Une Bérézina oubliée…

Libye: un hélicoptère des forces spéciales françaises abattu par un missile 9K32 près de Benghazi

Strategika51-Tripoli:

Une source militaire libyenne nous a confirmé qu’un hélicoptère français des forces spéciales  opérant clandestinement sous les couleurs des forces du général Khalifa Hafter a bien été abattu mardi par un missile Sol-Air tiré par un lanceur portable 9K32 Strela 2 (Cтрела ou code Otan SA-7 Grail) lors de combats près de Benghazi, en Cyrénaïque.

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Un lanceur portable de missile Sol-Air Strela 2 (SA7) à Benghazi. Des centaines de systèmes d’armes similaires sont disséminés dans la région et au moins dix unités sont parvenus clandestinement à des cellules  dormantes de Daech en Europe de l’Ouest.

Au moins deux éléments des Commandos des Opérations Spéciales françaises, qui combattent aux côtés d’autres éléments des forces spéciales de l’Otan au sein de la nouvelle armée libyenne (relevant plus ou moins du gouvernement reconnu par la « Communauté internationale »), ont été tués.

On ignore pour l’instant si les deux militaires français ont été tués sur le coup ou comme l’affirment certains miliciens rebelles, achevés au sol à l’arme blanche après la chute de l’appareil.

Un autre appareil accompagnant celui qui a été abattu a tenté une opération de couverture mais aurait essuyé des tirs de missile Sol-Air et de canons antiaériens et a du rebrousser chemin en catastrophe.

Des forces du général Khalifa Hafter ont pu arriver jusqu’aux débris de l’appareil où il n’y avait aucun survivant. Le ministère français de la Défense se garde du moindre commentaire sur cet énième incident en Libye.

La plupart des médias passent sous silence la guerre acharnée déchirant la Libye depuis la chute du régime du Colonel Gaddafi en octobre 2011. Depuis au moins une année des forces spéciales de l’ensemble des pays de l’Otan et de certains pays arabes combattent au sein de ce qui a été convenu d’appeller la nouvelle armée libyenne sous le commandement du généralissime Khalifa Hafter. Mais le chaos régnant dans le pays est tel que l’on ne peut plus définir ce que signifie un semblant de  victoire militaire.

Il y a quelques mois, des  commandos britanniques dont des éléments du 22e Régiment des SAS (Special Air Service) et néerlandais accompagnant un convoi militaire libyen ont déjà subi de lourdes pertes (comme ils n’en avaient jamais connu depuis leur création) lors d’une embuscade spéctaculaire sur l’axe côtier Misrata-Sirte. Quelques temps tard, des bérêts verts US devaient quitter dans la précipitation leurs positions, officiellement à cause de photographies compromettantes publiées sur des réseaux sociaux mettant à nu leur couverture. Cependant, la véritable raison de leur départ est en relation avec un très violent pilonnage au mortier de leur base d’opération avancée (FOB) effectué par des forces locales « amies ». Les français et surtout les égyptiens ont eu à déplorer une série de fiascos tactiques. Au cours d’un de ces ratages, près d’une cinquantaine d’éléments des forces spéciales égyptiennes opérant en Libye orientales ont été mis hors combat.

Idem pour les italiens qui ont du plier bagage dès le premier accrochage sérieux avec des milices non identifiées. Cet incident comme tous ceux relatés ci-dessus et impliquant les forces spéciales de l’Alliance Atlantique en Libye sont classifiés « Secret Défense ».

Plus qu’en Syrie, c’est en Libye que l’Otan, agissant dans la clandestinité (sous couvert des forces armées libyennes d’un des deux gouvernements rivaux) a connu ses pires déboires depuis sa création.

 

Les Brigands de la Politique

« La scène politique attirera toujours des aventuriers irresponsables, des ambitieux et des escrocs. On ne cessera pas si facilement que cela de détruire notre planète »  (Vaclav Havel)

Transparency International calcule et publie chaque année un indice de corruption par pays. En 2014, la France y occupe une place intéressante : la 26ème, à égalité avec le Qatar et juste derrière les Emirats Arabes Unis ! Rien de surprenant à cela ! En effet, bien que leurs compromissions soient avérées, bien qu’ils soient poursuivis et « mis en examen » pour la plupart, il est quasi impossible de condamner sérieusement, aujourd’hui, des personnages politiques de quelque bord qu’ils soient sans soulever la riposte adverse qui se traduit par un nouveau scandale. Et des scandales, ce n’est pas ce qui a manqué dans notre « douce France »… mais ils trainent en longueur (affaires Tapie, Betancourt, Bygmalion…) ou on les étouffe…

A titre d’exemple (non exhaustif), Jean-Noël Guérini, sénateur PS du 13, a fait l’objet d’une double mise en examen dans une affaire qui dure depuis plusieurs années et mêle responsables politiques et grand banditisme. Son défaut de moralité ne l’empêchera pas d’être, en septembre 2014, réélu sénateur par un collège de « grands électeurs » et en mars 2015, conseiller général… ce qui laisse perplexe quant à la moralité de ses électeurs.

« Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs et des traîtres n’est pas victime. Il est complice » vitupérait Georges Orwell…

            « Je m’inquiète du fait que le parti socialiste soit solidaire d’élus dont les liens avec le grand banditisme apparaissent… Il y a au sein du PS un système affairiste… » déclarait, déjà, Montebourg le 7 juillet 2011 dans l’Echo Républicain. Le 21 novembre 2011, il confirmait « la corruption d’élus socialistes » dans une lettre à Martine Aubry, en l’accusant : « nul ne croira que tu pouvais ignorer la gravité des faits ».
            Platon soutenait que « Le plus grand mal, à part l’injustice, serait que l’auteur de l’injustice ne paie pas la peine de sa faute »… vœu pieux que celui-ci dans notre chère Ripoublique…
            Nous le constatons régulièrement, la vie politique en France n’est pas triste et elle serait même amusante si les hommes politiques de ce pays n’avaient pas en commun la fâcheuse habitude de se moquer du monde. Comme ils ont entendu dire, pendant leurs études, que les hommes d’Etat n’ont pas de scrupules, ils ont cru qu’il leur suffirait de ne pas avoir de scrupules pour être des hommes d’Etat. Le « Vallsgate » de Berlin en est un exemple flagrant quand Manuel Valls, sans la moindre déontologie pour sa fonction, ignora lors de ce déplacement les principes les plus élémentaires de la séparation entre les comptes privés et publics…
            Sur le voyage privé du Premier Ministre à Berlin, le philosophe et historien Marcel Gauchet, écrira dans « le journal du dimanche » : « Tous ces abus dans la société où nous sommes, arrivent inexorablement sur la place publique et ne sont  plus supportés, étant donné la médiocrité globale des résultats de ces supposés brillants cerveaux. […] Les gouvernants ont perdu l’aura qui empêchait d’aller voir de près leurs faits et gestes. »

Ces « affaires » à répétition confirment l’effondrement de la moralité politique et l’indécence sans limites d’une caste de sur-privilégiés, dont le comportement insulte chaque jour un peuple français pressuré de toutes parts.

« La démocratie est fondée sur la vertu », déclarait Montesquieu. La démocratie exige nécessairement la vertu politique, c’est-à-dire, selon ce même Montesquieu, « l’amour des lois et de la patrie ».

Mais est-ce bien le cas de notre démocratie ? On peut en douter sérieusement, car, depuis longtemps, la classe politique a probablement oublié ce qu’était la patrie, mais a bien compris comment utiliser les failles de ce système.

Dès lors, la « justice », vantée par ailleurs par la caste politique, apparaît au citoyen lambda le plus souvent sous forme négative : L’injustice est criante ; elle est scandale ! Elle est pierre d’achoppement. Avec la même rugosité que l’obstacle qui fait chuter, l’injustice se dresse sur le chemin sans qu’il soit possible de la neutraliser.

Dans son discours du 22 septembre 2011 à Berlin devant le Reichstag, Benoit XVI a cité saint Augustin en ces termes : « C’est pourquoi, sans la justice, que sont les royaumes sinon de grandes bandes de brigands » (Cité de Dieu, IV, 4).

Sans la justice, en effet, les royaumes sont-ils autre chose que de grandes troupes de brigands ? Et qu’est-ce qu’une troupe de brigands, sinon un petit royaume ? Car c’est une réunion d’hommes où un chef commande, où un pacte social est reconnu, où certaines conventions règlent le partage du butin. Si cette troupe funeste, en se recrutant de comparses dénués de vertus politiques, grossit au point d’occuper un pays, d’établir des postes importants, d’emporter des villes, des mandats parlementaires, de subjuguer des peuples, alors elle s’arroge ouvertement le titre de royaume… ou chasse gardée, titre qui lui assure non pas le renoncement à la cupidité, mais la conquête de l’impunité et la généralisation du renoncement et du cynisme.

Il n’y a même pas de différence substantielle entre un vulgaire brigand des mers et un empereur tel Alexandre le Grand, comme l’exprime saint Augustin dans un passage d’une insolence étonnante : « La Cité de Dieu », Livre IV, chapitre IX.

« A quoi penses-tu ? D’infester la mer ? » lui demanda le roi.

« A quoi penses-tu ? D’infester la terre ? » répondit le pirate avec une audacieuse liberté. « Mais parce que je n’ai qu’un frêle navire, on m’appelle pirate et parce que tu as une grande flotte on te nomme conquérant ».

C’est une spirituelle et juste réponse que fit à Alexandre le Grand ce pirate tombé en son pouvoir.

La société humaine dans laquelle nous vivons, poursuit des bonheurs faux, trompeurs et méprisables. Dans bien des cas, l’exercice du pouvoir politique et juridique se trouve dépourvu de toute légitimité morale. Dès lors, cette immoralité perverse afflige les Français raisonnables qui demeurent nombreux. Où ils attendent l’espérance, on leur offre des bilans truqués, des chiffres faux, des slogans ineptes, des palinodies honteuses, des sondages orientés, des promesses non tenues et autant de mensonges qui faisaient, déjà, dire à Platon : « La perversion de la cité commence par la fraude des mots ».

Un disciple demanda un jour à Confucius quelle lui semblait être la première tâche à faire pour le souverain d’un pays. Il répondit : « Restaurer le sens des mots ! »

En effet, rien dans la valse des mots qui nous abreuvent au quotidien ressemble à de la volonté, de l’enthousiasme… par conséquent de l’avenir. Alors, le constat tombe comme une pierre dans le jardin de ces messieurs : Plus de confiance !… et les abstentions se multiplient lors des consultations électorales.

Pourtant, j’en suis sûr, il suffirait de quelques mots brûlants pour enflammer encore ce peuple. Mais, pour lui donner à croire, il faudrait avoir la foi et ces bonimenteurs ne croient même pas en eux-mêmes, car je suis sûr qu’au fin fond de leur conscience, si par hasard ils y regardent, doit gésir la stupeur de se trouver à la place invraisemblablement indue où ils sont. Et c’est ainsi que nous végétons, enquiquinés, dans la platitude marécageuse d’hommes politiques qui ne peuvent plus prétendre à la confiance du peuple.

                                                                                            José CASTANO

CONFIRMED: French Government Knew Extremists BEFORE Attack (LD)

As predicted and previously reported, terrorists who took part in an unprecedented attack in the center of Paris killing over a 100 and injuring hundreds more, were well-known to French security agencies before the attack took place.

The UK Daily Mail reported in its article, « Hunt for the Isis killers: One terrorist identified as ‘young Frenchman known to authorities’ – another two found with Syrian and Egyptian passports, » that:

One of the terrorists involved in last night’s attacks in Paris has been officially identified as a Parisian, according to local media reports. 

The man, who was killed at the Bataclan, was identified using his fingerprints and was from the southern Parisian neighbourhood of Courcouronnes. 

French reports say that the man, who was around 30 years old, was already known to French anti-terrorist authorities prior to last night’s attacks. 

