participation symbolique des forces de sécurité du Kosovo « indépendant ». Ce sera vraisemblablement, ces tout prochains jours, une manifestation nationaliste kosovare dans Mitrovica-Sud qui mettra le feu aux poudres, avec un pilonnage médiatique adéquat qui fera porter le chapeau aux Serbes récalcitrants du Nord. En somme, la répétition du guet-apens de Rambouillet de 1999.

Le gouvernement du président Nikolić est donc sommé de choisir entre Charybde et Scylla : soit il dit « oui » le 2 avril, soit il dit « non ». Dans le premier cas (« oui »), il entérine la perte intégrale du Kosovo et le parti au pouvoir (nationaliste) se voit contraint de se parjurer (« Nous ne reconnaîtrons jamais le Kosovo ») en parachevant la vile besogne qu’il reprochait à ses prédécesseurs. On peut s’attendre à des manifestations de masse et à une déstabilisation intérieure susceptible d’entraîner, d’ici l’automne, des élections anticipées. Dans le second cas (« non »), il s’expose à une déstabilisation encore plus certaine et plus efficace, tant sur le plan extérieur — isolation diplomatique de la Serbie du côté occidental — que sur le plan intérieur, via les nombreux médias, partis, mouvements et ONG pilotés par l’Occident.

Slobodan Despot 

Article consultable sur Réseau Voltaire