Syrie: la logique rationnelle de Washington contre l’irrationalité de Londres et de Paris

L’annonce par le Secrétaire d’Etat US John Kerry sur la nécessité de dialoguer avec le président syrien Bashar Al-Assad est un aboutissement logique et par dessus tout la consécration des efforts inlassables fournis par des centaines d’officiels américains anonymes et patriotes croyant dur comme fer qu’il est possible de contrer l’influence sioniste et de l’expurger du processus d’élaboration et de prise de décision en matière de politique étrangère US (Decision-Making and Decision-Taking Processes)

Des mois avant l’annonce de John Kerry, la plupart ds analystes US éloignés de l’influence israélienne et travaillant sur la Syrie sont arrivés à la conclusion selon laquelle il serait hautement préférable d’éviter un effondrement des structures de l’Etat syrien afin d’éviter une situation totalement chaotique susceptible d’échapper à tout contrôle. L’arrogance monstrueuse dont ont fait preuve les israéliens envers les Etats-Unis d’Amérique, notamment à travers leur premier ministre Benyamin Netanyahu, le peu de discrétion dont ont fait preuve leurs soldats en s’affichant ouvertement avec les terroristes d’El-Nosra devant les caméras ou encore l’obssession de leurs politiciens à vouloir humilier Washington ont mis à nu un allié « stratégique » fort  instable, peu loyal, ingrat et dangereux.

A l’opposé de l’ouverture d’esprit qui a toujours caractérisé les Américains, Londres et Paris persistent à faire de l’excès de zèle vis à vis du sionisme mondial. Les déclarations officielles des britanniques et des français sont depuis un certain temps totalement illogiques, éloignées des réalités et empreintes d’un certain ridicule concernant des questions comme la Syrie ou l’Ukraine.

Pour la Grande-Bretagne, cela pourrait se comprendre vu l’histoire du démantèlement de l’Etat britannique. Pour la France, le cas semble s’être aggravé par l’arrivée d’un certain Nicolas Sarkozy avant d’être consacré par les errements idéologiques d’une gauche sioniste d’une virulence inouïe en plein déni du principe de réalité. Dans tous les cas, le jeu continue…

Conflit en Syrie: Un général-major de l’armée syrienne blessé au combat à Deir Ezzor

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Selon des indications recueillies, le général-major Issam Zahreddine, l’un des plus populaires des commandants supérieurs au sein de l’armée syrienne a été blessé au combat à Al-Rushdya à Deir Ezzor. Ce général de la garde républicaine syrienne devait conduire l’assaut visant à libérer Andaan près d’Alep (Nord du pays) mais a été muté à la dernière minute à Deir Ezzor où la situation militaire se dégradait. Le général de la garde a été blessé alors qu’il conduisait une opération de recherche-destruction dans l’un des quartiers les plus chauds de Deir Ezzor.

Ailleurs, les forces syriennes soutenues par des unités du Hezbollah libanais ont complètement investi les localités de Deir Attya et Al-Nabak après de durs combats contre les factions rebelles. L’assaut gouvernemental a été mené par les officiers les plus aguerris en matière de tactique militaire.

Battant en retraite, les extrémistes d’Al-Qaïda ont investi l’hôpital Al-Bassel (du nom du frère ainé décédé du Président syrien) de la ville de Deir Attya et ont systématiquement éliminé à la grenade et au fusil d’assaut l’ensemble des blessés et autres malades s’y trouvant, nonobstant leurs appartenance à l’un ou l’autre camp.

Les unités de l’armée syrienne ayant conduit l’assaut à Deir Attya et Al-Nabak étaient secondées par les milices du parti Baath, les comités de la défense populaire et des éléments du Hezbollah libanais.

Le retrait des rebelles de Al-Nabak a été soudain et s’est déroulé d’une manière désorganisée. Ce retrait a encouragé certains citoyens à prendre les armes contre les rebelles en retraite.

D’autres unités ont pénétré dans la localité voisine de Ain Al-Baydhaa. Des renforts rebelles ont été dépêchés en urgence au Qalamoun depuis Arsaal au Liban. Une décison saoudienne hâtive pour tenter de limiter les dégâts.

La rébellion syrienne a accusé l’armée gouvernementale d’avoir perpétré un massacre à Deir Attya. Elle accuse également Damas d’avoir tiré au moins un missile balistique de type SCUD sur la ville de Qaraa. De fait, un missile a visé un centre de commandement rebelle à Qaraa, provoquant d’immenses dégâts matériels et facilitant l’entrée d’unité de la sécurité intérieure et d’autres relevant des renseignements militaires. Ces dernières ont été freinées par la découvertes de pièges et de bombes artisanales improvisées (Improvised explosive devices ou IED) pesant plus de 80 kilogrammes.

Les combats continuent à Alep où les différentes factions rebelles se battent souvent les unes contre les autres ou font face à l’avancée lente mais progressive des troupes syriennes. Au milieu de ce chaos, les combattants kurdes suscitent l’intérêt de l’ensemble des protagonistes à l’exception des extrémistes islamistes pour lesquels tous ceux qui ne sont pas avec eux sont des hérétiques à éliminer. Les kurdes font l’objet d’un traitement de faveur de la part de Damas mais également de l’Arabie Saoudite. Cette dernière tente de récupérer les kurdes pour les rallier au front anti-pouvoir.

Ce qui se passe en Syrie n’est pas exempt d’un certain déterminisme historique. Aux enjeux géopolitiques contemporains et aux rivalités régionales se superposent d’autres clivages fort anciens.

Les défaites des factions rebelles à Damas et leur situation difficile à Alep n’ont pas eu d’effet notable sur le moral des pays soutenant mordicus et contre vents et marées un changement de régime à Damas. Ryad a déjà ordonné une autre contre-offensive tandis qu’Israël vient de rendre public un rapport sur la situation militaire en Syrie dans lequel il souligne que grâce à l’affaiblissement de l’armée syrienne dans cet interminable conflit, l’armée israélienne peut arriver aux portes de Damas en « quelques heures seulement » alors qu’il fallait plus d’une semaine avant la guerre.

Tel-Aviv estime qu’il est dans son intérêt que la guerre perdure en Syrie car plus le temps passe, plus l’armée syrienne s’affaiblit. Pour les israéliens, la seule force militaire organisée en Syrie n’est plus l’armée syrienne mais le Hezbollah libanais. Une analyse que partagent les Saoudiens.

Sur le terrain, l’ordre initial ordonnant à l’ensemble des personnels des forces armées syriennes de garder l’uniforme ou le treillis de combat, le grade et les insignes pour maintenir la cohésion des troupes et la discipline a été l’une des marques distinctives de ce conflit. L’armée syrienne est certes affaiblie mais l’apport de conscrits du contingents et de volontaires au sein des comités de défense populaires et les milices du parti ont permis de pallier à certaines déficiences comme les défections ou les désertions.

« La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens » selon Clauzewitz . Et cette guerre en Syrie  continue pour obtenir des gains politiques à faire valoir autour d’une table à Genève. En attendant, un des plus beaux pays du Levant subit la destruction sur l’autel d’intérêts géostratégiques n’ayant rien à voir avec le bien-être des populations civiles.

Conflit en Syrie: l’aviation syrienne détruit des renforts destinés à la rébellion dans la Ghouta orientale

Des informations concordantes confirmées par des médias libanais indiquent que l’aviation syrienne a détruit aujourd’hui une centaine de véhicules chargés d’armes et de combattants qui faisaient partie de colonnes venues renforcer et venir au secours des milliers de rebelles assiégés dans la Ghouta orientales près de Damas. Les pilonnages de l’artillerie gouvernementale sur les assiégés ont fait près de 400 morts au sein des rebelles dont plus de 50% seraient des étrangers.

La contre-offensive avortée des rebelles à la Ghouta orientale menée en coordination entre l’Arabie Saoudite, Israël et un pays arabe voisin visait la reprise en main de la situation militaire sur le terrain dans la banlieue de Damas en prévision de la Conférence de Genève II.

Des tentatives de briser le siège de la Ghouta orientale se poursuivent à la minute où est publié ce post.

Suicide saoudien

Lâchée par les États-Unis en Syrie, l’Arabie saoudite va t-elle se suicider à défaut de pouvoir vaincre ? C’est ce que l’on pourrait conclure des événements suivants :

Le 31 juillet 2013, le prince Bandar Ben Sultan s’est rendu en Russie où il n’a pas seulement été reçu par son homologue, le chef des services secrets, mais par le président Vladimir Poutine. Il existe deux versions de cette rencontre. Pour les Saoudiens, Bandar s’est exprimé au nom du royaume et des États-Unis. Il a proposé d’acheter pour 15 milliards de dollars d’armement russe si Moscou laissait tomber la Syrie. Pour les Russes, il s’est exprimé avec arrogance en menaçant d’envoyer des jihadistes perturber les Jeux olympiques d’hiver de Sotchi si Moscou persistait à soutenir le régime laïque de Damas, puis en cherchant à le corrompre. Quelle que soit la vérité, le président Poutine a ressenti les propos de son interlocuteur comme des insultes à la Russie.

Le 30 septembre, le prince Saoud Al-Faisal avait été inscrit à l’ordre du jour du débat général de la 68e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, mais furieux du réchauffement des relations irano-US, le ministre saoudien des Affaires étrangères est parti sans s’excuser. Dans sa colère, il a refusé que son discours, préparé et imprimé à l’avance, soit distribué aux délégations.

Le 11 octobre, le secrétaire général adjoint des Nations Unies et ancien responsable du département d’État pour le Proche-Orient, Jeffrey Feltman, recevait une délégation libanaise. Parlant au nom de M. Ban, mais probablement plus encore au nom du président Obama, il n’a pas eu de mots assez durs pour critiquer la politique étrangère saoudienne, faite de « rancunes » et incapable de s’adapter au monde qui change.

Le 18 octobre, l’Assemblée générale des nations Unies élisait, par 176 voix sur 193, l’Arabie saoudite comme membre non-permanent du Conseil de sécurité pour deux ans à compter du 1er janvier 2014. L’ambassadeur Abdallah El-Mouallemi se félicitait de cette victoire qui reflète « l’efficacité de la politique saoudienne marquée par la modération » (sic). Cependant quelques heures plus tard, le prince Saoud Al-Faisan publiait un communiqué aux accents nassériens sur l’incapacité du Conseil de sécurité et le refus du royaume d’y siéger. Si le motif officiel principal évoqué était la question syrienne, le ministre s’offrait le luxe de dénoncer également la question palestinienne et celle des armes de destruction massive au Proche-Orient, c’est-à-dire de désigner comme ennemis de la paix à la fois l’Iran et Israël. Sachant que la critique de la politique syrienne des Nations unies est une mise en cause directe de la Russie et de la Chine, qui y firent usage par trois fois de leurs droits de veto, ce communiqué était une insulte faite à Pékin, bien que la Chine soit le principal client actuel du pétrole saoudien. Cette volte-face, qui plongea l’Organisation dans la consternation, fut néanmoins bruyamment saluée par les présidents de la Turquie et de la France qui déclarèrent partager les « frustrations » de l’Arabie saoudite sur la Syrie.