Similarly in January 2015 in the wake of the « Charlie Hebo attack » which left 12 dead, it was revealed that French security agencies tracked the perpetrators for nearly a decade beforehand, having arrested at least one terrorist a total of two times, incarcerating him at least once, tracked two of them overseas where they had trained with known terrorist organizations and possibly fought alongside them in Syria, before tracking them back to French territory.

Astoundingly, French security agencies never moved in on the terrorists, claiming that after a decade of tracking them, they had finally decided to close their case for precisely the amount of time needed for them to plan and execute their grand finale.


More Wars and More Surveillance Can’t Help  
With a similar scenario now emerging, particularly in the wake of the « Charlie Hebo attack, » where French security agencies knew about extremists but failed to stop them before carrying out yet another high-profile attack, even with enhanced surveillance powers granted to them by recent legislation, it appears that no amount of intrusive surveillance or foreign wars will stem a terrorist problem the French government itself seems intent on doing nothing to stop.

The problem is not France’s immigration laws. Dangerous people are in France, but they are being tracked by French security agencies. The problem is not Syria. Terrorists have left to fight there, acquired deadly skills and affiliations before returning to France, but have likewise been tracked by French security agencies. Instead, the problem is that French security agencies are doing nothing about these dangerous individuals knowingly living, working, and apparently plotting in the midst of French society.

In the coming hours and days, the French government and its various co-conspirators in their proxy war against Syria will propose a plan of action they claim will stem the terrorist threat France and the rest of Europe faces. But the reality is, the problem is not something the French government can solve, because the problem is clearly the French government itself.

ISIS is Behind the Paris Attacks, But Who is Behind ISIS? 

With the so-called « Islamic State » (ISIS) emerging as being behind the attack, the question that remains is, who is behind ISIS itself? While the West has attempted to maintain the terrorist organization possesses almost mythological abilities, capable of sustaining combat operations against Syria, Iraq, Lebanon’s Hezbollah, support from Iran, and now the Russian military – all while carrying out large-scale, high-profile terrorist attacks across the globe – it is clear that ISIS is the recipient of immense multinational state-sponsorship.

The rise of ISIS was revealed as early as 2007 in interviews conducted by Pulitzer Prize-winning journalist Seymour Hersh in his 9-page report « The Redirection. » The interviews revealed a plan to destabilize and overthrow the government of Syria through the use of sectarian extremists – more specifically, Al Qaeda – with arms and funds laundered through America’s oldest and stanchest regional ally, Saudi Arabia.

A more recent Department of Intelligence Agency (DIA) report drafted in 2012 (.pdf) admitted:

If the situation unravels there is the possibility of establishing a declared or undeclared Salafist principality in eastern Syria (Hasaka and Der Zor), and this is exactly what the supporting powers to the opposition want, in order to isolate the Syrian regime, which is considered the strategic depth of the Shia expansion (Iraq and Iran).

The DIA report enumerates precisely who these « supporting powers » are:

The West, Gulf countries, and Turkey support the opposition; while Russia, China, and Iran support the regime.

And to this day, by simply looking at any number of maps detailing territory held by various factions amid the Syrian conflict, it is clear that ISIS is not a « state » of any kind, but an ongoing invasion emanating from NATO-member Turkey’s territory, with its primary supply corridor crossing the Turkish-Syrian border between the Syrian town of Ad Dana and the western bank of the Euphrates River, a supply corridor now increasingly shrinking.

In fact, the desperation exhibited by the West and its efforts to oust the Syrian government and salvage its proxy force now being decimated by joint Syrian-Russian military operations, is directly proportional to the diminishing size and stability of this corridor.

Just last week, Syrian forces reestablished firm control over the Kweyris military airport, which was under siege for years. The airport is just 20 miles from the Euphrates, and, as Syrian forces backed by Russian airpower work their way up toward the Turkish border along the Syrian coast, constitutes a unified front that will essentially cut off ISIS deeper inside Syria for good.

Should ISIS’ supply lines be cut in the north, the organization’s otherwise inexplicable fighting capacity will atrophy. The window for the West’s « regime change » opportunity is quickly closing, and perhaps in a last ditch effort, France has jammed the spilled blood and broken bodies of its own citizens beneath the window to prevent it from closing for good.

The reality is that France knew the « Charlie Hebo » attackers, they knew beforehand those involved in the most recent Paris attack, and they likely know of more waiting for their own opportunity to strike. With this knowledge, they stood by and did nothing. What’s more, it appears that instead of keeping France safe, the French government has chosen to use this knowledge as a weapon in and of itself against the perception of its own people, to advance its geopolitical agenda abroad.

If the people of France want to strike hard at those responsible for repeated terrorist attacks within their borders, they can start with those who knew of the attacks and did nothing to stop them, who are also, coincidentally, the same people who helped give rise to ISIS and help perpetuate it to this very day.

Tony Cartalucci

The Land Destroyer

France: près de 150 morts dans des attaques à Paris

Le bilan des attaques ayant visé plusieurs points en agglomération de Paris est l’un des pires jamais enregistrés dans l’histoire contemporaine de France. Nos sources évoquent près de 150 tués dont près d’une centaine au Bataclan, où il y a eu une prise d’otage par deux membres du commando. La prise d’otages au Bataclan aurait été une tactique de diversion visant à couvrir le retrait du gros des assaillants. Faut-il parler d’un fiasco? Il semble que oui.

Passé le choc, on peut être certains que les français sauront juger de la gestion de ce désastre. En temps normal, des têtes devraient tomber.

Vers un renversement de situation au Proche-Orient

La période du « Printemps arabe » touche à sa fin. Désormais, la Maison-Blanche et le Kremlin sont en train de redessiner les contours du « Moyen-Orient élargi ». Cependant, leur accord conclu avant l’intervention militaire russe en Syrie pourrait être modifié par le changement de l’équilibre des forces. Rien ne prouve que Moscou acceptera la stabilisation de la Syrie et fermera les yeux sur la partition de la Turquie et de l’Arabie saoudite qui vont commencer. Quoi qu’il en soit, le bouleversement qui s’annonce modifie la donne établie depuis cinq ans. La plupart des puissances impliquées essayent donc de retourner leur veste avant les autres.

La presse, dans quelque pays que ce soit, est tellement occupée à scruter la position de son propre État dans le conflit du Proche-Orient qu’elle ignore les négociations globales entre la Maison-Blanche et le Kremlin [1] et, du coup, interprète de travers les événements secondaires. Pour clarifier l’agitation diplomatique actuelle, nous devons donc revenir à l’accord USA-Russie de septembre dernier.

La partie publique de cet accord a été formulée par la Russie dans un document distribué le 29 septembre au Conseil de sécurité de l’Onu [2]. Il indique que, pour rétablir la paix et la stabilité en Afrique du Nord et au Proche-Orient, il faut et il suffit (1) d’appliquer les résolutions du Conseil de sécurité —ce qui implique notamment le retrait d’Israël sur ses frontières de 1967— et (2) de lutter contre l’idéologie terroriste —c’est-à-dire à la fois contre les Frères musulmans créés par le Royaume-Uni et soutenus par la Turquie, et contre le wahhabisme propagé par l’Arabie saoudite—.

Il avait été initialement prévu que la Russie fasse adopter une résolution en ce sens lors de la réunion du 30 septembre du Conseil de sécurité. Cependant, les États-Unis s’y sont opposés dans l’heure précédente [3]. Sergey Lavrov a alors présidé la séance sans évoquer son projet. Cet événement majeur ne peut s’interpréter que comme un désaccord tactique qui ne doit pas entraver un accord stratégique.

Le 20 octobre, le président Vladimir Poutine recevait au Kremlin son homologue syrien, Bachar el-Assad, en présence de ses ministres de la Défense et des Affaires étrangères, du secrétaire général du Conseil russe de sécurité nationale et du chef des services secrets. L’entretien portait sur l’application du plan russo-états-unien, incluant celle du Communiqué de Genève du 30 juin 2012 [4]. Le président el-Assad faisait valoir qu’il suit les instructions de ce Communiqué et, notamment, qu’il a intégré dans son gouvernement les partis d’opposition qui en ont fait la demande conformément à la description que le Communiqué fait d’un Organe gouvernemental de transition.

S’étant assuré que les deux pays avaient une même lecture du Communiqué de Genève, la Russie et les États-Unis décidèrent de mettre au pas les États dissidents, à savoir la France, la Turquie et l’Arabie saoudite. Sachant que la position française n’est pas fondée sur des intérêts réalistes, mais s’explique exclusivement par un fantasme colonial et par la corruption de son gouvernement par l’argent turc et saoudien [5], la Maison-Blanche et le Kremlin décidèrent de traiter uniquement la source du problème, à savoir Ankara et Riyad. Le 23 octobre, John Kerry et Sergey Lavrov reçurent donc leurs homologues turc et saoudien à Vienne. Aucun texte final n’a été publié. Cependant, il semble que la Russie ait menacé les deux invités sans que les États-Unis ne prennent leur défense.

Affolé d’une possible entente russo-états-unienne contre la Turquie et l’Arabie saoudite, la France convoqua alors un « dîner de travail », et non un « sommet diplomatique », à Paris. L’Allemagne, l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis, les États-Unis, l’Italie, la Jordanie, le Qatar, le Royaume-Uni et la Turquie « évoquèrent » et non « décidèrent » le sort de la Syrie. Le format de cette réunion correspond à celui du « Core Group » des « Amis de la Syrie », sauf l’Égypte qui a déjà secrètement rejoint le camp de la Syrie. Le fait d’avoir été contraint d’inviter les États-Unis a plombé la réunion. Là encore, pas de texte final.

Enfin, le 30 octobre, les États-Unis et la Russie réunissaient un plus vaste aréopage comprenant tous les participants aux deux réunions précédentes plus l’Égypte, la Chine, l’Irak, l’Iran, le Liban, Oman, l’Union européenne et les Nations unies. Si la presse s’est esbaudie de la présence de l’Iran qui avait été tenu à l’écart de tout règlement depuis le début du conflit, elle n’a pas relevé le retour de l’Égypte du maréchal al-Sissi qui rentre sur la scène internationale grâce à la découverte de ses nouvelles réserves de pétrole, ni de l’absence persistante de la principale puissance régionale, Israël. Ce dernier point ne peut s’expliquer que dans le cas où l’État hébreu avait obtenu préalablement la garantie de parvenir à un de ses objectifs de guerre, la création d’un État colonial au Nord de la Syrie.

Les participants ont tous été priés de signer une déclaration finale que seuls les Russes et les Iraniens ont prit soin de diffuser [6]. Et pour cause : elle marque la défaite des faucons US. En effet, dans son point 8, il est indiqué que le « processus politique » —et non pas le « processus de transition »— sera conduit par les Syriens, propriété des Syriens, et que le Peuple syrien décidera du futur de la Syrie [7]. Cette formulation lourde invalide le document Feltman qui constitue l’objectif depuis plus de trois ans des faucons US, des Français, des Turcs et des Saoudiens : la capitulation totale et inconditionnelle de la République arabe syrienne [8].

Le projet US se poursuit malgré l’accord avec la Russie

La suite des événements devrait donc logiquement être la mise au pas de la Turquie, de l’Arabie saoudite et de la France, ce qui pourrait être fait tout en poursuivant les objectifs initiaux US.

Pour la Turquie, après le scrutin probablement truqué du 1er novembre et la victoire de l’AKP [9], la guerre civile devrait s’étendre et se développer [10] jusqu’à la partition du pays en deux, puis à la fusion du Kurdistan turc, du Kurdistan irakien et d’un territoire arabe syrien occupé par les Kurdes syriens et les États-Unis. D’ores et déjà, le YPG et les États-Unis conquièrent ensemble un territoire arabe au Nord de la Syrie. Le YPG qui, jusqu’au mois dernier, recevait ses armes et ses soldes de Damas, s’est retourné contre la République arabe syrienne. Ses miliciens envahissent les villages conquis, expulsent les enseignants et décrètent la kurdisation forcée des écoles. Le Kurde, qui était parlé et enseigné à l’école, devient la langue unique et obligatoire. Les milices de la République arabe syrienne, notamment les Assyriens, en sont réduites à défendre leurs écoles par les armes contre leurs compatriotes kurdes [11].

