Flashback: Guerre de chars au Golan en 1973

Un document de la CIA datant de 1974 analysant la guerre entre Israël et la Syrie en octobre 1973

Les mensonges de la propagande de guerre française au Mali

Cocorico! La France aura bien eu sa « tempête de désert ». Hollande a pris la « courageuse » décision d’envoyer les hélicoptères Gazelle des forces spéciales de l’armée de terre, des Mirage 2000 D et des Rafale contre les colonnes de djihadistes qui menacent la sécurité de l’Europe.

Dans cette guerre, la France n’a pas besoin de justification supplémentaire, il suffit qu’elle ressasse la propagande rôdée désormais au fil des dernières guerres de l’Empire, elle intervient pour sauver le peuple malien et pour les droits de l’Homme. Les intérêts de la France, au premier rang desquels le contrôle des mines d’uranium du Niger voisin, ne viendraient qu’en second lieu. Comme d’habitude, les médias de l’hexagone ont rivalisé dans le rôle qui leur est dévolu : la fabrication de mensonges éhontés en vue de justifier une guerre de rapine et de domination néocoloniale. Retour sur les mensonges les plus grotesques.

Premier mensonge. Les apparences diplomatiques sont sauves. Le président français a justifié sa décision d’intervenir au Mali en prétextant l’appel à l’aide du gouvernement malien. En effet, le président intérimaire malien, Dioncounda traoré, a lancé un appel au secours à la France pour stopper l’avancée des rebelles d’Ansar Dine qui avaient pris le contrôle de la ville stratégique de Konna. Mais ce que le gouvernement et les médias français ont oublié de rappeler c’est que ce président malien ne dispose d’aucune légitimité pour appeler à l’intervention militaire d’une puissance étrangère sur le sol malien.

Il s’agit d’un président intérimaire désigné en concertation avec l’Union africaine et les Etats de l’Afrique de l’ouest pour retourner au plus vite à l’ordre constitutionnel après le coup d’Etat du capitaine Amadou Sanogo et en vue de préparer des élections. Aussi bien le commandement de l’armée malienne que de larges secteurs de la société civile et politique malienne, même s’ils sont attachés au recouvrement par leur pays de son intégrité territoriale et à son unité nationale, s’opposent légitimement à l’intervention étrangère dans des conditions qui n’assurent pas au Mali le contrôle des opérations et de la suite des évènements.

Second mensonge. Le gouvernement français justifie son opération Serval par le souci de contrer les rebelles d’Ansar Dine qui ont lancé la semaine dernière une offensive contre des localités situées au centre du pays en direction du sud. Ce faisant, le gouvernement français tente de donner à cette opération un caractère défensif. Rien n’est plus faux. Depuis que le nord du mali a échappé au contrôle du gouvernement central de Bamako pour tomber entre les mains du mouvement Ansar Dine et des autres mouvements djihadistes, on le sait, la France n’a pas cessé d’appeler à la guerre en poussant en avant les Etats de la CEDEAO pour donner un semblant de légitimité africaine à cette guerre néocoloniale.

Après avoir réussi à torpiller les efforts de médiation du gouvernement algérien en vue de trouver une solution politique à la crise et à arracher une résolution du conseil de sécurité de l’Onu autorisant le déploiement d’une force africaine mais dans le cadre d’un plan de résolution politique globale de la crise, la France a continué en coulisses à pousser le gouvernement malien et les autres gouvernements de l’Afrique de l’ouest à vider cette résolution onusienne de son contenu et à se préparer à la guerre.

De son côté, l’Algérie a réussi récemment à amener les deux principaux protagonistes du mouvement national touareg Ansar Dine et le MNLA à trouver un accord en vue de négocier une solution politique avec le gouvernement de Bamako. Des délégations de ce mouvement ont rencontré le ministre des affaires étrangères du Burkina Faso à Ouagadougou. Mais sous la pression française, le gouvernement malien a ignoré ces bons offices et a continué en secret à préparer l’offensive armée qui était planifiée entre l’été et l’automne 2013 comme en témoigne le recrutement tous azimuts et l’entraînement de mercenaires de tous les coins d’Afrique, étant entendu que les 3000 hommes de la CEDEAO n’allaient pas suffire à déloger les mouvements touareg de leurs positions. Le mouvement Ansar Dine n’avait plus d’autre choix que d’attendre que l’adversaire se prépare à son aise et qu’il se fasse écraser ou alors d’anticiper sur l’action de ses adversaires et lancer une offensive militaire pour rappeler à Bamako son existence et le forcer à négocier sérieusement.

La France a compris l’enjeu et a dû changer son plan initial. Au lieu d’attendre encore quelques mois le temps de préparer ses supplétifs africains pour la sale besogne, elle a dû intervenir directement. En apparence, Ansar Dine et ses alliés d’Aqmi et du Mujao ont mal calculé leur coup en provoquant cette intervention française prématurée qui pourrait leur coûter cher. Mais d’un autre côté, les masques sont tombés. La France est intervenue directement dans un conflit dont il n’est pas sûr qu’elle s’en sorte sans perdre beaucoup de plumes.