Le 21 octobre, le Wall Street Journal révélait que le prince Bandar Ben Sultan avait invité à son domicile des diplomates européens en poste à Riyad. Le chef des services secrets leur aurait narré la fureur saoudienne face au rapprochement irano-US et au retrait militaire US de Syrie. Devant ses hôtes interloqués, il aurait annoncé que le royaume allait en rétorsion retirer ses investissements d’Amérique. Revenant sur l’épisode du siège au Conseil de sécurité, le quotidien précisa que, selon le prince Bandar, le communiqué n’était pas dirigé contre Pékin, mais contre Washington ; une précision d’autant plus intéressante qu’elle ne correspond pas à la situation.

Face à l’incrédulité suscitée par ces déclarations et aux commentaires apaisants du département d’État, le prince Turki Ben Faisal expliqua à Reuters que les paroles de son ennemi personnel, Bandar, engageaient bien le royaume et que cette nouvelle politique ne serait pas remise en question. Il n’est donc plus question d’une division du pouvoir entre les deux branches rivales de la famille régnante, les Sudairi contre les Shuraim, mais bien de leur vision commune.

En résumé, l’Arabie saoudite insultait la Russie en juillet, la Chine il y a deux semaines, et maintenant les États-Unis. Le royaume annonce qu’il retirera ses investissements d’Amérique pour se tourner probablement vers la Turquie et la France, même si aucun expert ne voit comment cela serait possible. Deux explications de ce comportement sont possibles : soit Riyad feint la colère pour permettre à Washington de continuer la guerre en Syrie sans en prendre la responsabilité, soit la famille des Séoud commet un suicide politique.

La première hypothèse semble infirmée par la sortie du prince Bandar devant les ambassadeurs européens. S’il jouait en sous-main pour les États-Unis, il s’abstiendrait de venir prêcher la révolution auprès de leurs alliés.

La seconde hypothèse rappelle le comportement des chameaux, animaux fétiches des bédouins saoudiens. Ils sont réputés capables de se laisser animer durant des années par leurs rancunes et de ne pas trouver le calme avant d’avoir assouvi leur vengeance, quel qu’en soit le prix à payer.

Or, la survie de l’Arabie saoudite est en jeu depuis la nomination de John O. Brennan à la tête de la CIA, en mars 2013. Jadis en poste en Arabie, c’est un adversaire résolu du dispositif mis en place par ses prédécesseurs avec Riyad : le jihadisme international. M. Brennan considère que si ces combattants ont fait du bon boulot, jadis, en Afghanistan, en Yougoslavie et en Tchétchénie, ils sont devenus à la fois trop nombreux et ingérables. Ce qui était au départ quelques extrémistes arabes partis faire le coup de feu contre l’Armée rouge est devenu une constellation de groupes, présents du Maroc à la Chine, qui se battent en définitive bien plus pour faire triompher le modèle saoudien de société que pour vaincre les adversaires des États-Unis. Déjà, en 2001, les États-Unis avaient pensé éliminer Al-Qaïda en le rendant responsable des attentats du 11-Septembre. Cependant, avec l’assassinat officiel d’Oussama Ben Laden, en mai 2011, ils avaient décidé de réhabiliter ce système et en firent très grand usage en Libye et en Syrie. Jamais sans Al-Qaïda, Mouamar el-Kadhafi aurait pu être renversé comme l’atteste aujourd’hui la présence d’Abdelhakim Belhaj, ex-numéro 2 de l’organisation, comme gouverneur militaire de Tripoli. Quoi qu’il en soit, aux yeux de John O. Brennan, le jihadisme international devrait être ramené à de faibles proportions et n’être conservé que comme force d’appoint de la CIA en certaines occasions.

Le jihadisme est non seulement la seule force effective de l’Arabie saoudite, dont l’armée est divisée en deux unités obéissant aux deux clans de la famille des Séoud, mais c’est aussi son unique raison d’être. Washington n’a plus besoin du royaume pour se fournir en hydrocarbures, ni pour plaider la cause de la paix avec Israël. D’où le retour au Pentagone du vieux plan néoconservateur : « Jeter les Séoud hors d’Arabie », selon le titre d’un Powerpoint projeté en juillet 2002 devant le Conseil politique du département de la Défense. Ce projet prévoit le démantèlement du pays en cinq zones distinctes, dont trois sont appelées à former des États indépendants les uns des autres et deux devraient être rattachés à d’autres États.

En choisissant l’épreuve de force avec les États-Unis, la famille des Séoud ne leur donne pas le choix. Il est improbable que Washington se laisse dicter sa conduite par quelques bédouins fortunés, mais prévisible qu’il va les remettre au pas. En 1975, ils n’hésitèrent pas à faire assassiner le roi Faysal. Cette fois, ils devraient être plus radicaux encore.

Thierry Meyssan

Voltairenet

Syrie: l’architecte du déploiement militaire syrien au Liban tué au combat à Deir Ezzor

Général Djama DjamaaL’un des architectes du déploiement militaire syrien au Liban de 1976 à 1982 puis de 2003 à 2005, le général Djama Djamaa,  a été tué hier jeudi 17 octobre 2013 au combat à Deir Ezzor, la plus grande ville de l’Est de la Syrie, non loin de la frontière irakienne.

Le général Djamaa dirigeait les renseignements militaires à Deir Ezzor , ville où se déroulent depuis quelques jours de très intenses combats entre l’armée syrienne et une trentaine de groupes radicaux venus d’Irak et de Jordanie.

Les médias syriens ont rapporté l’information mais sans préciser les circonstances dans lesquelles a péri  ce général en froid avec sa hierarchie sur la manière de conduire les opérations militaires contre ce que la Syrie désigne officiellement les forces sionistes mondialisées.

Selon l’observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), une officine du MI6 britannique et pro-rébellion  armée, le général Djamaa aurait été atteint par le tir d’un sniper ou de plusieurs snipers rebelles. Ces derniers utilisent de plus en plus des fusils anti-material à très gros calibre (de 12.7 à 30 mm) fournis par leurs soutiens étrangers.

Partisan convaincu de la Grande Syrie et anti-sioniste, le général Djamaa était en froid avec l’Etat-major sur certains points relatifs à la stratégie de défense asymétrique face à la coalition mondiale menée par les Etats-Unis, Israël et l’Arabie Saoudite  s’acharnant sur la Syrie. Il aurait entre autres préconisé un nouveau déploiement au Liban pour divertir les forces israéliennes du Golan.

Conflit au Moyen-Orient: 40 ans après la guerre d’octobre 73, la tension est très vive au Golan

Malgré d’intenses efforts diplomatiques plus ou moins secrets et clandestins menés par Washington et Moscou afin d’éviter l’embrasement du front du Golan, un plateau stratégique occupé par Israël en 1967 et annexé en 1981 au mépris de la légalité internationale, il semble que la tension entre la Syrie et Israël, techniquement en guerre depuis 1973 ne cesse de s’accroitre.

Lors de la quatrième guerre israélo-arabe d’octobre 1973, les combats les plus durs et les plus acharnés se sont déroulés sur le front du Golan. Un épisode passé relégué au second plan pour des raisons politiques. Les syriens n’ont jamais oublié la trahison du Président égyptien Anouar Sadate lors de ce conflit.

Selon des sources à l’intérieur du renseignement militaire syrien, les israéliens ont déployé depuis des années des armes nucléaires tactiques (de théâtre) au Golan.  La possession de ce plateau stratégique confère non seulement la maîtrise de l’ensemble de la région  mais surtout le contrôle des ressources hydriques disponibles dans une zone où l’eau risque de devenir un enjeu majeur.

A Damas, on estime que si la Syrie n’a pas tiré un seul coup de feu en direction du Golan occupé durant presque 40 ans, cela n’a pas empêché les services secrets syriens-pléthoriques- d’y mener d’intenses opérations de propagande visant à gagner les esprits et les cœurs des populations vivant en zone occupée.

Cependant, les choses ont commencé à changer à partir de juillet 2006 et la victoire relative du Hezbollah libanais sur Israël. La Syrie a joué un rôle de premier plan dans cette guerre de 33 jours et il s’en est fallu de très peu pour qu’elle n’entre pas en guerre de manière ouverte. Tel-Aviv jure alors de se venger de l’axe stratégique formé par l’alliance d’un acteur non-étatique, le Hezbollah avec deux Etats de la région: l’Iran et la Syrie. Conformément aux règles de la stratégie, il fallait commencer par le maillon le plus faible de cet axe ou du moins tel qu’il était perçu par les analystes: la Syrie. L’assassinat du Premier ministre libanais Rafik Hariri servit de point de départ à une intense campagne internationale agressive contre le régime syrien à l’issue de laquelle il finit par retirer ses forces armées du Liban. En 2007, des avions de combat israéliens bombardent un centre de recherches au centre de la Syrie soupçonné d’abriter un réacteur Nord-coréen. Les défenses anti-aériennes syriennes, relativement denses pour un pays arabe furent neutralisées par un brouillage électromagnétique usant de nouvelles technologies. La vieille garde du régime promet un retour de bâton et depuis lors c’est l’escalade. Ce que les syriens ne savaient pas alors est que la Turquie jouait un double rôle en faveur d’Israël. Ce sont les services secrets turcs et non israéliens qui réussirent à piéger Imad Moghnia, le chef militaire du Hezbollah libanais à Damas.

Au début de ce que les analystes israéliens ont ironiquement baptisé le Printemps arabe (la destruction arabe en hébreu), le régime syrien suivit avec détachement ce qui se passait en Tunisie et en Egypte. Après tout ces deux pays sont pro-occidentaux  et un changement de régime y était le bienvenu. En Libye, les médias syriens ironisaient sur la folie du colonel Gaddafi et les informations  selon lesquelles il utilisa l’aviation pour mater un soulèvement populaire. Des informations qui s’avérèrent fausses par la suite. Jusqu’au au jour du 15 mars 2011. Ce jour là trois adolescents appartenant à l’une des plus puissantes tribus du Sud de pays furent arrêtés à Deraa par des éléments d’un service de sécurité pour avoir dessiné des graffitis contre Al-Assad. Les trois jeunes sont passés à tabac. Leur tribu réagit violemment et s’en prend au gouverneur provincial qui gère fort mal et la situation et les négociations avec les notables locaux. Très vite, au milieu des émeutes apparaissent des hommes en civils assez bien armés qui ouvrent le feu sur les populations civiles et les forces de sécurité. La région est sensible de par sa contiguïté avec Israël et la Jordanie. Le gouverneur corrompu est limogé par Damas et les chefs locaux des services de sécurité sont relevés de leurs fonctions. Ironie du sort, le gouverneur, sa clientèle locale composée d’un mélange hétéroclite mêlant des chefs de la police et des barons de la pègre  rejoignent la rébellion. L’armée intervient. Ce sera le début d’une guerre dont personne ne soupçonnait à l’époque qu’elle allait déboucher sur une profonde restructuration des relations internationale et du plus important changement de paradigme des rapports de force au niveau mondiale depuis le découpage de Yalta en 1945.