De son côté le roi Salman d’Arabie saoudite doit encaisser sa défaite au Yémen ; un voisin qu’il avait envahi officiellement pour soutenir un président en fuite, en réalité pour exploiter avec Israël le pétrole du « Quart vide » [12]. Coup sur coup, les Émirats arabes unis et l’Égypte se sont retirés de sa Coalition. Les premiers après avoir essuyé de lourdes pertes parmi leurs officiers, les seconds plus discrètement, laissant les opérations militaires aux seules mains des Israéliens. Les Houthis, poussés vers le Nord par les bombardements, ont effectué plusieurs incursions en Arabie saoudite et y ont détruit des bases militaires aériennes et leurs matériels. Les soldats saoudiens, presque tous des étrangers servant sous écusson saoudien, ont déserté en masse contraignant le roi à prendre un décret contre les abandons de poste. Pour éviter un désastre militaire, l’Arabie saoudite a alors sollicité de nouveaux alliés. Contre de l’argent sonnant et trébuchant, le Sénégal a envoyé 6 000 hommes et le Soudan 2 000. La Mauritanie hésite à envoyer un contingent. Le roi, dit-on, aurait également sollicité l’armée privée Academi (ex-Blackwter/Xe) qui recruterait actuellement des mercenaires en Colombie. Ce fiasco est directement imputable au prince Mohammed ben Salmane, qui a revendiqué l’initiative de cette guerre. Ainsi, il affaiblit l’autorité de son père, le roi Salman, et fait gronder la contestation des deux clans exclus du pouvoir, ceux de l’ancien roi Abdallah et du prince Bandar. Logiquement ce conflit devrait aboutir à un partage de leur héritage entre les trois clans et donc à un partage du royaume en trois États.

Ce n’est qu’après ces nouveaux conflits que la paix devrait revenir dans la région, sauf dans la partie arabe colonisée par le nouveau Kurdistan, appelée à devenir le nouveau point de fixation des antagonisme régionaux en lieu et place de la Palestine.

Mais même écrit, le futur est incertain. Le renversement du rapport de forces entre Washington et Moscou [13] pourrait modifier leur accord.

Les rats quittent le navire

Alors que les mauvais joueurs annoncent sans sourciller que l’intervention militaire russe en Syrie n’apporte pas les résultats escomptés par Moscou, les jihadistes en fuite se replient en Irak et en Turquie. Le chef d’état-major US, le général Joseph Dunford, a admis, le 27 octobre lors d’une audition au Sénat, que désormais les armes parlaient en faveur de la République arabe syrienne [14]. Tandis que le Commandeur suprême de l’Otan, le général Philip Breedlove, a déclaré, le 30 octobre lors d’une conférence de presse au Pentagone, que c’est une litote de dire que la situation évolue de jour en jour et menace désormais la sécurité de l’Europe [15].

Force est de constater que l’alliance entre les partisans du chaos et ceux de la recolonisation va non seulement perdre en Syrie, mais que l’Alliance atlantique elle-même ne peut plus prétendre à la domination globale. Du coup, une soudaine agitation traverse les chancelleries, beaucoup affirmant qu’il est temps de parvenir à la paix —ce qui sous-entend qu’ils pensaient jusque là différemment—.

Les « retournements de veste » qui s’annoncent à propos de la Syrie auront comme première conséquence la consécration du rôle international de la République islamique d’Iran et de la Fédération de Russie ; deux acteurs que la presse occidentale présentait, il y a quatre mois encore, comme totalement isolés et voués à de terribles difficultés économiques ; deux puissances qui sont désormais les premières forces militaires, régionale pour l’Iran et globale pour la Russie ; et comme seconde conséquence le maintien au pouvoir du président el-Assad dont on annonce depuis cinq ans qu’« il doit partir ».

Dans ce contexte, la propagande de guerre continue imperturbablement, affirmant que si ce ne sont pas les bombardements russes qui tuent des civils, c’est l’armée syrienne qui les bombarde ; imputation confirmée par la matrice des organisations terroristes, les Frères musulmans, via leur Observatoire syrien des Droits de l’homme. Ou encore que la Russie est pressée de négocier car son intervention lui revient cher —comme si elle ne l’avait pas budgétisée durant sa longue préparation—. Jamais à court d’invention, le directeur de la CIA, John Brennan, prétend quant à lui que la Russie s’apprête à lâcher le président el-Assad, alors même que le président Poutine s’est gaussé de cette auto-persuasion quelques jours plus tôt, au Club de Valdai.

En France, la révolte gagne la classe politique. Les quatre principaux leaders de la droite, Dominique de Villepin, François Fillon, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy ont chacun de leur côté déclaré qu’il est absurde de s’aliéner la Russie et de ne pas reconnaitre la défaite en Syrie. Cependant Alain Juppé, qui joua un rôle central dans le début de la guerre, notamment en signant un traité secret avec la Turquie, persiste à conserver l’objectif de renverser la République arabe syrienne, plus tard. À gauche, plusieurs leaders envisagent de prochains voyages à Damas.

La panique devant les changements prévisibles est en fait générale. Si Nicolas Sarkozy s’est précipité chez le président Poutine, le vice-chancelier allemand, Sigmard Gabriel, également [16]. Il a plaidé pour que l’on referme les contentieux et les aigreurs du passé et que l’on renoue le dialogue avec la Russie. Il était temps.

Thierry Meyssan

Source: Voltairenet

Notes:

[1] « Moscou et Washington entendent refonder les relations internationales », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 octobre 2015.

[2] « Proposition russe d’un débat au Conseil de sécurité sur le terrorisme », Réseau Voltaire, 1er octobre 2015.

[3] “Lavrov to chair Security Council’s meeting on fighting terrorism”, Tass, September 30, 2015.

[4] « Communiqué final du Groupe d’action pour la Syrie », Réseau Voltaire, 30 juin 2012.

[5] « Pourquoi la France veut-elle renverser la République arabe syrienne ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 octobre 2015.

[6] “Joint Statement on the outcome of the multilateral talks on Syria”, Voltaire Network, 30 October 2015.

[7] “This political process will be Syrian led and Syrian owned, and the Syrian people will decide the future of Syria”.

[8] « Deux épines dans le pied d’Obama », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 31 août 2015.

[9] « Vers la fin du système Erdoğan », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 15 juin 2015.

[10] « La Turquie en danger », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 27 juillet 2015.

[11] « Les États-Unis et Israël débutent la colonisation du Nord de la Syrie », Réseau Voltaire, 1er novembre 2015.

[12] « Les projets secrets d’Israël et de l’Arabie saoudite », par Thierry Meyssan ; « Pourquoi l’Occident est-il silencieux sur la guerre du Yémen ? », par Martha Mundy, Traduction Alasso, Counterpunch, Réseau Voltaire, 22 juin et 4 octobre 2015.

[13] « L’armée russe affirme sa supériorité en guerre conventionnelle », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 19 octobre 2015.

[14] “Dunford Tells Senate Now is Time to Reinforce Iraqi Success Against ISIL”, Jim Garamone, DoD News, October 27, 2015.

[15] “Department of Defense Press Briefing by General Breedlove in the Pentagon Briefing Room”, October 30, 2015.

[16] « L’Allemagne tente de se sortir du conflit syrien », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie), Réseau Voltaire, 29 octobre 2015.

Contre-offensive russe au Moyen-Orient

Les déclarations extrêmement bellicistes du Chef de la diplomatie saoudienne à l’égard de la Syrie à l’Assemblée Générale des Nations Unies, relayées dans une version un peu edulcorée par le président français François Hollande (qui jouit de la confiance absolue de Ryad et de Doha, conséquence de la méfiance qu’inspire le style Obama à ces régimes), ont mis fin aux tergiversations des pays hostiles quant à leur intentions. Adel Al-Jubayr, ministre des Affaires étrangères du Royame d’Arabie Saoudite a en effet déclaré que le Président syrien Bashar Al-Assad « devait partir ou subir l’option militaire’.

Le signal n’est même pas codé. Moscou et Damas décident d’agir ou plutôt de réagir très vite. A peine le Parlement russe donne t-il son aval à l’utilisation des forces armées en Syrie que des chasseurs-bombardiers russes procèdent à des frappes dans la province de Homs. Une vingtaine de raids ciblent huit positions de Daech dans une zone difficile d’accès. Consternation à Ryad et rage à peine contenue à Washington.

Les Etats-Unis et la France (Paris agissant pour le compte du Qatar en échange d’une aide financière assez conséquente) sortent une première parade: Au lieu de cibler Daech, les russes auraient bombardé des positions de la rébellion syrienne dite modérée. Les preuves? D’interminables jérémiades de barbus armés jusqu’au dents jurant devant les caméras numériques de la propagande rebelle  qu’ils se sont fait massacrer par les Russes. Devant le peu de consistence de telles assertions relevant plus de la mauvaise foi et confirmant un peu plus les liens troubles entre certaines capitales et les organisations islamistes radicales semant la terreur un peu partout en Orient, des experts préconisent un vieil expédient: le massacre de civils. Les femmes et les enfants en tête. Dommages collatéraux. Problème: les russes n’ont effectué que des frappes limitées en zone semi-montageuse quasiment inhabitée. Reste l’avis des experts. Un relais de l’Otan n’est pas allé par quatre chemins pour estimer que les pilotes russes avaient totalement raté leurs cibles. Et dire que les enragés de Daech se la coulaient douce depuis plus d’un an sous les rares bombes intelligentes US, britanniques, françaises et Arabes, largués le plus près possibles des lignes de l’armée syrienne (sait-on jamais). Cela a changé. Les Russes ne badinent pas: ils canardent à coups de roquettes à basse altitude…C’est pas amusant et l’ennui est que ça peut être mortel.

Les Russes ont mené des frappes dans la province de Homs. Le jour même, des avions de combat US ont procédé à une frappe aérienne dans la province d’Alep. Une sorte de baroud d’honneur. Surtout que le préavis russe aux capitales de la coalition et aux israéliens était très court: à peine une heure. En fin de journée, des avions syriens bombardent les mêmes positions que les avions russes ont arrosé avec des roquettes et des missiles quelques heures auparavant. Un véritable carrousel.

En réalité, jamais la Russie n’aurait envisagé d’employer des avions de combat au Levant dans ce qui semble l’une des plus grandes interventions russes au Moyen-Orient si la bande de Victoria Nulland, composée uniquement de civils ultra-sionistes n’ayant jamais eu la moindre expérience militaire, n’avait pas autant méprisé le haut commandement militaire US et poussé les Etats-Unis et leurs alliés à aller embêter l’Ours Russe tout près de sa tanière en Ukraine.

La crise en Ukraine a été provoquée en réaction à l’échec du plan préconisé en Syrie suite au soutien politique et diplomatique russe à Damas. Ceux qui ont provoqué Moscou n’ont peut-être jamais lu une ligne d’histoire sur ce qui s’est passé sur le Front Oriental de la Seconde guerre mondiale (1939-1945) et son impact décisif sur ce conflit.

Des militaires russes sont en train de débarquer à Baghdad en Irak mais également dans des bases aériennes en Iran (notamment à Hamadan). Un centre de coordination opérationnel regroupant des militaires russes, syriens, irakiens et iraniens à Baghdad? S’agit-il de politique-fiction? Non. Voilà où mène l’ingérence de civils à la loyauté incertaine et agissant pour une idéologie (en l’occurrence le sionisme) et ayant le contrôle des armées les plus onéreuses au monde avec un budget dépassant les 600 milliards de dollars US. George W. Bush doit avoir une belle gueule de bois en ce moment.

Le plus amusant dans cette affaire est que les Russes agissent sous le couvert de la lutte contre le terrorisme. Le même fond de commerce utilisé par l’empire pour justifier ses guerres en dehors du défunt droit international. Il s’agit bien d’une lutte. Certains analystes ont jugé que la Troisième guerre mondiale n’a pas eu lieu ou qu’elle a été évitée de justesse. Nous estimons que nous sommes en plein dedans. Voire vers sa fin. C’est aux historiens d’en délimiter la durée, ainsi que l’année de son début.