Troisième mensonge. Le gouvernement français prétend qu’il mène cette guerre contre les djihadistes qui contrôlent le nord du Mali et menacent désormais le territoire de la France et de l’Europe. En reprenant cet argument officiel, les médias français usent d’un mensonge grossier. D’abord, ils sont bien culotés de servir pareil argument à leurs téléspectateurs La France qui n’a pas hésité à armer et soutenir les djihadistes en Libye et qui n’hésite pas aujourd’hui à soutenir les djihadistes en Syrie se découvre subitement une âme laïque et démocratique au Mali ! La laïcité ici n’est qu’un cache-sexe servant à cacher de sordides desseins stratégiques et économiques.

Le mouvement Ansar Dine est avant tout un mouvement de libération touarègue. Ses membres fondateurs et ses cadres, à commencer par leur leader Iyad Agh Ghali, proviennent tous du mouvement de libération touareg qui a lutté les armes à la main durant les années 80 contre le gouvernement central de Bamako et qui ont déposé les armes dans le cadre des Accords d’Alger en 1991.

Que ce mouvement ait connu par la suite une évolution idéologique fondamentaliste est une chose que seul une islamophobie aveugle pourrait confondre avec le djihadisme terroriste dans lequel excellent des groupes comme Aqmi et le Mujao. Justifier une guerre au Mali au nom de la lutte contre le fondamentalisme d’Ansar Dine c’est comme si l’Etat italien justifiait dans les années 70 et 80 une mise hors-la loi du parti communiste italien sous prétexte que les groupes terroristes des Brigades rouges et de Prima Linea usaient de la même rhétorique marxiste-léniniste !

Quatrième mensonge. La propagande française met l’accent sur le fait qu’il n’y a pas de différence fondamentale entre Ansar Dine et les autres groupes djihadistes. La preuve c’est que Ansar Dine a gardé des contacts avec ces mouvements. Ansar Dine se défend en disant qu’il n’a rien à voir avec ces mouvements mais comme ils sont sur le même terrain, il est normal qu’il ait des contacts avec eux.

D’ailleurs, les services français entretiennent des contacts officiels sous la couverture du Quai d’Orsay avec ces groupes comme vient de le dévoiler un des chefs d’Aqmi au Mali, Abdelhamid Abou Zeid et ce, dans le but de libérer les otages français contre des rançons qui se sont avérées ces dernières années un mode bien commode de financer ces groupes terroristes dans leurs actions contre l’adversaire inavoué de la France dans la région : l’Algérie. Pire, rien n’interdit de penser que les services français regardent avec une certaine complaisance le jeu que certains protagonistes régionaux jouent avec les narcoterroristes du Mujao pour affaiblir l’encombrant voisin algérien…

Parmi les arguments servis pour justifier la soi-disant collusion d’Ansar Dine avec les groupes terroristes, la propagande française relayée malheureusement par certains médias algériens, il y a le fait qu’Ansar Dine refuse de combattre Aqmi et le Mujao en avançant que ce n’est pas son rôle à lui de les combattre, en tout cas pas avant la résolution du conflit avec Bamako et le retour de la paix et de la stabilité dans la région. Et dans ce cas, les djihadistes étrangers seront bien obligés de quitter le territoire malien de gré ou de force. Comme le rappelle à juste tire un porte-parole d’Ansar Dine, pourquoi les gouvernements occidentaux qui mettent aujourd’hui la pression son mouvement pour combattre Aqmi n’ont pas usé des mêmes pressions sur le régime du président malien déchu Amadou Toumani Touré dont la collusion avec les groupes narcoterroristes était avérée ?

Que le programme et l’interprétation rigoriste de la Charia islamique d’Ansar Dine posent problème, sans doute. Mais ce sera une affaire interne à la société touarègue et malienne et ce n’est en tout cas pas l’affaire de la France et des gouvernements africains à sa botte. Si l’application de la Charia devait constituer un objet de casus belli, la France devrait entrer sans tarder en guerre contre les pétromonarchies du Golfe et bientôt contre les pays arabes dont la nouvelle constitution devrait s’inspirer explicitement de la Charia : Egypte, Tunisie, Libye et bientôt Syrie !

Non content de semer la confusion au sein de l’opinion publique et d’essayer de diaboliser coûte que coûte Ansar Dine parce qu’il ne s’inscrit pas dans leur stratégie néocoloniale, les services français cherchent à faire diversion via les sites franco-israéliens amis qui font passer Ansar Dine pour une création tantôt saoudienne tantôt qatarie, en laissant aux sites makhzéniens le loisir de vendre la thèse éculée qui voit dans le DRS algérien le nouveau démiurge de la géopolitique sahélo-saharienne.