Israël n’a pas cessé de concentrer ses forces sur le front Nord faisant face au Liban et au Golan. Des informations font état de la présence de près de 70 % des meilleures forces israéliennes sur ce front. De nouvelles brigades Golani sont mises sur pied et des villes comme Haïfa sont entourées de systèmes de défense antibalistiques. Plus encore, Tel-Aviv fit appel à son allié US qui y dépêcha plus de 3000 marines, des missiles antimissile, des avions de combat et des systèmes d’interception. En face, Damas dont les forces étaient activement engagées contre une guérilla soutenue par des acteurs internationaux et régionaux fit face au danger de l’épuisement et de l’over-stretching puisqu’il fallait assurer une dissuasion suffisante contre une Turquie ouvertement hostile et prête à en découdre et une Jordanie dont la position ambigüe ne portait guère à l’optimisme. Les infiltrations d’éléments des forces spéciales de l’OTAN furent endiguées avec succès grâce au soutien technologique fourni par la Russie. Restait le front du Golan, dont la défense ne devait en aucun cas souffrir des aléas de la guerre et de la situation des autres fronts. Une guérilla islamiste radicale s’installa au Golan sous supervision israélienne. Les incidents entre les deux pays se multiplient. Israël alla jusqu’à intervenir directement dans le conflit via des frappes aériennes et de missiles dont une sur Damas où fut utilisée une arme inconnue ayant provoqué une secousse tellurique de 4 sur l’échelle de Richter.

Epuisée par une guerre de plus de deux ans et demi, partagée entre trois fronts,  un afflux massif de combattants étrangers de plus de 82 pays dotés d’un armement de plus en plus sophistiqué fourni par l’Arabie Saoudite et la Turquie, l’effondrement de l’armée syrienne n’était qu’une question de temps pour Tel-Aviv. D’autant plus qu’en parallèle à la guerre, une autre guerre non moins acharnée visait l’effondrement financier et monétaire de la Syrie. Damas fait alors appel à ses alliés. D’abord le Hezbollah dont l’action à Al-Qussayr (près de l’antique site de Megiddo) fut déterminant et porta un coup fatal à la rébellion. Ensuite l’Iran qui intervint d’abord pour sauver le système monétaire syrien puis y envoya des éléments de la fameuse brigade paramilitaire d’Al-Quds (Jérusalem). De son coté, la Russie renforçait sa présence en Méditerranée orientale et déplaçait vers le Sud de son territoire des divisions aéroportées et des avions de combat. Moscou continua à livrer des armes et des munitions à Damas tandis que l’OTAN dont des pays membres juraient n’avoir encore pris aucune décision relative au sujet de l’armement des rebelles procédaient à des opérations clandestines de fournitures d’armes aux rebelles produites dans des pays d’Europe de l’Est  via des intermédiaires du marché noir et des courtiers issus de pays Arabes du golfe arabo-persique.

La situation aurait pu perdurer si l’Arabie Saoudite n’eut recouru à un expédient assez inédit en utilisant la Turquie. Des armes chimiques sont utilisées à une échelle relativement importante à la Ghouta dans la banlieue de Damas, entraînant un retour en force des Etats-Unis sur le thème de R2P (Responsabilité de protéger) et de l’intervention humanitaire musclée. Des pays comme la France dont le gouvernement a une rancune particulière et ancienne avec le clan Al-Assad sauta sur le train et suivit une politique étrangère totalement détachée des réalités et des enjeux. La Syrie se trouvait confronté à l’imminence d’une intervention militaire. Un jeu complexe s’engage alors entre Washington et Moscou à l’exclusion de tous autres acteurs impliqués qualifiés de simples sous-traitants et abouti à la Résolution 2118 du Conseil de sécurité ordonnant le démantèlement de l’arsenal chimique de la Syrie sous peine d’évoquer le chapitre VII de la charte des Nations unies. Texte qui marque à la fois la victoire de la Russie et du Président Bashar Al-Assad pour les uns et un dangereux précédant pour d’autres. Puisque les pays qui ont comploté contre la Syrie ont réussi à imposer un désarmement de son arsenal de dissuasion -certes obsolète- sans l’exiger de son ennemi israélien, infiniment mieux armé en termes d’armes de destruction massive.

Damas fit savoir par divers canaux dès le début du conflit et plus exactement depuis la décapitation de ses services de renseignements en juillet 2012 que le régime ne succombera pas sans déclencher une guerre avec Israël sur le plateau du Golan. Une hantise de Washington et de Ryad dont les compromissions se sont révélées au grand jour dans cette affaire. D’où l’intérêt accordé par les syriens au front du Golan. Un front qui risque d’être le détonateur à une guerre régionale ouverte sur tous les scenarii possibles.

Conflit au Moyen-Orient: d’importants convois blindés syriens en route vers le Golan

20131010-034939.jpgDes informations confirmées en provenance de Syrie rapportent que d’importants convois blindés de l’armée syrienne font actuellement route vers la ville de Qunaïtra au Golan, près de la frontière avec Israël.

Dans un développement inédit, l’armée syrienne a fini par dévoiler ses unités d’élite laissées jusque-là en réserve. Nos informations évoquent avoir aperçu une colonne de plus de 200 chars de bataille de type T-72 S se dirigeant vers le plateau du Golan, territoire syrien occupé par Israël en 1967 et annexé en 1981.

Ces mouvements surviennent dans un contexte de trés forte tension, notamment en Israël où trois aéronefs militaires (deux avions de combat et un drone) se sont abattus en moins de 48 heures.

S’agit-il de renforts militaires destinés à la province méridionale de Deraa, berceau de la rébellion, ou est-ce un déploiement en prévision d’un conflit avec Israël?

De toute évidence, l’armée syrienne est en train de procéder à un profond remaniement de ses unités combattantes. Le parachutage massif de troupes de choc sur Jobar et les grandes voies périphériques de la région de Damas  illustrent cette nouvelle approche.

Autre nouveauté. D’ordre sémantique cette fois. Le ministère syrien de la défense commence à utiliser officiellement le terme sioniste et pro-sioniste pour qualifier les groupes islamistes radicaux et la rébellion syrienne.

Au Nord du pays, les unités de l’armée syrienne mènent une contre-offensive sur Salaheddine (Alep) et se battent depuis deux jours autour du krak des Chevaliers. A la frontière turque, syriens et turcs s’affrontent à mort par kurdes et islamistes interposés: les comités de la résistance kurde opposent une lutte acharnée aux cohortes islamistes radicales de Daesh, armés et soutenus par la Turquie par peur d’une extension du conflit kurde. Une extension que Damas encourage au plus point.

Les rebelles toutes factions confondues viennent de recevoir une artillerie plus performantes de la part de l’Arabie Saoudite et la Grande-Bretagne. Disposant de roquettes d’un plus grand rayon d’action, ils les ont utilisé contre des objectifs stratégique comme la raffinerie de Homs (centre du pays).

Au Golan, une unité israélienne a ouvert le feu sur une position de l’armée syrienne après qu’un soldat israélien a été blessé par des tirs d’armes légères.  Les syriens ont riposté et un intense échange de tirs s’en ai suivi. Quelques heures plus tard, les israéliens refusent l’entrée dans leur territoire d’une quinzaine de blessés de l’armée syrienne libre (ASL-Rébellion) craignant sans doute un piège. Car en Syrie actuellement, personne ne sait qui est qui.

Sur le plan diplomatique, le Chef d’Etat-major des armées russes vient de confirmer les termes de l’accord secret conclu entre Moscou et Damas en échange d’un désarmement (partiel?) de l’arsenal chimique syrien. La Syrie est officiellement sous la protection de la Russie et de son parapluie nucléaire.

Syrie: début du désarmement partiel, Israël attend au tournant…

La destruction de quelques têtes de missiles balistiques de l’armée syrienne par l’équipe de supervision internationale chargée de mettre en oeuvre à partir du 6 octobre 2013 les modalités d’élimination de l’arsenal chimique syrien est très suivie par les israéliens et leurs alliés US.

Un communiqué de l’ONU et de l’OIAC (Organisation pour l’interdiction des armes chimiques-basée à La Haye) a fait état du début de la première phase de ce programme qui n’est pas sans rappeler l’interminable désarmememnt que subit l’Irak de l’ex-Président Saddam Hussein mais en version très réduite et à portée limitée.

Le haut commandement de l’armée syrienne demeure très sceptique et fermement opposé à cette « idée saugrenue ». L’armée syrienne partage le point de vue de son homologue Nord-coréenne selon lequel tous les pays qui ont eu le malheur de désarmer ont fini par être envahis. L’Irak mais également la Libye offrent des exemples assez édifiants à cet égard.

C’est pour cette raison que les syriens tiennent à ce que les opération de désarmement soient menées par un personnel local sous supervision internationale. En parallèle, des informations crédibles font état d’une demande syrienne de ve nouveaux cteurs balistiques iraniens. Mais pas seulement: Damas s’intéresse de plus en plus aux missiles de croisière indiens et pakistanais.

Le désarmement de l’arsenal chimique de la Syrie, l’un des plus important du monde arabe mais bien loin derrière ceux de l’Arabie Saoudite ou de l’Egypte, a été obtenu par Moscou moyennant des garanties et la mise du pays sous le parapluie nucléaire russe. Mais les syriens savent que cela s’avèrera insuffisant en cas d’une ou de plusieurs opérations de subversions internes. Affaiblie par deux et demi de combats ininterrompus, l’armée syrienne cherche à se renforcer et mettre en échec le plan stratégique du Prince Saoudien Bandar Ben Sultane visant la coupure des communications de l’armée syrienne  entre Alep et Damas.

