Vers un renversement de situation au Proche-Orient

La période du « Printemps arabe » touche à sa fin. Désormais, la Maison-Blanche et le Kremlin sont en train de redessiner les contours du « Moyen-Orient élargi ». Cependant, leur accord conclu avant l’intervention militaire russe en Syrie pourrait être modifié par le changement de l’équilibre des forces. Rien ne prouve que Moscou acceptera la stabilisation de la Syrie et fermera les yeux sur la partition de la Turquie et de l’Arabie saoudite qui vont commencer. Quoi qu’il en soit, le bouleversement qui s’annonce modifie la donne établie depuis cinq ans. La plupart des puissances impliquées essayent donc de retourner leur veste avant les autres.

La presse, dans quelque pays que ce soit, est tellement occupée à scruter la position de son propre État dans le conflit du Proche-Orient qu’elle ignore les négociations globales entre la Maison-Blanche et le Kremlin [1] et, du coup, interprète de travers les événements secondaires. Pour clarifier l’agitation diplomatique actuelle, nous devons donc revenir à l’accord USA-Russie de septembre dernier.

La partie publique de cet accord a été formulée par la Russie dans un document distribué le 29 septembre au Conseil de sécurité de l’Onu [2]. Il indique que, pour rétablir la paix et la stabilité en Afrique du Nord et au Proche-Orient, il faut et il suffit (1) d’appliquer les résolutions du Conseil de sécurité —ce qui implique notamment le retrait d’Israël sur ses frontières de 1967— et (2) de lutter contre l’idéologie terroriste —c’est-à-dire à la fois contre les Frères musulmans créés par le Royaume-Uni et soutenus par la Turquie, et contre le wahhabisme propagé par l’Arabie saoudite—.

Il avait été initialement prévu que la Russie fasse adopter une résolution en ce sens lors de la réunion du 30 septembre du Conseil de sécurité. Cependant, les États-Unis s’y sont opposés dans l’heure précédente [3]. Sergey Lavrov a alors présidé la séance sans évoquer son projet. Cet événement majeur ne peut s’interpréter que comme un désaccord tactique qui ne doit pas entraver un accord stratégique.

Le 20 octobre, le président Vladimir Poutine recevait au Kremlin son homologue syrien, Bachar el-Assad, en présence de ses ministres de la Défense et des Affaires étrangères, du secrétaire général du Conseil russe de sécurité nationale et du chef des services secrets. L’entretien portait sur l’application du plan russo-états-unien, incluant celle du Communiqué de Genève du 30 juin 2012 [4]. Le président el-Assad faisait valoir qu’il suit les instructions de ce Communiqué et, notamment, qu’il a intégré dans son gouvernement les partis d’opposition qui en ont fait la demande conformément à la description que le Communiqué fait d’un Organe gouvernemental de transition.

S’étant assuré que les deux pays avaient une même lecture du Communiqué de Genève, la Russie et les États-Unis décidèrent de mettre au pas les États dissidents, à savoir la France, la Turquie et l’Arabie saoudite. Sachant que la position française n’est pas fondée sur des intérêts réalistes, mais s’explique exclusivement par un fantasme colonial et par la corruption de son gouvernement par l’argent turc et saoudien [5], la Maison-Blanche et le Kremlin décidèrent de traiter uniquement la source du problème, à savoir Ankara et Riyad. Le 23 octobre, John Kerry et Sergey Lavrov reçurent donc leurs homologues turc et saoudien à Vienne. Aucun texte final n’a été publié. Cependant, il semble que la Russie ait menacé les deux invités sans que les États-Unis ne prennent leur défense.

Affolé d’une possible entente russo-états-unienne contre la Turquie et l’Arabie saoudite, la France convoqua alors un « dîner de travail », et non un « sommet diplomatique », à Paris. L’Allemagne, l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis, les États-Unis, l’Italie, la Jordanie, le Qatar, le Royaume-Uni et la Turquie « évoquèrent » et non « décidèrent » le sort de la Syrie. Le format de cette réunion correspond à celui du « Core Group » des « Amis de la Syrie », sauf l’Égypte qui a déjà secrètement rejoint le camp de la Syrie. Le fait d’avoir été contraint d’inviter les États-Unis a plombé la réunion. Là encore, pas de texte final.

Enfin, le 30 octobre, les États-Unis et la Russie réunissaient un plus vaste aréopage comprenant tous les participants aux deux réunions précédentes plus l’Égypte, la Chine, l’Irak, l’Iran, le Liban, Oman, l’Union européenne et les Nations unies. Si la presse s’est esbaudie de la présence de l’Iran qui avait été tenu à l’écart de tout règlement depuis le début du conflit, elle n’a pas relevé le retour de l’Égypte du maréchal al-Sissi qui rentre sur la scène internationale grâce à la découverte de ses nouvelles réserves de pétrole, ni de l’absence persistante de la principale puissance régionale, Israël. Ce dernier point ne peut s’expliquer que dans le cas où l’État hébreu avait obtenu préalablement la garantie de parvenir à un de ses objectifs de guerre, la création d’un État colonial au Nord de la Syrie.

Les participants ont tous été priés de signer une déclaration finale que seuls les Russes et les Iraniens ont prit soin de diffuser [6]. Et pour cause : elle marque la défaite des faucons US. En effet, dans son point 8, il est indiqué que le « processus politique » —et non pas le « processus de transition »— sera conduit par les Syriens, propriété des Syriens, et que le Peuple syrien décidera du futur de la Syrie [7]. Cette formulation lourde invalide le document Feltman qui constitue l’objectif depuis plus de trois ans des faucons US, des Français, des Turcs et des Saoudiens : la capitulation totale et inconditionnelle de la République arabe syrienne [8].

Le projet US se poursuit malgré l’accord avec la Russie

La suite des événements devrait donc logiquement être la mise au pas de la Turquie, de l’Arabie saoudite et de la France, ce qui pourrait être fait tout en poursuivant les objectifs initiaux US.

Pour la Turquie, après le scrutin probablement truqué du 1er novembre et la victoire de l’AKP [9], la guerre civile devrait s’étendre et se développer [10] jusqu’à la partition du pays en deux, puis à la fusion du Kurdistan turc, du Kurdistan irakien et d’un territoire arabe syrien occupé par les Kurdes syriens et les États-Unis. D’ores et déjà, le YPG et les États-Unis conquièrent ensemble un territoire arabe au Nord de la Syrie. Le YPG qui, jusqu’au mois dernier, recevait ses armes et ses soldes de Damas, s’est retourné contre la République arabe syrienne. Ses miliciens envahissent les villages conquis, expulsent les enseignants et décrètent la kurdisation forcée des écoles. Le Kurde, qui était parlé et enseigné à l’école, devient la langue unique et obligatoire. Les milices de la République arabe syrienne, notamment les Assyriens, en sont réduites à défendre leurs écoles par les armes contre leurs compatriotes kurdes [11].

De son côté le roi Salman d’Arabie saoudite doit encaisser sa défaite au Yémen ; un voisin qu’il avait envahi officiellement pour soutenir un président en fuite, en réalité pour exploiter avec Israël le pétrole du « Quart vide » [12]. Coup sur coup, les Émirats arabes unis et l’Égypte se sont retirés de sa Coalition. Les premiers après avoir essuyé de lourdes pertes parmi leurs officiers, les seconds plus discrètement, laissant les opérations militaires aux seules mains des Israéliens. Les Houthis, poussés vers le Nord par les bombardements, ont effectué plusieurs incursions en Arabie saoudite et y ont détruit des bases militaires aériennes et leurs matériels. Les soldats saoudiens, presque tous des étrangers servant sous écusson saoudien, ont déserté en masse contraignant le roi à prendre un décret contre les abandons de poste. Pour éviter un désastre militaire, l’Arabie saoudite a alors sollicité de nouveaux alliés. Contre de l’argent sonnant et trébuchant, le Sénégal a envoyé 6 000 hommes et le Soudan 2 000. La Mauritanie hésite à envoyer un contingent. Le roi, dit-on, aurait également sollicité l’armée privée Academi (ex-Blackwter/Xe) qui recruterait actuellement des mercenaires en Colombie. Ce fiasco est directement imputable au prince Mohammed ben Salmane, qui a revendiqué l’initiative de cette guerre. Ainsi, il affaiblit l’autorité de son père, le roi Salman, et fait gronder la contestation des deux clans exclus du pouvoir, ceux de l’ancien roi Abdallah et du prince Bandar. Logiquement ce conflit devrait aboutir à un partage de leur héritage entre les trois clans et donc à un partage du royaume en trois États.

