Il était une fois un drone au dessus du Golan

Le 17 juillet 2016, un drone militaire d’un type non identifié en provenance de Syrie a survolé la portion occupée par Israël au Golan sur une distance évaluée (côté israélien) à 4 kilomètres avant de retourner en Syrie.

Entretemps, l’appareil a échappé à deux missiles Sol-Air tirés par une ou des batteries Patriot PAC-2 ainsi qu’à un ou plusieurs missiles Air-Air tirés par les deux (et non un) F-16I Sufa (Tempête) dépêchés pour intercepter l’intrus.

Cela semble nouveau mais aucunement surprenant si l’on se fie au grand bouleversement géostratégique en cours depuis l’ingénierie du chaos initiée en 2011 dans la « partie centrale du monde ».

De quel type de drone s’agissait-il?

Форпост

Pour certains analystes israéliens, ce serait un ForSpot de fabrication russe, lequel est une copie sous licence du drone israélien מרומית « Meyromit » ou Searcher. Des appareils similaires ont été utilisés par l’Armée russe en Ukraine et en Syrie. Mais qu’en est-il vraiment?

Silence radio à Damas et aucune information du côté du Hezbollah libanais, autre grand utilisateur de drones iraniens ou chinois (en fait nord-coréens) et même israéliens (le Scout est passé par les voies impénétrables de la contrebande)

En tout état de cause, cet incident démontre clairement les limites du système intercepteur Patriot (lequel a bénéficié d’une hyperpublicité que l’on peut qualifier de « mensongère » depuis le déploiement de ces premières versions au Moyen-Orient en 1991) comme il indique que le système de défense spatial de l’Etat d’Israël n’est pas aussi efficace qu’on le croit (la foi même erronée en ses capacités en matière de défense est elle-même un des éléments constitutifs de la dissuasion psychologique)

C’est donc un message à peine codé. La partie ayant transmis ce message a d’une part, tenu à faire savoir aux israéliens qu’ils doivent s’attendre à quelques grosses surprises au cas où ils seraient tentés par de nouveaux raids au Liban ou en Syrie, dix ans après la guerre de juillet 2006 au cours de laquelle l’invincibilité supposée des chars Merkava s’était effondrée, et d’autre part, que le fait accompli au Golan ne sera jamais reconnu par la Syrie.

S’agit-il d’un Forspot? Pas sûr. Par contre, il pourrait bien s’agir d’une copie iranienne d’un drone chinois (lui même copie du Searcher) doté de puissants brouilleurs électroniques…

51 Corrupt State Department officials calling for a global war

In a very weird move, 51 corrupt State Department Officials paid by the Kingdom of Saudi Arabia and the State of Israel signed an internal memo calling for what they call « targeted US military strikes » against the legitimate Government of Syria.

Déja vu? Yeah!

This is the continuation of the same old strategy of Regime changes within the framework of Creative Chaos. For the sake of whom? The same players: Ryad and Tel-Aviv.

So we have 51 State Department officials who could be indicted for felony as they are pushing for a global war agenda for the benefit of foreign States.

 

 

 

 

Une frappe israélienne a visé un PC du Hezbollah à l’aéroport international de Damas

Une frappe israélienne a visé, mardi 10 mai 2016, un poste de commandement fortifié du Hezbollah situé à l’aéroport international de Damas, avec au moins un missile Air-Sol anti-bunker de nouvelle génération.

Dans un premier temps, Tel-Aviv et le Hezbollah avaient tous les deux démenti toute information relative à une éventuelle frappe israélienne contre des cibles de l’armée syrienne ou du Hezbollah dans les environs de Damas.

Toutefois, ce démenti confortait la véracité de l’information.

Le Chef militaire du Hezbollah en Syrie, Mustapha Badreddine, dit Dulfiquar (une épée mythique liée au mythe d’Excalibur et de la Durandal), théoricien de la guerre asymétrique et l’un des principaux tacticiens du mouvement en Syrie,  a été la cible de la frappe israélienne.

Des soldats syriens postés autour de l’aéroport international de Damas ont été les témoins d’une gigantesque explosion, laquelle ne pouvait résulter que de l’usage d’une arme de très forte puissance, que les forces rebelles ne pouvaient en aucun cas posséder.

« Selon les informations préliminaires, une grande explosion a visé l’un de nos postes près de l’aéroport international de Damas, tuant le frère commandant Mostafa Badreddine et blessant d’autres personnes », a indiqué le Hezbollah sur son site officiel en poursuivant qu’il allait « poursuivre l’enquête pour déterminer la nature et les causes de l’explosion et savoir si elle est due à un bombardement aérien, à un missile ou à un tir d’artillerie »

Peu de détails émergent de cet énième engagement des forces armées israéliennes en Syrie, un domaine relevant du tabou puisque Tel-Aviv, bien que l’un des principaux protagonistes de la guerre en Syrie, fait tout son possible pour y demeurer à l’écart, du moins aux yeux de l’opinion publique, en présentant cette guerre comme une simple guerre civile.

D’après des sources militaires syriennes, les israéliens ont utilisé pour la première fois un nouveau vecteur et une nouvelle génération de missiles anti-bunker d’une portée et d’une puissance jusque-là inconnues en précisant que les appareils ayant délivré le missile n’avaient pas pénétré l’espace aérien syrien.

 

 

La Russie n’interviendra pas en cas de guerre au Golan

La dernière rencontre du président de la fédération de Russie avec le premier ministre de l’Etat d’Israël semble avoir été un échec sur tous les plans.
Vladimir Poutine aurait laissé entendre à Benyamin Netanyahu que la Russie ne bougera pas le moindre petit doigt pour empêcher une riposte du Hezbollah libanais et de ses alliés (Damas et Téhéran) au Golan en cas d’une éventuelle agression israélienne contre le Liban.
En d’autres termes, la Russie dont les forces aériennes sont stationnées en Syrie, n’interviendra pas au sud d’un certain parallèle mais n’agira pas non plus pour dissuader la Syrie et le Hezbollah de réactiver le front du Golan (un territoire en partie occupé par Israël)  et du lac Tiberiade.
Cette mise en garde fut derrière la réunion précipitée du cabinet israélien au Golan. Une mise en scène un peu kitsch dans une caricature de Kibboutzim à l’issue de laquelle le gouvernement Netanyahu a pondu un communiqué grotesque digne d’une véritable dictature orientale où il est question de possession éternelle du plateau stratégique du Golan.
Éternelle? On est là en plein délire ésotérique. C’est une tendance lourde vu l’abêtissement universel mais au point d’en oublier l’ABC de toute politique, cela devient une sorte de charlatanisme à peine déguisé. Et c’est pour cela que nous répétons ici que le plus grand danger existentiel auquel fait face Israël n’est pas son environnement stratégique mais bel et bien Netanyahu.
L’Arabie Saoudite pousse indirectement Tel-Aviv à attaquer le Liban pour se débarrasser une fois pour toute du Hezbollah libanais. Et de fait, une éventuelle nouvelle aventure israélienne au Liban serait entièrement financée par Ryad à condition d’annihiler le Hezbollah.
Le problème est que toute évaluation rationnelle de la situation stratégique au Levant après plus de cinq années de guerre en Syrie et en Irak souligne non seulement la montée en puissance des capacités militaires du Hezbollah, mais un renforcement de ses alliés autour d’un axe fonctionnel et indépendant des circuits décisionnels « occidentaux ».
Loin d’être affaibli, le Hezbollah a acquis une formidable expérience de sa participation dans les vastes campagnes de guerre en Syrie. En dépit de pertes humaines assez importantes, le mouvement libanais a réussi à renforcer, grâce à Damas et Téhéran, sa capacité de frappe balistique et par dessus tout acquérir une solide base de données sur les cibles stratégiques israéliennes dont les centres de stockage d’ogives nucléaires, les dépôts d’hydrocarbures et d’ammoniac ainsi que les centres de fabrication d’armes bactériologiques et chimiques (lesquels seraient situés au centre des grandes agglomérations urbaines selon le secrétaire général du Hezbollah)
Mais c’est la capacité du Hezbollah à manoeuvrer sur des fronts étendus et à capturer des centres urbains et péri-urbains qui semble donner des cauchemars aux stratèges israéliens. Ces derniers n’écartent point un scénario dans lequel le Hezbollah, aidé par les unités de l’armée syrienne investirait non seulement le Golan mais la Galilée soit le Nord de la Palestine historique. Une perspective à résonance eschatologique mais bien réelle si l’on considère les facteurs actuels.
Lors de la guerre du Liban de juillet 2006, la Syrie avait activement assisté le Hezbollah à faire face militairement, non sans un certain succès, à une violente agression israélienne. C’est à partir de cette année qu’il fut décidé de punir Damas et d’y induire un changement de régime. Cependant personne n’avait pensé à une intervention russe. Un impondérable impossible à prévoir.
Sans s’attarder sur d’autres faits, on assiste actuellement à l’émergence d’un nouvel ordre au Moyen-Orient et certainement pas celui surgissant d’un chaos rêvé par les néoconservateurs pro-Israël au lendemain de la chute de Baghdad.
C’est dans ce contexte qu’un contre feu est allumé par les alliés à Alep, deuxième ville de Syrie et dernier espoir des bellicistes de Ryad, d’Ankara et de Tel-Aviv.

Vers un renversement de situation au Proche-Orient

La période du « Printemps arabe » touche à sa fin. Désormais, la Maison-Blanche et le Kremlin sont en train de redessiner les contours du « Moyen-Orient élargi ». Cependant, leur accord conclu avant l’intervention militaire russe en Syrie pourrait être modifié par le changement de l’équilibre des forces. Rien ne prouve que Moscou acceptera la stabilisation de la Syrie et fermera les yeux sur la partition de la Turquie et de l’Arabie saoudite qui vont commencer. Quoi qu’il en soit, le bouleversement qui s’annonce modifie la donne établie depuis cinq ans. La plupart des puissances impliquées essayent donc de retourner leur veste avant les autres.

La presse, dans quelque pays que ce soit, est tellement occupée à scruter la position de son propre État dans le conflit du Proche-Orient qu’elle ignore les négociations globales entre la Maison-Blanche et le Kremlin [1] et, du coup, interprète de travers les événements secondaires. Pour clarifier l’agitation diplomatique actuelle, nous devons donc revenir à l’accord USA-Russie de septembre dernier.

La partie publique de cet accord a été formulée par la Russie dans un document distribué le 29 septembre au Conseil de sécurité de l’Onu [2]. Il indique que, pour rétablir la paix et la stabilité en Afrique du Nord et au Proche-Orient, il faut et il suffit (1) d’appliquer les résolutions du Conseil de sécurité —ce qui implique notamment le retrait d’Israël sur ses frontières de 1967— et (2) de lutter contre l’idéologie terroriste —c’est-à-dire à la fois contre les Frères musulmans créés par le Royaume-Uni et soutenus par la Turquie, et contre le wahhabisme propagé par l’Arabie saoudite—.

Il avait été initialement prévu que la Russie fasse adopter une résolution en ce sens lors de la réunion du 30 septembre du Conseil de sécurité. Cependant, les États-Unis s’y sont opposés dans l’heure précédente [3]. Sergey Lavrov a alors présidé la séance sans évoquer son projet. Cet événement majeur ne peut s’interpréter que comme un désaccord tactique qui ne doit pas entraver un accord stratégique.