En attendant, les israéliens attendent Damas au tournant. Après tout ce qui impossible aujourd’hui devient possible demain…

 

Les États-Unis ne font plus peur

En 1991, les États-Unis avaient considéré que la fin de leur rival libérait leur budget militaire et leur permettrait de développer leur prospérité. Le président George H. Bush (le père) avait, après l’opération Tempête du désert, commencé à réduire le format de ses armées. Son successeur, Bill Clinton, renforça cette tendance. Cependant, le congrès républicain, élu en 1995, remit ce choix en question et imposa un réarmement sans ennemi à combattre. Les néo-conservateurs lançaient leur pays à l’assaut du monde pour créer le premier empire global.

Ce ne fut qu’à l’occasion des attentats du 11-Septembre 2001 que le président George W. Bush (le fils) décida d’envahir successivement l’Afghanistan et l’Irak, la Libye et la Syrie, puis la Somalie et le Soudan, et de terminer par l’Iran, avant de se tourner vers la Chine.

Le budget militaire des États-Unis a atteint plus de 40 % des dépenses militaires du monde. Cependant, cette extravagance a une fin : la crise économique a contraint Washington à faire des économies. En un an, le Pentagone a licencié un cinquième de son armée de terre et a arrêté plusieurs de ses programmes de recherche. Ce recul brutal ne fait que commencer et il a déjà désorganisé l’ensemble du système. Il est clair que les États-Unis, malgré leur puissance supérieure à celle des vingt plus gros États de la planète, Russie et Chine comprises, ne sont plus en mesure de livrer actuellement de vastes guerres classiques.

Washington a ainsi renoncé à attaquer la Syrie lorsque la flotte russe s’est déployée le long de la côte méditerranéenne. Pour lancer ses missiles Tomawak, le Pentagone devait alors les tirer depuis la Mer rouge en survolant l’Arabie saoudite et la Jordanie. La Syrie, et ses alliés non-étatiques, auraient répondu par une guerre régionale, plongeant les États-Unis dans un conflit trop grand pour eux.

Dans une tribune publiée par le New York Times, le président Poutine a ouvert le feu. Il y a souligné que « l’exceptionnalisme américain » est une insulte à l’égalité des humains et ne peut que déboucher sur des catastrophes. À la tribune des Nations Unies, le président Obama lui a répondu qu’aucune autre nation, pas même la Russie, ne souhaitait porter le fardeau des États-Unis. Et que s’ils faisaient la police du monde, c’était justement pour garantir l’égalité des humains.

Cette intervention n’a rien de rassurant : les États-Unis s’affirmant comme supérieurs au reste du monde et ne considérant l’égalité des humains que comme celle de leurs sujets.

Mais le charme est rompu. La président du Brésil, Dilma Rousseff, s’est faite applaudir en réclamant des excuses de Washington pour son espionnage universel, tandis que le président de la Confédération helvétique Ueli Maurer dénonçait la politique de la force US. Le président de la Bolivie, Evo Morales, évoquait la traduction de son homologue US devant la Justice internationale pour crimes contre l’humanité, tandis que le président serbe Tomislav Nikolic, dénonçait la mascarade des tribunaux internationaux ne condamnant que les adversaires de l’Empire, etc. On est ainsi passé d’une critique émanant de quelques États anti-impérialistes à une révolte généralisée incluant les alliés de Washington.

Jamais, l’autorité des maîtres du monde n’avait été ainsi publiquement contestée, signe qu’après leur reculade syrienne, ils ne font plus peur.

Thierry Meyssan

Voltairenet

Conflit au Moyen-Orient: intense activité aérienne autour de la Syrie et de Chypre

Trois jours après que la chasse aérienne turque ait abattu un hélicoptère Mil Mi17 des forces aériennes syriennes près de la frontière turque au dessus du territoire syrien, le niveau de l’activité aérienne autour de la Syrie et de Chypre a atteint un record  jamais égalé jusqu’à présent.

Outre les vols intensifs effectués par l’aviation israélienne, dont des informations non confirmées indiquent que plus de 25 % des appareils sont en vol à toute heure de la journée, des avions US,  turcs, britanniques, grecs et syriens multiplients les patrouilles armées au point où certains de ces appareils ont évité de justesse de sérieux incidents. Comme ce fut le cas lorsque des avions de combat de la RAF (Royal Air Force) échangèrent quelques bons procédés avec des chasseurs F-16 turcs dans l’espace aérien chypriote ou encore lorsque des avions syriens SU 24 effectuent des approches offensives sur la base d’Acrotiri à Chypre en se gardant toutefois de pénétrer dans l’espace aérien de l’île protégée par des Typhoons britanniques.

L’occupation de la partie Nord de l’île de Chypre par la Turquie et l’installation d’un gouvernement satellite en 1974 ont constitué durant de longues années un facteur de friction avec la Grèce.  Pour faire face à l’accroissement des activités de l’aviation turque au Sud de la Mer Egée, le gouvernement grec multiplie lui aussi les sorties aériennes, malgré une crise économique majeure marqué par une réduction drastique du budget.

En Turquie méridionale, le nombre des sorties aériennes des avions US à partir des bases de Batman et d’Inçirlik aurait été multiplié par trois ces deux dernières semaines. Une autre base secrète abritant des drones et selon toute vraisemblance des chasseurs F-22 aurait été découverte par des médias locaux.

On ne compte plus le nombre de drones furtifs et conventionnels survolant le Liban, le Nord de la Jordanie et la province irakienne d’Al-Anbar. Aucune information n’est disponible sur un éventuel survol de drones du territoire syrien mais il est fort probable que certains drones de nouvelle génération ont pu au moins survoler brièvement une partie du territoire syrien malgré la puissante couverture Radar assurée par les forces de défense balistique russe.

Par ailleurs, le haut commandement des forces armées syriennes ont confirmé que l’hélicoptère abattu dimanche dernier effectuait un vol de reconnaissance de routine près de la frontière turque dans le cadre de la lutte contre les infiltrations terroristes à partir de la Turquie. L’hélicoptère Mil Mi17 a pénétré par erreur en Turquie avant de rectifier son vol mais il a été atteint par un missile Air-Air de courte portée de type AIM 9 Sidewinder tiré par un F16 turc. L’hélicoptère a pu se poser en territoire syrien mais les deux pilotes sortis indemnes du crash ont été capturé par des terroristes islamistes qui les ont aussitôt décapité. Les têtes des deux pilotes syriens ont été emportés comme des trophés et montrés aux journalistes des médias mainstream.

Trois jours après cet incident, des avions de combat syriens survolent à très basse altitude l’ensemble de la bande frontalière avec la Turquie.  Des observateurs syriens estimant que les turcs ont tenu à venger la destruction en juin 2012 d’un F-4 Phantom turc par la défense anti-aérienne syrienne.

Conflit au Moyen-Orient: contre le statu quo, la Turquie tente de provoquer un Casus Belli

D’après des informations rendues publiques, un chasseur turc F-16 de fabrication américaine a abattu un hélicoptère syrien de type Mil Mi-17 (Hip) de fabrication russe à 1127 GMT (1427 heure locale), au dessus du tracé frontalier entre les deux pays ennemis.

D’après le vice-Premier ministre turc, Bulent Arinc, l’hélicoptère syrien aurait violé l’espace aérien turc et aurait été abattu par deux F-16 relevant du centre des opérations aériennes combinées de Dyarbakir (Turquie méridionale). Toujours selon la version turque, l’appreil syrien aurait pénétré sur une profondeur de 2 kilomètres à l’intérieur de la province turque de Hatay.

Un hélicoptère Mil Mi 17 des forces armées syriennes lors d'exercices dans le désert.
Un hélicoptère Mil Mi 17 des forces armées syriennes lors d’exercices dans le désert.

Cependant, le vice-Premier ministre turc en arrive à se contredire en affirmant ne diposer d’aucune information sur le sort de l’appareil puisque ce dernier s’est craché en territoire syrien à plus d’un kilomètre de la frontière avec la Turquie.

De toute évidence, à moins que les F16 turcs aient eu recours au canon à une distance critique de manière assez hasardeuse pour que le Mil Mi 17 en soit seulement partiellement endommagé pour continuer à voler sur une distance de plus de trois kilomètres, la version turque ne tient pas la route.

Le Mil Mi-17 a une vitesse maximale théorique de 250 Km/heure, soit une vitesse bien en deçà de celles d’un chasseur à réaction. Qu’en serait-il si l’hélicoptère réputé pour sa maniabilité réduite et sa lourdeur est chargé ou pire endommagé par un obus? Or selon toute vraisemblance, l’hélico syrien aurait été abattu par un ou plusieurs missiles.

Les turcs mentent. L’appareil syrien a bel est bien été abattu en territoire syrien dans ce qui s’apparente à un acte délibérement hostile de la part laTurquie pour tenter de briser le statu quo induit par l’initiative diplomatique russe et les négociations américano-russes sur une éventuelle Conférence de paix.

La Turquie d’Erdögan s’est tracé une politique de zéro ennemis il y a de cela quelques années. Cette politique a lamentablement échoué puisque ce pays membre de l’Otan est actuellement en très mauvais termes avec l’ensemble de ses voisins (Arménie, Grèce, Irak, Iran, Syrie…) et même avec des pays comme l’Egypte à cause de sa politique d’ingérence.  Un bémol tout de même: vassalisée par Washington, Ankara dispose de solides amitiés avec la France et Israël.

‘A war the Pentagon doesn’t want’ by Robert H. Scales

The tapes tell the tale. Go back and look at images of our nation’s most senior soldier, Gen. Martin Dempsey, and his body language during Tuesday’s Senate Foreign Relations Committee hearings on Syria. It’s pretty obvious that Dempsey, chairman of the Joint Chiefs of Staff, doesn’t want this war. As Secretary of State John Kerry’s thundering voice and arm-waving redounded in rage against Bashar al-Assad’s atrocities, Dempseywas largely (and respectfully) silent.

Dempsey’s unspoken words reflect the opinions of most serving military leaders. By no means do I profess to speak on behalf of all of our men and women in uniform. But I can justifiably share the sentiments of those inside the Pentagon and elsewhere who write the plans and develop strategies for fighting our wars. After personal exchanges with dozens of active and retired soldiers in recent days, I feel confident that what follows represents the overwhelming opinion of serving professionals who have been intimate witnesses to the unfolding events that will lead the United States into its next war.
They are embarrassed to be associated with the amateurism of the Obama administration’s attempts to craft a plan that makes strategic sense. None of the White House staff has any experience in war or understands it. So far, at least, this path to war violates every principle of war, including the element of surprise, achieving mass and having a clearly defined and obtainable objective.

They are repelled by the hypocrisy of a media blitz that warns against the return of Hitlerism but privately acknowledges that the motive for risking American lives is our “responsibility to protect” the world’s innocents. Prospective U.S. action in Syria is not about threats to American security. The U.S. military’s civilian masters privately are proud that they are motivated by guilt over slaughters in Rwanda, Sudan and Kosovo and not by any systemic threat to our country.