Cinquième mensonge. Le gouvernement français a monté toute sa campagne diplomatique en direction de l’union africaine, l’union européenne et l’Onu en vue de justifier une guerre au Mali au nom de la défense de l’intégrité et de l’unité territoriale du Mali menacée par la déclaration d’indépendance unilatérale de l’Azawad proclamée par le MNLA. C’est peut-être le plus gros mensonge de cette guerre tant il est archi-connu que la France a toujours tenté de manipuler les mouvements séparatistes touarègues au Mali et au Niger pour faire chanter les gouvernements de Bamako et Niamey en vue de les amener à accepter ses conditions de « coopération » néocoloniales.

Il ne faut pas oublier que le mouvement séparatiste appelé MNLA a été créé dans la précipitation par Mohamed Ag Najem qui commandait un millier de mercenaires touarègues maliens au service du régime de Kadhafi et qui a été retourné par les services français quelques semaines avant la chute de Tripoli. Ag Najem aurait-il accepté de trahir Kadhafi et de retourner au Mali s’il n’avait pas eu les assurances de Paris pour pouvoir rentrer chez lui avec armes et bagages remplis d’or et de dollars pour jouer le nouveau rôle qui lui a été dévolu ?

C’est quand le MNLA a été chassé de ses positions conquises au nord par les combattants d’Ansar Dine et des autres groupes djihadistes que le gouvernement français a changé de fusil d’épaule et s’est mis à défendre hypocritement la thèse de l’intégrité territoriale du Mali. En fait, la diplomatie française est en train de réchauffer un vieux plan colonialiste visant à diviser l’Afrique et les Africains pour mieux régner.

Elle agite notamment l’épouvantail de l’islamisme pour faire passer la manipulation sordide des élites et des populations bambara au sud contre les tribus berbères et maures du nord qu’elle juge moins dociles et plus enclines à s’allier avec les nouveaux régimes qui sont en train d’émerger en Afrique du nord à la faveur des mouvements de contestation que les officines impérialistes cherchent à instrumentaliser et à dévoyer mais en vain. L’opposition entre populations musulmanes et populations chrétiennes et/ou animistes est en train de devenir un nouveau cheval de bataille idéologique impérial en Afrique comme l’illustre à merveille le laboratoire soudanais appelé à servir de modèle pour toute la région.

Sixième mensonge. Les médias français ont abreuvé les téléspectateurs d’images et de reportages bidon montrant des citoyens maliens dans la capitale qui applaudissent l’intervention française. Bien-sûr, il se trouvera toujours des Maliens qui se rappellent l’esclavage d’avant-hier des esclavagistes touarègues et maures et oublient l’esclavage moderne d’hier et d’aujourd’hui des colons et des capitalistes français mais la majorité des Maliens ne sont pas dupes du jeu de la France. Les médias français montrent ce qu’ils veulent montrer et s’imposent le silence sur les manifestations des patriotes maliens, réunis au sein de la COPAM (coordination des organisations patriotiques du Mali) qui ont appelé au lendemain de l’intervention française au départ du président malien qui n’a aucune légitimité démocratique.

Septième mensonge. Au lendemain de l’intervention française, les médias reprennent les communiqués triomphalistes du ministère français de la défense. Une centaine de djihadistes auraient été éliminés et leur avance vers le sud aurait été stoppée. Les pertes françaises sont minimisées. La perte d’un hélicoptère Gazelle a été attribuée au début à un crash. Mais voilà que les nouvelles moins rassurantes commencent à tomber. Ce n’est pas un hélicoptère mais deux qui ont été abattus dès le premier jour de l’opération. Le pilote d’un hélicoptère Gazelle, le lieutenant a été mortellement touché.

Mais le fait qui témoigne de la grossièreté des mensonges de guerre français est qu’on apprend au troisième jour de l’opération Serval que l’offensive des combattants d’Ansar Dine n’est pas totalement stoppée alors qu’on nous a assuré la veille qu’elle a été stoppée. Pire, le gouvernement français vient de renforcer son dispositif d’intervention militaire de manière spectaculaire et inquiétante comme s’il s’agissait d’une guerre contre une armée conventionnelle. A en croire le site spécialisé dans les questions militaires « Mer et marine » les forces françaises engagées actuellement au Mali proviennent du dispositif Epervier basé au Tchad et qui ne comprend pas moins que six Mirage 2000D, deux Mirage F1 CR, trois C135, un C130 Hercule et un C160 Transall. Et aux dernières nouvelles, on apprend l’engagement des Rafale ! La facture risque d’être très salée pour un Hollande qui cherchait à faire des économies mais surtout pour le peuple fra,çais appelé à se serrer encore plus la ceinture pour contribuer à cette guerre coloniale !

