Syrie: les bataillons Zapad et Vostok à Alep, les bérets verts de la CIA à Palmyre

Le rôle des redoutables commandos tchétchènes des bataillons ZAPAD et VOSTOK dans les combats de rue pour la capture des derniers carrés de maisons  à Alep-est aurait été déterminant dans la victoire des forces syriennes, iraniennes et russes.

Alep est pratiquement sous le contrôle de Damas mais une nouvelle offensive de l’organisation terroriste connue sous le nom d’Etat Islamique en Irak et au Levant, solidement appuyée par les bérets verts de la CIA a totalement pris au dépourvu l’armée syrienne à Palmyre (Tadmor) où une base logistique gouvernementale a été prise d’assaut par une brigade terroriste. D’après des témoignages convergents, les forces rebelles ont eu recours à une nouvelle tactique: celle des essaims par vagues successives, s’assurant toujours d’une supériorité numérique de 10 contre 1 à un point d’attaque donné.

De toute évidence, russes et américains ne cachent plus l’implication directe de leurs forces spéciales dans les combats au sol en Syrie et on y assiste à une nouvelle course entre les militaires des deux puissances, rappelant étrangement la course endiablée entre américains et soviétiques vers Berlin en 1944-45.

Contre-offensive russe au Moyen-Orient

Les déclarations extrêmement bellicistes du Chef de la diplomatie saoudienne à l’égard de la Syrie à l’Assemblée Générale des Nations Unies, relayées dans une version un peu edulcorée par le président français François Hollande (qui jouit de la confiance absolue de Ryad et de Doha, conséquence de la méfiance qu’inspire le style Obama à ces régimes), ont mis fin aux tergiversations des pays hostiles quant à leur intentions. Adel Al-Jubayr, ministre des Affaires étrangères du Royame d’Arabie Saoudite a en effet déclaré que le Président syrien Bashar Al-Assad « devait partir ou subir l’option militaire’.

Le signal n’est même pas codé. Moscou et Damas décident d’agir ou plutôt de réagir très vite. A peine le Parlement russe donne t-il son aval à l’utilisation des forces armées en Syrie que des chasseurs-bombardiers russes procèdent à des frappes dans la province de Homs. Une vingtaine de raids ciblent huit positions de Daech dans une zone difficile d’accès. Consternation à Ryad et rage à peine contenue à Washington.

Les Etats-Unis et la France (Paris agissant pour le compte du Qatar en échange d’une aide financière assez conséquente) sortent une première parade: Au lieu de cibler Daech, les russes auraient bombardé des positions de la rébellion syrienne dite modérée. Les preuves? D’interminables jérémiades de barbus armés jusqu’au dents jurant devant les caméras numériques de la propagande rebelle  qu’ils se sont fait massacrer par les Russes. Devant le peu de consistence de telles assertions relevant plus de la mauvaise foi et confirmant un peu plus les liens troubles entre certaines capitales et les organisations islamistes radicales semant la terreur un peu partout en Orient, des experts préconisent un vieil expédient: le massacre de civils. Les femmes et les enfants en tête. Dommages collatéraux. Problème: les russes n’ont effectué que des frappes limitées en zone semi-montageuse quasiment inhabitée. Reste l’avis des experts. Un relais de l’Otan n’est pas allé par quatre chemins pour estimer que les pilotes russes avaient totalement raté leurs cibles. Et dire que les enragés de Daech se la coulaient douce depuis plus d’un an sous les rares bombes intelligentes US, britanniques, françaises et Arabes, largués le plus près possibles des lignes de l’armée syrienne (sait-on jamais). Cela a changé. Les Russes ne badinent pas: ils canardent à coups de roquettes à basse altitude…C’est pas amusant et l’ennui est que ça peut être mortel.