Ce n’est qu’après ces nouveaux conflits que la paix devrait revenir dans la région, sauf dans la partie arabe colonisée par le nouveau Kurdistan, appelée à devenir le nouveau point de fixation des antagonisme régionaux en lieu et place de la Palestine.

Mais même écrit, le futur est incertain. Le renversement du rapport de forces entre Washington et Moscou [13] pourrait modifier leur accord.

Les rats quittent le navire

Alors que les mauvais joueurs annoncent sans sourciller que l’intervention militaire russe en Syrie n’apporte pas les résultats escomptés par Moscou, les jihadistes en fuite se replient en Irak et en Turquie. Le chef d’état-major US, le général Joseph Dunford, a admis, le 27 octobre lors d’une audition au Sénat, que désormais les armes parlaient en faveur de la République arabe syrienne [14]. Tandis que le Commandeur suprême de l’Otan, le général Philip Breedlove, a déclaré, le 30 octobre lors d’une conférence de presse au Pentagone, que c’est une litote de dire que la situation évolue de jour en jour et menace désormais la sécurité de l’Europe [15].

Force est de constater que l’alliance entre les partisans du chaos et ceux de la recolonisation va non seulement perdre en Syrie, mais que l’Alliance atlantique elle-même ne peut plus prétendre à la domination globale. Du coup, une soudaine agitation traverse les chancelleries, beaucoup affirmant qu’il est temps de parvenir à la paix —ce qui sous-entend qu’ils pensaient jusque là différemment—.

Les « retournements de veste » qui s’annoncent à propos de la Syrie auront comme première conséquence la consécration du rôle international de la République islamique d’Iran et de la Fédération de Russie ; deux acteurs que la presse occidentale présentait, il y a quatre mois encore, comme totalement isolés et voués à de terribles difficultés économiques ; deux puissances qui sont désormais les premières forces militaires, régionale pour l’Iran et globale pour la Russie ; et comme seconde conséquence le maintien au pouvoir du président el-Assad dont on annonce depuis cinq ans qu’« il doit partir ».

Dans ce contexte, la propagande de guerre continue imperturbablement, affirmant que si ce ne sont pas les bombardements russes qui tuent des civils, c’est l’armée syrienne qui les bombarde ; imputation confirmée par la matrice des organisations terroristes, les Frères musulmans, via leur Observatoire syrien des Droits de l’homme. Ou encore que la Russie est pressée de négocier car son intervention lui revient cher —comme si elle ne l’avait pas budgétisée durant sa longue préparation—. Jamais à court d’invention, le directeur de la CIA, John Brennan, prétend quant à lui que la Russie s’apprête à lâcher le président el-Assad, alors même que le président Poutine s’est gaussé de cette auto-persuasion quelques jours plus tôt, au Club de Valdai.

En France, la révolte gagne la classe politique. Les quatre principaux leaders de la droite, Dominique de Villepin, François Fillon, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy ont chacun de leur côté déclaré qu’il est absurde de s’aliéner la Russie et de ne pas reconnaitre la défaite en Syrie. Cependant Alain Juppé, qui joua un rôle central dans le début de la guerre, notamment en signant un traité secret avec la Turquie, persiste à conserver l’objectif de renverser la République arabe syrienne, plus tard. À gauche, plusieurs leaders envisagent de prochains voyages à Damas.

La panique devant les changements prévisibles est en fait générale. Si Nicolas Sarkozy s’est précipité chez le président Poutine, le vice-chancelier allemand, Sigmard Gabriel, également [16]. Il a plaidé pour que l’on referme les contentieux et les aigreurs du passé et que l’on renoue le dialogue avec la Russie. Il était temps.

Thierry Meyssan

Source: Voltairenet

Notes:

[1] « Moscou et Washington entendent refonder les relations internationales », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 5 octobre 2015.

[2] « Proposition russe d’un débat au Conseil de sécurité sur le terrorisme », Réseau Voltaire, 1er octobre 2015.

[3] “Lavrov to chair Security Council’s meeting on fighting terrorism”, Tass, September 30, 2015.

[4] « Communiqué final du Groupe d’action pour la Syrie », Réseau Voltaire, 30 juin 2012.

[5] « Pourquoi la France veut-elle renverser la République arabe syrienne ? », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 octobre 2015.

[6] “Joint Statement on the outcome of the multilateral talks on Syria”, Voltaire Network, 30 October 2015.

[7] “This political process will be Syrian led and Syrian owned, and the Syrian people will decide the future of Syria”.

[8] « Deux épines dans le pied d’Obama », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 31 août 2015.

[9] « Vers la fin du système Erdoğan », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 15 juin 2015.

[10] « La Turquie en danger », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 27 juillet 2015.

[11] « Les États-Unis et Israël débutent la colonisation du Nord de la Syrie », Réseau Voltaire, 1er novembre 2015.

[12] « Les projets secrets d’Israël et de l’Arabie saoudite », par Thierry Meyssan ; « Pourquoi l’Occident est-il silencieux sur la guerre du Yémen ? », par Martha Mundy, Traduction Alasso, Counterpunch, Réseau Voltaire, 22 juin et 4 octobre 2015.

[13] « L’armée russe affirme sa supériorité en guerre conventionnelle », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 19 octobre 2015.

[14] “Dunford Tells Senate Now is Time to Reinforce Iraqi Success Against ISIL”, Jim Garamone, DoD News, October 27, 2015.

[15] “Department of Defense Press Briefing by General Breedlove in the Pentagon Briefing Room”, October 30, 2015.

[16] « L’Allemagne tente de se sortir du conflit syrien », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie), Réseau Voltaire, 29 octobre 2015.

Contre-offensive russe au Moyen-Orient

Les déclarations extrêmement bellicistes du Chef de la diplomatie saoudienne à l’égard de la Syrie à l’Assemblée Générale des Nations Unies, relayées dans une version un peu edulcorée par le président français François Hollande (qui jouit de la confiance absolue de Ryad et de Doha, conséquence de la méfiance qu’inspire le style Obama à ces régimes), ont mis fin aux tergiversations des pays hostiles quant à leur intentions. Adel Al-Jubayr, ministre des Affaires étrangères du Royame d’Arabie Saoudite a en effet déclaré que le Président syrien Bashar Al-Assad « devait partir ou subir l’option militaire’.

Le signal n’est même pas codé. Moscou et Damas décident d’agir ou plutôt de réagir très vite. A peine le Parlement russe donne t-il son aval à l’utilisation des forces armées en Syrie que des chasseurs-bombardiers russes procèdent à des frappes dans la province de Homs. Une vingtaine de raids ciblent huit positions de Daech dans une zone difficile d’accès. Consternation à Ryad et rage à peine contenue à Washington.

Les Etats-Unis et la France (Paris agissant pour le compte du Qatar en échange d’une aide financière assez conséquente) sortent une première parade: Au lieu de cibler Daech, les russes auraient bombardé des positions de la rébellion syrienne dite modérée. Les preuves? D’interminables jérémiades de barbus armés jusqu’au dents jurant devant les caméras numériques de la propagande rebelle  qu’ils se sont fait massacrer par les Russes. Devant le peu de consistence de telles assertions relevant plus de la mauvaise foi et confirmant un peu plus les liens troubles entre certaines capitales et les organisations islamistes radicales semant la terreur un peu partout en Orient, des experts préconisent un vieil expédient: le massacre de civils. Les femmes et les enfants en tête. Dommages collatéraux. Problème: les russes n’ont effectué que des frappes limitées en zone semi-montageuse quasiment inhabitée. Reste l’avis des experts. Un relais de l’Otan n’est pas allé par quatre chemins pour estimer que les pilotes russes avaient totalement raté leurs cibles. Et dire que les enragés de Daech se la coulaient douce depuis plus d’un an sous les rares bombes intelligentes US, britanniques, françaises et Arabes, largués le plus près possibles des lignes de l’armée syrienne (sait-on jamais). Cela a changé. Les Russes ne badinent pas: ils canardent à coups de roquettes à basse altitude…C’est pas amusant et l’ennui est que ça peut être mortel.

