Mohamed Tamalt : Assassins ? Assassins

Le blog de Mohamed Tamalt est un pamphlet de l’urgence. Il a porté tort à son auteur. Dispersé ses faibles soutiens.  Détourné l’attention de son sort. Devait-il mourir pour cela ?

J’ai découvert Mohamed Tamalt en octobre 2013. Tonitruant, il s’était distingué dans une conférence de presse de lancement du salon international du livre d’Alger en interpellant le commissaire du SILA « pourquoi vous invitez le terroriste Anis Neccache ? », libanais membre du commando de Carlos qui a pris en otage la conférence de l’OPEP à Vienne en 1973.

 J’ai rapporté cette péripétie dans un article de Maghreb Emergent. Deux jours plus tard sa silhouette épaisse déboulait au siège d’Interface Médias, l’agence qui édite Maghreb Emergent et RadioM.

Mohamed Tamalt ne voulait pas tant poursuivre la polémique Naccache que s’informer sur nos conditions de travail. Nous avons donc fait connaissance autour d’un café. Son projet était de rentrer de Londres pour lancer un pure player en arabe à Alger. Il est revenu quelques mois plus tard pour me donner des nouvelles de ses progrès, préciser certains coûts, prendre conseils. Toujours survolté.

 Mohamed Talmat m’a donné l’image d’un écorché vif. Un profil que j’ai beaucoup connu dans l’univers exacerbé du militantisme mais aussi du journalisme. Tout était motif à exaltation. Il se racontait facilement, disait l’indignation contre le régime algérien et répétait qu’à Londres, où il résidait depuis de longues années, il ne passait pas un jour sans qu’il ne tombe sur « les traces de la rapine et du banditisme de nos gouvernants ».

 Il piaffait de faire de cette position de vigie une ligne éditoriale de son pure player en chantier. Mohamed Tamalt paraissait ne doutait de rien. Surtout pas de sa bonne étoile. Jovial, déterminé, amusé de sa capacité à faire trembler son monde : « J’étais comme cela quand je travaillais ici. Ils m’ont donné une bourse de Master à Londres pour se débarrasser de moi. J’ai obtenu mon diplôme mais je n’ai pas changé. Ils ne feront pas taire avec cela. Quand je vois toutes les bourses qu’ils se partagent entre leurs enfants. J’ai continué à faire mon métier de journaliste de la même manière ».

C’est cette manière de faire du journalisme qui a sans doute laissé une distance entre Mohamed Tamalt. J’en étais resté à d’anciens papiers de correspondant de presse international, portant déjà l’empreinte du lanceur d’alerte à côté de celle du reporter. Ce n’est qu’à l’annonce de son arrestation à Alger en juin 2016 que je me suis intéressé à ses derniers blogs sur sa page Facebook. Indéfendable.

 Etait-il écrit dans la trajectoire de Mohamed Talmat de porter la charge dans ce style ? Celui du déballage à 360 degrés qui ne faisait pas la part du public et du privé, du responsable et de sa famille ? On ne le saura pas. Il avait cassé les codes du journalisme.

Emporté par ce qui était devenu visiblement l’obsession d’en découdre avec les puissants d’Alger, qui ne se refusaient rien. Pas même la renversante réhabilitation de Chakib Khellil, une violence faite aux Algériens qui alimente le déchainement de Mohamed Tamalt.

Ses dénonciations des responsables algériens sont bien susceptibles de susciter des plaintes pour diffamation. Car la description du factuel rapporté s’accompagne de «noms d’oiseaux » et d’extrapolations rageuses. Le blog est un pamphlet de l’urgence. Il a porté tort à son auteur. Dispersé ses faibles soutiens.  Détourné l’attention de son sort. Devait-il mourir pour cela ?

 Le pouvoir politique algérien a commis deux erreurs. Infamantes pour l’Histoire. Il a mis Mohamed Tamalt en prison pour un délit qui ne doit pas conduire à la détention, en 2016, dans les pays respectueux de la presse et des journalistes ; Il a persisté à le laisser en prison lorsque sa grève de la faim a clairement mis, dès la fin juillet, sa santé en danger.

 Ces deux procès expéditifs en première instance puis en appel disent la même chose. Affaire Benchicou en moins sophistiqué. Volonté d’embastiller. Représailles discrétionnaires. Les journalistes ne sont pas au-dessus de la loi. Justiciables comme les autres. Nous le demandions pour le général à la retraite Hocine Benhadid, détenu sans procès durant 9 mois.

Justiciable comme les autres. Pas moins. Mais pas plus non plus. L’acharnement judiciaire avec lequel a été traité le cas Tamalt lui a finalement coûté la vie. Il n’a pas renoncé à sa grève de la faim et ses geôliers n’ont pas renoncé à son embastillement. Avec suspicion de maltraitance. Une procédure de plainte est en cours contre le personnel pénitencier de Koléa suite à une blessure à la tête découverte sur Mohamed Tamalt par son frère à sa première visite à l’hôpital Lamine Debaghine (ex Maillot) de Bab El Oued.

Permis de visite, isolement, rejet des requêtes de la défense, jusqu’au bout l’appareil judiciaire a ajouté son zèle à l’injonction de l’appareil de sécurité au profit de l’autocrate vindicatif.  Il hérite pour une postérité des gémonies d’un journaliste mort en détention. Pour avoir porté atteinte au président de la République par ses écrits.

Le pouvoir politique algérien tue. Il sait qu’il ne doit pas puisqu’il aspire à une place dans le concert des nations de droit. Il tente de s’émanciper de ce mélange d’atavisme de « satrapes » et de cynisme d’administration blanche coloniale propre sur elle. Et échoue. Même sous Bouteflika après la guerre civile. Les 126 victimes du printemps noir en Kabylie sont restées impunies. Celles de janvier 2011 et les suivantes tout autant. Combats de rue ?

 Le pouvoir politique peut tuer de sang froid dans le huis clos d’une longue procédure. Mohamed Tamalt n’a pas échappé au sort qui guettait Mohamed Benchicou et Hocine Benhadid, pour ne citer que les plus connus des prisonniers politiques des années Bouteflika.  Bien sûr il n’y a rien de prémédité.  Personne n’a ordonné de laisser mourir Mohamed Tamalt pour des écrits aussi diffamants à l’encontre du président Bouteflika peuvent-ils être. C’est la posture du pouvoir qui est, encore, ainsi faite. Elle répond par la logique brutale des représailles judiciaires au lieu du droit. Elle porte ainsi la survenance de l’homicide en elle. Et s’apprête aussi à passer à autre chose.

Mohamed Tamalt ne viendra plus à Interface Médias me demander comment lancer un journal en ligne. En prison, il a choisi de ne pas plier. L’avenir dira si son geste était désespéré. Ou si à l’inverse il porte une lumière, celle  qui protègera à jamais l’intégrité physique des détenus. Le droit du justiciable. La dignité du pouvoir politique.

Je regrette profondément que, nous, ses confères, n’ayons pas compris dès les premiers jours de sa grève de la faim ce qui se jouait. Pas saisi qu’il fallait dépasser la véritable controverse sur ses blogs indéfendables. Pour se concentrer sur l’urgence. Un rapport de force écrasant qui s’apprêtait à le laminer.

 A 42 ans, la tête tumultueuse de vie. Nous avons été encore moins solidaires avec Mohamed Tamalt que les officiers à la retraite l’ont été avec Hocine Benhadid resté 9 mois sans jugement. Oubliant que la chaîne de pouvoir algérien est faite de politiques, de sécuritaires et de fonctionnaires propres sur eux. Mais qu’elle tue. Nous avons donc subi l’irréparable, laissé mourir un journaliste en prison. Pour que cela ne soit pas totalement absurde, parce que ça l’est. Il reste encore à répéter à ses geôliers ce qu’ils sont: des Assassins. 

Ihsane El Kadi

Maghreb Emergent 

Algérie: rien ne va plus…

Les premiers soubresauts de la grande messe du Forum africain d’investissement d’Alger commencent: la presse à la solde de l’homme d’affaires louches Ali Haddad a commencé ses attaques frontales contre le ministère des Affaires étrangères et de la coopération internationale.

Sous le fallacieux prétexte du concept d’austérité, un mot en vogue chez les nouveaux oligarques, un rassemblement de nouveaux riches ayant bénéficié de subventions publiques colossales sans aucune contrepartie et sans la moindre intention de les rembourser un jour, un article paru sur un journal électronique de plus en plus zélé dans sa défense des milieux affairistes d’Alger a critiqué l’intention du ministère des Affaires étrangères de créer une nouvelle division chargée de la veille stratégique, l’anticipation et la gestion des crises.

L’Algérie de 2016 ressemble étrangement à la Russie de l’ère de Boris Eltsine, mais la similitude s’arrête à l’émergence intempestive de ce que l’on pourrait appeler d’oligarques même si les oligarques algériens sont loin de rivaliser intellectuellement avec les oligarques russes. La Russie avait réussi à garder intact son système de formation et d’éducation tandis que l’Algérie l’a délibérément et soigneusement détruit par un système de distribution égalitaire excluant tout critère de mérite. Autre grosse différence, l’Algérie n’aura pas de sitôt un homme de la trempe d’un Vladimir Poutine. Ce dernier a su habilement utiliser les oligarques avant de s’en débarrasser pour le bien de la Russie. Rien de tel en Algérie où tous les cadres intègres ont fait l’objet d’une vaste purge qui ne dit pas son nom. Pour être nommé à un poste de responsabilité en Algérie, il suffit de faire preuve de crétinisme et de lâcheté. La compétence même approximative y est très mal vue et peut être un facteur éliminatoire.

Les nominations intempestives par copinage étagé de responsables ne maîtrisant aucun dossier ont conduit le pays à la dérive. C’est également la cause directe de la très mauvaise gestion du cas du journaliste algéro-britannique Mohamed Tamalt, décédé dans d’obscures conditions en détention pour une simple opinion exprimée sur son site personnel.

Une catastrophe majeure pour l’image d’un pays qui a fourni d’immenses efforts afin d’améliorer son image de marque en matière des droits de l’homme. Avec cette affaire, l’Algérie rejoint le club très fermé des régimes où l’on meurt pour avoir osé exprimé une opinion personnelle.

A qui incombe la faute de la mort de Mohamed Tamalt? La gabégie et l’anarchie caractérisant les systèmes exécutif et législatif? La mainmise d’une mafia sur les moyens de l’Etat et leur détournement à des profits ou intérêts personnels. Tamalt a fait les frais d’un réglement de compte de la part de personnes se cachant derrière l’Etat et c’est en cela qu’ils sont de facto les véritables ennemis de l’Algérie. Car c’est eux qui sont en train de détruire la réputation déjà très fragile de ce pays après avoir dépecé son économie et vendu son sous-sol au premier venu. Un drame absolu pour un pays ayant une longue histoire dans la lutte anti-impérialiste.

A cause de crapules cachés dans l’appareil d’Etat, l’Algérie vient de perdre tous ses acquis en matière de droits de l’homme. Ce pays ne pourra plus émettre une seule remarque lors des réunions du Conseil des Droits de l’Homme à Génève ou à New York pour un bon bout de temps.

Le gouvernement français qui continue de protéger les oligarques algériens pour ses intérêts économiques table sur l’armée algérienne pour la stabilité du plus grand pays d’Afrique. Sur le papier, l’armée algérienne a acquis une puissance de feu impressionnante dans le cadre de sa région géostratégique. Mais l’histoire de ce pays est pleine de surprises. Pour l’instant, les oligarques sont occupés à appauvrir les populations en ramenant les prix des produits au niveau européen tout en maintenant des salaires moyens de 150 euros. Le calme perdure car la population est lassée par la guerre civile des années 90 en plus du souvenir vivace de la terrible guerre d’Algérie (1954-1962). Cela n’augure de rien de bon à l’horizon. D’autant plus qu’il n’existe jusqu’à présent aucun homme assez fort et patriote pour faire face aux oligarques et les mettre en prison ou les exiler comme l’a fait Poutine en Russie.

