Guerre en Syrie: mise en échec d’un assaut rebelle sur un aérodrome près d’Alep

Alep-Correspondance particulière/Strategika51

Plus de 102 combattants rebelles ont péri ces dernières 48 heures en tentant de prendre d’assaut l’aérodrome militaire de Kuwayris près d’Alep.

Usant d’une tactique éprouvée, notamment lors de l’attaque du village chrétien araméen de Maaloula, les rebelles des brigades de Jund Al-Haqq (les soldats de la Justice), une branche affiliée à Jobhet Ennosra (Front des Partisans/Al-Qaida) ont tenté de prendre d’assaut la base aérienne  avant-hier à 4h00 du matin (heure de Damas) en forçant le portail d’entrée à l’aide de véhicules piégés conduits par des kamikazes, mais une contre-offensive des unités spéciales de l’armée syrienne soutenues par les Forces de la défense nationale (NDF-une force paramilitaire supplétive de l’armée) et disposant d’un important appui feu aérien a permis une manoeuvre d’encerclement et l’élimination de la force rebelle.

Nos sources soulignent que les rebelles capturés lors de cette opération ont fourni des informations sur leur entraînement en Turquie méridionale par des instructeurs britanniques.

Les rebelles ont utilisé des engins piégés et plus précisément des camions avec un type militaire d’explosif n’existant pas dans la nomenclature de l’armée syrienne pour détruire les défenses de la bases aérienne pour ouvrir un passage à une force d’assaut rebelle. C’est quasiment le même plan utilisé avec succès à Maaloula où furent utilisés des pneus usagées piégés au TNT et au C4 contre les soldats syriens gardant le village Araméen.

Cependant, cette fois-ci, l’attaque fut mise en échec grâce à l’interception des communications cryptées des rebelles par le renseignement militaire. Les rebelles faisaient référence à cette attaque par le nom de code de « Amir Al-Oumaraa » ou Emir des Emirs (Princeps Principii) dans une possible allusion au Prince Bandar Ben Sultan, Chef des renseignements Saoudiens. Cette opération revêtait une importance très particulière car c’est de cet aérodrome que partent les hélicoptères de combat et les avions d’attaque au sol opérant dans la province septentrionale d’Alep.

Parmi les rebelles éliminés identifiés par les renseignements de l’armée de l’air figurent:

  • Mahmoud Al-Khalil, décrit par l’agence officielle SANA comme un sniper. Ce dernier surnommé le Glaive de Dieu serait derrière un nombre impressionnant d’assassinats de précision ayant visé des militaires de l’armée syrienne;
  • Faarooq Sadreddeen
  • ‘Umar Sadreddeen
  • Fakhri Abu-Karraar
  • « Abu Raafid Al-‘Iraaqi », ressortissant de nationalité irakienne, identité non confirmée;
  • Hussayn Al-Qishta
  • Sindaar Al-Kubaysi
  • Haseeb Al-Mustafaa
  • Hamdu Al-Juma’ah
  • Badr ‘Umar
  • Shukri Istablaji
  • Haatem Muhammadaani
  • ‘Abdul-‘Azheem Dayyoob
  • Hassan Al-Kabaareeti
  • Ahmad Harb
  • Ahmad Hamad
  • Zayn-Al-‘Aabideen Al-A’raj
  • Ibraaheem Al-Malaama
  • Khaleel Al-Zankari
  • Faheem Muhammad
  • Abdul-Waliy Urhanli
  • Faraj ‘Abdul-Hameed
  • ‘Izzedden Al-Shater
  • Rafeq Ballat
  • Dawoud Shalabi
  • Muhammad Jabboor
  • ‘Imad Ihsani
  • Muhammad ‘Abdul-Baaqi
  • Mahmoud Salama
  • ‘Ali Shumaysi
  • Yasin ‘Issaa
  • Ziyad Al-Nuqta

69 autres combattants n’ont pu être identifiés. Les pertes de l’armée syrienne et des NDF s’élèveraient quant à elles à 37 morts et une centaine de blessés.

En raison de la proximité de la frontière turque, l’armée syrienne a mis le paquet dans son offensive pour reprendre le terrain cédé aux différentes factions de la rébellion depuis un an et demi. La Syrie a officiellement accusé, à travers son représentant aux Nations Unies, la Turquie de soutenir les rebelles sur son territoire. La guerre continue. En attendant Genève 2 en janvier 2014.

Attaque de Kuwayris_Alep

Conflit en Syrie: Un général-major de l’armée syrienne blessé au combat à Deir Ezzor

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Selon des indications recueillies, le général-major Issam Zahreddine, l’un des plus populaires des commandants supérieurs au sein de l’armée syrienne a été blessé au combat à Al-Rushdya à Deir Ezzor. Ce général de la garde républicaine syrienne devait conduire l’assaut visant à libérer Andaan près d’Alep (Nord du pays) mais a été muté à la dernière minute à Deir Ezzor où la situation militaire se dégradait. Le général de la garde a été blessé alors qu’il conduisait une opération de recherche-destruction dans l’un des quartiers les plus chauds de Deir Ezzor.

Ailleurs, les forces syriennes soutenues par des unités du Hezbollah libanais ont complètement investi les localités de Deir Attya et Al-Nabak après de durs combats contre les factions rebelles. L’assaut gouvernemental a été mené par les officiers les plus aguerris en matière de tactique militaire.

Battant en retraite, les extrémistes d’Al-Qaïda ont investi l’hôpital Al-Bassel (du nom du frère ainé décédé du Président syrien) de la ville de Deir Attya et ont systématiquement éliminé à la grenade et au fusil d’assaut l’ensemble des blessés et autres malades s’y trouvant, nonobstant leurs appartenance à l’un ou l’autre camp.

Les unités de l’armée syrienne ayant conduit l’assaut à Deir Attya et Al-Nabak étaient secondées par les milices du parti Baath, les comités de la défense populaire et des éléments du Hezbollah libanais.

Le retrait des rebelles de Al-Nabak a été soudain et s’est déroulé d’une manière désorganisée. Ce retrait a encouragé certains citoyens à prendre les armes contre les rebelles en retraite.

D’autres unités ont pénétré dans la localité voisine de Ain Al-Baydhaa. Des renforts rebelles ont été dépêchés en urgence au Qalamoun depuis Arsaal au Liban. Une décison saoudienne hâtive pour tenter de limiter les dégâts.

La rébellion syrienne a accusé l’armée gouvernementale d’avoir perpétré un massacre à Deir Attya. Elle accuse également Damas d’avoir tiré au moins un missile balistique de type SCUD sur la ville de Qaraa. De fait, un missile a visé un centre de commandement rebelle à Qaraa, provoquant d’immenses dégâts matériels et facilitant l’entrée d’unité de la sécurité intérieure et d’autres relevant des renseignements militaires. Ces dernières ont été freinées par la découvertes de pièges et de bombes artisanales improvisées (Improvised explosive devices ou IED) pesant plus de 80 kilogrammes.

Les combats continuent à Alep où les différentes factions rebelles se battent souvent les unes contre les autres ou font face à l’avancée lente mais progressive des troupes syriennes. Au milieu de ce chaos, les combattants kurdes suscitent l’intérêt de l’ensemble des protagonistes à l’exception des extrémistes islamistes pour lesquels tous ceux qui ne sont pas avec eux sont des hérétiques à éliminer. Les kurdes font l’objet d’un traitement de faveur de la part de Damas mais également de l’Arabie Saoudite. Cette dernière tente de récupérer les kurdes pour les rallier au front anti-pouvoir.

Ce qui se passe en Syrie n’est pas exempt d’un certain déterminisme historique. Aux enjeux géopolitiques contemporains et aux rivalités régionales se superposent d’autres clivages fort anciens.

Les défaites des factions rebelles à Damas et leur situation difficile à Alep n’ont pas eu d’effet notable sur le moral des pays soutenant mordicus et contre vents et marées un changement de régime à Damas. Ryad a déjà ordonné une autre contre-offensive tandis qu’Israël vient de rendre public un rapport sur la situation militaire en Syrie dans lequel il souligne que grâce à l’affaiblissement de l’armée syrienne dans cet interminable conflit, l’armée israélienne peut arriver aux portes de Damas en « quelques heures seulement » alors qu’il fallait plus d’une semaine avant la guerre.

Tel-Aviv estime qu’il est dans son intérêt que la guerre perdure en Syrie car plus le temps passe, plus l’armée syrienne s’affaiblit. Pour les israéliens, la seule force militaire organisée en Syrie n’est plus l’armée syrienne mais le Hezbollah libanais. Une analyse que partagent les Saoudiens.

Sur le terrain, l’ordre initial ordonnant à l’ensemble des personnels des forces armées syriennes de garder l’uniforme ou le treillis de combat, le grade et les insignes pour maintenir la cohésion des troupes et la discipline a été l’une des marques distinctives de ce conflit. L’armée syrienne est certes affaiblie mais l’apport de conscrits du contingents et de volontaires au sein des comités de défense populaires et les milices du parti ont permis de pallier à certaines déficiences comme les défections ou les désertions.

« La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens » selon Clauzewitz . Et cette guerre en Syrie  continue pour obtenir des gains politiques à faire valoir autour d’une table à Genève. En attendant, un des plus beaux pays du Levant subit la destruction sur l’autel d’intérêts géostratégiques n’ayant rien à voir avec le bien-être des populations civiles.

Syrie: l’offensive gouvermentale continue…

Alors que des sources au sein des Nations Unies évoquent la date du 22 décembre 2013 22 janvier 2014 pour la tenue de la Conférence de Genève II, l’armée syrienne continuait son offensive dans la région d’Alep malgré des problèmes survenus sur l’axe Homs (centre) et Damas ayant causé la rupture des approvisionnements en hydrocarbures dans la capitale.

Les rebelles ont ciblé de manière systématique les infrastructures énergétiques et les quelques champs d’exploitation d’hydrocarbures que compte la Syrie.

A Deir Attya, les unités de l’armée syrienne ont pénétré le centre-ville à partir de l’ouest. Les factions rebelles ont tenté de repousser l’assaut mais ont laissé 65 combattants sur le carreau. Une douzaine parmi ces tués étaient des combattants somaliens entrés en Syrie à partir de la Jordanie. Parmi ces derniers figurait un certain Abu Nusseiba Al-Brittany (le britannique), un extrémiste britannique.Un autre mercenaire portant la nationalité US a été tué non loin de ce champ de confrontation.

Après avoir établi leur QG provisoire à l’hôpital Al-Bassel, les unités de l’armée syrienne ont tenté d’avancer vers l’est de la ville mais ont fait face à de multiples embuscades. Des renforts du IIIe Corps d’armée en provenance de Qara affluaient vers la localité.

Au Nord du pays, les unités de l’armée syrienne renforcées par les appelés du contingent et les milices de défense populaire ont réalisé une avancée au milieu du secteur industriel après l’échec d’une contre-offensive de Jobhet Ennosra et leurs alliés de l’Etat islamique d’Irak et du Sham (EIIS). Les combats sont acharnés, notamment autour et à l’intérieur de l’usine d’huile végétale  et les commandants de l’armée syrienne n’excluent pas que des « conseillers » militaires de pays de l’Otan soient parmi les rangs des dizaines de mercenaires étrangers combattant au sein des différentes factions de la rébellion.

L’offensive conjointe de l’armée syrienne et du Hezbollah libanais continue au Qalamoun où les combats se concentrent sur la localité de Jarjir. Le Hezbollah a réussi à couper la zone des combats en deux poches distinctes.

A Damas, des informations faisant état de l’entrée de 8000 combattants rebelles à la Ghouta pour tenter de repousser l’assaut des troupes gouvernementales n’ont pas été confirmées pour l’instant. Cependant, vue l’intensité des combats s’y déroulant, il semble que les poches de la rébellion aient reçu des renforts. L’aviation syrienne bombarde de façon continuelle ce faubourg ainsi que Zara près de Homs et les régions côtière de la province de Lattaquié frontalière avec la Turquie.

Un char de bataille T-62 de fabrication russe de l'armée syrienne tirant des obus explosifs de type OF dans la région de Qalamoun où se déroule l'une des batailles les plus cruciales du conflit en cours en Syrie.
Un char de bataille T-62 de fabrication russe de l’armée syrienne tirant des obus explosifs de type OF dans la région de Qalamoun où se déroule l’une des batailles les plus cruciales du conflit en cours en Syrie.

Conflit au Moyen-Orient: des avions israéliens bombardent la province de Lattaquié

Selon des informations partiellement confirmées par un responsable américain via CNN et rapportées par la chaîne libanaise d’information en continu Al-Mayadeen, des chasseurs-bombardiers israéliens ont bombardé des sites de missiles anti navires syriens à Lattaquié, sur le littoral méditerranéen.

Des missiles SS-N de type Yakhont ont été ciblés par des raids de l’aviation israélienne dans ce qui s’apparente à la sixième intervention flagrante d’Israël dans le conflit en cours en Syrie.

L’aviation israélienne a également bombardé des positions de l’armée syrienne pour couvrir le retrait de commandos israéliens infiltrés au sein des rebelles à partir du littoral pour localiser et identifier les sites de lancement de missiles syriens.

L’armée israélienne offre des facilités directes à des factions rebelles en Syrie. C’est le cas notamment au Golan occupé par Israël où les unités israéliennes ont établi des hôpitaux de campagne, des QG de commandement et un feu de soutien au profit des rebelles pseudo-islamistes en guerre contre le régime syrien.