Les Russes ont mené des frappes dans la province de Homs. Le jour même, des avions de combat US ont procédé à une frappe aérienne dans la province d’Alep. Une sorte de baroud d’honneur. Surtout que le préavis russe aux capitales de la coalition et aux israéliens était très court: à peine une heure. En fin de journée, des avions syriens bombardent les mêmes positions que les avions russes ont arrosé avec des roquettes et des missiles quelques heures auparavant. Un véritable carrousel.

En réalité, jamais la Russie n’aurait envisagé d’employer des avions de combat au Levant dans ce qui semble l’une des plus grandes interventions russes au Moyen-Orient si la bande de Victoria Nulland, composée uniquement de civils ultra-sionistes n’ayant jamais eu la moindre expérience militaire, n’avait pas autant méprisé le haut commandement militaire US et poussé les Etats-Unis et leurs alliés à aller embêter l’Ours Russe tout près de sa tanière en Ukraine.

La crise en Ukraine a été provoquée en réaction à l’échec du plan préconisé en Syrie suite au soutien politique et diplomatique russe à Damas. Ceux qui ont provoqué Moscou n’ont peut-être jamais lu une ligne d’histoire sur ce qui s’est passé sur le Front Oriental de la Seconde guerre mondiale (1939-1945) et son impact décisif sur ce conflit.

Des militaires russes sont en train de débarquer à Baghdad en Irak mais également dans des bases aériennes en Iran (notamment à Hamadan). Un centre de coordination opérationnel regroupant des militaires russes, syriens, irakiens et iraniens à Baghdad? S’agit-il de politique-fiction? Non. Voilà où mène l’ingérence de civils à la loyauté incertaine et agissant pour une idéologie (en l’occurrence le sionisme) et ayant le contrôle des armées les plus onéreuses au monde avec un budget dépassant les 600 milliards de dollars US. George W. Bush doit avoir une belle gueule de bois en ce moment.

Le plus amusant dans cette affaire est que les Russes agissent sous le couvert de la lutte contre le terrorisme. Le même fond de commerce utilisé par l’empire pour justifier ses guerres en dehors du défunt droit international. Il s’agit bien d’une lutte. Certains analystes ont jugé que la Troisième guerre mondiale n’a pas eu lieu ou qu’elle a été évitée de justesse. Nous estimons que nous sommes en plein dedans. Voire vers sa fin. C’est aux historiens d’en délimiter la durée, ainsi que l’année de son début.

Le jeu continue.

TRIDENT C

Deux épines dans le pied d’Obama

Quoi qu’il advienne, Washington gagnera en Syrie. Car il n’y a pas une, mais deux politiques états-unienne vis-à-vis de ce pays. Soit ce sera la paix et l’on félicitera le président Obama pour avoir su négocier avec l’Iran ; soit ce sera la destruction de la République arabe syrienne et son occupation par l’Otan, et l’on félicitera quelques généraux états-uniens et l’Onu pour avoir mis fin au bain de sang. Thierry Meyssan révèle ici les dessous de cette double politique, notamment le complot ourdi au sein des Nations unies par le secrétaire général adjoint pour les Affaires politiques.

L’application de l’accord survenu entre Washington et Téhéran, le 14 juillet dernier, dépend principalement de la capacité du président Obama à le faire accepter par ses concitoyens en général et par le Congrès et sa propre administration en particulier. Or, il rencontre deux obstacles majeurs.

Le groupe de Petraeus

D’une part un courant politique reste favorable au projet Juppé-Wright de création d’un Sunnistan et d’un Kurdistan à cheval sur la Syrie et l’Irak. Il est organisé autour du général David Petraeus, directeur de la CIA jusqu’à la réélection d’Obama en octobre 2012 et actuel analyste en chef pour le fonds d’investissement Kohlberg Kravis Roberts. Il comprend son ancien adjoint, le général John Allen, actuel envoyé présidentiel spécial pour la lutte contre Daesh, et l’ancienne secrétaire d’État et actuelle candidate à la candidature démocrate, Hillary Clinton. Il dispose aussi de soutiens au Parti républicain comme l’actuel président de la Commission sénatoriale des Forces armées, John McCain, et le promoteur immobilier et principal candidat à l’investiture, Donald Trump.

Fin juillet, le général Allen était convié à l’Aspen Security Forum. Il y rencontrait des journalistes du New York Times auxquels il confiait à l’oreille s’être mis d’accord avec la Turquie pour créer une zone de sûreté dans le Nord de la Syrie. Stupéfaits par une décision qui viole la Charte des Nations unies, Eric Schmitt décidait d’y consacrer la « une » de son quotidien [1]. Cependant, à l’issue de quelques jours de déclarations publiques contradictoires, Washington et Ankara démentaient [2]. Dans la foulée, la Maison-Blanche clarifiait sa position : la priorité c’est la lutte contre Daesh, aussi bien avec les « rebelles syriens modérés » qu’avec le YPG (Kurdes marxistes-léninistes). Par conséquent, la Turquie, bien qu’autorisée à frapper chez elle la branche turque de l’organisation, était priée de ne pas les attaquer [3].

Le 29 juillet, « l’armée » des soixante « rebelles syriens modérés » formés par la CIA entraient en territoire syrien pour marquer au sol les cibles de Daesh que la Coalition souhaitait bombarder. Mais al-Qaïda en était informé et les attaquait, faisant vingt prisonniers, dont leur chef, le colonel Nadim Hassan. Seules les armées états-unienne ou turque pouvaient les avoir trahis.

Si dans un premier temps, les soupçons de trahison se sont dirigés vers la Turquie, ils se sont transférés sur les États-Unis après les véhémentes dénégations du Premier ministre intérimaire, Ahmet Davutoğlu [4]. Et qui donc alors dans l’armée US, sinon le groupe du général Allen ?

Les manœuvres du général Allen ont d’abord provoqué un grave incident entre le Pentagone et l’Armée turque. L’officier de liaison de cette dernière au CAOC (Combined Air and Space Operations Center) n’a prévenu que dix minutes à l’avance d’un raid en Irak, menaçant à la fois des élèves-soldats kurdes et leurs instructeurs états-uniens présents sur zone [5]. La voie choisie par Recep Tayyip Erdoğan, si l’AKP reste au pouvoir, pourrait conduire à une rupture partielle des relations entre Washington et Ankara [6].

Surtout ces incidents ont conduit le Pentagone à demander au CentCom de vérifier les allégations généralisées au Proche-Orient selon lesquelles la Coalition ne bombarde pas Daesh, mais au contraire le soutient. C’est le moment que la Defense Intelligence Agency choisit pour dénoncer le trucage des rapports du CentCom [7]. Il apparaît que celui-ci est commandé par un autre ancien collaborateur du général David Petraeus, le général Lloyd James Austin III.

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Le groupe de Feltman

L’autre difficulté d’Obama, c’est le secrétariat général des Nations unies. S’il est difficile de savoir à quel courant appartient Ban Ki-moon, trop occupé à monnayer sa position, il n’en est pas de même de son adjoint aux Affaires politiques, Jeffrey Feltman.

Avant d’être fonctionnaire international, il était diplomate états-unien. Il s’est progressivement spécialisé sur le Proche-Orient. Il fut notamment en poste en Israël, en Irak (où il administra la partie kurde) et au Liban (où il imposa ses vues au gouvernement Siniora). Il entretenait une rare relation de confiance avec la secrétaire d’État Condoleezza Rice avec laquelle il avait une vidéo-conférence hebdomadaire, puis fut nommé à ses côtés à Washington par la secrétaire d’État Hillary Clinton pour superviser toute la politique proche-orientale. Il avait alors été présenté comme le principal interlocuteur états-unien pour la Syrie [8].

C’est Jeffrey Feltman qui organisa, en 2005, l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais, Rafic Hariri, puis la Commission d’enquête de Detlev Mehlis et la création du Tribunal international spécial pour le Liban. Cette structure hybride avait été formée pour condamner les présidents libanais Émile Lahoud et syrien Bachar el-Assad sur la base de faux témoignages rémunérés, mais l’accusation s’effondra devant la vérité. M. Feltman poursuit aujourd’hui son œuvre contre la Syrie et l’Iran dans ses nouvelles fonctions.

