Intense guerre souterraine autour du crach de l’Airbus russe au Sinaï

Qui a eu la tête du dirigeant de la branche égyptienne de Daech au Caire? Une unité des SAS britanniques ou une unité Alpha des Spetsnaz russes?

La police égyptienne a officiellement confirmé la mort de Ashraf Ali Hassanein Gharabli dans une fusillade hier au Caire où il a tenté de riposter avec une arme de poing. Mais diverses sources indiquent que les renseignements britanniques et leurs homologues russes seraient derrière cette élimination dans le cadre d’une gigantesque chasse à l’homme à l’encontre de l’ensemble des réseaux impliqués de près ou de loin dans la destruction de l’Airbus A321 russe au Sinaï.

Inutile de préciser la nature de cette étrange cohabitation forcée entre deux ennemis jurés et la relation fort méfiante qu’entretiennent ces deux derniers avec le renseignement égyptien, accusé par les russes de rouler pour l’Arabie Saoudite ou Israël selon la loi de l’offre la plus élevée. Une intense guerre souterraine entoure l’enquête sur l’Airbus russe et on sait peu de choses sinon rien sur les raisons véritables ayant amené la Russie à dépêcher en toute urgence un avion cargo militaire spécial au Yémen au moment où ce pays subissait l’une des pires tempêtes atmosphériques de son histoire. L’appareil militaire russe a bénéficié de la protection de l’aviation de guerre iranienne lorsqu’il a survolé l’Iran et une partie du Golfe Arabo-Persique.

Les russes et les égyptiens ont totalement exclu toute participation américaine à l’enquête. Moscou et Le Caire ont rejeté l’aide du FBI.

Il est à souligner qu’un avion cargo russe s’est écrasé au Sud Soudan au lendemain du crash de l’Airbus civil.

Comme une poupée russe, il semble que le Grand jeu en cours cache de multiples conflits de l’ombre. Nous en saurons plus dans les jours qui viennent.

La Russie n’exclut pas des frappes de missiles de croisière en Libye

La Russie a officiellement fait savoir à l’Algérie, l’Egypte et la Tunisie qu’elle suit avec une attention soutenue l’évolution de la situation en Libye et que la montée en puissance de Daech dans ce pays méditerranéen préoccupe Moscou au plus haut point.

Hier, le quotidien algérien El-Khabar, citant une source sécuritaire de haut niveau, a révélé que des drones russes survolent l’espace aérien libyen depuis plus de deux mois. et qu’au moins un satellite militaire russe surveille en permanence la Libye depuis la fin de l’année 2013. Cette même source, citée par le même journal,  a laissé entendre que les russes n’excluent pas le recours à des frappes de missiles de croisière contre des cibles situées en Cyrénaïque ou dans le Golfe de Syrte.

La plupart des cibles de Daech en Libye sont près de la longue façade maritime du pays et sont faciles à atteindre par les missiles de croisière russes lancés à partir de bâtiments de surface ou de submersibles évoluant en Méditerranée orientale.

Les russes estiment qu’il est temps d’en finir avec le terrorisme international, objectif ouvertement partagé par Pékin. Des exercices militaires conjoints sino-russes et d’autres menés avec des pays de l’OCI (Organisation de la Coopération de Shanghaï) ont simulé des opérations aéronavales et amphibies contre le « terrorisme international » soulevant des interrogations sur la nouvelle définition du terme dans la perception de Moscou et de Pékin.

Il semble évident que par le terme terrorisme, les russes désignent les outils servant les intérêts géostratégiques de Washington et des ses alliés, soit les phénomènes type Daech ou Al-Qaïda. En d’autres termes, les Etats-Unis et l’Otan.

De sources diplomatiques on a appris que les russes ont demandé à des pays comme l’Algérie,  l’Egypte et la Tunisie, des explications sur l’absence apparente de stratégie offensive face à l’immense danger que constitue désormais la Libye pour l’ensemble de la région.

Les russes ne comptent pas en rester là et évoquent le problème crée de toutes pièces de Boko Haram en Afrique de l’Ouest, problème similaire à la création levantine et dont la solution ne pourrait en aucun cas venir des pays qui l’arment contre les Etats de la région.

L’affaire ukrainienne, montée de toutes pièces par les caciques de l’Otan afin d’acculer Moscou dans ses derniers retranchements et le forcer à lâcher la main en Syrie, a eu un effet totalement inattendu: non seulement la Russie est en train de reprendre pied au Levant et au Moyen-Orient, jusqu’à y compris le siège de l’ancien commandement militaire US à Baghdad, mais semble déterminée à reprendre sa place en Libye et même au delà dans les profondeurs de l’hinterland africain.

Syrie: Al-Assad pourrait effectuer une visite d’Etat à Moscou

Des informations selon lesquelles le président syrien Bashar Al-Assad pourrait effectuer sa première visite d’Etat à l’étranger depuis le déclenchement du conflit syrien le 15 mars 2011-toujours en cours, laissent entendre que cette visite pourrait concerner en premier lieu Moscou et peut-être Le Caire.

Conflit d’une importance capitale, probablement le conflit le plus décisif en termes de géostratégie globale depuis la seconde guerre mondiale, la guerre en Syrie est une impasse totale pour l’ensemble des protagonistes. L’Etat syrien, appuyé sur 49 services de renseignement,  une armée assez solide dont la raison d’être initiale est de se battre contre l’ennemi israélien et l’appui forcené de ses alliés régionaux (Hezbollah et Iran) et extra-régionaux (Russie et Chine), a pu survivre à la tourmente d’une guerre totale de plus de quatre ans durant laquelle  des moyens inédits de subversion et de destabilisation ont été utilisés. La Syrie est techniquement en guerre depuis la guerre d’octobre 1973.

Des sources russe affirment que le président Vladimir Poutine aurait adressé une invitation officielle au président Al-Assad afin de discuter d’un plan global de sortie de crise au Levant.

En parallèle, d’autres sources arabes indiquent que le président égyptien, Abdel-fettah Al-Sissi, aurait émis le souhait d’inviter son homologue syrien au Caire. Une révolution. L’appareil sécuritaire  du président syrien a très fortement déconseillé à ce dernier tout déplacement au Caire en mettant en avant un risque majeur d’élimination physique.

Reste la question de savoir qui assurera l’intérim en cas de l’absence de Bashar Al-Assad à Damas. Toutes les informations en provenance de l’intérieur de la Syrie convergent sur une seule personne: le général Maher Al-Assad. Commandant de la la fameuse 4e Division blindée de l’armée syrienne, frère du président et l’un des hommes les plus importants du régime. Ce dernier aura la charge du  dispositif de commandement, de communication et de contrôle totalement crypté offert par les Russes.

Maher Al-Assad est d’ailleurs apparu en public ces derniers jours dans la localité Alaouite de Jorine dans le gouvernorat de Hama. Contrairement à des informations antérieures le donnant comme grièvement blessé (amputé des deux jambes) lors de l’attentat ayant visé le QG du haut Conseil de Sécurité de l’Etat à Damas , Maher A-Assad a été filmé descendant d’un hélicoptère de transport militaire en tenue de combat et en bonne forme, entouré de hauts gradés de l’armée syrienne avant d’être acclamé par une foule de personnes habillées de vêtements civils.