Le 20 octobre, le président Vladimir Poutine recevait au Kremlin son homologue syrien, Bachar el-Assad, en présence de ses ministres de la Défense et des Affaires étrangères, du secrétaire général du Conseil russe de sécurité nationale et du chef des services secrets. L’entretien portait sur l’application du plan russo-états-unien, incluant celle du Communiqué de Genève du 30 juin 2012 [4]. Le président el-Assad faisait valoir qu’il suit les instructions de ce Communiqué et, notamment, qu’il a intégré dans son gouvernement les partis d’opposition qui en ont fait la demande conformément à la description que le Communiqué fait d’un Organe gouvernemental de transition.

S’étant assuré que les deux pays avaient une même lecture du Communiqué de Genève, la Russie et les États-Unis décidèrent de mettre au pas les États dissidents, à savoir la France, la Turquie et l’Arabie saoudite. Sachant que la position française n’est pas fondée sur des intérêts réalistes, mais s’explique exclusivement par un fantasme colonial et par la corruption de son gouvernement par l’argent turc et saoudien [5], la Maison-Blanche et le Kremlin décidèrent de traiter uniquement la source du problème, à savoir Ankara et Riyad. Le 23 octobre, John Kerry et Sergey Lavrov reçurent donc leurs homologues turc et saoudien à Vienne. Aucun texte final n’a été publié. Cependant, il semble que la Russie ait menacé les deux invités sans que les États-Unis ne prennent leur défense.

Affolé d’une possible entente russo-états-unienne contre la Turquie et l’Arabie saoudite, la France convoqua alors un « dîner de travail », et non un « sommet diplomatique », à Paris. L’Allemagne, l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis, les États-Unis, l’Italie, la Jordanie, le Qatar, le Royaume-Uni et la Turquie « évoquèrent » et non « décidèrent » le sort de la Syrie. Le format de cette réunion correspond à celui du « Core Group » des « Amis de la Syrie », sauf l’Égypte qui a déjà secrètement rejoint le camp de la Syrie. Le fait d’avoir été contraint d’inviter les États-Unis a plombé la réunion. Là encore, pas de texte final.

Enfin, le 30 octobre, les États-Unis et la Russie réunissaient un plus vaste aréopage comprenant tous les participants aux deux réunions précédentes plus l’Égypte, la Chine, l’Irak, l’Iran, le Liban, Oman, l’Union européenne et les Nations unies. Si la presse s’est esbaudie de la présence de l’Iran qui avait été tenu à l’écart de tout règlement depuis le début du conflit, elle n’a pas relevé le retour de l’Égypte du maréchal al-Sissi qui rentre sur la scène internationale grâce à la découverte de ses nouvelles réserves de pétrole, ni de l’absence persistante de la principale puissance régionale, Israël. Ce dernier point ne peut s’expliquer que dans le cas où l’État hébreu avait obtenu préalablement la garantie de parvenir à un de ses objectifs de guerre, la création d’un État colonial au Nord de la Syrie.

Les participants ont tous été priés de signer une déclaration finale que seuls les Russes et les Iraniens ont prit soin de diffuser [6]. Et pour cause : elle marque la défaite des faucons US. En effet, dans son point 8, il est indiqué que le « processus politique » —et non pas le « processus de transition »— sera conduit par les Syriens, propriété des Syriens, et que le Peuple syrien décidera du futur de la Syrie [7]. Cette formulation lourde invalide le document Feltman qui constitue l’objectif depuis plus de trois ans des faucons US, des Français, des Turcs et des Saoudiens : la capitulation totale et inconditionnelle de la République arabe syrienne [8].

Le projet US se poursuit malgré l’accord avec la Russie

La suite des événements devrait donc logiquement être la mise au pas de la Turquie, de l’Arabie saoudite et de la France, ce qui pourrait être fait tout en poursuivant les objectifs initiaux US.

Pour la Turquie, après le scrutin probablement truqué du 1er novembre et la victoire de l’AKP [9], la guerre civile devrait s’étendre et se développer [10] jusqu’à la partition du pays en deux, puis à la fusion du Kurdistan turc, du Kurdistan irakien et d’un territoire arabe syrien occupé par les Kurdes syriens et les États-Unis. D’ores et déjà, le YPG et les États-Unis conquièrent ensemble un territoire arabe au Nord de la Syrie. Le YPG qui, jusqu’au mois dernier, recevait ses armes et ses soldes de Damas, s’est retourné contre la République arabe syrienne. Ses miliciens envahissent les villages conquis, expulsent les enseignants et décrètent la kurdisation forcée des écoles. Le Kurde, qui était parlé et enseigné à l’école, devient la langue unique et obligatoire. Les milices de la République arabe syrienne, notamment les Assyriens, en sont réduites à défendre leurs écoles par les armes contre leurs compatriotes kurdes [11].

De son côté le roi Salman d’Arabie saoudite doit encaisser sa défaite au Yémen ; un voisin qu’il avait envahi officiellement pour soutenir un président en fuite, en réalité pour exploiter avec Israël le pétrole du « Quart vide » [12]. Coup sur coup, les Émirats arabes unis et l’Égypte se sont retirés de sa Coalition. Les premiers après avoir essuyé de lourdes pertes parmi leurs officiers, les seconds plus discrètement, laissant les opérations militaires aux seules mains des Israéliens. Les Houthis, poussés vers le Nord par les bombardements, ont effectué plusieurs incursions en Arabie saoudite et y ont détruit des bases militaires aériennes et leurs matériels. Les soldats saoudiens, presque tous des étrangers servant sous écusson saoudien, ont déserté en masse contraignant le roi à prendre un décret contre les abandons de poste. Pour éviter un désastre militaire, l’Arabie saoudite a alors sollicité de nouveaux alliés. Contre de l’argent sonnant et trébuchant, le Sénégal a envoyé 6 000 hommes et le Soudan 2 000. La Mauritanie hésite à envoyer un contingent. Le roi, dit-on, aurait également sollicité l’armée privée Academi (ex-Blackwter/Xe) qui recruterait actuellement des mercenaires en Colombie. Ce fiasco est directement imputable au prince Mohammed ben Salmane, qui a revendiqué l’initiative de cette guerre. Ainsi, il affaiblit l’autorité de son père, le roi Salman, et fait gronder la contestation des deux clans exclus du pouvoir, ceux de l’ancien roi Abdallah et du prince Bandar. Logiquement ce conflit devrait aboutir à un partage de leur héritage entre les trois clans et donc à un partage du royaume en trois États.

Ce n’est qu’après ces nouveaux conflits que la paix devrait revenir dans la région, sauf dans la partie arabe colonisée par le nouveau Kurdistan, appelée à devenir le nouveau point de fixation des antagonisme régionaux en lieu et place de la Palestine.

Mais même écrit, le futur est incertain. Le renversement du rapport de forces entre Washington et Moscou [13] pourrait modifier leur accord.

Les rats quittent le navire

Alors que les mauvais joueurs annoncent sans sourciller que l’intervention militaire russe en Syrie n’apporte pas les résultats escomptés par Moscou, les jihadistes en fuite se replient en Irak et en Turquie. Le chef d’état-major US, le général Joseph Dunford, a admis, le 27 octobre lors d’une audition au Sénat, que désormais les armes parlaient en faveur de la République arabe syrienne [14]. Tandis que le Commandeur suprême de l’Otan, le général Philip Breedlove, a déclaré, le 30 octobre lors d’une conférence de presse au Pentagone, que c’est une litote de dire que la situation évolue de jour en jour et menace désormais la sécurité de l’Europe [15].

Force est de constater que l’alliance entre les partisans du chaos et ceux de la recolonisation va non seulement perdre en Syrie, mais que l’Alliance atlantique elle-même ne peut plus prétendre à la domination globale. Du coup, une soudaine agitation traverse les chancelleries, beaucoup affirmant qu’il est temps de parvenir à la paix —ce qui sous-entend qu’ils pensaient jusque là différemment—.

Les « retournements de veste » qui s’annoncent à propos de la Syrie auront comme première conséquence la consécration du rôle international de la République islamique d’Iran et de la Fédération de Russie ; deux acteurs que la presse occidentale présentait, il y a quatre mois encore, comme totalement isolés et voués à de terribles difficultés économiques ; deux puissances qui sont désormais les premières forces militaires, régionale pour l’Iran et globale pour la Russie ; et comme seconde conséquence le maintien au pouvoir du président el-Assad dont on annonce depuis cinq ans qu’« il doit partir ».

Dans ce contexte, la propagande de guerre continue imperturbablement, affirmant que si ce ne sont pas les bombardements russes qui tuent des civils, c’est l’armée syrienne qui les bombarde ; imputation confirmée par la matrice des organisations terroristes, les Frères musulmans, via leur Observatoire syrien des Droits de l’homme. Ou encore que la Russie est pressée de négocier car son intervention lui revient cher —comme si elle ne l’avait pas budgétisée durant sa longue préparation—. Jamais à court d’invention, le directeur de la CIA, John Brennan, prétend quant à lui que la Russie s’apprête à lâcher le président el-Assad, alors même que le président Poutine s’est gaussé de cette auto-persuasion quelques jours plus tôt, au Club de Valdai.

En France, la révolte gagne la classe politique. Les quatre principaux leaders de la droite, Dominique de Villepin, François Fillon, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy ont chacun de leur côté déclaré qu’il est absurde de s’aliéner la Russie et de ne pas reconnaitre la défaite en Syrie. Cependant Alain Juppé, qui joua un rôle central dans le début de la guerre, notamment en signant un traité secret avec la Turquie, persiste à conserver l’objectif de renverser la République arabe syrienne, plus tard. À gauche, plusieurs leaders envisagent de prochains voyages à Damas.

La panique devant les changements prévisibles est en fait générale. Si Nicolas Sarkozy s’est précipité chez le président Poutine, le vice-chancelier allemand, Sigmard Gabriel, également [16]. Il a plaidé pour que l’on referme les contentieux et les aigreurs du passé et que l’on renoue le dialogue avec la Russie. Il était temps.

Thierry Meyssan

Source: Voltairenet

Notes:

[1] « Moscou et Washington entendent refonder les relations internationales », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 octobre 2015.

[2] « Proposition russe d’un débat au Conseil de sécurité sur le terrorisme », Réseau Voltaire, 1er octobre 2015.

[3] “Lavrov to chair Security Council’s meeting on fighting terrorism”, Tass, September 30, 2015.

[4] « Communiqué final du Groupe d’action pour la Syrie », Réseau Voltaire, 30 juin 2012.

[5] « Pourquoi la France veut-elle renverser la République arabe syrienne ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 octobre 2015.

[6] “Joint Statement on the outcome of the multilateral talks on Syria”, Voltaire Network, 30 October 2015.

[7] “This political process will be Syrian led and Syrian owned, and the Syrian people will decide the future of Syria”.

[8] « Deux épines dans le pied d’Obama », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 31 août 2015.

[9] « Vers la fin du système Erdoğan », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 15 juin 2015.

[10] « La Turquie en danger », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 27 juillet 2015.

[11] « Les États-Unis et Israël débutent la colonisation du Nord de la Syrie », Réseau Voltaire, 1er novembre 2015.

[12] « Les projets secrets d’Israël et de l’Arabie saoudite », par Thierry Meyssan ; « Pourquoi l’Occident est-il silencieux sur la guerre du Yémen ? », par Martha Mundy, Traduction Alasso, Counterpunch, Réseau Voltaire, 22 juin et 4 octobre 2015.