Mais comme un malheur n’arrive jamais seul. On apprend en même temps que l’opération d’un commando de la DGSE en vue de libérer un des leurs détenu par les miliciens du groupe Chabab en Somalie s’est soldée par un fiasco. L’otage aurait été tué et deux membres du commando de la DGSE éliminés. La propagande française voudrait faire croire que le commando de la DGSE a éliminé 17 djihadistes mais n’arrive pas à expliquer comment ils n’ont même pas pu récupérer les corps de leurs camarades tués. Les djihadistes somaliens ont même déclaré qu’ils détiennent un membre du commando français blessé mais vivant ! Ces déboires risquent d’annoncer d’autres conséquences beaucoup plus dramatiques pour les populations civiles du nord Mali et pour la vie des otages français eux-mêmes. Au lieu d’assurer sa sécurité et celle de ses ressortissants, la France est bien partie pour vivre quelques aventures que ne lui envieraient pas ses alliés de l’Otan qui lui ont promis jusqu’ici bien timidement leur soutien logistique. Tout cela pour l’uranium du Niger et les milliards de bénéfices d’AREVA et de SUEZ et leurs banquiers !

Michel Collon

www.michelcollon.info

Algérie-France: la guerre des bras d’honneur…

Il semble que le geste fort maladroit et déplacé de l’ancien ministre français de la Défense sous Sarkozy en réponse à une demande de reconnaissance des crimes coloniaux commis en Algérie ait déclenché une petite guerre de bras d’honneur…Khaled Bounedjma, président du front national pour la justice sociale a été le premier homme politique algérien à répondre à Longuet à la Une du quotidien Algérie News.

Les soudards de la république ou comment des voyous parviennent à diriger la France

Gérard Longuet, ancien extrémiste de la fausse extrême droite française s’est retrouvé ministre de la défense (27 février 2011-10 mai 2012) sous la présidence mouvementée et rocambolesque de Nicolas Sarkozy (aujourd’hui « réfugié » au Maroc sous la protection de près d’un millier de soldats). Ancien fondateur d’Occident et co-rédacteur du programme économique du Front National (FN), Gérard Longuet est connu pour ses obsessions mais également sa lâcheté, notamment lorsqu’il participait en bande à des expéditions punitives.

Selon des sources proches d’anciens hauts officiels libyens, c’est Gérard Longuet qui voulait coûte que coûte l’exécution du colonel Gaddafi en Libye. Cette thèse nous a été corroborée par une source diplomatique du Qatar. Et de fait, l’assassinat de Gaddafi par des membres armés passablement arabophones non identifiés infiltrés au sein des rebelles a été reçu par une célébration bruyante par Longuet et son entourage. Ce qui a étonné les militaires français professionnels, peu habitués à ce genre de manifestation au ministère de la défense.

Cependant, l’obsession de Longuet demeure l’Algérie. Le choix de la date du début des frappes aériennes occidentales sur la Libye, le 19 mars 2011, est loin de relever du hasard mais a été choisie par Longuet et Sarkozy pour sa valeur symbolique: celle du 19 mars 1962 où date du cessez-le-feu de la guerre d’Algérie. Les américains, qui ont géré la guerre en Libye dans sa phase initiale en supprimant les défenses antiaériennes de la Libye n’ont su qu’un peu tard le choix des français et en ont été moins surpris que par l’amateurisme de l’équipe Sarkozy.

En Côte d’Ivoire, tous ceux qui ont eu à approché Longuet ont été désagréablement surpris par ces inteminables commentaires racistes et son mépris absolu de l’ensemble des protagonistes.

Au cours des opérations françaises contre la Libye, Longuet n’a cessé d’avoir des lapsus répétitifs en substituant à chaque fois Algérie à la Libye selon une source de la Défense. Pour Longuet, les chars libyens ciblés par les « Rafale » de l’armée de l’air auraient pu être algériens et il ne faisait pas l’ombre d’un doute que le conflit libyen constituait aussi bien pour Longuet que pour Sarkozy une sorte de catharsis de la mémoire de la guerre d’Algérie. Longuet est allé plus loin: lors de briefings, il a répété plus de 34 fois que frapper la Libye était un avertissement à l’Algérie. Un analyste militaire français m’a même confié que pour l’ancien ministre de la défense qu’il juge par ailleurs incompétent, la guerre de Libye lui paraissait un peu comme une répétition générale pour un éventuel conflit visant l’Algérie…

Cette obsession algérienne de Longuet a fini par lui être fatale: à l’issue d’un débat public diffusé le 30 octobre 2012 sur la chaîne parlementaire française « Sénat », à laquelle il était invité, Gérard Longuet s’est laissé aller à exhiber un bras d’honneur impulsif en réponse à une demande algérienne de reconnaissance des crimes coloniaux français en Algérie. C’est petit. Mais c’est la caractéristique de tous les membres de l’équipe Sarkozy. L’expérience a démontré qu’un chef médiocre ne peut être qu’entouré par des médiocres pour lesquels la bassesse et la cupidité étaient les seules vertus possibles.