Un audit interne de la situation sécuritaire syrienne remis au président Al-Assad juge que l’armée et les services de renseignement sont assez solides pour faire face à une double opération de type Baie des Cochons et une attaque de diversion sur deux fronts durant une éventuelle absence d’Al-Assad à l’étranger.

Egypte: un patrouilleur de la marine touché par un missile antichar

Un patrouilleur de la marine égyptienne a été la cible d'un missile antichar alors qu'il se trouvait à 2700 m du rivage de la partie égyptienne de la ville de Rafah.
Un patrouilleur de la marine égyptienne a été la cible d’un missile antichar téléguidé tiré par des combattants de l’organisation « Wilaya [Province ou Préfécture] du Sinaï » relevant de Daech alors qu’il se trouvait à 2600 m du rivage de la partie égyptienne de la ville de Rafah. Les marins égyptiens qui ont l’habitude d’échanger des salves de mitrailleuse avec les insurgés embusqués sur le littoral ne s’attendaient pas à un tel scénario. On avait pas vu beaucoup de situations similaires depuis l’usage par les révolutionnaires Vietnamiens de roquettes RPG-7 contre les avisos et patrouilleurs de la marine US lors de la guerre du Viet-Nam.
La branche de Daech dans la péninsule du Sinaï, autobaptisée « Wilaya [Province ou Préfecture] du Sinaï » commence à adopter contre l’armée égyptienne des tactiques utilisées habituellement par les mouvements palestiniens et libanais de la résistance contre l’occupation israélienne.

Un communiqué des forces armées égyptiennes a annoncé qu’un navire de la marine avait pris feu lors d’affrontements avec des terroristes.

Un patrouilleur de la marine égyptienne a été touché par un missile antichar téléguidé, probablement un 9M113 Konkurs filoguidé (information non confirmée), tiré depuis le rivage par des combattants de Daech. Le petit bâtiment de surface se trouvait à 2600 mètres du rivage de Rafah en mer Méditerranée et échangeait des salves de mitrailleuses avec des individus suspects embusqués sur le littoral.

Les marins égyptiens se sont habitués à être canardés, le plus souvent par des tirs d’armes automatiques et de roquettes de type RPG à partir du littoral et de petites embarcations. Mais c’est la première fois qu’ils font face à des tirs de missiles depuis la côte.

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Le même patrouilleur au moment de l’impact.

 

Egypte: grave revers militaire face à Daech au Sinaï

L’Egypte est en guerre depuis des mois mais les nombreux communiqués de la victoire diffusés en permanence par le leadership égyptien ne nous permettait pas d’avoir une vision claire de ce qui s’y passe réellement.

La répression déclenchée par le président Al-Sissi contre la puissante organisation des Frères Musulmans depuis son putsch militaire contre le régime de Morsi a débouché sur des dizaines de milliers d’arrestations et des centaines de condamnations à mort, dont celle de l’ex-président Mohamed Morsi. En parallèle, des soldats et policiers égyptiens tombaient sur un rythme quotidien sous les balles de nouveaux groupes armés de plus en plus structurés et dont certains ont fini par se procurer un armement lourd.

Il y a deux jours, le Procureur Général d’Egypte, Hicham Barakat, l’homme qui a ordonné la peine capitale à l’encontre de l’ex-président égyptien et l’un des hommes les plus protégés du régime, est assassiné à l’Est du Caire dans l’explosion d’une charge explosive d’une demi-tonne actionnée à distance par un dispositif d’une extrême complexité ayant réussi à contre-carrer l’effet des brouilleurs électro-magnétiques emportés à bord des véhicules officiels blindés. Il s’agit de l’attentat le plus professionnel jamais perpétré en Egypte.

Au Sinaï, une organisation très vague, qui se dénommait comme le groupe de Beit Al-Maqdess (la Maison de Jérusalem) se bat contre les forces armées et de sécurité égyptiennes depuis un peu plus de deux ans. Après avoir prêté allégeance à Daech (Etat Islamique en Irak et au Levant), le groupe armé s’est baptisé Wilaya du Sinaï de l’Etat Islamique (Wilaya=Province) et a commencé à harceler de manière ininterrompue l’armée égyptienne dans les différentes localités de la péninsule.

Depuis hier, Daech au Sinaï a mené une série d’attaques coordonnées visant plus de quinze positions militaires égyptiennes fortifiées, utilisant pour la première fois des missiles antichars guidés et des missiles antiaériens portables.

Selon un premier bilan officiel fourni par l’armée égyptienne, 36 militaires, 38 combattants de Daech et plus de 20 civils ont péri lors de la première journée de l’attaque. Les combats continuent à la minute même où nous rédigeons ces lignes et le bilan s’est nettement alourdi (plus de 70 soldats égyptiens tués selon un nouveau bilan établi à 1700 GMT)

Daech a revendiqué l’attaque en précisant qu’une centaine de soldats égyptiens et des dizaines de véhicules blindés ont été mis hors combat.

L’armée égyptienne a connu un sérieux revers au Sinaï dans la mesure où les forces aux sol ont été totalement désorganisées. Il a fallu attendre la venue d’hélicoptères d’attaque avancés Apache et des avions de combat F-16 pour empêcher de justesse la prise de la ville de Cheick Zouid par Daech.

Les Hélicoptères « Apache » égyptiens ont tous essuyé des tirs de canons anti-aériens et au moins un F-16 a failli être abattu par un missile 9K32 Strela 2.

Des F-16 de l’armée de l’air égyptienne bombardent toujours des positions supposées de Daech au Sinaï et certains pilotes très enclins aux raids à faible altitude ont vite changé d’attitude en rapportant d’intenses tirs d’artillerie anti-aérienne provenant des Technicals (véhicules Pick-Up armés d’armes lourdes) de Daech.

La position de l’Egypte semble très délicate. Confronté à d’immenses difficultés économiques, le pays se retrouve entre les groupes armés relevant de Daech en Libye à l’Ouest et Daech au Sinaï à l’Est. Des avions et des blindés israéliens ont été déployés en urgence par Tel-Aviv à la frontière avec l’Egypte.

Curieusement, Daech au Sinaï a juste promis de détruire le pouvoir du Hamas dans l’enclave palestinienne de Gaza, assiégée par Israël par terre et par mer depuis des années.

Le Moyen-Orient est en pleine tempête…

Du pétrole, comme s’il en pleuvait

L’information ne vous a certainement pas échappée, le prix du baril de brut (WTI pour les USA et Brent pour la Mer du Nord) est en chute libre. Si cela ne peut que réjouir les consommateurs que nous sommes – même si la répercussion de la baisse à la pompe ne suit pas la même courbe que celle de la bourse – cette donne risque de changer pas mal de choses sur le plan géopolitique/stratégique.

L’effondrement des courts a débuté au mois de juin, en cause une surproduction d’or noir. Si les experts ont pointé du doigt le ralentissement de l’économie mondiale ou la production toujours plus importante de pétrole non conventionnel (schiste aux USA, sables bitumineux au Canada), la cause semble être plus simple: la manipulation des marchés.