Le jeu continue.

TRIDENT C

François Hollande, Israël et la bombe atomique

Le 20 mai 2015, Israël, qui participe à la Force commune arabe, largue une bombe à neutrons au Yémen. Ce type de bombe nucléaire tactique tue les êtres vivants sans détruire les infrastructures.

L’interview traditionnel du président de la République française le 14 juillet, date de la fête nationale, aura été cette année l’occasion pour François Hollande de tenir toutes sortes de propos indécents et aberrants.

Je voudrais juste attirer votre attention sur le passage suivant en réponse à une question de Claire Chazal sur l’accord des 5+1 avec l’Iran :

« La France a été très ferme dans cette négociation et Laurent Fabius l’a conduite avec beaucoup de rigueur et également de fermeté.
Qu’est-ce qu’était ma préoccupation ? Éviter la prolifération nucléaire. Cela veut dire quoi la prolifération nucléaire ? Cela voulait dire que l’Iran puisse accéder à l’arme nucléaire. Si l’Iran accédait à l’arme nucléaire, l’Arabie Saoudite, Israël, d’autres pays voudraient également accéder à l’arme nucléaire. Ce serait un risque pour la planète tout entière. Donc, il fallait empêcher que l’Iran puisse accéder à l’arme nucléaire. » [1]

Ainsi, selon le président Hollande, chef des Armées et à ce titre détenteur de la Force nucléaire, Israël n’aurait pas d’armes nucléaires.

Or, chacun sait qu’Israël est l’une des quatre puissances nucléaires non-signataires du Traité de non-prolifération (avec l’Inde, le Pakistan et la République populaire démocratique de Corée).

C’est en 1956 que le président du Conseil français, Guy Mollet (le prédécesseur de François Hollande à la tête du Parti socialiste), organisa le transfert de technologie nucléaire entre la France et Israël. Pour ce faire, il attribua à l’Hôtel de Matignon un bureau à Shimon Peres (futur président d’Israël) d’où celui-ci supervisa le transfert. La France construisit la centrale de Dimona dans le désert du Néguev, dont Shimon Peres devint le directeur. Israël participa également aux expériences nucléaires françaises dans le désert algérien. Partisan de la colonisation, Guy Mollet s’appuya sur Israël pour lutter contre le FLN algérien et faire la guerre à l’Égypte (« crise » du Canal de Suez).

Cette coopération se détériora sous Charles De Gaulle et prit fin avec la décolonisation de l’Algérie. Lorsqu’en 1967, Israël attaqua ses voisins arabes (théorie de la « guerre préventive »), l’Égypte, la Jordanie et la Syrie, De Gaulle rompit les relations avec Israël. Quelques jours plus tard, les Etats-unis signèrent un accord secret avec Israël l’autorisant à détenir la bombe sous réserve de ne pas en faire la publicité et de ne pas procéder à de nouvelles expérimentations.

Israël poursuivit ses recherches avec l’aide des Britanniques, dans un premier temps —ceux-ci lui fournirent notamment du combustible prêt à l’emploi—. Puis avec l’aide de l’Afrique du Sud à partir de 1975. Il bénéficia notamment des explosions nucléaires sud-africaines, particulièrement en 1979 dans l’Océan indien, sans pour cela violer son accord avec Washington.

Israël détient actuellement entre 80 et 400 têtes nucléaires et un grand nombre de bombes à neutrons. En effet, du fait de la topographie, les bombes nucléaires stratégiques sont impossibles à utiliser dans l’environnement proche d’Israël. Aussi l’État hébreu s’est-il spécialisé dans les bombes à neutrons, dont le rayon d’action est plus petit. Celles-ci sont les armes du capitalisme par excellence car elles tuent les hommes, mais n’endommagent pas les propriétés.

L’ensemble de ce programme fut révélé par un scientifique israélien opposé à l’apartheid, Mordechaï Vanunu, en 1986 dans le Sunday Times [2]. Il fut alors enlevé à Rome par le Mossad, rapatrié en Israël et mis au secret durant 18 ans. Libéré en 2004, mais assigné à résidence, il accorda un entretien à Silvia Cattori et fut immédiatement réincarcéré pour avoir parlé à des journalistes [3].

En 2002, le stratège israélien Martin Van Creveld fit état publiquement de l’arsenal nucléaire et menaça les Européens de rétorsion sur leur sol s’ils persistaient à soutenir les Palestiniens [4]. On parla alors du « complexe de Samson », c’est-à-dire de la menace d’un suicide destructeur israélien plutôt que d’une défaite.

Le 6 décembre 2006, le secrétaire à la Défense états-unien, Robert Gates, admettait lors d’une audition au Sénat qu’Israël détient la bombe atomique. Quelques jours plus tard, le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, l’admettait au détour d’une phrase, lors d’un entretien à la chaîne allemande N24.

En 2010, 18 États arabes sont parvenus à faire inscrire sur l’Agenda de l’AIEA (Agence internationale pour l’Énergie atomique) la question des « capacités nucléaires israéliennes ». Les Nations unies organisèrent alors une conférence sur le Traité de non-prolifération au cours de laquelle la République islamique d’Iran proposa de créer « une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient » [5], sur le modèle de ce qui a été fait en Amérique latine ou en Asie centrale. Cependant ce projet échoua du fait de l’opposition d’Israël et des États-Unis. Ces derniers stockant illégalement des armes nucléaires en Turquie.

Récemment, Israël a fait usage de bombes à neutrons à Khiam lors de la guerre de 2006 contre le Liban et au Yémen, le 20 mai dernier. Dans les deux cas, des relevés de radiations ont été effectués.

Pourquoi le président Hollande nie-t-il des faits largement établis ? Par ignorance ou parce qu’il tente de justifier la position française durant les négociations avec l’Iran au point de s’emberlificoter dans sa propre propagande ?

Le 17 novembre 2013, arrivant à l’aéroport Ben-Gourion de Tel-Aviv, François Hollande déclarait « « Tamid écha-èr ravèr chèl Israël » en hébreu, « Je suis votre ami et je le serai toujours  » » [6].

Thierry Meyssan

Lien direct de l’article: Voltairenet

 


 

Notes:

[1] « Entretien de François Hollande pour la fête nationale », par François Hollande, Réseau Voltaire, 14 juillet 2015.

[2] “Revealed : the secrets of Israel’s nuclear arsenal”, The Sunday Times, October 5, 1986.

[3] « C’est parce qu’Israël détient la bombe atomique qu’il peut pratiquer sans crainte l’apartheid », par Silvia Cattori, Traduction Marcel Charbonnier, Réseau Voltaire, 14 octobre 2005.

[4] “The War Game, a controversial view of the current crisis in the Middle East”, Elsevier, 2002, no. 17, p. 52-53, 27 avril 2002.

[5] « Création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient », Réseau Voltaire, 4 mai 2010.

[6] « Déclaration de François Hollande à son arrivée à l’aéroport de Tel-Aviv », par François Hollande, Réseau Voltaire, 17 novembre 2013.

Nucléaire iranien, une excuse comme une autre…

Une excuse, voilà ce qu’est pour moi la « crise » occidentalo-iranienne à propos du nucléaire. Pour ceux qui auraient raté un épisode, cela fait quelques années que les USA, Israël, et tous leurs alliés (France, Angleterre…) cherchent à tout prix à déposséder Téhéran de son nucléaire civil. La raison invoqué est la possibilité pour l’Iran de parvenir à fabriquer des armes atomiques – remarquez au passage, que pour une fois, l’expression « Arme de destruction massive » n’a pas été utilisée – ce qui selon eux équivaudrait à laisser un enfant jouer avec un AK-47.

Bien que le Guide suprême religieux iranien ( l’Ayatollah Ali Khamenei) se défende de vouloir posséder le feu nucléaire, rien n’y fait, les pays occidentaux ne veulent rien entendre. Les iraniens doivent produire de l’électricité avec du charbon, du pétrole, des éoliennes ou alors en pédalant dans les caves, mais en aucun cas, ils ne doivent avoir de centrales nucléaires sur leur territoire même si elle était commandée à une entreprise occidentale. Par contre, les pays du Golfe, Arabie Saoudite en tête, peuvent en construire autant qu’ils le veulent, nonobstant le fait que ce sont eux qui fournissent les armes aux rebelles de tout poil qui ravagent le Moyen-Orient.

Ce n’est pas tant l’impossibilité pour Téhéran de produire de l’électricité à moindre coût qui pose problème ici, mais bel et bien l’embargo imposé par l’occident. L’interdiction d’exporter du pétrole ou du gaz a mis à genoux l’économie iranienne; la pénurie de médicaments n’arrange pas les choses, non plus; et tout ça pour quoi? Pour rien! Juste pour faire plaisir à Tel-Aviv.

Car depuis quelques mois, des négociations ont lieu, régulièrement, entre l’occident et l’Iran. Ces réunions dites à 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) tentent de trouver une solution, mais c’est peine perdue. La Russie et la Chine faisant corps avec l’Iran, les USA, la France et l’Angleterre appliquant les ordres d’Israël, il n’y a guère que l’Allemagne qui tire son épingle du jeu en vendant son armement à chaque participant…

Il y a eu des progrès notables, surtout depuis l’élection du nouveau président iranien, un peu moins matamore que l’ancien, plus réfléchi, et surtout plus posé. Une partie de l’embargo avait été levé, et il semblait que l’on se dirigeait vers une solution. Mais voilà, lors de la dernière réunion, rien de bien intéressant n’est ressorti. Pourtant, les pays occidentaux commençaient à faire du pied à l’Iran, doucement, sous la table afin de compter sur l’appui aérien pour la lutte contre Daech; car il ne faudrait pas oublier que Téhéran a été le premier pays frontalier à bombarder les sites détenus par l’EIIL en Irak, en Syrie aussi, et cela dès le mois de Juillet. Et pourtant, rien…

Heureusement, le fin mot de l’histoire nous vient de Washington où c’est tenu le Saban Forum sur le Proche-Orient. Lors de cette réunion, un enregistrement du premier ministre israélien à été diffusé, et nous en savons donc plus sur ce qui c’est passé là-bas:

Israël a joué un rôle clé pour éviter un mauvais accord entre les grandes puissances et l’Iran sur le programme nucléaire de Téhéran le mois dernier.
(…)
(Notre) voix ainsi que nos inquiétudes ont joué un rôle décisif pour éviter un mauvais accord.
(…)
Un tel accord aurait véritablement permis à l’Iran d’être au seuil de devenir une puissance nucléaire.
(…)
Le but d’Israël ést à présent de travailler à un accord qui démantèlerait toute capacité de Téhéran de fabriquer des armes.

Vous noterez qu’il n’est pas fait mention du type d’armes, ce qui laisse une assez grande liberté d’interprétation. Quand on sait que le lancé de caillou est interdit en Israël, les carrières pourraient elles aussi être bombardées…
Mais le problème n’est pas là, non, il se situe aux États-Unis où le Congrès pourrait voter une loi qui imposerait des sanctions conditionnelles contre Téhéran, ce qui aurait pour effet immédiat (je cite l’administration US): « De faire capoter la voie diplomatique… »

Que reste t-il lorsque la voie diplomatique est une impasse?
Une excuse… Une excuse minable pour faire tomber un pays de plus dans le chaos…

Passé sous silence…

Les ravages de l’EIIL, la lutte contre le virus Ebola, la garde-à-vue de la bimbo suite à la tentative de meurtre sur son compagnon (pas de chance! Pour une fois qu’elle réussissait à percer…), sans oublier les règlements de compte au sein de l’UMP (la droite française); toutes ces infos qui passent en boucle sur les chaines de télé ont une certaine utilité pour les politiciens et les économistes de l’U-E: détourner l’attention des citoyens européens sur ce qui se passe au sein de cette entité obscure.