Le Président syrien Bashar Al-Assad a insisté à plusieurs reprises que le conflit ravageant son pays depuis presque trois ans est une guerre régionale à portée universelle dans laquelle Israël et ses alliés jouent un rôle primordial.

Possible usage imminent d’armes chimiques en Syrie

Des informations recueillies indiquent un possible usage imminent d’armes chimiques dans les combats en cours entre les unités de l’armée syrienne et les factions rebelles dans la périphérie de Damas.

L’armée syrienne tente actuellement de libérer Mouadamiyat al-Cham, une banlieue au sud-ouest de Damas tenue par les rebelles. En parallèle, une autre offensive gouvernementale est en cours sur la sortie Nord de Damas et sur l’axe Damas-Homs.

La Russie a fait part aujourd’hui de sa vive préoccupation en réaction à des informations faisant état d’un possible usage d’armes chimiques par des éléments extrémistes.

L’Arabie Saoudite, Israël et la Turquie soutiennent directement des factions de la rébellion syrienne et des phalanges de volontaires étrangers combattant en Syrie.

Des trois pays, l’Arabie Saoudite est le pays ayant dépensé le plus dans l’affaire syrienne: 30 milliards de dollars. La Turquie, allié clé de Washington dans la région est allé jusqu’à compromettre son intégrité territoriale et accepter sur son sol des camps d’entraînements d’extrémistes religieux.

Israël qui s’est préparé depuis longue date à une guerre régionale sur plusieurs axes, n’a pas pu digérer les efforts internationaux pour parvenir à une paix négociée en Syrie. La survie du régime Al-Assad et de ses soutiens régionaux  serait fatale pour les objectifs stratégiques israéliens au Moyen-Orient.

Suicide saoudien

Lâchée par les États-Unis en Syrie, l’Arabie saoudite va t-elle se suicider à défaut de pouvoir vaincre ? C’est ce que l’on pourrait conclure des événements suivants :

Le 31 juillet 2013, le prince Bandar Ben Sultan s’est rendu en Russie où il n’a pas seulement été reçu par son homologue, le chef des services secrets, mais par le président Vladimir Poutine. Il existe deux versions de cette rencontre. Pour les Saoudiens, Bandar s’est exprimé au nom du royaume et des États-Unis. Il a proposé d’acheter pour 15 milliards de dollars d’armement russe si Moscou laissait tomber la Syrie. Pour les Russes, il s’est exprimé avec arrogance en menaçant d’envoyer des jihadistes perturber les Jeux olympiques d’hiver de Sotchi si Moscou persistait à soutenir le régime laïque de Damas, puis en cherchant à le corrompre. Quelle que soit la vérité, le président Poutine a ressenti les propos de son interlocuteur comme des insultes à la Russie.

Le 30 septembre, le prince Saoud Al-Faisal avait été inscrit à l’ordre du jour du débat général de la 68e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, mais furieux du réchauffement des relations irano-US, le ministre saoudien des Affaires étrangères est parti sans s’excuser. Dans sa colère, il a refusé que son discours, préparé et imprimé à l’avance, soit distribué aux délégations.

Le 11 octobre, le secrétaire général adjoint des Nations Unies et ancien responsable du département d’État pour le Proche-Orient, Jeffrey Feltman, recevait une délégation libanaise. Parlant au nom de M. Ban, mais probablement plus encore au nom du président Obama, il n’a pas eu de mots assez durs pour critiquer la politique étrangère saoudienne, faite de « rancunes » et incapable de s’adapter au monde qui change.

Le 18 octobre, l’Assemblée générale des nations Unies élisait, par 176 voix sur 193, l’Arabie saoudite comme membre non-permanent du Conseil de sécurité pour deux ans à compter du 1er janvier 2014. L’ambassadeur Abdallah El-Mouallemi se félicitait de cette victoire qui reflète « l’efficacité de la politique saoudienne marquée par la modération » (sic). Cependant quelques heures plus tard, le prince Saoud Al-Faisan publiait un communiqué aux accents nassériens sur l’incapacité du Conseil de sécurité et le refus du royaume d’y siéger. Si le motif officiel principal évoqué était la question syrienne, le ministre s’offrait le luxe de dénoncer également la question palestinienne et celle des armes de destruction massive au Proche-Orient, c’est-à-dire de désigner comme ennemis de la paix à la fois l’Iran et Israël. Sachant que la critique de la politique syrienne des Nations unies est une mise en cause directe de la Russie et de la Chine, qui y firent usage par trois fois de leurs droits de veto, ce communiqué était une insulte faite à Pékin, bien que la Chine soit le principal client actuel du pétrole saoudien. Cette volte-face, qui plongea l’Organisation dans la consternation, fut néanmoins bruyamment saluée par les présidents de la Turquie et de la France qui déclarèrent partager les « frustrations » de l’Arabie saoudite sur la Syrie.

Le 21 octobre, le Wall Street Journal révélait que le prince Bandar Ben Sultan avait invité à son domicile des diplomates européens en poste à Riyad. Le chef des services secrets leur aurait narré la fureur saoudienne face au rapprochement irano-US et au retrait militaire US de Syrie. Devant ses hôtes interloqués, il aurait annoncé que le royaume allait en rétorsion retirer ses investissements d’Amérique. Revenant sur l’épisode du siège au Conseil de sécurité, le quotidien précisa que, selon le prince Bandar, le communiqué n’était pas dirigé contre Pékin, mais contre Washington ; une précision d’autant plus intéressante qu’elle ne correspond pas à la situation.

Face à l’incrédulité suscitée par ces déclarations et aux commentaires apaisants du département d’État, le prince Turki Ben Faisal expliqua à Reuters que les paroles de son ennemi personnel, Bandar, engageaient bien le royaume et que cette nouvelle politique ne serait pas remise en question. Il n’est donc plus question d’une division du pouvoir entre les deux branches rivales de la famille régnante, les Sudairi contre les Shuraim, mais bien de leur vision commune.

En résumé, l’Arabie saoudite insultait la Russie en juillet, la Chine il y a deux semaines, et maintenant les États-Unis. Le royaume annonce qu’il retirera ses investissements d’Amérique pour se tourner probablement vers la Turquie et la France, même si aucun expert ne voit comment cela serait possible. Deux explications de ce comportement sont possibles : soit Riyad feint la colère pour permettre à Washington de continuer la guerre en Syrie sans en prendre la responsabilité, soit la famille des Séoud commet un suicide politique.

La première hypothèse semble infirmée par la sortie du prince Bandar devant les ambassadeurs européens. S’il jouait en sous-main pour les États-Unis, il s’abstiendrait de venir prêcher la révolution auprès de leurs alliés.

La seconde hypothèse rappelle le comportement des chameaux, animaux fétiches des bédouins saoudiens. Ils sont réputés capables de se laisser animer durant des années par leurs rancunes et de ne pas trouver le calme avant d’avoir assouvi leur vengeance, quel qu’en soit le prix à payer.

Or, la survie de l’Arabie saoudite est en jeu depuis la nomination de John O. Brennan à la tête de la CIA, en mars 2013. Jadis en poste en Arabie, c’est un adversaire résolu du dispositif mis en place par ses prédécesseurs avec Riyad : le jihadisme international. M. Brennan considère que si ces combattants ont fait du bon boulot, jadis, en Afghanistan, en Yougoslavie et en Tchétchénie, ils sont devenus à la fois trop nombreux et ingérables. Ce qui était au départ quelques extrémistes arabes partis faire le coup de feu contre l’Armée rouge est devenu une constellation de groupes, présents du Maroc à la Chine, qui se battent en définitive bien plus pour faire triompher le modèle saoudien de société que pour vaincre les adversaires des États-Unis. Déjà, en 2001, les États-Unis avaient pensé éliminer Al-Qaïda en le rendant responsable des attentats du 11-Septembre. Cependant, avec l’assassinat officiel d’Oussama Ben Laden, en mai 2011, ils avaient décidé de réhabiliter ce système et en firent très grand usage en Libye et en Syrie. Jamais sans Al-Qaïda, Mouamar el-Kadhafi aurait pu être renversé comme l’atteste aujourd’hui la présence d’Abdelhakim Belhaj, ex-numéro 2 de l’organisation, comme gouverneur militaire de Tripoli. Quoi qu’il en soit, aux yeux de John O. Brennan, le jihadisme international devrait être ramené à de faibles proportions et n’être conservé que comme force d’appoint de la CIA en certaines occasions.

Le jihadisme est non seulement la seule force effective de l’Arabie saoudite, dont l’armée est divisée en deux unités obéissant aux deux clans de la famille des Séoud, mais c’est aussi son unique raison d’être. Washington n’a plus besoin du royaume pour se fournir en hydrocarbures, ni pour plaider la cause de la paix avec Israël. D’où le retour au Pentagone du vieux plan néoconservateur : « Jeter les Séoud hors d’Arabie », selon le titre d’un Powerpoint projeté en juillet 2002 devant le Conseil politique du département de la Défense. Ce projet prévoit le démantèlement du pays en cinq zones distinctes, dont trois sont appelées à former des États indépendants les uns des autres et deux devraient être rattachés à d’autres États.

En choisissant l’épreuve de force avec les États-Unis, la famille des Séoud ne leur donne pas le choix. Il est improbable que Washington se laisse dicter sa conduite par quelques bédouins fortunés, mais prévisible qu’il va les remettre au pas. En 1975, ils n’hésitèrent pas à faire assassiner le roi Faysal. Cette fois, ils devraient être plus radicaux encore.

Thierry Meyssan

Voltairenet

Syrie: l’architecte du déploiement militaire syrien au Liban tué au combat à Deir Ezzor

Général Djama DjamaaL’un des architectes du déploiement militaire syrien au Liban de 1976 à 1982 puis de 2003 à 2005, le général Djama Djamaa,  a été tué hier jeudi 17 octobre 2013 au combat à Deir Ezzor, la plus grande ville de l’Est de la Syrie, non loin de la frontière irakienne.

Le général Djamaa dirigeait les renseignements militaires à Deir Ezzor , ville où se déroulent depuis quelques jours de très intenses combats entre l’armée syrienne et une trentaine de groupes radicaux venus d’Irak et de Jordanie.

Les médias syriens ont rapporté l’information mais sans préciser les circonstances dans lesquelles a péri  ce général en froid avec sa hierarchie sur la manière de conduire les opérations militaires contre ce que la Syrie désigne officiellement les forces sionistes mondialisées.

Selon l’observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), une officine du MI6 britannique et pro-rébellion  armée, le général Djamaa aurait été atteint par le tir d’un sniper ou de plusieurs snipers rebelles. Ces derniers utilisent de plus en plus des fusils anti-material à très gros calibre (de 12.7 à 30 mm) fournis par leurs soutiens étrangers.

Partisan convaincu de la Grande Syrie et anti-sioniste, le général Djamaa était en froid avec l’Etat-major sur certains points relatifs à la stratégie de défense asymétrique face à la coalition mondiale menée par les Etats-Unis, Israël et l’Arabie Saoudite  s’acharnant sur la Syrie. Il aurait entre autres préconisé un nouveau déploiement au Liban pour divertir les forces israéliennes du Golan.

Photo du jour: un soldat de l’armée syrienne…30 mois de résistance!

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Un soldat des forces armées syriennes sur le bord d’une route reliant Homs à Alep. En 30 mois de conflit, loin de se disloquer, l’armée syrienne a connu un profond remaniement et une véritable révolution tactique: son organisation est devenue plus flexible avec une nette prépondérance des troupes de choc. Les unités de l’armée syrienne se battent sur trois fronts majeurs (Nord, Littoral, Sud) répartis entre 284 lieux d’affrontements. Fait important, les meilleures unités sont gardées en réserve en cas d’affrontement direct avec Israël…

Syrie: l’aviation gouvernementale intervient dans les combats inter-rebelles

Selon des informations publiques, l’aviation syrienne est intervenue à plusieurs reprises dans les combats acharnés opposant les rebelles de l’armée syrienne libre (ASL) aux phalanges islamistes extrémistes du chef extrémiste  Daesh, de nationalité française.

Sous les yeux étonnées des rebelles de l’ASL, les bombardiers tactiques de l’armée gouvernmentale ont bombardé des convois lourdement armés des islamistes radicaux près de Rif Haska, bien mieux armés et plus puissants sur le terrain.

Les phalanges surarmées de Daesh ont fait irruption en Syrie il y un peu plus d’un mois et se sont caractérisé par leur extrême acharnement à tout détruire et à se battre contre tous les protagonistes. Ils ont mené des combats d’une extrême intensité avec les comités de défense kurde, avant de retourner leurs armes contre les rebelles de l’ASL et d’autres factions d’Al-Qaïda. Ils ont réussi à mettre en échec les forces gouvernementales à plusieurs reprises. Leur extrémisme, leur propension à ne laisser aucun survivant après leur passage et l’absence de tout programme politique a entraîné leur isolement en Syrie. En un mois, ce groupe a réussi non seulement à s’aliéner l’ensemble des protagonistes dans le conflit mais d’autres acteurs régionaux non-étatiques comme le PKK turc.

Le chef de guerre Daesh a été donné pour mort aujourd’hui en début de soirée par des sources gouvernementales. D’après ces informations, il aurait été tué lors d’un bombardement aérien dans la campagne de Lattaquié.