Pépé le Moko*

*Traduit de l’Arabe Algérien

 

 

Algérie: un bloggeur condamné à deux ans de prison pour rien

Le bloggeur algéro-britannique Mohamed Tamalt, administrateur du site Arabcontext (uniquement en langue arabe), a été condamné à deux ans de prison ferme pour un simple délit d’opinion.

Nous ne partageons pas toujours les opinions et encore moins les méthodes de M. Tamalt dans son traitement de l’information relative à l’Algérie, mais force est de constater qu’hormis quelques dérapages verbaux à l’égard de personnalités publiques, toutes les informations rapportées sur son site sont non seulement fiables mais exactes.

Cet homme aurait pu faire l’objet de poursuites pour diffamation intentées à titre privé par les personnes ciblées dans ses articles. Cependant, par un curieux atavisme colonial, certaines personnes influentes on décidé d’utiliser les moyens de l’Etat (ou enfin de ce qui en reste) à des fins personnelles pour éliminer une voix devenue génante.

De l’amateurisme. Certainement. Dans tous les cas c’est une erreur de plus. Mais cela ne semble pas déranger outre-mesure les factions corrompues et compradores ayant instauré un régime semi-colonial étriqué et suranné dans le plus grand pays du Maghreb.

 

 

Algérie: réunion d’un Conseil de sécurité restreint autour d’un incident lié au narcotrafic

Information quasiment passée inaperçue, la réunion en urgence d’un conseil de sécurité restreint sur la situation sécuritaire des frontières méridionales en Algérie il y près de 48 heures a donné lieu à nombre d’extrapolations, surtout après la diffusion d’un communiqué officiel très laconique et vague.

Selon des indications recueillies, il semble que ce conseil se soit réuni en urgence pour examiner un incident qualifié de sérieux ayant eu lieu dans la préfecture d’Al-Bayadh (Sud-Ouest) et au cours duquel un officier des forces de police, un officier des renseignements militaires et deux autres militaires ont trouvé la mort.

D’après un quotidien algérien, l’officier décédé dans des circonstances troublantes s’était déplacé avec son chauffeur sans autorisation de sa hiérarchie vers le lieu où a eu lieu une embuscade tendue par un groupe armé-assimilé à des trafiquants de drogue ou des contrebandiers par le journal, à un convoi des forces de police. Un officier de police a trouvé la mort dans ce traquenard.

Chose étrange, la majorité des médias algériens, d’habitude prolixes lorsqu’il s’agit de rapporter ce genre d’incidents, ont passé l’information sous silence.

Le miltaire et le policier tués à El-Bayadh seraient tous les deux des proches de hauts officiels dont un député du parlement et un ancien ministre d’Etat proche de la présidence.

Si la situation sécuritaire semble maîtrisée en Algérie, elle n’en demeure pas moins extrêmement préoccupante au regard de nombreux facteurs exogènes comme l’effondrement géopolitique de l’environnement immédiat ou encore des facteurs endogènes induits par une  mauvaise gouvernance basée sur la prébende et la corruption, une conjoncture économique difficile et un véritable délitement social.

La Russie a fourni à l’Algérie au moins un satellite militaire chargé de surveiller les multiples tentatives d’infiltration terroriste en provenance du Sahel ou des confins tuniso-libyens. Mais un autre phénomène inquiète au plus haut point l’état-major algérien: la prolifération systématique de noyaux de maquis locaux que l’armée algérienne détruit à chaque fois dans pratiquement toutes les régions, laisse supposer la mise en place d’une stratégie de subversion à moyen terme.

La Russie n’exclut pas des frappes de missiles de croisière en Libye

La Russie a officiellement fait savoir à l’Algérie, l’Egypte et la Tunisie qu’elle suit avec une attention soutenue l’évolution de la situation en Libye et que la montée en puissance de Daech dans ce pays méditerranéen préoccupe Moscou au plus haut point.

Hier, le quotidien algérien El-Khabar, citant une source sécuritaire de haut niveau, a révélé que des drones russes survolent l’espace aérien libyen depuis plus de deux mois. et qu’au moins un satellite militaire russe surveille en permanence la Libye depuis la fin de l’année 2013. Cette même source, citée par le même journal,  a laissé entendre que les russes n’excluent pas le recours à des frappes de missiles de croisière contre des cibles situées en Cyrénaïque ou dans le Golfe de Syrte.

La plupart des cibles de Daech en Libye sont près de la longue façade maritime du pays et sont faciles à atteindre par les missiles de croisière russes lancés à partir de bâtiments de surface ou de submersibles évoluant en Méditerranée orientale.

Les russes estiment qu’il est temps d’en finir avec le terrorisme international, objectif ouvertement partagé par Pékin. Des exercices militaires conjoints sino-russes et d’autres menés avec des pays de l’OCI (Organisation de la Coopération de Shanghaï) ont simulé des opérations aéronavales et amphibies contre le « terrorisme international » soulevant des interrogations sur la nouvelle définition du terme dans la perception de Moscou et de Pékin.

Il semble évident que par le terme terrorisme, les russes désignent les outils servant les intérêts géostratégiques de Washington et des ses alliés, soit les phénomènes type Daech ou Al-Qaïda. En d’autres termes, les Etats-Unis et l’Otan.

De sources diplomatiques on a appris que les russes ont demandé à des pays comme l’Algérie,  l’Egypte et la Tunisie, des explications sur l’absence apparente de stratégie offensive face à l’immense danger que constitue désormais la Libye pour l’ensemble de la région.

Les russes ne comptent pas en rester là et évoquent le problème crée de toutes pièces de Boko Haram en Afrique de l’Ouest, problème similaire à la création levantine et dont la solution ne pourrait en aucun cas venir des pays qui l’arment contre les Etats de la région.

L’affaire ukrainienne, montée de toutes pièces par les caciques de l’Otan afin d’acculer Moscou dans ses derniers retranchements et le forcer à lâcher la main en Syrie, a eu un effet totalement inattendu: non seulement la Russie est en train de reprendre pied au Levant et au Moyen-Orient, jusqu’à y compris le siège de l’ancien commandement militaire US à Baghdad, mais semble déterminée à reprendre sa place en Libye et même au delà dans les profondeurs de l’hinterland africain.

Maghreb: Après le patron du renseignement US, le Chef de la diplomatie iranienne en visite à Alger

Après la visite du patron du renseignement US à Alger, c’est au tour du ministre Iranien des Affaires étrangères d’y effectuer une visite. Au menu de cette visite à volets coulissants, la lutte contre Daech mais surtout le conflit syrien, l’épineux dossier de l’Opep et la situation au Yémen.

Le Qatar et la Turquie avaient les premiers proposé un éventuel refuge du président syrien Al-Assad en Iran mais cette proposition, qualifiée de saugrenue par des officiels syriens, vient de rebondir de Washington. A la différence que cette fois-ci les américains évoquent l’Algérie comme lieu d’asile. Silence de morts à Alger. La proposition à valeur de ballon-sonde a une portée politique et par ricochet un autre objectif assez éloigné des labyrinthes levantins.

De toute évidence, quelque chose se trame et la chose semble évoluer un peu plus vite que prévu. Au jeu d’ombres chinoises des uns répond un vaudeville amateur des autres.

Maghreb: le Directeur du Renseignement national US à Alger

Le Directeur du Renseignement National américain (Director of National Intelligence) James Clapper a effectué une visite éclair en Algérie.

Peu médiatisée, cette visite s’inscrit dans un contexte fort tendu marqué au niveau géopolitique par une montée des menaces sécuritaires en provenance de Libye et du Sahel.

James Clapper lors d'une intervention devant le Sénat sur les menaces mondiales auxquelles fait face la sécurité nationale des Etats-Unis d'Amérique (Photograhie: Chip Somodevilla/Getty Images)
James Clapper lors d’une intervention devant le Sénat sur les menaces mondiales auxquelles fait face la sécurité nationale des Etats-Unis d’Amérique (Photograhie: Chip Somodevilla/Getty Images)

La visite de Clapper coincide également avec un nouvel épisode d’une féroce lutte de factions rivales au sein de l’appareil d’Etat et des soupçons de putsch militaire contre l’oligarchie très compradore au pouvoir d’un pays faisant face à une baisse des recettes pétrolières et dont l’économie commence à subir  les conséquences d’un immense gaspillage des ressources.

Mis à part un communiqué fort convenu et très aseptisé, on ne sait rien de la visite de James Clapper à Alger. Mais il y a fort à parier que ce déplacement n’a rien de protocolaire et marque le prélude à une intensification de la crise de succession et une possible recrudescence d’actes terroristes à un moment où les services de renseignement semblent subir une véritable purge vindicative à des fins politiques.

 

Les pitreries de Sarkozy, encore et toujours

Le pouvoir agite toujours un Nicolas Sarkozy plus remuant que jamais. Nous avons déjà évoqué ici les prétentions du personnage à revenir au pouvoir. Au mieux, Nicolas Sarkozy est un personnage de vaudeville bourré de complexes avec un tempérament d’escroc de petite envergure (de celle qui pousse un quidam à faire les poches d’une vieille dame invalide) doublé d’un caractère de fripouille notoire (du genre de celle qui quémande, les yeux humides, un peu d’argent à Gaddafi avant de commanditer personnellement son assassinat)

Ancien président de la République, fonction autrefois auguste qu’il a totalement décrédibilisé, Sarkozy a effectué une petite visite en Tunisie en tant que président du parti des « Républicains » (ex-UMP, bien des gens en France devraient l’ester en justice pour ce choix sémantique douteux), une référence sans doute au parti Républicain US pour lequel Sarkozy est toujours en admiration quasi-religieuse, reste à savoir qui singeront les Démocrates. En Tunisie, il est reçu par ses relais francs-maçons de « Nidha Tunis » après avoir obtenu le soutien du Maroc pour son éventuelle candidature en 2017.

Le problème est que le personnage, habitué à la provocation pure et simple, s’en est pris à l’Algérie (ce qui est fort compréhensible venant de lui) et, tenez-vous bien, à la pauvre Libye. Pays qu’il a fortement contribué à détruire. D’ailleurs on rapporte qu’il n’a pas cessé de s’agiter tout le long de la guerre en Libye jusqu’à l’assassinat du Colonel Gaddafi et surtout l’élimination de toutes preuves matérielles compromettantes mettant en lumière les liens troubles qu’il entretenait avec le clan des Sarkozy.

« La Tunisie est frontalière avec l’Algérie et avec la Libye. Ce n’est pas nouveau. Vous n’avez pas choisi votre emplacement. » dixit Sarkozy qui ne peut s’empêcher d’embarrasser ses hôtes à chaque occasion qui se présente. Continuant sur sa lancée, Sarkozy enfonce un autre petit clou en déterrant son Union pour la Méditerranée, un projet de normalisation à peine cachée des relations des pays de la rive Sud de la Méditerranée avec Israël et considéré comme mort-né. L’idée avait à l’époque reçu l’aval enthousiaste de l’Egypte de Moubarak et du Royaume de Jordanie mais totalement et violamment rejetée par la Libye de Gaddafi, qui n’y a jamais adhéré.  L’Algérie quant à elle s’est opposée diplomatiquement et très prudemment à cette Union en rappelant l’existence d’un mécanisme de concertation au sein du groupe 5+5. Or maintenant pour Sarkozy, le devenir incertain de l’Algérie doit être examiné en urgence au sein de cette instance fantôme. C’est la goutte de trop. Aucune réaction officielle d’Alger mais les esprits des Algériens sont chauffés à blanc. Le choix des soutiens (lesquels impliquent des aides financières ou des promesses d’attribution de marchés ainsi que l’influence du vote de certaines catégories de la population française) pour les présidentielles 2017 en France est bien arrêté.