Hassan Scolli

Gérard Longuet, the former French defence minister under Sarkozy, wanted the assassination of Colonel Gaddafi of Libya. A former right-wing extremist, Longuet is a thug as shown in this picture.

Opinion: Algérie, les derniers survivants

Le texte qui suit est une contribution que nous avons reçu d’Algérie et se rapporte à des aspects de l’histoire contemporaine de ce pays. C’est une opinion qui n’engage que son auteur. 

Les statistiques relatives à la guerre d’Algérie sont sujettes à caution tant ce conflit particulièrement meurtrier a exacerbé à leur paroxysme les passions humaines, frôlant parfois le nihilisme. Au martyrologue officiel instauré par les autorités algériennes dès l’indépendance répondit une amnésie totale du côté français. De toute évidence et nonobstant les chiffres avancés ici et là, le bilan humain de la guerre d’Algérie est bien plus que désastreux et c’est le moins que l’on puisse dire. Une répression aveugle (10% de la population totale du pays a péri dans cette guerre), un basculement et un exode et cela en pleine mer Méditerranée.

Si le nombre des soldats français, majoritairement issu du contingent, ayant servi en Algérie est connu (Entre 1952 et 1962 ce sont 1 343 000 appelés ou rappelés et 407 000 militaires d’active, soit 1 750 000 militaires qui participeront « au maintien de l’ordre en Afrique du Nord »), celui des combattants indépendantistes est encore sujet à des conjectures. Hormis les effectifs de l’armée dite des frontières, c’est à dire les unités de l’armée de libération nationale installées dans des bases en Tunisie et au Maroc, on ne connaît pas le nombre des combattants de l’intérieur. D’autant plus que ces derniers, rudement pourchassés par l’armée française et ses forces supplétives locales, furent pris à partie après le cessez-le-feu par les combattants de l’extérieur.

Cinquante ans après, la question mérite d’être posée : combien de combattants Algériens de la guerre d’indépendance, appelés Moudjahidines, sont encore en vie ? D’après une source universitaire algérienne qui a souhaité garder l’anonymat, moins de 2000 anciens combattants ayant pris part d’une manière effective à la guerre seraient encore en vie. D’autres experts consultés ont refusé de commenter ce sujet à l’évidence sensible dans un pays qui a octroyé le statut d’ « ancien Moudjahid » aux combattants de l’extérieur même s’ils n’ont jamais pris part aux combats mais également à des sympathisants, des blessés par inadvertance, à des anciens déserteurs de l’armée française, des témoins de tueries, des anciens condamnés à mort, des personnes recherchées, des exilés  et des collecteurs de fond.

On estime généralement entre 35 000 et 55 000 le nombre de combattants de l’armée des frontières dont les bases étaient disséminées entre la Tunisie occidentale (Ghardimaou, le Kef) et le Maroc oriental. Des sources anglo-saxonnes estiment quant à elles le nombre des combattants de l’intérieur entre 15000 et 25000 au maximum même si les statistiques du deuxième bureau français parlent de plus de 131 000 combattants rebelles éliminés. Cette divergence statistique pourrait s’expliquer du côté français par des impératifs de rendement et de prestige. En réalité, plus de 70% des victimes de l’armée française en Algérie étaient de simples civils, systématiquement assimilés à des « Fellagas », dénomination coloniale des combattants indépendantistes. Ce non discernement et une répression aveugle menés par des généraux en manque de gloire militaire après la défaite humiliante de Dien Bien Phu en Indochine ont été aggravés par les orientations idéologiques d’une partie non négligeable des officiers français de l’état-major pour lesquels la guerre d’Algérie était certes une guerre de guérilla mais abordée sous l’angle clausewitzien de la guerre d’anéantissement. Cette dérive militariste entraina peu à peu une désaffection de la majorité musulmane dite neutre qui assistait médusée aux agissements de l’armée française dans ce qui était alors trois départements français. L’armée avait carte blanche au point où elle attenta ouvertement aux fondements mêmes de la République. Cette césure accéléra le basculement de l’opinion au profit des thèses indépendantistes.

Mais il existe un autre sujet tabou. Les harkis. Les combattants supplétifs locaux de l’armée française au cours de la guerre d’Algérie. Crée en 1956, cette force en arriva à compter jusqu’à 256 000 hommes, issus des milieux ruraux les plus défavorisés. Après le cessez-le-feu du 19 mars 1962,  une partie non négligeable d’entre eux tournèrent casaque et rejoignirent le FLN ou front de libération nationale. Entre 20000 et 50000 d’entre eux s’exilèrent en France où ils furent très mal accueillis et parqués dans des sortes de réserves.  Le reste, c’est à dire pas moins de 120 000 , demeura en Algérie. Certains se fondèrent au milieu de la population, d’autres subirent des règlements de comptes tandis que d’autres réussiront à se forger un passé de Moudjahid et gravir l’échelle sociale de l’Algérie post-1962.