La question qui demeure en suspense est celle de savoir qui a été dernière le phénomène Daesh? Ce groupe inédit dans les annales de la classification des groupes terroristes, dispose des meilleures armes en Syrie. Ses combattants issus de pays dont les populations sont réputés pour leur habileté guerrière continuent leurs déprédations en Syrie sous les regards impuissants des rebelles et des soldats gouvernementaux.

Entretemps, six employés de la Croix Rouge internationale et un membre du Croissant rouge syrien ont été kidnappés en Syrie septentrionale.

Premier résultat du conclave de Ryad: le Conseil National Syrien n’ira pas à Génève

C’était un peu prévisible. Le Conseil National Syrien (CNS) représentant une faction de l’opposition syrienne armée a décidé de boycotter la Conférence de Genève II, prévue en novembre 2013.

Cette décision serait l’un des premiers résultats du conclave de Ryad au cours duquel l’Arabie Saoudite et ses alliés dont en premier lieu la France ont arrêté une nouvelle stratégie visant le torpillage de toute solution négociée et/ou pacifique du conflit syrien.

Le CNS est non seulement à la solde de pays comme l’Arabie Saoudite mais demeure très divisé par un complexe jeu d’influence et de rivalités de chapelles.

Pas question donc d’une Conférence où l’on verra parader les représentants du régime de Damas et leurs alliés régionaux. Pour Ryad aussi bien que Tel-Aviv, seul un changement de régime violentdu type de celui qui a balayé l’ex-régime irakien est à même de représenter la solution idoine. Le jour d’après, on se battra entre bons alliés pour une place au soleil: un régime islamiste pseudo-sunnite et pro-libéral ou un régime doté d’un Premier ministre pro-israélien, c’est selon les desirata des deux plus influents alliés de Washington dans la région.

Une Syrie gouvernée par un Premier ministre aux prérogatives illimitées tournant le dos à la résistance libanaise et à l’Iran tout en acceptant l’occupation d’une partie de son territoire en échange d’une paix en trompe l’oeil avec Israël? Une hérésie à Damas. La guerre continue…

Syrie: l’armée poursuit sa contre-offensive au Sud de Damas

Selon des informations convergeantes, des unités de choc de l’armée syrienne soutenues par des milices populaires et des éléments du Hezbollah libanais ont repris les localités de Husseinyé et de Dyabya dans la banlieue méridionale de la capitale Damas.

Des unités parachutistes ont été larguées au dessus de cette zone où ce trouve un important sanctuaire chiite pour tenter de prendre à revers les forces rebelles. Celles-ci ont opposé une très vive résistance en utilisant des tirs d’artillerie de barrage, des canons antiaériens et des missiles antichar sophistiqués de type Kornet.

Peu d’informations ont filtré sur la participation d’éléments du Hezbollah libanais mais ce qui semble certain est que la stratégie de choc  et  les innovations tactiques inédites utilisées par l’armée syrienne lors des combats portent  bien la trace du mouvement.

Les combats ont été d’autant plus acharnées que l’enjeu semblait se focaliser autour des lieux de pélérinage chiite. Les rebelles appartenant à diverses factions dont des radicaux salafistes  se sont battus à mort contre ceux qu’ils perçoivent comme leurs ennemis hérétiques. Plus de 500 rebelles ont péri dans les combats entre mercredi et aujourd’hui. 119 d’entre eux ont été éliminé par le Hezbollah ces dernières 24 heures.

De lourdes pertes ont été également enregistrées au sein des forces de la défense nationale (Quwwat Al-Difaa Al-Watani) une milice paramilitaire populaire mise sur pied par le gouvernement pour soutenir l’effort de guerre.

Enfin, il est à souligner que des milices irakiennes se battent pour les deux camps, sans aucun doute pour des raisons confessionnelles. Une tendance dangereuse susceptible de nuire à la politique générale de Damas, bien plus modérée que celle du gouvernement en place à Baghdad.

D’après diverses informations, plus de 15000 rebelles sont encore retranchés dans les banlieues périphériques sud de la capitale. L’armée syrienne tente de nettoyer le sud de la capitale afin de prévenir un éventuel blocage des voies de communication avec les provinces méridionales menant vers le Golan et la Jordanie.

Conflit au Moyen-Orient: 40 ans après la guerre d’octobre 73, la tension est très vive au Golan

Malgré d’intenses efforts diplomatiques plus ou moins secrets et clandestins menés par Washington et Moscou afin d’éviter l’embrasement du front du Golan, un plateau stratégique occupé par Israël en 1967 et annexé en 1981 au mépris de la légalité internationale, il semble que la tension entre la Syrie et Israël, techniquement en guerre depuis 1973 ne cesse de s’accroitre.

Lors de la quatrième guerre israélo-arabe d’octobre 1973, les combats les plus durs et les plus acharnés se sont déroulés sur le front du Golan. Un épisode passé relégué au second plan pour des raisons politiques. Les syriens n’ont jamais oublié la trahison du Président égyptien Anouar Sadate lors de ce conflit.

Selon des sources à l’intérieur du renseignement militaire syrien, les israéliens ont déployé depuis des années des armes nucléaires tactiques (de théâtre) au Golan.  La possession de ce plateau stratégique confère non seulement la maîtrise de l’ensemble de la région  mais surtout le contrôle des ressources hydriques disponibles dans une zone où l’eau risque de devenir un enjeu majeur.

A Damas, on estime que si la Syrie n’a pas tiré un seul coup de feu en direction du Golan occupé durant presque 40 ans, cela n’a pas empêché les services secrets syriens-pléthoriques- d’y mener d’intenses opérations de propagande visant à gagner les esprits et les cœurs des populations vivant en zone occupée.

Cependant, les choses ont commencé à changer à partir de juillet 2006 et la victoire relative du Hezbollah libanais sur Israël. La Syrie a joué un rôle de premier plan dans cette guerre de 33 jours et il s’en est fallu de très peu pour qu’elle n’entre pas en guerre de manière ouverte. Tel-Aviv jure alors de se venger de l’axe stratégique formé par l’alliance d’un acteur non-étatique, le Hezbollah avec deux Etats de la région: l’Iran et la Syrie. Conformément aux règles de la stratégie, il fallait commencer par le maillon le plus faible de cet axe ou du moins tel qu’il était perçu par les analystes: la Syrie. L’assassinat du Premier ministre libanais Rafik Hariri servit de point de départ à une intense campagne internationale agressive contre le régime syrien à l’issue de laquelle il finit par retirer ses forces armées du Liban. En 2007, des avions de combat israéliens bombardent un centre de recherches au centre de la Syrie soupçonné d’abriter un réacteur Nord-coréen. Les défenses anti-aériennes syriennes, relativement denses pour un pays arabe furent neutralisées par un brouillage électromagnétique usant de nouvelles technologies. La vieille garde du régime promet un retour de bâton et depuis lors c’est l’escalade. Ce que les syriens ne savaient pas alors est que la Turquie jouait un double rôle en faveur d’Israël. Ce sont les services secrets turcs et non israéliens qui réussirent à piéger Imad Moghnia, le chef militaire du Hezbollah libanais à Damas.

Au début de ce que les analystes israéliens ont ironiquement baptisé le Printemps arabe (la destruction arabe en hébreu), le régime syrien suivit avec détachement ce qui se passait en Tunisie et en Egypte. Après tout ces deux pays sont pro-occidentaux  et un changement de régime y était le bienvenu. En Libye, les médias syriens ironisaient sur la folie du colonel Gaddafi et les informations  selon lesquelles il utilisa l’aviation pour mater un soulèvement populaire. Des informations qui s’avérèrent fausses par la suite. Jusqu’au au jour du 15 mars 2011. Ce jour là trois adolescents appartenant à l’une des plus puissantes tribus du Sud de pays furent arrêtés à Deraa par des éléments d’un service de sécurité pour avoir dessiné des graffitis contre Al-Assad. Les trois jeunes sont passés à tabac. Leur tribu réagit violemment et s’en prend au gouverneur provincial qui gère fort mal et la situation et les négociations avec les notables locaux. Très vite, au milieu des émeutes apparaissent des hommes en civils assez bien armés qui ouvrent le feu sur les populations civiles et les forces de sécurité. La région est sensible de par sa contiguïté avec Israël et la Jordanie. Le gouverneur corrompu est limogé par Damas et les chefs locaux des services de sécurité sont relevés de leurs fonctions. Ironie du sort, le gouverneur, sa clientèle locale composée d’un mélange hétéroclite mêlant des chefs de la police et des barons de la pègre  rejoignent la rébellion. L’armée intervient. Ce sera le début d’une guerre dont personne ne soupçonnait à l’époque qu’elle allait déboucher sur une profonde restructuration des relations internationale et du plus important changement de paradigme des rapports de force au niveau mondiale depuis le découpage de Yalta en 1945.

Israël n’a pas cessé de concentrer ses forces sur le front Nord faisant face au Liban et au Golan. Des informations font état de la présence de près de 70 % des meilleures forces israéliennes sur ce front. De nouvelles brigades Golani sont mises sur pied et des villes comme Haïfa sont entourées de systèmes de défense antibalistiques. Plus encore, Tel-Aviv fit appel à son allié US qui y dépêcha plus de 3000 marines, des missiles antimissile, des avions de combat et des systèmes d’interception. En face, Damas dont les forces étaient activement engagées contre une guérilla soutenue par des acteurs internationaux et régionaux fit face au danger de l’épuisement et de l’over-stretching puisqu’il fallait assurer une dissuasion suffisante contre une Turquie ouvertement hostile et prête à en découdre et une Jordanie dont la position ambigüe ne portait guère à l’optimisme. Les infiltrations d’éléments des forces spéciales de l’OTAN furent endiguées avec succès grâce au soutien technologique fourni par la Russie. Restait le front du Golan, dont la défense ne devait en aucun cas souffrir des aléas de la guerre et de la situation des autres fronts. Une guérilla islamiste radicale s’installa au Golan sous supervision israélienne. Les incidents entre les deux pays se multiplient. Israël alla jusqu’à intervenir directement dans le conflit via des frappes aériennes et de missiles dont une sur Damas où fut utilisée une arme inconnue ayant provoqué une secousse tellurique de 4 sur l’échelle de Richter.

Epuisée par une guerre de plus de deux ans et demi, partagée entre trois fronts,  un afflux massif de combattants étrangers de plus de 82 pays dotés d’un armement de plus en plus sophistiqué fourni par l’Arabie Saoudite et la Turquie, l’effondrement de l’armée syrienne n’était qu’une question de temps pour Tel-Aviv. D’autant plus qu’en parallèle à la guerre, une autre guerre non moins acharnée visait l’effondrement financier et monétaire de la Syrie. Damas fait alors appel à ses alliés. D’abord le Hezbollah dont l’action à Al-Qussayr (près de l’antique site de Megiddo) fut déterminant et porta un coup fatal à la rébellion. Ensuite l’Iran qui intervint d’abord pour sauver le système monétaire syrien puis y envoya des éléments de la fameuse brigade paramilitaire d’Al-Quds (Jérusalem). De son coté, la Russie renforçait sa présence en Méditerranée orientale et déplaçait vers le Sud de son territoire des divisions aéroportées et des avions de combat. Moscou continua à livrer des armes et des munitions à Damas tandis que l’OTAN dont des pays membres juraient n’avoir encore pris aucune décision relative au sujet de l’armement des rebelles procédaient à des opérations clandestines de fournitures d’armes aux rebelles produites dans des pays d’Europe de l’Est  via des intermédiaires du marché noir et des courtiers issus de pays Arabes du golfe arabo-persique.

La situation aurait pu perdurer si l’Arabie Saoudite n’eut recouru à un expédient assez inédit en utilisant la Turquie. Des armes chimiques sont utilisées à une échelle relativement importante à la Ghouta dans la banlieue de Damas, entraînant un retour en force des Etats-Unis sur le thème de R2P (Responsabilité de protéger) et de l’intervention humanitaire musclée. Des pays comme la France dont le gouvernement a une rancune particulière et ancienne avec le clan Al-Assad sauta sur le train et suivit une politique étrangère totalement détachée des réalités et des enjeux. La Syrie se trouvait confronté à l’imminence d’une intervention militaire. Un jeu complexe s’engage alors entre Washington et Moscou à l’exclusion de tous autres acteurs impliqués qualifiés de simples sous-traitants et abouti à la Résolution 2118 du Conseil de sécurité ordonnant le démantèlement de l’arsenal chimique de la Syrie sous peine d’évoquer le chapitre VII de la charte des Nations unies. Texte qui marque à la fois la victoire de la Russie et du Président Bashar Al-Assad pour les uns et un dangereux précédant pour d’autres. Puisque les pays qui ont comploté contre la Syrie ont réussi à imposer un désarmement de son arsenal de dissuasion -certes obsolète- sans l’exiger de son ennemi israélien, infiniment mieux armé en termes d’armes de destruction massive.

Damas fit savoir par divers canaux dès le début du conflit et plus exactement depuis la décapitation de ses services de renseignements en juillet 2012 que le régime ne succombera pas sans déclencher une guerre avec Israël sur le plateau du Golan. Une hantise de Washington et de Ryad dont les compromissions se sont révélées au grand jour dans cette affaire. D’où l’intérêt accordé par les syriens au front du Golan. Un front qui risque d’être le détonateur à une guerre régionale ouverte sur tous les scenarii possibles.