Arrivé à l’Onu juste avant la Conférence de Genève 1 sur la Syrie, il s’employa à saboter l’accord entre son pays et la Russie et se joignit au groupe de Petraeus pour pousser la France à relancer la guerre. Il rédigea alors un plan de capitulation totale et inconditionnelle de la République arabe syrienne. La souveraineté du Peuple syrien devait être abolie ; la Constitution devait être abrogée ; le président devait être destitué ; l’Assemblée du Peuple devait être dissoute ; 120 dirigeants syriens devaient être arrêtés, jugés et condamnés ; la Direction du Renseignement militaire, la Direction de la Sécurité politique et la Direction de la Sécurité générale devaient être décapitées ou dissoutes ; les « prisonniers politiques » devaient être libérés et les cours anti-terroristes abrogées.

Après l’échec de la mission de Lakhdar Brahimi, il enjoignit à Ban Ki-moon de désigner l’Italien Stefan De Mistura pour le représenter en Syrie. Il avait connu cet élégant diplomate en Irak et s’était lié avec lui lors de leurs missions au Liban. De Mistura avait également fréquenté Petraeus et Allen durant sa mission de représentant du secrétaire général de l’Onu en Afghanistan.

Dès lors, tout en rencontrant les différentes parties au conflit et en leur souriant, Stefan De Mistura s’attela à imposer par surprise le plan Feltman pour la Syrie. Le 29 juillet dernier, il exposa avec Ban Ki-moon les grandes lignes de son plan « de paix » au Conseil de sécurité, mais les deux compères s’abstinrent de distribuer le moindre document écrit [9]. Ils demandèrent aimablement que le Conseil pousse les protagonistes à signer un Accord intérimaire, puis s’en remette à eux pour son application. Il s’agissait en réalité de dessaisir le Conseil de ses prérogatives, de contraindre la République arabe syrienne à signer un texte vague qui aurait permis à l’Otan d’occuper le pays et autorisé MM. De Mistura, Feltman et Ban à mettre en œuvre la capitulation du pays, selon le processus élaboré en 2012 par Feltman.

Cette habile manœuvre faillit réussir puisque le Conseil de sécurité adopta, le 17 août une étrange déclaration (et non pas une résolution) de soutien à Stefan De Mistura [10]. Contrairement à tous les usages, le texte fut d’abord discuté en aparté par les cinq puissances permanentes. La Russie, inquiète de ce qui se tramait, décida de voter « oui ». Elle craignait que Washington ne prépare une action hors du Conseil de sécurité et du Droit international. Cependant, précautionneux, l’ambassadeur vénézuélien Rafael Ramírez, qui avait été tenu hors de la rédaction de la déclaration, souleva deux objections : d’abord, le Communiqué de Genève 1 [11], que tout le monde soutient, contrevient en réalité à la Charte des Nations unies ; ensuite, il ne suffit pas de dire que l’on lutte contre le terrorisme, il faut encore aider la République arabe syrienne face à al-Qaïda et Daesh et cesser d’approvisionner indirectement ces organisations en armes, en fabriquant et instrumentant de pseudos-groupes rebelles.

C’était l’ancien compagnon d’Hugo Chávez et non les Alliés qui étaient sur la même longueur d’ondes que le président Barack Obama.

Thierry Meyssan

Source directe: Voltairenet

Notes:

[1] « Turkey and U.S. Plan to Create Syria ‘Safe Zone’ Free of ISIS », Anne Barnard, Michael R. Gordon & Eric Schmitt, The New York Times, July 27, 2015.

[2] « Syrie, rhétorique et vérité », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 10 août 2015.

[3] « Washington interdit à Ankara de frapper les Kurdes de Syrie », Réseau Voltaire, 13 août 2015.

[4] “Turkey Denies Allegations it Tipped Off Al Qaida Abductors”, Mitchell Prothero, McClatchy, August 25, 2015.

[5] « Frictions entre le Pentagone et son allié turc », Réseau Voltaire, 15 août 2015.

[6] “America’s Dangerous Bargain With Turkey”, Eric S. Edelman, The New York Times, August 27, 2015.

[7] “Pentagon Accused of Skewing Intel on War Against ISIS”, Mark Mazzetti and Matt Apuzzo, New York Times, August 25, 2015.

[8] “Tough love for Syria from Obama”, David Kenner, Foreign Policy, March 3, 2009.

[9] « Débat du Conseil de sécurité sur la Syrie (rapport De Mistura) », Réseau Voltaire, 29 juillet 2015.

[10] « Réunion du Conseil de sécurité sur la Syrie (déclaration présidentielle) », Réseau Voltaire, 17 août 2015.

[11] « Communiqué final du Groupe d’action pour la Syrie », Réseau Voltaire, 30 juin 2012.

Guerre en Péninsule Arabique: un missile SCUD yéménite se serait abattu dans la région de Ryad

Selon des informations publiques basées sur un communiqué du ministère yéménite de la Défense, un missile balistique tactique de type SCUD (dont on ignore pour l’instant la variante) tiré depuis l’extrême Nord du Yémen par la Garde Républicaine yéménite se serait abattu sur une immense  base militaire saoudienne située dans la région de Ryad.

Le 6 juin dernier, Ryad avait annoncé que ses batteries de défense anti-balistique de type Patriot  avaient intercepté avec succès un missile balistique SCUD yéménite volant à Mach 5.

Suite à ce premier tir, l’aviation de la coalition saoudienne avait bombardé une supposée « base de lancement de missiles balistiques » à Saâda alors que les militaires fidèles à l’ex-président Ali Abdallah Salah, un allié des Houthis, affirment qu’ils ne disposent d’aucune base et que les missiles sont tirés à partir de rampes de lancement mobiles.

L’efficacité du système Patriot est hautement mise en doute par de nombreux experts et depuis sa première variante apparue lors de la seconde guerre du Golfe (1991), ce système n’a pas vraiment fait ses preuves.

Il ressort de ce conflit que l’Arabie Saoudite a commis une série de grosses erreurs stratégiques en décidant de lancer une vaste campagne aérienne initerrompue depuis le 26 mars dernier contre son très pauvre voisin méridional. Outre la sous-estimation subjective de l’adversaire, les Saoudiens semblent avoir cru au mythe de la guerre aérienne telle qu’elle a été élaborée et mise en application le 16 janvier 1991 par les américains contre l’Irak de Saddam Hussein, avec le résultat fort mitigé qui s’en est suivi mais qui a été présenté par les médias comme une grande victoire. Une étude minutieuse suivie d’une analyse de ce type de guerre à l’époque a été entrepris par les théoriciens militaires chinois et leurs conclusions ont été sans appel: mauvais exemple d’un immense gaspillage de ressources pour un rendement presque nul.

Les déboires du Royaume dont l’influence sur la politique mondiale est immense, en agissant notamment sur le processus de prise de décision des Etats-Unis d’Amérique, sont autant de signaux d’alerte destinés à la Turquie, pays dont le gouvernement étudie depuis des années la possibilité d’une intervention militaire en Syrie.

Diplomatie: Envoyer l’armée d’abord et réfléchir ensuite…toujours

De par sa situation géographique, le Yémen a une importance non négligeable. Surtout pour l’Arabie Saoudite, mais aussi pour tous les navires empruntant le canal de Suez. Si le pays venait à basculer dans ce que Riyad appelle le côté obscur de l’Islam – le chiisme – sûr que le ciel ne manquerait de tomber sur la tête des princes saoudiens. Pour éviter cela, l’Arabie Saoudite a décidé; de façon quasi unilatérale; d’apporter son soutient au pouvoir en place et de lancer une campagne de bombardements des positions rebelles (auquel s’est allié l’ancien président Salah).