Par exemple, les grèves dans les transports ferroviaires en Allemagne n’ont pas fait la une des journaux de ce côté-ci du Rhin. Pourtant elles ont bien eu lieu. La dernière en date – qui devait durer du mercredi 5 Novembre jusqu’au lundi suivant – a été très suivie, d’autant plus qu’elle menaçait l’acheminement des spectateurs pour la commémoration de la chute du Mur à Berlin. Le syndicat (GDL, représentant les conducteurs de train, et minoritaire au sein des salariés de la Deutsche Bahn) à l’origine de cette grève a décidé de lever le dispositif le Samedi.
Leurs revendications portent sur une hausse de salaire (e%) et une diminution du temps de travail hebdomadaire (37 heures). Elles portent aussi sur des questions de représentativité puisque la compagnie ferroviaire refuse de négocier avec le GDL des accords salariaux pour des personnels autres que les conducteurs de train.

Mais bien plus qu’une gène pour les voyageurs, l’État allemand commence à voir d’un mauvais œil ces grèves à répétitions – la sixième depuis début Septembre – qui paralysent aussi l’acheminement des marchandises pour les entreprises (1/5 du transport de marchandises se fait par le rail).
Même la justice a déclaré; suite à une saisi de la justice par Deutsche Bahn (DB); que le mouvement n’est contraire à aucune loi et n’est pas disproportionné.
Pour finir, DB estime le coût de la grève à environ 100 millions d’€ par jours.

Mais il n’y a pas que les conducteurs de trains qui ralentissent le pays, les pilotes de Lufthansa ont également mené une dizaine de grèves successives depuis fin août sur fond de conflit sur les conditions de fin de carrière.

Belgique, si vous ne le savez pas, une grande manifestation a eu lieu cette semaine, rassemblant entre 100 000 et 130 000 personnes (environ 1% de la population). Elle était composée des syndicats, mais aussi des partis socialistes, écologistes et d’extrême gauche, qui tous voulaient dénoncer les mesures d’austérité du nouveau gouvernement de droite, parmi lesquelles:
– le report de l’âge de la retraite à 67 ans à partir de 2030, contre 65 ans actuellement;
– diminution des salaires, des pensions;
Le fait que les grandes entreprises et les détenteurs de capitaux ne participent pas à la solidarité n’arrange pas les choses.

En fait, cette manifestation est un prélude à la contre-offensive annoncée par les syndicats aux réformes économiques et sociales, soit 11 milliards d’euros d’économies, prévus par Charles Michel, à la tête d’une coalition de droite inédite composée d’un seul parti francophone, le Mouvement Réformateur (MR-libéral) et de trois partis néerlandophones de droite, dont la N-VA (prônant l’indépendance de la Flandre au sein de l’Europe). Une grève générale devrait avoir lieu le 15 Décembre. En attendant, la manifestation de jeudi dernier s’est aussi doublé de débrayages dans l’industrie, notamment dans la sidérurgie et aux ports d’Anvers et de Zeebruges, ainsi que dans la fonction publique: à la poste ou encore dans l’enseignement.

Lors de la dispersion de la manifestation, des heurts ont opposé 1 000 à 2 000 manifestants (dont des dockers d’Anvers, mais pas que) aux forces de l’ordre. Selon le maire de Bruxelles (Yvan Mayeur), une centaine de policiers auraient été blessés, une quinzaine d’arrestations aurait été effectuées.

Le maire d’Anvers – par ailleurs président du parti N-VA – s’est fendu d’une déclaration:
«Il n’y a pas d’alternative à notre politique. Nous devons maintenant continuer et créer des perspectives pour le peuple… les pays ayant une représentation syndicale forte, comme la France, sont «infiniment pire » que la Belgique. »
Infiniment pire? Mais non, mais non! En France, nous avons un gouvernement de gôche, du coup, les syndicats ne bougent pas une oreille; contrairement au précédent gouvernement qui, lui, avait pris des décisions moins contestables, mais qui avait eu droit à tout un lot de manifestations/grèves. En fait, en France, les seuls qui défilent dans la rue sont les familles opposées au mariage gay, sinon, pour le reste (la casse sociale, la courbe du chômage qui ne semble pas vouloir s’inverser…) tout va bien!!!

La Catalogne, enfin, vote ce dimanche pour son indépendance. Ce vote n’est que symbolique puisque le tribunal constitutionnel a ordonné sa suspension. Mais le président catalan, Artur Mas, a déclaré que son objectif était d’organiser à terme un referendum en bonne et due forme et définitif sur une sécession, sur le modèle de l’Ecosse et du Québec.
A treize heure, plus de 1 100 000 catalan avaient voté. Cependant, le nombre total de votant n’étant pas connu – puisqu’il n’ y pas de listes électorales préétablies – le taux de participation est donc inconnu. Néanmoins, la vice-président de la Generalitat (organisation politique de la communauté autonome de Catalogne, en Espagne; elle est régie par le statut d’autonomie de la Catalogne, entré en application en 2006), Joana Ortega, estime à environ 5,4 millions de personnes le nombre de résidents de plus de 16 ans, espagnols et étrangers, invités à voter…

Sûr! Entre des velléités d’indépendance et des protestations massives contre les politiques d’austérité (qui touchent maintenant les pays du Nord), les politiciens européens préfèrent regarder ailleurs, les médias aussi, mais ce n’est pas nouveau…

AUX ARMES!!!

« Des armes, des chouettes, des brillantes… »
Comme le disait déjà Léo Ferré en 1969, les armes font rêver une partie non négligeable de la population mondiale. Jusqu’à oublier leur côté létal, qui pourtant est la condition sine qua non à leur fabrication. Voici donc un tour d’horizon de ce qui se passe dans le petit monde des fabricants d’armes et des armées.

En Europe, suite à un accord politique intervenu lors du salon aéronautique de Farnborough, la France et le Royaume-Uni viennent de demander à Dassault et BAE Systèms une étude de faisabilité portant sur la fabrication d’un drone de combat européen, suivi – si possible – par l’étude de réalisation d’un chasseur piloté de nouvelle génération, qui devrait être le successeur unique du Rafale, de l’Eurofighter et du suédois Gripen vers 2040.
L’étude pour le drone est dotée d’une enveloppe de 250 millions d’€. Si tout se passe bien, un vol d’essai est prévu pour 2017 et la dotation aux armées pourraient intervenir en 2020.

La Russie, quand à elle, a testé avec succès un missile balistique intercontinental (Le Sineva, missile à propergol liquide avec une portée maximale de plus de 10000 kilomètres et capable de transporter quatre à 10 ogives nucléaires, est en service depuis Juillet marine russe de 2007, il est le remplaçant du Bulava) tiré depuis un sous-marin.
Le Sineva a été lancé par le sous-marin à propulsion nucléaire Tula dans la mer de Barents, pour tester la fiabilité des forces nucléaires stratégiques marines, selon le ministère de la défense russe.

Forte de ce succès, la Russie va débuter une série de tests ayant pour but de vérifier la performance des véhicules militaires russes dans les conditions climatiques extrêmes de la péninsule de Kola. Les objectifs de l’essai comprennent l’amélioration de la conception des futurs véhicules et acquisition de l’expérience dans la réalisation d’une série de tâches militaires dans des conditions arctiques.
Ces tests font suite à d’autres tests, conduits cet été, dans des conditions montagneuses sèches et désertiques.

La Chine, elle, va accueillir un salon aéronautique international – le Zhuhai Airshow. Il durera six jours, attirant près de 700 exposants venus de 41 pays avec un nombre record de 120 avions. Environ 45% des exposants viennent de l’extérieur de la Chine.
Il sera possible d’y voir, pour la première fois, l’avions de transport militaire Y-20 et le chasseur de combat furtif J-31. Y sera aussi présent, le fleuron de l’aéronautique russe: le Sukhoi SU-35.

Enfin, la Chine et la Russie ont conclu des accords sur une série de projets de coopération militaire importants. Pour le moment, rien n’a filtré quand au contenu de cette coopération. Mais il se pourrait qu’elle ne se contente pas de manœuvres militaires communes, ni d’échanges logistiques. Le défaut principal de l’industrie militaire chinoise, est son manque de technologie de pointe, notamment en ce qui concerne les moteurs aéronautiques, partant de là, il se murmure que ladite coopération importante pourrait porter sur des échanges de technologies, certains rêvant déjà à un J-35 (copié-collé du SU-35) et à des systèmes anti-aériens tels que le S-400 russe.

Je ne sais pas pour vous, mais ces démonstrations militaires me ramènent trente ans en arrière, du temps de l’URSS et de la Guerre Froide. Le Mur de Berlin est tombé il y a vingt-cinq ans, cependant certaines mentalités sont encore bien vivantes…

Si tu me donnes l’Europe, moi je te fais cadeau de la Syrie

Le 31 octobre dernier, François Hollande, président de la république Française, a reçu son homologue turc nouvellement élu, Recep Tayyip Erdoğan. Suite à leur entrevue, une conférence de presse s’est tenue, au cours de laquelle les deux chefs d’État ont parlé de la situation en Syrie et au Proche-Orient.

Le président turc a fait part de ses doutes concernant la fixation que la Coalition Internationale semble faire à propos de la ville kurde de Kobane. Pour lui, rien ne justifie les frappes quotidiennes sur ce site, puisque: «Comme il n’y a plus de civils dans Kobane, où il n’y a que 2.000 combattants, pourquoi est-ce ce lieu qui est constamment bombardé?»
En gros, les civils sont saufs, les Peshmergas peuvent bien se débrouiller seuls.

D’après Erdogan, la Coalition Internationale pourrait tout aussi bien s’occuper de bombarder Idlib, Hama, Homs ou les 40% de l’Irak sous la coupe de l’EIIL. Hollande a aussitôt répondu du tac au tac: «(…) Kobane n’était pas l’alpha et l’oméga de la mission, la « ville clé » dans la lutte est Alep, la deuxième ville de Syrie».

Nous y voilà! Ce fut long. Cependant, Alep n’est pas une ville aussi facile à bombarder que Kobane. Sa relative proximité avec Damas, et son importance stratégique font en sorte que le gouvernement de Bashar al-Assad ne donnera jamais sont accord pour de tels lâchers de bombes. Il ne reste qu’une solution pour que la Coalition Internationale puisse arriver à ses fins, une zone d’exclusion aérienne, déguisée en couloir humanitaire. Il y a quelques temps de cela, le gouvernement turc avait édité une carte représentant les fameuses zones humanitaires et ce qui en ressortait était les localisations de ces dites zones; les principales étaient dans l’Ouest de la Syrie, sur l’axe de ravitaillement turco-EIIL.

Site original: Hürryiet Daily News
Site original: Hürryiet Daily News

Le président turc a aussi réitéré son appel à faire tomber Bashar al-Assad, coupable selon lui d’utilisation d’armes chimique et de terrorisme d’État. Toujours selon lui: «(…) la lutte anti-ISIL devrait également viser le gouvernement syrien».
On peut être certain que cette déclaration a reçu une oreille attentive chez son homologue français; lui qui martèle depuis deux ans que Bashar al-Assad est le chef des combattants djihadistes éparpillés sur son territoire…

Enfin, le chef de la Turquie s’en est pris aux États-Unis, pour avoir laissé derrière eux leur équipements militaires lourds dont l’EIIL s’est emparé. Cependant, il a tenu à rappeler à la Coalition Internationale qu’il a donné l’autorisation aux Peshmergas irakiens de passer par la Turquie pour aller combattre à Kobane; il a néanmoins oublié de préciser qu’avant de donner son accord, les forces kurdes irakiennes ont rongé leur frein durant quelques jours.

Cependant, la dernière phrase prononcée par Erdogan est assez explicite; elle est adressée directement à François Hollande et ne laisse planer aucun doute sur ses intentions: c’est donnant-donnant.
En effet, le président turc a demandé le soutien de François Hollande à la candidature de la Turquie pour devenir membre de l’UE…

Burkina Faso: révolution populaire ou « Printemps Africain »?