Si les déclarations de Sarkozy n’ont pas suscité de réactions de la part des autorités officielles à Tunis, pas plus qu’à Alger d’ailleurs, elles ont mis le feu sur les réseaux sociaux où les tunisiens ont virtuellement lynché celui qu’ils surnomment le « Nabot ».

De toute évidence, Sarkozy est culotté. Beaucoup plus qu’un Disraeli, à la différence notoire que ce dernier était infiniment plus honnête, poli, objectif et éduqué que lui.

Sarkozy n’est pas content d’avoir détruit le fragile équilibre de la paix en Méditerranée occidentale qui perdurait depuis plus d’un demi-siècle, d’avoir crée le chaos et le vacuum géopolitique libyen duquel a émergé une sorte de Daech ou encore d’avoir provoqué l’un des plus grands exodes humains sur mer Méditerranée depuis des siècles. Le voilà maintenant qu’il se permet des analyses géostratégiques. Problème, Sarkozy n’a jamais été stratège et encore moins philosophe. Loin s’en faut.

On se rappelle qu’après une rencontre avec le président russe Vladimir Poutine durant laquelle Nicolas Sarkozy a voulu se mesurer à lui en le provocant d’une façon très désinvolte, on a vu ce dernier à moitié ivre et visiblement abattu lors d’une conférence de presse où il déblatérait des phrases totalement incompréhensibles. La presse a passé sous silence absolu ce qui c’était passé lors du huis-clos mais beaucoup de gens savaient ce qui s’était réellement produit. Exaspéré par le juif hongrois, Poutine lui a finalement ordonné de se taire et de cesser de jouer au pitre (littéralement: Вы всегда делать клоун? Toujours à faire le pitre?) Certains sont allés jusqu’à raconter que Poutine a tacitement laissé entendre que s’il n’était un Chef d’Etat, il aurait personnellement usé de la coercition physique à huis-clos à l’encontre de Sarkozy mais je n’ai jamais pu avoir confirmation de cette information à partir de témoins non russes.

Pour celles et ceux qui l’ont un peu oublié, voici une définition du terme « pitre » telle qu’établie par le Centre National des ressources textuelles et lexicales: « Pitre: Bouffon qui fait la parade pour un spectacle de foire, de cirque, qui est chargé d’attirer par ses plaisanteries, ses facéties le public autour des tréteaux d’un charlatan… »

 

 

Algérie: danger en vue…

Selon le quotidien algérien El-Khabar, un convoi de véhicules militaires de l’armée algérienne se dirigeant vers un poste d’observation situé à Tifrane, à 40 kilomètres de la localité de Tarik Ibn Ziad dans la province d’Aïn-Defla (l’Ouarsenis) est tombé la nuit dernière dans une terrible embuscade tendue par un groupe terroriste lourdement armé.

D’autres sources ont précisé que les membres du groupe terroriste, en nombre élevé, ont miné la route bordant la forêt menant vers un poste avancé de l’armée. Utilisant des mitrailleuses PKM (7.62X54R) et des lances-roquettes antichar RPG-7 ainsi que des bombes artisanales plantées sur le bord du chemin (semblables aux IED) dans une zone boisée, les assaillants ont cherché à anéantir le convoi. Les militaires algériens ont riposté mais ont enregistré la perte de plus d’une dizaine de soldats.

Le groupe terroriste activant entre Médéa (Titteri) et Aïn Defla s’est replié après l’accrochage, fuyant une force rapide de recherche-destruction et serait à présent encerclé.

A 20 kilomètres du lieu de l’attaque, une bombe actionnée à distance a détruit un véhicule civil empruntant un chemin de montagne. Le chauffeur du véhicule a survécu à l’explosion.

Moins d’une semaine après la diffusion par Daech en Syrie d’un enregistrement vidéo dans lequel deux membres algériens de l’organisation terroriste menacaient de porter la guerre en Algérie, dernière étape selon eux, avant de partir guerroyer en péninsule Ibérique, il semble que certains maquis de la guérilla islamiste des années 90 sont en train d’être réactivés et réapprovisionnés en armes provenant de Libye.

Le message vidéo de Daech à partir de sa “capitale” Al-Riqqa en Syrie orientale, aurait pu passer inaperçu tant il semblait anodin. Cependant, il contenait un message codé à l’attention de cellules dormantes situées en Algérie et ce n’est pas par hasard que les deux terroristes évoquèrent une allégeance à Daech de groupes terroristes à Skikda (ex-Philippeville) et l’un des principaux terminaux pétroliers du pays ainsi que le Sahara, le coeur de l’économie algérienne.

L’armée algérienne semble consciente du danger croissant aggravé par le départ en Irak et en Syrie de milliers de combattants tunisiens et l’effondrement étatique en Libye et au Mali où la situation demeure plus que chaotique. De source officielle, on indique que plus de 60 000 soldats algériens sont actuellement déployés aux frontières avec la Tunisie et la Libye et que plus de 32 000 autres sont déployés à l’extrême-Sud du pays. Pour corser le tout, une situation de tension à Ghardaïa a obligé l’armée de mobiliser une force d’attente de 4 000 hommes répartis dans des bases aériennes autour de la préfécture, objet d’une lutte souterraine très complexe au sommet du pouvoir. A cela s’ajoute l’imposant dispositif défensif stationné depuis des décennies face au Maroc. Tous ces déploiements  drainent les capacités d’un pays de 41 millions d’habitants et dont les ressources exploitées en hydrocarbures semblent en voie d’épuisement.

Mais que faire en cas de réactivation d’une dizaine de maquis dormants dans le Nord du pays, ayant cessé l’action armée grâce à de très importants subsides financiers accordés par l’Etat aux terroristes dans le cadre d’une politique d’amnistie que l’on pourrait qualifier de renoncement aux armes contre la garantie d’une ascension sociale grâce à l’argent?

L’armée semble avoir profondément analysé ce qui ce passe en Libye et en Syrie. Le choix du Yak-130 avec des spécifications sur commande le transformant en chasseur-bombardier léger, pouvant éluder une éventuelle zone d’exclusion aérienne et fort maniable semble loin d’être anodin. Le rôle des Aero L-39 Albatros de l’armée de l’air syrienne dans le conflit en Syrie a fini par peser sur certains choix stratégiques “optimaux”. Le choix des hélicoptères d’attaque également.

Durant les années 90, l’armée algérienne a été forcée de s’adapter à une guérilla qui ne semblait connaître aucun répit. Vers la fin du conflit, les forces aéroportées, les hélicoptères et les avions cargo militaires dominaient la scène et il n’était pas rare que des unités engagées dans des opérations de recherche-destruction (couramment appelées “ratissages” en Algérie) à l’extrême Est du pays, se retrouvaient à plus de 1000 kilomètres plus à l’Ouest dans la même journée ou en l’espace de quelques heures. Cette maîtrise de la projection aérienne fut illustrée des années plus tard par l’organisation en un temps record d’un pont aérien “spontané” reliant des villes algériennes au Soudan pour le transport d’une dizaine de milliers de supporters à l’occasion d’un match de football.

Mais le problème auquel fait face l’armée algérienne n’est pas tant Daech que l’oligarchie politico-financière ayant pu s’implanter et imposer ses vues sur les choix économiques et stratégiques du pays. De caractère compradore, elle a oeuvré pour un ultralibéralisme sauvage de la pire espèce en bradant tout ce qui pouvait l’être et en poursuivant un programme que les grands rapaces de la finance transnationale ne pouvaient désavouer (démantèlement de la marine marchande, encouragement de la corruption, choix politique d’interdire une industrie de constructions mécaniques en dehors du monopole, rapprochement avec le géant Monsanto, choix insensé de l’exploitation du gaz de schiste, substitution de l’économie réelle par une économie super rentière d’import-import au profit d’une oligarchie restreinte et enfin rapprochement simultané avec les milieux sionistes de gauche en France et des milieux d’affaires néoconservateurs ou de droite aux Etats-Unis) et les conséquences des politiques irrationnelles d’un gouvernement paraissant très loin des véritables préoccupations d’un pays de la taille de l’Algérie. C’est sur ce terrain précis que tentera de jouer Daech ou toute force hostile. La colère ou la désillusion  des populations ont toujours été un puissant levier. D’où l’urgence de rebâtir un leadership politique capable et efficace. Ce dont manque cruellement l’Algérie.

Paradoxalement, l’Algérie est le bouclier du Maroc et de la Tunisie face à Daech tel qu’il a été conçu, c’est-à-dire en tant qu’armée non-étatique capable de capturer et de gérer des territoires pris à des Etats-Nations.  Face à cette menace, aucun pays de la zone connue sous le sigle MENA ne semble à l’abri sauf si se forment des axes de résistance telles que ceux de l’axe Damas-Téhéran-Moscou. Pour cela, il faudra transcender L’autisme et l’esprit bunkériste des pays maghrébins ou cela se fera à leurs corps défendant car le danger est désormais en vue.

 

Une deuxième corvette C28A chinoise pour la marine algérienne

Photographie originaire du site top81.cn,  démontrant le lancement de la seconde corvette C28A par le chantier naval chinois de Hudong-Chonghua en date du 06 février 2015
Photographies originaires du site top81.cn, montrant le lancement de la seconde corvette C28A par le chantier naval chinois de Hudong-Chonghua en date du 06 février 2015. Ce petit bâtiment de surface n’est pas ce qui ce fait de mieux dans le domaine mais est facile à opérer et à maintenir. 

C28A1

Du pétrole, comme s’il en pleuvait

L’information ne vous a certainement pas échappée, le prix du baril de brut (WTI pour les USA et Brent pour la Mer du Nord) est en chute libre. Si cela ne peut que réjouir les consommateurs que nous sommes – même si la répercussion de la baisse à la pompe ne suit pas la même courbe que celle de la bourse – cette donne risque de changer pas mal de choses sur le plan géopolitique/stratégique.

L’effondrement des courts a débuté au mois de juin, en cause une surproduction d’or noir. Si les experts ont pointé du doigt le ralentissement de l’économie mondiale ou la production toujours plus importante de pétrole non conventionnel (schiste aux USA, sables bitumineux au Canada), la cause semble être plus simple: la manipulation des marchés.

Certes l’économie mondiale n’est pas au mieux de sa forme, et un baril à 100$ n’est pas ce qui se fait de mieux pour la relancer; mais cela ne date pas d’hier, d’ailleurs le prix du baril de brent n’est pas descendu sous cette cotation depuis presque quatre ans. D’un autre côté, certains se réjouissaient de ce prix, les pays producteurs de pétrole.

On pense immédiatement à l’OPEP, mais les USA, la Russie et les autres nations non membres de l’Organisation de Pays Exportateurs de Pétrole se frottaient les mains, eux aussi. Les États-Unis y voyaient une aubaine afin de pouvoir produire leur pétrole et gaz de schiste – dont le prix d’extraction se situe aux alentours de 85$/baril – idem pour le Canada et Moscou vendait son gaz à l’Europe.

Les économistes ont retenu leur souffle, la semaine dernière, lorsque l’OPEP s’est réuni pour statuer sur le futur. Et là, coup de théâtre! les pays membres ne toucheront pas à la production, qui restera donc au même niveau qu’elle est en ce moment. Ce qui semblerait signifier que cela arrange tout le monde. Pas si sûr! Alors que l’Arabie Saoudite envisageait, il y a quelques mois, un baril à 200$, elle fait désormais machine arrière et n’est pas loin de vanter les mérites d’un prix avoisinant les 70$. Étonnant, surtout que les pétromonarchies du Golfe ont basé leur politique sur l’Or noir. Elles ont, par la même occasion, acheté la paix sociale – un peuple (tout du moins, une certaine classe sociale) qui vit dans l’opulence ne pense pas à se rebeller… On pourrait presque parler de suicide politique, surtout avec les idées propagées par l’EIIL et qui pourraient trouver un terrain fertile dans les régions désertiques du Golfe.
Et il en va de même dans bon nombre de pays, principalement les pays producteurs qui subventionnent le prix à la pompe (Algérie, Venezuela…). Il est à noter que depuis quelques mois, des pays producteurs ont fait machine arrière et vendent l’essence à son prix, parmi eux, l’Égypte, le Maroc et dernièrement l’Indonésie.