Mais voilà, même si Riyad à relancé et obtenue l’idée d’une force armée des États Arabes, la mise en place de celle-ci ne sera pas opérationnelle avant quelques semaines, au mieux, sinon vers la fin de l’année. Et malgré l’emploi de munitions par wagons entiers, les rebelles Houthis continuent d’avancer et de menacer Aden, la capitale du Sud.

même si l’Arabie Saoudite a envoyé sur le terrain quelques forces spéciales, la tâche est bien trop grande pour un seul pays. Seule solution pour Riyad, demander une assistance militaire, mais pas à n’importe qui, à Islamabad. Le fait que les princes saoudiens fassent une demande aux dirigeants pakistanais n’est pas une action irréfléchie, loin s’en faut. Ce n’est un secret pour personne que l’Arabie Saoudite emploie un nombre assez conséquent de mercenaires pakistanais dans son armée; de plus, Islamabad ne fait pas partie de la Ligue Arabe, ni même des pays observateurs, ce qui pourrait éviter des tergiversations diplomatiques sans fin.

Enfin, le Pakistan est voisin de l’Iran; grand ennemi de l’Arabie Saoudite – et nouvellement auréolé d’une certaine gloire depuis la signature de l’accord sur le nucléaire (accord qui laisse le peuple plus que dubitatif*) – et je suppose qu’Islamabad sert de diplomate non officiel entre Téhéran et Riyad. La Turquie aussi semble faire partie des tractations.

En effet, Mardi, le président turc – Recep Tayyip Erdogan – devrait se rendre à Téhéran pour une visite officielle. Au lendemain de ce déplacement, le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, est attendu à Islamabad afin de discuter de la situation au Yémen. Et quelques jours plus tard, Nawaz Sharif (pakistanais) sera en visite à Ankara.

Cependant, si on réfléchit un tant soit peu, cette demande pourrait mettre à mal les tractations entre l’Iran, le Pakistan et la Turquie. Le maillon faible, dans cette histoire étant Téhéran, bien entendu. Surtout que l’assistance demandée ne porte pas que sur des munitions; Riyad demande, ni plus ni moins, que des troupes au sol, des avions et des navires militaires. quand on connait les achats annuels d’armes de l’Arabie Saoudite, une telle demande fait un peu sourire. A moins que la lutte contre les Houthis s’éternise…

*Dans l’accord sur le nucléaire iranien, ce qui étonne le plus les observateurs est le fait que les sanctions économiques pourraient être levées. Bien entendu, si cela venait à arriver Téhéran rouvrirait les vannes des oléoducs, dans un marché où l’offre excède la demande laissant le prix du baril au plus bas depuis presque un an maintenant. Et ça, une partie du peuple iranien l’a bien compris…

Arme à double tranchant

Plus que quelques formalités et le projet de force militaire conjointe des pays arabes sera entériné. Pour l’heure, les chefs de diplomatie arabes, réunis jeudi en Egypte, ont réussi à se mettre d’accord sur le principe. Le texte sera présenté au sommet de la Ligue arabe qui s’ouvrira samedi dans la station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh.

Cette force militaire conjointe aura pour but de combattre les groupes terroristes, d’après le patron de l’organisation panarabe – Nabil al-Arabi. De plus, le projet de résolution indique que cette force devra conduire des interventions militaires rapides pour parer aux menaces sécuritaires auxquelles pourraient être confrontés les pays arabes. Champs d’application des plus flous, s’il en est.

Cependant, l’Arabie Saoudite nous a donné un exemple assez frappant de ce que pouvait être une « intervention militaire rapide pour parer aux menaces sécuritaires ». Suite à l’appel à l’aide du président (en exil dans son propre pays) yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, Riyad a envoyé ses chasseurs, de nuit, bombarder les positions des rebelles Houthis (chiites) qui menacent Aden. Mais l’Arabie Saoudite n’était pas seule, une dizaine de pays ont participé aux frappes; parmi eux l’Egypte, le Maroc et les pays du Golfe.

On notera que pour l’instant, seuls les rebelles chiites sont considérés comme étant une menace. D’un autre côté, on n’en attendait pas moins de la part des Pays du Golfe et de l’Arabie Saoudite. Mais tout ceci ressemble à un mauvais film. Car le « problème yéménite » n’est pas nouveau, durant les désormais fameux « Printemps Arabes » le peuple de ce petit pays perdu au Moyen-Orient avait tenté de faire entendre sa voix, mais sa libération n’étant pas à l’ordre du jour, la seule réponse qu’il reçu fut de servir de terrain d’exercices US pour pilotes de drones débutants.

La rébellion chiite a-t-elle profité d’un coup de pouce de l’Iran? Mystère. Mais Téhéran est certainement la seule capitale à avoir condamner les frappes saoudienne au Yémen.

L’action militaire va encore plus compliquer la situation, étendre la crise et faire perdre les chances d’un règlement pacifique des divergences internes au Yémen.
Cette agression ne donnera aucun résultat, sauf qu’elle provoquera une propagation du terrorisme et de l’extrémisme, et une augmentation de l’insécurité à travers la région
, a déclaré la porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Marzieh Afkham.

Le président de la Commission de la sécurité nationale et politique étrangère au Parlement, Alaeddine Boroujerdi qualifie l’Arabie Saoudite d’irresponsable et lui reproche d’avoir attisé les flammes d’une nouvelle guerre dans la région; selon lui « La fumée de ce feu entrera dans les yeux de l’Arabie saoudite car la guerre ne se limite jamais à un seul endroit. »
Il a en outre pointé du doigt les États-Unis et les accuse d’avoir soutenu ces frappes.

Cette force militaire conjointe des pays arabes était un vieux serpent de mer, un peu comme la force de défense européenne. Mais il existe un point commun entre les deux, il y a quelques temps, les USA ont (re)demandé à l’Union Européenne de réfléchir à la création d’une force militaire commune. En attendant, ils ont exhorté les pays membres à augmenter leurs crédit militaire à hauteur de 2% du PIB. Car pour Washington, l’OTAN ne saurait remplacer une force commune.
Tout ceci ressemble à une défection de l’État américain pour ce qui concerne leurs forces militaires basées en Europe et au Moyen-Orient. Dans quel but? Économiser quelques milliards de dollars, où recentrer les troupes et équipements plus près de leurs côtes? Mystère là encore.

Mais la création de la force militaire conjointe des pays arabes risque de devenir une pièce de plus sur l’échiquier – déjà bien garni – du Moyen-Orient. Gageons qu’Israël saura s’en servir à bon escient; un chasseur israélien qui survol la Syrie pour aller bombarder un hypothétique convoi d’armes à destination du Hezbollah est une casus belli. Si c’est un chasseur saoudien qui fait la même chose, c’est de la lutte anti-terroristes…

Le mot de la fin

Oui, le mot de la fin en ce qui concerne l’affaire de Charlie Hebdo, enfin pour moi, si d’autres veulent continuer sur cette voie, ils sont libres de s’exprimer.

Car si « Je suis Charlie » fait partie des tweets les plus partagés – jusqu’au prochain attentat, ou bien jusqu’au procès de Nabilla – je ne suis pas certain que tout le monde ait bien compris ce qu’il signifiait. Il est sensé dire non à la violence, oui à la liberté de la presse (largement subventionnée par l’État, en France au moins), oui à la liberté d’expression et non aux extrémismes et autres idéologies sectaires.

Cependant, il existe sur cette planète des hommes et des femmes qui mériteraient, eux aussi, d’avoir un peu de soutient. Par exemple, alors que toute la planète (enfin, ceux que cela intéresse) avaient les yeux braqués sur les évènements parisiens, un blogueur se faisait fouetter en public – en Arabie Saoudite – pour insulte à l’Islam.

Son nom? Raef Badawi.
Sa condamnation? Dix ans de prison et 1 000 coups de fouets (en public) répartis sur 20 semaines…

Alors, si l’ensemble des utilisateurs de Tweeter veulent condamner l’extrémisme, la violence, la liberté d’expression et la liberté de la presse, plutôt que de se focaliser sur la tuerie de Charlie Hebdo, il feraient mieux de se pencher sur se qui se passe à l’étranger.

Pour ma part, étant blogueur et luttant (à mon niveau) contre la pensée dominante propagée par l’ensemble des médias, je n’ai qu’une chose à dire: JE SUIS RAEF!

Tu parles d’une excuse!