Conflit au Moyen-Orient: d’importants convois blindés syriens en route vers le Golan

20131010-034939.jpgDes informations confirmées en provenance de Syrie rapportent que d’importants convois blindés de l’armée syrienne font actuellement route vers la ville de Qunaïtra au Golan, près de la frontière avec Israël.

Dans un développement inédit, l’armée syrienne a fini par dévoiler ses unités d’élite laissées jusque-là en réserve. Nos informations évoquent avoir aperçu une colonne de plus de 200 chars de bataille de type T-72 S se dirigeant vers le plateau du Golan, territoire syrien occupé par Israël en 1967 et annexé en 1981.

Ces mouvements surviennent dans un contexte de trés forte tension, notamment en Israël où trois aéronefs militaires (deux avions de combat et un drone) se sont abattus en moins de 48 heures.

S’agit-il de renforts militaires destinés à la province méridionale de Deraa, berceau de la rébellion, ou est-ce un déploiement en prévision d’un conflit avec Israël?

De toute évidence, l’armée syrienne est en train de procéder à un profond remaniement de ses unités combattantes. Le parachutage massif de troupes de choc sur Jobar et les grandes voies périphériques de la région de Damas  illustrent cette nouvelle approche.

Autre nouveauté. D’ordre sémantique cette fois. Le ministère syrien de la défense commence à utiliser officiellement le terme sioniste et pro-sioniste pour qualifier les groupes islamistes radicaux et la rébellion syrienne.

Au Nord du pays, les unités de l’armée syrienne mènent une contre-offensive sur Salaheddine (Alep) et se battent depuis deux jours autour du krak des Chevaliers. A la frontière turque, syriens et turcs s’affrontent à mort par kurdes et islamistes interposés: les comités de la résistance kurde opposent une lutte acharnée aux cohortes islamistes radicales de Daesh, armés et soutenus par la Turquie par peur d’une extension du conflit kurde. Une extension que Damas encourage au plus point.

Les rebelles toutes factions confondues viennent de recevoir une artillerie plus performantes de la part de l’Arabie Saoudite et la Grande-Bretagne. Disposant de roquettes d’un plus grand rayon d’action, ils les ont utilisé contre des objectifs stratégique comme la raffinerie de Homs (centre du pays).

Au Golan, une unité israélienne a ouvert le feu sur une position de l’armée syrienne après qu’un soldat israélien a été blessé par des tirs d’armes légères.  Les syriens ont riposté et un intense échange de tirs s’en ai suivi. Quelques heures plus tard, les israéliens refusent l’entrée dans leur territoire d’une quinzaine de blessés de l’armée syrienne libre (ASL-Rébellion) craignant sans doute un piège. Car en Syrie actuellement, personne ne sait qui est qui.

Sur le plan diplomatique, le Chef d’Etat-major des armées russes vient de confirmer les termes de l’accord secret conclu entre Moscou et Damas en échange d’un désarmement (partiel?) de l’arsenal chimique syrien. La Syrie est officiellement sous la protection de la Russie et de son parapluie nucléaire.

Phrase de la semaine: Bashar Al-Assad

« Nous avons eu des garanties claires de Moscou. Des forces russes interviendront en masse en Syrie en cas de guerre (déclenchée par les « amis de a Syrie »)

Le Président Syrien Bashar Al-Assad mène depuis quelques jours une contre-offensive médiatique soutenue. Dans une série d’entretiens à des stations de télévision comme TELESUR (Venezuela), Rossya 24 (Russie)  et CCTV (Chine populaire), il révèle publiquement  le deal conclu entre son gouvernement et Moscou en échange de la mise sous tutelle symbolique de son arsenal chimique, qualifié par les syriens comme l’arme de dissuasion numéro 1.  Selon les termes de cet Accord, la Russie interviendrait massivement en Syrie au cas où ce pays ferait face à une guerre menée par les USA et leurs alliés.

Ces petites déclarations convergent avec des informations faisant état de négociations secrètes ayant eu lieu à Moscou pour mettre la Syrie sous parapluie nucléaire russe. Une information qui préoccupe au plus haut point l’Otan.

Par ailleurs, concernant l’arsenal chimique syrien, des sources libanaises affirment qu’il serait composé en majorité de gaz VX.  La focalisation des médias Arabes et Occidentaux sur le gaz sarin, bien plus facile à produire que le VX, cache une volonté délibérée de travestir les faits et de  brouiller les pistes. Notamment celle des industries chimiques turques et les stocks du Royaume d’Arabie Saoudite, ennemis jurés du régime actuel en Syrie.

Conflit au Moyen-Orient: intense activité aérienne autour de la Syrie et de Chypre

Trois jours après que la chasse aérienne turque ait abattu un hélicoptère Mil Mi17 des forces aériennes syriennes près de la frontière turque au dessus du territoire syrien, le niveau de l’activité aérienne autour de la Syrie et de Chypre a atteint un record  jamais égalé jusqu’à présent.

Outre les vols intensifs effectués par l’aviation israélienne, dont des informations non confirmées indiquent que plus de 25 % des appareils sont en vol à toute heure de la journée, des avions US,  turcs, britanniques, grecs et syriens multiplients les patrouilles armées au point où certains de ces appareils ont évité de justesse de sérieux incidents. Comme ce fut le cas lorsque des avions de combat de la RAF (Royal Air Force) échangèrent quelques bons procédés avec des chasseurs F-16 turcs dans l’espace aérien chypriote ou encore lorsque des avions syriens SU 24 effectuent des approches offensives sur la base d’Acrotiri à Chypre en se gardant toutefois de pénétrer dans l’espace aérien de l’île protégée par des Typhoons britanniques.

L’occupation de la partie Nord de l’île de Chypre par la Turquie et l’installation d’un gouvernement satellite en 1974 ont constitué durant de longues années un facteur de friction avec la Grèce.  Pour faire face à l’accroissement des activités de l’aviation turque au Sud de la Mer Egée, le gouvernement grec multiplie lui aussi les sorties aériennes, malgré une crise économique majeure marqué par une réduction drastique du budget.

En Turquie méridionale, le nombre des sorties aériennes des avions US à partir des bases de Batman et d’Inçirlik aurait été multiplié par trois ces deux dernières semaines. Une autre base secrète abritant des drones et selon toute vraisemblance des chasseurs F-22 aurait été découverte par des médias locaux.

On ne compte plus le nombre de drones furtifs et conventionnels survolant le Liban, le Nord de la Jordanie et la province irakienne d’Al-Anbar. Aucune information n’est disponible sur un éventuel survol de drones du territoire syrien mais il est fort probable que certains drones de nouvelle génération ont pu au moins survoler brièvement une partie du territoire syrien malgré la puissante couverture Radar assurée par les forces de défense balistique russe.

Par ailleurs, le haut commandement des forces armées syriennes ont confirmé que l’hélicoptère abattu dimanche dernier effectuait un vol de reconnaissance de routine près de la frontière turque dans le cadre de la lutte contre les infiltrations terroristes à partir de la Turquie. L’hélicoptère Mil Mi17 a pénétré par erreur en Turquie avant de rectifier son vol mais il a été atteint par un missile Air-Air de courte portée de type AIM 9 Sidewinder tiré par un F16 turc. L’hélicoptère a pu se poser en territoire syrien mais les deux pilotes sortis indemnes du crash ont été capturé par des terroristes islamistes qui les ont aussitôt décapité. Les têtes des deux pilotes syriens ont été emportés comme des trophés et montrés aux journalistes des médias mainstream.

Trois jours après cet incident, des avions de combat syriens survolent à très basse altitude l’ensemble de la bande frontalière avec la Turquie.  Des observateurs syriens estimant que les turcs ont tenu à venger la destruction en juin 2012 d’un F-4 Phantom turc par la défense anti-aérienne syrienne.

Téhéran transfert le dossier du nucléaire au Affaires étrangères, changement de priorités.

La décision des autorités iraniennes de déléguer le dossier du nucléaire au ministère des Affaires étrangères après avoir été l’apanage exclusif du haut conseil de sécurité indique un changement de priorités dans la politique iranienne. Les négociations sur le programme nucléaire iranien étant désormais secondaires face à la menace imminente d’un conflit régional susceptible de se transformer en troisième guerre mondiale en cas d’attaque contre la Syrie.

Ce dossier sensible est donc confié aux « bavardages » des diplomates. Il y tout lieu de croire que Téhéran continuera à développer ses activités dans le domaine nucléaire.

A Téhéran, on répète de plus en plus souvent que si la Syrie disposait de la bombe, jamais elle n’aurait fait l’objet d’un tel acharnement de la part de l’administration Obama.

Conflit au Moyen-Orient: quel impact sur les réacteurs nucléaires de la région?

Officiellement, la Syrie dispose d’un réacteur miniature source de neutrons (Miniature Neutron Source reactor ou MNSR) près de Damas. Il s’agit d’un réacteur compact destiné à la recherche dans le domaine nucléaire fourni par la République populaire de Chine. Ce réacteur fonctionne avec de l’uranium U235 enrichi à près de 90%.

Divers rapports émanant de services de renseignement hostiles au régime syrien actuel avaient évoqué une possible coopération avec la Corée du Nord et l’Iran dans le domaine nucléaire.

le 06 septembre 2007, des avions de guerre israéliens soutenus par l’US Air force avaient effectué un raid via la Turquie sur un prétendu réacteur nucléaire en construction en Syrie.

A l’époque, le Président américain George W. Bush avait déclaré que ce réacteur avait des caractéristiques similaire au réacteur de Yongbyon en Corée du Nord et que par conséquent, cette frappe était un « avertissement  » à la Corée du Nord. De son côté, tout en niant les accusations, Damas avait affirmé que le site visé n’était qu’un simple centre de recherches en agronomie relevant des forces armées.

La Russie a souligné mercredi les conséquences “catastrophiques” que pourrait avoir une attaque occidentale sur la Syrie si un missile venait à frapper un réacteur MNSR de recherche situé près de la capitale Damas.

 

“Si une ogive, volontairement ou par hasard, devait toucher le Réacteur miniature source de neutrons (MNSR) près de Damas, les conséquences pourraient être catastrophiques”, a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

 

Les zones environnantes pourraient être contaminées par de l’uranium hautement enrichi (U235), ajoute le ministère qui craint aussi que du matériel nucléaire tombe entre les mains des rebelles radicaux après une attaque.

Cependant, c’est en Israël où les inquiétudes sur la sécurité des installations nucléaires en cas de conflit sont les plus vives. Plus précisément la vieille centrale nucléaire de Dimona au Néguev.  Ce site qu’ont tenté de survoler à deux reprises des drones du Hezbollah libanais.

Le site est déjà la source d’une contamination radiologique des sols mais que l’Etat s’efforce de passer sous silence par peur de l’opinion publique. En cas de « conflit ouvert » ou de « dérapages » des frappes occidentales sur la Syrie, ce pays ou l’un de ses alliés, plus probablement le Hezbollah pourrait bien cibler Dimona avec des dizaines de missiles disposant d’un faible EPR (Error probability Range).

On peut aisément imaginer l’impact psychologique immense aussi bien au sein de l’opinion publique israélienne que celle des pays Arabes si un ou plusieurs missiles venaient à s’abattre sur  Dimona.

Quoi qu’il en soit, il devient de plus en plus évident que ceux qui parlent de  » frappes sur la Syrie »  ignorent l’inextricable complexité et l’extrême gravité de la situation du Moyen-Orient dans son ensemble.

C’est un front ouvert du plateau iranien jusqu’au au littoral syro-libanais en passant par l’Irak.  Pour celles et ceux qui l’ont oublié, les chapelets de bombes explosant quotidiennement en Irak sont le signe le plus évident du débordement du conflit syrien sur ce pays.

Téhéran: une agression contre la Syrie permettra la libération de la Palestine

Des doutes subsistaient quant à une éventuelle riposte de l’Iran en cas d’agression étrangère en Syrie. Désormais, cela ne fait plus l’ombre d’un doute: la machine de guerre iranienne est en plein branle-bas de combat.

Un disours mystique et eschatologique domine les débats en Iran: pour la première fois, les iraniens évoquent publiquement « l’ultime guerre, celle qui conduira à la libération de la Palestine et l’anéantissement de l’Etat sioniste ».

De toute évidence et parallèlement aux immenses préparatifs de guerre israéliens, l’Iran s’est bien préparé à une guerre régionale totale. Cette donne chamboule non seulement les calculs de Washington et exlique ses hésitations mais également le recours par Obama à une approbation du Congrès pour déclencher ce qui pourrait être l’un des plus grands conflits du siècle.

Vu de Téhéran, l’approbation du Congrès est acquise d’avance, vu l’influence qu’exerce le  puissant lobby pro-israélien sur le pouvoir législatif US.

D’après des indiscrétions, la délégation du Haut Conseil de la sécurité nationale iranienne en visite depuis hier  à Damas aurait remis aux syriens un message secret ainsi que des plans visant à synchroniser une éventuelle riposte en cas d’agression contre la Syrie.

Quelques heures plus tard, le commandant en chef des Niruyeh Moghavemat Bassij (force de mobilisation de la résistance), la plus grande force  paramilitaire d’Iran (de 3 à 9 millions d’éléments), fondée en 1979 et relevant des forces du Corps des Gardiens de la Révolution a annoncé publiquement que toute « agression contre la Syrie conduira à la libération de la Palestine ».