[13] « L’armée russe affirme sa supériorité en guerre conventionnelle », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 19 octobre 2015.

[14] “Dunford Tells Senate Now is Time to Reinforce Iraqi Success Against ISIL”, Jim Garamone, DoD News, October 27, 2015.

[15] “Department of Defense Press Briefing by General Breedlove in the Pentagon Briefing Room”, October 30, 2015.

[16] « L’Allemagne tente de se sortir du conflit syrien », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie), Réseau Voltaire, 29 octobre 2015.

Contre-offensive russe au Moyen-Orient

Les déclarations extrêmement bellicistes du Chef de la diplomatie saoudienne à l’égard de la Syrie à l’Assemblée Générale des Nations Unies, relayées dans une version un peu edulcorée par le président français François Hollande (qui jouit de la confiance absolue de Ryad et de Doha, conséquence de la méfiance qu’inspire le style Obama à ces régimes), ont mis fin aux tergiversations des pays hostiles quant à leur intentions. Adel Al-Jubayr, ministre des Affaires étrangères du Royame d’Arabie Saoudite a en effet déclaré que le Président syrien Bashar Al-Assad « devait partir ou subir l’option militaire’.

Le signal n’est même pas codé. Moscou et Damas décident d’agir ou plutôt de réagir très vite. A peine le Parlement russe donne t-il son aval à l’utilisation des forces armées en Syrie que des chasseurs-bombardiers russes procèdent à des frappes dans la province de Homs. Une vingtaine de raids ciblent huit positions de Daech dans une zone difficile d’accès. Consternation à Ryad et rage à peine contenue à Washington.

Les Etats-Unis et la France (Paris agissant pour le compte du Qatar en échange d’une aide financière assez conséquente) sortent une première parade: Au lieu de cibler Daech, les russes auraient bombardé des positions de la rébellion syrienne dite modérée. Les preuves? D’interminables jérémiades de barbus armés jusqu’au dents jurant devant les caméras numériques de la propagande rebelle  qu’ils se sont fait massacrer par les Russes. Devant le peu de consistence de telles assertions relevant plus de la mauvaise foi et confirmant un peu plus les liens troubles entre certaines capitales et les organisations islamistes radicales semant la terreur un peu partout en Orient, des experts préconisent un vieil expédient: le massacre de civils. Les femmes et les enfants en tête. Dommages collatéraux. Problème: les russes n’ont effectué que des frappes limitées en zone semi-montageuse quasiment inhabitée. Reste l’avis des experts. Un relais de l’Otan n’est pas allé par quatre chemins pour estimer que les pilotes russes avaient totalement raté leurs cibles. Et dire que les enragés de Daech se la coulaient douce depuis plus d’un an sous les rares bombes intelligentes US, britanniques, françaises et Arabes, largués le plus près possibles des lignes de l’armée syrienne (sait-on jamais). Cela a changé. Les Russes ne badinent pas: ils canardent à coups de roquettes à basse altitude…C’est pas amusant et l’ennui est que ça peut être mortel.

Les Russes ont mené des frappes dans la province de Homs. Le jour même, des avions de combat US ont procédé à une frappe aérienne dans la province d’Alep. Une sorte de baroud d’honneur. Surtout que le préavis russe aux capitales de la coalition et aux israéliens était très court: à peine une heure. En fin de journée, des avions syriens bombardent les mêmes positions que les avions russes ont arrosé avec des roquettes et des missiles quelques heures auparavant. Un véritable carrousel.

En réalité, jamais la Russie n’aurait envisagé d’employer des avions de combat au Levant dans ce qui semble l’une des plus grandes interventions russes au Moyen-Orient si la bande de Victoria Nulland, composée uniquement de civils ultra-sionistes n’ayant jamais eu la moindre expérience militaire, n’avait pas autant méprisé le haut commandement militaire US et poussé les Etats-Unis et leurs alliés à aller embêter l’Ours Russe tout près de sa tanière en Ukraine.

La crise en Ukraine a été provoquée en réaction à l’échec du plan préconisé en Syrie suite au soutien politique et diplomatique russe à Damas. Ceux qui ont provoqué Moscou n’ont peut-être jamais lu une ligne d’histoire sur ce qui s’est passé sur le Front Oriental de la Seconde guerre mondiale (1939-1945) et son impact décisif sur ce conflit.

Des militaires russes sont en train de débarquer à Baghdad en Irak mais également dans des bases aériennes en Iran (notamment à Hamadan). Un centre de coordination opérationnel regroupant des militaires russes, syriens, irakiens et iraniens à Baghdad? S’agit-il de politique-fiction? Non. Voilà où mène l’ingérence de civils à la loyauté incertaine et agissant pour une idéologie (en l’occurrence le sionisme) et ayant le contrôle des armées les plus onéreuses au monde avec un budget dépassant les 600 milliards de dollars US. George W. Bush doit avoir une belle gueule de bois en ce moment.

Le plus amusant dans cette affaire est que les Russes agissent sous le couvert de la lutte contre le terrorisme. Le même fond de commerce utilisé par l’empire pour justifier ses guerres en dehors du défunt droit international. Il s’agit bien d’une lutte. Certains analystes ont jugé que la Troisième guerre mondiale n’a pas eu lieu ou qu’elle a été évitée de justesse. Nous estimons que nous sommes en plein dedans. Voire vers sa fin. C’est aux historiens d’en délimiter la durée, ainsi que l’année de son début.

Le jeu continue.

TRIDENT C

Un avion de combat israélien abattu par les forces syriennes au dessus du Golan

Des unités de la défense aérienne du territoire relevant de la III division de l’armée syrienne ont ouvert le feu, vendredi 21 août 2015, sur des avions de combat israéliens menant des raids contre des positions militaires et civiles en territoire syrien. D’après des informations publiques, un avion de combat israélien aurait été abattu par un système de la DCA syrienne au dessus du Golan. Les médias israéliens et leurs relais mondiaux demeurent silencieux à ce sujet.

Les avions israéliens ont ciblé à plusieurs reprises consécutives des positions militaires syriennes, dont notamment des unités de la 90e et de la 68e brigades à Qunaïtra et la grande périphérie de Damas mais également des régiments de la III division blindée et de la garde républicaine du dispositif défensif méridional de la capitale syrienne.

Depuis les raids aériens israéliens ayant visé un centre de recherches en agronomie que les israéliens avaient publiquement accusé d’abriter un réacteur nucléaire, l’armée syrienne s’abstenait de riposter aux fréquentes attaques aériennes israéliennes dont les plus spectaculaires ont eu lieu pour venir en aide à des factions de la rebellion syrienne dans le conflit en cours. Il semble que les règles d’engagement de l’armée syrienne aient connu un changement significatif  induit par un apport qualitatif en équipement ou en soutien tactique assuré par de tierces parties.

La Syrie a explicitement laissé entendre qu’elle ripostera à toute nouvelle agression israélienne sur son territoire au lendemain d’un raid aérien israélien sur Damas où des bombes non-conventionnelles de nature inconnue ont été larguées sur le mont Qassioun surplombant la ville, abritant les forces d’élite de l’armée syrienne. Depuis lors la DCA syrienne est systématiquement entrée en action pour abattre des dizaines de drones israéliens soutenant les rebelles au sol.

Iran: l’Allemagne en VRP d’Israël

Téhéran a catégoriquement rejeté le très étrange appel du vice-chancelier Allemand Sigmar Gabriel, lui enjoignant de reconnaître l’entité sioniste d’Israël.

Sentiment de culpabilisation porté à son paroxysme en raison de l’histoire récente et sélective de l’Allemagne , lobbying très opportuniste et intérêt personnel motivé par l’ambition personnelle, Sigmar Gabriel croit-il réellement à ce qu’il est en train d’entreprendre ou s’agit-il d’une énième et interminable génuflexion de l’Etat fédéral Allemand à l’endroit des puissants lobbies sionistes et autres « Maîtres chanteurs de Nüremberg » (Die Meistersinger von Nürnberg)?

En attendant, le nouveau chantage est exercé par l’Allemagne. Lors de la visite du vice-chancelier Allemand à Téhéran en date du 19 juillet 2015, Sigmar Gabriel qui détient également le porte-feuille de l’économie a affirmé que si la République Islamique d’Iran veut avoir des relations économiques et commerciales plus importantes avec l’Allemagne et d’autres pays de l’Union Européenne (à croire que c’est l’Allemagne qui domine politiquement cette union), Téhéran n’a qu’a améliorer ses relations avec Tel-Aviv!

Cette visite qui s’inscrit dans la foulée de l’Accord conclu sur le nucléaire iranien et qui ne vise qu’à gagner du temps de part et d’autres et à servir de casus belli le cas échéant, a plus servi les intérêts israéliens que ceux du patronat allemand qui s’est toujours intéressé au plus haut point à l’Est et entre autres le marché iranien « lorsque ou si les sanctions seront un jour levées ».

Un vice-chancelier Allemand en VRP pour le compte du produit « Israël ». Décidément l’Allemagne de Mme Merkel est très loin de celle de Gerhard Shröder et ce n’est pas un hasard si le mandat de ce dernier a tellement affolé les milieux sionistes que ces derniers ont commencé à halluciner sur le procès de Nuremberg à l’envers…!

Le patronat Allemand peut maugréer. On le prive du fabuleux marché russe et on lui interdit l’accès à l’Iran sauf si ce dernier reconnaît officiellement Israël…Il y a quelque chose qui cloche dans cette logique pas très  teutonne. Il faut croire que les révolutions colorées version 2.0 et autres « printemps arabes » ont lamentablement échoué pour en arriver à de telles extrémités.

 

François Hollande, Israël et la bombe atomique

Le 20 mai 2015, Israël, qui participe à la Force commune arabe, largue une bombe à neutrons au Yémen. Ce type de bombe nucléaire tactique tue les êtres vivants sans détruire les infrastructures.

L’interview traditionnel du président de la République française le 14 juillet, date de la fête nationale, aura été cette année l’occasion pour François Hollande de tenir toutes sortes de propos indécents et aberrants.

Je voudrais juste attirer votre attention sur le passage suivant en réponse à une question de Claire Chazal sur l’accord des 5+1 avec l’Iran :

« La France a été très ferme dans cette négociation et Laurent Fabius l’a conduite avec beaucoup de rigueur et également de fermeté.
Qu’est-ce qu’était ma préoccupation ? Éviter la prolifération nucléaire. Cela veut dire quoi la prolifération nucléaire ? Cela voulait dire que l’Iran puisse accéder à l’arme nucléaire. Si l’Iran accédait à l’arme nucléaire, l’Arabie Saoudite, Israël, d’autres pays voudraient également accéder à l’arme nucléaire. Ce serait un risque pour la planète tout entière. Donc, il fallait empêcher que l’Iran puisse accéder à l’arme nucléaire. » [1]

Ainsi, selon le président Hollande, chef des Armées et à ce titre détenteur de la Force nucléaire, Israël n’aurait pas d’armes nucléaires.

Or, chacun sait qu’Israël est l’une des quatre puissances nucléaires non-signataires du Traité de non-prolifération (avec l’Inde, le Pakistan et la République populaire démocratique de Corée).