Les Russes ont mené des frappes dans la province de Homs. Le jour même, des avions de combat US ont procédé à une frappe aérienne dans la province d’Alep. Une sorte de baroud d’honneur. Surtout que le préavis russe aux capitales de la coalition et aux israéliens était très court: à peine une heure. En fin de journée, des avions syriens bombardent les mêmes positions que les avions russes ont arrosé avec des roquettes et des missiles quelques heures auparavant. Un véritable carrousel.

En réalité, jamais la Russie n’aurait envisagé d’employer des avions de combat au Levant dans ce qui semble l’une des plus grandes interventions russes au Moyen-Orient si la bande de Victoria Nulland, composée uniquement de civils ultra-sionistes n’ayant jamais eu la moindre expérience militaire, n’avait pas autant méprisé le haut commandement militaire US et poussé les Etats-Unis et leurs alliés à aller embêter l’Ours Russe tout près de sa tanière en Ukraine.

La crise en Ukraine a été provoquée en réaction à l’échec du plan préconisé en Syrie suite au soutien politique et diplomatique russe à Damas. Ceux qui ont provoqué Moscou n’ont peut-être jamais lu une ligne d’histoire sur ce qui s’est passé sur le Front Oriental de la Seconde guerre mondiale (1939-1945) et son impact décisif sur ce conflit.

Des militaires russes sont en train de débarquer à Baghdad en Irak mais également dans des bases aériennes en Iran (notamment à Hamadan). Un centre de coordination opérationnel regroupant des militaires russes, syriens, irakiens et iraniens à Baghdad? S’agit-il de politique-fiction? Non. Voilà où mène l’ingérence de civils à la loyauté incertaine et agissant pour une idéologie (en l’occurrence le sionisme) et ayant le contrôle des armées les plus onéreuses au monde avec un budget dépassant les 600 milliards de dollars US. George W. Bush doit avoir une belle gueule de bois en ce moment.

Le plus amusant dans cette affaire est que les Russes agissent sous le couvert de la lutte contre le terrorisme. Le même fond de commerce utilisé par l’empire pour justifier ses guerres en dehors du défunt droit international. Il s’agit bien d’une lutte. Certains analystes ont jugé que la Troisième guerre mondiale n’a pas eu lieu ou qu’elle a été évitée de justesse. Nous estimons que nous sommes en plein dedans. Voire vers sa fin. C’est aux historiens d’en délimiter la durée, ainsi que l’année de son début.

Le jeu continue.

TRIDENT C

Syrie: secousse tellurique de 3 degrés sur l’échelle de Richter à Alep

Que le premier ministre israélien se rassure, il n’agit pas d’un essai nucléaire iranien dans le nord de la Syrie: une secousse tellurique de 3 degrés sur l’échelle ouverte de Richter a été enregistré le 04 mars 2015 à 0531 heure locale et 0331 heure GMT à Alep. L’épicentre de la secousse a été localisé à 7 kilomètres de profondeur.

Très peu d’habitants ont dit avoir ressenti la secousse, certains la confondant avec les effets d’un pilonnage d’artillerie ou un bombardement aérien.

Les médias de la rébellion syrienne et les curieux organes multilingues de « Daech » n’ont pas rapporté cette information. Autrement, ils auraient été capables de crier à  un essai nucléaire du régime ou de son allié iranien.

Si tu me donnes l’Europe, moi je te fais cadeau de la Syrie

Le 31 octobre dernier, François Hollande, président de la république Française, a reçu son homologue turc nouvellement élu, Recep Tayyip Erdoğan. Suite à leur entrevue, une conférence de presse s’est tenue, au cours de laquelle les deux chefs d’État ont parlé de la situation en Syrie et au Proche-Orient.

Le président turc a fait part de ses doutes concernant la fixation que la Coalition Internationale semble faire à propos de la ville kurde de Kobane. Pour lui, rien ne justifie les frappes quotidiennes sur ce site, puisque: «Comme il n’y a plus de civils dans Kobane, où il n’y a que 2.000 combattants, pourquoi est-ce ce lieu qui est constamment bombardé?»
En gros, les civils sont saufs, les Peshmergas peuvent bien se débrouiller seuls.