D’autres généraux iraniens de l’armée régulière et des Gardiens de la Révolution ont martelé qu’une intervention occidentale en Syrie déclencherait un conflit qui ne sera pas circonscrit aux seules frontières syriennes.

Au Liban, des analystes proches du Hezbollah libanais estiment quant à eux qu’une éventuelle attaque américano-sioniste contre la Syrie verra la libération de la Palestine septentrionale. Une allusion à peine voilée à l’existence de plans secrets prévoyant l’intrusion de combattants du Hezbollah en Galilée, voire l’investiture d’agglomérations israéliennes. Ce qui serait une première depuis la création d’Israël en 1948.

Un cauchemar pour Obama.

Syrie: l’argumentaire de Washington à la limite de l’indigence

On s’attendait à des preuves et à un argumentaire pour le moins rationnel et convaincant, voilà  que l’administration US nous sert des palabres en se basant sur des images fort douteuses issues d’un réseau social relevant de sa gigantesque machine de collecte d’information.

On croyait avoir atteint le fond de la propagande de bas niveau avec la prestation de Colin Powell peu avant l’invasion de l’Irak en 2003, là on est obligé d’admettre qu’Obama a lamentablement échoué.

L’analyse gestuelle de la prestation de John Kerry, Secrétaire d’Etat US, lors de sa conférence de presse d’aujourd’hui démontre sa crispation et presque son opposition au texte dont il fut chargé de lire. Quelle corvée !

Le Président Obama a fait une bien pire prestation: non seulement il ment avec désinvolture-cela on le savait depuis longtemps-mais a mis en avant le « fameux devoir d’agir devant l’accumulation de preuves » sans pour autant  montrer ces preuves.

Les Etats-Unis veulent donc engager une « action limitée ». Pas question d’y impliquer Israël. En bon acteur, le Premier ministre israélien s’efforce en ce moment de rassurer l’opinion publique de son pays en lui assénant qu’Israël n’avait rien à avoir avec cette guerre. A un mensonge près qu’il est l’un des belligérants. Et non des moindres.

 Le président des Etats-Unis a souligné qu’un recours à des  armes chimiques menaçait la sécurité nationale américaine en oubliant que c’est le renseignement US qui a autorisé la fourniture d’armes chimiques issues de l’arsenal libyen aux rebelles islamistes en Syrie.

La Maison-Blanche a publié un rapport de renseignement de quatre pages dans lequel la communauté américaine du renseignement dit avoir la « forte certitude » que le régime de Bachar al-Assad est responsable de l’attaque du 21 août 2013. Cette attaque a fait près de 700 victimes et non pas le double comme le martèle le renseignement américain.

Le document rejette également la thèse défendue par Damas et la Russie selon laquelle la rébellion serait responsable de cette attaque. Une « hypothèse hautement improbable », selon Washington. Malgré des images satellites d’une très haute résolution et un rapport scientifique russe concluant le contraire.

Autre mensonge, le maître des drones et l’ordonnateur des assassinats ciblés a laissé son Chef de la diplomatie affirmer que  quelle que soit la décision qu’il prendra sur la Syrie (une décision prise depuis plus d’un mois), elle ne ressemblera en rien à l’Afghanistan, l’Irak ou même la Libye. Il n’y aura pas de troupes au sol ». Certes la Syrie n’est pas l’Afghanistan ou la Libye. En Libye, Washington agissait derrière deux sous-traitants.

Qui plus est, une intervention en Syrie entraînera des conséquences beaucoup plus dangereuses que l’invasion de l’Irak. La Syrie dispose par-dessus le marché de frontières avec Israël et la Turquie. Deux pays en guerre avec la Syrie et qui peuvent bien y intervenir au sol. La Syrie est soutenue par l’Iran et le Hezbollah. L’administration US est-elle à ce point désespérée pour recourir à une aventure aussi périlleuse ?

Une agression contre la Syrie marque l’échec de la stratégie de l’ingénierie du chaos dans le monde arabe adoptée depuis le discours d’Obama au Caire en juin 2009 et entrée en phase active fin 2010. Nétanyahu ne devrait pas se réjouir très vite.

La question d’une action militaire « va au-delà » de la Syrie, mais doit servir d’avertissement à l’Iran, au Hezbollah ou à la Corée du Nord, que les Etats-Unis ne resteront pas inertes si un jour ils « songeaient à recourir à des armes de destruction massive », selon M. Kerry. On y est.  Ce n’est donc pas par compassion avec les victimes civiles du conflit syrien que Washington agira mais en fonction d’intérêts géostratégiques complexes. Sauf que cette fois-ci, à moins que les syriens et leurs alliés ne ripostent pas, Israël sera au cœur du conflit. Que feront alors MM. Obama, Hollande ou encore la faction de la maison des Saoud pro-sionistes ?

On aura pas le temps de répondre à cette question. Le moment est mal choisi. Les missiles de croisières sont déjà en route.

Damas: « Nous n’avons que deux options: soit capituler, soit nous défendre avec les moyens de bord… »

Il semble que la Syrie ne croit pas trop à l’éventualité d’un assaut généralisé mais à des frappes américano-israéliennes limitées comme ce fut déjà le cas à trois reprises lors des derniers mois. Lors d’une conférence de presse à Damas, le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem a affirmé que son pays n’avait que deux option en cas d’intervention occidentale: « soit nous rendre, soit nous défendre avec les moyens dont nous disposons. La seconde alternative est la meilleure: nous nous défendrons.  »

Quels sont les moyens dont dispose actuellement la Syrie après trois ans d’une guerre destructrice qui a largement entamé le potentiel de ses forces armées? Mouallem a également dit qu’une intervention étrangère n’affectera pas les opérations de lutte antiterroriste dans lesquels sont engagés les forces armées syriennes. L’allusion est de taille. Elle suggère que Damas sait que Washington et ses alliés régionaux se baseront par dessus tout sur une attaque de mercenaires qu’ils soutiendront par la voie des airs, notamment à l’aide de missiles de croisière et de frappes aériennes. D’ailleurs, depuis un mois, des milliers de combattants de plus d’une cinquantaine de pays affluent en masse en Syrie depuis les camps d’entraînement de la CIA en Jordanie et en Turquie. La route vers Damas serait alors ouverte à coups de Tomahawk à ces légions du chaos.

Cela explique pourquoi l’armée syrienne a lancé son opération « Bouclier » sur 13 axes majeurs autour de Damas et que le succès de cette opération, notamment la reprise en main des banlieues  ait fait paniquer Washington, Ryad, Tel-Aviv et Ankara.

Chose inédite, pour la première fois depuis le début du conflit, des rebelles utilisent des fusils américains M16 A2, des carabines M4 et des fusils de précision autrichiens Steyr Scout.  Des armes quasiment inconnues en Syrie, un pays traditionnellement tributaire de la Russie en matière d’armement. Et certainement pas à la portée financière du premier « révolutionnaire » venu!  Ce fut le cas avant-hier à Homs dans le centre du pays où des groupes d’extrémistes religieux ont été capturés avec ces armes et des missiles antichar russes Kornet.

Que peut faire Damas lorsque ses radars seront désactivés et son aviation clouée au sol? Malgré son affaiblissement et son matériel assez obsolètes si l’on exclue quelques systèmes d’armes comme le S-300 et le Yakhont, l’armée syrienne dispose d’un point fort: sa cohésion et sa très forte structuration. l’ancien président syrien Hafez Al-Assad, un ancien pilote de chasse, a consacré sa vie à bâtir une armée doctrinaire et homogène malgré la diversité confessionnelle de ses éléments (quoique constituée à 80 % de Sunnites). Une armée qui devait se battre sur quatre fronts puisque la Syrie avait quatre ennemis aux quatre points cardinaux: la Turquie au Nord, l’Irak de Saddam Hussein à l’Est, la Jordanie au Sud et Israël au Sud-Ouest avec lequel il est toujours techniquement en guerre. Le Liban était contrôlé.  Deuxième inconnue: Quel est le potentiel balistique réel dont dispose la Syrie et qui n’est pas aussi négligeable qu’on le pense? Quels sont les liens étroits que la Syrie a tissé avec l’Iran et la Corée du Nord ces dernières années? Autant de questions qui nous permettent de dire que la situation reste plus ouverte que ne le laissent penser certains analystes.

Photos du jour: le Président Assad de Syrie au front, à Darya!

Image inédite du Président syrien Bashar Assad sur le terrain des opérations, aujourd'hui 01e août 2013, à l'occasion du 68e anniversaire des forces armées syriennes. En visite auprès des unités opérationnelles à Darya, dans la périphérie Sud de Damas, l'une des zones les plus dangereuses en Syrie. Il a fallu sept mois d'assauts ininterrompus à l'armée syrienne sur cette localité pour venir à bout des 6000 insurgés qui y étaient retranchés.
Image inédite du Président syrien Bashar Al- Assad sur le terrain des opérations, aujourd’hui 01e août 2013, à l’occasion du 68e anniversaire des forces armées syriennes. En visite auprès des unités opérationnelles à Darya, dans la périphérie Sud de Damas, l’une des zones les plus dangereuses en Syrie. Il a fallu sept mois d’assauts ininterrompus à l’armée syrienne sur cette localité pour venir à bout des 6000 insurgés qui y étaient retranchés. Sur cette photo diffusée il y a une demi-heure par la chaîne satellitaire syrienne, Al-Assad échange quelques mots avec de simples soldats d’un bataillon d’infanterie mécanisée.
Al-Assad au milieu de la troupe à Darya, il y a quelques moments. "Je suis fier de vous en tant que soldats...L'histoire retiendra que vous avez combattu jusqu'au bout dans l'ordre et la discipline. la Syrie fait face à l'une des plus sauvages agressions de l'histoire contemporaine et vous avez montré au monde entier que vous n'étiez pas une armée fantôche...Nous vaincrons!"
Al-Assad au milieu de la troupe à Darya, il y a quelques moments. « Je suis fier de vous en tant que soldats…L’histoire retiendra que vous avez combattu jusqu’au bout dans l’ordre et la discipline. la Syrie fait face à l’une des plus sauvages agressions de l’histoire contemporaine et vous avez montré au monde entier que vous n’étiez pas une armée fantôche…Nous vaincrons! »
Al-Assad avec un officier de la police militaire dans les rues de Darya. Au même moment, le commandant des forces aéroportées russes a déclaré que ses forces sont prêtes à intervenir en Syrie en soutien à l'armée syrienne en réponse à toute tentative US d'imposer une zone d'exclusion aérienne.
Al-Assad avec un officier de la police militaire dans les rues de Darya. Au même moment, le commandant des forces aéroportées russes a déclaré que ses forces sont prêtes à intervenir en Syrie en soutien à l’armée syrienne en réponse à toute tentative US d’imposer une zone d’exclusion aérienne.

 

Proche et Moyen-Orient ou les enfants de l’anarchie…

Le changement de paradigme opéré en urgence par l’administration US du président Barack Obama dans sa gestion du Proche et Moyen-Orient a non seulement  brouillé des cartes et faussé des grilles d’analyses mais causé des troubles graves dans des pays comme l’ Egypte, la Tunisie et la Libye.

Une partie non-négligeable du monde musulman se retrouve désormais plongée dans l’anarchie.  Si la guerre en Syrie continue de faire rage, la Turquie assiste impuissante à la disparition de ses frontières méridionales tandis que l’Iran peine à faire face à un embargo économique, financier et technologique total.

Depuis le début du Ramadan, mois sacré musulman, des attaques asymétriques  ont visé les armées régulières d’Egypte, d’Irak, du Liban, de Libye, de Syrie et de Tunisie. C’est donc à un véritable Ramadan rouge que sont confrontés la plupart des pays du monde dit arabe.

Syrie

L’axe Damas-Bagdad-Téhéran est de plus en plus visé. Hier, Damas a condamné avec la plus grande fermeté les attaques terroristes massives ayant visé plusieurs villes irakiennes (un bilan officiel irakien évoque 55 morts et plus de 250 blessés).  Une semaine auparavant, une attaque contre la sinistre prison d’Abou Gharib, près de Bagdad, a permis l’évasion spéctaculaire de plus de 1200 détenus. Une grande partie de ces derniers se seraient dirigés en Syrie pour rejoindre les rangs des groupes terroristes se battant contre le gouvernement syrien.

Sur le terrain en Syrie, une vigoureuse contre-offensive en cours de l’armée syrienne à Khan Al-Assal (Alep), prise il y a quelques jours par des groupes liés à al-Qaïda au Levant.  La capture de la localité par une vingtaine de groupes armés a donné lieu à des représailles sanglantes puisque la « brigade du Califat » a passé au fil de l’épée plus de 220 personnes accusées de collaborer ou d’être des sympathisants du gouvernement.

La chute de Khan Al-Assal a été rendue possible par l’usage inédit de nouvelles tactiques et l’intervention directe d’unités militaires de pays voisins  « noyées » au sein des insurgés.  On évoque surtout des éléments de l’armée turque mais également quelques éléments de l’IDF (Israel Defence Forces) au Nord d’Alep où la frontière avec la Turquie a cessé d’exister sur fond de résurgence du nationalisme kurde.  Des sources syriennes indiquent que des unités parachutistes sont parvenus à pénétrer dans les alentours de Khan Al-Assal et sont actuellement en train de se battre à l’entrée de la localité.