C’est en 1956 que le président du Conseil français, Guy Mollet (le prédécesseur de François Hollande à la tête du Parti socialiste), organisa le transfert de technologie nucléaire entre la France et Israël. Pour ce faire, il attribua à l’Hôtel de Matignon un bureau à Shimon Peres (futur président d’Israël) d’où celui-ci supervisa le transfert. La France construisit la centrale de Dimona dans le désert du Néguev, dont Shimon Peres devint le directeur. Israël participa également aux expériences nucléaires françaises dans le désert algérien. Partisan de la colonisation, Guy Mollet s’appuya sur Israël pour lutter contre le FLN algérien et faire la guerre à l’Égypte (« crise » du Canal de Suez).

Cette coopération se détériora sous Charles De Gaulle et prit fin avec la décolonisation de l’Algérie. Lorsqu’en 1967, Israël attaqua ses voisins arabes (théorie de la « guerre préventive »), l’Égypte, la Jordanie et la Syrie, De Gaulle rompit les relations avec Israël. Quelques jours plus tard, les Etats-unis signèrent un accord secret avec Israël l’autorisant à détenir la bombe sous réserve de ne pas en faire la publicité et de ne pas procéder à de nouvelles expérimentations.

Israël poursuivit ses recherches avec l’aide des Britanniques, dans un premier temps —ceux-ci lui fournirent notamment du combustible prêt à l’emploi—. Puis avec l’aide de l’Afrique du Sud à partir de 1975. Il bénéficia notamment des explosions nucléaires sud-africaines, particulièrement en 1979 dans l’Océan indien, sans pour cela violer son accord avec Washington.

Israël détient actuellement entre 80 et 400 têtes nucléaires et un grand nombre de bombes à neutrons. En effet, du fait de la topographie, les bombes nucléaires stratégiques sont impossibles à utiliser dans l’environnement proche d’Israël. Aussi l’État hébreu s’est-il spécialisé dans les bombes à neutrons, dont le rayon d’action est plus petit. Celles-ci sont les armes du capitalisme par excellence car elles tuent les hommes, mais n’endommagent pas les propriétés.

L’ensemble de ce programme fut révélé par un scientifique israélien opposé à l’apartheid, Mordechaï Vanunu, en 1986 dans le Sunday Times [2]. Il fut alors enlevé à Rome par le Mossad, rapatrié en Israël et mis au secret durant 18 ans. Libéré en 2004, mais assigné à résidence, il accorda un entretien à Silvia Cattori et fut immédiatement réincarcéré pour avoir parlé à des journalistes [3].

En 2002, le stratège israélien Martin Van Creveld fit état publiquement de l’arsenal nucléaire et menaça les Européens de rétorsion sur leur sol s’ils persistaient à soutenir les Palestiniens [4]. On parla alors du « complexe de Samson », c’est-à-dire de la menace d’un suicide destructeur israélien plutôt que d’une défaite.

Le 6 décembre 2006, le secrétaire à la Défense états-unien, Robert Gates, admettait lors d’une audition au Sénat qu’Israël détient la bombe atomique. Quelques jours plus tard, le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, l’admettait au détour d’une phrase, lors d’un entretien à la chaîne allemande N24.

En 2010, 18 États arabes sont parvenus à faire inscrire sur l’Agenda de l’AIEA (Agence internationale pour l’Énergie atomique) la question des « capacités nucléaires israéliennes ». Les Nations unies organisèrent alors une conférence sur le Traité de non-prolifération au cours de laquelle la République islamique d’Iran proposa de créer « une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient » [5], sur le modèle de ce qui a été fait en Amérique latine ou en Asie centrale. Cependant ce projet échoua du fait de l’opposition d’Israël et des États-Unis. Ces derniers stockant illégalement des armes nucléaires en Turquie.

Récemment, Israël a fait usage de bombes à neutrons à Khiam lors de la guerre de 2006 contre le Liban et au Yémen, le 20 mai dernier. Dans les deux cas, des relevés de radiations ont été effectués.

Pourquoi le président Hollande nie-t-il des faits largement établis ? Par ignorance ou parce qu’il tente de justifier la position française durant les négociations avec l’Iran au point de s’emberlificoter dans sa propre propagande ?

Le 17 novembre 2013, arrivant à l’aéroport Ben-Gourion de Tel-Aviv, François Hollande déclarait « « Tamid écha-èr ravèr chèl Israël » en hébreu, « Je suis votre ami et je le serai toujours  » » [6].

Thierry Meyssan

Lien direct de l’article: Voltairenet

 


 

Notes:

[1] « Entretien de François Hollande pour la fête nationale », par François Hollande, Réseau Voltaire, 14 juillet 2015.

[2] “Revealed : the secrets of Israel’s nuclear arsenal”, The Sunday Times, October 5, 1986.

[3] « C’est parce qu’Israël détient la bombe atomique qu’il peut pratiquer sans crainte l’apartheid », par Silvia Cattori, Traduction Marcel Charbonnier, Réseau Voltaire, 14 octobre 2005.

[4] “The War Game, a controversial view of the current crisis in the Middle East”, Elsevier, 2002, no. 17, p. 52-53, 27 avril 2002.

[5] « Création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient », Réseau Voltaire, 4 mai 2010.

[6] « Déclaration de François Hollande à son arrivée à l’aéroport de Tel-Aviv », par François Hollande, Réseau Voltaire, 17 novembre 2013.

Citation du jour: « Israël est la matrice mondiale du terrorisme »

« Israël est la matrice mondiale du terrorisme ». C’est l’une des citations que Cheik Sayed Hasan Nasrallah, Chef suprême du Hezbollah libanais dont plus de la moitié des unités spéciales combattent [en plein jour] sur tous les fronts en Syrie, a prononcé lors d’un discours à l’occasion de la journée mondiale d’Al-Qods (Jérusalem)

Le Chef du Hezbollah n’a pas mâché ses mots en ce qui concerne la Syrie en martèlant que Damas « est toujours là » et que les syriens, soutenus par l’axe de la résistance (Iran-Syrie-Hezbollah) et ses alliés (Russie-Chine), poursuivront le combat jusqu’au bout. Il ajoutera qu’une éventuelle chute de la Syrie entraînera l’anéantissement définitif de la Palestine.

En ce qui concerne la guerre au Yémen, Sayed Nasrallah assimile l’agression saoudienne contre ce pays à une stratégie israélienne en soulignant la convergence des buts et objectifs des deux piliers essentiels de la politique étrangère de la grande puissance américaine.

Pour le Hezbollah, Daech est un outil crée par les israéliens et les saoudiens pour détruire les pays hostiles à Israël.

Simultanément, un haut officiel iranien au fait des interminables négociations sur le programme nucléaire de Téhéran a affirmé que l’Iran ne reconnaîtra jamais Israël, quelle que soit l’issue des négociations avec ce que Téhéran qualifie de « forces de l’oppression universelle », laissant entendre que l’une des conditions posées par Washington aux iraniens lors de ces négociations incluerait une forme de reconnaissance d’Israël sous peine de guerre.

On comprend mieux dans ce contexte, l’hystérie des déclarations guerrières d’Hillary Rodham Clinton, candidate aux présidentielles US (excusez du peu!)  à l’égard de l’Iran.

Exclusif: Voici ce qui s’est réellement passé dans l’espace aérien syrien depuis un mois

D’après des informations très fiables, la Syrie avait accepté via une tierce partie un arrangement secret permettant l’usage par les avions de combat de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis  de trois corridors aériens dédiés pour bombarder les position de « Daech », acronyme arabe de l’organisation terroriste dénommé « Etat Islamique » sur son territoire.

Cependant, en janvier 2015, en violation flagrante des arrangements secrets entre les pays de la coalition et la Syrie, des avions de combat israéliens ont utilisé l’un des corridors désignés et pénétré l’espace aérien syrien. Les avions israéliens avaient procédé au tir de cinq missiles Air-Sol « Popeye » (produits par Rafael Advanced Industries, Lockheed et Turkish Aerospace Industries,  connus également sous la désignation AGM-142 Have Nap aux Etats-Unis) contre des cibles précises dans des zones épargnées par la guerre en Syrie. La défense anti-aérienne syrienne  a réussi à détruire trois des cinq missiles en plein vol. Les deux autres ont atteint leurs cibles.

Après cet incident, des officiels syriens très furieux ont alors demandé à un grand pays tiers d’aviser les pays de la coalition sur l’existence de certaines zones en Syrie où les avions de la coalition seraient systématiquement abattus. Ces zones incluent la Capitale Damas, l’ensemble du littoral méditerranéen et les zones sous contrôle des forces armées syriennes.

Aussitôt, tous les avions de la coalition participant dans la campagne de bombardements aériens visant les positions de Daech dans l’Est et le Nord de la Syrie commencèrent  à être systématiquement  « marqués » ou « illuminés » de manière agressive par les radars de l’armée syrienne ainsi que par ceux, de nouvelle génération, équipant la base de guerre électronique russe sise à Tartous. L’usage de chasseurs F-22 Raptor au dessus de la Syrie cessa après un incident de ce type. Londres, Paris et Ankara relancent alors leurs campagnes et déclarations hostiles à la Syrie.

Le 14 février 2015, dans une manoeuvre inédite et très audacieuse, des chasseurs-bombardiers syriens escortés de chasseurs Mikoyan-Gurevitch MIG-29 pénètrent à très basse altitude l’espace aérien du  Liban avant de bifurquer vers le Sud en direction de la frontière israéliennes pour enfin rebifurquer vers l’est et pénétrer en Syrie au dessus du plateau du Golan et prendre de revers les positions rebelles du front d’Ennosra.

Le 17 mars 2015, un aéronef non-identifié pénètre depuis la Jordanie l’espace aérien syrien. Il est promptement identifié comme étant un drone de type MQ1 B Predator et traqué comme le sont l’ensemble des avions de la coalition. Mais le drone a dévié de son corridor désigné pour se diriger sur Lattaquié en survolant une zone strictement interdite aux aéronefs de la coalition internationale. Après sommation, le drone a commencé à effectuer des cercles au dessus des environs de Lattaquié. Le commandement de la défense aérienne du territoire ordonna alors à une batterie de missiles Sol-Air de type S-125 NEVA/PECHORA 2M d’abattre le drone. Un seul missile fut tiré. Les débris du Predator tombèrent sur un immeuble civil et furent très rapidement récupérés par une unité spéciale de l’armée syrienne.

La question que posent de nombreux analystes est celle relative au comportement assez singulier du drone. Pourquoi ce dernier a t-il persisté à survoler en cercle une zone où les défenses antiaériennes l’ont illuminé? Quel était le but de cette manoeuvre? Quel était l’objectif (humain) de cette mission à Lattaquié? Etait-ce une tentative de pousser les syriens à ouvrir le feu les premiers? Dans quel but? La réponse à la dernière question semble s’inscrire dans le cadre d’un casus belli justifiant l’amorce d’une nouvelle stratégie en préparation. Une thèse confortée par la trés prévisible reconduction du premier ministre israélien ultra-extrémiste Benyamin Netanyahu après un simulacre d’élection alors qu’Israël se considère en guerre totale avec à leur tête un « dictateur » (dans son acception du temps de la République Romaine) non déclaré.

Les Etats-Unis ont reconnus avoir perdu le contact avec un de leurs drones au dessus de la Syrie. Damas n’a pas commenté sur cette annonce mais un média officiel a rendu public l’information selon laquelle un drone US a été abattu par la défense antiaérienne syrienne.

