Syrie: les bataillons Zapad et Vostok à Alep, les bérets verts de la CIA à Palmyre

Le rôle des redoutables commandos tchétchènes des bataillons ZAPAD et VOSTOK dans les combats de rue pour la capture des derniers carrés de maisons  à Alep-est aurait été déterminant dans la victoire des forces syriennes, iraniennes et russes.

Alep est pratiquement sous le contrôle de Damas mais une nouvelle offensive de l’organisation terroriste connue sous le nom d’Etat Islamique en Irak et au Levant, solidement appuyée par les bérets verts de la CIA a totalement pris au dépourvu l’armée syrienne à Palmyre (Tadmor) où une base logistique gouvernementale a été prise d’assaut par une brigade terroriste. D’après des témoignages convergents, les forces rebelles ont eu recours à une nouvelle tactique: celle des essaims par vagues successives, s’assurant toujours d’une supériorité numérique de 10 contre 1 à un point d’attaque donné.

De toute évidence, russes et américains ne cachent plus l’implication directe de leurs forces spéciales dans les combats au sol en Syrie et on y assiste à une nouvelle course entre les militaires des deux puissances, rappelant étrangement la course endiablée entre américains et soviétiques vers Berlin en 1944-45.

Golan: un drone peut en cacher un autre…

YassirUAV

Le drone en provenance de Syrie ayant survolé durant plus de 63 minutes la portion occupée du plateau du Golan le 17 juillet 2016 serait, selon un site proche des milieux militaires israéliens, un UAV de fabrication iranienne dénommé « Yasser« ياسر et serait une copie améliorée (reverse engineering) d’un drone US ScanEagle ayant été piraté puis abattu par la défense spatiale iranienne au dessus de leur territoire le 17 décembre 2012.

Ce type de drones est utilisé par le Hezbollah libanais mais également l’armée syrienne. Le 17 juillet, un drone similaire a survolé une zone militaire israélienne interdite au Golan et a pu revenir à sa base sans être intercepté. Deux F-16 I Sufa israéliens ont vainement tenté d’abattre l’appareil sans pilote au moyens de missiles AA (Air-Air) Python après qu’une batterie de missiles Patriot ait échoué à le détruire.

Les missiles Patriot et Python ont fait l’objet de mesures de brouillage électronique puisque les deux missiles intercepteurs se sont auto-détruit en plein vol-on évoque une collision, alors qu’un missile AA lancé par l’un des F-16I a dévié de sa trajectoire en se dirigeant vers le sol.

Les technologies embarquées par le ScanEagle US ayant été capturé par les iraniens en 2012 étaient classifiées et faisaient partie d’un programme avancé supervisé par la DARPA (Defence Advanced Research Projects Agency). Une partie de ces technologies a été fournie par les iraniens aux russes et aux chinois.

C’est en quelque sorte le fruit d’un transfert de technologies par conflit interposé…

Vers un renversement de situation au Proche-Orient

La période du « Printemps arabe » touche à sa fin. Désormais, la Maison-Blanche et le Kremlin sont en train de redessiner les contours du « Moyen-Orient élargi ». Cependant, leur accord conclu avant l’intervention militaire russe en Syrie pourrait être modifié par le changement de l’équilibre des forces. Rien ne prouve que Moscou acceptera la stabilisation de la Syrie et fermera les yeux sur la partition de la Turquie et de l’Arabie saoudite qui vont commencer. Quoi qu’il en soit, le bouleversement qui s’annonce modifie la donne établie depuis cinq ans. La plupart des puissances impliquées essayent donc de retourner leur veste avant les autres.

La presse, dans quelque pays que ce soit, est tellement occupée à scruter la position de son propre État dans le conflit du Proche-Orient qu’elle ignore les négociations globales entre la Maison-Blanche et le Kremlin [1] et, du coup, interprète de travers les événements secondaires. Pour clarifier l’agitation diplomatique actuelle, nous devons donc revenir à l’accord USA-Russie de septembre dernier.

La partie publique de cet accord a été formulée par la Russie dans un document distribué le 29 septembre au Conseil de sécurité de l’Onu [2]. Il indique que, pour rétablir la paix et la stabilité en Afrique du Nord et au Proche-Orient, il faut et il suffit (1) d’appliquer les résolutions du Conseil de sécurité —ce qui implique notamment le retrait d’Israël sur ses frontières de 1967— et (2) de lutter contre l’idéologie terroriste —c’est-à-dire à la fois contre les Frères musulmans créés par le Royaume-Uni et soutenus par la Turquie, et contre le wahhabisme propagé par l’Arabie saoudite—.

Il avait été initialement prévu que la Russie fasse adopter une résolution en ce sens lors de la réunion du 30 septembre du Conseil de sécurité. Cependant, les États-Unis s’y sont opposés dans l’heure précédente [3]. Sergey Lavrov a alors présidé la séance sans évoquer son projet. Cet événement majeur ne peut s’interpréter que comme un désaccord tactique qui ne doit pas entraver un accord stratégique.

Le 20 octobre, le président Vladimir Poutine recevait au Kremlin son homologue syrien, Bachar el-Assad, en présence de ses ministres de la Défense et des Affaires étrangères, du secrétaire général du Conseil russe de sécurité nationale et du chef des services secrets. L’entretien portait sur l’application du plan russo-états-unien, incluant celle du Communiqué de Genève du 30 juin 2012 [4]. Le président el-Assad faisait valoir qu’il suit les instructions de ce Communiqué et, notamment, qu’il a intégré dans son gouvernement les partis d’opposition qui en ont fait la demande conformément à la description que le Communiqué fait d’un Organe gouvernemental de transition.

S’étant assuré que les deux pays avaient une même lecture du Communiqué de Genève, la Russie et les États-Unis décidèrent de mettre au pas les États dissidents, à savoir la France, la Turquie et l’Arabie saoudite. Sachant que la position française n’est pas fondée sur des intérêts réalistes, mais s’explique exclusivement par un fantasme colonial et par la corruption de son gouvernement par l’argent turc et saoudien [5], la Maison-Blanche et le Kremlin décidèrent de traiter uniquement la source du problème, à savoir Ankara et Riyad. Le 23 octobre, John Kerry et Sergey Lavrov reçurent donc leurs homologues turc et saoudien à Vienne. Aucun texte final n’a été publié. Cependant, il semble que la Russie ait menacé les deux invités sans que les États-Unis ne prennent leur défense.

Affolé d’une possible entente russo-états-unienne contre la Turquie et l’Arabie saoudite, la France convoqua alors un « dîner de travail », et non un « sommet diplomatique », à Paris. L’Allemagne, l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis, les États-Unis, l’Italie, la Jordanie, le Qatar, le Royaume-Uni et la Turquie « évoquèrent » et non « décidèrent » le sort de la Syrie. Le format de cette réunion correspond à celui du « Core Group » des « Amis de la Syrie », sauf l’Égypte qui a déjà secrètement rejoint le camp de la Syrie. Le fait d’avoir été contraint d’inviter les États-Unis a plombé la réunion. Là encore, pas de texte final.

Enfin, le 30 octobre, les États-Unis et la Russie réunissaient un plus vaste aréopage comprenant tous les participants aux deux réunions précédentes plus l’Égypte, la Chine, l’Irak, l’Iran, le Liban, Oman, l’Union européenne et les Nations unies. Si la presse s’est esbaudie de la présence de l’Iran qui avait été tenu à l’écart de tout règlement depuis le début du conflit, elle n’a pas relevé le retour de l’Égypte du maréchal al-Sissi qui rentre sur la scène internationale grâce à la découverte de ses nouvelles réserves de pétrole, ni de l’absence persistante de la principale puissance régionale, Israël. Ce dernier point ne peut s’expliquer que dans le cas où l’État hébreu avait obtenu préalablement la garantie de parvenir à un de ses objectifs de guerre, la création d’un État colonial au Nord de la Syrie.

Les participants ont tous été priés de signer une déclaration finale que seuls les Russes et les Iraniens ont prit soin de diffuser [6]. Et pour cause : elle marque la défaite des faucons US. En effet, dans son point 8, il est indiqué que le « processus politique » —et non pas le « processus de transition »— sera conduit par les Syriens, propriété des Syriens, et que le Peuple syrien décidera du futur de la Syrie [7]. Cette formulation lourde invalide le document Feltman qui constitue l’objectif depuis plus de trois ans des faucons US, des Français, des Turcs et des Saoudiens : la capitulation totale et inconditionnelle de la République arabe syrienne [8].

Le projet US se poursuit malgré l’accord avec la Russie

La suite des événements devrait donc logiquement être la mise au pas de la Turquie, de l’Arabie saoudite et de la France, ce qui pourrait être fait tout en poursuivant les objectifs initiaux US.

Pour la Turquie, après le scrutin probablement truqué du 1er novembre et la victoire de l’AKP [9], la guerre civile devrait s’étendre et se développer [10] jusqu’à la partition du pays en deux, puis à la fusion du Kurdistan turc, du Kurdistan irakien et d’un territoire arabe syrien occupé par les Kurdes syriens et les États-Unis. D’ores et déjà, le YPG et les États-Unis conquièrent ensemble un territoire arabe au Nord de la Syrie. Le YPG qui, jusqu’au mois dernier, recevait ses armes et ses soldes de Damas, s’est retourné contre la République arabe syrienne. Ses miliciens envahissent les villages conquis, expulsent les enseignants et décrètent la kurdisation forcée des écoles. Le Kurde, qui était parlé et enseigné à l’école, devient la langue unique et obligatoire. Les milices de la République arabe syrienne, notamment les Assyriens, en sont réduites à défendre leurs écoles par les armes contre leurs compatriotes kurdes [11].