D’autres unités mixtes de l’armée syriennes ont lancé une offensive  pour désengager l’aérodrome de Ming et la prison centrale d’Alep. La Prison centrale d’Alep, défendue par l’élite des forces du ministère de l’intérieur, est assiégée depuis avril 2013. Aux unités d’infanterie mécanisée se sont jointes des unités paramilitaires et des comités de la résistance palestinienne. Damas est parvenu à un accord secret avec les Kurdes au Nord pour faire face à l’ennemi commun: la Turquie et ses milliers de combattants étrangers inflitrés.

Plus au Sud, des offensives de l’armée syrienne à Sibina dans la périphérie de Damas ont été signalés.  Une intervention des blindés à Arbin dans la campagne de Damas s’est terminée par la destruction d’un groupe terroriste multinational.

A Hermon, une brigade de Jabhet Ennosra (le Front des Partisans) a été éliminée par des troupes de choc.  Dans le gouvernorat de Homs, des troupes de choc ont réussi à pénétrer dans la ville de Khalidia où les défenses de l’armée syrienne libre (ASL) et des groupes alliés se sont subitement effondrées.  Des tranchées et des blockhaus improvisés ont été découverts en plein centre-ville par les unités de génie de l’armée loyalistes. Ces dernières ont également découvert que des immeubles ont été plastiqués.

Dans le Sud du pays, une unité de la Garde Républicaine syrienne a éliminé la fameuse « brigade de la mort » et son chef Ibrahim Al-Misry. Près du Golan, l’armée syrienne recapture une localité non loin de la ville d’Al-Qunaïtra.

Sur le plan économique, Damas tente par tous les moyens possibles de limiter les effets de la guerre économique à outrance menée à son encontre. Le taux de change officiel est maintenu à 175 lires syriennes contre un dollar US.  De nouvelles lois répressives visant la spéculation et le marché noir viennent d’être promulguées. Ces dernières assimilent désormais les spéculateurs aux terroristes. Malgré la crise et les pénuries, une catégorie de nouvaux riches a émergé du chaos et de la spéculation.

C’est dans ce climat économique marqué par une recrudescence sans précedant du chômage que le ministère de l’intérieur lance une vaste campagne de recrutement afin de renforcer ses structures. Le renforcement de ces forces permettrait l’affectation des forces militaires à d’autres tâches plus urgentes. Selon des sources syriennes, plus de 35% des capacités de l’armée syrienne demeurent en réserve pour faire face à une éventuelle intervention étrangère.

Sur le plan de l’information, Les chaînes de télévision syriennes sont retransmises via le satellite russe AM44 EXPRESS.  La chaîne syrienne d’information en continu Al-Ikhbarya est toujours retransmise sur Eutelsat W2A. Radio Damas émet sur 102.8 FM à Damas et sa périphérie.

Egypte

L’appel du chef des armées égyptiennes, le général Abdul Fattah Al-Sissi, des centaines de milliers de manifestants anti-Morsi sont descendus dans les rues et les avenues des grandes villes égyptiennes. Des heurts sanglants ont opposé deux Egypte, causant près de 200 morts en une semaine. Des armes à feu ont été utilisés aussi bien par les partisans des Frères Musulmans que par des policiers en civils inflitrés parmi les manifestants. Au Sinaï, deux soldats égyptiens tués et plusieurs autres sont blessés dans une attaque à la roquette. Les insurgés islamistes utilisent désormais des armes lourdes.  Des hélicoptères Apache de l’armée égyptienne bombardent des repaires présumés de groupes armés. Si les troubles sanglants du Caire, d’Alexandrie ou de Port-Said peuvent déboucher sur un semblant de brève guerre civile, ceux de la péninsule du Sinaï risquent de durer pendant des années. Avec toutes les conséquences possibles sur la sécurité régionale

Libye

Les répercussions du chaos égyptien en Libye sont très graves. Déjà en plein chaos, le pays fait face à une campagne soutenues et organisée de terreur. La démission de plusieurs ministres du gouvernement a succédé l’évasion spectaculaire de plus d’un millier de détenus de la prison centrale de Bengazi. Des assauts contre des bâtiments officiels et attentats à la bombe contre le palais de justice de la ville ont coincidé avec un assaut contre un hôpital psychiatrique où  plus de 150 internés en fuite ont été armés.  Des dissidences sont signalés  au Sud du pays.  La Libye Occidentale est sous le gouvernement de facto d’une puissante tribu (Zentane) détenant des armes chimiques et des missiles balistiques de courte portée . Prolifération des coupeurs de routes. L’extrême Sud de la Libye, notamment près des confins frontaliers avec le Tchad, le Niger et l’Algérie est quasiment une  zone libre commandée par Mokhtar Belmokhtar.

Tunisie

La poursuite des assassinats politiques en Tunisie et la persistence d’un puissant maquis terroriste au Mont Chaambi dans la localité de Kasserine non loin des frontières algériennes menacent la sécurité nationale tunisienne. Des informations recueillies indiquent qu’une unité d’élite de l’armée tunisienne a été accrochée par des éléments terroristes retranchés au Mont Chaambi, causant la mort de dix militaires et des blessures à trois autres. Selon certaines informations non confirmées, les militaires auraient été égorgés et leur équipement volé. En Algérie, l’état-major de la 5e Région militaire de Constantine est en état d’alerte et des renforts en hélicoptères de combat et d’attaque au sol ont été dépêchés en urgence à Tebessa, face à Kasserine. Des sources parlent d’une opération imminente aux frontières afin de détruire toute éventuelle infiltration ou pour arrêter des secours fournis par des groupes basés en Algérie  aux 170  terroristes retranchés au mont Chaambi.

UE : la Résistance libanaise, classée « organisation terroriste » par André Chamy

Soldats du Hezbollah en action. La milice libanaise née des cendres de l'invasion israélienne du Liban en 1982 est actuellement l'une des meilleures milices au monde.
Soldats du Hezbollah en action. La milice libanaise née des cendres de l’invasion israélienne du Liban en 1982 est actuellement l’une des meilleures milices au monde. Le Hezbollah défend non seulement le Liban mais a pu porter  secours à  l’armée syrienne. 

Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ont décidé, le 22 juillet 2013, d’inscrire la branche militaire du Hezbollah sur leur liste des organisations terroristes.

« Un accord a été trouvé pour y inscrire le Hezbollah », a déclaré un diplomate de l’UE en marge de cette réunion à Bruxelles. Trois autres diplomates ont confirmé ses dires.

Le Royaume-Uni, soutenu entre autres par la France et les Pays-Bas, cherchait depuis le mois de mai à persuader les autres États européens de prendre cette décision.

Londres a mis notamment en avant des « preuves » de l’implication de la branche militaire du Parti de Dieu dans un attentat à la bombe contre un autobus de touristes israéliens, en juillet 2012, dans une station balnéaire de Bulgarie. Cinq Israéliens et leur chauffeur avaient trouvé la mort.

En outre, les partisans des sanctions ont souligné que l’implication croissante du Hezbollah dans la « guerre civile » en Syrie montrait que le Liban était déjà dans une situation fragile et que l’UE devait considérer la possibilité d’attentats en Europe. Cette décision entraîne le gel immédiat des actifs que posséderait éventuellement le mouvement chiite libanais dans les 28 pays de l’UE.

« C’est une bonne chose que l’Union européenne ait décidé de qualifier le Hezbollah tel qu’il est : une organisation terroriste », a commenté le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Frans Timmermans, en marge de la réunion. « Nous avons franchi une étape importante aujourd’hui en sanctionnant la branche militaire, en gelant ses actifs, en perturbant son financement et ainsi en limitant sa capacité à agir », a-t-il ajouté.

Jusqu’à maintenant, l’UE avait résisté aux pressions des États-Unis et d’Israël pour inscrire le Hezbollah sur sa liste noire en expliquant qu’une telle décision pourrait compliquer ses relations avec le Liban, où le mouvement chiite participe au gouvernement, et accroître les tensions au Proche-Orient.

L’implication croissante du Hezbollah dans le conflit syrien, aux côtés de l’armée nationale, n’est pas citée par l’UE, mais elle semble être décisive, car rien de nouveau ne s’est produit pour justifier une décision de nature aussi inique, qui n’est qu’une reculade supplémentaire de l’UE devant les autorités états-uniennes et israéliennes.

Qu’en est-il de cette décision, qui intervient de façon aussi inopportune ?

Les mouvements de résistance sont souvent mal vus, car ils déstabilisent l’autorité établie. L’exemple de Nelson Mandela et de l’ANC est flagrant. Aujourd’hui aucun des puissants ne tarit d’éloge sur Mandela, et sur le sage qu’il était, reconnaissant son intelligence et sa clairvoyance. L’on oublie opportunément que l’ancien président sud-africain et Prix Nobel de la paix, Nelson Mandela a longtemps été inscrit sur la liste noire états-unienne du terrorisme et avec lui son parti, l’ANC. Ces noms ne furent retirés de cette liste que le 28 juillet 2008.

Le Hezbollah, et le Hamas sont aussi mal perçus, alors qu’ils ne sont que la réponse de populations opprimées après des années de mépris et d’humiliation. Qu’est ce qui justifierait que ces populations soient obligées de supporter pendant des années encore les exactions d’une armée d’occupation ? Rien. Il ne leur reste donc que la résistance.

Cette résistance transforme les États ou les groupes qui y adhèrent en bêtes à abattre. Il existe un ordre économique et politique auquel il n’est pas permis de résister. De temps à autre, quelques déclarations d’intention viennent tenter d’atténuer l’impact de l’oppression ressentie, ce à l’instar de quelques voix qui se sont élevées pour protester contre l’invasion israélienne du Liban en 1982, mais aucune n’a été jusqu’à demander une réunion du Conseil de Sécurité de l’ONU pour exiger le retrait immédiat, comme cela a été fait contre l’Irak après l’invasion du Koweït.

Aucune sanction n’a été prise contre Israël pour sanctionner ses exactions contre des civils au Liban ou en Palestine. Il vient d’attaquer un territoire souverain, en l’occurrence celui de la Syrie, et aucune voix ne s’est élevée pour exprimer sa désapprobation. Tout est toléré venant de cet État qui agit comme seul au monde, dont les frontières évoluent chaque seconde en fonction du grignotage et de l’annexion des territoires, des maisons, des vergers et des lieux de cultes palestiniens.

Évidemment, on n’ira pas jusqu’à préparer une campagne militaire pour obliger les Israéliens à quitter le Liban, lequel est resté sous leur occupation pendant plus de dix-huit ans. Peut-on objectivement faire le moindre reproche à l’encontre de ceux qui ont résisté, si ce n’est que pour certains politiciens libanais corrompus il ne fallait pas s’en prendre aux soldats israéliens ! Le problème est qu’ils sont une armée d’occupation.

Le Hezbollah a pu mener sa guerre de résistance, obligeant l’armée israélienne à se retirer de l’essentiel des territoires qu’elle a occupés pendant dix-huit ans. Ce parti est devenu un acteur à part entière de la scène politique. Il a fait du Liban, qui était balloté par les guerres des autres puissances, une pièce indispensable dans un front de refus et de résistance.

Le Hezbollah a su, grâce aux liens ancestraux entre les chiites du Sud du Liban et ceux d’Iran, bénéficier des aides lui permettant de soutenir la population locale dans sa résistance pour éviter qu’elle abandonne ses terres. Des efforts colossaux étaient nécessaires pour créer des services d’éducation, de santé, d’aides sociales. En même temps il fallait harceler l’occupant pour le pousser vers la sortie.

Plus les opérations étaient spectaculaires, plus leur impact était négatif chez les soldats israéliens, mais positif au sein de la population locale. Au-delà, une large frange de la population libanaise s’identifiait à ces jeunes résistants qui défiaient les soldats sur-entraînés et équipés de Tsahal.

Ces jeunes résistants prolongent l’épopée de l’imam Hussein, participant tous les ans à la fête d’Achoura, qui plutôt qu’une fête est une cérémonie de larmes destinée à raviver la flamme du sacrifice parmi eux. Ils se sont fixés un objectif, celui de l’évacuation des soldats israéliens du sud du Liban. Plus aucun soldat ne sera toléré, c’est ainsi qu’en ont décidé les référents de l’autorité religieuse et politique.

C’est ainsi que l’on retrouve le cheik Ragheb Harb, et le sayed Abbas Moussawi, deux chefs religieux, grands tribuns et très écoutés par le peuple du Sud. Ils se sont dévoués à la cause de l’indépendance contre ceux qui ont, selon eux, souillé leur terre sacrée. Cette terre qui porte sur elle les cicatrices de l’imam Hussein, que l’on guérit au sein des Husseiniehs de chaque bourgade. Ces mêmes Husseiniehs, lieux de recueillement, mais aussi lieux de discussions, de prêches et d’enseignement, ont permis discrètement mais sûrement un travail sur le terrain impliquant toute la population dans cette lutte armée contre l’occupant.

Le cheik Harb et sayed Abbas Moussawi ont été assassinés par les Israéliens, mais leur combat n’a pas cessé. Le calcul misant sur l’anéantissement du mouvement de résistance suite à la disparition d’un de ses chefs a échoué. Rien n’a changé car le projet était en marche avec une structure implacable, se renforçant sans cesse. L’arrivée de l’emblématique sayed Hassan Nassrallah est dans la lignée des autres figures de cette résistance.