Capture d'image télévision syrienne. débris en feu du drone MQ1 B PREDATOR US abattu par un missile S-125 NEVA/PECHORA au dessus de Lattaquié.
Capture d’image télévision syrienne. débris en feu du drone MQ1 B PREDATOR US abattu le 17 mars 2015 par un missile S-125 NEVA/PECHORA au dessus de Lattaquié, en Syrie.

La Syrie utilise des chars T-80 dans sa bataille pour le contrôle du Golan et de la ligne de démarcation avec Israël

Jamais l’armée syrienne n’a jeté tout son poids dans une bataille aussi décisive que celle en cours dans la province de Deraa. Prinicpal enjeu: la reprise des territoires capturés par le Front d’Ennosra dans le Golan syrien et la rupture du soutien israélien aux groupes de la rébellion syrienne.

Les unités de la IIIe et de la Ve Divisions blindées de l’armée syrienne, accompagnées par des unités de la VIIe Division d’infanterie mécanisée et du 100e Régiment d’artillerie de la Garde Républicaine, soutenues par les unités spécialisées du  Hezbollah libanais et des unités d’élite du Corps des Gardiens de la Révolution iranienne tentent d’éliminer de manière définitive le territoire tampon crée par Ennosra entre les territoires sous contrôle syrien et les territoires sous contrôle israélien.

Le front Ennosra issu de l’ancienne Al-Qaïda est fortement soutenu par l’armée israélienne, laquelle n’avait pas hésité à lui fournir un appui feu et un soutien logistique à plusieurs reprises durant les derniers dix-huit mois.

L’Iran dont l’implication militaire s’étend de plus en plus dans la région a clairement mis en garde Tel-Aviv que toute nouvelle tentative de fournir un appui feu direct à El-Nossra pourrait entraîner une intervention plus massive des troupes iraniennes en Syrie.

Sur le terrain, aux côtés des chars T-55 et T-72 M, l’armée syrienne vient d’utiliser des dizaines de chars T-80 B dont l’armée syrienne n’avait jamais fait l’acquisition mais lesquels pourraient avoir été livrés en urgence par la Russie pour remplacer les pertes subies durant le conflit. Cependant, il s’avère que de plus en plus d’unités blindées de l’armée syrienne sont en train de remplacer le T-72 M par le T-80 B, une alternative mieux équipée.

La vaste opération militaire menée par Damas avec l’aide des forces iraniennes dans le Sud de la Syrie coïncide avec l’entrée en force des forces iraniennes en Irak contre Daech, notamment à Tikrit, terre natale de l’ex-Président irakien Saddam Hussein, dans la province de Salaheddine et c’est grâce aux iraniens que les milices irakiennes ont pu reprendre du terrain à Daech.

Nucléaire iranien, une excuse comme une autre…

Une excuse, voilà ce qu’est pour moi la « crise » occidentalo-iranienne à propos du nucléaire. Pour ceux qui auraient raté un épisode, cela fait quelques années que les USA, Israël, et tous leurs alliés (France, Angleterre…) cherchent à tout prix à déposséder Téhéran de son nucléaire civil. La raison invoqué est la possibilité pour l’Iran de parvenir à fabriquer des armes atomiques – remarquez au passage, que pour une fois, l’expression « Arme de destruction massive » n’a pas été utilisée – ce qui selon eux équivaudrait à laisser un enfant jouer avec un AK-47.

Bien que le Guide suprême religieux iranien ( l’Ayatollah Ali Khamenei) se défende de vouloir posséder le feu nucléaire, rien n’y fait, les pays occidentaux ne veulent rien entendre. Les iraniens doivent produire de l’électricité avec du charbon, du pétrole, des éoliennes ou alors en pédalant dans les caves, mais en aucun cas, ils ne doivent avoir de centrales nucléaires sur leur territoire même si elle était commandée à une entreprise occidentale. Par contre, les pays du Golfe, Arabie Saoudite en tête, peuvent en construire autant qu’ils le veulent, nonobstant le fait que ce sont eux qui fournissent les armes aux rebelles de tout poil qui ravagent le Moyen-Orient.

Ce n’est pas tant l’impossibilité pour Téhéran de produire de l’électricité à moindre coût qui pose problème ici, mais bel et bien l’embargo imposé par l’occident. L’interdiction d’exporter du pétrole ou du gaz a mis à genoux l’économie iranienne; la pénurie de médicaments n’arrange pas les choses, non plus; et tout ça pour quoi? Pour rien! Juste pour faire plaisir à Tel-Aviv.

Car depuis quelques mois, des négociations ont lieu, régulièrement, entre l’occident et l’Iran. Ces réunions dites à 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) tentent de trouver une solution, mais c’est peine perdue. La Russie et la Chine faisant corps avec l’Iran, les USA, la France et l’Angleterre appliquant les ordres d’Israël, il n’y a guère que l’Allemagne qui tire son épingle du jeu en vendant son armement à chaque participant…

Il y a eu des progrès notables, surtout depuis l’élection du nouveau président iranien, un peu moins matamore que l’ancien, plus réfléchi, et surtout plus posé. Une partie de l’embargo avait été levé, et il semblait que l’on se dirigeait vers une solution. Mais voilà, lors de la dernière réunion, rien de bien intéressant n’est ressorti. Pourtant, les pays occidentaux commençaient à faire du pied à l’Iran, doucement, sous la table afin de compter sur l’appui aérien pour la lutte contre Daech; car il ne faudrait pas oublier que Téhéran a été le premier pays frontalier à bombarder les sites détenus par l’EIIL en Irak, en Syrie aussi, et cela dès le mois de Juillet. Et pourtant, rien…

Heureusement, le fin mot de l’histoire nous vient de Washington où c’est tenu le Saban Forum sur le Proche-Orient. Lors de cette réunion, un enregistrement du premier ministre israélien à été diffusé, et nous en savons donc plus sur ce qui c’est passé là-bas:

Israël a joué un rôle clé pour éviter un mauvais accord entre les grandes puissances et l’Iran sur le programme nucléaire de Téhéran le mois dernier.
(…)
(Notre) voix ainsi que nos inquiétudes ont joué un rôle décisif pour éviter un mauvais accord.
(…)
Un tel accord aurait véritablement permis à l’Iran d’être au seuil de devenir une puissance nucléaire.
(…)
Le but d’Israël ést à présent de travailler à un accord qui démantèlerait toute capacité de Téhéran de fabriquer des armes.

Vous noterez qu’il n’est pas fait mention du type d’armes, ce qui laisse une assez grande liberté d’interprétation. Quand on sait que le lancé de caillou est interdit en Israël, les carrières pourraient elles aussi être bombardées…
Mais le problème n’est pas là, non, il se situe aux États-Unis où le Congrès pourrait voter une loi qui imposerait des sanctions conditionnelles contre Téhéran, ce qui aurait pour effet immédiat (je cite l’administration US): « De faire capoter la voie diplomatique… »

Que reste t-il lorsque la voie diplomatique est une impasse?
Une excuse… Une excuse minable pour faire tomber un pays de plus dans le chaos…

Divorce consommé?

Ce n’est pas tout à fait officiel, mais comme cette déclaration vient de Vladimir Poutine lui-même, on peut supposer que ce ne sont pas des paroles en l’air: Le gazoduc South Stream est abandonné!

Donc, après l’abandon du projet Nabbuco – soutenu par les États-Unis – voici le tour du projet russe. Le projet (bien plus qu’un projet en fait, puisque sa construction avait déjà débuté) devait relier la Russie à l’Europe en passant par la Mer Noire, histoire de court-circuiter l’Ukraine.

Deux petits problèmes sont venus se greffer là dessus:
1- Une loi européenne de 2007 interdit à une compagnie exploitante de gaz de posséder aussi les principaux pipelines au sein de l’Union. Ce qui aurait été le cas pour Gazprom, mais aussi pour l’italien ENI, instigateur du projet.
2- La Bulgarie (qui devait être le point d’entrée du gazoduc en Europe) a suspendu les permis de construire cet été, sous la pression des USA et de l’UE d’après certains (ce qui n’étonnerait personne).

Du coup, le président russe à dit ceci:

« (…) la Russie ne pouvait pas poursuivre la réalisation du projet compte tenu de la position actuelle de la Commission européenne ». Nous allons dérouter nos ressources énergétiques vers d’autres régions du monde et l’Europe ne recevra plus les mêmes volumes de la Russie, mais c’est le choix de nos amis européens (…) »

Quelle autre solution pour l’Europe?

La semaine dernière, la question d’un gazoduc israélo-européen a été remis sur la table. A ce titre, les ministres de l’énergie israélien, chypriote et grec se réuniront le 9 décembre prochain, avec le vice-président de l’UE pour les questions énergétiques – Maros Sefkovichem. Ce projet, d’un coût avoisinant les 15 milliards de dollars, relierait les sites du « Leviathan » et les exploitations de Chypre en passant par le fond de la Méditerranée, Chypre et l’Italie.

Problème de taille, l’autorité palestinienne refuse d’ores et déjà de signer l’accord avec l’Union Européenne. Mais ce n’est pas tout, le parlement français vient de reconnaitre officiellement l’Etat Palestinien (ce qui n’engage que les parlementaires, le président Hollande ne le reconnaitra jamais, ni le premier Ministre, encore moins le Ministre des affaires étrange(ère)s), et Tel-Aviv traverse une crise politique majeure, Bibi venant de limoger deux de ses ministres (centristes, Tzipi Livni et Yair Lapid) et appelant à des élections anticipées…

Il y a quelques mois, tous les regards étaient tournés vers l’Ukraine et tout le monde se demandait comment Kiev allait bien pouvoir subvenir aux besoins en gaz de ses citoyens. Grâce à l’UE et aux USA, la solidarité a fait son œuvre; maintenant ce sont les citoyens européens dans leur ensemble qui se demande avec quoi ils vont bien pouvoir se chauffer dans les années à venir… Merci!

Conclusions du Comité des Nations Unies sur les droits de l’Homme

Avis aux lecteurs: accrochez-vous!

Cette étude concerne les pays suivants: Le Burundi, le Sri-Lanka, Haïti, Malte, le Monténégro et Israël. Voici les conclusions:

  • Burundi. Allégations de violations de droit à la vie par des agents de l’État et absence d’enquête et de poursuites; discrimination entre les sexes; surpopulation carcérale; représailles, y compris les agressions physiques et menaces de mort contre des défenseurs des droits de l’homme et des journalistes.
  • Sri-Lanka. Maintien de loi de prévention du terrorisme; impunité pour les violations des droits humains commises par l’État et les acteurs non étatiques; exécutions extrajudiciaires; disparitions forcées; situation des personnes déplacées; violence sexuelle et sexiste envers les femmes.

  • Haïti. Impunité pour les violations graves des droits de l’homme; violence contre les femmes et les personnes LGBT; détention préventive prolongée; exécutions extrajudiciaires par la police; protection des enfants contre l’exploitation («restavek»), adoption abusive et trafic; expulsions forcées et fermeture des camps pour personnes déplacées par le tremblement de terre de 2010.

  • Malte. Mesures prises pour lutter contre le racisme et la xénophobie; criminalisation de l’avortement; détention de migrants en situation irrégulière, y compris les demandeurs d’asile; mauvais traitements, utilisation excessive de la force par la police et des soldats dans les centres de détention pour migrants; non respect des libertés d’expression et de religion.