De son côté le roi Salman d’Arabie saoudite doit encaisser sa défaite au Yémen ; un voisin qu’il avait envahi officiellement pour soutenir un président en fuite, en réalité pour exploiter avec Israël le pétrole du « Quart vide » [12]. Coup sur coup, les Émirats arabes unis et l’Égypte se sont retirés de sa Coalition. Les premiers après avoir essuyé de lourdes pertes parmi leurs officiers, les seconds plus discrètement, laissant les opérations militaires aux seules mains des Israéliens. Les Houthis, poussés vers le Nord par les bombardements, ont effectué plusieurs incursions en Arabie saoudite et y ont détruit des bases militaires aériennes et leurs matériels. Les soldats saoudiens, presque tous des étrangers servant sous écusson saoudien, ont déserté en masse contraignant le roi à prendre un décret contre les abandons de poste. Pour éviter un désastre militaire, l’Arabie saoudite a alors sollicité de nouveaux alliés. Contre de l’argent sonnant et trébuchant, le Sénégal a envoyé 6 000 hommes et le Soudan 2 000. La Mauritanie hésite à envoyer un contingent. Le roi, dit-on, aurait également sollicité l’armée privée Academi (ex-Blackwter/Xe) qui recruterait actuellement des mercenaires en Colombie. Ce fiasco est directement imputable au prince Mohammed ben Salmane, qui a revendiqué l’initiative de cette guerre. Ainsi, il affaiblit l’autorité de son père, le roi Salman, et fait gronder la contestation des deux clans exclus du pouvoir, ceux de l’ancien roi Abdallah et du prince Bandar. Logiquement ce conflit devrait aboutir à un partage de leur héritage entre les trois clans et donc à un partage du royaume en trois États.

Ce n’est qu’après ces nouveaux conflits que la paix devrait revenir dans la région, sauf dans la partie arabe colonisée par le nouveau Kurdistan, appelée à devenir le nouveau point de fixation des antagonisme régionaux en lieu et place de la Palestine.

Mais même écrit, le futur est incertain. Le renversement du rapport de forces entre Washington et Moscou [13] pourrait modifier leur accord.

Les rats quittent le navire

Alors que les mauvais joueurs annoncent sans sourciller que l’intervention militaire russe en Syrie n’apporte pas les résultats escomptés par Moscou, les jihadistes en fuite se replient en Irak et en Turquie. Le chef d’état-major US, le général Joseph Dunford, a admis, le 27 octobre lors d’une audition au Sénat, que désormais les armes parlaient en faveur de la République arabe syrienne [14]. Tandis que le Commandeur suprême de l’Otan, le général Philip Breedlove, a déclaré, le 30 octobre lors d’une conférence de presse au Pentagone, que c’est une litote de dire que la situation évolue de jour en jour et menace désormais la sécurité de l’Europe [15].

Force est de constater que l’alliance entre les partisans du chaos et ceux de la recolonisation va non seulement perdre en Syrie, mais que l’Alliance atlantique elle-même ne peut plus prétendre à la domination globale. Du coup, une soudaine agitation traverse les chancelleries, beaucoup affirmant qu’il est temps de parvenir à la paix —ce qui sous-entend qu’ils pensaient jusque là différemment—.

Les « retournements de veste » qui s’annoncent à propos de la Syrie auront comme première conséquence la consécration du rôle international de la République islamique d’Iran et de la Fédération de Russie ; deux acteurs que la presse occidentale présentait, il y a quatre mois encore, comme totalement isolés et voués à de terribles difficultés économiques ; deux puissances qui sont désormais les premières forces militaires, régionale pour l’Iran et globale pour la Russie ; et comme seconde conséquence le maintien au pouvoir du président el-Assad dont on annonce depuis cinq ans qu’« il doit partir ».

Dans ce contexte, la propagande de guerre continue imperturbablement, affirmant que si ce ne sont pas les bombardements russes qui tuent des civils, c’est l’armée syrienne qui les bombarde ; imputation confirmée par la matrice des organisations terroristes, les Frères musulmans, via leur Observatoire syrien des Droits de l’homme. Ou encore que la Russie est pressée de négocier car son intervention lui revient cher —comme si elle ne l’avait pas budgétisée durant sa longue préparation—. Jamais à court d’invention, le directeur de la CIA, John Brennan, prétend quant à lui que la Russie s’apprête à lâcher le président el-Assad, alors même que le président Poutine s’est gaussé de cette auto-persuasion quelques jours plus tôt, au Club de Valdai.

En France, la révolte gagne la classe politique. Les quatre principaux leaders de la droite, Dominique de Villepin, François Fillon, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy ont chacun de leur côté déclaré qu’il est absurde de s’aliéner la Russie et de ne pas reconnaitre la défaite en Syrie. Cependant Alain Juppé, qui joua un rôle central dans le début de la guerre, notamment en signant un traité secret avec la Turquie, persiste à conserver l’objectif de renverser la République arabe syrienne, plus tard. À gauche, plusieurs leaders envisagent de prochains voyages à Damas.

La panique devant les changements prévisibles est en fait générale. Si Nicolas Sarkozy s’est précipité chez le président Poutine, le vice-chancelier allemand, Sigmard Gabriel, également [16]. Il a plaidé pour que l’on referme les contentieux et les aigreurs du passé et que l’on renoue le dialogue avec la Russie. Il était temps.

Thierry Meyssan

Source: Voltairenet

Notes:

[1] « Moscou et Washington entendent refonder les relations internationales », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 octobre 2015.

[2] « Proposition russe d’un débat au Conseil de sécurité sur le terrorisme », Réseau Voltaire, 1er octobre 2015.

[3] “Lavrov to chair Security Council’s meeting on fighting terrorism”, Tass, September 30, 2015.

[4] « Communiqué final du Groupe d’action pour la Syrie », Réseau Voltaire, 30 juin 2012.

[5] « Pourquoi la France veut-elle renverser la République arabe syrienne ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 octobre 2015.

[6] “Joint Statement on the outcome of the multilateral talks on Syria”, Voltaire Network, 30 October 2015.

[7] “This political process will be Syrian led and Syrian owned, and the Syrian people will decide the future of Syria”.

[8] « Deux épines dans le pied d’Obama », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 31 août 2015.

[9] « Vers la fin du système Erdoğan », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 15 juin 2015.

[10] « La Turquie en danger », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 27 juillet 2015.

[11] « Les États-Unis et Israël débutent la colonisation du Nord de la Syrie », Réseau Voltaire, 1er novembre 2015.

[12] « Les projets secrets d’Israël et de l’Arabie saoudite », par Thierry Meyssan ; « Pourquoi l’Occident est-il silencieux sur la guerre du Yémen ? », par Martha Mundy, Traduction Alasso, Counterpunch, Réseau Voltaire, 22 juin et 4 octobre 2015.

[13] « L’armée russe affirme sa supériorité en guerre conventionnelle », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 19 octobre 2015.

[14] “Dunford Tells Senate Now is Time to Reinforce Iraqi Success Against ISIL”, Jim Garamone, DoD News, October 27, 2015.

[15] “Department of Defense Press Briefing by General Breedlove in the Pentagon Briefing Room”, October 30, 2015.

[16] « L’Allemagne tente de se sortir du conflit syrien », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie), Réseau Voltaire, 29 octobre 2015.

Maghreb: Après le patron du renseignement US, le Chef de la diplomatie iranienne en visite à Alger

Après la visite du patron du renseignement US à Alger, c’est au tour du ministre Iranien des Affaires étrangères d’y effectuer une visite. Au menu de cette visite à volets coulissants, la lutte contre Daech mais surtout le conflit syrien, l’épineux dossier de l’Opep et la situation au Yémen.

Le Qatar et la Turquie avaient les premiers proposé un éventuel refuge du président syrien Al-Assad en Iran mais cette proposition, qualifiée de saugrenue par des officiels syriens, vient de rebondir de Washington. A la différence que cette fois-ci les américains évoquent l’Algérie comme lieu d’asile. Silence de morts à Alger. La proposition à valeur de ballon-sonde a une portée politique et par ricochet un autre objectif assez éloigné des labyrinthes levantins.

De toute évidence, quelque chose se trame et la chose semble évoluer un peu plus vite que prévu. Au jeu d’ombres chinoises des uns répond un vaudeville amateur des autres.

Iran: l’Allemagne en VRP d’Israël

Téhéran a catégoriquement rejeté le très étrange appel du vice-chancelier Allemand Sigmar Gabriel, lui enjoignant de reconnaître l’entité sioniste d’Israël.

Sentiment de culpabilisation porté à son paroxysme en raison de l’histoire récente et sélective de l’Allemagne , lobbying très opportuniste et intérêt personnel motivé par l’ambition personnelle, Sigmar Gabriel croit-il réellement à ce qu’il est en train d’entreprendre ou s’agit-il d’une énième et interminable génuflexion de l’Etat fédéral Allemand à l’endroit des puissants lobbies sionistes et autres « Maîtres chanteurs de Nüremberg » (Die Meistersinger von Nürnberg)?