Nous voici donc avec une production égale, une consommation en berne – due au fait que les consommateurs que nous sommes ont modifiés leurs habitudes de déplacement (en cause le prix des carburants et la crise économique de 2008) et surtout à une économie mondiale qui tourne au ralenti – tout en sachant que certains pays ne sont plus en course (l’Irak, la Libye…) et que si leurs productions devaient revenir à leurs anciens niveaux, cela ne ferait qu’accentuer la chute des courts.

D’aucuns pensent que l’on assiste à une attaque en règle du gaz de schiste US par l’Arabie-Saoudite, mais je suis perplexe. Si cela était vrai, ce serait comme de vouloir jouer à la roulette russe (avec un automatique, de surcroit), et je ne connais pas beaucoup de dirigeants qui seraient prêt à sacrifier son pays juste pour enfoncer un concurrent…

Une autre possibilité serait que le pays visé soit la Russie. En plus des sanctions économiques qui l’étranglent déjà, attaquer sa plus grosse richesse reviendrait à la mettre à genoux, mais les contrats juteux nouvellement signés avec la Chine (400 milliards de Dollars pour le dernier, sur 25 ans), et surtout le fait que Moscou se détourne un peu plus de jour en jour de l’Europe pour se focaliser sur l’Asie font que cette possibilité est douteuse.

La possibilité du Peak Oil (pic pétrolier, terme désignant le sommet de la courbe de production d’un puits, d’un champ pétrolier ou d’une région de production) a elle aussi était envisagée. Cependant, même si certains puits se tarissent plus vite que prévu, je ne pense pas que l’on en soit déjà arrivé là.

Reste que la baisse du prix du baril pourrait servir les majors pétrolières; en effet, à la fin du XIXième siècle, aux Etats-Unis, John D. Rockefeller – fondateur de la Standard Oil – avait mis en place une technique économique agressive qui consistait à faire baisser les prix, mettant les petits producteurs sur la paille et assainissant ainsi le marché du pétrole et de son raffinage. D’ailleurs, une majorité des majors pétrolières ont fait machine arrière et ont suspendu, sinon arrêté, les forages les moins rentables ou la prospection si dispendieuse; sans compter les licenciements et les restructurations internes.

Sinon, il est possible que nous assistions à une tentative mondiale afin de relancer ce qu’il reste d’industrie, de commerce, et d’économie…

Visite d’une délégation parlementaire russe à Alger

Une délégation du Conseil de la Fédération de Russie menée par sa présidente, Mme Valentina Matvienko, a débarqué à Alger où elle a eu une série de consultations avec la chambre haute du Parlement Algérien, officiellement pour renforcer les relations entre les institutions des deux pays.

Un Mémorandum d’entente et de coopération a été signé entre les présidents des chambres hautes des deux pays en cette occasion. D’après des indiscrétions, les russes ont longuement évoqué avec les algériens la situation en Ukraine et les enjeux réels entourant cette crise montée de toutes pièces.

Officiellement Alger n’a pris aucune position publique concernant l’Ukraine mais soutient pleinement Moscou qui a fait preuve d’une maîtrise de soi et d’une réelle connaissance en matière de stratégie face aux plans machiavéliques de déstabilisation de l’Europe orientale.

Des officiels algériens ont été écartés de ces entretiens car certains d’entre-eux n’ont pas hésité à afficher un peu trop ostensiblement leur soutien au  » retour intégral de l’Ukraine dans le giron de la Maison Russie »…

L’Algérie maintient pour le moment son ambassade en Ukraine avec laquelle elle entretenait,  jusqu’au dernier putsch ayant débouché sur la crise actuelle,  de relations de coopération militaire.

Sahara Occidental, rien de nouveau…

Le sous-titre pourrait être celui-ci: Maroc 1-ONU 0.
Le 29 Avril dernier, le Conseil de sécurité des Nations-Unies, a prorogé le mandat de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO). De fait, et comme tous les ans, le « Grand Machin » se donne une année de plus pour arriver à ses fins.

Si vous lisez attentivement le texte de l’ONU disponible avec le lien ci-dessus, vous vous apercevrez peut-être d’une omission: il n’est fait aucunes mentions aux Droits de l’Homme, si cher à cette organisation. Et pour cause! L’expression « Droit de l’Homme » donne de l’urticaire à Mohammed VI, roi du Maroc.

Et pourtant, ils sont nombreux ceux qui dénoncent les agissements du Maroc sur le peuple Sahraoui. Amnesty International et Human Rights Watch veulent inclure les fameux « Droits de l’Homme » dans le mandat de la MINURSO. Car non, lesdits droits ne font pas partie de la mission onusienne.

Pour rappel, le Sahara Occidental est une ancienne colonie espagnole, contrôlée par Rabat qui propose un plan d’autonomie (sous sa souveraineté); alors que le Front Polisario (soutenu par l’Algérie) réclame un référendum d’autodétermination. C’est dans ce contexte qu’en 1991, l’ONU a mis en place la MINURSO, afin de faire appliquer et de contrôler le cessez-le-feu.

Cependant, pour arriver au résultat du nouveau vote du Conseil de Sécurité, le souverain du Maroc a employé les grands moyens. En effet, Ban Ki-moon, avait suggéré de surveiller de manière durable et impartiale le respect des Droits de l’Homme au Sahara Occidental; allant jusqu’à parler de mécanisme de contrôle. Ce à quoi, Mohammed VI aurait mis en garde le Secrétaire Général contre des « options périlleuses ».
De plus, Rabat est allé jusqu’à remplacer l’ambassadeur marocain auprès de l’ONU, au milieu des négociations. Le nouveau venu a déclaré: « …que Rabat était prêt à exiger le retrait de la MINURSO si Ban Ki-moon s’était entêté.

Donc, rien de nouveau, sous le soleil du Sahara Occidental.
Sauf peut-être la réponse du porte-paroles du quai d’Orsay à la question suivante: « Quelle est la réaction de la France à l’adoption hier par le Conseil de sécurité des Nations unies, à l’unanimité, de la résolution relative à la question du Sahara? »

La résolution 2152 se félicite des mesures et initiatives prises par le Maroc dans le domaine des droits de l’Homme. Elle encourage les parties à poursuivre leurs efforts pour consolider la promotion et la protection des droits de l’Homme au Sahara occidental comme dans les camps de réfugiés de Tindouf.

Notons aussi le fait , que l’envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental, M. Christopher Ross aurait laissé sous-entendre au mois de Mars dernier qu’il allait jeter l’éponge; puisque depuis sa nomination (cinq ans), il n’a pas réussi à ramener les deux protagonistes (Rabat et le Front Polisario) à la table des négociations…

Les essais nucléaires et leurs retombées.

Dans le cadre de l’ pénale déclenchée par des vétérans des campagnes d’essais nucléaires français (en Algérie et en Polynésie), une carte classée secret défense vient d’être déclassifiée. Certes, l’info est passée relativement inaperçue (je remercie Safiya de m’avoir prévenu), et on peut aisément comprendre pourquoi.

Pour commencer, il est déjà étonnant de voir des militaires aller en justice. Je ne dis pas qu’ils n’en ont pas le droit, mais si la Grande Muette – le surnom de l’armée – est ainsi appelée, ce n’est pas pour rien. Alors voyons la suite des évènements. Si procès il devait y avoir, qu’en ressortirait-il?

Rien! Si les soldats devaient être indemnisés pour leur exposition aux radiations, qu’en serait-il des habitants des territoires où ont eu lieu les tests? Pensez-vous vraiment que le gouvernement français soit près à reconnaître ses tords, voire même à indemniser les victimes? Combien de temps a t-il fallu attendre avant d’entendre dans la bouche d’un chef d’Etat français – et du bout des lèvres – une demande de pardon pour la colonisation et les exactions commises durant la guerre d’Algérie? En plus, les relations franco-algériennes ne sont pas simples, se résumant souvent à un : « Je t’aime! Moi non plus! »; voir à se sujet la facture envoyée à Alger par Paris, concernant l’hospitalisation de Bouteflika.

Mais au-delà de l’Algérie, si le préjudice était reconnu, il ferait jurisprudence et, à n’en pas douter, les polynésiens feraient eux-aussi valoir leurs droits. Sans compter qu’au niveau international, les autres pays ayant effectués des tests hors de leur territoires, seraient aussi sous le feu des projecteurs. Voir à ce propos l’article de « le-cartographe-net« .

N’oublions pas, qu’il y a eu plus de 500 essais atmosphériques, près de 2 000 essais souterrains, deux bombes nucléaires larguées, et trois accidents nucléaires civils majeurs. A ce propos, et concernant le dernier en date (Fukushima), l’AIEA vient d’autoriser – mais de manière détournée – le Japon à reprendre les rejets d’eau contaminée dans l’Océan Pacifique:

Le rapport indique que l’ équipe de l’AIEA estime qu’il est nécessaire de trouver une solution durable au problème de la gestion de l’eau contaminée. Il dit que cela nécessiterait l’examen de toutes les options, y compris la reprise possible des rejets contrôlés à la mer.
Le rapport ajoute que pour poursuivre cette option, l’opérateur Tokyo Electric Power Company doit préparer des évaluations de l’impact sur la sécurité et l’environnement appropriés et les soumettre à un examen réglementaire.

De son côté, TEPCO envisage, afin de résoudre son problème d’eau contaminée, de porter la capacité de stockage de cette eau, de 350 000m3 actuellement à 800 000m3. Mais aucunes nouvelles concernant les deux appareillages sensés décontaminer l’eau, et qui tombent régulièrement en panne…

Pour résumer, les retombées des essais nucléaires peuvent être apparentées à l’Espérance, dernier des maux de l’Humanité (selon Zeus; avec la Vieillesse, la Maladie, la Guerre, la Famine, la Misère, la Folie, le Vice, la Tromperie et la Passion; mais qui eux furent libérés lorsque Pandore ouvrit la Boite) qui reste enfermé dans la Boite de Pandore. Mais aucun gouvernement ne prendra la responsabilité de libérer ce qui serait un fléau pour eux.

Algérie/Défense: et le grand gagnant est…le Mil Mi 28 NE « Night Hunter »!

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Le suspense aura duré jusqu’au bout. Le remplaçant des hélicoptères d’attaque Mil Mi 24 de l’armée algérienne est désormais connu: c’est l’hélicoptère d’attaque russe  Mil Mi 28 NE surnommé « Night Hunter » qui remporte une rude compétition. Cet appareil était en compétition avec trois modèles concurrents: Le Denel Rooivalk sud-africain, le Turkish Aerospace Industry/Augusta Westland T 129 et le Kamov KA 50 russe.

Par conservatisme ou pour des raisons liées à la logistique, les Algériens semblent donc opter pour le matériel qu’ils connaissent le mieux. D’autant plus que c’est un appareil polyvalent capable de voler de jour comme de nuit. D’ailleurs la première commande préliminaire de cet appareil a été passée en 2010! Soit bien avant que le commandement militaire arrête son choix définitif.

L’Algérie s’apprête à lancer une fusée dans l’espace

Le lancement du troisième satellite algérien ALSAT 3 pourrait intervenir au mois de janvier 2014 depuis le site de lancement de Hammaguir (dépendant d’Al-Abadla), à 120 kilomètres au Sud-Ouest de Béchar (Sud-Ouest de l’Algérie). Un lanceur spatial algérien est en cours de préparation finale.