  • Monténégro. Enquête sur les violations des droits humains durant la guerre; traite des personnes; absence de mesures pour empêcher le mariage forcé et précoce, la discrimination contre les Roms, les Ashkalis et les Égyptiens; procédure pour les personnes déplacées et les réfugiés en demande de statut de résident.

  • Israël. Démolition punitive de maisons en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est; régime de planification discriminatoire en Cisjordanie; les colonies israéliennes; l’usage excessif de la force par les forces israéliennes, y compris pendant les opérations militaires dans la bande de Gaza.

Je trouve qu’Israël s’en tire plutôt bien, non? Il est vrai que les prisons sont des modèles en matière de droit, les arrestations arbitraires n’existent tout simplement pas, les adolescents palestiniens ne sont pas inquiétés, les check-point sont une vision de l’esprit, le tir à balles réelles sur les bédouins est une calomnie rapportée par de dangereux antisémites, etc, etc…

Pour que la conclusion de l’instance onusienne soit complète, il faudrait peur-être ajouter: Manipulation de conclusions concernant les droit de l’Homme, en vu de redorer un blason de plus en plus terne…

Partition du Moyen-Orient. Et de un?

Depuis quelques années un certain nombre d’experts en géopolitique essayent de faire comprendrendre que l’avenir voulu par l’Occident – et qui concerne le Moyen-Orient – se résume à un éclatement des pays en une multitude d’entité plus petites et donc aisément contrôlables. Jusqu’ici cette partition n’était pas très visible, mais cela pourrait bien changer.

La récente chasse aux sorcières de l’EI a fait couler beaucoup d’encre, elle a été, aussi, une course au déclarations des hommes politiques occidentaux. Si tous sont unanimes pour dire que le Califat doit être rayé de la carte, ils sont aussi unanimes sur deux autres points:

1- La Syrie sera bombardée elle aussi; même si on suppose que ce sont les positions de l’Etat Islamique qui devraient être visé, on se doute bien que des dômmages collatéraux pourraient advenir (si si, certains pilotes de chasse ont quelques fois du mal à faire la différence entre une autoroute pleine de véhicules appartenant aux jihadistes de l’EI et une piste d’envol pour chasseurs de l’armée syrienne…);

2- La stratégie de lutte contre le Califat passe par le Kurdistan. Ils recevront, des armes lourdes, un financement et des instructeurs – à ce titre j’ai entendu dire que des instructeurs français sont déjà à l’oeuvre.

Il est logique que l’Occident appuie le peuple kurde, les Peshmergas ont – dans le passé, mais aussi depuis l’émergence de l’EI – prouvé leur valeur au combat. De plus, Bagdad leur avait octroyé une relative autonomie l’an passé, ce qui en fait, bien plus qu’un peuple, un presque-état à part entière. D’ailleurs, le Kurdistan possède un président élu, un parlement, un système judiciaire, des forces de police et des forces d’autodéfense; ce qui pour certains occidentaux en fait une démocratie en devenir – ce qui doit faire dresser les cheveux sur la tête de Bibi, puisque Israël est sensée être la seul démocratie du Moyen-Orient.

Certes, le Kurdistan n’est pas prêt à entrer dans l’Europe ni à devenir un membre de l’OTAN; mais en cas de vistoire contre l’Etat Islamique quel pays occidental (ou autre) n’appuierait pas la création définitive du Kurdistan? Et même si ce n’était pas le cas, les kurdes irakiens se verraient dotés d’armes lourdes, d’une armée entrainée, de quoi revendiquer une plus grande autonomie; de quoi donner des sueurs froides au nouveau président turc Erdogan. Cela pourrait d’ailleurs expliquer sa relative réticence à aider la coalition internationale.

Afin d’éviter tout malentendu, je tiens à préciser que je n’ai absolument aucune animosité envers le peuple kurde, ni contre la création d’un Kurdistan à cheval sur plusieurs pays. Cet article est un constat pas un reproche. A mon avis, le Kurdistan verra le jour, avec l’aval de l’Occident et même celui de Tel-Aviv. D’autant plus qu’une fois la création faite, pour que ce nouvel Etat ne pose pas de problèmes, il suffira juste de l’occuper. Cela pourrait être simple, les combattants de l’EI pourraient se retirer en Turquie et harceler les kurdes vivant là-bas, prolongeant ainsi une guerre qui de toute façon n’aura pas de fin…

Tu parles d’une excuse!

C’est fait! On sait maintenant pourquoi Israël a mis fin à l’opération bordure protectrice. Enfin, on connait la raison officielle, celle que l’on peut lire dans tous les journaux. Jamais on entendra un dirigeant israélien avouer sa défaite, mais par contre ils ne se gênent pas pour se servir…

Revenons-en à l’excuse. D’après le premier ministre israélien, si Tsahal a mis fin à l’opération « Bordure Protectrice » c’est uniquement à cause des dangereux individus qui hantent les abords de « la seule démocratie du Moyen-Orient ». Sitons – toujours d’après Bibi – les djihadistes de l’EI, les rebelles syriens qui opèrent près du plateau du Golan et enfin (et non le moindre) le Hezbollah qui se serait regroupé au sud du Liban.

C’est étonnant, non? Lors de la proclamation du califat islamique par al-Bagdadhi Israël avait déclaré ne pas s’inquiéter de ce dirigeant, ni de ces troupes. Aujourd’hui, ils sont jugés dangereux, suffisament pour inciter Tsahal à arrêter le massacre à Gaza. Et pourtant, je suis certain que comme moi vous ne n’imaginez pas une seule seconde les hordes de l’EI partir à la conquête de Tel-Aviv pour libérer la Palestine.

Ensuite il y a les rebelles syriens qui font du grabuge sur le plateau du Golan. L’effectif philipin de l’ONU stationné sur place en a fait les frais. Mais là on ne parle pas de l’ASL, mais bien du front Al-Nosra; enfin, d’après les stratèges israéliens et américains. Ahhhh! Al Qaïda! Quelle belle excuse. En plus, ces dangereux terroristes – qui sont en Syrie et donc pas très loin du Golan depuis trois ans, maintenant – s’en sont pris à l’ONU; ce n’est pas rien. Qu’ils s’en prennent à quelques objectifs de seconde zone occidentals passe encore, mais s’en prendre à l’ONU cela mérite une annexion complête du Golan de la part d’Israël, pour le moins; juste pour la sécurité nationale (terme pour le moins galvaudé puisque Israël n’est pas une nation).
D’ailleurs, une dépêche vient de tomber, comme quoi la « seule démocratie du Moyen-Orient » vient d’abattre un drone au-dessus du Golan et venant…de Syrie. Pour la forme, l’engin volant a été abattu à l’aide d’un missile Patriot; ce qui fait cher pour descendre un aéroplane sans pilote. Diable. Al-Nosra et l’armée régulière syrienne qui auraient osé s’en prendre à Israël, cela aussi mérite une intervention; jusqu’à Damas, et plus si affinité…

Enfin, le Hezbollah. La bête noire de Tsahal. Car contrairement aux deux premiers « ennemis » les combattants du Hezbollah ne sont pas pilotés par les USA, les monarchies du Golfe et autres protagonistes. Ils sont les seuls (mais je n’oublie pas les anonymes résistants qu’ils soient palestiniens, syriens, irakiens, kurdes…) a oser se dresser contre les projets de Tel-Aviv. Rien que pour cela, les dirigeants israéliens les utiliseront comme excuse, même si pour le commun des mortels, il est impossible de savoir si le Hezbollah est effectivement massé sur la frontière sud du Liban.

Bref, les excuses fusent, mais elles sont un peu bancales. Sans compter que Tsahal, à la suite du meurtre des trois colons israéliens – qui avait été attribué au Hamas, sans preuves, et qui avait déclanché l’opération « Bordure protectrice » – vient de déclaré qu’il allait s’approprier 400 hectares en Cisjordanie, comme dédomagement. Depuis quand le vaincu réclame t-il des compensations?

La blague du jour nous vient du roi Abdallah d’Arabie saoudite: Si on les (les jihadistes de l’Etat Islamique) néglige, je suis sûr qu’ils parviendront au bout d’un mois en Europe, et un mois plus tard en Amérique.

Le début du basculement du monde

L’offensive menée par les Anglos-Saxons (États-Unis, Royaume-Uni et Israël) pour dominer le monde se poursuit sur deux lignes simultanées : à la fois la création du « Moyen-Orient élargi » (Greater Middle East) en attaquant simultanément l’Irak, la Syrie, le Liban et la Palestine, et la séparation de la Russie de l’Union européenne à travers la crise qu’ils ont organisée en Ukraine.

Dans cette course de vitesse, il semble que Washington veuille imposer le dollar comme monnaie unique sur le marché du gaz, la source d’énergie du XXIe siècle, à la manière dont il l’a imposé sur le marché du pétrole [1].

Les médias occidentaux ne couvrent presque pas la guerre du Donbass et leur population ignore l’ampleur des combats, la présence des militaires US, le nombre des victimes civiles, la vague des réfugiés. Les médias occidentaux traitent par contre avec retard les événements au Maghreb et au Levant, mais en les présentant soit comme la résultante d’un prétendu « printemps arabe » (c’est-à-dire, en pratique, d’une prise de pouvoir par les Frères musulmans), soit comme l’effet destructeur d’une civilisation violente en soi. Plus que jamais, il serait nécessaire de venir en aide à des arabes incapables de vivre paisiblement en l’absence de colons occidentaux.

La Russie est aujourd’hui la principale puissance capable de conduire la Résistance à l’impérialisme anglo-saxon. Elle dispose de trois outils : les BRICS, une alliance de rivaux économiques qui savent ne pouvoir grandir qu’avec les autres, l’Organisation de coopération de Shanghai, une alliance stratégique avec la Chine pour stabiliser l’Asie centrale, et enfin l’Organisation du Traité de sécurité collective, une alliance militaire d’anciens États soviétiques.

Au sommet de Fortaleza (Brésil), qui s’est tenu du 14 au 16 juillet, les BRICS ont franchi le pas en annonçant la création d’un Fonds de réserve monétaire (principalement chinois) et d’une Banque BRICS, comme alternatives au Fonds monétaire international et à la Banque mondiale, donc au système-dollar [2].

Avant même cette annonce, les Anglo-Saxons avaient mis en place leur réponse : la transformation du réseau terroriste Al-Qaïda en un califat afin de préparer des troubles parmi toutes les populations musulmanes de Russie et de Chine [3]. Ils ont poursuivi leur offensive en Syrie et débordé à la fois en Irak et au Liban. Ils ont par contre échoué à expulser une partie des Palestiniens vers l’Égypte et à déstabiliser plus profondément encore la région. Enfin, ils se tiennent à l’écart de l’Iran pour donner au président Hassan Rohani la chance d’affaiblir le courant anti-impérialiste des khomeinistes.

Deux jours après l’annonce des BRICS, les États-Unis ont accusé la Russie d’avoir détruit le vol MH17 de Malaysia Airlines au-dessus du Donbass, tuant 298 personnes. Sur cette base, purement arbitraire, ils ont imposé aux Européens d’entrer en guerre économique contre la Russie. Se plaçant comme un tribunal, le Conseil de l’Union européenne, a jugé et condamné la Russie, sans la moindre preuve et sans lui donner l’occasion de se défendre. Il a promulgué des « sanctions » contre son système financier.