They are outraged by the fact that what may happen is an act of war and a willingness to risk American lives to make up for a slip of the tongue about “red lines.” These acts would be for retribution and to restore the reputation of a president. Our serving professionals make the point that killing more Syrians won’t deter Iranian resolve to confront us. The Iranians have already gotten the message.

Our people lament our loneliness. Our senior soldiers take pride in their past commitments to fight alongside allies and within coalitions that shared our strategic goals. This war, however, will be ours alone.

They are tired of wannabe soldiers who remain enamored of the lure of bloodless machine warfare. “Look,” one told me, “if you want to end this decisively, send in the troops and let them defeat the Syrian army. If the nation doesn’t think Syria is worth serious commitment, then leave them alone.” But they also warn that Syria is not Libya or Serbia. Perhaps the United States has become too used to fighting third-rate armies. As the Israelis learned in 1973, the Syrians are tough and mean-spirited killers with nothing to lose.

Our military members understand and take seriously their oath to defend the constitutional authority of their civilian masters. They understand that the United States is the only liberal democracy that has never been ruled by its military. But today’s soldiers know war and resent civilian policymakers who want the military to fight a war that neither they nor their loved ones will experience firsthand.

Civilian control of the armed services doesn’t mean that civilians shouldn’t listen to those who have seen war. Our most respected soldier president, Dwight Eisenhower, possessed the gravitas and courage to say no to war eight times during his presidency. He ended the Korean War and refused to aid the French in Indochina; he said no to his former wartime friends Britain and France when they demanded U.S. participation in the capture of the Suez Canal. And he resisted liberal democrats who wanted to aid the newly formed nation of South Vietnam. We all know what happened after his successor ignored Eisenhower’s advice. My generation got to go to war.

Over the past few days, the opinions of officers confiding in me have changed to some degree. Resignation seems to be creeping into their sense of outrage. One officer told me: “To hell with them. If this guy wants this war, then let him have it. Looks like no one will get hurt anyway.”

Soon the military will salute respectfully and loose the hell of hundreds of cruise missiles in an effort that will, inevitably, kill a few of those we wish to protect. They will do it with all the professionalism and skill we expect from the world’s most proficient military. I wish Kerry would take a moment to look at the images from this week’s hearings before we go to war again.

Robert H. Scales

Washington Post

06 Sept 2013

G-20: Poutine aidera la Syrie en cas d’agression

A la différence des médias britanniques, qui sont tombés à bras raccourcis sur les (trop nombreuses) maladresses d’Obama à Saint-Petersburg en Russie, les médias français ont passé sous silence certaines déclarations de Poutine, notamment celle où il décrit, non sans un petit brin de revanche, le Président américain d’élève chahuteur et boudeur assis au fond de la classe. Ou encore celle où Poutine énumère nommément  les cinq pays va-en-guerre qui poussent au crime au Moyen-Orient: l’Arabie Saoudite,les  États-Unis, le Canada,  la France et la Turquie.

Cependant, la principale déclaration de ce G-20 est celle où il affirme sans ciller que son pays aidera la Syrie en cas d’agression étrangère, avant d’atténuer la portée de son propos en ajoutant que la Russie aidera la Syrie comme elle le fait maintenant en y envoyant des armes et de l’aide économique.

La prestation d’Obama a été mitigée. L’homme est paru nettement très embarrassé et perturbé face aux journalistes lors de sa conférence de presse. Selon le New York  Times, le Président américain aurait ordonné une extension de la liste des cibles syriennes.

Poutine rappellera également que le Vatican, l’Indonésie qui est le plus grand pays musulman au monde (et non pas l’Arabie Saoudite ou la Turquie) ainsi que des pays des BRICS tels que le Brésil, la Chine et l’Inde s’opposent totalement à une agression d’un pays souverain membre des Nations Unies.

Syrie: une armée galvanisée par la menace étrangère et le précédant irakien

« Les forces armées syriennes sont mobilisées et ont le doigt sur la gâchette » a affirmé samedi le Premier ministre syrien Waël Al-Halaki avant de souligner que l’état-major est prêt à faire face à toutes les scenarii.

D’après diverses informations, le gouvernement syrien a ordonné l’accès gratuit aux vivres de première nécessité aux populations tandis que l’armée syrienne a mobilisé 350 000 hommes pour faire face à une agression.

Ces déclarations inhabituelles émanant d’un technocrate intervenaient très peu de temps après le départ des observateurs des Nations Unies  de Syrie en direction de la Haye.

Les chefs militaires syriens s’attendaient depuis des mois à une intervention étrangère doublée d’une guerre sur deux fronts: au Nord contre la Turquie et au Sud contre le tandem Israël-jordanie.

L’objectif prioritaire de l’armée syrienne semble désormais d’encaisser une première vague de frappes balistiques et aériennes.

Les chaînes de télévision syriennes passent en boucle depuis hier des images des bombardements atomiques américains sur les villes d’Hiroshima et de Nagazaki en 1945, les bombardements au Napalm et à l’agent Orange sur le Vietnam, les horreurs commises par les forces d’occupation US à Bagdad, Abou Gharib et Falloudjah en Irak ainsi que la torture à Guantanamo. Le commentaire est assez édifiant.  D’autres images inédites d’atrocités démontrant l’usage d’armes prohibées contre des populations civiles irakiennes à Falloudjah en 2004, prises par d’anciens soldats irakiens réfugiés en Syrie sont diffusés à l’ensemble des troupes syriennes.

Des officiels syriens ne se font aucune illusion et se disent galvanisés par la très longue liste d’horreurs et d’atrocités commises par les américains en Irak voisin et qu’ils s’attendaient désormais à une agression à tout moment. Damas tient à rappeler que cette agression non justifiée et illégitime ne passerait pas sans une riposte.

Téhéran: une agression contre la Syrie permettra la libération de la Palestine

Des doutes subsistaient quant à une éventuelle riposte de l’Iran en cas d’agression étrangère en Syrie. Désormais, cela ne fait plus l’ombre d’un doute: la machine de guerre iranienne est en plein branle-bas de combat.

Un disours mystique et eschatologique domine les débats en Iran: pour la première fois, les iraniens évoquent publiquement « l’ultime guerre, celle qui conduira à la libération de la Palestine et l’anéantissement de l’Etat sioniste ».

De toute évidence et parallèlement aux immenses préparatifs de guerre israéliens, l’Iran s’est bien préparé à une guerre régionale totale. Cette donne chamboule non seulement les calculs de Washington et exlique ses hésitations mais également le recours par Obama à une approbation du Congrès pour déclencher ce qui pourrait être l’un des plus grands conflits du siècle.

Vu de Téhéran, l’approbation du Congrès est acquise d’avance, vu l’influence qu’exerce le  puissant lobby pro-israélien sur le pouvoir législatif US.

D’après des indiscrétions, la délégation du Haut Conseil de la sécurité nationale iranienne en visite depuis hier  à Damas aurait remis aux syriens un message secret ainsi que des plans visant à synchroniser une éventuelle riposte en cas d’agression contre la Syrie.

Quelques heures plus tard, le commandant en chef des Niruyeh Moghavemat Bassij (force de mobilisation de la résistance), la plus grande force  paramilitaire d’Iran (de 3 à 9 millions d’éléments), fondée en 1979 et relevant des forces du Corps des Gardiens de la Révolution a annoncé publiquement que toute « agression contre la Syrie conduira à la libération de la Palestine ».

D’autres généraux iraniens de l’armée régulière et des Gardiens de la Révolution ont martelé qu’une intervention occidentale en Syrie déclencherait un conflit qui ne sera pas circonscrit aux seules frontières syriennes.

Au Liban, des analystes proches du Hezbollah libanais estiment quant à eux qu’une éventuelle attaque américano-sioniste contre la Syrie verra la libération de la Palestine septentrionale. Une allusion à peine voilée à l’existence de plans secrets prévoyant l’intrusion de combattants du Hezbollah en Galilée, voire l’investiture d’agglomérations israéliennes. Ce qui serait une première depuis la création d’Israël en 1948.

Un cauchemar pour Obama.

Syrie: l’argumentaire de Washington à la limite de l’indigence

On s’attendait à des preuves et à un argumentaire pour le moins rationnel et convaincant, voilà  que l’administration US nous sert des palabres en se basant sur des images fort douteuses issues d’un réseau social relevant de sa gigantesque machine de collecte d’information.

On croyait avoir atteint le fond de la propagande de bas niveau avec la prestation de Colin Powell peu avant l’invasion de l’Irak en 2003, là on est obligé d’admettre qu’Obama a lamentablement échoué.

L’analyse gestuelle de la prestation de John Kerry, Secrétaire d’Etat US, lors de sa conférence de presse d’aujourd’hui démontre sa crispation et presque son opposition au texte dont il fut chargé de lire. Quelle corvée !

Le Président Obama a fait une bien pire prestation: non seulement il ment avec désinvolture-cela on le savait depuis longtemps-mais a mis en avant le « fameux devoir d’agir devant l’accumulation de preuves » sans pour autant  montrer ces preuves.

Les Etats-Unis veulent donc engager une « action limitée ». Pas question d’y impliquer Israël. En bon acteur, le Premier ministre israélien s’efforce en ce moment de rassurer l’opinion publique de son pays en lui assénant qu’Israël n’avait rien à avoir avec cette guerre. A un mensonge près qu’il est l’un des belligérants. Et non des moindres.

 Le président des Etats-Unis a souligné qu’un recours à des  armes chimiques menaçait la sécurité nationale américaine en oubliant que c’est le renseignement US qui a autorisé la fourniture d’armes chimiques issues de l’arsenal libyen aux rebelles islamistes en Syrie.

La Maison-Blanche a publié un rapport de renseignement de quatre pages dans lequel la communauté américaine du renseignement dit avoir la « forte certitude » que le régime de Bachar al-Assad est responsable de l’attaque du 21 août 2013. Cette attaque a fait près de 700 victimes et non pas le double comme le martèle le renseignement américain.

Le document rejette également la thèse défendue par Damas et la Russie selon laquelle la rébellion serait responsable de cette attaque. Une « hypothèse hautement improbable », selon Washington. Malgré des images satellites d’une très haute résolution et un rapport scientifique russe concluant le contraire.

Autre mensonge, le maître des drones et l’ordonnateur des assassinats ciblés a laissé son Chef de la diplomatie affirmer que  quelle que soit la décision qu’il prendra sur la Syrie (une décision prise depuis plus d’un mois), elle ne ressemblera en rien à l’Afghanistan, l’Irak ou même la Libye. Il n’y aura pas de troupes au sol ». Certes la Syrie n’est pas l’Afghanistan ou la Libye. En Libye, Washington agissait derrière deux sous-traitants.