Ce site avait abrité de 1952 à 1967, le centre interarmées d’essais d’engins spatiaux (CIEES). Disposant de quatre rampes de lancement, il a permis le lancement des premiers êtres vivants du programme spatial français en 1961 puis du premier satellite français Astérix avec une fusée à faible cout Diamant en 1965 avant d’être abandonné en 1967 conformément aux Accords d’Evian. Le site est inhabité depuis jusqu’à la construction d’une base aérienne.

Depuis 2002, l’Algérie a décidé de se doter d’un programme spatial et d’une agence spatiale dénommée ASAL (Agence spatiale algérienne) avec pour objectif de lancer 10 satellites dans l’espace d’ici 2017.  Le premier satellite algérien ALSAT 1 fut lancé le 28 novembre 2002 par un lanceur COSMOS 3M  du Cosmodrome russe de Plesetsk.

Le second satellite algérien ALSAT 2 A, conçu à Oran, est lancé le 12 juillet 2010 depuis le site de Sriharikota à Chennaï (Sud -Est de l’Inde). 

Officiellement, l’Algérie ne dispose d’aucun programme balistique et les données sur les missiles balistiques algériens sont parmi les rares au monde sinon totalement inconnues. Les seules données disponibles semblent être obsolètes et remontent aux années 80. La décision de l’Algérie de se doter d’un lanceur spatial n’a fait l’objet d’aucune médiatisation. Des informations crédibles font état d’efforts intenses fournies par l’armée algérienne pour se doter d’informations et de techniques nécessaires à l’élaboration d’un lanceur spatial fiable et économique auprès de cinq pays.

Plus grand pays d’Afrique de par la superficie, les besoins de l’Algérie en satellites d’observation et autres se sont fait sentir de manière plus abrupte lors des catastrophes naturelles, puis lors de la multiplication des foyers de tension dans son environnement géostratégique immédiat. les Algériens gardent également un mauvais souvenir du refus de certains pays de leur céder des images satellite dans le cadre de leur lutte implacable contre le terrorisme.

Si ces informations s’avèrent exactes et que le lancement aura lieu avant avril 2014, l’Algérie deviendra l’invité surprise et inattendu  du club restreint des puissances spatiales.

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Photographie d’une fusee Diamant (1965).

Le CAR 816 en remplacement du Modèle 89-1 pour l’armée algérienne, une option sérieuse?

Car 816 du constructeur émirati Caracal, basé sur le fusil d'assaut US M4/AR15 sera t-il le remplaçant du Modèle 89 au sein de l'armée algérienne?
Car 816 du constructeur émirati Caracal, basé sur le fusil d’assaut US M4/AR15 sera t-il le remplaçant du Modèle 89-1 au sein de certaines unités de  l’armée algérienne?

Il semble que certaines unités de l’armée algérienne vont bénéficier d’un nouvel fusil d’assaut, lequel ne remplacera pas totalement  les modèles 89 et 89-1 fabriqués localement.

Rien n’est encore sûr mais des informations tentent de faire croire que le fusil d’assaut de Caracal (UAE), le CAR 816, basé sur le M4/AR15 US et ressemblant au HK 416, dispose de chances sérieuses, vu les relations privilégiées qu’entretient le Président algérien avec les Émirats Arabes Unis.

Caracal Algérie, une filiale du constructeur émirati en Algérie a commencé à produire un pistolet semi-automatique de cette marque  en Algérie (50 000 unités/an à terme). Mais des divergences d’intérêts ont poussé le partenaire émirati à se retirer de la joint-venture. Ce qui a conduit les algériens a annoncer qu’ils vont poursuivre seuls la production de ce pistolet de calibre 9mm ayant connu un problème technique sérieux. Des officiels algériens ont rejeté les critiques et ont annoncé que cette arme a commencé à être en dotation auprès de certaines unités paramilitaires.

Le choix d’un fusil comme le CAR 816 n’est pas facile pour un pays comme l’Algérie, attaché au calibre 7.62 mm. Car cela devoir impliquer un passage au standard Otan 5.56X45 mm. A moins d’adapter ce fusil aux munitions algériennes. Ce qui reste peu probable.

D’autres fusils d’assaut avaient retenu l’attention des algériens avant le Caracal CAR 816: il s’agit du fusil serbe SR88A et du bullpup ST KINETICS SAR21 de Singapour.

Berlin sous intense pression pour annuler un contrat de défense avec Alger

D’après des sources crédibles, l’Allemagne est soumise à une intense pression de la part d’Israël pour qu’elle annule un important contrat d’armement conclu avec l’Algérie et portant sur la livraison à ce pays de véhicules blindés,  de navires de guerre ainsi qu’un système électronique de surveillance des frontières.

C’est Amos Gilaad, le directeur des Affaires politiques et militaires au ministère israélien de la défense qui a été chargé de transmettre le message au gouvernement Allemand très peu de temps avant une courte visite du chef de la diplomatie allemande en Israël.  Le reponsable israélien a souligné que son pays ne permettrait en aucune manière l’émergence d’un pôle de puissance, même minime, entre Gibraltar , le Golfe de Syrte et le delta du Nil.

L’Algérie a signé un Accord de coopération avec l’Allemagne portant la construction sous licence de plusieurs types de véhicules blindés et de véhicules de transport de troupes.

Info ou intox: un grave incident aurait opposé des submersibles algérien et britannique dans l’Atlantique Sud

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Selon un article publié par le journal Emirati « Imarat Al-Youm » (les Emirates Aujourd’hui) du 05 novembre 2013, reprenant une dépêche de l’agence Reuters, un grave incident aurait opposé des submersibles algérien et britannique non loin des eaux territoriales du Cameroun.

D’après l’information, un sous marin de la marine algérienne de classe Kilo aurait tiré une torpille sur un submersible de Sa Majesté britannique à 100 milles nautiques des côtes du Cameroun. Ce dernier aurait utilisé des contre-mesures pour échapper à une frappe directe.

Nous n’avons pu confirmer cette information. Ce que nous savons par contre est que ce n’est pas la première fois que des submersibles de la marine algérienne jouent au chat et à la souris avec d’autres bâtiments de surface ou submersibles d’autres marines de guerre, notamment à Gibraltar, dans l’océan Atlantique, au large du Liban et de la Syrie ou encore près des côtes espagnoles.

Que se passe-t-il en Algérie?

Plutôt qu’un long discourt, je vous recopie le texte du journal El Watan:

Suite à l’interdiction par les autorités algérienne de la tenue de la rencontre « les débats d’El Watan », le quotidien El Watan a rendu public le communiqué suivant:

 

Les autorités politiques ont interdit la tenue des «Débats d’El Watan», prévue pour demain samedi 9 novembre 2013. Le quotidien El Watan dénonce cette grave atteinte à la liberté de la presse et d’expression dans notre pays. Elle s’inquiète pour l’avenir des quelques espaces d’expression encore existants.

El Watan a pour habitude d’organiser ces débats depuis 2005 sans autorisation de l’administration. Ils ont rencontré un énorme succès auprès des lecteurs et du public de manière générale. Totalement financé par le journal, cet espace autonome, indépendant et libre, est exclusivement réservé à la société civile.

Les arguments utilisés par l’administration pour interdire la tenue des «Débats d’El Watan» sont fallacieux. Cette interdiction intervient alors que le mouvement social est laminé, des journaux sont censurés, un jeune blogueur est jeté en prison, des menaces sont proférées par le ministère de la Défense nationale contre un journaliste d’El Khabar et que les atteintes aux libertés se généralisent.

Les autorités empruntent un chemin dangereux pour le pays. Il y a volonté de revenir aux années de plomb en balayant tous les acquis démocratiques arrachés par les Algériens en octobre 1988. C’est une voie qui mène au désordre et à l’instabilité.

Les «Débats d’El Watan» ne menacent aucunement la sécurité et la stabilité du pays ; ils sont au contraire un lieu de débat fécond, pacifique et démocratique sur l’ensemble des sujets d’actualité qui intéressent les Algériens.

 

Alger le 07/11/2013

 

http://www.elwatan.com/actualite/communique-du-quotidien-el-watan-07-11-2013-234219_109.php

Le débat est lancé. S’agit-il de mesures prises à la va-vite, dans le contexte anxiogène des futures élections présidentielles? Ou bien d’un changement de politique plus profond?

Il y a 59 ans, la guerre d’Algérie…

Icône incontestable de la révolution algérienne, le militant anti-impérialiste Algérien Larbi Benmhidi peu avant son exécution extra-judiciaire par les parachutistes français en 1957. La guerre d'Algérie fut de loin l'un des conflits les plus cruels de la période post-1945. Ce fut une guerre sans nom, cachant d'autres guerres intestines entre et à l'intérieur de chaque communauté. Guerre atroce, totalitaire et où les passions ont atteint leur paroxysme. Le bilan de cette guerre au cours de laquelle l'armée française tenta d'appliquer les préceptes de la guerre totale d'anéantissement tels qu'énoncés par le théoricien classique Allemand Von Clausewitz  contre ceux  qui étaient supposés être ses propres citoyens est effroyable à plus d'un titre: 10% de la population totale périt entre 1954 et 1962; deux millions de personnes sur une population de 10 millions furent internés dans ce qu'il faut bien appeler des camps de concentration pour éviter tout contact avec la guérilla; un million de personnes durent s'exiler outre méditerranée, la mort dans l'âme, d'autant plus qu'ils furent assez mal accueillis en métropole. Déclenchée un 1er novembre 1954 par une poignée de militants indépendantistes, la guerre d'Algérie allait vite tourner à un cauchemar sans visage. La torture et le viol des femmes sont systématiques, quasiment à une échelle industrielle. Les excès  sanglants des officiers généraux extrémistes et jusqu’au-boutistes, notamment ceux des parachutistes et de la légion, d'abord dans la légalité puis dans la clandestinité, finirent par anéantir toute possibilités de cohabitation pacifique. Les séquelles humaines et psychologiques de ce conflit pèsent lourdement sur les relations dites "passionnées" qu'entretiennent l'Algérie et la France.
Icône incontestable et  figure charismatique de la révolution algérienne, le militant anti-impérialiste Algérien Larbi Benmhidi peu avant son exécution extra-judiciaire par les parachutistes français en 1957. La guerre d’Algérie fut de loin l’un des conflits les plus cruels de la période post-1945. Ce fut une guerre sans nom, cachant d’autres guerres intestines entre et à l’intérieur de chaque communauté. Guerre atroce, totalitaire et où les passions ont atteint leur paroxysme. Le bilan de cette guerre au cours de laquelle l’armée française tenta d’appliquer les préceptes de la guerre totale d’anéantissement tels qu’énoncés par le théoricien classique Allemand Von Clausewitz contre ceux qui étaient supposés être ses propres citoyens est effroyable à plus d’un titre: 10% de la population totale périt entre 1954 et 1962; deux millions de personnes sur une population de 10 millions furent internés dans ce qu’il faut bien appeler des camps de concentration pour éviter tout contact avec la guérilla; un million de personnes durent s’exiler outre méditerranée, la mort dans l’âme, d’autant plus qu’ils furent assez mal accueillis en métropole. Déclenchée un 1er novembre 1954 par une poignée de militants indépendantistes, la guerre d’Algérie allait vite tourner à un cauchemar sans visage. La torture et le viol des femmes sont systématiques, quasiment à une échelle industrielle. Les excès sanglants des officiers généraux extrémistes et jusqu’au-boutistes, notamment ceux des parachutistes et de la légion, d’abord dans la légalité puis dans la clandestinité, finirent par anéantir toute possibilités de cohabitation pacifique. Les séquelles humaines et psychologiques de ce conflit pèsent lourdement sur les relations dites « passionnées » qu’entretiennent l’Algérie et la France.

l’Algérie renouvelle sa flotille de sous-marins

l’Algérie accorde de plus en plus d’intérêt à sa petite flotille de sous-marins et demeure l’un des rares pays de la rive Sud de la Méditerranée à en posséder encore.