Consciente que les dirigeants européens ne travaillent pas pour les intérêts de leurs peuples, mais pour ceux des Anglo-Saxons, la Russie a rongé son frein et s’est interdite jusqu’à présent d’entrer en guerre en Ukraine. Elle soutient en armes et en renseignements les insurgés, et accueille plus de 500 000 réfugiés, mais s’abstient d’envoyer des troupes et d’entrer dans l’engrenage. Il est probable qu’elle n’interviendra pas avant que la grande majorité des Ukrainiens ne se révolte contre le président Petro Porochenko, quitte à n’entrer dans le pays qu’après la chute de la République populaire de Donetsk.

Face à la guerre économique, Moscou a choisi de répondre par des mesures similaires, mais concernant l’agriculture et non pas les finances. Deux considérations ont guidé ce choix : d’abord, à court terme, les autres BRICS peuvent pallier aux conséquences des prétendues « sanctions » ; d’autre part, à moyen et long terme, la Russie se prépare à la guerre et entend reconstituer complètement son agriculture pour pouvoir vivre en autarcie.

En outre, les Anglo-Saxons ont prévu de paralyser la Russie de l’intérieur. D’abord en activant, via l’Émirat islamique (ÉI), des groupes terroristes au sein de sa population musulmane, puis en organisant une contestation médiatique lors des élections municipales du 14 septembre. Des sommes d’argent considérables ont été apportées à tous les candidats de l’opposition dans la trentaine de grandes villes concernées, tandis qu’au moins 50 000 agitateurs ukrainiens, mêlés aux réfugiés, sont en train de se regrouper à Saint-Petersbourg. La plupart d’entre eux ont la double nationalité russe. Il s’agit à l’évidence de reproduire en province les manifestations qui ont suivi à Moscou les élections de décembre 2011 —la violence en plus— ; et d’engager le pays dans un processus de révolution colorée auquel une partie des fonctionnaires et de la classe dirigeante est favorable.

Pour ce faire, Washington a nommé un nouvel ambassadeur en Russie, John Tefft, qui avait préparé la « révolution des roses » en Géorgie et le coup d’État en Ukraine.

Il importera pour le président Vladimir Poutine de pouvoir faire confiance à son Premier ministre, Dmitry Medvedev, que Washington espérait recruter pour le renverser.

Considérant l’imminence du danger, Moscou serait parvenu à convaincre Pékin d’accepter l’adhésion de l’Inde contre celle de l’Iran (mais aussi celles du Pakistan et de la Mongolie) à l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). La décision devrait être rendue publique lors du sommet prévu à Douchambé (Tajikistan) les 12 et 13 septembre. Elle devrait mettre un terme au conflit qui oppose depuis des siècles l’Inde et la Chine et les engager dans une coopération militaire. Ce retournement, s’il est confirmé, terminerait également la lune de miel entre New Delhi et Washington, qui espérait distancier l’Inde de la Russie en lui donnant accès notamment à des technologies nucléaires. L’adhésion de New Dehli est aussi un pari sur la sincérité de son nouveau Premier ministre, Narendra Modi, alors que pèse sur lui le soupçon d’avoir encouragé des violences anti-musulmanes, en 2002, au Gujarat dont il était le ministre-chef.

En outre, l’adhésion de l’Iran, qui représente une provocation face à Washington, devrait apporter à l’OCS une connaissance précise des mouvements jihadistes et des moyens de les contrer. Là encore, si elle était confirmée, elle réduirait la volonté iranienne de négocier une pause avec le « Grand Satan » qui l’avait conduit à élire cheik Hassan Rohani à la présidence. Ce serait un pari sur l’autorité du Guide suprême de la Révolution islamique, l’ayatollah Ali Khamenei.

De fait ces adhésions marqueraient le début du basculement du monde de l’Occident vers l’Orient [4]. Reste que cette évolution doit être protégée militairement. C’est le rôle de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC), constituée autour de la Russie, mais dont la Chine ne fait pas partie. À la différence de l’Otan, cette organisation est une alliance classique, compatible avec la Charte des Nations unies puisque chaque membre conserve le choix d’en sortir s’il le veut. C’est donc en s’appuyant sur cette liberté que Washington a tenté, au cours des derniers mois, d’en acheter certains membres, notamment l’Arménie. Cependant, la situation chaotique en Ukraine semble avoir refroidi ceux qui y rêvaient d’une « protection » états-unienne.

La tension devrait donc s’accroître dans les prochaines semaines.

Thierry Meyssan

Source: Voltairenet

 

Notes:

[1] « Qu’ont en commun les guerres en Ukraine, à Gaza, en Syrie et en Libye ? », par Alfredo Jalife-Rahme, Traduction Arnaud Bréart, La Jornada (Mexique), Réseau Voltaire, 7 août 2014.

[2] « Vers une nouvelle architecture financière », par Ariel Noyola Rodríguez, Réseau Voltaire, 1er juillet 2014. “Sixth BRICS Summit : Fortaleza Declaration and Action Plan”, Voltaire Network, 16 July 2014.

[3] « Un djihad mondial contre les BRICS ? », par Alfredo Jalife-Rahme, Traduction Arnaud Bréart, La Jornada (México), Réseau Voltaire, 18 juillet 2014.

[4] “Russia and China in the Balance of the Middle East : Syria and other countries”, by Imad Fawzi Shueibi, Voltaire Network, 27 January 2012.


 

 

 

Comparons ce qui est comparable

Je lis un peu partout sur la blogosphère, et ce depuis le lancement par Israël de sa énième opération « Sauve qui peut » à Gaza, des articles comparant les sionistes aux nazis. Même Erdogan y va de sa comparaison, mais bon, lui il est en campagne pour la présidentielle.

J’en vois certains se cabrer et penser que je prends la défense de Tel-Aviv… Rien de plus faux! J’ai une sainte horreur des extrémistes, qu’ils soient religieux ou politiques, voire même les deux.

Je pense simplement qu’il faut remettre les pendules à l’heure. Outre le fait que comparer le sionisme au nazisme expose le contrevenant à des poursuites (surtout en France), il faut savoir vivre avec son époque, et surtout regarder ce qui se passe dans le monde.

  • Quel groupe d’hommes (de diverses nationalités) est capable d’annexer, de façon unilatéral, des régions entières d’un pays qui ne leur appartient pas?
  • Quel groupe d’hommes est capable de massacrer des civils sans aucun états d’âme?
  • Quel groupe d’hommes est sur-militarisé, mais compense son manque de stratégie par un nombre de soldats quasi infini?
  • Quel groupe d’hommes asservit une population au nom d’une religion?
  • Quel groupe d’hommes est obligé de dépendre d’aides extérieures, car incapables de s’occuper d’économie?
    Alors, d’après vous, de qui se rapproche le plus le sionisme?

En tous cas, pour moi, je ne vois pas de différences entre les fondus de l’Etat Islamique et les fachos de Tel-Aviv. C’est la même chose. Les mêmes causes causant les mêmes effets…

Certains d’entre-vous (ou alors quelques hasbaristes en mal de reconnaissance), pour des raisons d’équité me feront remarquer que le gouvernement israélien a été démocratiquement élu, ce qui est loin d’être le cas des dirigeants de l’EI. Certes. Mais pour pouvoir se vanter d’avoir été élu démocratiquement, il faut déjà que l’état soit une démocratie…ce qui – à mon sens – n’est pas le cas d’Israël; pire, Israël n’est pas un état, puisqu’il n’a pas de constitution, ni aucune légitimité…

Par contre, est-ce de l’antisémitisme que de comparer les sionistes aux djihadistes?

Deux drones israéliens abattus au dessus de Gaza en 24 heures

Deux drones israéliens ont été abattus par les factions de la résistance palestinienne au dessus de Gaza ces dernières 24 heures alors que la médiation égyptienne, très critiquée et pas seulement par les palestiniens, vient d’être rejetée par au moins une faction palestinienne.

L’Egypte dont le nouveau régime ne cache pas son hostilité au Hamas palestinien a présenté une initiative visant à aboutir à un cessez-le-feu entre Israël et les factions palestiniennes à Gaza mais le contenu de cette initiative a été jugée par les palestiniens comme trop favorable aux intérêts du gouvernement israélien.

Le Front de Libération de la Palestine-Commandement Général (forces de gauche) a qualifié la médiation égyptienne de trahison à l’égard du peuple palestinien.

Le refus du Hamas d’une première offre de cessez-le-feu dans les conditions imposées par Tel-Aviv a fait l’objet d’une propagande visant à justifier l’extension et l’intensification des opérations militaires israéliennes dans la bande de Gaza.

Les bombardements israéliens continuent sur la bande de Gaza où les habitants redoutent l’usage par les israéliens d’armes prohibées.

 

Recep Tayyip Erdoğan et Israël: Je t’aime! Moi non plus…

Le Premier Ministre turc, Recep Tayyip Erdoğan, est candidat à la présidentielle; et comme tout bon prétendant qui se respecte, il fait des déclarations susceptibles de lui rapporter des voix. On assiste donc à des annonces toutes plus loufoques les unes que les autres, voici la dernière en date, où il fustige « l’usage disproportionné de la force contre des innocents » (par Israël dans la Bande de Gaza), appelant le monde et l’ONU à tout faire pour arrêter l’assaut.

Erdogan…l’homme qui mange à tous les râteliers. Capable de fermer les yeux sur les trafics d’armes et d’hommes sur ces frontières avec la Syrie, capable aussi, dans le même temps, de faire les yeux doux à Téhéran, tout en donnant un coup de main aérien et terrestre aux islamistes extrémistes opérant en Syrie et tentant – toute honte bue – de faire du chantage à l’OTAN concernant son système anti-missiles… Et maintenant, il vient au secours des palestiniens. Je propose de le nommer pour le prix Nobel de la Paix (ce ne sera pas pire qu’Obama).

Rappelons que depuis l’assaut des commandos israéliens sur la flotte de navires venus forcer le blocus de Gaza, en 2010, et qui a fait 10 morts parmi les activistes turcs; les relations entre Tel-Aviv et Ankara n’étaient sont plus au beau fixe. Toutefois, le président US a joué les médiateurs et poussé Israël à faire des excuses et à dédommager les familles des victimes (si Obama n’avait pas joué les entremetteurs, Erdogan aurait certainement laissé tomber l’aide aux djihadistes).

Certaines mauvaises langues vous diront que le commerce en revanche, se portait très bien entre les deux états les deux pays la Turquie et Israël, surtout pour ceux qui enfreignaient l’interdiction, dont le fils du premier ministre turc lui-même.

Bref, une fois de plus Erdogan nous prouve qu’en politique il n’y a pas d’amour propre, ni de honte, juste la volonté d’accéder au pouvoir suprême.

Dernière info: Bibi vient de lui répondre (ainsi qu’au reste du monde):

« Aucune pression internationale ne nous empêchera de frapper les terroristes qui nous attaquent… »

As usual…

US won’t allow Israelis visa-free entry amid increased spying on America

While the partnership between the Jewish state and the United States is often characterized as a special relationship, a new report has revealed Israel spies on the US more than any other ally.

In a report by Newsweek, former congressional aides and CIA employees state that Israel’s espionage efforts in the United States date back decades – not only nabbing industrial secrets but also obtaining “key components” for nuclear bombs, according to former CIA national intelligence officer Paul Pillar.