Qui plus est, une intervention en Syrie entraînera des conséquences beaucoup plus dangereuses que l’invasion de l’Irak. La Syrie dispose par-dessus le marché de frontières avec Israël et la Turquie. Deux pays en guerre avec la Syrie et qui peuvent bien y intervenir au sol. La Syrie est soutenue par l’Iran et le Hezbollah. L’administration US est-elle à ce point désespérée pour recourir à une aventure aussi périlleuse ?

Une agression contre la Syrie marque l’échec de la stratégie de l’ingénierie du chaos dans le monde arabe adoptée depuis le discours d’Obama au Caire en juin 2009 et entrée en phase active fin 2010. Nétanyahu ne devrait pas se réjouir très vite.

La question d’une action militaire « va au-delà » de la Syrie, mais doit servir d’avertissement à l’Iran, au Hezbollah ou à la Corée du Nord, que les Etats-Unis ne resteront pas inertes si un jour ils « songeaient à recourir à des armes de destruction massive », selon M. Kerry. On y est.  Ce n’est donc pas par compassion avec les victimes civiles du conflit syrien que Washington agira mais en fonction d’intérêts géostratégiques complexes. Sauf que cette fois-ci, à moins que les syriens et leurs alliés ne ripostent pas, Israël sera au cœur du conflit. Que feront alors MM. Obama, Hollande ou encore la faction de la maison des Saoud pro-sionistes ?

On aura pas le temps de répondre à cette question. Le moment est mal choisi. Les missiles de croisières sont déjà en route.

Conflit au Moyen-Orient: panique au Nord d’Israël

Selon des informations publiques, des milliers d’israéliens se ruent depuis deux jours sur les masques à gaz et les moyens individuels de protection NBC (Nuclear, biological & Chemical) après la mise en place d’une zone sélective et partielle d’interdiction de survol au Nord, notamment à Haifa mais également plus au sud à Tel-Aviv.

Toutes les unités militaires sont en état d’alerte maximale et des réservistes commencent à rejoindre leurs unités au Nord et au Golan où de nouvelles brigades d’élite ont été déployées. Les principales bases aériennes du pays sont toutes protégées par le dispositif Iron Dome, renforcé et amélioré à plusieurs reprises ces trois derniers mois.

Israël se prépare à une guerre effective avec la Syrie depuis des années. Ces derniers mois, les forces armées israéliennes ont conduit de très nombreux exercices simulant une guerre régionale dans laquelle l’Iran, la Syrie et le Hezbollah libanais utiliseraient leur arsenal balistique contre l’Etat hébreu.

Conflit du Moyen-Orient: une guerre totale sous couvert de « frappes limitées »

Nos sources diplomatiques à Damas et à Amman affirment que l’état-major syrien s’attend à un assaut aérien et balistique américano-israélien d’envergure utilisant une large palette d’armes nouvelles qui sera présenté par les médias mondiaux comme des frappes aériennes limitées en soutien à une offensive rebelle au sol.

Israël pourrait ne pas participer « ouvertement » à la première vague et se contentera d’attendre la chute des premières roquettes syriennes sur ses bases pour déclencher une riposte disproportionnée. Mais il se pourrait  également que les avions de guerre israéliens puissent participer  à la campagne aérienne sous les couleurs des armées de l’air US, britannique et française.

Néanmoins vu que les israéliens n’ont  pas hésité à bombarder la Syrie à quatre reprises, les syriens jugent fort probable leur implication en première ligne.

Pour Damas, Washington a déjà bombardé la Syrie en envoyant des missiles de croisière sur le Mont Qassioune il y a de cela quelques mois. Une immense boule de feu accompagnée d’un séisme d’une magnitude de 4 sur l’échelle ouverte de Richter ont secoué toute la région de Damas, faisant croire à l’état-major syrien que leur pays faisait l’objet d’une attaque non-conventionnelle. Aucun média n’a évoqué une quelconque participation US: officiellement, c’était une attaque israélienne visant à empêcher un hypothétique transfert d’armes chimiques au Hezbollah libanais.

 

Toujours selon les mêmes sources, le compte à rebours des opérations aériennes aurait commencé il y a deux semaines avec les rencontres entre le Prince Saoudien Bandar Ben Sultan et Obama d’un côté, et du ministre israélien de la défense (la guerre) avec son homologue US de l’autre, soit bien avant  l’affaire chimique.

En Syrie, une directive du haut commandement militaire a ordonné à tous les personnels des forces armées de garder l’uniforme réglementaire quelles que soient les circonstances, y compris en cas de guerre nucléaire susceptible d’anéantir l’État-Nation dans sa totalité. Cette directive, appliquée scrupuleusement depuis le début de la guerre, a été préconisée par l’actuel ministre de la Défense en réaction aux débâcles irakienne et libyenne.

Damas sait surtout qu’il sera presque seul face à la furie des armes US. Seul le Hezbollah et le FPLP (Palestine) se battront à ses côtés.

La Syrie sera un cas d’école sans précédant. Ce n’est pas l’Irak et encore moins la Libye. La route de Damas est en effet un verrou stratégique vers Téhéran et de là vers l’Oural et l’étranglement énergétique assuré d’une Chine qui implosera avec fracas. C’est in fine la logique intrinsèque du capitalisme et son essence: la guerre c’est le profit.

Corps des Gardiens de la Révolution Iranienne: « Nous nous réservons le droit légitime et indéniable de nous défendre »

Le jour que tout le monde redoutait et attendait est arrivé.  Les iraniens avaient depuis juillet 2012 une information selon laquelle leur pays allait faire l’objet d’une attaque en septembre 2013. Or, pour arriver à cette fin, il fallait briser l’axe stratégique Beyrouth-Damas-Téhéran. L’axe n’est pas brisé mais l’un de ses maillons, la Syrie, est grièvement affaiblie par un plan de destabilisation. A Téhéran, l’état-major s’est préparé, non sans une certaine dimension messianique, à une guerre ultime considérée comme celle de la fin des temps. Le commandant en chef du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique (CGRI), armée d’élite du régime, le général Mohamed Ali Jaafari, vient d’effectuer une visite d’inspection au détroit d’Hormuz où il a déclaré que son armée « suit avec une extrême attention les agissements menaçants » de leurs ennemis dans la région et que le « processus des évolutions régionales et internationales nécessite une vigilance…deux cent fois renforcée » avant de marteler que « Les incidents sanglants de la région révèlent, de jour en jour, l’implication du régime sioniste (Israël), mais ce qui est certain, c’est qu’ils ne sont pas, en fin de compte, dans l’intérêt de ce régime »,

« Nos comportements sont subordonnés aux prises de position et actions de l’ennemi et nous n’avons jamais agressé quelque pays que ce soit, mais si les agissements de l’ennemi nous menacent, directement ou indirectement, nous nous réservons le droit légitime et indéniable de nous défendre » a conclu le chef du Corps des Gardiens de la Révolution, une armée d’élite parallèle et mieux équipée que les forces armées iraniennes.

Au Liban, le Hezbollah se prépare à l’ultime épreuve. Celle de sa survie. D’autant plus que tous les éléments indiquent que les Etats-Unis et Israël sont maintenant en possession de nouvelles armes pour contourner le défi posé par la dernière génération des systèmes d’armes russes et chinois.

Certains observateurs soulignent qu’une attaque sur la Syrie et l’Iran pourrait résoudre la question de savoir si l’Iran possède ou non des armes nucléaires fonctionnelles.

Une guerre au Moyen-Orient verrait un usage inédit et massif de missiles balistiques par l'Iran, le Hezbollah et la Syrie contre Israël, l'Arabie Saoudite et des cibles US dans la zone.
Une guerre au Moyen-Orient verrait un usage inédit et massif de missiles balistiques par l’Iran, le Hezbollah et la Syrie contre Israël, l’Arabie Saoudite et des cibles US dans la zone.

Iran: « Dures conséquences si Washington franchit la ligne rouge » en Syrie

Une attaque militaire américano-israélienne sur la Syrie serait perçue comme une attaque généralisée contre la République islamique d’Iran. Le Chef adjoint de l’Etat-Major des forces armées iraniennes, le général Messaoud Jezayeri a explicitement averti de dures conséquences si Washington décide de franchir la ligne rouge en Syrie.

Les américains et les israéliens le savent depuis le début mais attendaient patiemment le changement de deux variables: primo, un affaiblissement suffisant des forces armées syriennes et de son économie; secundo, l‘arrivée de nouveaux systèmes d’armes capables de rendre obsolètes les systèmes d’armes russes, chinois et iraniens. Ce qui semble être fait vu les déclarations belliqueuses des Chefs d’Etats alliés des Etats-Unis.

Cependant, nul ne pourra prévoir ce qui adviendra au lendemain de l’incendie. Car, ne vous y trompez pas deux fois: une attaque américano-israélienne sur la Syrie et l’Iran marquera non seulement l’épilogue et l’échec définitif de ce que l’on a appelé « Printemps arabe » (jeu de mot signifiant « destruction arabe » en hébreu) mais également le début de la troisième guerre mondiale. Ironie du sort, celle-ci a toutes les chances de se déclencher à la veille de la commémoration du centenaire de la première guerre mondiale…

Guerre au Moyen-Orient: Israël impliqué dans l’attaque chimique des environs de Damas

Selon le journal égyptien Al-Chaab et des rapports des services secrets syriens, des éléments des forces spéciales israéliennes, infiltrés depuis les hauteurs stratégiques du Golan dans la grande banlieue de Damas seraient directement impliqués dans l’attaque chimique aux neurotoxiques à Ghouta, au Nord Est de Damas qui a provoqué la mort de près de 700 personnes.

Ces éléments formés essentiellement d’Arabes israéliens et de palestiniens ont rejoint la brigade de Liwaa Al-Islam il y a près d’un mois après un passage dans un camp d’entraînement situé en Turquie.

Photos du jour: le Président Assad de Syrie au front, à Darya!