En attendant, le nouveau chantage est exercé par l’Allemagne. Lors de la visite du vice-chancelier Allemand à Téhéran en date du 19 juillet 2015, Sigmar Gabriel qui détient également le porte-feuille de l’économie a affirmé que si la République Islamique d’Iran veut avoir des relations économiques et commerciales plus importantes avec l’Allemagne et d’autres pays de l’Union Européenne (à croire que c’est l’Allemagne qui domine politiquement cette union), Téhéran n’a qu’a améliorer ses relations avec Tel-Aviv!

Cette visite qui s’inscrit dans la foulée de l’Accord conclu sur le nucléaire iranien et qui ne vise qu’à gagner du temps de part et d’autres et à servir de casus belli le cas échéant, a plus servi les intérêts israéliens que ceux du patronat allemand qui s’est toujours intéressé au plus haut point à l’Est et entre autres le marché iranien « lorsque ou si les sanctions seront un jour levées ».

Un vice-chancelier Allemand en VRP pour le compte du produit « Israël ». Décidément l’Allemagne de Mme Merkel est très loin de celle de Gerhard Shröder et ce n’est pas un hasard si le mandat de ce dernier a tellement affolé les milieux sionistes que ces derniers ont commencé à halluciner sur le procès de Nuremberg à l’envers…!

Le patronat Allemand peut maugréer. On le prive du fabuleux marché russe et on lui interdit l’accès à l’Iran sauf si ce dernier reconnaît officiellement Israël…Il y a quelque chose qui cloche dans cette logique pas très  teutonne. Il faut croire que les révolutions colorées version 2.0 et autres « printemps arabes » ont lamentablement échoué pour en arriver à de telles extrémités.

 

Passé totalement sous silence: le festival international de caricatures sur l’holocauste

Exploitant à fond le véritable tabou crée de toutes pièces autour de ce que l’on appelle l’holocauste en Europe et en Amérique du Nord, l’Iran a organisé en avril 2015 un festival international de caricatures sur l’holocauste.

L’évènement visait également à sonder les limites de la liberté d’expression dans le monde dit libre, prétexte fallacieux avancé par certains gouvernements occidentaux pour tenter de justifier la publication de caricatures injurieuses à l’encontre du prophète Mohamed. L’affaire montée de toutes pièces de l’hebdomadaire français « Charlie-Hebdo » étant devenue un cas d’école étudié en Iran dans le cadre des opérations de la guerre psychologique et de la manipulation émotionnelle des masses en utilisant de fausses représentations de la réalité à travers la création d’un ennemi imaginaire désigné.

Passé totalement sous silence, le festival a attiré des caricaturistes d’Asie, d’Europe méridionale et orientale, d’Amérique du Sud et du monde Arabe.

Affiche du festival international de caricature sur l'holocauste.
Affiche du festival international de caricature sur l’holocauste. Sur la présentation de la manifestation, les organisateurs ont tenu à préciser qu’ils ne sont nullement antisémites.

Pour les organisateurs de cette manifestation culturelle, le simple fait d’avoir été censuré par l’ensemble des médias dominants est une réussite dans la mesure où cela prouve les limites de cette notion de liberté d’expression dans le monde dit libre, un slogan cher à l’ex-président américain Ronald Reagan.

Il s’agissait donc du premier concours international de caricature sur le sionisme et l’holocauste. Un fait inédit depuis la très lourde chape de plomb qui s’est abattue sur le sujet depuis la fin de la seconde guerre mondiale en 1945.

Les caricatures ont été publiées sur le net mais les sites qui les ont mis en ligne ont connu ou connaissent des « difficultés  techniques » sinon la suspension pure et simple.

"Camp Nazi" par Maziar Bijani.
« Camp Nazi » par Maziar Bijani.
"Apprentissage obligatoire de l'holocauste" par Maziar Bijani.
« Apprentissage obligatoire de l’holocauste » par Maziar Bijani.
"Liberté d'Expression" par Shahin Kalantary
« Liberté d’Expression » par Shahin Kalantary

 

"Statistiques exactes"
« Statistiques exactes »
"Anti-Nazi"
« Anti-Nazi »
"La Vache Européenne"
« La Vache Européenne »
"La Race Supérieure"
« La Race Supérieure »
DVX2
« Les Dix commandements »
"Le Danger du déni de l'Holocauste"
« Le Danger du déni de l’Holocauste »
"Liberté d'expression absolue"
« Liberté d’expression absolue pour les révisionnistes »
"Le Mur des Lamentations...Occidental"
« Le Mur des Lamentations…Occidental »

 

 

Fait assez intéressant, en marge de ce concours s’est tenu une conférence sur Facebook en tant que produit collatéral de l’industrie de l’Holocauste où l’on a appris que la plupart des dirigeants exécutifs de ce réseau « social » se prétendent descendants de survivants des camps de travail nazis…Décidément, ce mythe post-moderne, fort lucratif, risque de perdurer encore un autre demi-siècle.

 

 

« Daech » cherche un avantage comparatif en optant pour les armes chimiques

Faisant face à une opération militaire de grande ampleur chapautée par l’Iran, l’organisation terroriste Daech semble avoir usé d’armes non-conventionnelles pour stopper l’avancée des forces irakiennes et iraniennes. C’est en tout cas ce que laissent suggérer des documents vidéos iraniens et britanniques.
Les hordes de Daech en Irak disposent d’obus chimiques dont l’usage lors des combats est rapporté côté irakien. Ce fut le cas il y a une dizaine de jours lorsque des obus de mortier tirés par Daech ont causé la mort par asphyxie ou par contusion de dizaines de miliciens et de soldats irakiens près de Tikrit, la ville natale de l’ex-Président irakien Saddam Hussein.
Des informations de plus en plus convergentes rapportent l’intérêt croissant de Daech pour la maîtrise d’un vecteur biologique fiable et utilisable sur le champ de bataille ou sur des populations civiles.
Il est à rappeler que des groupes alliés ou précurseurs de Daech en Syrie ont usé à plusieurs reprises de roquettes artisanales bourrées avec des produits chimiques et que Daech en Syrie a tenté à plusieurs reprises d’utiliser des germes pour polluer des sources d’eau, des retenues collinaires  ou des barrages d’alimentation en eau potable.
Enfin, c’est en Libye que les groupes affiliés à Daech risquent également d’utiliser des armes chimiques. En 2012, des obus chimiques ont été utilisés par la milice de Misrata contre des milices rebelles qualifiées de pro-Gaddafistes et l’on estime qu’au moins deux grandes milices libyennes disposent d’obus d’artillerie à tête chimiques pillées dans les arsenaux de l’ex-armée libyenne.

La Syrie utilise des chars T-80 dans sa bataille pour le contrôle du Golan et de la ligne de démarcation avec Israël

Jamais l’armée syrienne n’a jeté tout son poids dans une bataille aussi décisive que celle en cours dans la province de Deraa. Prinicpal enjeu: la reprise des territoires capturés par le Front d’Ennosra dans le Golan syrien et la rupture du soutien israélien aux groupes de la rébellion syrienne.

Les unités de la IIIe et de la Ve Divisions blindées de l’armée syrienne, accompagnées par des unités de la VIIe Division d’infanterie mécanisée et du 100e Régiment d’artillerie de la Garde Républicaine, soutenues par les unités spécialisées du  Hezbollah libanais et des unités d’élite du Corps des Gardiens de la Révolution iranienne tentent d’éliminer de manière définitive le territoire tampon crée par Ennosra entre les territoires sous contrôle syrien et les territoires sous contrôle israélien.

Le front Ennosra issu de l’ancienne Al-Qaïda est fortement soutenu par l’armée israélienne, laquelle n’avait pas hésité à lui fournir un appui feu et un soutien logistique à plusieurs reprises durant les derniers dix-huit mois.

L’Iran dont l’implication militaire s’étend de plus en plus dans la région a clairement mis en garde Tel-Aviv que toute nouvelle tentative de fournir un appui feu direct à El-Nossra pourrait entraîner une intervention plus massive des troupes iraniennes en Syrie.

Sur le terrain, aux côtés des chars T-55 et T-72 M, l’armée syrienne vient d’utiliser des dizaines de chars T-80 B dont l’armée syrienne n’avait jamais fait l’acquisition mais lesquels pourraient avoir été livrés en urgence par la Russie pour remplacer les pertes subies durant le conflit. Cependant, il s’avère que de plus en plus d’unités blindées de l’armée syrienne sont en train de remplacer le T-72 M par le T-80 B, une alternative mieux équipée.

La vaste opération militaire menée par Damas avec l’aide des forces iraniennes dans le Sud de la Syrie coïncide avec l’entrée en force des forces iraniennes en Irak contre Daech, notamment à Tikrit, terre natale de l’ex-Président irakien Saddam Hussein, dans la province de Salaheddine et c’est grâce aux iraniens que les milices irakiennes ont pu reprendre du terrain à Daech.

Guerre au Moyen-Orient: Consécration absolue du Su-25

Deux avions de combat Sukhoi Su-25 des forces aériennes des Pasdarans iraniens en action. Cet avion d'attaque au sol a été la révélation des guerres en cours en Syrie et en Irak. Son efficacité est telle qu'il est devenu l'une des principales hantises des groupes rebelles armés.
Deux avions de combat Sukhoi Su-25 des forces aériennes des Pasdarans iraniens en action. Cet avion d’attaque au sol a été la révélation des guerres en cours en Syrie et en Irak. Son efficacité est telle qu’il est devenu l’une des principales hantises des groupes rebelles armés.