Certes l’économie mondiale n’est pas au mieux de sa forme, et un baril à 100$ n’est pas ce qui se fait de mieux pour la relancer; mais cela ne date pas d’hier, d’ailleurs le prix du baril de brent n’est pas descendu sous cette cotation depuis presque quatre ans. D’un autre côté, certains se réjouissaient de ce prix, les pays producteurs de pétrole.

On pense immédiatement à l’OPEP, mais les USA, la Russie et les autres nations non membres de l’Organisation de Pays Exportateurs de Pétrole se frottaient les mains, eux aussi. Les États-Unis y voyaient une aubaine afin de pouvoir produire leur pétrole et gaz de schiste – dont le prix d’extraction se situe aux alentours de 85$/baril – idem pour le Canada et Moscou vendait son gaz à l’Europe.

Les économistes ont retenu leur souffle, la semaine dernière, lorsque l’OPEP s’est réuni pour statuer sur le futur. Et là, coup de théâtre! les pays membres ne toucheront pas à la production, qui restera donc au même niveau qu’elle est en ce moment. Ce qui semblerait signifier que cela arrange tout le monde. Pas si sûr! Alors que l’Arabie Saoudite envisageait, il y a quelques mois, un baril à 200$, elle fait désormais machine arrière et n’est pas loin de vanter les mérites d’un prix avoisinant les 70$. Étonnant, surtout que les pétromonarchies du Golfe ont basé leur politique sur l’Or noir. Elles ont, par la même occasion, acheté la paix sociale – un peuple (tout du moins, une certaine classe sociale) qui vit dans l’opulence ne pense pas à se rebeller… On pourrait presque parler de suicide politique, surtout avec les idées propagées par l’EIIL et qui pourraient trouver un terrain fertile dans les régions désertiques du Golfe.
Et il en va de même dans bon nombre de pays, principalement les pays producteurs qui subventionnent le prix à la pompe (Algérie, Venezuela…). Il est à noter que depuis quelques mois, des pays producteurs ont fait machine arrière et vendent l’essence à son prix, parmi eux, l’Égypte, le Maroc et dernièrement l’Indonésie.

Nous voici donc avec une production égale, une consommation en berne – due au fait que les consommateurs que nous sommes ont modifiés leurs habitudes de déplacement (en cause le prix des carburants et la crise économique de 2008) et surtout à une économie mondiale qui tourne au ralenti – tout en sachant que certains pays ne sont plus en course (l’Irak, la Libye…) et que si leurs productions devaient revenir à leurs anciens niveaux, cela ne ferait qu’accentuer la chute des courts.

D’aucuns pensent que l’on assiste à une attaque en règle du gaz de schiste US par l’Arabie-Saoudite, mais je suis perplexe. Si cela était vrai, ce serait comme de vouloir jouer à la roulette russe (avec un automatique, de surcroit), et je ne connais pas beaucoup de dirigeants qui seraient prêt à sacrifier son pays juste pour enfoncer un concurrent…

Une autre possibilité serait que le pays visé soit la Russie. En plus des sanctions économiques qui l’étranglent déjà, attaquer sa plus grosse richesse reviendrait à la mettre à genoux, mais les contrats juteux nouvellement signés avec la Chine (400 milliards de Dollars pour le dernier, sur 25 ans), et surtout le fait que Moscou se détourne un peu plus de jour en jour de l’Europe pour se focaliser sur l’Asie font que cette possibilité est douteuse.

La possibilité du Peak Oil (pic pétrolier, terme désignant le sommet de la courbe de production d’un puits, d’un champ pétrolier ou d’une région de production) a elle aussi était envisagée. Cependant, même si certains puits se tarissent plus vite que prévu, je ne pense pas que l’on en soit déjà arrivé là.

Reste que la baisse du prix du baril pourrait servir les majors pétrolières; en effet, à la fin du XIXième siècle, aux Etats-Unis, John D. Rockefeller – fondateur de la Standard Oil – avait mis en place une technique économique agressive qui consistait à faire baisser les prix, mettant les petits producteurs sur la paille et assainissant ainsi le marché du pétrole et de son raffinage. D’ailleurs, une majorité des majors pétrolières ont fait machine arrière et ont suspendu, sinon arrêté, les forages les moins rentables ou la prospection si dispendieuse; sans compter les licenciements et les restructurations internes.

Sinon, il est possible que nous assistions à une tentative mondiale afin de relancer ce qu’il reste d’industrie, de commerce, et d’économie…

Deux drones israéliens abattus au dessus de Gaza en 24 heures

Deux drones israéliens ont été abattus par les factions de la résistance palestinienne au dessus de Gaza ces dernières 24 heures alors que la médiation égyptienne, très critiquée et pas seulement par les palestiniens, vient d’être rejetée par au moins une faction palestinienne.

L’Egypte dont le nouveau régime ne cache pas son hostilité au Hamas palestinien a présenté une initiative visant à aboutir à un cessez-le-feu entre Israël et les factions palestiniennes à Gaza mais le contenu de cette initiative a été jugée par les palestiniens comme trop favorable aux intérêts du gouvernement israélien.

Le Front de Libération de la Palestine-Commandement Général (forces de gauche) a qualifié la médiation égyptienne de trahison à l’égard du peuple palestinien.

Le refus du Hamas d’une première offre de cessez-le-feu dans les conditions imposées par Tel-Aviv a fait l’objet d’une propagande visant à justifier l’extension et l’intensification des opérations militaires israéliennes dans la bande de Gaza.

Les bombardements israéliens continuent sur la bande de Gaza où les habitants redoutent l’usage par les israéliens d’armes prohibées.

 

De l’eau (méditerranéenne) dans le gaz

L’ennui, avec les sanctions, c’est qu’elles ont toujours un revers. Dans le cas de la Russie, l’Occident c’est vite aperçu que sa sévérité potentiel s’arrêtait aux vannes de gaz. Comment punir Moscou pour son support à la frange pro-russe ukrainienne, sans que cela influe trop sur la livraison du précieux gaz à l’Europe? Même si la majorité des pays européens ont donné leur accord pour les sanctions, l’Allemagne, semblerait-il, commence à réfléchir.

C’est donc dans l’optique de réduire leur dépendance au gaz russe, que les ministres de l’énergie des pays membres du G7 vont se réunir Lundi et Mardi à Rome. Trois pistes seront explorées:
1- La possibilité d’acheminer du gaz nord-américain,
2- Le recours au gaz du Proche-Orient,
3- Une aide US pour les pays de l’Europe de l’Est, afin qu’ils puissent puiser dans leurs ressources, riches en gaz de schiste.