D’après Erdogan, la Coalition Internationale pourrait tout aussi bien s’occuper de bombarder Idlib, Hama, Homs ou les 40% de l’Irak sous la coupe de l’EIIL. Hollande a aussitôt répondu du tac au tac: «(…) Kobane n’était pas l’alpha et l’oméga de la mission, la « ville clé » dans la lutte est Alep, la deuxième ville de Syrie».

Nous y voilà! Ce fut long. Cependant, Alep n’est pas une ville aussi facile à bombarder que Kobane. Sa relative proximité avec Damas, et son importance stratégique font en sorte que le gouvernement de Bashar al-Assad ne donnera jamais sont accord pour de tels lâchers de bombes. Il ne reste qu’une solution pour que la Coalition Internationale puisse arriver à ses fins, une zone d’exclusion aérienne, déguisée en couloir humanitaire. Il y a quelques temps de cela, le gouvernement turc avait édité une carte représentant les fameuses zones humanitaires et ce qui en ressortait était les localisations de ces dites zones; les principales étaient dans l’Ouest de la Syrie, sur l’axe de ravitaillement turco-EIIL.

Site original: Hürryiet Daily News
Site original: Hürryiet Daily News

Le président turc a aussi réitéré son appel à faire tomber Bashar al-Assad, coupable selon lui d’utilisation d’armes chimique et de terrorisme d’État. Toujours selon lui: «(…) la lutte anti-ISIL devrait également viser le gouvernement syrien».
On peut être certain que cette déclaration a reçu une oreille attentive chez son homologue français; lui qui martèle depuis deux ans que Bashar al-Assad est le chef des combattants djihadistes éparpillés sur son territoire…

Enfin, le chef de la Turquie s’en est pris aux États-Unis, pour avoir laissé derrière eux leur équipements militaires lourds dont l’EIIL s’est emparé. Cependant, il a tenu à rappeler à la Coalition Internationale qu’il a donné l’autorisation aux Peshmergas irakiens de passer par la Turquie pour aller combattre à Kobane; il a néanmoins oublié de préciser qu’avant de donner son accord, les forces kurdes irakiennes ont rongé leur frein durant quelques jours.

Cependant, la dernière phrase prononcée par Erdogan est assez explicite; elle est adressée directement à François Hollande et ne laisse planer aucun doute sur ses intentions: c’est donnant-donnant.
En effet, le président turc a demandé le soutien de François Hollande à la candidature de la Turquie pour devenir membre de l’UE…

Guerre en Syrie: exploitant la guerre entre factions rebelles, l’armée syrienne continue son avancée

L'avancée des unités blindées syriennes dans la zone industrielle d'Alep continue, exploitant les combats acharnés entre l'Etat Islamique d'Irak et du Levant et les autres factions de la rébellion. Le haut commandement syrien aurait donné pour consigne de cibler en priorité une nouvelle organisation apparue depuis moins de quinze jours sur le terrain dénommée le Front Islamique. Cette dernière bénéficie du soutien affiché des cercles sionistes aux Etats-Unis.
L’avancée des unités blindées syriennes dans la zone industrielle d’Alep continue, exploitant les combats acharnés entre l’Etat Islamique d’Irak et du Levant et les autres factions de la rébellion. Le haut commandement syrien aurait donné pour consigne de cibler en priorité une nouvelle organisation apparue depuis moins de quinze jours sur le terrain dénommée le Front Islamique. Cette dernière bénéficie du soutien affiché des cercles sionistes aux Etats-Unis.
Il est inconnu des médias dominants mais un héros en Syrie. L'homme à gauche sur la photo n'est autre que le général Issam Zahreddine, l'un des cinq principaux stratèges de l'armée syrienne, ici en train de discuter avec un des chefs des milices de la défense populaire.
Il est inconnu des médias dominants mais considéré comme un héros en Syrie. L’homme à gauche sur la photo n’est autre que le général Issam Zahreddine, l’un des cinq principaux stratèges de l’armée syrienne, ici en train de discuter avec un des chefs des milices de la défense populaire.
La guerre en Syrie prend de plus en plus la forme d'une guérilla urbaine. Ici, des éléments des forces d'intervention du 11e régiment des troupes de choc dans les rues d'Alep.
La guerre en Syrie prend de plus en plus la forme d’une guérilla urbaine. Ici, des conscrits appartenant au 11e régiment d’infanterie  dans les rues d’Alep.
Republican Guards Syria Adra
Adaptation aux conditions imposées par le terrain. Des soldats de la garde républicaine syrienne avançant derrière un « technical », un pick-up modifié et doté d’une arme lourde.
signature Assad
Document des forces armées syriennes daté du 22 avril 2013 et signé de la main du Président Bashar Al-Assad, commandant suprême des forces armées,  portant félicitations à  l’ensemble des soldats, sous-officiers et officiers de toutes les unités militaires ayant défendu le dépôt 560/3 (armes spéciales, chimiques?) à Ouadi Al-Dhaif.