Su-25Vague équivalent du A-10 Warthog de l’US Air Force, le bon vieux Sukhoi Su-25 (Code Otan: Frogfoot) a fini par connaître une véritable consécration dans la guerre en cours au Moyen-Orient du littoral méditerranéen de la Syrie aux confins frontaliers entre l’Irak et l’Iran.

Avion de soutien tactique au sol, le Su-25 a fait ses preuves au combat. Son usage intensif est la cause de la disparition de certains groupuscules armés de la rébellion, notamment en Syrie et l’une des secrets derrière l’avancée des forces combinées iraniennes aux côtés des milices Chiites et des forces sunnites tribales dans la province de Salaheddine en Irak face à Daech.

Cet avion d’attaque au sol a connu un tel succès au Levant que d’autres armées dotés d’armement russe dans le monde sont en train de réhabiliter des escadrilles de bombardement tactique dotées de cet appareil.

En 2014, Damas avait choisi des Su-25 fournis par l’Iran pour aller provoquer les défenses britanniques sur l’île de Chypre et non pas des Mikoyan-Gurevitch Mig-29.

Des experts estiment que l’usage de F-16 égyptiens en Cyrénaïque contre Daech n’a pas atteint les objectifs escomptés tout en soulignant l’efficacité d’un usage éventuel de Su-25 au dessus de la Libye où les belligérants sont en train de se doter d’avions de combat.

Nucléaire iranien, une excuse comme une autre…

Une excuse, voilà ce qu’est pour moi la « crise » occidentalo-iranienne à propos du nucléaire. Pour ceux qui auraient raté un épisode, cela fait quelques années que les USA, Israël, et tous leurs alliés (France, Angleterre…) cherchent à tout prix à déposséder Téhéran de son nucléaire civil. La raison invoqué est la possibilité pour l’Iran de parvenir à fabriquer des armes atomiques – remarquez au passage, que pour une fois, l’expression « Arme de destruction massive » n’a pas été utilisée – ce qui selon eux équivaudrait à laisser un enfant jouer avec un AK-47.

Bien que le Guide suprême religieux iranien ( l’Ayatollah Ali Khamenei) se défende de vouloir posséder le feu nucléaire, rien n’y fait, les pays occidentaux ne veulent rien entendre. Les iraniens doivent produire de l’électricité avec du charbon, du pétrole, des éoliennes ou alors en pédalant dans les caves, mais en aucun cas, ils ne doivent avoir de centrales nucléaires sur leur territoire même si elle était commandée à une entreprise occidentale. Par contre, les pays du Golfe, Arabie Saoudite en tête, peuvent en construire autant qu’ils le veulent, nonobstant le fait que ce sont eux qui fournissent les armes aux rebelles de tout poil qui ravagent le Moyen-Orient.

Ce n’est pas tant l’impossibilité pour Téhéran de produire de l’électricité à moindre coût qui pose problème ici, mais bel et bien l’embargo imposé par l’occident. L’interdiction d’exporter du pétrole ou du gaz a mis à genoux l’économie iranienne; la pénurie de médicaments n’arrange pas les choses, non plus; et tout ça pour quoi? Pour rien! Juste pour faire plaisir à Tel-Aviv.

Car depuis quelques mois, des négociations ont lieu, régulièrement, entre l’occident et l’Iran. Ces réunions dites à 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) tentent de trouver une solution, mais c’est peine perdue. La Russie et la Chine faisant corps avec l’Iran, les USA, la France et l’Angleterre appliquant les ordres d’Israël, il n’y a guère que l’Allemagne qui tire son épingle du jeu en vendant son armement à chaque participant…

Il y a eu des progrès notables, surtout depuis l’élection du nouveau président iranien, un peu moins matamore que l’ancien, plus réfléchi, et surtout plus posé. Une partie de l’embargo avait été levé, et il semblait que l’on se dirigeait vers une solution. Mais voilà, lors de la dernière réunion, rien de bien intéressant n’est ressorti. Pourtant, les pays occidentaux commençaient à faire du pied à l’Iran, doucement, sous la table afin de compter sur l’appui aérien pour la lutte contre Daech; car il ne faudrait pas oublier que Téhéran a été le premier pays frontalier à bombarder les sites détenus par l’EIIL en Irak, en Syrie aussi, et cela dès le mois de Juillet. Et pourtant, rien…

Heureusement, le fin mot de l’histoire nous vient de Washington où c’est tenu le Saban Forum sur le Proche-Orient. Lors de cette réunion, un enregistrement du premier ministre israélien à été diffusé, et nous en savons donc plus sur ce qui c’est passé là-bas:

Israël a joué un rôle clé pour éviter un mauvais accord entre les grandes puissances et l’Iran sur le programme nucléaire de Téhéran le mois dernier.
(…)
(Notre) voix ainsi que nos inquiétudes ont joué un rôle décisif pour éviter un mauvais accord.
(…)
Un tel accord aurait véritablement permis à l’Iran d’être au seuil de devenir une puissance nucléaire.
(…)
Le but d’Israël ést à présent de travailler à un accord qui démantèlerait toute capacité de Téhéran de fabriquer des armes.

Vous noterez qu’il n’est pas fait mention du type d’armes, ce qui laisse une assez grande liberté d’interprétation. Quand on sait que le lancé de caillou est interdit en Israël, les carrières pourraient elles aussi être bombardées…
Mais le problème n’est pas là, non, il se situe aux États-Unis où le Congrès pourrait voter une loi qui imposerait des sanctions conditionnelles contre Téhéran, ce qui aurait pour effet immédiat (je cite l’administration US): « De faire capoter la voie diplomatique… »

Que reste t-il lorsque la voie diplomatique est une impasse?
Une excuse… Une excuse minable pour faire tomber un pays de plus dans le chaos…

Quelques nouvelles de l’Empire du milieu

Voici quelques infos concernant la Chine. Commençons par le militaire, Pékin va conduire un exercice militaire naval conjoint avec Téhéran. La flotte chinoise est arrivée au port de Bandar Abbas le 20 Septembre, elle est constituée de deux navires, un destroyer et une frégate. Cependant, et malgré les déclaration chinoises et iraniennes, un certain flou règne quand à la date de l’exercice.

Seul le programme est connu. Il s’agira pour les deux flottes de se livrer à des exercices visant à «établir la paix, la stabilité, la tranquillité et la coopération multilatérale et mutuelle» entre les deux pays; en s’entrainant pour des exercices de sauvetages, et en testant l’état ​​de préparation technique des flottes respectives; et ceci sur cinq jours. Autre programme, chaque équipages aura le droit à une visite des navires de l’autre partie.

Cette information sur un exercice commun, fait suite à la déclaration de la marine iranienne qui a annoncé avoir déjoué une attaque de pirates sur un navire porte-conteneurs chinois dans le golfe d’Aden. Cette info – assez difficile à vérifier – tendrait à prouver un rapprochement entre la Chine et les pays non-alignés du Moyen-Orient. Mais c’est aussi une forme d’alliance donnant-donnant. Pékin se fournit en gaz et pétrole auprès de Téhéran, et Téhéran protège les navires chinois. Est-ce le prélude à une véritable alliance militaire? Téhéran envisage de commander quatre nouveaux réacteurs nucléaires à Moscou, ce qui ne va pas diminuer le mécontentement occidental. L’exercice naval non plus.

D’un point de vu économique, Pékin vient de livrer une info intéressante: l’assemblage final du C-919 vient de débuter. Le C-919 est l’avion civil de la société COMAC (Commercial Aircraft Corporation of China). Ce moyen-courrier doté d’une autonomie comprise entre 4 000 et 5 500 km pourra embarquer 168 passagers. D’après le fabricant, biréacteurs est construit aux normes aéronautiques internationales et devrait être plus performant que ses concurrents directs.

L’objectif est clair pour la Chine: proposer une alternative aux deux principaux constructeurs mondiaux que sont Boeing et Airbus. Si les grandes compagnies nationales occidentales ne seront pas forcément intéressées, il n’en va pas de même pour les compagnies low cost et les compagnies aériennes des pays émergents. Un nouveau marché qui, malgré la crise économique de 2008, se porte comme un charme. Quelle sera la réponse des deux intéressés?

De l’art de manger à tous les râteliers

Grande première depuis 1996, le président iranien en exercice – Hassan Rohani – est en visite d’état en Turquie. Lors d’une entrevue avec son homologue turc (Abdullah Gül), ils se sont engagés à coopérer pour mettre un terme aux conflits qui agitent le Moyen-Orient, notamment en Syrie.

Si ne ne peut pas remettre en cause la volonté de Téhéran de sortir Damas de la guerre, il n’en va pas de même avec Ankara.

Bon, même si cela me désole, il faut bien trouver des circonstances atténuantes au gouvernement turc; les mêmes que pour l’Occident: les ressources énergétiques. Ankara dépend en grande partie de la Russie et de l’Iran pour ses approvisionnements; or si la Turquie n’a pas trop pris parti sur le conflit ukrainien (et par là même préservé ses accords avec Moscou), ses attaques répétées contre le régime syrien pourraient vite se retourner contre elle si Bashar al-Assad sort vainqueur du conflit qui ravage la Syrie depuis plus de trois ans.