“I don’t think anyone was surprised by these revelations,” a former congressional aide told the magazine.“But when you step back and hear…that there are no other countries taking advantage of our security relationship the way the Israelis are for espionage purposes, it is quite shocking.”

As Israel attempts to gain visa-free entry into the United States for its citizens, closed-door meetings with the House of Representatives’ House Judiciary and Foreign Affairs committees have begun to turn to the country’s spy activities. One congressional staffer told Newsweek that testimony by US counterspies regarding Israel’s behavior is “very sobering… alarming…even terrifying.”

Previously, the reasons for denying Israel the visa exemption it desires were based on other factors, such as its treatment of Arab Americans and US Palestinians looking to enter the country, or its lack of machine-readable passports. Israel has also been criticized for failing to report lost or stolen passports in a timely manner.

Now, however, the US intelligence community has begun raising concerns over espionage activities that greatly exceed that of any other American ally, such as Germany and Japan. Of course, the US National Security Agency has been criticized for eavesdropping on German Chancellor Angela Merkel, but classified briefings state Israel’s spy activity has “crossed red lines.”

“If we give them free rein to send people over here, how are we going to stop that?” a former congressional aide said to Newsweek. They’re incredibly aggressive. They’re aggressive in all aspects of their relationship with the United States. Why would their intelligence relationship with us be any different?”

Currently, the US allows a visa exemption for 38 countries around the world. While Israel has lobbied hard to get its name on the list, aides to lawmakers said the country has not cooperated enough with the Department of Homeland Security to gain approval. Multiple aides said Israel has tried to rely on allies in Congress to push through its waiver request, so far without success.

Responding to the news that “a working group” has been created to move the process forward, several congressional aides dismissed the development – especially if Israel does little to halt its espionage activities.

“The Israelis haven’t done s**t to get themselves into the visa waiver program,” said a former aide who was involved in the issue. He added that it would be beneficial for Israelis to visit the US without visas, but only so far as they’re willing to resolve the concerns of the intelligence community.

“I’m sure it would spur investment and tourist dollars in our economy and so on and so forth,” the aide added. “But … They think that their friends in Congress can get them in, and that’s not the case. Congress can lower one or two of the barriers, but they can’t just legislate the Israelis in.”

Russia Today

De l’eau (méditerranéenne) dans le gaz

L’ennui, avec les sanctions, c’est qu’elles ont toujours un revers. Dans le cas de la Russie, l’Occident c’est vite aperçu que sa sévérité potentiel s’arrêtait aux vannes de gaz. Comment punir Moscou pour son support à la frange pro-russe ukrainienne, sans que cela influe trop sur la livraison du précieux gaz à l’Europe? Même si la majorité des pays européens ont donné leur accord pour les sanctions, l’Allemagne, semblerait-il, commence à réfléchir.

C’est donc dans l’optique de réduire leur dépendance au gaz russe, que les ministres de l’énergie des pays membres du G7 vont se réunir Lundi et Mardi à Rome. Trois pistes seront explorées:
1- La possibilité d’acheminer du gaz nord-américain,
2- Le recours au gaz du Proche-Orient,
3- Une aide US pour les pays de l’Europe de l’Est, afin qu’ils puissent puiser dans leurs ressources, riches en gaz de schiste.

Si on regarde de prés, tout ceci ressemble à s’y méprendre à un emplâtre sur une jambe de bois.
– Le gaz nord-américain? Issu de la fracturation hydraulique, sont avenir est des plus incertain. Sans même parler de son prix; quant à son acheminement par méthaniers, le voyage risque d’être long, donc encore plus coûteux.
– Le Proche-Orient. Suite à l’abandon du projet Nabucco, cette solution a du plomb dans l’aile. Il y a une autre solution, qui ravirait Tel-Aviv, et qui serait l’achat de gaz israélien. Le problème étant que l’usine de liquéfaction la plus proche se trouve en Egypte. Chypre est aussi sur la liste, mais sa proximité des côtes syriennes et libanaises ne plait pas à tout le monde.
De plus, la Syrie refusant de tomber entre les mains des rebelles islamistes, la construction d’un gazoduc reliant les pétromonarchies à la Méditerranée n’est pas pour demain.
– Les gaz de schiste d’Europe de l’Est…Beaucoup s’y sont cassé les dents, excepté les Etats-Unis, bien sûr. Pour plus d’informations, je vous renvoie vers le site de Laurent Horvath.

On peut aisément tirer quelques leçons de cette réunion.
Tout d’abord, il n’est fait mention nulle part de l’Afrique du Nord. Si l’Algérie continue ses livraisons, il n’en est rien pour la Libye. On peut facilement en déduire que l’Occident ne voit aucunes améliorations dans l’avenir de Tripoli.
Dans tous les cas, et si une des mesures envisagées venait à être mise en place, le seul gagnant serait l’Amérique du Nord; et éventuellement Israël.
Enfin, l’Occident est bien conscient que ses sanctions ne valent pas grand chose. D’ailleurs, le ministère de l’économie autrichien et OMV (société d’exploration et de production qui intervient principalement en Roumanie et en Autriche) ont rencontré les dirigeants de Gazprom pour envisager un autre itinéraire pour alimenter les consommateurs de gaz européens en gaz Russe.
Gazprom et la Turquie envisagent d’augmenter la capacité du pipe de gaz Blue Steam de 16 à 19 millions de m3 par an.

Comme on peut le voir, la société gazière russe est loin d’avoir peur des représailles…

Cauchemar sioniste

Lorsque les sionistes ont décidé de créer Israël, ils ont été obligés de prendre des mesures afin de protéger leur « patrie ». Le fait qu’ils s’accaparent des terres qui ne leur appartenaient pas risquait de leur coûter cher, surtout en étant cerné d’états arabes. Suite aux différentes guerres qui ont vu les sionistes gagner et les pays arabes perdre, Tel-Aviv a trouvé une parade pour de se protéger: créer une guerre intra-religieuse au sein de la communauté Musulmane. Quand tout un peuple (celui du Moyen-Orient) s’entre déchire, il ne pense pas à la reconquête de la Terre palestinienne.

Pour y parvenir, elle s’est appuyé sur le Wahhabisme prôné par l’Arabie Saoudite. Elle aurait pu, tout aussi bien s’appuyer sur le sunnisme ou le chiisme mais ces deux courants avaient un gros désavantage: celui d’être populaire. Lorsque vous voulez toucher le maximum de pratiquants, vous ne vous alliez jamais avec le plus puissant – le risque d’un retour de bâton étant trop important – mais la logique veut que vous fassiez une alliance avec le plus radical et donc, en général, le moins répandu. Israël jeta donc son dévolu sur Ryad.

Et cela a très bien fonctionné…jusqu’à aujourd’hui. Le problème? La Syrie. Ce pays était une cible de choix pour Tel-Aviv. Non seulement sa chute aurait gravement déstabilisé le Hezbollah – en le coupant de Téhéran – mais il aurait sonné le glas politique du chiisme. Bon nombre d’articles ont été écrits sur le morcellement des pays arabes, mais quelques uns oubliaient de préciser que cette partition se faisait sur des bases religieuses. C’est ainsi qu’en Syrie il aurait du y avoir une zone alaouite, une zone chrétienne, une autre encore chiite, etc…

Mais voila, la mise en échec de la « rébellion » islamiste par l’armée syrienne vient de mettre fin aux ambitions sionistes. Sans oublier les revers essuyés par les Frères Musulmans dans les pays où ils ont été élus. Le dernier d’entre-eux – Erdogan – est en train d’essuyer les plâtres. Sa décision de suspendre Twitter en a fait réagir plus d’un, à commencer par le président turc lui-même qui a exprimé son désaccord avec son premier Ministre par…un tweet!

« On ne peut pas approuver le blocage total des réseaux sociaux », a estimé le chef de l’Etat turc Abdullah Gül sur son compte Twitter.

Que reste t-il comme solution à Israël pour sauver une situation catastrophique? Pas grand chose. Relancer la guerre en Syrie? Les rebelles ayant perdus ce qu’ils avaient mis plusieurs mois à construire, la partie n’est pas gagnée d’avance, même en comptant sur des renforts et toujours plus d’argent; l’ultime façon d’aider les djihadistes serait de les équiper d’une aviation et de blindés, mais je pense que ce sera difficile de justifier l’emploi de telles armes aux yeux du reste du Monde. Ouvrir un autre front? En Turquie, par exemple; mais justifier cela en sachant que Ankara fait partie de l’OTAN ne sera pas, non plus, une partie de plaisir. Déstabiliser une autre région, proche du Moyen-Orient? En espérant que cela déteigne sur les pays limitrophes. Je pense bien sûr à l’Afghanistan et au Pakistan. Cette solution aurait, de plus, l’avantage pour Israël, de mobiliser une partie de l’attention de Moscou; mais elle aurait aussi le risque de voir l’Inde entrer dans la danse, même si Bombay n’a pas souvent fait entendre sa voix…

La dernière solution serait que les sionistes plient bagage…

Israël pratique le nettoyage ethnique de façon systématique (expert ONU)

Le rapporteur de l’ONU pour les territoires palestiniens,  Richard Falk a accusé vendredi Israël de pratiquer une politique de nettoyage ethnique à Jérusalem-Est.

« Les expropriations de biens et les démolitions de maisons palestiniennes, la construction de nouvelles colonies à Jérusalem-Est, l’impossibilité pour les Palestiniens d’y construire équivalent à une discrimination systématique basée sur l’identité ethnique », a  précisé Richard Falk qui subit des pressions multiformes dont des campagnes de diffamation à son encontre de la part des lobbies et des organisations pro-Sionistes à travers le monde.

Arrivé au terme de son mandat de six ans comme rapporteur de l’ONU, Richard Falk a confié son pessimisme et s’est senti plus libre de confier le fond de sa pensée. « Tout au long de ces six années, la situation du peuple palestinien et du droit international dans les territoires occupés n’a pas cessé de se détériorer », a déclaré le professeur juif américain avant de dénoncer  la poursuite de la construction du Mur, déclaré illégal par la Cour Internationale de Justice en 2004.

Environ 85% du Mur de séparation se trouve sur territoire palestinien en Cisjordanie et plus de 60% des 708 kilomètres prévus sont achevés, a-t-il dit en soulignant qu’Israël profite des crises en Syrie et en Ukraine qui détournent l’attention de la communauté internationale et permettent à l’Etat Sioniste de poursuivre sa « politique annexionniste »

Enfin, Richard Falk a émis une observation très intéressante soulignant  l’idiosyncrasie immuable des pro-sionistes en ce qui concerne leurs attaques ou campagnes de dénigrement à l’égard des personnes morales et physiques qui osent s’opposer à eux ou tout simplement dénoncer les pratiques criminelles des dirigeants israéliens. Falk qui a fait l’objet de diverses campagnes de diffamation a affirmé que ces dernières ont eu pour effet de détourner l’attention du message vers le messager et de parler des biais supposés de l’observateur plutôt que de ses observations.

Le Conseil des droits de l’homme doit nommer la semaine prochaine un nouveau rapporteur pour les territoires palestiniens et on peut supposer que Washington et ses alliés  bataillerons ferme pour que ce poste soit occupé par une personne acquise aux lobbies israéliens.