Guerre en Syrie: Les soldats syriens capturés à l’hôpital Al-Kindi d’Alep exécutés

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Ave caesar morituri te salutant…Onze soldats de l’armée syrienne  capturés par les rebelles d’Al-Nossra lors de la destruction totale de l’hôpital Al-Kindi à Alep (Nord de la Syrie) ont été sommairement exécutés. L’exécution spectaculaire s’est déroulée en public sous des incantations hurlées par des hauts-parleurs et des rafales d’armes automatiques. Chaque soldat à été exécuté d’une rafale de fusil-mitrailleur AK-47 dans la nuque, la tête et le haut du dos.

Ces soldats faisaient partie de l’unité chargée de la protection du complexe de l’hôpital militaire d’Al-Kindi, l’un des plus grands de Syrie, détruit en intégralité par un assaut rebelle menée par des kamikazes montés à bord de véhicules blindés de combat de infanterie piégés. Les soldats syriens retranchés à l’intérieur du complexe en compagnie d’un général de brigade, tué lors des explosions, étaient assiégés depuis sept mois. Ils ne devaient leur subsistance qu’aux largages de vivres et de munitions par des hélicoptères précédés de raids aériens d’avions d’attaque au sol.

Guerre en Syrie: mise en échec d’un assaut rebelle sur un aérodrome près d’Alep

Alep-Correspondance particulière/Strategika51

Plus de 102 combattants rebelles ont péri ces dernières 48 heures en tentant de prendre d’assaut l’aérodrome militaire de Kuwayris près d’Alep.

Usant d’une tactique éprouvée, notamment lors de l’attaque du village chrétien araméen de Maaloula, les rebelles des brigades de Jund Al-Haqq (les soldats de la Justice), une branche affiliée à Jobhet Ennosra (Front des Partisans/Al-Qaida) ont tenté de prendre d’assaut la base aérienne  avant-hier à 4h00 du matin (heure de Damas) en forçant le portail d’entrée à l’aide de véhicules piégés conduits par des kamikazes, mais une contre-offensive des unités spéciales de l’armée syrienne soutenues par les Forces de la défense nationale (NDF-une force paramilitaire supplétive de l’armée) et disposant d’un important appui feu aérien a permis une manoeuvre d’encerclement et l’élimination de la force rebelle.

Nos sources soulignent que les rebelles capturés lors de cette opération ont fourni des informations sur leur entraînement en Turquie méridionale par des instructeurs britanniques.

Les rebelles ont utilisé des engins piégés et plus précisément des camions avec un type militaire d’explosif n’existant pas dans la nomenclature de l’armée syrienne pour détruire les défenses de la bases aérienne pour ouvrir un passage à une force d’assaut rebelle. C’est quasiment le même plan utilisé avec succès à Maaloula où furent utilisés des pneus usagées piégés au TNT et au C4 contre les soldats syriens gardant le village Araméen.