Des hommes comme Imad Moughnieh, l’un des chefs militaires de la résistance, assassiné à Damas —est ce un hasard ?—, se comptent actuellement par centaines. Tous n’ont qu’un seul objectif : libérer la dernière parcelle de terrain occupée par Israël. Pour ces jeunes hommes très bien formés, cette guerre n’a rien d’un jeu vidéo suivie sur un réseau informatique, elle est leur guerre, menée sur une terre dont ils connaissent tous les recoins.

Au mois de mai 2000, les soldats israéliens ont dû abandonner leurs postes, leurs prisonniers, et leurs collaborateurs à la cloche de bois. Ils n’ont pas demandé leur reste. Leur erreur était d’avoir continué à occuper une bande de terrain libanais dans l’extrême sud et dans le sud-est du Liban. C’est cette occupation qui allait provoquer l’étincelle de la guerre de 33 jours (juillet-août 2006). Cette bande de terre continuera de hanter les nuits des Israéliens, car ils savent que leur présence n’est pas souhaitée et ne le sera jamais. L’esprit de la Husseinieh s’est définitivement réveillé.

Concernant la situation d’Israël par rapport à la Syrie et au Liban, sous le titre « La guerre qui fait entrer Israël contre le Hezbollah et ses alliés » l’ancien directeur du renseignement Proche-Orient/Afrique du Nord au ministère US de la défense Jeffrey White a publié une étude fort « instructive ». Son élément le plus important est que « si la guerre éclatait à nouveau sur les frontières de la Palestine pour tenter d’occuper le Liban, elle ne sera pas comme le conflit de juillet 2006, mais elle sera peut-être « décisive », et conduira à une transformation de toute la région ».

Surprenante analyse, qui reprend des termes utilisés par le sayed Hassan Nassrallah, rappelant dans ses discours depuis plus de deux ans que si Israël ose s’attaquer le Liban, c’est la région entière qui changera. Cette affirmation semble donc être intégrée dans les réflexions des officines de sécurité aux États-Unis.

Jeffrey White, qui est maintenant expert au Washington Institute for Near East Studies, a donné une conférence pour présenter son étude. Il y a souligné que « Le théâtre des hostilités comprendra 40 000 miles carrés », ce qui équivaut à 64 000 kilomètres carrés, comprenant le « Liban et Israël, ainsi que des parties de la Syrie ». Il a ajouté que « la fin des hostilités en 2006, a marqué le point de départ des préparatifs de la prochaine guerre », et que « les parties ont utilisé une approche offensive par rapport aux précédentes confrontations. »

White a prédit que les combats se concentreront sur la frontière nord d’Israël et dans le sud du Liban, avec un certain nombre de « théâtres secondaires » pour les affrontements. « Le Hezbollah au Liban sud essayera de repousser violemment l’attaque vers le sol de l’agresseur, tandis qu’Israël va essayer d’atteindre le [fleuve] Litani, et même au-delà du Litani, où se trouveraient les roquettes du Hezbollah », a t-il poursuivi.

Dans une tentative de décrire l’« importance des pertes libanaises » dans cette guerre, White a déclaré qu’ « Israël viserait à brûler l’herbe au Liban au lieu de la tondre », et a souligné que le sort de la guerre dépendrait de «  l’invasion terrestre israélienne. » Il a affirmé que bien que l’armée israélienne ait été entraînée pour se battre dans des villes et zones peuplées, elle subirait des pertes importantes. Il a déclaré que le Hezbollah essayerait d’absorber l’attaque Israélienne, mais ne reculera pas. «  La bataille du Sud serait décisive ».

White a déclaré que les prévisions israéliennes indiquent que le « Parti de Dieu procédera aux tirs de roquettes à raison de 500 ou 600 par jour en direction d’Israël ». Il a noté que la qualité de la plupart des roquettes possédées du Hezbollah est devenue nettement supérieure à ce qu’elle était en 2006. Il a ajouté que contrairement à 2006, « Israël agira pour détruire l’infrastructure civile libanaise tout en alléguant que le gouvernement libanais est responsable des actions du Hezbollah ».

Il a conclu que les scénarios de la guerre sont au nombre de trois, et comprennent :
- une solution décisive,
- des combattants fatigués,
- ou une solution imposée.
Selon White la solution décisive ne pourra qu’être en faveur d’Israël afin de mettre fin à la menace du Hezbollah et de dicter ses conditions. En revanche, les deuxième et troisième scénarios aboutiront à un « désordre, comme à la fin de la guerre en 1973 et 2006, et les combattants continueront de se préparer pour une nouvelle guerre ».

À son tour, a averti l’ancien officier de l’armée US et chercheur au Center for a New American Security, Andrew M. Exum, toute occupation israélienne du Liban serait un cauchemar pour les Israéliens. Diplômé de l’Université américaine de Beyrouth, il a déclaré que « l’intérêt supérieur d’Israël, dans le cas où le Hezbollah tuerait un diplomate israélien en représailles à l’assassinat d’Imad Moughnieh, ou s’il procédait à l’enlèvement d’un soldat, nécessiterait des frappes particulièrement douloureuses au cours des trois ou quatre jours suivants ».

Exum a indiqué qu’au cours de la guerre de 2006, la communauté internationale était favorable à Israël durant la première semaine, mais au vu des pertes libanaises par rapport aux israéliennes et compte tenu de l’habilité des Libanais dans leurs rapports avec les médias internationaux, la sympathie à l’égard d’Israël s’est inversée et s’est retournée contre l’État Hébreu.

Il a dit que, sur la base de l’expérience de la guerre de 2006, quand « les Israéliens promettent qu’ils détruiront la banlieue sud (de Beyrouth) complètement, le monde sait qu’ils le feront », ainsi selon cet ancien officier, cette situation « contribue à renforcer l’équilibre de la terreur et de la dissuasion entre les parties et augmente la pression sur les épaules du Hezbollah pour éviter de fournir un prétexte à Israël justifiant son attaque contre le Liban ».

Exum explique que « la trêve sur le terrain entre Israël et le Hezbollah, est la démonstration de l’équilibre des forces. Elle est la meilleure garantie de paix et de dissuasion », qui serait selon lui « nuisible pour le Hezbollah sur le long terme ». Il a conclu que « toute nouvelle guerre ne serait pas dans l’intérêt des Israéliens et des Libanais, ni dans l’intérêt des États-Unis » au Proche-Orient en général.

Ce que les deux spécialistes ont omis de préciser est qu’Israël craint actuellement de se battre sur un front intérieur, car l’idée que le Hezbollah ait pu recruter des agents sur son territoire hante les esprits de certains de leurs responsables. Au mois d’octobre 2002, un ancien lieutenant-colonel de Tsahal a été inculpé pour espionnage. Cette décision a été rendue publique le 24 octobre 2002. L’inquiétude régnait déjà dans l’État hébreu.

Ces informations sont prises très au sérieux par l’opinion israélienne, et prennent de plus en plus d’ampleur. Cette situation ne s’est pas arrangée après que le chef du Hezbollah, sayed Hassan Nassrallah, ait divulgué des images captées par les drones israéliens et piratées par les équipes techniques du Parti de Dieu. Les autorités israéliennes ont fini par reconnaître la réalité du piratage tout en précisant qu’elles l’avaient su et avaient modifié le codage de leur transmission en conséquence.

Ce même piratage avait permis au Hezbollah de piéger une escouade de soldats israéliens au cours d’une opération d’infiltration dans la commune d’Anassarieh au sud du Liban pour assassiner un de ses responsables. C’est l’ensemble de cette formation de Tsahal qui s’est trouvée prise en tenaille et a été décimée.

En tout cas, ces histoires réelles font partie des éléments remarquablement utilisés par la communication du Hezbollah et qui font très mal à l’opinion israélienne. Elles contribuent à maintenir ce climat de terreur et de dissuasion entre les parties sur le terrain, car si le Liban craint certainement les destructions massives, Israël craint beaucoup autant pour ses soldats que pour ses civils. Cela conduit à ce que chacun sache qu’il a un prix à payer, sans que personne n’ait envie de payer l’addition.

Se retirer totalement du territoire libanais serait considéré comme un camouflet supplémentaire pour l’« armée invincible ». Y rester devient de plus en plus dangereux. Surtout rester pour quoi faire ? Jusqu’à présent le rôle de l’armée israélienne était celui d’un gendarme, mais si l’on n’a plus peur du gendarme, à quoi sert-il ? Le pire pour Israël est que l’équation s’est totalement modifiée, son armée ne maîtrise plus toutes les données et est actuellement exposée à de fortes probabilités d’échec dans ses opérations.

Cette situation finit par atteindre le moral des troupes à tel point que les soldats ne savent plus pourquoi ils doivent se battre. Tsahal est-il toujours l’armée de « défense d’Israël », ou est-il devenu l’armée des massacres de Qana et des « bavures » ? Une armée qui se bat contre un ennemi invisible commet nécessairement des bavures et en commettra encore. Jusqu’à quand l’armée et la société israéliennes supporteront-elles ces infamies ? Les habitants de Qana disent de leur ville : « C’est là que Jésus a transformé l’eau en vin, et c’est là que les Israéliens ont transformé l’eau en sang ».

Ces contradictions ont fait qu’au fil des années la critique de la politique israélienne n’est plus un tabou. Jusqu’à l’invasion du Liban, oser critiquer les décisions israéliennes était assimilé à un acte antisémite. Tel est de moins en moins le cas. Des juifs et des non juifs critiquent cette politique expansionniste. L’appel de JCALL (European Jewish Call for Reason) est la démonstration qu’il existe bien une cassure dans le soutien dont bénéficiait la politique et les gouvernements israéliens.

Cet appel est intéressant, car tout en assurant un soutien indéfectible à l’État d’Israël, il se montre particulièrement en opposition avec les décisions prises par les gouvernements successifs, notamment en matière d’annexion et de colonisation. Les signataires estiment qu’Israël devra changer de politique pour survivre.

Or nous voyons que l’existence d’Israël est à nouveau en danger. Loin de sous-estimer la menace de ses ennemis extérieurs, nous savons que ce danger se trouve aussi dans l’occupation et la poursuite ininterrompue de la colonisation de la Cisjordanie et des quartiers arabes de Jérusalem-Est, qui sont une erreur politique et une faute morale. Et qui alimentent, en outre, un processus de délégitimation inacceptable d’Israël en tant qu’État.

Ces faits expliquent le malaise vécu, entre autres, par la diaspora juive. Ces mêmes sentiments sont également exprimés par une frange de la population israélienne de l’intérieur, laquelle ne semble pas être écoutée par une classe politique qui rivalise d’outrance et d’excès.

L’UE vient à travers sa décision de déclencher les hostilités, en allant dans le sens contraire de l’Histoire. Les responsables Européens savent parfaitement que cette décision n’a sur le plan pratique aucune utilité. Les membres de la branche armée du Hezbollah sont inconnus. Leur force est justement le secret qui les entoure. Quelles sanctions prendre contre des hommes invisibles.. ?

Quant aux sanctions économiques, elles sont risibles, car les services de renseignement européens savent que le Hezbollah ou ses membres n’ont pas d’avoirs en Europe. La décision est donc symbolique et est aussi précaire qu’injustifié. En effet, concernant l’attentat de Bulgarie, cet État vient de déclarer qu’il n’existe aucune preuve de l’implication du Hezbollah [1].

Devant l’impossibilité de contester au Hezbollah sa qualité de mouvement de résistance contre l’occupation, on a inventé ce prétexte, et on a laissé filtrer la vraie raison, mais qui n’est pas reprise officiellement : sa participation au conflit syrien.

C’est d’autant plus étonnant que depuis le début du conflit syrien le mouvement politique libanais du Futur, entre autres —avec ses responsables, à commencer par l’ancien Premier ministre Saad Hariri—, a brillé par sa participation plus qu’active en hommes et en armes, sans pour autant être qualifié de mouvement terroriste.

Le Hezbollah a combattu et combat en Syrie Jabhat Al-Noussra, considéré aujourd’hui par les occidentaux comme une organisation terroriste. Comment peut-on combattre les terroristes et être considéré terroriste ? En réalité, le Hezbollah a pour le moins perturbé les projets occidentaux pariant sur la chute de l’État syrien devant les agressions internes et externes, il doit en payer le prix.

En combattant en Syrie, le Hezbollah protège ses arrières. Les vrais terroristes, terrorisaient les civils libanais dans la plaine de la Bekaa, à Akkar à l’est et dans le Nord du Liban. Ces groupent se sont bien installés dans plusieurs dizaines de villages au Liban au prétexte d’être des réfugiés, sans que personne en l’absence d’un État fort, ne puisse vérifier leur qualité.

Ils ont commis des attaques contre l’armée libanaise accusée maintenant d’être pro-Hezbollah, lequel prône le slogan de la résistance « Le Peuple, l’Armée et la Résistance sont la force du Liban contre toute agression ». Fallait-il que le Hezbollah néglige ces risques pour éviter d’être classé organisation terroriste ? Informé de cette rumeur de classement depuis des mois, sayed Hassan Nasrallah avait du reste annoncé qu’il n’en avait cure…

Toutefois, cette annonce est regrettable et menace d’une multitude de répercussions. A-t-on mesuré la portée de cette décision, dont l’effet médiatique serait le seul intérêt ? Pire encore ! le présent article sera t-il considéré comme une « apologie du terrorisme » ? … Seul l’avenir nous le dira. Le but final serait de faire taire toutes les voix qui défendent les mouvements de résistance.