Si on regarde de prés, tout ceci ressemble à s’y méprendre à un emplâtre sur une jambe de bois.
– Le gaz nord-américain? Issu de la fracturation hydraulique, sont avenir est des plus incertain. Sans même parler de son prix; quant à son acheminement par méthaniers, le voyage risque d’être long, donc encore plus coûteux.
– Le Proche-Orient. Suite à l’abandon du projet Nabucco, cette solution a du plomb dans l’aile. Il y a une autre solution, qui ravirait Tel-Aviv, et qui serait l’achat de gaz israélien. Le problème étant que l’usine de liquéfaction la plus proche se trouve en Egypte. Chypre est aussi sur la liste, mais sa proximité des côtes syriennes et libanaises ne plait pas à tout le monde.
De plus, la Syrie refusant de tomber entre les mains des rebelles islamistes, la construction d’un gazoduc reliant les pétromonarchies à la Méditerranée n’est pas pour demain.
– Les gaz de schiste d’Europe de l’Est…Beaucoup s’y sont cassé les dents, excepté les Etats-Unis, bien sûr. Pour plus d’informations, je vous renvoie vers le site de Laurent Horvath.

On peut aisément tirer quelques leçons de cette réunion.
Tout d’abord, il n’est fait mention nulle part de l’Afrique du Nord. Si l’Algérie continue ses livraisons, il n’en est rien pour la Libye. On peut facilement en déduire que l’Occident ne voit aucunes améliorations dans l’avenir de Tripoli.
Dans tous les cas, et si une des mesures envisagées venait à être mise en place, le seul gagnant serait l’Amérique du Nord; et éventuellement Israël.
Enfin, l’Occident est bien conscient que ses sanctions ne valent pas grand chose. D’ailleurs, le ministère de l’économie autrichien et OMV (société d’exploration et de production qui intervient principalement en Roumanie et en Autriche) ont rencontré les dirigeants de Gazprom pour envisager un autre itinéraire pour alimenter les consommateurs de gaz européens en gaz Russe.
Gazprom et la Turquie envisagent d’augmenter la capacité du pipe de gaz Blue Steam de 16 à 19 millions de m3 par an.

Comme on peut le voir, la société gazière russe est loin d’avoir peur des représailles…

Nouvelle stratégie au Moyen-Orient?

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cela bouge pas mal du côté du Moyen-Orient. Alors que le monde regarde du côté de l’Ukraine, les évènements se précipitent dans les pays du Golfe.

Tout a commencé avec la déclaration du premier ministre turc – Recep Tayyip Erdogan – qui disait qu’il démissionnerait en cas de défaite de son parti lors des prochaines élections (municipales, le 30 Mars). Ce qui est étonnant, dans un sens, puisque malgré les manifestations et les suspicions de corruption qui ont secoué le gouvernement depuis quelques mois; le retrait de la vie politique ne faisait pas partie de ses options. On peut même aller jusqu’à dire qu’il s’accrochait au pouvoir.

Cette semaine, l’Arabie Saoudite, le Bahreïn et les Emirats Arabes Unis ont décidé de rappeler leurs diplomates respectifs du Qatar. Leur reproche? Le fait que Doha s’ingère dans les affaires internes de leurs pays. Ce n’est pas aussi innocent que ça en a l’air. Cela ressemble même à une crise assez grave. Le Qatar est le grand défenseur des Frères Musulmans, Frères Musulmans qui sont la bête noire de l’Arabie Saoudite. Ryad avait applaudit des deux mains lors du putsch du général al-Sissi en Egypte, ce que Doha n’avait pas apprécié. Cependant, il ne faut pas oublier que le Qatar a été écarté de la crise syrienne l’an dernier. Serait-ce une vengeance de Doha?

Et aujourd’hui, pour couronner le tout, Ryad vient de classer les Frères musulmans comme organisation terroriste, appelant les autres pays arabes à faire de même. Le premier pays à réagir a été l’Egypte, qui vient de saluer l’initiative.

Nous nous félicitons de la décision saoudienne, qui témoigne de l’importante coopération et de la profonde solidarité entre les deux pays, a déclaré à l’AFP le porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty.

Donc, la chasse au FM continue. Le prochain sur la liste semble tout désigné: Erdogan. Mais au delà des luttes intestines que se livrent les pays du Golfe, assiterions nous à une redistribution des cartes au Moyen-Orient? Le soudain « rapprochement » USA/Iran serait-il en train de faire changer la donne? Rien n’est moins sûr. Mais il semblerait que l’Arabie Saoudite commence à s’inquiéter du possible retour – sur ses terres – des islamistes déployés en Syrie.

Dernière minute: Erdogan menace d’interdire Youtube et Facebook après les élections municipales. On peut donc en déduire qu’il reste serein quand au résultat du vote…

La Ligue Arabe tente de mettre l’organisation des Frères Musulmans sous le label terroriste

Problème cocasse auquel est confronté Le Caire. Sur impulsion égyptienne, la Ligue des Etats Arabes tente de déclarer la nébuleuse organisation des Frères Musulmans comme une organisation terroriste…Mais dans le cas très peu probable de l’adoption d’une telle démarche, des pays dirigés par des gouvernements islamistes de l’obédience des Frères Musulmans comme la Tunisie, le Maroc, la Jordanie, la Turquie et l’enclave palestinienne de Gaza se retrouveront automatiquement sous le label terroriste!

La volonté de l’Egypte du général Abdelfatah Al-Sissi d’interdire totalement le mouvement des Frères Musulmans, crée en 1921 en partie par les services secrets de Sa Majesté britannique, a froissé  Washington et Londres, lesquels considèrent ce mouvement comme un outil de manipulation facile  pour la promotion de leurs intérêts géostratégiques en terres d’Islam. Par contre, il a réjoui les Saoudiens qui voient en ce mouvement un rival potentiel au Wahabbisme.

Au demeurant, c’est la géopolitique des religions au Proche et Moyen-Orient qui est en train de subir une profonde mutation.

Coup de tonnerre au Moyen-Orient: la Russie vendra des systèmes de défense à l’Egypte

Indubitablement les rapports de force sont en train de changer avec une célérité déconcertante au Moyen-Orient. La Russie vient donc de réaliser une sacrée percée en renouant avec ses livraisons d’armes à destination de…l’Egypte! Le Caire a décidé d’acquérir des systèmes de missiles antiériens auprès de Moscou.

Impensable du temps de Moubarak ou de son successeur Morsi, l’Egypte est en train de lorgner du côté de l’Ours russe. Une chose à laquelle on a pas assisté depuis les années ayant succédé à la mort du Président Gamal Abdenasser au tout début des années 70.

Comment expliquer un tel revirement. Moins qu’un revirement, c’est la politique assidue et cohérente des russes qu’il faut analyser. Depuis deux ans, la Méditerranée orientrale est quasiment « russe » alors que la présence de la marine de Moscou dans ces eaux n’était que marginale avant la crise syrienne. Il faut l’admettre une fois pour toute: Après les débandades d’Afghanistan et d’Irak, les changements de régimes de quelques républiques arabes, la Russie est en mode de contre-offensive tout azimuts pour reprendre pied dans un Moyen-Orient longtemps laissé à la discrétion des américains et de leurs alliés. De circonstance ou non.

Par ailleurs le choix des égyptiens pour les systèmes de défense antiaériens russe est assez symptomatique de la confiance retrouvée dans ce qu’ils appellaient jusqu’à hier la « quincaillerie » russe.  Ce qui se passe en Syrie n’y est pas totalement étranger. La Russie a ainsi utilisé l’échiquier syrien pour revenir en force dans  l’un des fiefs les plus pro-américains de la région.