Ce que l’on appelle le massacre des Harkis n’eut probablement pas lieu. Bien que des tueries se sont produites entre tribus rivales sur fond de vendettas comme c’est souvent le cas en pays méditerranéen. Par contre, il y eut un autre conflit opposant l’armée des frontières dont la marche sur l’Algérie a commencé dès le lendemain de l’indépendance et les derniers survivants des maquis de l’intérieur. Le conflit entre le parti des forces socialistes du leader historique Hocine Aït Ahmed et Ben Bella s’inscrit dans cette logique même si les causes politiques sous-jacentes à ce fait puisent leur origine dans une dérive autoritaire contraire à l’esprit de la révolution algérienne. Du coup, certains combattants de l’intérieur ayant pris une part active aux combats n’ont jamais été reconnus comme tels par les autorités et beaucoup sont morts dans l’oubli et le dénuement.

D’où vient alors cette multiplication du nombre de vétérans depuis des années au mépris des règles de la logique ? La réponse est simple. Confronté à un péril réel durant les années 90, l’Etat algérien a renforcé ses assises sociopolitiques en prébendant ce que certains appellent « la famille révolutionnaire » dont les composantes sont les anciens vétérans, les veuves et les enfants des martyrs et les ayant droits. Cependant, seuls les vétérans en vie ont droit à tous les avantages. C’est un réflexe de survie à une époque difficile que beaucoup ont exploité pour se créer une rente pérenne et un fond de commerce. Pendant ce temps, les derniers survivants de la guerre d’indépendance meurent dans l’indifférence et l’oubli.

Hassan Scolli 

Hassan Turkmani, l’un meilleurs généraux du monde arabe

Il y a certains faits qui passent sous silence. Le général syrien Hassan Turkmani, assassiné le 18 juillet 2012 dans un attentat à l’explosif visant un des complexes de la Sécurité nationale syrienne, est l’un des meilleurs stratèges du monde arabe et devance de très loin le général Tlass, son prédécesseur à la tête du ministère syrien de la défense.

Théoricien militaire, artisan de la construction de l’armée syrienne et l’un des principaux planificateurs de la doctrine militaire syrienne, le général Hassan Turkmani (1935-2012) est également l’un des principaux artisans du rapprochement stratégiques avec l’Iran et la République démocratique de Corée (Corée du nord).

Le général Turkmani, l’un des stratèges méconnus de l’armée syrienne, assassiné le 18 juillet 2012. C’est l’un des artisans de la doctrine militaire syrienne;

Il est également l’auteur de nombreux ouvrages sur la stratégie militaire (« l’art de la guerre », « les théories des Armées », « Une stratégie pour le Golan », etc.) et est sûrement derrière la bonne organisation générale des unités de l’Armée syrienne.

Officier d’artillerie à l’origine, Turkmani participe à la quatrième guerre israélo-arabe d’octobre 1973 dans sa partie la plus acharnée, autour du Golan. Il écrira plus tard sa déception du comportement de l’armée égyptienne, laquelle selon lui ne se battait pas pour gagner la guerre mais pour pouvoir négocier, alors que l’armée syrienne se battait avec un acharnement total en vue d’une victoire stratégique. D’ailleurs, le front syrien, passé sous silence, a été le théâtre le plus violent de cette guerre « inachevée » car jusqu’à aujourd’hui, la Syrie est techniquement en guerre avec Israël.

Longtemps dans l’ombre du très médiocre Mustapha Tlass, plus connu pour ses aventures avec la gente féminine et un goût immodéré du luxe que pour ses compétences militaires, le général Turkmani, nommé général en 1978 fut nommé Chef d’état-major de l’armée syrienne en 2002, à un moment crucial de l’histoire de la Syrie, qui assistait à la destruction du noyau d’Etat palestinien à Ramallah sous les chenilles des chars Merkava de l’armée israélienne. Il devint ministre de la défense en 2004 à la place de Mustapha Tlass, imprimant ainsi un changement radical dans les doctrines et les moyens d’action de l’armée. Sa venue à la tête de la défense mis fin à la corruption érigée par  son prédécesseur et la mise à niveau de l’armée connut sa première épreuve de feu lors de la guerre du Liban de 2006 dans laquelle la Syrie joua un rôle de premier plan dans l’approvisionnement en arme et la mise en oeuvre des tactiques de combat du hezbollah libanais. Il est l’un des hommes-clé de l’alliance stratégique avec la République islamique d’Iran.