La vérité est que les Européens sont devenus schizophrènes, car ils voient la paille dans l’œil du voisin, mais pas la poutre dans le leur.

André Chamy

Voltairenet

Conflit au Moyen-Orient: de la révolution 2.0 aux bombardements orbitaux?

1. Malgré un nouvel afflux notable d’hommes et de matériel, la rébellion syrienne peine non seulement à se maintenir en dehors des zones rurales isolées mais accentue ses divisions intrinsèques du fait de profonds clivages idéologiques et politiques.  En réalité, la rébellion syrienne, toutes tendances confondues, ne s’est jamais remise de sa défaite stratégique à Al-Qussayr (non loin de l’antique Meggido). Sur le terrain, les rebelles sont boutés hors des cités périphériques de Damas, écrasés à Homs et à Lattaquié, pourchassés près de la zone de cessez-le-feu au Golan et mis en échec à Alep où le blocus mis en place par des groupes extrémistes armés depuis le début du mois sacré du Ramadan vient d’être percé par les unités d’élite de l’armée syrienne.

Cet ascendant des forces armées syriennes et des milices populaires permet à Damas de focaliser sur un autre aspect non moins dangereux du conflit en cours en Syrie: la guerre économique. Depuis des mois, des campagnes organisées de spéculation monétaire et financière ont grandement nui à l’économie syrienne et à la valeur de la livre syrienne. Cette spéculation est accompagnée par diverses pratiques telles que la contrebande, la fuite massive de capitaux, l’organisation de fausses pénuries, le sabotage d’infrastructures, l’introduction de fausse monnaies, la corruption et une hausse anormale des produits de base. Pour y faire face, le Premier ministre syrien Wael Al-Halaki a mis en place toutes une série de mesures de protection. Cependant fort insuffisantes. Le recours à des experts iraniens, aguerris par le blocus auquel leur pays fait face, a permis d’éluder l’effondrement de la monnaie nationale syrienne.

Le gouvernement syrien a beau mettre en place un système de rationnement en temps de guerre, impossible de stopper les pratiques spéculatives. En vertu du système de rationnement, chaque personne adulte a le droit à 300 grammes de thé par mois mais ce produit s’échange sous le manteau à des prix rédhibitoires et est surtout exporté en masse vers des pays voisins. La situation est telle que l’armée syrienne commence à cibler les milieux de la spéculation. Néanmoins, contre toute logique, l’économie syrienne tient toujours. Les liens commerciaux officieux avec l’Irak et l’Iran (ce dernier ne parvient ou ne veut plus payer ses créances internationales) ainsi que ceux bancaires avec le Liban expliquent en partie mais pas totalement la survie surprenante du système économique d’un pays non producteur d’hydrocarbures dont l’économie est basée essentiellement sur l’agriculture et le textile.

2. Des indications receuillies laissent entendre que les populations civiles et les unités militaires assiégées à Alep ont pu être ravitaillées par l’armée syrienne qui a du intervenir alors que son plan ne préconise pas un mouvement vers le Nord avant le mois de d’octobre afin de parer à toute nouvelle attaque combinée sur Damas comme ce fut le cas en juillet 2012. Le blocus imposé par les groupes les plus extrémistes de la rebéllion n’a pas tenu, moins par la vigueur de l’offensive loyaliste que par l’éclatement de conflits armés entre, d’une part, les groupes liés à Al-Qaïda et des factions de l’armée syrienne libre, et, d’autre part, le front d’Ennosra et les milices kurdes. La situation semble prendre un virage inattendu au Nord de la Syrie et en Turquie méridionale avec l’éventualité de la déclaration d’une entité kurde indépendante. Cette éventualité est fort redoutée par Ankara.

3. Plus au Sud, près du plateau stratégique du Golan, des accrochages ont encore opposé des militaires syriens et israéliens. Des unités de l’armée syrienne pourchassant des groupes armés liés à l’armée du Cham (pays de Sem, autre appellation du Levant regroupant la Grande Syrie, c’est-à-dire, la Syrie, le Liban, la Palestine et la Jordanie) près de la ville de Qunaytra, ont poursuivi les rebelles jusqu’à un poste militaire israélien désaffecté situé à l’intérieur de la zone contrôlée par Israël, provoquant une riposte israélienne. Mais les deux pays, soumis à d’intenses pressions internationales pour éviter toute escalade, n’ont pas donné plus d’information. Ce qui est certain est que du côté israélien, une nouvelle brigade chargée du Golan est en train d’être constituée à la hâte tandis que les meilleures unités de l’armée israélienne se massent en Galilée. Le Liban et les confins syro-jordaniens sont survolés par un nombre impressionnant de drones. Au point que la défense antiaérienne israélienne en a abattu un le prenant pour un appareil du Hezbollah. D’autre part, des information jamais confirmées et non-vérifiables font état du déploiement par Israël de missiles nucléaires tactiques non loin du Lac Tibériade. Si cette information est vraie, cela renseigne sur le degré d’inquiétude que suscite l’évolution-défavorable jusqu’ici pour la stratégie de Tel-Aviv-de la crise syrienne dont le théatre d’opération s’étend désormais de la province irakienne d’Al-Anbar à l’Est jusqu’au littoral libanais sur la Méditerannée à l’Ouest.

4. L’évolution défavorable de la crise syrienne suivant les intérêts géostratégiques américains et par voie de conséquence israéliens à re-évaluer l’ensemble de la stratégie arrêtée jusque là. La rencontre du Chef des services de renseignement israéliens avec ses homologues US aux Etats-Unis a pour principal objet une redéfinition de cette stratégie à la lumière des derniers développements régionaux. Si des officiels US tels que le Secrétaire d’Etat John Kerry martèlent publiquement et sans conviction qu’il est encore impossible d’établir une zone d’exclusion aérienne au-dessus d’une partie du territoire syrien, des chefs militaires au Pentagone évoquent pour la première fois la possibilité de recourir à une nouvelle arme: les bombardements orbitaux ou frappes cinétiques. En d’autres termes de lâcher à partir de l’espace ou plus précisément d’une orbite déterminée, une pluie de micro-météorites artificielles qui viendraient s’écraser à très grande vitesse sur une surface déterminée de la planète et, en l’occurrence ici, du territoire syrien. On sait presque rien sur cette nouvelle technique qui rappelle les lancer de fléchettes au dessus des tranchées de la première guerre mondiale  mis à part l’existence d’un programme assez ancien dénommé Thor. La chute d’objets métalliques (matériaux spéciaux) ou autres, lâchés à partir d’une orbite proche et tombant à la vitesse des météores sur le sol syrien serait quasiment impossible à intercepter par les moyens actuels de la défense aérienne ou des des moyens d’interception balistique. Chinois et Russes semblent très inquiets et travaillent d’arrache-pied à des contre-mesures. Un des points faibles de cette technique est son impossibilité à acquérir des cibles précises puisqu’elle dépends de plusieurs variables de la chute libre, de la gravitation et de la rotation terrestre. Ce qui en résulte un phénomène de dispersion plus ou moins important.

La chute de météorites en Russie en février 2013 causant des dégâts dans l’Oural et dans le centre de la Russie a alimenté pas mal d’hypothèses dont la plus tonitruante a été émise publiquement par l’homme politique russe Vladimir Zhirinovsky qui a nommément accusé les Etats-Unis d’avoir testé un système de bombardement cinétique au dessus de l’Eurasie. Une hypothèse que les médias n’ont pas jugé relever et ont classé comme une autre théorie du complot paranoïaque. Ce qui est certain, c’est que l’US Air Force a testé en Irak, durant la période s’étendant de 1998 à 2003, soit l’invasion de ce pays, toute une série de nouvelles armes telles que les bombes à béton (non-explosives), des masses d’acier, des bombes à émission électromagnétiques et d’autres.

Quoi qu’il en soit, les déclarations d’officiels US telles que celles du Secrétaire d’Etat John Kerry sur l’impossibilité d’imposer une zone d’exclusion aérienne sur une partie du territoire syrien ou celles encore plus lénifiantes de responsables européens niant toute volonté d’armer les rebelles cache mal la préparation de plans alternatifs assez novateurs pour tromper la vigilance des alliés de la Syrie. Ce n’est point un hasard si le Chef d’état-major des Armées des Etats-Unis d’Amérique, le général Martin Dempsey, évoque pour la première fois la possibilité d’utiliser des frappes cinétiques (Kinetic strikes) en Syrie.  Si cette éventualité se réalise, le conflit au Moyen-Orient et ses multiples avatars high-tech dénommés sous le nom générique de printemps arabe, auront connu l’usage de l’ensemble des technologies préfigurant le monde de demain (l’arme nucléaire n’en est pas une et figure parmi les techniques du passé) allant des révolutions 2.0, versions plus perfectionnées des premières révolutions colorées aux bombardements orbitaux en passant par de nouvelles techniques d’ingénierie sociales et informationnelles à travers un contrôle total de l’Internet et des moyens de télécommunication. Bien que toutes ces nouvelles techniques soient à leur balbutiement, elles auront un rôle déterminant dans les conflits futurs.

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Le conflit syrien verra t-il l'usage inédit d'armes spatiales?
Le conflit syrien verra t-il l’usage inédit d’armes spatiales?

Conflit au Moyen-Orient: Blocus à Alep, raids israéliens ciblés, une opération en préparation

Il semble que la phase II du conflit en cours au Moyen-Orient soit en cours de préparation active. En une semaine, plus de 1500 mercenaires étrangers en provenance de Turquie sont venus renforcer les groupes extrémistes au Nord de la Syrie dans la province d’Alep où la situation humanitaire est des plus alarmantes en ce mois sacré musulman du Ramadan.

La ville d’Alep fait face à un terrible blocus de la part des groupes extrémistes et des informations recueillies indiquent que les prix des produits alimentaires de base ont connu une hausse de presque 900% du fait des pratiques spéculatives de la mafia.

Le gouvernement syrien tente de briser ce blocus en approvisionnant les populations des secteurs  loyalistes de la ville au moyen d’hélicoptères mais la prolifération de missiles antiaériens plus performants  au mains de certaines factions de la rébellion rend  ce type d’opération de plus en plus aléatoire.

Plus au Sud d’Alep, dans la province centrale de Homs, l’armée syrienne avance très lentement dans le centre historique de la ville vu son architecture où plus de 6000 rebelles utilisent systématiquement des explosifs et des roquettes antichar pour tenter de stopper l’avancée des unités syriennes. Leur défaite n’est plus qu’une question de jours.

Au sein de la rébellion, l’assassinat d’un des chefs suprêmes de l’Armée Syrienne Libre (ASL) par des membres de l’organisation extrémistes de l’Armée du pays du Levant et d’Irak (proche d’Al-Qaïda) risque de déclencher une guerre intestine entre, d’un côté, les puissantes factions islamistes, les plus nombreuses et les mieux armées, et d’un autre, des factions appartenant à d’autres courants.

L’armée syrienne sait qu’elle doit terminer son opération à Homs dans les meilleurs délais et diriger le gros de ses troupes vers Alep au Nord et autour du Golan au Sud-Ouest. Une opération d’envergure des « ennemis » de la Syrie est en phase de préparation active et verrait probablement  la participation de l’aviation israélienne aux côté d’une (nouvelle) armée de mercenaires. Au cours de cette opération, des commandos de tueurs du SAS britannique ou d’un autre service analogue tenteront vraisemblablement de décapiter l’Etat syrien. En d’autres termes, assassiner le Chef d’Etat.

L’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis et l’Egypte continuent de fournir une assistance logistique intense à la guérilla se battant contre le gouvernement syrien. Le coup d’Etat militaire contre l’ex-président égyptien Mohamed Morsi, un fervent partisan de la rébellion en Syrie, n’a pas changé la posture stratégique de l’Egypte dont l’armée, très pro-américaine,  contrôle l’ensemble de la vie politique et économique.

Sur le plan géopolitique, la situation est catastrophique pour Israël. Ce dernier fait désormais face à deux incendies: le premier à sa frontière (provisoire) septentrionale et le second sur son flanc méridional au Sinaï. Malgré leur silence, les responsables israéliens s’activent et se considèrent comme les acteurs d’un des plus importants conflits de l’histoire d’Israël. D’où les raids israéliens ponctuels et ciblés en Syrie , toujours passés sous silence.

Selon des informations révélés par des responsables US à la chaîne d’information en continu CNN, l’aviation israélienne aurait procédé la semaine dernière à des raids aériens sur la région de Lattaquié, ciblant des batteries de missiles antinavire de type Yakhont. Cette opération est intervenue en représailles au coulage d’un submersible israélien de la classe Dolphin il y a quelques mois.

Les Syriens et surtout leur alliés Russes ne sont pas restés les mains croisés. Un avion F-16 I ‘Soufa’, super-équipé s’est « officiellement » écrasé en mer suite à une « avarie technique ». Des sources libanaises  affirment que cet avion aurait été abattu près du littoral libanais et non pas près du littoral près de Gaza, causant l’épouvante et une panique générale en Israël. L’Etat-Major israélien a ordonné le blocage provisoire au sol de l’ensemble de la flotte. Des dizaines d’avions israéliens violent quotidiennement l’espace aérien libanais.