L’information ne vous a certainement pas échappée, le Burkina Faso traverse une crise politique intense. Entre putsch militaire, ras-le-bol populaire et déstabilisation extérieure, le choix est vaste quant aux causes. Les conséquences sont les mêmes qu’ailleurs, la gouvernance sera assumée par le chef d’état-major de l’armée, le général Nabéré Honoré Traoré, suite à la démission du président Blaise Compaoré.

Revenons un peu en arrière, Blaise Compaoré était à la tête du pays depuis 1987 – à la suite d’un coup d’état – il avait déjà effectué deux septennats (1992-1998 et 1998-2005), et il aurait terminé fin 2015 son deuxième quinquennat (2005-2010 et 2010-2015). Jugeant sûrement qu’il devait être le seul à pouvoir assurer la présidence, il avait parlé en décembre 2013 de modifier la constitution qui ne lui permettait pas de se représenter pour un troisième mandat.

Le 21 octobre dernier, le gouvernement burkinabè avait annoncé la tenue d’un référendum qui devait rendre possible sa candidature à l’élection présidentielle de 2015. Les évènements se sont enchainé à partir de cette date. Deux jours plus tard l’assemblée national burkinabé décide d’étudier le dossier une semaine plus tard, le 30 octobre, dans le même temps, les citoyens (dont les deux tiers ont moins de 25 et n’ont donc connu que le régime de Compaoré).

Le 27 octobre, plusieurs centaines de femmes soutenant l’opposition burkinabè ont marché à Ouagadougou, dans le même temps, la majorité, par la voix de son coordinateur, a demandé au chef de l’Etat à prendre toutes les mesures possibles contre des agressions à l’encontre de ses députés, menacés à leurs domiciles.

Pour faire un peu plus court, jeudi 30 octobre les manifestants ont pris d’assaut le parlement et la télévision nationale ce qui déclencha des représailles côté pouvoir, avec toutes les horreurs que cela suppose. Bref, Compaoré a été poussé vers la sortie, et le chef d’état-major de l’armée à pris la tête du pays.

Petit souci de dernière minute, le n°2 de la garde présidentielle – le lieutenant-colonel Isaac Yacouba Zida – a annoncé vendredi la mise en place prochaine d’un nouvel organe de transition pour un retour le plus rapide possible à l’ordre constitutionnel, demandant le soutien de la communauté internationale.

Nous, forces vives de la Nation, (…) à la demande du peuple burkinabè, avons décidé que la Constitution du 2 juin 1991 est suspendue
Un organe de transition sera mis en place en accord avec toutes les forces vives de la Nation en vue d’organiser une transition encadrée pour un retour à une vie constitutionnelle normale.

La composition de cet organe consensuel de transition, ainsi que sa durée que nous souhaitons la plus brève possible, seront déterminées (…) dans les plus brefs délais possibles.

Les mêmes officiers sollicitent l’accompagnement de la communauté internationale pour un retour rapide à l’ordre constitutionnel, et assurent que les engagements pris par l’Etat burkinabè seront respectés.

Nous appelons l’ensemble des forces vives à rester calmes, à nous faire confiance, souligne le texte, qui appelle également les Forces de défense et de sécurité à prendre toutes les dispositions pour assurer la sécurité des biens et des personnes

Un deuxième texte signé aussi par le lieutenant-colonel Isaac Yacouba Zida fait état de la fermeture des frontières aériennes et terrestres du pays.

Pour être tout à fait complet, je dois préciser que le Burkina Faso se trouve en Afrique de l’Ouest, au Sud du Mali, en pleine zone sahélienne. Ses deux principaux partenaires internationaux sont la France (aïe!) et les États-Unis (re-aïe!).

Si on se réfère simplement à la condition humaine, un tel renversement de gouvernement paraît naturel. Si on rajoute à cela les cris d’orfraie poussés par les deux états amis susnommés, et l’envoi, en urgence, du Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en Afrique de l’Ouest, M. Mohamed Ibn Chambas à Ouagadougou ainsi que des émissaires de la CEDEAO et de l’Union Africaine; il semblerait que le peuple burkinabé ait voulu redevenir maître de sa destinée.

Ceci étant dit, un coup fourré est toujours possible. Ce qui, si cela s’avérait exact, montrerait un changement de tactique sur la déstabilisation des pays africains du Sahel, car pour un pays majoritairement musulman, les extrémistes n’auraient joué aucuns rôles…

« Pour connaitre les intentions du roi, il faut suivre son fou »

Le titre de cet article n’est pas un proverbe, ni même une astuce pour jouer aux échecs; c’est juste une constatation applicable à la géopolitique moderne. Par roi, il faut comprendre président; et par fou, son ministre de la défense.

En France, Jean-Yves le Drian est un des rares ministres à avoir gardé son poste malgré les différents remaniements ministériels. C’est l’homme à suivre, celui qui jalonne les routes qu’emprunteront les soldats français. Il est le ministre de la défense qui a déployé le plus d’hommes sur le plus grand nombre de théâtres d’opérations depuis la guerre d’Algérie. Il est partout et nulle part à la fois. Certains de ses déplacements sont médiatisés, d’autres se font dans la discrétion.

M. le Drian effectue en ce moment sa quatrième visite aux États-Unis depuis son investiture en Mai 2012. Il a rencontré hier son homologue américain – Chuck Hagel – avant de s’entretenir ce matin avec la conseillère à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Susan Rice; pour finir par une entrevue avec le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, dans l’après-midi.

Suite à la réunion avec Chuck Hagel, une conférence de presse a eu lieu, au cours de laquelle le ministre US a fait quelques déclarations. Notamment celle-ci:

Nous avons discuté des possibilités d’une implication de la France en Syrie pour combattre les jihadistes de l’Etat islamique (…)
La menace représentée par le groupe EI ne s’arrête pas à certaines frontières et à certains pays, et c’est quelque chose dont nous avons discuté…

La déclaration est évasive, mais les possibilités ne sont pas nombreuses. Les services de renseignement français sont déjà sur place – et depuis un bon moment – l’aviation française bombarde déjà des positions de l’EIIL en Irak, le faire en Syrie ne représente pas un problème insurmontable. Il ne reste donc qu’une seule possibilité: l’envoi de troupes au sol.

Certains d’entre-vous doivent penser que c’est aller un peu vite en besogne, et qu’il doit y avoir une autre option. Je ne vois pas laquelle. Pire, il y a quelques semaines de ça, j’ai vu le discours du premier ministre Manuel Valls devant l’assemblée juste avant le vote de confiance du parlement. C’était au moment où la France avait pris la décision d’intégrer la coalition internationale contre l’EIIL. Après son discours, et comme dans les tribunaux, la parole a été donnée à l’accusation (l’opposition), deux partis ont répondu: l’UMP (la droite) et les escrologistes écologistes; deux partis que rien ne semble pouvoir rapprocher. Et pourtant, les deux mouvements ont explicitement donné leur approbation à la mise en place des frappes aériennes en Irak, allant même jusqu’à dire qu’ils voterait pour le déploiement de troupes au sol si le gouvernement venait à le demander. Or, à l’époque, aussi bien François Hollande que Manuel Valls se refusaient à un tel scénario. Étonnant quand on se rappelle avec quelle hargne le président français exhortait ses homologues européens et nord américains à envahir la Syrie, suite à l’utilisation de gaz mortel, il y a de cela un an.

Quelques jours plus tard et après le meurtre du touriste français en Algérie, François Hollande a lui aussi fait un discours, mais à l’ONU. Je vous passe les détails, mais pour faire court voici un résumé de la pensée de notre président: C’est la faute à Bashar al-Assad! Il ne mérite pas d’être sur terre (cette dernière affirmation est de Laurent Fabius, mais l’idée est la même)!

Il y a quelques jours de ça; le ministre de la défense français à dit ceci: « L’hypothèse d’une intervention française en Syrie, qui était au départ écartée par Paris, est désormais posée sur la table. »

Retour à la conférence de presse Hagel-le Drian. Ce dernier a mis en garde contre le risque de connexion entre tous les groupes terroristes qui agissent dans l’ensemble de la zone qui va du Nigeria au Proche-Orient. Ça représente pas mal de monde, non? A ce propos, j’ai eu la réponse à la question que je me posais concernant Boko Haram et le Califat. Le Califat dont parlait Abubakar Shekau, le chef de Boko Haram, c’est le sien! Donc, il existe à l’heure actuelle deux califats; un dans les étendues désertiques du Moyen-Orient, l’autre au sein des jungles d’Afrique équatorienne…

Toute société a les crimes qu’elle mérite

Alors qu’un suspect a été arrêté en France dans l’affaire de la tuerie du musée juif à Bruxelles, certains commencent à parler de « Merahisation ».

Pour rappel, voici l’itinéraire du suspect: Il est né et a grandi dans une banlieue du Nord de la France, quelques déboires avec la justice lui valurent des séjours en prison. Lors de son dernier séjour derrière les barreaux (dans le Sud de la France) il se radicalisa et à sa sortie, partit en Syrie s’entrainer aux maniements des armes (entre autres). C’est à son retour que tout s’accéléra.

Alors, dans ce contexte, la comparaison avec Mohamed Merah semble toute trouvée. Mais qui sont Mohamed Merah et le suspect?

Les fruits de la politique française. Voire internationale. Un Etat peut-il coloniser d’autres pays, et ne pas se soucier des descendants des colonisés qui se sont installés sur son territoire? Car c’est de ça qu’il s’agit. Il est beaucoup plus aisé, pour un gouvernement, de parquer ses immigrants dans des cités dortoirs et de laisser pourrir la situation; plutôt que d’essayer de les intégrer.

Je sais bien qu’une partie de la population ne veut pas entendre parler d’intégration; mais j’en connais une plus grande qui veut la sécurité, donc, la logique voudrait qu’en intégrant ces hommes et ces femmes la délinquance diminue, puisqu’ils ne seront plus obligé de se débrouiller par eux-même…

Oh, on a droit – une ou deux fois par an – à un reportage sur un jeune ou deux, issus d’un quartier défavorisé, et qui ont réussi leur vie. Facile! Je peux moi-même vous citer les noms de dizaines de « bons français » qui ont raté leur vie. A l’heure du flicage d’Internet, et des caméras de surveillance (pour lutter contre dangereux délinquants, mais qui sont à 95% placées dans les centre-ville et non dans les quartiers dits « chauds »!)la possibilité qu’un individu lambda puisse faire un appel au meurtre sur le Net, acheter des armes et massacrer quelques civils sans qu’aucune officine sécuritaire de la république ne bouge; cela me laisse…sceptique.

Le détail qui tue dans cette affaire, c’est que le suspect, qui a passé quelques mois en Syrie, a décidé à son retour, de s’en prendre à un symbole (et des êtres humains) juif. Si vraiment il voulait faire un carton, pourquoi ne pas aller faire un tour sur le plateau du Golan lorsqu’il était sur place? Cela aurait été plus simple, non?

Mais les choses ne sont pas comme elles devraient être. Si en Europe le suspect à le droit de tuer autant de juifs qu’il le veut, en revanche, il ne doit pas s’attaquer à Israël. Cela ferait mauvais effet. Car, suite à sa tuerie, des dispositions vont pouvoir être prises, et d’ici que Bashar al-Assad soit montré du doigt, il n’y a pas loin; après tout, si l’on en croit Laurent Fabius, le président syrien ne lutte pas contre les terroristes, il fait ami-ami avec eux.

Il ne faudrait pas non-plus sortir cet « attentat » de son contexte. Il a eu lieu quelques jours avant les élections européennes et la montée en puissance de l’extrême droite. Bon, soit les meurtres ont été mal récupérés par la presse et les gouvernements, soit c’était une coïncidence; mais cela n’a pas empêché le parlement européen de revêtir une couleur « Marine ».