C’est fait! On sait maintenant pourquoi Israël a mis fin à l’opération bordure protectrice. Enfin, on connait la raison officielle, celle que l’on peut lire dans tous les journaux. Jamais on entendra un dirigeant israélien avouer sa défaite, mais par contre ils ne se gênent pas pour se servir…

Revenons-en à l’excuse. D’après le premier ministre israélien, si Tsahal a mis fin à l’opération « Bordure Protectrice » c’est uniquement à cause des dangereux individus qui hantent les abords de « la seule démocratie du Moyen-Orient ». Sitons – toujours d’après Bibi – les djihadistes de l’EI, les rebelles syriens qui opèrent près du plateau du Golan et enfin (et non le moindre) le Hezbollah qui se serait regroupé au sud du Liban.

C’est étonnant, non? Lors de la proclamation du califat islamique par al-Bagdadhi Israël avait déclaré ne pas s’inquiéter de ce dirigeant, ni de ces troupes. Aujourd’hui, ils sont jugés dangereux, suffisament pour inciter Tsahal à arrêter le massacre à Gaza. Et pourtant, je suis certain que comme moi vous ne n’imaginez pas une seule seconde les hordes de l’EI partir à la conquête de Tel-Aviv pour libérer la Palestine.

Ensuite il y a les rebelles syriens qui font du grabuge sur le plateau du Golan. L’effectif philipin de l’ONU stationné sur place en a fait les frais. Mais là on ne parle pas de l’ASL, mais bien du front Al-Nosra; enfin, d’après les stratèges israéliens et américains. Ahhhh! Al Qaïda! Quelle belle excuse. En plus, ces dangereux terroristes – qui sont en Syrie et donc pas très loin du Golan depuis trois ans, maintenant – s’en sont pris à l’ONU; ce n’est pas rien. Qu’ils s’en prennent à quelques objectifs de seconde zone occidentals passe encore, mais s’en prendre à l’ONU cela mérite une annexion complête du Golan de la part d’Israël, pour le moins; juste pour la sécurité nationale (terme pour le moins galvaudé puisque Israël n’est pas une nation).
D’ailleurs, une dépêche vient de tomber, comme quoi la « seule démocratie du Moyen-Orient » vient d’abattre un drone au-dessus du Golan et venant…de Syrie. Pour la forme, l’engin volant a été abattu à l’aide d’un missile Patriot; ce qui fait cher pour descendre un aéroplane sans pilote. Diable. Al-Nosra et l’armée régulière syrienne qui auraient osé s’en prendre à Israël, cela aussi mérite une intervention; jusqu’à Damas, et plus si affinité…

Enfin, le Hezbollah. La bête noire de Tsahal. Car contrairement aux deux premiers « ennemis » les combattants du Hezbollah ne sont pas pilotés par les USA, les monarchies du Golfe et autres protagonistes. Ils sont les seuls (mais je n’oublie pas les anonymes résistants qu’ils soient palestiniens, syriens, irakiens, kurdes…) a oser se dresser contre les projets de Tel-Aviv. Rien que pour cela, les dirigeants israéliens les utiliseront comme excuse, même si pour le commun des mortels, il est impossible de savoir si le Hezbollah est effectivement massé sur la frontière sud du Liban.

Bref, les excuses fusent, mais elles sont un peu bancales. Sans compter que Tsahal, à la suite du meurtre des trois colons israéliens – qui avait été attribué au Hamas, sans preuves, et qui avait déclanché l’opération « Bordure protectrice » – vient de déclaré qu’il allait s’approprier 400 hectares en Cisjordanie, comme dédomagement. Depuis quand le vaincu réclame t-il des compensations?

La blague du jour nous vient du roi Abdallah d’Arabie saoudite: Si on les (les jihadistes de l’Etat Islamique) néglige, je suis sûr qu’ils parviendront au bout d’un mois en Europe, et un mois plus tard en Amérique.

Nouvelle stratégie au Moyen-Orient?

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cela bouge pas mal du côté du Moyen-Orient. Alors que le monde regarde du côté de l’Ukraine, les évènements se précipitent dans les pays du Golfe.

Tout a commencé avec la déclaration du premier ministre turc – Recep Tayyip Erdogan – qui disait qu’il démissionnerait en cas de défaite de son parti lors des prochaines élections (municipales, le 30 Mars). Ce qui est étonnant, dans un sens, puisque malgré les manifestations et les suspicions de corruption qui ont secoué le gouvernement depuis quelques mois; le retrait de la vie politique ne faisait pas partie de ses options. On peut même aller jusqu’à dire qu’il s’accrochait au pouvoir.

Cette semaine, l’Arabie Saoudite, le Bahreïn et les Emirats Arabes Unis ont décidé de rappeler leurs diplomates respectifs du Qatar. Leur reproche? Le fait que Doha s’ingère dans les affaires internes de leurs pays. Ce n’est pas aussi innocent que ça en a l’air. Cela ressemble même à une crise assez grave. Le Qatar est le grand défenseur des Frères Musulmans, Frères Musulmans qui sont la bête noire de l’Arabie Saoudite. Ryad avait applaudit des deux mains lors du putsch du général al-Sissi en Egypte, ce que Doha n’avait pas apprécié. Cependant, il ne faut pas oublier que le Qatar a été écarté de la crise syrienne l’an dernier. Serait-ce une vengeance de Doha?

Et aujourd’hui, pour couronner le tout, Ryad vient de classer les Frères musulmans comme organisation terroriste, appelant les autres pays arabes à faire de même. Le premier pays à réagir a été l’Egypte, qui vient de saluer l’initiative.

Nous nous félicitons de la décision saoudienne, qui témoigne de l’importante coopération et de la profonde solidarité entre les deux pays, a déclaré à l’AFP le porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty.

Donc, la chasse au FM continue. Le prochain sur la liste semble tout désigné: Erdogan. Mais au delà des luttes intestines que se livrent les pays du Golfe, assiterions nous à une redistribution des cartes au Moyen-Orient? Le soudain « rapprochement » USA/Iran serait-il en train de faire changer la donne? Rien n’est moins sûr. Mais il semblerait que l’Arabie Saoudite commence à s’inquiéter du possible retour – sur ses terres – des islamistes déployés en Syrie.

Dernière minute: Erdogan menace d’interdire Youtube et Facebook après les élections municipales. On peut donc en déduire qu’il reste serein quand au résultat du vote…

La quenelle vue d’Arabie Saoudite…

Selon la chaine d’information en continu « Al-Arabya », une sorte de Fox News en version Arabe, détenue par des magnats de la famille des Saoud, la quenelle est un geste antisémite et nazi pire que celui adopté par les fascistes italiens et les Nazis Allemands durant les années 1930.

Sur une autre chaîne saoudienne, ce phénomène ou épiphénomène observé en France chez des « dégénérés » est une insulte contre Dieu et les hommes de bonne volonté et doit donc être combattue avec la plus grande vigueur…Et s’ensuit inévitablement un appel de quelques éditorialistes bien-pensants aux autorités religieuses pour l’édit d’une Fatwa (avis religieux musulman) jetant l’anathème sur toute personne sympathisant avec cette gestuelle immonde.

Ironie à part, c’est pratiquement la même attitude adoptée en Israël.  Il ne serait en rien étonnant si demain, le « Docteur » Ayman Al-Zawahry, chef de cette fiction de bande dessinée co-produite par Washington et Ryad  appellée Al-Qaïda inc. apparaisse sur une vidéo vite recensée par l’officine US SITE en train de vilipender Dieudonné et ses « disciples » en leur promettant les feux de la Géhenne et quelques voitures piégées.

Après avoir dirigé les « barbus » contre l’ogre soviétique durant les années 80, puis contre les gouvernements jugés non coopératifs, avant d’être instrumentalisés dans des guerres-éclairs pour abattre des régimes rétifs à la domination du Nouvel ordre mondial,  voilà maintenant que les puissants de ce monde dirigent ces mêmes barbus en carton pâte  contre un humouriste marginalisé dont l’activisme a fini par agacer un gouvernement français totalement soumis aux puissances de l’argent.

On le répétera sans doute jamais assez, sous peine d’embarrasser pas mal d’idées reçues et de stéréotypes bien ancrés, que  le Royaume d’Arabie Saoudite est le coeur battant de cette construction sémantique connue sous l’appellation convenue d’Occident.