Image inédite du Président syrien Bashar Assad sur le terrain des opérations, aujourd'hui 01e août 2013, à l'occasion du 68e anniversaire des forces armées syriennes. En visite auprès des unités opérationnelles à Darya, dans la périphérie Sud de Damas, l'une des zones les plus dangereuses en Syrie. Il a fallu sept mois d'assauts ininterrompus à l'armée syrienne sur cette localité pour venir à bout des 6000 insurgés qui y étaient retranchés.
Image inédite du Président syrien Bashar Al- Assad sur le terrain des opérations, aujourd’hui 01e août 2013, à l’occasion du 68e anniversaire des forces armées syriennes. En visite auprès des unités opérationnelles à Darya, dans la périphérie Sud de Damas, l’une des zones les plus dangereuses en Syrie. Il a fallu sept mois d’assauts ininterrompus à l’armée syrienne sur cette localité pour venir à bout des 6000 insurgés qui y étaient retranchés. Sur cette photo diffusée il y a une demi-heure par la chaîne satellitaire syrienne, Al-Assad échange quelques mots avec de simples soldats d’un bataillon d’infanterie mécanisée.
Al-Assad au milieu de la troupe à Darya, il y a quelques moments. "Je suis fier de vous en tant que soldats...L'histoire retiendra que vous avez combattu jusqu'au bout dans l'ordre et la discipline. la Syrie fait face à l'une des plus sauvages agressions de l'histoire contemporaine et vous avez montré au monde entier que vous n'étiez pas une armée fantôche...Nous vaincrons!"
Al-Assad au milieu de la troupe à Darya, il y a quelques moments. « Je suis fier de vous en tant que soldats…L’histoire retiendra que vous avez combattu jusqu’au bout dans l’ordre et la discipline. la Syrie fait face à l’une des plus sauvages agressions de l’histoire contemporaine et vous avez montré au monde entier que vous n’étiez pas une armée fantôche…Nous vaincrons! »
Al-Assad avec un officier de la police militaire dans les rues de Darya. Au même moment, le commandant des forces aéroportées russes a déclaré que ses forces sont prêtes à intervenir en Syrie en soutien à l'armée syrienne en réponse à toute tentative US d'imposer une zone d'exclusion aérienne.
Al-Assad avec un officier de la police militaire dans les rues de Darya. Au même moment, le commandant des forces aéroportées russes a déclaré que ses forces sont prêtes à intervenir en Syrie en soutien à l’armée syrienne en réponse à toute tentative US d’imposer une zone d’exclusion aérienne.

 

Proche et Moyen-Orient ou les enfants de l’anarchie…

Le changement de paradigme opéré en urgence par l’administration US du président Barack Obama dans sa gestion du Proche et Moyen-Orient a non seulement  brouillé des cartes et faussé des grilles d’analyses mais causé des troubles graves dans des pays comme l’ Egypte, la Tunisie et la Libye.

Une partie non-négligeable du monde musulman se retrouve désormais plongée dans l’anarchie.  Si la guerre en Syrie continue de faire rage, la Turquie assiste impuissante à la disparition de ses frontières méridionales tandis que l’Iran peine à faire face à un embargo économique, financier et technologique total.

Depuis le début du Ramadan, mois sacré musulman, des attaques asymétriques  ont visé les armées régulières d’Egypte, d’Irak, du Liban, de Libye, de Syrie et de Tunisie. C’est donc à un véritable Ramadan rouge que sont confrontés la plupart des pays du monde dit arabe.

Syrie

L’axe Damas-Bagdad-Téhéran est de plus en plus visé. Hier, Damas a condamné avec la plus grande fermeté les attaques terroristes massives ayant visé plusieurs villes irakiennes (un bilan officiel irakien évoque 55 morts et plus de 250 blessés).  Une semaine auparavant, une attaque contre la sinistre prison d’Abou Gharib, près de Bagdad, a permis l’évasion spéctaculaire de plus de 1200 détenus. Une grande partie de ces derniers se seraient dirigés en Syrie pour rejoindre les rangs des groupes terroristes se battant contre le gouvernement syrien.

Sur le terrain en Syrie, une vigoureuse contre-offensive en cours de l’armée syrienne à Khan Al-Assal (Alep), prise il y a quelques jours par des groupes liés à al-Qaïda au Levant.  La capture de la localité par une vingtaine de groupes armés a donné lieu à des représailles sanglantes puisque la « brigade du Califat » a passé au fil de l’épée plus de 220 personnes accusées de collaborer ou d’être des sympathisants du gouvernement.

La chute de Khan Al-Assal a été rendue possible par l’usage inédit de nouvelles tactiques et l’intervention directe d’unités militaires de pays voisins  « noyées » au sein des insurgés.  On évoque surtout des éléments de l’armée turque mais également quelques éléments de l’IDF (Israel Defence Forces) au Nord d’Alep où la frontière avec la Turquie a cessé d’exister sur fond de résurgence du nationalisme kurde.  Des sources syriennes indiquent que des unités parachutistes sont parvenus à pénétrer dans les alentours de Khan Al-Assal et sont actuellement en train de se battre à l’entrée de la localité.

D’autres unités mixtes de l’armée syriennes ont lancé une offensive  pour désengager l’aérodrome de Ming et la prison centrale d’Alep. La Prison centrale d’Alep, défendue par l’élite des forces du ministère de l’intérieur, est assiégée depuis avril 2013. Aux unités d’infanterie mécanisée se sont jointes des unités paramilitaires et des comités de la résistance palestinienne. Damas est parvenu à un accord secret avec les Kurdes au Nord pour faire face à l’ennemi commun: la Turquie et ses milliers de combattants étrangers inflitrés.

Plus au Sud, des offensives de l’armée syrienne à Sibina dans la périphérie de Damas ont été signalés.  Une intervention des blindés à Arbin dans la campagne de Damas s’est terminée par la destruction d’un groupe terroriste multinational.

A Hermon, une brigade de Jabhet Ennosra (le Front des Partisans) a été éliminée par des troupes de choc.  Dans le gouvernorat de Homs, des troupes de choc ont réussi à pénétrer dans la ville de Khalidia où les défenses de l’armée syrienne libre (ASL) et des groupes alliés se sont subitement effondrées.  Des tranchées et des blockhaus improvisés ont été découverts en plein centre-ville par les unités de génie de l’armée loyalistes. Ces dernières ont également découvert que des immeubles ont été plastiqués.

Dans le Sud du pays, une unité de la Garde Républicaine syrienne a éliminé la fameuse « brigade de la mort » et son chef Ibrahim Al-Misry. Près du Golan, l’armée syrienne recapture une localité non loin de la ville d’Al-Qunaïtra.

Sur le plan économique, Damas tente par tous les moyens possibles de limiter les effets de la guerre économique à outrance menée à son encontre. Le taux de change officiel est maintenu à 175 lires syriennes contre un dollar US.  De nouvelles lois répressives visant la spéculation et le marché noir viennent d’être promulguées. Ces dernières assimilent désormais les spéculateurs aux terroristes. Malgré la crise et les pénuries, une catégorie de nouvaux riches a émergé du chaos et de la spéculation.

C’est dans ce climat économique marqué par une recrudescence sans précedant du chômage que le ministère de l’intérieur lance une vaste campagne de recrutement afin de renforcer ses structures. Le renforcement de ces forces permettrait l’affectation des forces militaires à d’autres tâches plus urgentes. Selon des sources syriennes, plus de 35% des capacités de l’armée syrienne demeurent en réserve pour faire face à une éventuelle intervention étrangère.

Sur le plan de l’information, Les chaînes de télévision syriennes sont retransmises via le satellite russe AM44 EXPRESS.  La chaîne syrienne d’information en continu Al-Ikhbarya est toujours retransmise sur Eutelsat W2A. Radio Damas émet sur 102.8 FM à Damas et sa périphérie.

Egypte

L’appel du chef des armées égyptiennes, le général Abdul Fattah Al-Sissi, des centaines de milliers de manifestants anti-Morsi sont descendus dans les rues et les avenues des grandes villes égyptiennes. Des heurts sanglants ont opposé deux Egypte, causant près de 200 morts en une semaine. Des armes à feu ont été utilisés aussi bien par les partisans des Frères Musulmans que par des policiers en civils inflitrés parmi les manifestants. Au Sinaï, deux soldats égyptiens tués et plusieurs autres sont blessés dans une attaque à la roquette. Les insurgés islamistes utilisent désormais des armes lourdes.  Des hélicoptères Apache de l’armée égyptienne bombardent des repaires présumés de groupes armés. Si les troubles sanglants du Caire, d’Alexandrie ou de Port-Said peuvent déboucher sur un semblant de brève guerre civile, ceux de la péninsule du Sinaï risquent de durer pendant des années. Avec toutes les conséquences possibles sur la sécurité régionale

Libye

Les répercussions du chaos égyptien en Libye sont très graves. Déjà en plein chaos, le pays fait face à une campagne soutenues et organisée de terreur. La démission de plusieurs ministres du gouvernement a succédé l’évasion spectaculaire de plus d’un millier de détenus de la prison centrale de Bengazi. Des assauts contre des bâtiments officiels et attentats à la bombe contre le palais de justice de la ville ont coincidé avec un assaut contre un hôpital psychiatrique où  plus de 150 internés en fuite ont été armés.  Des dissidences sont signalés  au Sud du pays.  La Libye Occidentale est sous le gouvernement de facto d’une puissante tribu (Zentane) détenant des armes chimiques et des missiles balistiques de courte portée . Prolifération des coupeurs de routes. L’extrême Sud de la Libye, notamment près des confins frontaliers avec le Tchad, le Niger et l’Algérie est quasiment une  zone libre commandée par Mokhtar Belmokhtar.

Tunisie

La poursuite des assassinats politiques en Tunisie et la persistence d’un puissant maquis terroriste au Mont Chaambi dans la localité de Kasserine non loin des frontières algériennes menacent la sécurité nationale tunisienne. Des informations recueillies indiquent qu’une unité d’élite de l’armée tunisienne a été accrochée par des éléments terroristes retranchés au Mont Chaambi, causant la mort de dix militaires et des blessures à trois autres. Selon certaines informations non confirmées, les militaires auraient été égorgés et leur équipement volé. En Algérie, l’état-major de la 5e Région militaire de Constantine est en état d’alerte et des renforts en hélicoptères de combat et d’attaque au sol ont été dépêchés en urgence à Tebessa, face à Kasserine. Des sources parlent d’une opération imminente aux frontières afin de détruire toute éventuelle infiltration ou pour arrêter des secours fournis par des groupes basés en Algérie  aux 170  terroristes retranchés au mont Chaambi.

Conflit au Moyen-Orient: les plans de bombardements US contraires à Genève 2 martèle Lavrov

Les plans de bombardements américains de la Syrie, annoncés mardi par le général Martin Dempsey, vont à l’encontre de l’entente intervenue entre Moscou et Washington sur la convocation d’une nouvelle conférence internationale sur la Syrie (Genève 2), a annoncé mercredi le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

« Si nos partenaires américains mettent l’accent sur la livraison d’armes à l’opposition syrienne et sur la diffusion de leurs plans – visiblement, en cours d’élaboration – qui prévoient des frappes sur les positions du gouvernement syrien, cela ne correspond évidemment pas aux ententes visant à réunir la conférence sans conditions préalables », a déclaré M. Lavrov lors d’une conférence de presse à l’issue de négociations avec son homologue moldave Natalia Gherman.