En 2009, Turkmani quitte le ministère de la défense après avoir réussi à nouer des relations assez denses avec la très recluse Armée nord-coréenne. Il devient le conseiller du vice-président Farouk Charee avant d’être nommé chef de la cellule de crise chargée de faire face à la guerre de basse intensité menée contre la Syrie par les Etats-Unis d’Amérique et Israël via leurs alliés régionaux. Il meurt en pleine salle de réunion le 18 juillet 2012.

L’armée syrienne lui doit beaucoup et notamment, l’amélioration notable de l’équipement individuel des soldats d’infanterie, les nouvelles tactiques de contre-guérilla urbaine pratiquées par les forces spéciales, la défense aérienne, les tactiques asymétrique de l’artillerie de campagne telles qu’elles ont été utilisées par le Hezbollah lors de son bras de fer avec Israël en 2006, la primauté au renseignement aérien et la création d’une force balistique évaluée à près de 400 missiles.

intellectuel effacé, Turkmani était un partisan de la Grande Syrie revendiquant un irrédentisme incluant outre le Golan sous occupation israélienne, la province d’Antalya, sous occupation turque. Peu de temps avant sa mort, il prédit que si le président américain Obama mène des guerres caché  derrière un rideau, son rival pour les prochaines présidentielles Mitt Romney pourrait bien déclencher l’holocauste thermonucléaire sans états d’âme .

Homme de l’ombre, le général Hassan Turkmani a totalisé 55 ans de vie active et a probablement sauvé l’armée syrienne d’une désintégration souhaitée des ennemis de la Syrie. Il était incontestablement l’un des meilleurs sinon le meilleur stratège du monde dit arabe.

A propos de la capitulation allemande en 1945… Le 7. 8 OU 9 MAI ?

Durant les derniers mois de la guerre en Europe, les alliés occidentaux furent obnubilés par la possibilité d’un armistice séparé avec l’Allemagne. Un tel « renversement des alliances », c’est-à-dire une collaboration militaire entre les Américano-Britanniques et les Allemands, ouvrait la perspective de chasser l’Armée Rouge de l’Allemagne et de l’Europe de l’Est, et laissait même entrevoir la possibilité de détruire l’État soviétique, véritable épine dans le pied du monde capitaliste depuis 1917. Que ce soit avec les nazis que Washington et Londres puissent conclure un marché était impensable. D’autre part, le service secret américain, l’OSS (Office for Strategic Services, le prédécesseur de la CIA), avait depuis quelques temps déjà songé à la possibilité d’une prise de pouvoir à Berlin par des non-nazis, c’est-à-dire des personnalités considérées comme des partenaires acceptables par les alliés occidentaux. Cela pouvait survenir par le biais d’un coup d’état, peut-être organisé par des généraux de laWehrmacht. Avec de tels interlocuteurs prétendument « respectables », les Américains pouvaient espérer parler de sujets fort intéressants, tels une capitulation allemande – du moins sur le front Ouest – , l’occupation rapide de territoires allemands par les alliés occidentaux après cette capitulation, la possibilité que la Wehrmacht continue à se battre sur le front Est, et, finalement, peut-être, une entreprise commune contre les Soviétiques.

La Une du journal belge « La Libre Belgique » du mardi 08 mai 1945

La politique de l’OSS était fortement influencée par un groupe d’hommes d’affaires, d’avocats (dont John Foster Dulles, le futur secrétaire d’État) et de politiciens américains, déjà connus pour leur attitude anti-bolchevique et pro-fasciste bien avant le déclenchement de la guerre. Au cours de celle-ci, ils continuèrent à entretenir des contacts étroits, via des pays neutres, avec des Allemands « respectables». L’OSS avait établi le contact avec des militaires et des personnalités politiques allemands qui constituaient ce qui entra dans l’histoire sous l’appellation d’« opposition» anti-nazie, même si la majorité de ces hommes avait soutenu Hitler avec beaucoup d’enthousiasme au moment de ses triomphes. Les membres de ce groupe hétérogène avaient été nommés les « casseurs » (breakers) par Allen Dulles, l’agent de l’OSS en Suisse. Allen Dulles était le frère de John Foster Dulles et avait été son partenaire au sein du cabinet d’avocats new-yorkais Sullivan & Cromwell dans les années trente. Pendant la guerre, il abandonna soudainement cet emploi fort lucratif pour s’installer en Suisse comme agent de l’OSS. Dans ce pays neutre, il développa soigneusement ses contacts allemands, y compris parmi des hommes d’affaires qui avaient été des clients importants de Sullivan & Cromwell. (Après la guerre, Allen Dulles poursuivra sa carrière d’espion et deviendra même chef de la CIA.)