De plus, pour augmenter ses apports énergétiques, le plus court serait de passer par l’Iran. Mais Téhéran est sous le coup d’un embargo lié à son programme nucléaire et qui diminue ses livraisons de pétrole et de gaz. Une solution temporaire a été trouvée en achetant du pétrole à la région autonome kurde d’Irak. Cependant, Bagdad n’est pas d’accord avec cette solution et des échanges houleux ont eu lieu entre Bagdad et la Région Autonome Kurde (et ont toujours lieu, aux dernières nouvelles).

Mais revenons-en à l’échange qui nous intéresse, le cas de la Syrie. Voici les déclarations de Hassan Rohani:

L’instabilité qui existe dans la région ne sert personne, ni dans la région, ni dans le monde. Nos deux pays ont accepté de travailler ensemble et de faire de leur mieux.

Evoquant plus précisément la situation en Syrie et en Egypte, M. Rohani a jugé important que ces deux pays puissent bénéficier de la stabilité et de la sécurité, que le vote de leurs peuples soit respecté et qu’il soit mis un terme à la guerre, aux effusions de sang et aux tueries entre frères.

Et celles d’Abdullah Gül:

Nous souhaitons tous les deux faire cesser les souffrances dans la région (…) nous sommes déterminés à y parvenir. Les efforts conjoints de la Turquie et de l’Iran peuvent apporter une contribution importante à cet effort.

Vous noterez que le président turc ne mentionne pas les élections présidentielles syriennes; et pour cause, si Téhéran à félicité Bashar al-Assad pour sa victoire à la présidentielle du 3 juin organisée dans les zones contrôlées par le régime; le ministère turc des Affaires étrangères a qualifié lundi ce scrutin de nul et non avenu et d’impossible à prendre au sérieux…

Que faut-il voir dans ces déclarations de l’Etat turc? Une énième bravade? Un appel du pied à Moscou? Ou tout simplement une tentative de rallier les électeurs avant les élections présidentielles? Sûrement un peu des trois, mais lorsque l’on connait le ressentiment de plus en plus grand qui agite le peuple, on peut se dire que tout n’est pas gagné pour Gül et Erdogan…

La guerre du gaz n’aura pas lieu! Du moins, en Europe…

Cette semaine aura vu une réunion extraordinaire des ministres de l’énergie européens, afin de repenser (encore une fois) l’approvisionnement de l’Union Européenne en gaz. Il faut les comprendre, l’échéance de paiement imposé (par contrat) par Moscou à son voisin ukrainien arrivant à grands pas, il fallait bien tenter de trouver une solution.

Mais heureusement pour eux (!), il semblerait que tout soit en passe de rentrer dans l’ordre. Kiev, dans un effort désespéré, s’est fendu d’un premier chèque de 786 millions de dollars Vendredi dernier. Ne reste plus « que » 3.5 milliards de dollars US et l’ardoise sera réglée. Cependant tout va dépendre de la réunion tripartite entre les responsables ukrainiens, russes et le commissaire européen à l’Energie, Günther Oettinger, qui doivent se retrouver lundi à Bruxelles pour une nouvelle série de négociations sur les livraisons de gaz russe à l’Ukraine.

En théorie, si aucun accord n’est trouvé, la Russie pourrait couper l’arrivée de gaz, privant ainsi l’Ukraine – mais aussi et surtout l’Europe – de la précieuse ressource naturelle. Mais gageons qu’une échappatoire va être trouvée, surtout à quelques jours d’une commémoration qui réunira tous les protagonistes sur les plages normandes; et une commémoration à couteaux tirés ne doit pas faire partie du scénario.

Pour info, lors de la réunion européenne, certains politiciens ont suggéré que l’Union Européenne pourrait (sous certaines conditions, indépendantes de leurs volontés) acheter du gaz à…l’Iran! Rien que ça!
Ils sont bien conscients que cette possibilité est suspendue à l’accord sur le programme nucléaire de Téhéran, sans oublier l’embargo décrété par Washington et Tel-Aviv, et qui lui n’est pas prêt d’être suspendu.
D’un autre côté, ces braves hommes ont aussi omis quelque chose d’une grande importance: l’acheminement dudit gaz! Toujours le même problème…
– La voie maritime est longue et risquée (piratages au large de la Somalie);
– Et la livraison par gazoduc implique de traverser (pour aller au plus court), la région autonome kurde en Irak, et…la Syrie!

On est loin de voir du gaz iranien chauffer nos maisons…

Cauchemar sioniste

Lorsque les sionistes ont décidé de créer Israël, ils ont été obligés de prendre des mesures afin de protéger leur « patrie ». Le fait qu’ils s’accaparent des terres qui ne leur appartenaient pas risquait de leur coûter cher, surtout en étant cerné d’états arabes. Suite aux différentes guerres qui ont vu les sionistes gagner et les pays arabes perdre, Tel-Aviv a trouvé une parade pour de se protéger: créer une guerre intra-religieuse au sein de la communauté Musulmane. Quand tout un peuple (celui du Moyen-Orient) s’entre déchire, il ne pense pas à la reconquête de la Terre palestinienne.

Pour y parvenir, elle s’est appuyé sur le Wahhabisme prôné par l’Arabie Saoudite. Elle aurait pu, tout aussi bien s’appuyer sur le sunnisme ou le chiisme mais ces deux courants avaient un gros désavantage: celui d’être populaire. Lorsque vous voulez toucher le maximum de pratiquants, vous ne vous alliez jamais avec le plus puissant – le risque d’un retour de bâton étant trop important – mais la logique veut que vous fassiez une alliance avec le plus radical et donc, en général, le moins répandu. Israël jeta donc son dévolu sur Ryad.

Et cela a très bien fonctionné…jusqu’à aujourd’hui. Le problème? La Syrie. Ce pays était une cible de choix pour Tel-Aviv. Non seulement sa chute aurait gravement déstabilisé le Hezbollah – en le coupant de Téhéran – mais il aurait sonné le glas politique du chiisme. Bon nombre d’articles ont été écrits sur le morcellement des pays arabes, mais quelques uns oubliaient de préciser que cette partition se faisait sur des bases religieuses. C’est ainsi qu’en Syrie il aurait du y avoir une zone alaouite, une zone chrétienne, une autre encore chiite, etc…

Mais voila, la mise en échec de la « rébellion » islamiste par l’armée syrienne vient de mettre fin aux ambitions sionistes. Sans oublier les revers essuyés par les Frères Musulmans dans les pays où ils ont été élus. Le dernier d’entre-eux – Erdogan – est en train d’essuyer les plâtres. Sa décision de suspendre Twitter en a fait réagir plus d’un, à commencer par le président turc lui-même qui a exprimé son désaccord avec son premier Ministre par…un tweet!

« On ne peut pas approuver le blocage total des réseaux sociaux », a estimé le chef de l’Etat turc Abdullah Gül sur son compte Twitter.

Que reste t-il comme solution à Israël pour sauver une situation catastrophique? Pas grand chose. Relancer la guerre en Syrie? Les rebelles ayant perdus ce qu’ils avaient mis plusieurs mois à construire, la partie n’est pas gagnée d’avance, même en comptant sur des renforts et toujours plus d’argent; l’ultime façon d’aider les djihadistes serait de les équiper d’une aviation et de blindés, mais je pense que ce sera difficile de justifier l’emploi de telles armes aux yeux du reste du Monde. Ouvrir un autre front? En Turquie, par exemple; mais justifier cela en sachant que Ankara fait partie de l’OTAN ne sera pas, non plus, une partie de plaisir. Déstabiliser une autre région, proche du Moyen-Orient? En espérant que cela déteigne sur les pays limitrophes. Je pense bien sûr à l’Afghanistan et au Pakistan. Cette solution aurait, de plus, l’avantage pour Israël, de mobiliser une partie de l’attention de Moscou; mais elle aurait aussi le risque de voir l’Inde entrer dans la danse, même si Bombay n’a pas souvent fait entendre sa voix…

La dernière solution serait que les sionistes plient bagage…

Iran, un marché (économique) de dupe?

Vous n’êtes peut-être pas au courant, mais au début du mois de Février de cette année, le Médef International c’est fendu d’une visite en Iran.

La ville de Téhéran a accueilli, mardi 4 février, la conférence du commerce, de la commercialisation et de l’investissement irano-française. Simultanément à l’arrivée de la délégation des investisseurs français, en Iran, une conférence économique entre les membres de cette délégation et les responsables iraniens a été organisée. C’est la première fois, après des années, qu’une telle conférence est tenue entre l’Iran et la France, sur le sol iranien. La France est l’un des grands investisseurs européens, en Iran. Une importante délégation économique française est, en effet, arrivée, lundi 3 février, à Téhéran, pour reprendre contact avec l’Iran, en attendant la conclusion d’un accord global sur le nucléaire, selon l’agence officielle IRNA.

La délégation, composée de 107 personnes, est, selon l’IRNA, « la plus importante délégation économique et commerciale française et européenne » à se rendre, en Iran. Elle suit de près les pas, déjà, franchis par d’autres délégations venues d’Italie, d’Allemagne, d’Autriche, du Portugal ou de Corée du sud.

Pour ceux qui ne connaissent pas le Médef, il s’agit du Patronat français. Là, à Téhéran, il regroupait le nec plus ultra de l’industrie, citons Peugeot, Total et Lafarge. Bon, il faut les comprendre, l’Europe est moribonde, la Chine grappille des places en Afrique, les BRICS développent leurs propres industries; bref, c’est la Crise. Du coup, un pays qui vient de voir son embargo économique levé pour six mois est une véritable opportunité; qu’aucun patron ne saurait laisser passer.