Le président du Comité des chefs d’état-major des forces armées américaines, le général Martin Dempsey, a fait savoir mardi que les Etats-Unis avaient préparé un plan de bombardements de sites stratégiques en Syrie. Au Pentagone, on multiplie les fuites sur d’éventuelles frappes cinétiques tandis que la moitié de la flotte de drones lanceur de missiles est en train d’être retirée du Pakistan et d’Afghanistan et redéployée en Turquie, notamment sur la base aérienne US d’Inçirlik.

D’après des blogs anonymes de fonctionnaires du Département de la Défense US, le Pentagone a élaboré une demi douzaine de plans prévoyant des frappes aériennes et balistiques sur la Syrie. Le changement opéré dans la gestion du conflit syrien en écartant -en moins d’une journée, définitivement le Qatar de tout rôle et en attribuant la gestion du conflit à l’Arabie Saoudite (chargée notamment de financer la future bataille d’Alep) et Israël (menaces de « riposte » et donc d’intervention) entre dans le cadre d’une reconsidération des objectifs initiaux.

Le métier de diplomate est en crise profonde. Que ce soit au sein de l’ONU, l’Union européenne, la Ligue arabe ou l’Union Africaine, personne ne sait plus comment analyser ce qui se passe tant sont complexes les mécanismes d’ingénierie du chaos mises en oeuvre.  d’où la paralysie ayant frappé nombre d’instances internationales. Des dizaines d’analystes ont suivi la mode comme celle attribuant au Qatar un rôle diplomatique en plein essor en oubliant que tous ces pays ne sont, au mieux, que des pions dans un grand jeu dans lequel les 27 pays de l’UE n’ont aucun poids.

Conflit au Moyen-Orient: de la révolution 2.0 aux bombardements orbitaux?

1. Malgré un nouvel afflux notable d’hommes et de matériel, la rébellion syrienne peine non seulement à se maintenir en dehors des zones rurales isolées mais accentue ses divisions intrinsèques du fait de profonds clivages idéologiques et politiques.  En réalité, la rébellion syrienne, toutes tendances confondues, ne s’est jamais remise de sa défaite stratégique à Al-Qussayr (non loin de l’antique Meggido). Sur le terrain, les rebelles sont boutés hors des cités périphériques de Damas, écrasés à Homs et à Lattaquié, pourchassés près de la zone de cessez-le-feu au Golan et mis en échec à Alep où le blocus mis en place par des groupes extrémistes armés depuis le début du mois sacré du Ramadan vient d’être percé par les unités d’élite de l’armée syrienne.

Cet ascendant des forces armées syriennes et des milices populaires permet à Damas de focaliser sur un autre aspect non moins dangereux du conflit en cours en Syrie: la guerre économique. Depuis des mois, des campagnes organisées de spéculation monétaire et financière ont grandement nui à l’économie syrienne et à la valeur de la livre syrienne. Cette spéculation est accompagnée par diverses pratiques telles que la contrebande, la fuite massive de capitaux, l’organisation de fausses pénuries, le sabotage d’infrastructures, l’introduction de fausse monnaies, la corruption et une hausse anormale des produits de base. Pour y faire face, le Premier ministre syrien Wael Al-Halaki a mis en place toutes une série de mesures de protection. Cependant fort insuffisantes. Le recours à des experts iraniens, aguerris par le blocus auquel leur pays fait face, a permis d’éluder l’effondrement de la monnaie nationale syrienne.

Le gouvernement syrien a beau mettre en place un système de rationnement en temps de guerre, impossible de stopper les pratiques spéculatives. En vertu du système de rationnement, chaque personne adulte a le droit à 300 grammes de thé par mois mais ce produit s’échange sous le manteau à des prix rédhibitoires et est surtout exporté en masse vers des pays voisins. La situation est telle que l’armée syrienne commence à cibler les milieux de la spéculation. Néanmoins, contre toute logique, l’économie syrienne tient toujours. Les liens commerciaux officieux avec l’Irak et l’Iran (ce dernier ne parvient ou ne veut plus payer ses créances internationales) ainsi que ceux bancaires avec le Liban expliquent en partie mais pas totalement la survie surprenante du système économique d’un pays non producteur d’hydrocarbures dont l’économie est basée essentiellement sur l’agriculture et le textile.

2. Des indications receuillies laissent entendre que les populations civiles et les unités militaires assiégées à Alep ont pu être ravitaillées par l’armée syrienne qui a du intervenir alors que son plan ne préconise pas un mouvement vers le Nord avant le mois de d’octobre afin de parer à toute nouvelle attaque combinée sur Damas comme ce fut le cas en juillet 2012. Le blocus imposé par les groupes les plus extrémistes de la rebéllion n’a pas tenu, moins par la vigueur de l’offensive loyaliste que par l’éclatement de conflits armés entre, d’une part, les groupes liés à Al-Qaïda et des factions de l’armée syrienne libre, et, d’autre part, le front d’Ennosra et les milices kurdes. La situation semble prendre un virage inattendu au Nord de la Syrie et en Turquie méridionale avec l’éventualité de la déclaration d’une entité kurde indépendante. Cette éventualité est fort redoutée par Ankara.

3. Plus au Sud, près du plateau stratégique du Golan, des accrochages ont encore opposé des militaires syriens et israéliens. Des unités de l’armée syrienne pourchassant des groupes armés liés à l’armée du Cham (pays de Sem, autre appellation du Levant regroupant la Grande Syrie, c’est-à-dire, la Syrie, le Liban, la Palestine et la Jordanie) près de la ville de Qunaytra, ont poursuivi les rebelles jusqu’à un poste militaire israélien désaffecté situé à l’intérieur de la zone contrôlée par Israël, provoquant une riposte israélienne. Mais les deux pays, soumis à d’intenses pressions internationales pour éviter toute escalade, n’ont pas donné plus d’information. Ce qui est certain est que du côté israélien, une nouvelle brigade chargée du Golan est en train d’être constituée à la hâte tandis que les meilleures unités de l’armée israélienne se massent en Galilée. Le Liban et les confins syro-jordaniens sont survolés par un nombre impressionnant de drones. Au point que la défense antiaérienne israélienne en a abattu un le prenant pour un appareil du Hezbollah. D’autre part, des information jamais confirmées et non-vérifiables font état du déploiement par Israël de missiles nucléaires tactiques non loin du Lac Tibériade. Si cette information est vraie, cela renseigne sur le degré d’inquiétude que suscite l’évolution-défavorable jusqu’ici pour la stratégie de Tel-Aviv-de la crise syrienne dont le théatre d’opération s’étend désormais de la province irakienne d’Al-Anbar à l’Est jusqu’au littoral libanais sur la Méditerannée à l’Ouest.

4. L’évolution défavorable de la crise syrienne suivant les intérêts géostratégiques américains et par voie de conséquence israéliens à re-évaluer l’ensemble de la stratégie arrêtée jusque là. La rencontre du Chef des services de renseignement israéliens avec ses homologues US aux Etats-Unis a pour principal objet une redéfinition de cette stratégie à la lumière des derniers développements régionaux. Si des officiels US tels que le Secrétaire d’Etat John Kerry martèlent publiquement et sans conviction qu’il est encore impossible d’établir une zone d’exclusion aérienne au-dessus d’une partie du territoire syrien, des chefs militaires au Pentagone évoquent pour la première fois la possibilité de recourir à une nouvelle arme: les bombardements orbitaux ou frappes cinétiques. En d’autres termes de lâcher à partir de l’espace ou plus précisément d’une orbite déterminée, une pluie de micro-météorites artificielles qui viendraient s’écraser à très grande vitesse sur une surface déterminée de la planète et, en l’occurrence ici, du territoire syrien. On sait presque rien sur cette nouvelle technique qui rappelle les lancer de fléchettes au dessus des tranchées de la première guerre mondiale  mis à part l’existence d’un programme assez ancien dénommé Thor. La chute d’objets métalliques (matériaux spéciaux) ou autres, lâchés à partir d’une orbite proche et tombant à la vitesse des météores sur le sol syrien serait quasiment impossible à intercepter par les moyens actuels de la défense aérienne ou des des moyens d’interception balistique. Chinois et Russes semblent très inquiets et travaillent d’arrache-pied à des contre-mesures. Un des points faibles de cette technique est son impossibilité à acquérir des cibles précises puisqu’elle dépends de plusieurs variables de la chute libre, de la gravitation et de la rotation terrestre. Ce qui en résulte un phénomène de dispersion plus ou moins important.

La chute de météorites en Russie en février 2013 causant des dégâts dans l’Oural et dans le centre de la Russie a alimenté pas mal d’hypothèses dont la plus tonitruante a été émise publiquement par l’homme politique russe Vladimir Zhirinovsky qui a nommément accusé les Etats-Unis d’avoir testé un système de bombardement cinétique au dessus de l’Eurasie. Une hypothèse que les médias n’ont pas jugé relever et ont classé comme une autre théorie du complot paranoïaque. Ce qui est certain, c’est que l’US Air Force a testé en Irak, durant la période s’étendant de 1998 à 2003, soit l’invasion de ce pays, toute une série de nouvelles armes telles que les bombes à béton (non-explosives), des masses d’acier, des bombes à émission électromagnétiques et d’autres.

Quoi qu’il en soit, les déclarations d’officiels US telles que celles du Secrétaire d’Etat John Kerry sur l’impossibilité d’imposer une zone d’exclusion aérienne sur une partie du territoire syrien ou celles encore plus lénifiantes de responsables européens niant toute volonté d’armer les rebelles cache mal la préparation de plans alternatifs assez novateurs pour tromper la vigilance des alliés de la Syrie. Ce n’est point un hasard si le Chef d’état-major des Armées des Etats-Unis d’Amérique, le général Martin Dempsey, évoque pour la première fois la possibilité d’utiliser des frappes cinétiques (Kinetic strikes) en Syrie.  Si cette éventualité se réalise, le conflit au Moyen-Orient et ses multiples avatars high-tech dénommés sous le nom générique de printemps arabe, auront connu l’usage de l’ensemble des technologies préfigurant le monde de demain (l’arme nucléaire n’en est pas une et figure parmi les techniques du passé) allant des révolutions 2.0, versions plus perfectionnées des premières révolutions colorées aux bombardements orbitaux en passant par de nouvelles techniques d’ingénierie sociales et informationnelles à travers un contrôle total de l’Internet et des moyens de télécommunication. Bien que toutes ces nouvelles techniques soient à leur balbutiement, elles auront un rôle déterminant dans les conflits futurs.

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Le conflit syrien verra t-il l'usage inédit d'armes spatiales?
Le conflit syrien verra t-il l’usage inédit d’armes spatiales?