Moyen-Orient: offensive russe en Egypte…

Une nouvelle carte des rapports d’influence s’esquisse au Moyen-Orient mais pas selon le plan du GMO américain. La chute des Frères Musulmans en Égypte et leur remplacement par les militaires a permis à Moscou de reprendre pied en Égypte pour la première fois depuis plus de trente ans.

Lors de la visite de Serguei Lavrov et Serguei Choigu, respectivement ministres des Affaires étrangères et de la défense de la Fédération de Russie au Caire, le plus grand vaisseau amiral russe faisait escale à Alexandrie.

En apparence, l’offensive russe en Egypte vise avant tout de regagner un client à ses industries d’armement malgré la déception de l’ère Sadate, qui n’a pas hésité à livrer des armes russes au camp adverse…C’est une approche réductrice. L’approche russe s’inscrit dans un cadre plus global de reprise en main de cette zone de très haute turbulence qu’est le Moyen-Orient. Le rapprochement idéologique du Caire avec Damas, lequel n’exclut pas une poursuite d’une rivalité immémoriale et des divergences de fond, a convaincu Moscou de la nécessité d’agir en vue de reprendre place dans un pays longtemps allié.

Proche et Moyen-Orient ou les enfants de l’anarchie…

Le changement de paradigme opéré en urgence par l’administration US du président Barack Obama dans sa gestion du Proche et Moyen-Orient a non seulement  brouillé des cartes et faussé des grilles d’analyses mais causé des troubles graves dans des pays comme l’ Egypte, la Tunisie et la Libye.

Une partie non-négligeable du monde musulman se retrouve désormais plongée dans l’anarchie.  Si la guerre en Syrie continue de faire rage, la Turquie assiste impuissante à la disparition de ses frontières méridionales tandis que l’Iran peine à faire face à un embargo économique, financier et technologique total.

Depuis le début du Ramadan, mois sacré musulman, des attaques asymétriques  ont visé les armées régulières d’Egypte, d’Irak, du Liban, de Libye, de Syrie et de Tunisie. C’est donc à un véritable Ramadan rouge que sont confrontés la plupart des pays du monde dit arabe.

Syrie

L’axe Damas-Bagdad-Téhéran est de plus en plus visé. Hier, Damas a condamné avec la plus grande fermeté les attaques terroristes massives ayant visé plusieurs villes irakiennes (un bilan officiel irakien évoque 55 morts et plus de 250 blessés).  Une semaine auparavant, une attaque contre la sinistre prison d’Abou Gharib, près de Bagdad, a permis l’évasion spéctaculaire de plus de 1200 détenus. Une grande partie de ces derniers se seraient dirigés en Syrie pour rejoindre les rangs des groupes terroristes se battant contre le gouvernement syrien.

Sur le terrain en Syrie, une vigoureuse contre-offensive en cours de l’armée syrienne à Khan Al-Assal (Alep), prise il y a quelques jours par des groupes liés à al-Qaïda au Levant.  La capture de la localité par une vingtaine de groupes armés a donné lieu à des représailles sanglantes puisque la « brigade du Califat » a passé au fil de l’épée plus de 220 personnes accusées de collaborer ou d’être des sympathisants du gouvernement.

La chute de Khan Al-Assal a été rendue possible par l’usage inédit de nouvelles tactiques et l’intervention directe d’unités militaires de pays voisins  « noyées » au sein des insurgés.  On évoque surtout des éléments de l’armée turque mais également quelques éléments de l’IDF (Israel Defence Forces) au Nord d’Alep où la frontière avec la Turquie a cessé d’exister sur fond de résurgence du nationalisme kurde.  Des sources syriennes indiquent que des unités parachutistes sont parvenus à pénétrer dans les alentours de Khan Al-Assal et sont actuellement en train de se battre à l’entrée de la localité.

D’autres unités mixtes de l’armée syriennes ont lancé une offensive  pour désengager l’aérodrome de Ming et la prison centrale d’Alep. La Prison centrale d’Alep, défendue par l’élite des forces du ministère de l’intérieur, est assiégée depuis avril 2013. Aux unités d’infanterie mécanisée se sont jointes des unités paramilitaires et des comités de la résistance palestinienne. Damas est parvenu à un accord secret avec les Kurdes au Nord pour faire face à l’ennemi commun: la Turquie et ses milliers de combattants étrangers inflitrés.

Plus au Sud, des offensives de l’armée syrienne à Sibina dans la périphérie de Damas ont été signalés.  Une intervention des blindés à Arbin dans la campagne de Damas s’est terminée par la destruction d’un groupe terroriste multinational.

A Hermon, une brigade de Jabhet Ennosra (le Front des Partisans) a été éliminée par des troupes de choc.  Dans le gouvernorat de Homs, des troupes de choc ont réussi à pénétrer dans la ville de Khalidia où les défenses de l’armée syrienne libre (ASL) et des groupes alliés se sont subitement effondrées.  Des tranchées et des blockhaus improvisés ont été découverts en plein centre-ville par les unités de génie de l’armée loyalistes. Ces dernières ont également découvert que des immeubles ont été plastiqués.

Dans le Sud du pays, une unité de la Garde Républicaine syrienne a éliminé la fameuse « brigade de la mort » et son chef Ibrahim Al-Misry. Près du Golan, l’armée syrienne recapture une localité non loin de la ville d’Al-Qunaïtra.

Sur le plan économique, Damas tente par tous les moyens possibles de limiter les effets de la guerre économique à outrance menée à son encontre. Le taux de change officiel est maintenu à 175 lires syriennes contre un dollar US.  De nouvelles lois répressives visant la spéculation et le marché noir viennent d’être promulguées. Ces dernières assimilent désormais les spéculateurs aux terroristes. Malgré la crise et les pénuries, une catégorie de nouvaux riches a émergé du chaos et de la spéculation.

C’est dans ce climat économique marqué par une recrudescence sans précedant du chômage que le ministère de l’intérieur lance une vaste campagne de recrutement afin de renforcer ses structures. Le renforcement de ces forces permettrait l’affectation des forces militaires à d’autres tâches plus urgentes. Selon des sources syriennes, plus de 35% des capacités de l’armée syrienne demeurent en réserve pour faire face à une éventuelle intervention étrangère.

Sur le plan de l’information, Les chaînes de télévision syriennes sont retransmises via le satellite russe AM44 EXPRESS.  La chaîne syrienne d’information en continu Al-Ikhbarya est toujours retransmise sur Eutelsat W2A. Radio Damas émet sur 102.8 FM à Damas et sa périphérie.