Décidément, François Hollande a de l’humour…

Dans l’article intitulé « France ta fierté fout le camp, ta diplomatie aussi », je me désolais de voir la-dite diplomatie française se déliter. Mais je crois que l’on vient d’atteindre un nouveau palier. Asseyez-vous, on ne sait jamais.

Voici, vous avez peut-être lu, entendu ou vu que François Hollande est en visite officielle, aujourd’hui, en Arabie Saoudite. Lorsque j’ai lu cette info, je n’ai pas trouvé utile de faire un article là-dessus, il y en a déjà pléthore. Certaines mauvaises langues diront que c’est la période des étrennes, et que la France va chercher son chèque; mais ce sont sûrement de mauvaises langues…

Bref, le président doit rencontrer le roi Abdallah et s’entretenir avec lui de la paix au Proche-Orient. Il doit aussi rencontrer Saad Hariri – ex-Premier ministre libanais – afin de lui délivrer un message, rappelant que la France, amie des Libanais et du Liban, plaide pour l’intégrité et l’indépendance de ce pays. Je passerai très vite sur la phrase de François Hollande au quotidien arabophone Al-Hayat qui dit:

La France et l’Arabie saoudite partagent « la volonté d’oeuvrer pour la paix, la sécurité et la stabilité au Moyen-Orient ».

Humour, humour, quand tu nous tiens…

Mais ce n’est pas la perle du jour, elle émane toujours de Mr Hollande, mais parle du conflit syrien. Durant la même interview, il a déclaré:

M. Assad ne combat pas les extrémistes, mais les utilise pour faire pression sur l’opposition modérée.

C’est une façon de voir les choses. Mais pour quelqu’un qui ne combat pas les extrémistes, je trouve que l’armée syrienne se défend plutôt bien. Voire même très bien.

Conflit en Syrie: Damas affirme avoir capturé 300 combattants saoudiens sur son sol

Le représentant de la Syrie aux Nations Unies, Bashar Al-Jaafari a révélé que l’armée syrienne a éliminé des milliers de combattants saoudiens et que 300 d’entre eux ont été capturés lors des derniers combats se déroulant dans la banlieue de Damas et au Qalamoun.

Al-Jafaari a souligné que tous les volontaires saoudiens venus prêter main forte aux différentes factions rebelles combattant le gouvernement syrien sur son territoire sont connus des services de renseignement du Royaume d’Arabie Saoudite. La plupart de ces combattants sont des détenus de droit commun dans ce pays libérés à condition de rejoindre la guerre sainte contre le régime de Damas.

Fait inédit révélant le degré d’exaspération de Damas de quelques pays du voisinage, l’ambassadeur syrien a directement mis en cause l’Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie pour leurs soutiens massifs et multiformes au terrorisme dans son pays. Dans une moindre mesure, il a accusé des organisations non-gouvernementales, des associations et des partis basés aux Emirats Arabes Unis, au Bahrein et au Koweit de financer et d’armer les différentes factions de la rébellion en Syrie.

François Hollande, sioniste de toujours

Certains commentateurs ont expliqué la position française lors des négociations 5+1 avec l’Iran comme dictée par l’Arabie saoudite, ou encore en faisant référence à la judéité de son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius. C’est ignorer que la politique française au Proche-Orient a profondément changé en neuf ans.

Tout a commencé, en 2004, avec la rupture entre Jacques Chirac et Bachar el-Assad. Le président syrien avait promis à son homologue français de favoriser Total lors d’un appel d’offres. Mais, lorsque la proposition française parvint au palais, elle était si désavantageuse pour le pays que le président se ravisa. Furieux, Jacques Chirac rompit avec la Syrie et présenta la résolution 1559 au Conseil de sécurité.

Puis, les Français élirent Nicolas Sarkozy sans savoir qu’il avait été partiellement élevé par un des principaux chefs de la CIA, Frank Wisner Jr. Non content d’avoir été fabriqué par les États-Unis, il s’était découvert des origines juives et avait cultivé ses relations israéliennes. Sa politique internationale était dictée par Washington, mais comme à l’époque il n’y avait pas de différence entre celle d’Israël et celle des États-Unis, il apparut seulement comme faisant bloc avec eux.

François Hollande avait été désigné durant 10 ans comme secrétaire général de son parti en raison de sa médiocrité : ne dirigeant aucun courant et n’étant vassal d’aucun leader, il pouvait tenir la maison en maintenant un équilibre entre les prétendants à l’Élysée. Il s’attacha à ne jamais avoir d’opinion personnelle, à rester le plus transparent possible. De sorte que durant sa campagne électorale présidentielle chacun crut avoir affaire à un homme modéré qui saurait s’entourer de personnalités éprouvées. Ses électeurs en sont les premiers meurtris.

La réalité de François Hollande ne se révéla qu’une fois parvenu à l’Élysée. Expert en politique intérieure, il ne connaît pas grand-chose aux relations internationales. Dans ce domaine, ses convictions lui viennent d’illustres personnalités socialistes.

Ainsi, a t-il placé son investiture sous les auspices de Jules Ferry, théoricien de la colonisation. Dans Le Figaro, son ami, le président israélien Shimon Pérès l’a comparé élogieusement à Léon Blum et à Guy Mollet, bien que celui-ci ne soit plus populaire en France. En 1936, le premier avait proposé de doubler le Royaume-Uni en créant l’État d’Israël au Liban, qui était alors sous mandat français. En 1956, le second tenta de s’emparer du Canal de Suez avec l’aide de l’armée israélienne.

Durant ses dix années à la tête du Parti socialiste, François Hollande a limité ses interventions sur le Proche-Orient, dont voici un bref florilège :

• En 2000, alors que le Sud du Liban est occupé, il prépare avec Bertrand Delanoe le voyage du Premier ministre Lionel Jospin en Palestine. Son discours comprend une condamnation du Hezbollah qu’il assimile à un groupe terroriste.

• En 2001, il exige la démission du géopoliticien Pascal Boniface, coupable d’avoir critiqué dans une note interne le soutien aveugle du Parti à Israël.

• En 2004, il écrit au Conseil supérieur de l’Audiovisuel pour remettre en cause l’autorisation d’émettre donnée à Al-Manar. Il ne cessera ses pressions qu’une fois la chaîne de la Résistance censurée.

• En 2005, il est reçu à huis clos par le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Selon le compte rendu de la réunion, il aurait apporté son soutien à Ariel Sharon et aurait vivement critiqué la politique arabe gaulliste. Il aurait déclaré : « Il y a une tendance qui remonte à loin, ce que l’on appelle la politique arabe de la France et il n’est pas admissible qu’une administration ait une idéologie. Il y a un problème de recrutement au Quai d’Orsay et à l’ENA et ce recrutement devrait être réorganisé ».

• En 2006, il prend position contre le président Ahmadinejad qui a invité à Téhéran des rabbins et des historiens, dont des négationnistes. Il feint d’ignorer le sens du congrès, qui visait à montrer que les Européens avaient substitué la religion de l’Holocauste à leur culture chrétienne. Et, à contre-sens, il explique que le président iranien entend nier le droit des Israéliens à exister et qu’il s’apprête à poursuivre l’Holocauste.

• Il se mobilise pour la libération du soldat israélien Gilad Shalit, au motif que celui-ci dispose de la double nationalité française. Peu importe que le jeune homme ait été fait prisonnier alors qu’il servait dans une armée d’occupation en guerre contre l’Autorité palestinienne, également alliée de la France.

• En 2010, il publie avec Bertrand Delanoe et Bernard-Henri Lévy, une tribune libre dans Le Monde pour s’opposer au boycott des produits israéliens. Selon lui, le boycott serait une punition collective, infligée aussi aux Israéliens qui œuvrent à la paix avec les Palestiniens. Un raisonnement qu’il n’avait pas tenu lors de la campagne similaire contre l’apartheid en Afrique du Sud.

En définitive, avant le rapprochement franco-saoudien, et même avant d’être président, François Hollande avait déjà exprimé son soutien à l’État colonial israélien. Et il avait déjà condamné l’Axe de la Résistance (Iran, Syrie, Hezbollah). La vérité est donc inverse : appliquant l’Accord du Quincy, l’Arabie saoudite s’est rapprochée de la France en raison de sa politique pro-israélienne.