Les sous-marins d’attaque de la marine algérienne sont dotés de missiles anti-navires Klub-S d’une portée de plus de 320  kilomètres. Les variantes du missile Klub-S sont trés difficiles à détecter.

La marine algérienne a procédé durant ces dernières années à de nombreuses acquisitions aussi bien auprès de ses fournisseurs traditonnels que d’autres afin d’améliorer l’efficacité au combat de ses sous-marins. Les efforts ont surtout eu trait à la puissance des générateurs diesel, la vitesse de plongée et le renforcement de la discrétion.

Très peu connus, les sous-marins de la marine algérienne ont commencé à faire parler d’eux il y a quelques années lorsqu’un sous-marin à réussi à échapper à des navires spécialisés dans la lutte anti sous-marins de l’US NAVY lors d’un exercice international au large du littoral algérien.

En règle générale, mis à part des informations distillées au compte-goutte et selon l’état conjoncturel des relations bilatérales algéro-russes par Rosoboronexport, aucune information officielle ne filtre sur les acquisitions réelles de l’armée algérienne. Mais celles-ci seraient de loin supérieures à la plupart des estimations actuellement disponibles à ce sujet.

Image fantaisite d'un sous-marin tirant une torpille. Cherchant à pallier ses carences en bâtiments de surface, l'Algérie accorde un intérêt croissant aux sous-marins. La combinaisons de a force de frappe sous-marine avec l'usage d'avions de combat SU-30 MKA doté de missiles Air-Surface/N lui confèrent la capacité d'agir sur un large rayon d'action  en Méditerranée Occidentale
Image fantaisite d’un sous-marin tirant une torpille. Cherchant à pallier ses carences en bâtiments de surface, l’Algérie accorde un intérêt croissant aux sous-marins. La combinaison de la force de frappe sous-marine avec l’usage d’avions de combat Sukhoi  SU-30 MKA doté de missiles Air-Surface/N  chinois lui confère la capacité d’agir sur un large rayon d’action en Méditerranée Occidentale.

Amélioration du projet 877EKM, les sous-marins du projet 636 conservent tous les avantages du 877EKM. Ils sont cependant différents pour la puissance des générateurs diesel, de vitesse en plongée, de rayon d’action et en terme de discrétion.

L’efficacité au combat du sous-marin est substantiellement améliorée par rapport au 636 grâce à l’installation à bord du système de missiles anti-navires Klub-S combiné au nouveau système de combat, très prometteur, qui permet son utilisation.

L’analyse de la rédaction :

Le missile anti-navires Klub-S a une portée « officielle » de 300 km avec une charge militaire de 400 kg (capacité maximale qui peut varier selon les versions du missile : 3M-54E, 3M-54E1, 3M-14E, 91RE1 et 91RE2). La vitesse terminale (à partir de 40 km) est de Mach 2.9.

Le missile est très difficile à détecter par la cible de part son faible diamètre et en raison de l’utilisation d’un revêtement absorbant les émissions radar.

– See more at: http://www.corlobe.tk/article11837.html#sthash.mWjPaZK1.dpuf

Le sous-marin Kilo (projet 636) destiné à la marine algérienne a été mis à l’eau le 20 novembre dernier et a commencé ses essais.

Un sous-marin de la classe Kilo
Un sous-marin de la classe Kilo

La construction de ce sous-marin a commencé en 2007 aux chantiers de l’Amirauté à St-Pétersbourg.

Amélioration du projet 877EKM, les sous-marins du projet 636 conservent tous les avantages du 877EKM. Ils sont cependant différents pour la puissance des générateurs diesel, de vitesse en plongée, de rayon d’action et en terme de discrétion.

L’efficacité au combat du sous-marin est substantiellement améliorée par rapport au 636 grâce à l’installation à bord du système de missiles anti-navires Klub-S combiné au nouveau système de combat, très prometteur, qui permet son utilisation.

L’analyse de la rédaction :

Le missile anti-navires Klub-S a une portée « officielle » de 300 km avec une charge militaire de 400 kg (capacité maximale qui peut varier selon les versions du missile : 3M-54E, 3M-54E1, 3M-14E, 91RE1 et 91RE2). La vitesse terminale (à partir de 40 km) est de Mach 2.9.

Le missile est très difficile à détecter par la cible de part son faible diamètre et en raison de l’utilisation d’un revêtement absorbant les émissions radar.

– See more at: http://www.corlobe.tk/article11837.html#sthash.mWjPaZK1.dpuf

Maghreb: Intenses préparatifs pour déstabiliser l’Algérie à partir de la Libye

Selon des indications recueillies et des informations confirmées par des sources crédibles, entre 32000 à 65000 mercenaires de diverses nationalités s’entraînent dans une dizaine de camps secrets situés en Cyrénaïque dans le cadre d’un plan visant la déstabilisation de l’Algérie.

Ces camps financés en partie par des fonds saoudiens sont supervisés par une société de sécurité privée enregistrée à Haïfa en Israël. Des instructeurs venus de Jordanie et d’autres pays arabes assurent la formation de base.  Les mercenaires viennent quant à eux d’Arabie Saoudite, d’Algérie, d’Egypte, de Libye, du Maroc, de Palestine, de Syrie et de Tunisie mais également de pays d’Asie et d’Afrique.  Les ressortissants de pays issus de ces continents ont bénéficié d’un vaste trafic illégal de visas de travail mis en place par les ambassades de Libye à l’étranger.

Ces combattants seraient particulièrement motivés pour se battre contre l’armée algérienne qu’ils qualifient de « mécréante » et de « machine d’oppression contre les musulmans ».

La Libye a servi durant plus de deux ans de plaque tournante à tous les réseaux d’envoi d’armes et de combattants à destination de pays comme la Syrie. Les Etats-Unis ont eu le plus grand mal à cacher leur rôle dans l’établissement de ces réseaux, notamment lors du scandale étouffé de Benghazi mettant directement en cause le président US Barack hussein Obama.

Mais depuis quelques mois, des informations en provenance de Béni Ourfella et de Bani Walid en Libye, il existerait désormais un consensus certain au sein des milices libyennes pour s’en prendre à  l’Algérie au moment opportun.  Or, depuis deux semaines, diverses officines internationales ont remis l’Algérie en haut de l’affiche, notamment à travers un début d’une campagne médiatique assez subtile et concertée.

La situation politique complexe que connaît actuellement l’Algérie a incité le Prince Saoudien Bandar Ben Sultan-d’habitude plutôt favorable au Président bouteflika- a donner son feu vert au lancement de préparatifs visant la déstabilisation de ce pays dans un avenir que des observateurs libyens ont qualifié de « très proche ».

De fait, le nombre d’atterrissage d’avion cargos militaires en provenance de certains pays arabes et de Turquie a été multiplié par douze en Libye au cours des deux derniers mois. Les avions turcs ramènent du matériel militaire et repartent avec des contingents de mercenaires destinés au théâtre d’opérations syrien.

D’autres sources officielles anonymes à Tripoli ont confirmé qu’un plan « spécial Algérie » est en cours mais y ont démenti une quelconque implication de la Libye en accusant  pêle-mêle Israël et l’Arabie Saoudite d’être les principaux soutiens des camps mis en place.  Les préparatifs sur place ont été qualifiés d’importants ou a tout le moins d’intenses.

De source diplomatique, la Libye compte à ce jour près de 110000 miliciens armés inégalement répartis entre 2000 groupes armés. Depuis la chute du régime du Colonel Mouammar Gaddafi sous les bombes de l’OTAN en octobre 2011, le pays abrite des bases secrètes de drones et fait l’objet de fréquentes interventions secrètes des forces spéciales américaines et britanniques.  La dernière en date a été menée cette semaine par une équipe de Navy Seals américains et s’est soldé par la capture ou le  kidnapping de chefs de milices affiliés à des hommes politiques influents en plein territoire libyen.

L’Algérie, un futur paradis du gaz de schiste?

Le gouvernement algérien mise lourdement sur l’exploitation du gaz de schiste pour maintenir sa production d’énergie fossile d’ici 2050. C’est du moins ce nous retenons des déclarations d’Alnaft, une agence gouvernementale, selon lesquelles l’Algérie compte mobiliser 300 milliards de dollars USD d’ici 2050 pour maintenir un niveau de production suffisant à la sécurité économique du pays.
En code clair, outre le fait que l’Algérie a définitivement opté pour le gaz de schiste en offrant un immense marché (ou carrément un nouvel Eldorado) aux multinationales en ce domaine, il ne fait plus aucun doute que les bassins actuels de production de pétrole, plus précisément celui de Hassi Messaoud,  sont en déplétion. 
Alger tente donc d’amortir ou de retarder le fameux jour où ses réserves d’hydrocarbures ne suffiront plus à alimenter ses recettes.  Un scénario du pire redouté des deux côtés de la Méditerranée.

Algérie 2013: sortir du piège du capitalisme mondialisé? Par Bruno Drewski

Qui parmi les progressistes ne se souvient pas de la fière Algérie des années 1960-1970 et du discours à l’ONU de son ministre des Affaires étrangères, Abdelaziz Bouteflika, aujourd’hui Président de cette République en principe toujours « démocratique et populaire » ? Une Algérie qui prônait à l’époque le non alignement, le socialisme, le panafricanisme, le panarabisme, un islam progressiste, le droit au développement et la lutte pour la création d’un nouvel ordre économique mondial. Une Algérie qui soutenait partout sur la planète les luttes de libération au point de devenir un pays d’asile de nombreux révolutionnaires pourchassés ?

Aujourd’hui cependant, après les scandales de corruption Sonatrach1 I, c’est le scandale Sonatrach II qui défraie les chroniques, un scandale aux multiples ramifications « mondialisées » : Algérie, Italie, Canada, Singapour, Hong Kong, Liban, Panama, Suisse, et, last but not least, USA, sans oublier bien sûr la France, toujours présente cinquante ans après l’indépendance, dès qu’il est question d’Algérie.  Recul incontestable qui ne veut pas dire que rien n’a été acquis par les Algériens depuis l’indépendance, mais qui rappelle que le combat pour la souveraineté réelle des Etats et des peuples commence seulement au moment où ils acquièrent leur indépendance formelle qui n’est qu’un premier pas sur le chemin de leur liberté et d’une coopération possible entre peuples égaux en droit. Et qui prouve qu’une Révolution peut être menée à moitié, ouvrant ainsi la porte au reflux. Reflux qui exigera des historiens de réfléchir sur ses causes profondes et sur ses bases sociales.

Aujourd’hui, alors que l’Etat algérien vient de mettre en place un vaste programme de construction de parcs industriels, la presse algérienne rappelle que c’est le premier acte allant dans le sens d’une réindustrialisation du pays décidée par un gouvernement algérien depuis les années 1970, depuis les années de socialisme donc. Politique d’Etat qui, à l’époque, avait vu la naissance d’une ébauche de tissu industriel national, laissé en grande partie à l’abandon et au pillage dans les années de « libéralisation » …et de terreur, après la mort de Boumedienne et la montée au pouvoir de Chadli, les manifestations de 1988 et le « printemps » (déjà !) d’Alger qui s’en est suivi. « Printemps » qui déboucha sur une libéralisation échevelée, sur le retour des « Afghans », Algériens formés au Pakistan dans des camps créés sous l’égide de la CIA et qui aboutit à la création d’un islamo-takfirisme d’importation avec, en finale, un coup de force militaire qui allait entraîner une décennie de quasi-guerre civile …décennie de terreur aveugle et en apparence incompréhensible qui facilita, entre autre, le pillage des biens publics en détournant les regards du peuple de la défense de ses intérêts économiques et de ceux de son Etat.