Bref, tout ceci tient de la propagande de bas niveau. Comme celle qui a vu la libération d’un soldat américain, détenu depuis presque cinq ans en Afghanistan, et qui a été « échangé » contre cinq prisonniers Talibans. La question est: pourquoi maintenant? Les prisonniers de Guantanamo ont-ils purgé leur peine? Ce sont-ils aperçus qu’il leur manquait un soldat?
Et les libérés, vont-ils vraiment rester un an au Qatar? Il faudrait être saturé d’un rare espoir pour le croire. Pourquoi laisser en paix des chefs de guerre, alors qu’il y a plein théâtre d’opérations qui ont besoin de leur expérience…

Non mais! Qui c’est le patron, ici?

C’est un match comme les amateurs de boxe seraient heureux d’en voir, un Mohammed Ali Vs Sugar Ray Robinson. J’en vois déjà certains s’étrangler devant l’erreur manifeste: ils ne concourraient pas dans la même catégorie! Certes, mais les deux protagonistes de cet article non plus. J’irai jusqu’à dire que le poids moyen a mis au tapis le poids lourd (enfin, supposé tel).

A ma gauche, champion du déploiement de troupes tout azimut (avec néanmoins une préférence pour le sable chaud du Sahel), grand défenseur des états assiégés par les hordes barbares, acheteur compulsif de matériel (les drones surtout, mais il est aussi question de remettre au goût du jour le Rafale), et par dessus tout grand globe trotteur ayant cependant une nette préférence pour le Proche-Orient; j’ai nommé…Jean-Yves le Drian!

A ma droite (toute allusion, par cette référence, à son appartenance politique, serait totalement volontaire et assumée), le champion du monde catégorie poids-lourd de la politique sécuritaire du Parti Socialiste: Manuel Valls. Grand pourfendeur de la criminalité banlieusarde (d’après lui), Premier ministre qui n’hésite pas à mouiller sa chemise, et enfin, farouche opposant aux quenelles, mais néanmoins grand ami d’Israël…

Le match sera arbitré par François Hollande.

Lors du premier round (le 9 Mai), J-Y le Drian a envoyé une lettre à Manuel Valls – avec une copie pour le ministre du budget, Michel Sapin – , pour dénoncer les risques liés à la baisse du budget alloué aux armées, telle que décrite dans la Loi de Programmation Militaire. Il s’est dit très préoccupé par les conséquences industrielles, sociales et militaires qu’elle implique. Il faudrait que le ministre de la défense fasse une économie de 355 millions d’€ cette année, alors qu’en 2013 l’économie avait été de plus de 700 millions.

Le deuxième round a vu l’intervention des généraux des trois corps d’armées (air, mer, sol) qui, pour une fois, ont fait bloc derrière leur ministre. Le 13 Mai, ils ont mis leur démission sur la table.

Troisième round: Le samedi 17 Mai, l’arbitre a tenté une médiation. Peine perdue! Les deux champions ne veulent rien lâcher.

Quatrième et dernier round, l’outsider gagne par K.O.!
Le premier ministre a assuré vendredi que la loi de programmation militaire 2014-2019 serait « totalement préservée » d’éventuels efforts budgétaires.
Par contre, on ne sait pas si les 500 millions d’Euro demandés par le ministre de la défense seront alloués.

Reste que la décision finale viendra de l’arbitre Hollande. Sacrifiera-t-il la chèvre (Valls) pour sauver le chou? Si tel était le cas, ce serait un camouflé pour le premier ministre, mais aussi un indice sur le futur guerrier de la France…

Ce qu’il ne faut pas faire pour que les mercenaires fassent leur boulot…

Par mercenaires, j’entends Boko Haram, bien sûr.

Car, pour une organisation qui se veut anti-Occident, la réponse qu’elle vient de donner au monde entier – suite à sa récente mise à l’index – est d’avoir attaqué un camp de travailleurs chinois au Cameroun! Je rappelle à tout hasard que Boko Haram veut dire « L’éducation Occidentale est un pêché »…

Si vous lisez cet article et que vous êtes convaincu que cette organisation est ce qu’elle dit être; à savoir une secte plus ou moins calquée sur les Talibans; alors cette attaque vous semblera normale. Par contre, si vous pensez que Boko Haram  est piloté par l’Occident afin de déstabiliser un peu plus cette région ainsi que pour « bouter » l’ennemi chinois hors d’Afrique, alors vous conviendrez que pour amener ces terroristes à faire leur boulot, il faut dépenser pas mal d’énergie.

Rappelons quand même que John Kerry, himself, s’est déplacé au Nigeria afin de parler en tête à tête avec le président nigérian. Suite à cette conversation, Goodluck Jonathan a accepté l’aide des USA, de la Grande-Bretagne, de la France et d’Israël afin de lutter contre cet ennemi de longue date. Après quoi, le Star-System s’est lui aussi fendu d’une participation en organisant des concerts et autres rassemblements, allant jusqu’à réunir deux anciennes Premières Dames de France sur le même lieu (les mauvaises langues vont jusqu’à dire que si les organisateurs avaient réuni les conquêtes de François Hollande, la scène aurait été trop petite…mais ce sont certainement des mauvaises langues…loin de moi de telles pensées…). Et aujourd’hui, pour clore définitivement le débat, une réunion extraordinaire a été organisée à Paris en présence du président François Hollande, de Goodluck Jonathan, du président du Niger, Mahamadou Issoufou, du président du Bénin, Thomas Boni Yayi, de celui du Tchad Idriss Deby, ainsi que du président camerounais Paul Biya; sans oublier les représentants des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et de l’Union Européenne.

La synthèse de cette réunion, on la doit au président camerounais: « Nous sommes ici pour déclarer la guerre à Boko Haram (…) » Et il semblerait que cela soit chose faite.

Le plan adopté par le sommet prévoit la coordination du renseignement, l’échange d’informations, le pilotage central des moyens, la surveillance des frontières, une présence militaire autour du lac Tchad et une capacité d’intervention en cas de danger. Dixit F. Hollande.

Mais rassurez-vous, il a ajouté:

Il n’est pas besoin pour la France de déployer des unités militaires, elles sont présentes dans la région…

Sans commentaires…

Du rififi au Quai d’Orsay…Encore et toujours!

Un ambassadeur de France qui claque la porte du Quai d’Orsay et crie haut et fort à la discrimination. Est-ce vraiment nouveau? Non. La boite est tellement pourrie qu’elle a fini par faire fuir les compétences depuis un bon bout de temps dixit un haut fonctionnaire français aux Nations Unies.

Pour les initiés, le Quai d’Orsay est un sanctuaire dédié avant tout au népotisme et à la corruption. Cercle fermé. On y évolue en famille. A condition de ne pas dévoiler une once de compétence avérée et aimer le paraître et autres faux-semblants.

Le cas du représentant de la France aux Nations Unies est un cas d’école. Ultra-sSioniste convaincu et issu de la DGSE, il semble avoir de solides soutiens bien en dehors du Quai d’Orsay.

D’autres diplomates français bien plus compétents sont écartés, marginalisés et mis dans une voie de garage à cause de leurs orientations politiques même supposées, parce que leurs parents sont issus du milieu ouvrier ou simplement à cause d’une origine étrangère.

Si j’avais à publier les complaintes de mes amis anonymes du Quai d’Orsay, ce blog sera transformé en tribune dédiée.

Ce qui m’étonne le plus dans le cas de l’ambassadeur de France à Andorre est son apparente naïveté. Qu’il évoque ses origines algériennes pour expliquer la discrimination dont il s’estime victime n’ajoute rien au fait que tous ceux qui n’appartiennent pas à une certaine caste d’arrivistes au Quai d’Orsay n’ont pas de droit de cité au ministère des Affaires étrangères. Cela inclut les diplomates ayant un ancêtre vendéen, les Corses, les monarchistes, les vrais intellectuels lucides fuyant le bling bling, ceux qui ont l’esprit un peu trop libre, les natifs de certaines provinces de France et la liste est encore longue.

Du rififi au Quai d’Orsay, c’est pas demain soir que cela va s’arranger.

L’Occident vient de s’apercevoir que Boko Haram n’était pas une secte, mais une organisation terroriste…Enfin!

Il aura fallu attendre prés d’un mois, avant que la communauté internationale se penche sur le cas de l’enlèvement massif de lycéennes au Nigeria.

Effectivement, lors de ce rapt – le 15 Avril – cette même communauté avait décrié ces pratiques barbares, et un peu, aussi, soupçonné fortement Boko Haram d’en être l’auteur. Si, en règle générale, la lutte contre le terrorisme (et surtout lorsqu’il rime avec islamisme) donne lieu à des déploiements de forces sur les différents théâtre de leurs méfaits à travers le monde, les agissements de Boko Haram (l’éducation occidentale est un péché, en Haoussa) ne semblaient pas émouvoir les défenseurs des droits de l’homme. Serait-ce parce qu’ils sont assimilés à une secte? Serait-ce différent s’ils s’étaient appelés par leur vrai nom: « Peuple engagé dans la propagation de l’enseignement du prophète Mahomet et du jihad »?

Toujours est-il que ce groupe terroriste n’en est pas à sa période d’essais, loin s’en faut. Boko Haram a été créé en 2002 par Mohammed Yousuf et prône un Islam radical et rigoriste (proche de celui les Talibans) et la stricte application de la Charia sur le territoire nigérian. Cette organisation ferait passer les djihadistes du MUJAO et d’AQMI pour de simples moutons. Ils sont responsables de nombreux massacres, d’attentats et (pour ce qui nous concerne) d’enlèvements.

Ces rapts se font dans les lycées chrétiens et touchent principalement les jeunes filles; jeunes filles qui, d’après leurs préceptes doivent se marier plutôt que d’étudier.
En général, leurs victimes sont mariées de forces à des combattants du groupes.

Ce qui me révolte, ici, c’est qu’il a fallu attendre la déclaration du chef de Boko Haram (Abubakar Shekau): – «J’ai enlevé les filles. Je vais les vendre sur le marché, au nom d’Allah.». – pour que les dirigeants occidentaux s’émeuvent. A commencer par le chef (quasi autoproclamé) de la lutte contre le terrorisme islamiste Barack Obama, himself:

C’est évidemment une situation qui brise le cœur, une situation révoltante (…) Boko Haram est l’une des pires organisations terroristes au niveau local ou régional. (Ses membres) tuent sans pitié depuis des années, et nous cherchions déjà à établir une plus grande coopération avec les Nigérians» pour lutter contre le groupe.

Cet enlèvement de masse «pourrait être l’événement qui aide à mobiliser la communauté internationale toute entière afin de faire enfin quelque chose contre une organisation aussi abjecte, qui a perpétré un crime affreux

Du coup, Washington va envoyer des experts de la police, de l’armée et d’autres agences (sic) afin de retrouver – et dans la mesure du possible, libérer – ces jeunes filles.
Il faut cependant être honnête et préciser que si le gouvernement US propose son aide, c’est parce que le président nigérian le lui a demandé. Certaines mauvaises langues diront aussi que le fait que le Niger soit devenu la première puissance économique du continent africain, ne doit pas être étranger au déploiement de l’aide internationale.

Car les Etats-Unis ne sont pas les seuls à intervenir. La Grande-Bretagne et (c’est étonnant) la France se mobilisent elles aussi.

Le mot de la fin revient au Premier ministre chinois, Mr Li Keqiang, qui a assuré l’Afrique: « …du soutien économique de Pékin, et ce, sans contrepartie politique. »

La rupture du contrat des Mistral coutera 1,2 milliard d’euros à la France

Une source proche du programme russo-français de construction navale pour la flotte russe a indiqué que la France devrait payer plus de 1,2 milliard d’euros si elle rompt le contrat de livraison de porte-hélicoptères Mistral.

Cette somme comprend le prix du contrat pour deux navires et les amendes pour rupture de contrat de la part de l’exécuteur.

Plus tôt, Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères, a déclaré qu’il y avait « la possibilité d’annuler l’accord de ventre de navire Mistral parmi les éventuelles mesures de la troisième série de sanctions contre la Russie. » (La Voix de la Russie)

Mistral

Ukraine: Le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent. L’Occident creuse…

La balle est dans le camp occidental. Ne croyez pas que je prends les évènements à la légère, loin de là, mais Vladimir Poutine vient de démontrer – encore une fois – que les actes sont plus utiles que les tergiversations.