Oui, mais il y a un hic. Et de taille. Et c’est le président US lui-même qui vient de dévoiler le pot-aux-roses.

Des entreprises peuvent toujours prospecter sur les chances à plus ou moins long terme de s’installer en Iran et sur l’échéance d’un accord international sur le nucléaire iranien. Mais je peux vous dire qu’elles le font, pour l’heure, à leurs risques et périls. Parce que nous allons leur tomber dessus avec une pluie de sanctions.

Vite appuyé par le président français:

Par conséquent, les entreprises se déplacent librement mais je leur ai fait savoir que le régime des sanctions demeurait en Iran (et que) ces contacts ne pouvaient pas déboucher aujourd’hui sur des accords commerciaux.

Quant aux sanctions,elles ne pourront être levées que s’il y a un accord définitif. Dans la période de l’accord intérimaire ces sanctions pour l’essentiel demeureront.

Et tout ceci, le jour où le patron des patrons français – Pierre Gattaz – a averti François Hollande qu’il n’y aurait pas de donnant-donnant au pacte de responsabilité proposé par le gouvernement. Ce pacte devait voir la création d’un million d’emplois en France, en échange d’un allégement des cotisations patronales.

Mais cela peut aussi vouloir signifier que les sanctions économiques sont encore à l’ordre du jour pour l’Iran; et que leur levée définitive n’est pas pour demain, ni dans six mois. L’Occident a semble t-il décidé de resserrer le noeud coulant qui étrangle Téhéran.

 

 

Quand le deuxième producteur mondial de pétrole achète de l’Or Noir, c’est pour la bonne cause!

La Russie – actuelle deuxième productrice de pétrole – négocierait l’achat de 500 000 barils/jour à…Téhéran! Soit la modique somme de 1.5 milliards de Dollars/mois! Autant dire que les USA, l’Europe et les pays qui assoiffent l’Iran depuis des années; ne voient pas ces négociations d’un très bon oeil.

Mais que peuvent-ils bien dire? L’AIEA vient de confirmer que Téhéran rempli toutes les conditions stipulées dans l’accord de Genève. Cependant, un porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, a déclaré mercredi que l’échange pourrait générer des sanctions contre les parties impliquées dans un tel accord. Washington s’attend à ce que l’affaire rapportée augmenterait les exportations de pétrole de l’Iran, qui ont été réduites de plus de moitié à environ 1 million de barils par jour.

Mais ce n’est pas tout, l’Iran peut donc reprendre ses livraisons à la Chine, le Japon, l’Inde… De quoi renflouer les caisses.

Je pense que certains doivent broyer du noir, du côté de Tel-Aviv.

De l’inconstance de la diplomatie US.

On est en mesure, aujourd’hui, de savoir ce qui différencie la diplomatie russe, de la diplomatie Occidentale, et plus précisément américaine. Exemple: Un accord temporaire a été signé, il y a quelques semaines, à Genève entre l’Occident et l’Iran; laissant à ce pays, six mois pour finaliser un arrêt de son programme nucléaire.

Le monde entier s’est félicité de cette signature, même s’il y a eu quelques grognements du côté de Tel-Aviv et des pays du Golfe. Tout semblait aller pour le mieux dans le meilleur des monde. Hélas, trois fois hélas, c’était sans compter sur l’inconstance de la diplomatie US. Cependant, on ne peut pas vraiment dire que le couac vienne du ministère des affaires étrangères, non, il vient de l’opposition républicaine et précisément de Jonh Mc Cain. Ce dernier vient de déclarer sur CNN:

« Je pense qu’il est très probable que nous pourrions avoir un projet de loi sur des sanctions, qui prendraient effet à la fin des six mois, s’il n’y a pas de résultat dans les négociations; c’est à mon avis ce qui se passera. »

McCain a également déclaré qu’il n’était pas d’accord avec le secrétaire d’Etat américain John Kerry sur le droit de l’Iran à l’enrichissement d’uranium.

 » Il (Kerry) pense que l’accord stipule que, fondamentalement, les Iraniens soutiennent le droit à l’enrichissement. Je ne pense pas que cela devrait être le cas après leur mensonge la tricherie et la dissimulation dont ils ont fait preuve, depuis toutes ces années . Les centrifugeuses continuent de tourner. Nous faisons une pause alors qu’ils poursuivent (l’enrichissement), nous assouplissons les sanctions alors qu’ils continuent une bonne partie de leurs activités . »

Lors d’une audition au Sénat la semaine dernière, Kerry a défendu le récent accord. Il a exhorté les législateurs à ne pas voter une nouvelle législation sur des sanctions contre l’Iran. L’administration américaine , cependant, a imposé de nouvelles sanctions, Jeudi dernier, à l’encontre d’un certain nombre de sociétés iraniennes et d’individus, prétendant qu’ils sont liés aux activités nucléaires de l’Iran. La réaction a été immédiate du côté de Téhéran, les négociations ont été suspendues. 

Cette exemple n’est qu’un parmi tant d’autres, mais il fait la lumière sur la faiblesse de la politique intérieure américaine. On pourrait penser que ce n’est que ça, de la politique politicienne, le clan républicain qui décide de mettre des bâtons dans les roues d’Obama, à défaut d’avoir pu faire annuler sa couverture sociale; mais le problème est bien plus profond, et connu de tous. Même le chef de la Commission de la politique étrangère de la sécurité nationale et du parlement iranien, Alaeddin Boroujerdi, a déclaré que:

« L’action récente des Américains montre aussi qu’ils ne sont pas indépendants dans leurs politiques et suivent simplement les lobbies sionistes. »

Sans vouloir jouer les Cassandre, je pense que l’accord ne tiendra pas six mois. Il ne faudrait pas oublier que le Shutdown a accouché d’un accord qui permet au Trésor américain d’emprunter jusqu’au 7 février, et à l’Etat fédéral de n’être financé que jusqu’au 15 janvier. Cependant, un compromis budgétaire a été conclu le 10 Décembre au Congrès américain pour une période de deux ans afin d’éviter une nouvelle fermeture des administrations gouvernementales le 15 janvier et de fixer le niveau des dépenses fédérales jusqu’au 1er octobre 2015. Malgré cela, les lobbies ne vont pas lâcher l’affaire. Si le chef de la diplomatie US veut sauver les apparences, le gouvernement Obama devra faire des concessions.

Comme on l’a vu, le président des Etats-Unis ne veut pas renoncer à sa couverture sociale pour les plus démunis, donc l’équation est simple, sur quelle partie de son programme peut-il encore faire des concessions, sinon sur sa politique extérieure? Voilà en partie pourquoi, selon moi, Tel-Aviv s’est contenté de pousser des cris d’orfraie. Bibi savait, dés l’accord signé, que les USA rentreraient dans les rangs.

 

Accord sur le nucléaire iranien. Le méchant? C’est pas moi, c’est lui!

L’accord – intérimaire, provisoire, temporel, appelez-le comme vous voulez – sur le nucléaire iranien ayant été signé, penchons-nous sur la suite.

Comme on l’a vu, la communauté internationale s’en est félicitée, mais des voix discordantes se font entendre parmi les hourras. Celle d’Israël, of course, mais pas que. Quelque part, au milieu du Moyen-Orient des irréductibles s’opposent, s’opposent à quoi, me demanderez-vous? A tout! Vous répondrai-je. Ils ont pour nom: les Pays du Golfe. Mais vous vous en doutiez, non? Ayant l’habitude de ne pas s’exprimer à chaud, un expert saoudien de cette région – Jamal Khashoggi – a donné son avis:

Dans le principe, les pays du Golfe veulent de bonnes relations avec l’Iran.
Mais l’accord a réduit le problème avec l’Iran au seul nucléaire, alors que ses ingérences dans la région constituent un souci essentiel pour ces pays.Les pays du Golfe craignent que l’Iran ne considère cet accord comme un encouragement à avoir les mains libres dans la région, où Téhéran est accusé de soutenir militairement le régime du président syrien Bashar Al-Assad et d’alimenter l’instabilité à Bahreïn ou au Yémen, à travers les minorités chiites de ces pays.

Pour un autre analyste saoudien – Anouar Eshki, chef de l’Institut du Moyen-Orient pour les études stratégiques, basé à Jeddah :

(…) l’allègement des sanctions équivaut à quelque sept milliards de dollars. Il faut savoir si ces fonds vont être utilisés par le régime iranien pour servir son peuple ou alimenter les crises dans la région. La méfiance des pays du Golfe est alimentée par le sentiment que leur allié et protecteur traditionnel, les Etats-Unis, les a lâchés.

A ce stade, je dois vous faire mes plus plates excuses, car dans mon précédent article je disais que la France avait perdu toute crédibilité aux yeux du monde arabe…mais il semblerait que non:

Mais ils (les pays du Golfe) ont confiance dans les autres alliés, la France ou l’Allemagne, ajoute-t-il, soulignant que l’accord de Genève est bon car il est conclu entre l’Iran et la communauté internationale, et non pas entre l’Iran et les Etats-Unis.

Je ne suis pas sûr que cela me fasse plaisir, de savoir que la France est encore admirée par l’Arabie Saoudite, les EAU…

Bref, les pays du Golfe poussent des cris d’orfaie; Israël prend à témoin le monde entier sur l’erreur commise lors de cette signature; et Barack Obama essayent de rassurer tout ce beau monde en leur réaffirmant son engagement à leurs côtés.