Cependant, cette fois-ci, l’attaque fut mise en échec grâce à l’interception des communications cryptées des rebelles par le renseignement militaire. Les rebelles faisaient référence à cette attaque par le nom de code de « Amir Al-Oumaraa » ou Emir des Emirs (Princeps Principii) dans une possible allusion au Prince Bandar Ben Sultan, Chef des renseignements Saoudiens. Cette opération revêtait une importance très particulière car c’est de cet aérodrome que partent les hélicoptères de combat et les avions d’attaque au sol opérant dans la province septentrionale d’Alep.

Parmi les rebelles éliminés identifiés par les renseignements de l’armée de l’air figurent:

  • Mahmoud Al-Khalil, décrit par l’agence officielle SANA comme un sniper. Ce dernier surnommé le Glaive de Dieu serait derrière un nombre impressionnant d’assassinats de précision ayant visé des militaires de l’armée syrienne;
  • Faarooq Sadreddeen
  • ‘Umar Sadreddeen
  • Fakhri Abu-Karraar
  • « Abu Raafid Al-‘Iraaqi », ressortissant de nationalité irakienne, identité non confirmée;
  • Hussayn Al-Qishta
  • Sindaar Al-Kubaysi
  • Haseeb Al-Mustafaa
  • Hamdu Al-Juma’ah
  • Badr ‘Umar
  • Shukri Istablaji
  • Haatem Muhammadaani
  • ‘Abdul-‘Azheem Dayyoob
  • Hassan Al-Kabaareeti
  • Ahmad Harb
  • Ahmad Hamad
  • Zayn-Al-‘Aabideen Al-A’raj
  • Ibraaheem Al-Malaama
  • Khaleel Al-Zankari
  • Faheem Muhammad
  • Abdul-Waliy Urhanli
  • Faraj ‘Abdul-Hameed
  • ‘Izzedden Al-Shater
  • Rafeq Ballat
  • Dawoud Shalabi
  • Muhammad Jabboor
  • ‘Imad Ihsani
  • Muhammad ‘Abdul-Baaqi
  • Mahmoud Salama
  • ‘Ali Shumaysi
  • Yasin ‘Issaa
  • Ziyad Al-Nuqta

69 autres combattants n’ont pu être identifiés. Les pertes de l’armée syrienne et des NDF s’élèveraient quant à elles à 37 morts et une centaine de blessés.

En raison de la proximité de la frontière turque, l’armée syrienne a mis le paquet dans son offensive pour reprendre le terrain cédé aux différentes factions de la rébellion depuis un an et demi. La Syrie a officiellement accusé, à travers son représentant aux Nations Unies, la Turquie de soutenir les rebelles sur son territoire. La guerre continue. En attendant Genève 2 en janvier 2014.

Attaque de Kuwayris_Alep

Vladimir Poutine à Bashar Al-Assad: « vous disposez de moins de vingt jours…Il faut qu’ils assistent à Genève totalement nus! »

On en sait un tout petit peu plus sur la fameuse conversation téléphonique entre les Présidents Russe et Syrien. Vladimir Poutine de Russie aurait dit à son homlogue Syrien que désormais ce dernier disposait de moins de vingt jours pour écraser suffisement ses ennemis pour que leurs représentants ne puissent assister à Genève II que tous nus!

Sur le terrain, c’est le grand remue-ménage général et les offensives de l’armée syrienne ne se comptent plus. Et mis à part le doute levé sur l’offensive de Kalamoun, les délégués de la rébellion syrienne risquent bien d’y laisser bien plus que leurs manteaux avant d’arriver à Genève…

Bref rappel de la situation militaire prévalant dans les principaux axes de la grande offensive de l’armée régulière depuis trois jours:

A Alep, le front se rétrécit au détriment des factions rebelles jusqu’à l’entrée Sud de la ville. Les lignes d’approvisionnements des forces rebelles à partir du Sud et du Sud-Est ont été anéanties par les SAA (Syrian Air force) les forçant à se rabattre sur les lignes septentrionales en provenance de Sheick Najaar à travers la zone industrielle. En même temps, les bombardiers syriens continuent à cibler toute tentative d’inflitration des rebelles de l’Emirat islamique d’Irak et du Sham en provenance d’Al-Raqqa. Les généraux syriens tentent actuellement d’utiliser l’aviation pour couper les routes d’approvisionnement de Sheik Najaar (celle reliant le Nord d’Alep aux frontières turques) pour s’assurer d’un isolement total des forces rebelles à Alep. Trois colonnes de combattants de Jobhet Ennosra ont tenté pour la énième fois d’attaquer la fameuse prison centrale d’Alep (laquelle cache bien plus que des prisonniers). En vain.

A noter le raid aérien complexe mené contre l’école militaire d’infanterie d’Alep dans laquelle s’étaient réunis les principaux chefs rebelles pour arrêter un plan de défense de la ville. Ce raid mené à l’aide des meilleurs chasseurs-bombardiers des SAA n’a pu être possible sans une présence au sol et par dessus tout une infiltration des rangs ennemis. Abdel Qader Salah, Le chef militaire ainsi que  le chargé des renseignements militaires de l’organisation des brigades de  Liwaa Ettawhid et des légions de Liwaa Ettawhid ont péri au cours de ce raid. L’organisation a promptement tenté de venger la mort de ces chefs à Damas mais elle n’a touché que des commandants militaires subalternes et des civils.

Les usines de production de coton à l’Est de Nayrab ont été repris par l’armée régulière mais pas la totalité des usines de munistions que l’artillerie commence à détruire de façon délibérée. De furieux échanges d’obus et de roquettes ponctuent l’avancée des soldats syriens et des miliciens des comités de la défense populaire dans la zone. Des radios FM clandestines ont été détruites. L’accès à l’une d’elle était protégé par 90 bombes artisanales. A Al-Ashrifya dans les environs de Saif Eddawla, 70 rebelles ont péri dans les combats. Les pertes sont aussi élevées du côté des comités de défense populaire, souvent les premiers à accrocher les forces rebelles.

A Idlib, des rapports signalent des combats d’une extrême intensité qualifiées par les rebelles de « dernières batailles pour l’existence » et où les bataillons de l’armée régulière en sont arrivé à utiliser des méthodes inédites pour déloger les snipers adverses.

Au Nord de la province côtière de Lattaquié, l’aviation syrienne, décidément présente sur tous les fronts pour pallier à la perte du terrain au profit de la rébellion, a réussi à repousser une attaque d’envergure menée par les extrémistes de Jobhet Ennosra officiellement affiliés à Al-Qaïda près de la frontière turque. Selon les informations en provenance de ce front montagneux, 112 membres de Jobhet ennosra ont été neutralisés en moins de 48 heures tandis que 71 éléments ont été piégés à Salma, le dernier bastion fortifié de Jobhet ennosra et des brigades de l’Emirat islamique d’Irak et du Sham dans la province de Lattaquié.  Des unités navales syriennes ont participé aux combats en tirant des missiles sur des cibles situé en territoire rebelles.

Enfin la banlieue de Damas où les unités spéciales et les blindés ont réussi à reprende la localité de Hujeirat mais les combattants des brigade de Ahrar Al-Sham (les hommes libres du Sham/Syrie-Palestine) et leurs alliés de « Liwaa Al-Islam » (l’étendard de l’Islam) tiennent encore le contrôle de la Ghouta où ils opposent une très farouche résistance malgré les pilonnages continuels de l’armée syrienne. Cette dernière est en train d’avancer sur les localités de Barzeh, Darayaa, Al-Qabun et Zamalka. Inutile de préciser que ces villes sont déjà détruite à plus de 90 % des effets du pilonnage permanent d’artillerie et des bombardements aériens. Plus de 125 ex-déserteurs de l’armée qui se battaient avec différentes factions rebelles se sont rendus et ont demandé de bénéficier des dispositions du décret présidentiel 70/2013 portant l’amnistie.