Retours en arrière

Pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui en Algérie, Etat représentant un enjeu essentiel pour l’avenir de toute l’Afrique, il faut d’abord rappeler à quel point ce pays tenace malgré toutes ses dérives se trouve situé par la force des choses dans l’oeil du cyclone. Il nous faut d’abord revenir un peu en arrière. A l’indépendance, le pays était exsangue, l’Etat était quasi inexistant et l’armée n’était encore qu’un regroupement de guérillas plus ou moins fatiguées et plus ou moins contrôlées par la direction d’un Front de libération nationale établie en partie à l’extérieur des frontières. Il faudra, par-dessus les graves divergences de départ, toute la mobilisation et la poigne de fer des dirigeants des deux premières décennies d’indépendance pour construire une administration et lancer le pays dans une politique volontariste de développement.

Il faut aussi se rappeler que, dans les derniers moments de la guerre d’Algérie, des militaires français d’origine algérienne avaient fait défection pour rejoindre l’Armée de libération nationale.

Opportunisme de la vingt-cinquième heure ou envoi en service commandé de la part de la puissance coloniale qui n’avait pas l’intention de quitter tout à fait le pays ? Nous n’avons pas encore la réponse exacte à cette question mais un faisceau d’indices semble montrer que, dès l’indépendance, le ver était dans le fruit. Et que la poigne d’un Boumedienne sut retarder l’échéance en créant une cohésion nationale qui allait résister malgré tout à la débâcle des années 1980/1990. Car en 1962, pour construire une armée moderne, les dirigeants de l’Algérie indépendante ne pouvaient se passer du savoir-faire de militaires de carrière formés par la force des choses dans l’armée française, et ils ne pouvaient pas non plus se passer des conseillers techniques français chargés encore après 1962 de « préparer » le pays à l’indépendance et de former ses futurs cadres. Car la France avait laissé comme héritage à l’Algérie quasi-entièrement alphabétisée en arabe de 1830 un analphabétisme massif dû au saccage systématique de ses écoles traditionnelles et à son remplacement par un système scolaire chétif chargé de former une très mince couche « d’indigènes » alphabétisés dans la seule langue du colonisateur. Pour ces raisons, Alger dut bien tolérer encore quelques années sur son sol la présence de bases militaires françaises et la poursuite d’essais atomiques …dont des Algériens paient encore aujourd’hui l’œuvre de mort dans le silence assourdissant des médias. Avec ces contraintes et pour imposer néanmoins son indépendance, l’Algérie contrebalança cette présence à la fois indispensable et envahissante par celle de conseillers venus du tout le camp socialiste et par l’imposition de méthodes dictatoriales qui neutralisèrent les vélléités des agents potentiels de la « Françafrique » au sein de l’Etat et de l’armée.

Est-ce un hasard si, à la mort (certains parlent d’assassinat …) du président Houari Boumedienne, plusieurs chefs militaires issus de l’armée française et ayant tardivement rejoint l’Armée de libération nationale parvinrent à acquérir une influence notable dans les rouages de l’Etat ? Et si, à la même période, l’Algérie renonça à son « orientation socialiste » et à poursuivre le rôle mobilisateur qu’elle jouait au sein du « Front du refus » face au sionisme et à l’impérialisme ?

Quoiqu’il en soit, la pente inaugurée au début des années 1980 devint vite une glissade abrupte lorsque, après avoir réprimé dans le sang les manifestants de 1988 qui protestaient contre des pénuries et des hausses de prix venues à point nommé pour justifier la fuite en avant généralisée de l’Etat dans une libéralisation tout azimut, économique d’abord, accompagnée ensuite très vite du lancement d’un pluripartisme intégral aussi soudain qu’irresponsable. Qui eut surtout pour effet d’éliminer à la fois les tenants du socialisme au sein des instances de l’Etat et les tenants d’une « réislamisation culturelle » de la société qui s’opérait à l’ombre de l’Etat et dans l’esprit d’un islam d’ouverture. Au profit des « afghans », intégristes takfiristes purs et durs revenus des champs de bataille d’Afghanistan et des camps d’entraînement de la CIA au Pakistan. Ceux-ci lancèrent soudainement la création du Front islamique de Salut qui lança une campagne virulente de démagogie contre le régime, contre les partis laïcs mais aussi contre les réislamisateurs modérés. Ce parti champignon bénéficia des subsides venus des pétromonarchies conservatrices2 et, au moins au début, de complaisances de la part de certains cadres de l’Etat, jouant sur la rivalité « laïcs/intégristes » où les deux camps étaient en fait, explicitement ou implicitement pro-occidentaux et opposés au socialisme, dans un climat délétère provoqué par les premiers scandales de corruption massive où l’on ne posait plus la question du développement autocentré, de la solidarité effective avec les mouvements de libération du tiers-monde et du contrôle social des moyens de production et d’échange. Où la privatisation faisait désormais consensus entre les « démocrates », les « islamistes », plusieurs généraux en cour et des affairistes de tous bords. L’idéologie illusoire du petit propriétaire se répandit d’autant plus facilement dans cette société qu’elle avait été tenue à l’abri des effets réels du capitalisme depuis deux décennies et qu’elle n’avait en conséquence pas bien pu prévoir ni le piège de l’endettement ni la mondialisation du capitalisme avec ses effets délétères sur toutes les économies nationales indépendantes. Il suffisait pourtant de regarder dans les pays voisins pour savoir ce que le capitalisme réel offrait à un pays du tiers monde.

Et l’Algérie de Chadli sur laquelle se refermait le piège de l’endettement manipulé par le biais de la fixation des prix mondiaux des matières premières, laissa ses frontières ouvertes aux importations massives de biens de consommation sans lendemain, assurant par le fait même l’enrichissement accéléré d’une bourgeoisie commerçante compradore qui s’appuyait sur les désirs de consommation désormais effrénée d’une masse d’Algériens frustrés jusque là par des années de contrôle socialiste des pénuries et de distribution plus ou moins égalitaire des biens que le pays pouvait se payer sans renoncer pour autant à investir priotiraiement dans son développement. Ce qui eut aussi pour effet de drainer vers l’extérieur les richesses accumulées en Algérie au cours du quart de siècle d’indépendance. Années au cours desquelles la main de fer de l’Etat avait déjà réprimé les premières tentatives de détournement des biens publics de la part de fonctionnaires parvenus sans conscience. Nouvelle bourgeoisie née souvent de réseaux incestueux avec les centres de pouvoir de l’Etat et l’armée, liée souvent aux élites « francophones » et généralement francophiles aussi, et de ce que l’on allait commencer à appeler en Algérie « l’Etat profond », au sein duquel se concentrent les privilégiés sans scrupules selons les uns, les défenseurs d’un minimum de continuité d’un Etat en déliquescence selon d’autres. « Système » dont il est difficile de mesurer l’ampleur et les limites, en particulier depuis les politiques « d’ouverture » qui ont multiplié les possibilités de liens individuels avec les puissances capitalistes, et en conséquence, les possibilités de corruption.

Le basculement vers la corruption du grand marché mondialisé

Citons comme exemple révélateur de ces métamorphoses, le cas d’Abdelhamid Temmar, poursuivi en 1975 dans une affaire de corruption alors qu’il dirigeait une entreprise publique de fabrication de papier …dont on retrouve aujourd’hui le nom à l’occasion du scandale actuel de Sonatrach. Cet homme fait partie de ce qu’on appelle le « clan des Oujdiens »3 qui défrait aujourd’hui la chronique. Promu, on n’ose trop comprendre pourquoi vu son passif, « ministre des privatisations », c’est lui qui organisa le bradage des entreprises publiques algériennes qui étaient rentables et qui n’auraient donc jamais dûes être privatisées mais qui furent néanmoins vendues

Dans des marchés conclus de gré à gré, comme par exemple, l’usine de jus d’abricots N’gaous, l’hôtel de luxe Riyadh et des dizaines d’autres sociétés. On estime que toutes ces privatisations ont rapporté au trésor public algérien moins d’un milliard de dollars US alors que les économistes évaluent aujourd’hui à plusieurs milliards la valeur réelle des biens vendus.

La décennie noire a facilité en fait la confiscation de beaucoup de biens publics au profit de personnages de l’ombre alors que la population, terrorisée par les égorgements de masse, de femmes et d’enfants en particulier, se terrait dans la peur et n’avait pas la force ou même le temps ne serait-ce que d’observer le pillage des biens publics, des machines, des usines, des équipements, des biens immobiliers. Terrorisme de masse venu donc au bon moment pour les pilleurs, les bradeurs et les destructeurs des restes de l’Etat socialiste. Terrorisme qui, comme par hasard, n’a presque jamais visé aucun Etat arabe conservateur aligné sur les puissances impérialistes malgré la masse des problèmes sociaux qu’on y rencontre4. Temmar fait partie du clan5 qui défrait les chroniques actuelles en remontant jusqu’à l’ex-ministre de l’énergie et des mines algérien, Chakib Khelil. Un clan pour lequel un journaliste algérien, Tayeb Belghiche, pose la question « Au delà même de la prédation, l’on s’interroge si cet homme et son « clan », pour reprendre les termes utilisés par Chakib Khelil, n’ont pas délibérément gangrené le pays afin de l’affaiblir et d’en faire une proie facile pour ses ennemis. Dans ce cas, on serait bel et bien dans une affaire de haute trahison planifiée et orchestrée dans d’autres officines. Car ce « clan » n’a aucune attache avec l’Algérie. D’ailleurs, Temmar criait toujours sa volonté de se faire enterrer à New York… » (El Watan 07/08/2013). Opinion qui rejoint celle sur les graves menaces extérieures pesant sur l’Algérie qu’on peut entendre aussi bien dans les milieux de la gauche sociale et anti-impérialiste algérienne, en particulier dans la bouche de Luiza Hanoune, députée et dirigeante du Parti des travailleurs, que chez des nationalistes et chez certains islamistes lucides qui ne sont pas tous passés avec armes et bagages au service des pétromonarchies corrompues et de leurs intérêts privés.

De Temmar passons aux têtes de l’affaire Sonatrach II. L’ex-ministre Khelil qui, en plus d’être citoyen algérien est aussi semble-t-il citoyen des USA, est sans conteste le grand responsable de la dilapidation du pétrole algérien. Il a même tenté avec constance jusqu’à sa chute toute récente de vendre tout le sous-sol algérien à des intérêts basés aux USA. En fuite dans sa patrie d’adoption, il est désormais l’accusé n°1 dans l’affaire Sonatrach II. Il fut inamovible pendant la décennie écoulée au cours de laquelle son arrogance à l’égard de ses collègues du gouvernement démontrait qu’il se croyait au-dessus de tout, ne devant sans doute à ses yeux rendre de compte qu’à sa seconde patrie d’outre-atlantique.

Mondialisation oblige, c’est par le biais d’un triple citoyen, algérien, français, canadien, résidant à Dubaï, Farid Bedjaoui, que, via l’Italie, le scandale a été ébruité. C’est en effet le Corriere della Serra qui vient de révéler que cet ex-bras droit et homme des contacts périlleux de Chakib Khelil, ayant été soumis à une enquête au cours de laquelle il n’a pas bénéficié du soutien des autres membres de son « clan », a finalement décidé de faire des révélations en remontant jusqu’à l’ex-ministre tout puissant. La société Saipem, filiale du groupe pétrolier italien ENI, est soupçonnée d’avoir versé des pots-de-vin à des cadres supérieurs de la Sonatrach pour obtenir des contrats d’une valeur totale de 8 milliards de d’euros. Ce qui a entraîné en Italie la démission puis l’arrestation de Pietro Varone, l’ex-PDG de Saipem. L’argent de la corruption passait sur des comptes basés à Hong Kong, à Singapour, au Liban et à Panama. Comptes dont Farid Bedjaoui était le propriétaire, en tant qu’agent indispensable de la corruption dont profitait tout un réseau, avec apparemment à son sommet l’ex-ministre. Aujourd’hui, c’est cinq mandats d’arrêt internationaux qui ont été émis par Alger contre des acolytes de Farid Bedjaoui, eux aussi des Algériens possédant des doubles citoyennetés, ce qui les rend difficilement extradables. L’enquête menée en Italie semble avoir forcé à éclaircir les choses en Algérie. La première affaire Sonatrach avait néanmoins éclaté en 2009 suite à des enquêtes menées par la sécurité d’Etat algérienne, le Département de la Recherche et de la Sécurité, le fameux DRS, et qui avait abouti alors à l’arrestation de plusieurs cadres supérieurs parmi lesquels Mohamed Meziane, l’ex-PDG de Sonatrach, que le ministre Khelil avait longtemps cherché à défendre.