Quel avenir pour eux? Qui vont-ils pouvoir faire payer? La Syrie? Cela fait plus de deux ans que leurs tentatives se brisent contre le mur syrien. Le Liban? Le Mossad et les services-secrets saoudiens sont déjà bien présent sur ce petit pays et ne se gênent pas pour le mettre à feu et à sang. L’Irak, quant à lui, est déjà embourbé dans un guerre d’usure.

Que reste t-il? L’Egypte?

En espérant qu’ils ne leur viennent pas à l’idée de s’attaquer au soutient de l’axe Damas-Téhéran. A commencer par la Russie, par l’intermédiaire des pays du Caucase. Cela dit, je suppose que Vladimir Poutine a du prendre des précautions allant dans ce sens.

Dernière nouvelle! Et pas la meilleure…les USA et la Grande-Bretagne viennent de s’engager à aider La Libye confronté à une vague de violences. On a vu ce que cela a donné la dernière fois!

La dépêche est ici.

Conflit au Moyen-Orient: L’arche d’alliance et l’option Samson

Le rapprochement stratégique entre l’Arabie Saoudite et Israël confirme l’arche d’alliance conclue dans le plus grand secret entre les dirigeants du Likoud et la faction la plus extrémiste de la dynastie des Al-Saoud. Ces derniers en sont à rechercher à activer l’option Samson: se doter de l’arme nucléaire via des pays clients comme le Pakistan.

D’un point de vue interne, cette alliance n’a rien de contre-nature mais parait plutôt logique. Les Sionistes et les Wahhabites redoutent par dessus tout les extrémistes chrétiens américains pour lesquels le Judaïsme et l’Islam sont les pires hérésies qui puissent exister sur terre…En second lieu ils ont en commun un ennemi dont les visées régionales ne sont plus une vue de l’esprit, l’Iran de l’Ayatollah Khamenei et en troisième lieu, Saoudiens et Israéliens sont résolument hostiles à ce qu’ils perçoivent comme une résurgence de la peste brune antisémite en Occident et dans le monde arabe. Après tout, on s’entre-aide entre sémites auxquels le bon Dieu a permis un contrôle ou du moins une certaine influence sur la moitié des richesses de la planète…

Donc toujours les mêmes ennemis: les extrémistes évangélistes illuminés de l’Amérique profonde, les russes nationalistes, les iraniens, les pays non-alignés, tout ce qui est altermondialiste et ce fasciste en version arabe de Bashar Al-Assad, Alaouite de surcroit et donc hérétique…Car pour Tel-Aviv, le parti d’Al Assad n’est qu’un avatar à peine déguisé du National-Socialisme repiqué à la sauce panarabe; pour Ryad, c’est un hérétique à la solde de l’ennemi perse chiite…

Revenons aux faits. Aux dernières nouvelles, l’Arabie Saoudite a levé une nouvelle armée de mercenaires pour se rendre en Syrie. D’ailleurs la création d’un front uni islamiste en Syrie regroupant neuf groupes influents après la décapitation de la brigade du Tawhid porte la trace des services secrets saoudiens. Ceci pour la partie visible de l’iceberg. Ce que les médias passent sous silence est le retour des commandos US et de certains pays européens en Syrie. L’implication des services spéciaux US est de plus en plus percebtible au Nord de la Syrie et plus particulièrement dans la province côtière de Lattaquié.  Israël n’est pas en reste et redouble d’efforts, d’autant plus que le Hezbollah se bat avec acharnement mais pas toujours avec succès au Qalamoun.

Pour sa part, Ryad en exécutant un plan US s’inscrit dans une nouvelle tentative de rallumer les clivages confessionnels au Liban, en Irak, en Syrie, en Iran, au Pakistan et en Afghanistan. On assistera donc à plus d’attentats entre Sunnites et Chiites. Beaucoup de pain sur la planche pour la CIA en perspective.

Nous assistons donc à un nouveau round sur le terrain. Damas utilise son aviation de manière très  intensive ces deux dernières semaines. L’acquisition des cibles est trop rapide pour qu’elle soit le résultat des renseignements aériens syriens mais émanant plus probablement des forces spatiales russes. Le temps presse. Il n’est pas question de se retrouver piégé la veille de Genève II par une offensive surprise d’une rébellion où le nombre des instructeurs turcs et pakistanais a été multiplié par 20 cette semaine. L’empire ne lâche pas prise. Les Saoudiens vocifèrent en injectant toujours plus de fonds à ce tonneau des Danaïdes qu’est devenue la Syrie tandis que les Israéliens multiplient les opérations secrètes. En arrière-plan, un duel à mort entre Obama et Poutine et leurs alliés respectifs.

Genève II vous dites? Négociations de paix? …Il serait plus juste de parler d’épreuve de force. Épreuve de force majeure. Comme on en pas vu depuis Yalta…Avant Yalta il y a eu une grande guerre pour un partage du monde…C’est le cas aussi de cette guerre régionale qui se joue sous nos yeux au Moyen-Orient!

Fabius en mission commandée fait saboter un Accord sur le nucléaire iranien; « vive la France! » s’écrie John Mc Cain!

L’échec  d’un Accord sur le dossier nucléaire iranien entre Téhéran et le groupe P5+1 (Etats-Unis d’Amérique, Chine, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne) a suscité un grand soulagement en Israël mais également la joie du sénateur US John Mc Cain, néoconservateur notoire et fervent sioniste. Ce dernier, oubliant pour un moment son profond sentiment de mépris envers la France véritable s’est écrié, le 10 novembre 2013, via son compte Tweeter »

#France had the courage to prevent a bad nuclear agreement with #Iran. Vive la France! « 

Mais de quelle France s’agit-il? Celle de Fabius, pardi! Fallait s’y attendre! On aurait aimé le voir suer pour les intérêts de la France mais cela est une autre histoire…

Il fallait le voir le Fabius, en train de gesticuler, grimacer, pester ou s’agiter lors de ces trois jours d’intenses négociations sur le nucléaire iranien à Genève. Un comportement qui a fini par agacer ses homologues européens. Naturellement, cette prise de position bruyante et voyante lui a valu les foudres des iraniens pour lesquels Fabius n’est qu’un pion envoyé par Israël pour parler en son nom et jouer les trouble-fête. Un rôle qu’il a rempli à merveille.

« Je parie qu’il n’a même pas coordonné avec le Président » a lancé un diplomate français. Fabius est bien à l’aise dans son rôle de VRP israélien mais assez embarrassé dans son rôle de ministre de la République française. « Le bon peuple de France peut toujours crier son ras-le bol, Fabius et ses petits copains n’en ont cure! Il a la protection des grands manitous de Tel-Aviv… »

Aussi paradoxalement que cela puisse paraitre, l’Arabie Saoudite et Israël sont les pays qui s’inquiétaient le plus d’un éventuel Accord international sur le nucléaire iranien. De manière plus globale, les dirigeants de ces deux pays influents et extrémistes se rongent les ongles face à la gestion du dossier iranien par les États-Unis d’Amérique.

Washington qui sait se montrer prudent tente de limiter les dégâts: une envoyée spéciale du Président Obama a débarqué à Tel-Aviv pour tenter d’apaiser la tension entre l’administration et l’intransigeant Premier ministre israélien, devenu fou de rage suite à l’échec en Syrie et le refus US de frapper l’Iran. Le Secrétaire d’Etat John Kerry s’est chargé de calmer la fureur des Saoudiens. Ces derniers ont menacé de ne compter dorénavant que sur la France. Comprendre n’octroyer de très juteux  contrats d’acquisition d’armements qu’aux industries françaises.

Israël aussi compte sur la France. Depuis l’aberration Nicolas Sarkozy, la France est revenue dans les grâces des israéliens et des saoudiens. Alors que jusqu’à récemment elle était vilipendée y compris jusque dans les films de série B d’Hollywood comme l’alliée des « méchants » du Moyen-Orient pour les uns ou encore de pays impie pour les autres. Drôle de retournement de situation!

Que disait déjà Mc Cain de la France à la veille de l’invasion US de l’Irak en 2003? Certainement pas « Vive la France! » et mieux vaut ne pas rappeler ses interminables railleries francophobes. Fabius se pliera en quatre pour faire oublier le brillant discours anti-guerre de Dominique De Villepin au Conseil de Sécurité des Nations Unies.

Il y a eu jadis Samson et Dalila. Nous avons maintenant Benyamin et Laurent. C’est dans l’air du temps et conforme au mariage pour tous tant promu par le gouvernement PS (et peu de temps auparavant par l’UMP d’un certain Nicolas Sarkozy) régissant les chaumières de France et de Navarre.

Iran: tests réussis pour le nouveau système anti-aérien.

Au moment même où l’Occident tentait de trouver une issue au nucléaire iranien, l’Iran effectuait des essais d’un nouveau système anti-aérien. Tests, qui selon le général de brigade Hossein Dehqan – ministre de la défense – ont été concluant.

 » Talash (Lutte) est un système de défense aérienne de milieu de gamme et de haute altitude utilisé pour affronter tous les types de cibles volantes, des avions de chasse aux bombardiers, et est également capable de détruire les hélicoptères et les drones »,  a déclaré Dehqan samedi à Téhéran.