Egypte

L’appel du chef des armées égyptiennes, le général Abdul Fattah Al-Sissi, des centaines de milliers de manifestants anti-Morsi sont descendus dans les rues et les avenues des grandes villes égyptiennes. Des heurts sanglants ont opposé deux Egypte, causant près de 200 morts en une semaine. Des armes à feu ont été utilisés aussi bien par les partisans des Frères Musulmans que par des policiers en civils inflitrés parmi les manifestants. Au Sinaï, deux soldats égyptiens tués et plusieurs autres sont blessés dans une attaque à la roquette. Les insurgés islamistes utilisent désormais des armes lourdes.  Des hélicoptères Apache de l’armée égyptienne bombardent des repaires présumés de groupes armés. Si les troubles sanglants du Caire, d’Alexandrie ou de Port-Said peuvent déboucher sur un semblant de brève guerre civile, ceux de la péninsule du Sinaï risquent de durer pendant des années. Avec toutes les conséquences possibles sur la sécurité régionale

Libye

Les répercussions du chaos égyptien en Libye sont très graves. Déjà en plein chaos, le pays fait face à une campagne soutenues et organisée de terreur. La démission de plusieurs ministres du gouvernement a succédé l’évasion spectaculaire de plus d’un millier de détenus de la prison centrale de Bengazi. Des assauts contre des bâtiments officiels et attentats à la bombe contre le palais de justice de la ville ont coincidé avec un assaut contre un hôpital psychiatrique où  plus de 150 internés en fuite ont été armés.  Des dissidences sont signalés  au Sud du pays.  La Libye Occidentale est sous le gouvernement de facto d’une puissante tribu (Zentane) détenant des armes chimiques et des missiles balistiques de courte portée . Prolifération des coupeurs de routes. L’extrême Sud de la Libye, notamment près des confins frontaliers avec le Tchad, le Niger et l’Algérie est quasiment une  zone libre commandée par Mokhtar Belmokhtar.

Tunisie

La poursuite des assassinats politiques en Tunisie et la persistence d’un puissant maquis terroriste au Mont Chaambi dans la localité de Kasserine non loin des frontières algériennes menacent la sécurité nationale tunisienne. Des informations recueillies indiquent qu’une unité d’élite de l’armée tunisienne a été accrochée par des éléments terroristes retranchés au Mont Chaambi, causant la mort de dix militaires et des blessures à trois autres. Selon certaines informations non confirmées, les militaires auraient été égorgés et leur équipement volé. En Algérie, l’état-major de la 5e Région militaire de Constantine est en état d’alerte et des renforts en hélicoptères de combat et d’attaque au sol ont été dépêchés en urgence à Tebessa, face à Kasserine. Des sources parlent d’une opération imminente aux frontières afin de détruire toute éventuelle infiltration ou pour arrêter des secours fournis par des groupes basés en Algérie  aux 170  terroristes retranchés au mont Chaambi.

Conflit au Moyen-Orient: Blocus à Alep, raids israéliens ciblés, une opération en préparation

Il semble que la phase II du conflit en cours au Moyen-Orient soit en cours de préparation active. En une semaine, plus de 1500 mercenaires étrangers en provenance de Turquie sont venus renforcer les groupes extrémistes au Nord de la Syrie dans la province d’Alep où la situation humanitaire est des plus alarmantes en ce mois sacré musulman du Ramadan.

La ville d’Alep fait face à un terrible blocus de la part des groupes extrémistes et des informations recueillies indiquent que les prix des produits alimentaires de base ont connu une hausse de presque 900% du fait des pratiques spéculatives de la mafia.

Le gouvernement syrien tente de briser ce blocus en approvisionnant les populations des secteurs  loyalistes de la ville au moyen d’hélicoptères mais la prolifération de missiles antiaériens plus performants  au mains de certaines factions de la rébellion rend  ce type d’opération de plus en plus aléatoire.

Plus au Sud d’Alep, dans la province centrale de Homs, l’armée syrienne avance très lentement dans le centre historique de la ville vu son architecture où plus de 6000 rebelles utilisent systématiquement des explosifs et des roquettes antichar pour tenter de stopper l’avancée des unités syriennes. Leur défaite n’est plus qu’une question de jours.

Au sein de la rébellion, l’assassinat d’un des chefs suprêmes de l’Armée Syrienne Libre (ASL) par des membres de l’organisation extrémistes de l’Armée du pays du Levant et d’Irak (proche d’Al-Qaïda) risque de déclencher une guerre intestine entre, d’un côté, les puissantes factions islamistes, les plus nombreuses et les mieux armées, et d’un autre, des factions appartenant à d’autres courants.

L’armée syrienne sait qu’elle doit terminer son opération à Homs dans les meilleurs délais et diriger le gros de ses troupes vers Alep au Nord et autour du Golan au Sud-Ouest. Une opération d’envergure des « ennemis » de la Syrie est en phase de préparation active et verrait probablement  la participation de l’aviation israélienne aux côté d’une (nouvelle) armée de mercenaires. Au cours de cette opération, des commandos de tueurs du SAS britannique ou d’un autre service analogue tenteront vraisemblablement de décapiter l’Etat syrien. En d’autres termes, assassiner le Chef d’Etat.

L’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis et l’Egypte continuent de fournir une assistance logistique intense à la guérilla se battant contre le gouvernement syrien. Le coup d’Etat militaire contre l’ex-président égyptien Mohamed Morsi, un fervent partisan de la rébellion en Syrie, n’a pas changé la posture stratégique de l’Egypte dont l’armée, très pro-américaine,  contrôle l’ensemble de la vie politique et économique.

Sur le plan géopolitique, la situation est catastrophique pour Israël. Ce dernier fait désormais face à deux incendies: le premier à sa frontière (provisoire) septentrionale et le second sur son flanc méridional au Sinaï. Malgré leur silence, les responsables israéliens s’activent et se considèrent comme les acteurs d’un des plus importants conflits de l’histoire d’Israël. D’où les raids israéliens ponctuels et ciblés en Syrie , toujours passés sous silence.

Selon des informations révélés par des responsables US à la chaîne d’information en continu CNN, l’aviation israélienne aurait procédé la semaine dernière à des raids aériens sur la région de Lattaquié, ciblant des batteries de missiles antinavire de type Yakhont. Cette opération est intervenue en représailles au coulage d’un submersible israélien de la classe Dolphin il y a quelques mois.

Les Syriens et surtout leur alliés Russes ne sont pas restés les mains croisés. Un avion F-16 I ‘Soufa’, super-équipé s’est « officiellement » écrasé en mer suite à une « avarie technique ». Des sources libanaises  affirment que cet avion aurait été abattu près du littoral libanais et non pas près du littoral près de Gaza, causant l’épouvante et une panique générale en Israël. L’Etat-Major israélien a ordonné le blocage provisoire au sol de l’ensemble de la flotte. Des dizaines d’avions israéliens violent quotidiennement l’espace aérien libanais.

Tribune libre: Printemps arabe ou l’échec de la démocratie en Orient?

L’armée égyptienne est finalement intervenue pour déposer le président Mohamed Morsi, pourtant premier président démocratiquement élu du pays. Le printemps arabe, né en Tunisie fin 2010, a atteint l’Egypte dès le début 2011 et a abouti au départ du président Moubarak qui dirigeait l’Egypte depuis trente ans.

Les revendications d’une grande partie de la jeunesse égyptienne qui a mené cette révolution dite du Nil ou du Papyrus sur la place centrale du Caire (la place Tahrir) ont abouti à des élections libres qui ont vu une déferlante islamique.