Farid Bedjaoui est également poursuivi au Canada pour avoir récolté des pots-de-vin permettant à une entreprise canadienne de gagner des parts de marché en Algérie. Son clan, dont il était le promoteur attitré, possédait également des avoirs importants aux USA. Une équipe du FBI a mené une enquête sur ce réseau à Alger fin 2012 début 2013. On est étonné de constater à quel point les agents objectifs algériens d’intérêts étrangers ont pu croire dans le soutien inébranlable de leur parrain d’outre-Atlantique alors que la liste est longue des anciens dictateurs, militaires, affairistes de tous bords qui furent trahis par Washington, quand ils ne furent pas assassinés, dès lors qu’ils avaient cessé d’être utiles ou qu’ils commençaient à gêner la superpuissance à « la destinée manifeste ». Visiblement, les cours d’histoire n’ont pas été mieux assimilés par les affairistes algériens que par leurs alter ego des autres pays visés par l’impérialisme ! Ils auraient dû lire Macchiavel et pas seulement les cours de la bourse. Ces affairistes ont également négligé un autre aspect des choses, tant ils étaient habitués à n’avoir aucun compte à rendre à leurs compatriotes qu’ils considèrent avec leur arrogance de parvenus. C’est qu’il existe encore dans les démocraties occidentales, et malgré leur délitement très profond, non seulement des militants politiques mais également des fonctionnaires des appareils de justice ou de police qui croient toujours dans les obligations morales d’un système qui s’effondre pourtant aujourd’hui par pans entiers. Car il est contrôlé en définitive par une haute finance supranationale qui, elle, ne rend de compte à personne, ni à aucun peuple ni à ses propres agents d’influence et d’extorsion qui sont rétribués à la tache mais sans aucune garantie de soutien durable. Ce qu’on appelle les survivances de l’esprit civique expliquent néanmoins pourquoi des enquêtes aboutissent parfois et que des coupables peuvent être punis. Il en va visiblement de même en Algérie où la justice et les enquêteurs font en partie au moins leur travail, mais de cela, Chakib Khelkil et consorts semblaient encore moins convaincus que pour l’Italie ou les USA. Prolongement de l’esprit de « colonisabilité » tel qu’il fut formulé par Malek Bennabi ?

Si l’accusation visant Chakib Khelil semble étayée de façon assez crédible, il ne s’avoue pas vaincu et il a contre-attaqué en manipulant quatre journaux algériens arabophones (et donc les plus lus à l’intérieur) en leur faisant croire qu’il allait leur accorder de Washington D.C. où il se trouve actuellement un interview exclusive qu’il s’arrangea à organiser de telle manière que ces quatre journaux ont découvert le mercredi 14 août, que leurs trois autres confrères avaient, à quelques nuances prêt, publié le même entretien « exclusif ». Chakib Khelil y prétend qu’il n’est pas coupable. Mais, il accuse en des termes à peine voilés les dirigeants de Sonatrach, ce qui semble une menace à leur égard. Il plaide même en faveur des compagnies US coupables de malversations dans les années 2000 avec en particulier la fameuse Brown Roots & Condor (BRC), une société pétrolière dont 51% des parts furent détenues par Sonatrach et 49% par la compagnie US … Haliburton, dont l’un des actionnaires principaux n’est autre que Dick Cheney, l’ex-bras droit de Georges W. Bush. Or, l’affaire BRC n’a pas été uniquement qu’une affaire de corruption commerciale somme toute assez typique dans les relations des USA avec les pays du tiers-monde, mais elle a atteint le niveau d’une accusation d’intelligence avec une puissance étrangère, au profit des Etats-Unis. Dans ce contexte, on peut penser que la contre-attaque de l’ex-ministre algérien des mines bénéficie de quelques appuis outre-atlantique. A mettre en confrontation avec l’enquête menée par la FBI citée plus haut.

Des proches du Président Bouteflika, on cite même son frère, semblent avoir été également touchés par le scandale Khelil/Bedjaoui qui pourrait expliquer l’Accident vasculaire cérébral de ce dernier peu après avoir été mis au courant de l’ampleur du scandale qui pouvait à la fois sonner le signal d’un échec personnel qui risque d’être final, vu son état de santé, et de sa politique de succession visant à « civiliser » le système politique algérien. Accident dont il peine visiblement à se remettre, ce qui permet d’alimenter toutes sortes de rumeurs à Alger sur sa succession qui ne se déroule plus selon les schémas supposés jusque là, et qui pourrait faire entrer le pays dans une période de turbulences au moment même où les désordres et les ingérences extérieures se multiplient à ses frontières. Visant même parfois son territoire menacé à la fois par des commandos terroristes aux commanditaires restant dans l’ombre et par des drônes « non identifiés » rôdant à ses frontières méridionales et auxquels la défense anti-aérienne algérienne répond efficacement, preuve que ses chefs semblent décidés à maintenir la capacité de défense des intérêts de la nation, y compris en s’attaquant à des engins envoyés semble-t-il par le « partenaire incontournable » désormais installé au sud du pays7. Simultanément, c’est de l’essence et du kérosène algérien qui sont envoyés au Mali pour satisfaire les besoins de l’armée et de l’aviation françaises occupant ce pays. Montrer sa détermination tout en se rendant indispensable fait aussi partie des stratagèmes qui semblent permettre d’assurer sur le long terme une marge de manœuvre garante d’indépendance.

Liaisons extérieures dangereuses

Depuis le lancement de la « guerre contre la terreur », l’Algérie a été amenée à ouvrir ses portes à une coopération non seulement économique mais également militaire avec les Etats-Unis au point qu’une de leur installation militaire a pris ses quartiers dans le sud du désert algérien8. Les USA étant toujours à la recherche d’un pays acceptant de devenir l’hôte permanent de leur organe militaire d’opération en Afrique, l’AFRICOM, toujours basé pour le moment à …Stuttgart, en Allemagne. Coopération militaire entre Alger et Washington qui a fait grincer beaucoup de dents dans les milieux nationalistes algériens qui se manifestent avec constance au sein des instances dirigeantes. Car l’Algérie est en effet menacée dans son indépendance et son intégrité territoriale aussi bien par les pressions des puissances de l’OTAN qui ont organisé à ses portes la désagrégation de la Libye et du Mali et par un « ennemi intérieur » ayant des ramifications à l’étranger et qui peut avancer tantôt masqué au sein même des institutions officielles, tantôt à visage plus découvert, sous celui du régionalisme berbère, de l’intégriste takfiro-islamiste style pétromonarchique ou du démocrate libéral qui aime fréquenter les ambassades occidentales où il reçoit appuis et encougagements pour lancer un « printemps arabe ». Pétard mouillé pour le moment dans un pays qui a déjà expérimenté son propre « printemps » une génération avant les autres Arabes, et qui en est revenu. Est-ce du coup un hasard si, dans la foulée de l’intervention de la France au Mali, c’est un site de la British Petroleum situé au frontières d’une Libye désormais en déshérence et dépourvu, à la demande même de la compagnie (!) de toute protection militaire algérienne, que s’est produit la fameuse attaque terroriste d’In Amenas qui a vu en finale l’armée nationale réagir avec une rapidité telle qu’elle a provoqué dans un premier temps la colère de la Grande-Bretagne avant d’en obtenir ses félicitations convenues ? Et qu’on a découvert que, parmi les assaillants arrêtés, se trouvaient des Canadiens pas tout à fait « arabes » et ne correspondant au profil de « l’islamiste barbu » tant répandu dans nos « grands médias » ? On a même parlé de bateaux de la marine de guerre canadienne croisant aux limites des eaux territoriales algériennes.9 Canadiens dont on parle peu, les contentieux entre Etats fermes sur leur indépendance et sachant manier les rapports de force se réglant le plus souvent dans la discrétion des négociations entre chancelleries. Catégorie d’Etat à laquelle l’Algérie semble, malgré toutes ses faiblesses, toujours appartenir, ce qui ne plait pas à beaucoup de puissances occidentales, pas plus qu’à l’entité sioniste. Etat qui, en outre, accueille le plus grand nombre d’investissements chinois de toute l’Afrique, qui a repris une coopération militaire et économique avec la Russie, qui a beaucoup appris suite au drame que continue à vivre le peuple de Libye soit disant « libéré » et qui ne crit donc pas avec les loups dans le douloureux conflit provoqué de l’extérieur en Syrie.

En tout cas, cette opération terroriste aura permis à la masse des citoyens algériens de découvrir que des compagnies étrangères régnaient, ou croyaient régner, en maître au pays autrefois en pointe pour la nationalisation de ses ressources. Ces crises, si on les met en liaison avec le récent scandale Sonatrach II, permettent de penser que si certains souhaitaient faire prendre conscience à leurs compatriotes des menaces pesant sur l’indépendance à la fois économique et politique de leur pays à l’heure des interventions de l’OTAN dans tout le Sahara, ils ne s’y seraient pas pris autrement. Un combat des ombres semble donc se dérouler pour le moment à Alger, en parallèle avec la montée ou la remontée d’une conscience civique qui a empêché jusqu’à présent l’Algérie de basculer dans ce qui n’est désormais plus que « l’hiver arabe » …hiver qu’elle a déjà expérimenté après 1988.

Est-ce aussi un hasard si, au même moment, la justice algérienne se lance dans l’établissement de plus d’un millier de procès-verbaux visant des infractions à la législation des changes suite à la constatation de l’existence d’un « pic alarmant » d’importations, en particulier de biens alimentaires et d’automobiles ? La nouvelle bourgeoisie affairiste compradore algérienne semble dans le viseur de certains cadres de l’Etat, alors même que d’autres se sont lancés dans l’importation de produits plus ou moins utiles et qu’on pourrait ou qu’on a produit autrefois en Algérie. En cette heure de fin de présidence, l’actuel locataire du palais El Mouradia étant affaibli par la maladie et les prochaines élections présidentielles devant avoir lieu en 2014, il semble que les tensions internes s’exacerbent en Algérie même, aussi bien que autour de l’Algérie, pays stratégique s’il en est, pour assurer une succession qui pourra ou bien voir le pays s’aligner en finale sur les règles de la mondialisation capitaliste ou bien y résister, …et continuer à se heurter dès lors à coup sûr aux manœuvres de diversions et de fragmentations déjà à l’œuvre chez ses voisins, au nom des droits de l’homme, des droits des minorités berbères ou du sempiternel conflit identitaire et stérilisant à souhait entre pseudo- « laïcs » et soit disant « religieux », etc …ou bien encore de toutes sortes d’autres problèmes ou hochets identitaires que l’on pourra inventer et qui visent à ce que le citoyen algérien de base, le peuple, en arrive à oublier l’essentiel, à savoir la question de l’indépendance et de l’intégrité territoriale qui seules peuvent être garantes d’une authenticité, d’un développement et d’un progrès social et culturel réels dans leur pays à l’heure de l’impérialisme mondialisé.

Bruno Drewski

Investig’Action