Voilà où nous en sommes: Suite au vote par la Haute Chambre de la Fédération de Russie de l’autorisation du déploiement de troupes sur le sol ukrainien; l’Occident balbutie, gesticule, et se prend les pieds dans le tapis. Tout le monde y va de sa déclaration; l’ONU tiendra une séance extraordinaire dans les heures à venir, Catherine Ashton va réunir les Ministres des affaires étrangères de l’Europe; Le secrétaire général de l’OTAN aurait lui aussi convoqué une réunion de crise; la Pologne crie haro sur Moscou, l’ancien boxeur ukrainien reconverti dans la politique – Vitali Klitschko – demande la mobilisation générale*; Ban ki-Moon, quant à lui, essaye désespérément d’appeler au calme et au dialogue.

Hollande et Merkel se disent préoccupés par la tournure des évènements. On le serait à moins, à leur place. Du coup François Hollande s’emmêle les pinceaux et confond  les risques que fait courir l’Union Européenne à l’Ukraine avec ceux de la Russie:

La décision du Conseil de la Fédération de Russie d’autoriser l’envoi de troupes russes en Ukraine fait peser des menaces réelles sur l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’Ukraine

Moscou vient de prendre la main. Mais ce poker n’est plus vraiment un jeu, et il pourrait bien déboucher sur une remise en question des prétentions atlantico-européennes quant aux anciennes provinces russes. A force de croire que le président russe n’avait plus les moyens de nuire, l’Occident en a perdu tout sens de la modération. Mais l’Ours russe n’est pas mort, loin de là, et il fera tout pour protéger ses intérêts, comme la France le fait en Afrique, les USA en Amérique du Sud, etc…

L’ingérence n’est pas la chasse-gardée de l’Occident, et il vient d’en faire l’expérience.

  • Merci à Ampipeline pour les informations.

Le Drian relève les compteurs.

Le ministre de la Défense français a passé son réveillon du jour de l’an sur le continent africain. « Ma démarche première, c’est en ce moment de réveillon d’aller saluer les forces françaises qui sont présentes sur différents lieux en Afrique » s’est-il exprimé lors de sa visite à Niamey – capitale du Niger – où il s’est entretenu avec le président Mahamadou Issoufou (président nigérian) de sécurité, du Mali, de la Centrafrique et sûrement d’Aréva. Car le bras-de-fer économique entre l’entreprise française et le gouvernement nigérian n’est pas encore fini, Aréva – détenue à 80% par l’Etat français – renégocie son contrat d’exploitation de ses deux mines située au Niger et dont le précédent terme intervenait le 31 Décembre. Mauvaise nouvelle pour Mahamadou Issoufou, les cours de l’uranium sont passés d’environ 45.00$ la livre à 34.00$ en l’espace d’un an.

Toujours à Niamey, le Drian en a profité pour admirer le cadeau que lui a fait François Hollande: deux Reapers flambant neufs! Il lui faudra attendre la mi-Janvier pour qu’ils soient utiles, mais d’ors et déjà six pilotes ont été formés, et la base nigérienne est 100% opérationnelle. Pour info, le Reaper n’est  – en théorie, en tous cas – pas armé, et ses principales missions sont l’observation et le renseignement. Deux fonctions primordiales qui faisaient défaut (du point de vue des drones) à l’armée française et qu’elle déléguait à l’armée US, moyennant finance, bien sûr.

Dans l’après-midi, le ministre de la défense devait se rendre au Tchad. Là aussi, le conflit en RCA devrait être au menu. Le Tchad est la cible de l’opposition chrétienne en Centrafrique qui l’accuse de collusion avec l’ennemi – la Seleka musulmane qui a renversé le pouvoir en Mars 2013 et dont le chef à pris la tête du pays. Cependant, la situation sur place étant inextricable, il est difficile de se faire une opinion juste. Mais il semblerait que l’Union Africaine et l’ONU aient réaffirmé leur confiance aux soldats tchadiens.

Finalement, sa tournée se prolongera Jeudi en République Centraficaine. Ensuite, il devrait passer par le Congo-Brazzaville et le Gabon. Cette visite éclair qui l’a amené à réveillonner au Mali avec les forces françaises aura permis d’éclaircir la situation. A savoir que, dans les semaines qui viennent, le nombre de soldats français déployés sur place diminuera pour se stabiliser à environ 1 000 hommes. Il seront, dans l’avenir, basés à Tessalit – proche de la frontière algérienne – et à Gao où une deuxième piste à usage militaire est en construction à l’aéroport. Le nombre d’hélicoptères sera lui aussi réduit. Il est question d’un accord franco-malien de coopération militaire. Ce nouvel accord ira au-delà de la simple coopération de défense classique. Le cadre juridique des opérations antiterroristes françaises est clair, assure-t-on à la défense. Paris agira selon ses besoins. S’il s’agit officiellement de mieux échanger le renseignement, cela n’ira pas jusqu’à informer au préalable les autorités maliennes des actions entreprises.

Le but, pour Paris, est de déployer une force d’environ trois mille hommes sur la ceinture Sahélienne et en Afrique de l’Ouest. Mais il ne s’agit pas de créer des bases permanentes, comme celles existant au Tchad, par exemple, mais d’aller plus vers des groupes très mobiles. Une Force d’Action Rapide, avec tout l’équipement que cela implique; d’où l’utilité des drones Reapers.

La quenelle vue d’Arabie Saoudite…

Selon la chaine d’information en continu « Al-Arabya », une sorte de Fox News en version Arabe, détenue par des magnats de la famille des Saoud, la quenelle est un geste antisémite et nazi pire que celui adopté par les fascistes italiens et les Nazis Allemands durant les années 1930.

Sur une autre chaîne saoudienne, ce phénomène ou épiphénomène observé en France chez des « dégénérés » est une insulte contre Dieu et les hommes de bonne volonté et doit donc être combattue avec la plus grande vigueur…Et s’ensuit inévitablement un appel de quelques éditorialistes bien-pensants aux autorités religieuses pour l’édit d’une Fatwa (avis religieux musulman) jetant l’anathème sur toute personne sympathisant avec cette gestuelle immonde.

Ironie à part, c’est pratiquement la même attitude adoptée en Israël.  Il ne serait en rien étonnant si demain, le « Docteur » Ayman Al-Zawahry, chef de cette fiction de bande dessinée co-produite par Washington et Ryad  appellée Al-Qaïda inc. apparaisse sur une vidéo vite recensée par l’officine US SITE en train de vilipender Dieudonné et ses « disciples » en leur promettant les feux de la Géhenne et quelques voitures piégées.

Après avoir dirigé les « barbus » contre l’ogre soviétique durant les années 80, puis contre les gouvernements jugés non coopératifs, avant d’être instrumentalisés dans des guerres-éclairs pour abattre des régimes rétifs à la domination du Nouvel ordre mondial,  voilà maintenant que les puissants de ce monde dirigent ces mêmes barbus en carton pâte  contre un humouriste marginalisé dont l’activisme a fini par agacer un gouvernement français totalement soumis aux puissances de l’argent.

On le répétera sans doute jamais assez, sous peine d’embarrasser pas mal d’idées reçues et de stéréotypes bien ancrés, que  le Royaume d’Arabie Saoudite est le coeur battant de cette construction sémantique connue sous l’appellation convenue d’Occident.

Décidément, François Hollande a de l’humour…

Dans l’article intitulé « France ta fierté fout le camp, ta diplomatie aussi », je me désolais de voir la-dite diplomatie française se déliter. Mais je crois que l’on vient d’atteindre un nouveau palier. Asseyez-vous, on ne sait jamais.

Voici, vous avez peut-être lu, entendu ou vu que François Hollande est en visite officielle, aujourd’hui, en Arabie Saoudite. Lorsque j’ai lu cette info, je n’ai pas trouvé utile de faire un article là-dessus, il y en a déjà pléthore. Certaines mauvaises langues diront que c’est la période des étrennes, et que la France va chercher son chèque; mais ce sont sûrement de mauvaises langues…

Bref, le président doit rencontrer le roi Abdallah et s’entretenir avec lui de la paix au Proche-Orient. Il doit aussi rencontrer Saad Hariri – ex-Premier ministre libanais – afin de lui délivrer un message, rappelant que la France, amie des Libanais et du Liban, plaide pour l’intégrité et l’indépendance de ce pays. Je passerai très vite sur la phrase de François Hollande au quotidien arabophone Al-Hayat qui dit:

La France et l’Arabie saoudite partagent « la volonté d’oeuvrer pour la paix, la sécurité et la stabilité au Moyen-Orient ».

Humour, humour, quand tu nous tiens…

Mais ce n’est pas la perle du jour, elle émane toujours de Mr Hollande, mais parle du conflit syrien. Durant la même interview, il a déclaré:

M. Assad ne combat pas les extrémistes, mais les utilise pour faire pression sur l’opposition modérée.

C’est une façon de voir les choses. Mais pour quelqu’un qui ne combat pas les extrémistes, je trouve que l’armée syrienne se défend plutôt bien. Voire même très bien.

Des nouvelles de Centre-Afrique.

Alors que les soldats français de l’opération SANGARIS sont déployés au côté des soldats de la MISCA, il semblerait que la situation sur place ne va pas en s’arrangeant. Alors que le monde entier redoutait de voir le conflit dégénérer en guerre civile religieuse, il semblerait là aussi, que le pire est à craindre.

Lors du déploiement des troupes françaises, on a eu droit à une débauche d’images, toutes à la gloire des sauveurs tricolores. Cela à duré une grosse semaine, et puis, plus rien! Le silence quasi absolu… Quelques infos réussissent à passer aux travers des mailles du filet, mais elles suscitent plus d’interrogations qu’elles ne donnent de réponses. Par exemple, on a appris que les exactions commises par l’un ou l’autre camp ont fait plus de 1 00 morts et des centaines de blessés, et ce, depuis l’intervention de la France. Pire, il semblerait que les forces tchadiennes déployées au sein de la MISCA aient été redéployées au Nord du pays, afin de mettre fin à des accrochages avec d’autres unités de la MISCA, ou pour faire taire le ressentiment de la population envers eux.

Pour tenter d’apaiser les esprits, les représentants des deux principales religions – catholique et musulmane – ont envoyé des messages de paix, et continuent de le faire. Problème, les seules personnes que l’on entend pas sont les ministres du gouvernement provisoire présidé par Michel Am-Nondokro Djotodia. Lui-même ne parle pas beaucoup. Pourtant il a été à la tête des Seleka jusqu’à la chute du régime de François Bozizé. C’est lui aussi qui décida de dissoudre le mouvement, laissant ainsi des centaines de rebelles armés livrés à eux-même. De là à penser qu’il n’a plus aucun pouvoir sur eux…

Au Mali, la présidence de transition avait tenu  jusqu’à ce que l’armée française ait suffisamment déblayé le terrain pour pouvoir organiser des élections « libres ». Mais qu’en sera t-il en RCA? Visiblement, à la vitesse où vont les choses, Michel Djotodia risque de ne pas faire long-feu. Certains blogs/journalistes font état de fusillade entendues cette nuit près du palais présidentiel. Et si le gouvernement intérimaire vient à faire ces valises, n’assisterons-nous pas à des expéditions punitives qui risqueront de déraper à tous moments? Comme je l’écrivais plus haut, le contingent tchadien a été éloigné de la capitale, pour être redéployé dans le Nord; cette stratégie pourrait s’avérer dangereuse en cas de chute du pouvoir central. Si certains soldats tchadiens sont effectivement pro-Seleka, cela reviendrait à faire entrer le renard dans la bergerie. Le ressentiment de la population Centraficaine est tellement grand envers les ressortissants tchadiens civils qu’une partie d’entre-eux retourne au pays.

Tout n’est pas simple, et je ne suis pas sûr que le contingent français soit à la fête en RCA. Je pense même que son effectif va augmenter dans les semaines à venir.