En effet, aux premières élections législatives de l’après Moubarak, qui a vu une participation de 55%, les frères musulmans ont obtenu 44.6 % des voix, concurrencés seulement par les plus radicaux qu’eux, les salafistes, qui ont obtenu 22,5% des voix, le premier parti pseudo libéral  obtenant seulement 7,8% des voix. A l’élection présidentielle de 2012, la scission du pays en deux (Islamo-conservateurs contre réformistes) était palpable et l’élection s’est résumée à un duel politique entre un homme de l’époque Moubarak et le candidat des frères musulmans, le scientifique Mohamed Morsi, qui a notamment étudié aux Etats-Unis. Celui-ci remportera l’élection avec 51,73 % des voix (la participation s’élevant à seulement 45%) et sera investi en juin 2012.

Un an plus tard, il sera donc déposé par l’armée après de nouvelles et immenses manifestations (plusieurs millions de personnes) place Tahrir et ailleurs en Egypte. Les opposants lui reprochent principalement sa piteuse gestion de la situation économique du pays. Ce Week-end, plusieurs centaines de milliers de partisans du président déchu sont eux aussi descendus dans la rue, invoquant eux à juste titre le respect des urnes et la démocratie. Les manifestations ont tourné à l’affrontement entre partisans de Mohamed Morsi et l’armée et en ce 10 juillet 2013 on parle déjà de dizaines de morts et de centaines de blessés.

Il y a là des dilemmes visiblement insolubles pour l’Egypte, pour les pays du printemps arabe et pour la communauté internationale.

La démocratie du printemps arabe a vu l’émergence et la prise de pouvoir de mouvements islamo-conservateurs (principalement les frères musulmans) qui étaient soit interdits, soit tenus à l’écart de la vie politique par les anciens pouvoirs laïcisants issus de la guerre froide. Ce retour au pouvoir des clergés et d’un Islam politique a accentué les batailles d’influences trans-territoriales entre confréries, menant à la situation que l’on connaît par exemple en Syrie. Ce pays fait en effet face à une guerre au niveau régional et confessionnel, ou le courant sunnite régional le plus radical tente de mettre à mal le croissant chiite en s’attaquant à sa composante la plus hérétique selon lui mais aussi la plus laïque selon les critères occidentaux. La Syrie est ainsi devenue le champ de bataille par ricochet d’une coalition Russo-chiite qui est en conflit ouvert avec un axe Occidentalo-sunnite.

Le mythe d’un Islam compatible avec la démocratie semble remis en cause.

Les victoires électorales des Frères musulmans en Egypte, en Tunisie ou en Libye, qui auraient pu amener à des cohabitations entre charia et démocratie, ne semblent plus viables. Il y a une crise culturelle profonde qui traverse les sociétés arabo-musulmanes. Les nouveaux régimes issus des élections semblent avoir du mal à bien intégrer la pluralité, qu’elle soit ethnico-culturelle, religieuse ou comportementale. Hormis en Tunisie ou les islamistes composent, la situation économique de tous les pays concernés par ces nouveaux régimes est d’ailleurs plus que catastrophique et qui semble inévitablement génératrice de protestations dans un avenir proche, comme c’est le cas en Egypte aujourd’hui.

Les coups d’état militaires et les juntes au pouvoir ont toujours été fermement condamnés par les pays occidentaux, que ce soit en Birmanie, en Grèce ou en Argentine. La mollesse des réactions occidentales face au coup d’état militaire en Egypte démontre bien le dilemme, entre armée et islamisation. Le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu a lui tenté d’empêcher une intervention de l’armée contre le président égyptien, en avertissant les capitales européennes hébétées mais cela a échoué.

L’armée apparaît pourtant de plus en plus comme un nouveau pouvoir (ou contre pouvoir) seul à même de maintenir une forme d’équilibre national et de protéger l’équilibre communautaire (et les minorités) face à une islamisation à outrance des pays concernés. Cette tendance n’est pas nouvelle. En Algérie, la victoire des islamistes fut annulée en 1991, plongeant le pays dans une guerre civile de 10 ans durant laquelle l’Armée affronta, jusqu’à sa victoire en 2002, divers groupes islamistes. En Turquie, Recep Erdogan, depuis son élection en 2003, a lui mené d’intensives campagnes pour désactiver l’armée et faire mettre en prison les officier qui auraient pu s’opposer à l’islamisation lente que le pays connaît, entrainant l’inquiétude des minorités et des laïcs qui ont manifesté récemment. En Syrie, l’armée parait être aujourd’hui le seul garant du rétablissement de l’ordre constitutionnel mis à mal.

Parmi les nombreux manifestants Egyptiens place Tahrir, certains brandissaient aussi des drapeaux syriens et des portraits de Bashar-El-Assad, traduisant ainsi leur bonne compréhension des événements géopolitiques régionaux mais aussi peut être leur profonde intuition que Syrie et Egypte doivent être unis et non en guerre. Il faut se souvenir qu’historiquement, Egypte et Syrie ont déjà été un seul et même état, pour faire face a la menace communiste d’un coté (qui n’existe plus aujourd’hui) et américaine de l’autre. Est-ce la raison pour laquelle de nombreux manifestants place Tahrir brandissaient également des pancartes dénonçant le soutien américain au candidat Morsi?

Il est certain que des groupes radicaux ne vont pas tarder à menacer l’armée Egyptienne d’un conflit pour le rétablissement du pouvoir islamique arrivé au pouvoir par les urnes. On peut se poser la question de savoir si l’Egypte va désormais connaître une guerre civile larvée sur le modèle de l’Algérie quand les élections de 1991 ont été annulées par l’armée.

Alors que le monde arabo-musulman risque de traverser au cours de ce siècle sa grande guerre interne, politique, confessionnelle et générationnelle. Pour les américains, il semble que l’agenda de remodelage du grand moyen orient soit remis aux calendes grecques. Il faut maintenant essayer d’imaginer quelles seront les conséquences directes des ces bouleversements pour les états de la région, et les conséquences possibles et imaginables pour la France, l’Europe et la Russie.

Alexandre Latsa

Photos de la semaine: les hélicoptères de l’armée égyptienne illuminés par les Lasers de la foule

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Les pilotes de l’armée de l’air égyptienne ont vécu trois jours de cauchemar: A chaque mission de survol des rassemblements de foule réclamant le départ de l’ex-président Mohamed Morsi (déposé et arrêté par l’armée dans la nuit du 02 au 03 juillet 2013), ils devaient faire face à la convergence inattendue de centaines de faisceaux Laser émanant de pointeurs utilisés par les protestataires…Désorienté, un pilote d’un hélicoptère d’attaque de type Apache a failli perdre le contrôle de son appareil au dessus d’une masse humaine à cause de ces gadgets…

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Israël refuse le survol du Sinaï par ds aéronefs égyptiens

Les autorités israéliennes ont opposé cette semaine un Niet catégorique à une demande égyptienne concernant le survol de la partie occidentale du Sinaï par des aéronefs de l’armée et de la police égyptienne, officiellement pour traquer des filières de trafic et de contrebande d’armes et de munition en direction de groupes radicaux.