A Deraa (Sud du pays) l’artillerie lourde syrienne est entrée en action après que des combattants rebelles aient attaqué des postes militaires et infligé des pertes aux militaires. Des pilonnages massifs ciblent les campagnes.

En parallèle, une autre bataille se déroule en mer. C’est la guerre des signaux électromagnétique entre les marines russe et celles de l’Otan. Au brouillage des uns répond le contre-brouillage. Observation notable: très peu de drones ont réussi à pénétrer l’espace aérien syrien. Sous la mer, divers submersibles appartenant à 11  nations jouent au chat et à la souris.

C’est dans ce contexte qu’il faut situer les déclarations des divers protagonistes de la guerre en Syrie. Les revendications de la rébellion syrienne répétant comme un leitmotiov son exigence du départ du Président Al-Assad paraissent pour le moins irréalistes si l’on se réfère à la situation sur le terrain. Pour l’instant, l’offensive est gouvernementale. Damas est engagé dans une course contre la montre. L’usage intensif de l’aviation souligne cette hâte non d’en finir mais de gagner le maximum de points pour pouvoir négocier en position de force à Genève. C’est le sens des paroles qu’à adressé le Président Russe à la conseillère du Président Assad, Mme Buthaina Shaban, à la tête d’une délégation syrienne en visite à Moscou.

Maintenant il reste à savoir qui assistera nu comme un ver à Genève. En plein mois de décembre, ça ne doit pas être joyeux…

Conflit au Moyen-Orient: Genève II à partir du 12 décembre 2013?

Les soldats syriens avançant au milieu des ruines des villes reprises aux différentes factions de la rébellion ont eu la mauvaise surprise de tomber sur des labyrinthes de tunnels souterrains et de blockhaus munis d’un système intégré de vidéosurveillance et des capteurs de mouvement. Des mines relativement complexes ont relativement compliqué et retardé les opérations de l’armée syrienne et permis aux rebelles de se replier dans les localités environnantes.

Autre surprise: Outre des nationaux issus des ex-Républiques soviétiques du Caucase, des volontaires indonésiens, érythréens et pakistanais combattent aux côtés des rebelles…

Des tranchées en zigzag ont déjà été découvertes dans plusieurs localités contrôlées par les rebelles. Ces derniers disposent actuellement d’un éventail impressionnant d’armes lourdes et même de missiles antichar assez performants. D’autres informations émanant d’une association américaine affirment que les rebelles auraient reçu des missiles antiaériens portables de type Stinger. Mais l’observation des faits sur le terrain n’a pas encore permis de vérifier cette donne. Tous les aéronefs syriens abattus par la rébellion l’ont été suite à des tirs de DCA, de roquettes et de missiles antiaériens de fabrication russe.

Il ne sera pas aisé de reconquérir Alep sans l’usage d’un grand déploiement de forces. Une concentration de forces que Damas veut éviter afin de ne pas dégarnir d’autres fronts jugés plus sensibles, notamment les alentours de la capitale, le littoral méditerranéen et le Golan. Mais le temps presse. Le journal syrien El-Watan, proche du pouvoir à Damas, a pour la première fois avancé une date pour le début de la tenue de la Conférence internationale de Genève II: le 12 décembre 2013. Sonde ou pas, les délais sont trop courts pour reprendre la totalité de la province d’Alep.

D’autant plus que Damas sait pertinemment qu’il aura à payer l’engagement des kurdes contre ses ennemis d’aujourd’hui. Jusqu’ici, les objectifs des kurdes et du gouvernement ont convergé face à la menace réelle que fait peser une faction de la rébellion dont le seul programme politique est l’exclusion et l’anéantissement de l’autre à cause de différences quelconques (le programme de tous les extrémistes quelle que soient la religion ou l’idéologie). Mais après? Damas sera obligé de renvoyer l’ascenseur aux kurdes. En d’autres termes, leur octroyer une autonomie élargie. Or, la nature de l’État syrien est profondément jacobine. Suivra t-il l’exemple de l’Irak voisin?