« Le système de défense Talash a été conçu et construit pour détecter et intercepter les cibles à l’aide des missiles Sayyad 2 (Hunter ) – dernier système de missile artisanal du pays doté d’une grande précision,  portée et puissance de destruction – pour protéger les points vitaux et sensibles du pays contre des attaques surprises aériennes utilisant des chasseurs High Tech », at-il ajouté.

 » Maintenant qu’il a réussi les tests, si Dieu le veut, sa production sera lancée dans un proche avenir », a déclaré Dehqan.

Sachant que le premier ministre israélien refusait tout accord concernant le nucléaire iranien, on se doute que cette nouvelle risque de le conforter dans son idée que Teheran doit être « ramené à l’age de pierre ».

Nucléaire iranien: Bibi au bord de la crise de nerfs.

Négociations sur le nucléaire iranien: Obama appelle Netanyahu

WASHINGTON – Le président américain Barack Obama a appelé vendredi au téléphone Benjamin Netanyahu, a annoncé la Maison Blanche, après les critiques du Premier ministre israélien sur les termes d’un possible accord intérimaire avec l’Iran sur son programme nucléaire.

L’objet de l’appel était de discuter de l’Iran et de nos efforts en cours pour parvenir à une résolution pacifique dans le dossier nucléaire, a précisé la présidence américaine, en expliquant que M. Obama avait insisté sur son engagement à empêcher l’Iran d’obtenir une arme nucléaire.

De même source, M. Obama a mis le Premier ministre au courant de l’avancée des négociations à Genève, où le secrétaire d’Etat John Kerry est arrivé vendredi, laissant espérer un accord prochain malgré des divergences persistantes après des années de blocage.

D’intenses tractations diplomatiques se poursuivaient tard vendredi soir. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a annoncé sa venue samedi, ce qui confirme que les négociations dureront un jour de plus.

M. Kerry, qui a interrompu une tournée au Proche-Orient pour se rendre d’urgence à Genève, a été rejoint par ses homologues français, britannique et allemand, membres du groupe des 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne) qui tente depuis des années de régler le dossier ultrasensible du programme nucléaire iranien.

M. Netanyahu a affirmé plus tôt vendredi devant M. Kerry, lors d’un tête-à-tête tendu à Tel-Aviv, que son pays n’est pas tenu par cet accord et fera tout le nécessaire pour se défendre et défendre la sécurité de son peuple.

M. Netanyahu a indiqué que son pays rejetait complètement le compromis discuté en Suisse, y voyant l’affaire du siècle pour l’Iran.

Il a ajouté avoir rappelé à M. Kerry qu’il avait dit que mieux valait pas d’accord qu’un mauvais accord. Et l’accord en discussion est un mauvais accord, un très mauvais accord. L’Iran n’est pas obligé de démanteler ne serait-ce qu’une centrifugeuse, a-t-il déploré.

Mais la Maison Blanche a affirmé que de telles critiques étaient prématurées.

En l’état des négociations à Genève, il n’y a pas d’accord, a rappelé le porte-parole adjoint du président Obama, Josh Earnest. Toute critique sur l’accord est prématurée, a-t-il ajouté.

Le lien sur Romandie.com.

Turquie: Davutoğlu nie avoir donné un coup de main à Israël pour les frappes en Syrie, qui, selon lui, ne sont pas encore confirmées!

Voici un article d’Hurriyet sur la conférence de presse donnée le 1° Novembre à Istanbul, par le ministre des affaires étrangères turque Ahmet Davutoğlu.

Le ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoğlu a rejeté les allégations selon lesquelles la Turquie a donné des renseignements à Israël lors d’une attaque contre une base militaire près de la ville côtière syrienne de Lattaquié tôt le 31 octobre.

« Il s’agit d’une tentative pour donner l’impression que la Turquie a coopéré avec Israël. Nous avons des problèmes avec la Syrie, des problèmes fondés sur un principe. Mais permettez-moi de le dire clairement: le gouvernement turc n’a jamais coopéré avec Israël contre un pays musulman, et il ne le fera jamais « .

Plusieurs rapports, citant des responsables anonymes américains, disaient qu’Israël visait un centre de stockage de missiles de fabrication russe SA125; missiles susceptibles d’être fourni au Hezbollah.

Des rapports relayés par les médias israéliens ont affirmé que la Turquie était derrière l’attaque à Lattaquié, en révélant des informations majeures à Israël.

Davutoğlu a dénoncé ces rapports, les décrivant comme «propagande noire». «Ce [les rapports] sont des tentatives de jeter une ombre sur la lutte légitime du peuple syrien et l’attitude de la Turquie avec ses principes. Il est hors de question pour nous de participer à une opération commune « , a t-il dit.

Davutoğlu a également ajouté que la Turquie s’opposait à une telle opération israélienne, mais a souligné que les informations sur les frappes n’avaient pas encore été confirmées.

Iran-Turquie, aucunes rivalités.

Lors de la conférence de presse , M. Davutoğlu a insisté sur l’amitié et le partenariat turco-iranien.  » Nous avons des relations profondes et historiques. Certains milieux pourraient vouloir nous représenter comme deux voisins rivaux. Certains peuvent même le désirer. Mais au contraire, la Turquie et l’Iran sont amis « , a t-il dit.

Davutoğlu a également défendu son: « zéro problème avec les voisins », en disant qu’il a eu des entretiens très intenses avec presque tous les pays voisins de la Turquie au cours des deux derniers mois. La position de la Turquie concernant la Syrie et l’Egypte étaient basée sur des principes politiques, les relations avec l’Irak se sont améliorées, tandis que des efforts ont été faits pour surmonter les problèmes de relations avec l’Arménie et la partie grecque de Chypre.

Pour sa part, M. Zarif a critiqué les embargos étrangers contre l’Iran, avertissant que ceux-ci sont contreproductifs sauf si ils ont un but précis. « Les embargos ne devraient pas être le but en soi; ils devraient être un chemin vers une solution. Si ils n’atteignent pas leur objectif, ils ne font qu’augmenter la résistance du peuple iranien « .

Dans une conférence de presse plus tôt, les deux ministres des Affaires étrangères ont mentionné des préoccupations similaires quant à la nature sectaire du conflit en Syrie.

Sans commentaires…

Téhéran transfert le dossier du nucléaire au Affaires étrangères, changement de priorités.

La décision des autorités iraniennes de déléguer le dossier du nucléaire au ministère des Affaires étrangères après avoir été l’apanage exclusif du haut conseil de sécurité indique un changement de priorités dans la politique iranienne. Les négociations sur le programme nucléaire iranien étant désormais secondaires face à la menace imminente d’un conflit régional susceptible de se transformer en troisième guerre mondiale en cas d’attaque contre la Syrie.

Ce dossier sensible est donc confié aux « bavardages » des diplomates. Il y tout lieu de croire que Téhéran continuera à développer ses activités dans le domaine nucléaire.

A Téhéran, on répète de plus en plus souvent que si la Syrie disposait de la bombe, jamais elle n’aurait fait l’objet d’un tel acharnement de la part de l’administration Obama.

Téhéran: une agression contre la Syrie permettra la libération de la Palestine

Des doutes subsistaient quant à une éventuelle riposte de l’Iran en cas d’agression étrangère en Syrie. Désormais, cela ne fait plus l’ombre d’un doute: la machine de guerre iranienne est en plein branle-bas de combat.

Un disours mystique et eschatologique domine les débats en Iran: pour la première fois, les iraniens évoquent publiquement « l’ultime guerre, celle qui conduira à la libération de la Palestine et l’anéantissement de l’Etat sioniste ».

De toute évidence et parallèlement aux immenses préparatifs de guerre israéliens, l’Iran s’est bien préparé à une guerre régionale totale. Cette donne chamboule non seulement les calculs de Washington et exlique ses hésitations mais également le recours par Obama à une approbation du Congrès pour déclencher ce qui pourrait être l’un des plus grands conflits du siècle.

Vu de Téhéran, l’approbation du Congrès est acquise d’avance, vu l’influence qu’exerce le  puissant lobby pro-israélien sur le pouvoir législatif US.

D’après des indiscrétions, la délégation du Haut Conseil de la sécurité nationale iranienne en visite depuis hier  à Damas aurait remis aux syriens un message secret ainsi que des plans visant à synchroniser une éventuelle riposte en cas d’agression contre la Syrie.

Quelques heures plus tard, le commandant en chef des Niruyeh Moghavemat Bassij (force de mobilisation de la résistance), la plus grande force  paramilitaire d’Iran (de 3 à 9 millions d’éléments), fondée en 1979 et relevant des forces du Corps des Gardiens de la Révolution a annoncé publiquement que toute « agression contre la Syrie conduira à la libération de la Palestine ».

D’autres généraux iraniens de l’armée régulière et des Gardiens de la Révolution ont martelé qu’une intervention occidentale en Syrie déclencherait un conflit qui ne sera pas circonscrit aux seules frontières syriennes.

Au Liban, des analystes proches du Hezbollah libanais estiment quant à eux qu’une éventuelle attaque américano-sioniste contre la Syrie verra la libération de la Palestine septentrionale. Une allusion à peine voilée à l’existence de plans secrets prévoyant l’intrusion de combattants du Hezbollah en Galilée, voire l’investiture d’agglomérations israéliennes. Ce qui serait une première depuis la création d’Israël en 1948.

Un cauchemar pour Obama.