La politique du Parti socialiste en général et de François Hollande en particulier trouve ses racines dans le colonialisme du XIXe siècle, dont Jules Ferry fut un héraut et Theodor Herzl un promoteur. Aujourd’hui, les sionistes du parti se sont regroupés à l’initiative de Dominique Strauss-Kahn au sein du discret et puissant Cercle Léon Blum… dont le président d’honneur, Jean-Marc Ayrault, est devenu Premier ministre de François Hollande.

Thierry Meyssan

Voltairenet

Conflit au Moyen-Orient: L’arche d’alliance et l’option Samson

Le rapprochement stratégique entre l’Arabie Saoudite et Israël confirme l’arche d’alliance conclue dans le plus grand secret entre les dirigeants du Likoud et la faction la plus extrémiste de la dynastie des Al-Saoud. Ces derniers en sont à rechercher à activer l’option Samson: se doter de l’arme nucléaire via des pays clients comme le Pakistan.

D’un point de vue interne, cette alliance n’a rien de contre-nature mais parait plutôt logique. Les Sionistes et les Wahhabites redoutent par dessus tout les extrémistes chrétiens américains pour lesquels le Judaïsme et l’Islam sont les pires hérésies qui puissent exister sur terre…En second lieu ils ont en commun un ennemi dont les visées régionales ne sont plus une vue de l’esprit, l’Iran de l’Ayatollah Khamenei et en troisième lieu, Saoudiens et Israéliens sont résolument hostiles à ce qu’ils perçoivent comme une résurgence de la peste brune antisémite en Occident et dans le monde arabe. Après tout, on s’entre-aide entre sémites auxquels le bon Dieu a permis un contrôle ou du moins une certaine influence sur la moitié des richesses de la planète…

Donc toujours les mêmes ennemis: les extrémistes évangélistes illuminés de l’Amérique profonde, les russes nationalistes, les iraniens, les pays non-alignés, tout ce qui est altermondialiste et ce fasciste en version arabe de Bashar Al-Assad, Alaouite de surcroit et donc hérétique…Car pour Tel-Aviv, le parti d’Al Assad n’est qu’un avatar à peine déguisé du National-Socialisme repiqué à la sauce panarabe; pour Ryad, c’est un hérétique à la solde de l’ennemi perse chiite…

Revenons aux faits. Aux dernières nouvelles, l’Arabie Saoudite a levé une nouvelle armée de mercenaires pour se rendre en Syrie. D’ailleurs la création d’un front uni islamiste en Syrie regroupant neuf groupes influents après la décapitation de la brigade du Tawhid porte la trace des services secrets saoudiens. Ceci pour la partie visible de l’iceberg. Ce que les médias passent sous silence est le retour des commandos US et de certains pays européens en Syrie. L’implication des services spéciaux US est de plus en plus percebtible au Nord de la Syrie et plus particulièrement dans la province côtière de Lattaquié.  Israël n’est pas en reste et redouble d’efforts, d’autant plus que le Hezbollah se bat avec acharnement mais pas toujours avec succès au Qalamoun.

Pour sa part, Ryad en exécutant un plan US s’inscrit dans une nouvelle tentative de rallumer les clivages confessionnels au Liban, en Irak, en Syrie, en Iran, au Pakistan et en Afghanistan. On assistera donc à plus d’attentats entre Sunnites et Chiites. Beaucoup de pain sur la planche pour la CIA en perspective.

Nous assistons donc à un nouveau round sur le terrain. Damas utilise son aviation de manière très  intensive ces deux dernières semaines. L’acquisition des cibles est trop rapide pour qu’elle soit le résultat des renseignements aériens syriens mais émanant plus probablement des forces spatiales russes. Le temps presse. Il n’est pas question de se retrouver piégé la veille de Genève II par une offensive surprise d’une rébellion où le nombre des instructeurs turcs et pakistanais a été multiplié par 20 cette semaine. L’empire ne lâche pas prise. Les Saoudiens vocifèrent en injectant toujours plus de fonds à ce tonneau des Danaïdes qu’est devenue la Syrie tandis que les Israéliens multiplient les opérations secrètes. En arrière-plan, un duel à mort entre Obama et Poutine et leurs alliés respectifs.

Genève II vous dites? Négociations de paix? …Il serait plus juste de parler d’épreuve de force. Épreuve de force majeure. Comme on en pas vu depuis Yalta…Avant Yalta il y a eu une grande guerre pour un partage du monde…C’est le cas aussi de cette guerre régionale qui se joue sous nos yeux au Moyen-Orient!

Syrie: L’Arabie Saoudite ne baisse pas les bras.

La guerre en Syrie est loin d’être finie. La coalition nationale syrienne a publié un communiqué lundi matin, dans laquelle elle a défini les conditions qui doivent être remplies avant les pourparlers. L’opposition veut un gouvernement de transition quelle que soit l’issue des négociations, la libération des prisonniers politiques et l’accès des organisations humanitaires aux zones assiégées (par l’armée syrienne).

On notera, au passage, que l’ASL ne demande pas explicitement le départ de Bashar al Assad. Cependant, Adib Shishakly, un membre de la coalition, à déclaré:

« Tout ce que nous pouvons faire, c’est espérer que ces discussions prendront fin avec le départ de Bachar al-Assad ».

Dans le genre têtu, on trouve aussi l’Arabie Saoudite qui aurait passé un accord avec des instructeurs pakistanais en vue d’assurer la formation de 5 000 à 10 000 combattants qui seront déployés en Syrie.

D’après un article du Foreign Policy Magazine l’objectif principal du projet saoudien est d’unir l’opposition armée en Syrie, dont beaucoup sont des forces extrémistes, sous la bannière d’une armée unifiée.
La décision est venue après des signes évidents de fissure dans les relations entre Washington et Riyad.
La décision de l’Arabie saoudite à aller de l’avant avec la formation des militants syriens indépendamment des États-Unis est le dernier signe d’une scission entre les deux alliés de longue date.
En Syrie, les autorités saoudiennes ont été lésées par la décision de Washington d’annuler des frappes en représailles à une attaque chimique sur la banlieue de Damas, cet été.
Un haut responsable saoudien a déclaré au Washington Post que le chef du renseignement saoudien le prince Bandar bin Sultan n’était pas au courant de l’annulation des-dites frappes. «Nous avons constaté cet état de fait, en regardant CNN,  » a-t-il dit.
En conséquence, l’Arabie saoudite a décidé de suivre ses propres plans qui reposent sur un réseau d’alliés saoudiens qui, en plus au Pakistan, sont: la Jordanie, les Emirats Arabes Unis et la France. France qui va, d’après certaines sources, envoyer des troupes aux …Emirats Arabes Unis.

 » Comme les Saoudiens développent leurs efforts pour renverser Assad , les analystes disent que le principal défi est de ne pas infliger des pertes tactiques sur l’armée syrienne , mais d’organiser une force cohérente qui peut coordonner ses actions à travers le pays . En d’autres termes , si Riyad espère réussir là où d’autres ont échoué , il faut obtenir la politique à droite – convaincre les groupes rebelles fragmentées , et leurs clients étrangers de se chamailler , de travailler ensemble à la poursuite d’un objectif commun », l’article écrit .
«Le plus grand problème auquel sont confrontés les Saoudiens aujourd’hui est le même que celui auquel doivent faire face les Etats-Unis, la France, et toute autre personne intéressée à aider les rebelles: la fragmentation des rebelles en groupes s’affrontant pour la domination locale et régionale plutôt que de coopérer pour renverser Assad » a déclaré David Ottaway, chercheur au Centre Wilson qui a écrit une biographie du prince Bandar.
Les militants syriens sont confrontés à de profondes divisions et rivalités ce qui a amené plusieurs d’entre eux à s’allier pour former des armées indépendantes.
Le jeudi , le chef d’Al-Qaïda Ayman Zawahiri qui contrôle les groupes militants les plus forts sur le terrain en Syrie – combattant aux côtés de l’opposition pro-américaine – a exhorté tous les groupes armés à s’unis et pour renverser le gouvernement syrien et mettre en place leur propre système de décision.

Sources: alalam et CounterPsyOps.

Foreign Policy Magazine
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