Le Caire a avancé l’argument sécuritaire de lutte contre la « subversion » et la nécessité de traquer les sites  de lancement de roquettes vers l’intérieur d’Israël mais cela n’a visiblement pas suffit à convaincre Tel-Aviv du bien fondé de la demande égyptienne.

Les israéliens ont également refusé une hausse des effectifs militaires égyptiens dans la péninsule du Sinaï.  750 militaires égyptiens sont positionnés dans cette péninsule de 66 000 Km² et peuplée de quelques 400 000 habitants.

Le Caire estime qu’il demeure incapable d’assurer la sécurité dans cette région très volatile avec de tels effectifs et a estimé qu’il lui faudra porter cet effectif à 5000, principalement autour de la ville d’Al-Arish.

La péninsule du Sinaï est secouée par des troubles sécuritaires graves depuis quelques mois. Outre les narcotrafiquants et les contrebandiers, des éléments appartenant à diverses mouvances ont réussi à anéantir presque totalement la présence étatique égyptienne sur ce territoire et approvisionner Israël en drogues, métaux ferreux et non-ferreux de produits bruts originaires de pays arabes. D’autres mouvances liées à certaines puissances de la région ont également réussi à approvisionner en armes et munitions certains groupes de ce que l’on appelle la « résistance » palestinienne.

 

Certains analystes estiment que le statu quo actuel et instable arrange aussi bien les affaires du Caire que de Tel-Aviv.

Syrie: des roquettes égyptiennes pour la rébellion

Un obus ou une roquette de fabrication égyptienne utilisée par la rébellion syrienne. Le projectile porte le logo de l'usine "Sakr" des industries militaires égyptiennes
Un obus ou une roquette de fabrication égyptienne utilisée par la rébellion syrienne. Le projectile porte le logo de l’usine « Sakr » des industries militaires égyptiennes.

Le logo sur la photo ci-dessus ne laisse aucun doute sur l’origine du projectile: Sakr Factory for Development Industries (AOI), KM 4.5/Suez Road, Almaza, P.O. B.o.x: 33 Heliopolis, Le Caire. Cette usine est spécialisée dans la production de roquettes et d’obus d’artillerie.

Indubitablement, l’Egypte n’est pas le seul pays de la région à envoyer pour le compte des pays du Golfe arabo-persique  des armes à l’un des bélligérants en Syrie. La Turquie y écoule une grande partie de ses stocks militaires aussi. La Grande-Bretagne a déjà envoyé des gilets pare-balle aux rebelles tandis que d’autres pays occidentaux ont envoyé des systèmes très sophistiqués de communication et de brouillage. Des missiles antichars et des Manpads ont également été acheminés à la guérilla par le biais de tiers. Cela explique le caractère de plus en plus atroce du conflit ravageant la Syrie depuis 21 mois.

Une véritable révolution au Moyen-Orient: un président égyptien en Iran pour la première fois depuis 1980

La nouvelle a fait l’effet d’une bombe atomique dans nombre de chancelleries: le président égyptien Mohamed Morsi sera à Téhéran le 30 août prochain pour participer au Sommet des Non-alignés (MNA) selon un communiqué de la présidence égyptienne. C’est la première fois depuis 1980, date de la rupture des relations diplomatiques entre l’Egypte et l’Iran qu’un président égyptien entend se rendre à Téhéran.

Bien que Washington lui ait clairement fait entendre ses conditions (pas de normalisation avec l’Iran, coopération accrue avec Israël au Sinaï), il semble que le président Morsi suit son propre agenda.

 

Avant de se rendre en Iran, Morsi se rendra en Chine du 27 au 29 août 2012.   Le président Mahmoud Ahmadinejad a invité son homologue égyptien à assister au 16e sommet du MNA qui se déroulera à Téhéran du 26 au 31 août. Regroupant 120 Etats, le Mouvement des Non-alignés est actuellement présidé par l’Egypte qui passera le relais à l’Iran lors du prochain sommet.

En Israël, la nouvelle donne, en plus de la Syrie a de quoi donner du fil à retordre.

 

 

 

 

Bouleversement politique en Egypte: les éléments de la prochaine guerre du Moyen-Orient se mettent en place

Les récents développements au Moyen-Orient ne laissent plus aucun doute sur l’imminence d’une guerre majeure impliquant l’ensemble de la région. Ainsi la détérioration de la situation sécuritaire au Sinaï, le remplacement des dirigeants de l’armée égyptienne, l’état de guerre entre la Turquie et la Syrie, les duels d’artillerie au-dessus de la frontière syro-jordanienne  et la concentration des forces israéliennes au Golan et près de la frontière libanaise offrent de troublantes réminiscences avec la situation prévalant dans cette région peu avant la guerre d’octobre 1973.  Mais cette fois-ci, presque tous les acteurs du Moyen-Orient, d’Eurasie, de la péninsule arabique  sont partie prenante de ce conflit. 

Un coup de  tonnerre au dessus des Pyramides! Le président égyptien M. Morsi a mis à annulé une « déclaration constitutionnelle » donnant des prérogatives politiques étendues  aux forces armées égyptiennes et procédé à la mise à la retraite du Maréchal Hussein Tantatoui, ministre de la défense et chef de l’Etat de facto après la démission de l’ex-Rais Hosni Moubarak et son remplacement par Abdel Fettah Al-Sissi, le chef du renseignement militaire. Le président égyptien a également nommé un vice président en la personne d’un magistrat. Ce bouleversement intervient alors que la situation au Sinaï semble se détériorer: les accrochages entre militaires égyptiens et groupes armés sont non seulement devenus quotidiens depuis une semaine mais cette situation a contraint l’armée égyptienne à réinvestir le Sinaï et à y placer des blindés et des avions de combat en opposition avec les Accords de Camp David de 1979. Les israéliens font semblant de laisser faire mais au fond redoutent les capacités avérées du président égyptien à manoeuvrer en long et en large. Est-ce une tentative subreptice de réarmer le Sinaï qui motive Morsi?

Ces développements interviennent alors que l’Iran se prépare à la guerre ultime que les conseillers de Netanyahu souhaitent hâter en tentant de forcer la main à un président américain confronté à une échéance électorale importante. En Syrie et au Liban, l’on s’attend au pire puisque l’on sait que l’épilogue du « printemps arabe » dans sa cuvée 2012 comportera une importante démonstration balistique supérieure à celle des missiles Scud lancé par Saddam Hussein en 1991 sur Israël.

En Iran, des informations font état de la nomination par le guide suprême de la Révolution, Ali Khamenei de douze successeurs immédiats en cas de conflit dans ce qui s’apparente à l’installation d’un équivalent du Doomsday Government américain. Cette démarche inédite démontre la profonde inquiétude des officiels iraniens quant à l’imminence d’une attaque US. Au point où l’armée iranienne n’a pas été autorisée à participer aux opérations de sauvetage dans les régions affectées par un séisme cette semaine.

En Israël, les cercles financiers poussent à la guerre en attendant l’organisation conjointe avec les Etats-Unis d’un exercice majeur auquel participeront des milliers de militaires US  en vue de simuler une attaque de missiles émanant de trois fronts à la fois.