Un certain nombre des « casseurs » avait cultivé de grands espoirs dans leur propre version de l’« option allemande » américaine. Leur scénario prévoyait le remplacement du régime nazi par une junte militaire, suivi par la conclusion d’un accord anti-soviétique avec les alliés occidentaux. Ils espéraient ainsi mettre à l’abri, au profit de l’Allemagne, la plus grande part possible des gains territoriaux remportés par Hitler en Europe de l’Est. Or, les contacts entre l’OSS et les « casseurs » n’avaient pas encore produit de résultats concrets, et les chances d’un tel accord américano-allemand semblaient quasiment nulles après l’élimination par les nazis de la plupart des dirigeants de l’opposition, suite à l’échec de l’attentat contre Hitler, le 20 juin 1944. Or, après le suicide d’Hitler, le 30 avril 1945, une nouvelle et sans doute dernière chance de trouver des partenaires respectables en Allemagne se présenta aux alliés occidentaux. Des nazis tels le patron des SS, Heinrich Himmler, proposèrent leurs services mais ils n’avaient aucune chance de passer le critère fondamental de respectabilité. D’autre part, les généraux de laWehrmacht jouissaient, à tort ou à raison, d’une réputation d’intégrité auprès des alliés occidentaux. Il s’agissait en général de « Junkers », c’est-à-dire de membres de l’aristocratie traditionnelle prussienne, comme von Rundstedt. Ces « Junkers » pouvaient précisément fournir le genre de partenaires allemands que les alliés occidentaux recherchaient: des hommes apparemment respectables et, en plus, conservateurs, anti-communistes et anti-soviétiques. Avec ce genre d’interlocuteurs, la conclusion d’un armistice séparé et, même, le lancement d’une croisade commune contre l’Armée Rouge étaient possibles. En tout cas, la dénommée « Option Junker » devint soudainement une proposition réaliste pour la politique américaine dans les derniers jours de la guerre en Europe, lorsque le successeur de Hitler se révéla ne pas être un autre nazi fanatique, mais un homme portant l’uniforme et d’apparence respectable: l’amiral Dönitz.

En fin de compte, une alliance entre les Américains et les Britanniques d’une part et les Allemands de l’autre, ne vit jamais le jour. Néanmoins, l’intérêt porté par Washington et Londres pour une telle entreprise ne relevait certainement pas de la seule théorie. En effet, des préparations sur le terrain furent entreprises, « juste au cas où »… Par exemple, nombre d’unités allemandes capturées ne furent pas désarmées mais furent secrètement tenues prêtes pour un possible emploi contre l’Armée Rouge. Churchill donna un ordre à cet effet au maréchal Montgomery durant les derniers jours de la guerre, comme il le reconnaîtra ouvertement en novembre 1954. Des troupes de laWehrmacht qui s’étaient rendues dans le nord-ouest de l’Allemagne et en Norvège pouvaient garder leur uniforme et même leurs armes, et restaient sous le commandement de leurs propres officiers, car churchill songeait à la possibilité de les utiliser contre les Soviétiques. Des généraux allemands faits prisonniers, tel Kesselring en Italie, reçurent la permission des Américains de rester à la tête de leurs troupes et de se déplacer librement parmi leurs soldats. Un même traitement fut réservé au successeur de Hitler dans le secteur britannique. L’amiral Dönitz avait déclaré dans une allocution radiodiffusée à l’occasion de son entrée en fonction, qu’à l’avenir, l’Allemagne voulait se battre uniquement « contre le bolchevisme». Il se considérait clairement comme un partenaire allemand potentiel des alliés occidentaux contre les Soviétiques. Les Britanniques – avec leur penchant pour les hommes de la Marine – pensaient probablement reconnaître en l’amiral Dönitz le genre de dirigeant allemand respectable avec lequel des arrangements anti-soviétiques pouvaient être envisagés. En tout cas, le successeur de Hitler et ses collègues furent dans un premier temps traités avec des gants blancs par les Britanniques. Dönitz et ses acolytes ne furent mis aux arrêts que le 23 mai 1945, deux semaines après la capitulation allemande.

La croisade américano-allemande envisagée contre l’URSS soulevait tout de même un problème épineux : il est extrêmement douteux qu’à cette époque, l’opinion publique américaine et celle des pays libérés en Europe aient toléré une telle entreprise anti-soviétique avec les Allemands. Au printemps 1945, l’allié soviétique jouissait de beaucoup de prestige parmi le peuple américain et parmi les soldats américains stationnés en Europe et ailleurs. Un sondage mené par Gallup en mars 1945 révélait ainsi que 55% des Américains voulaient que leur pays conserve l’URSS comme allié après la guerre. En ce qui concerne les soldats américains, y compris les GI’s en Europe qui auraient dû être utilisés dans une croisade contre les Soviétiques, ils éprouvaient, presque sans exception, un mélange de sympathie, d’admiration et de respect pour leurs camarades de l’Armée Rouge. À la fin de la guerre, les GI’s feront clairement savoir par le biais de pétitions et de manifestations – par exemple à Manille, Honolulu, Séoul, Londres, Francfort, Paris, et Reims – qu’ils n’étaient pas prêts à se laisser embarquer dans une guerre anti-soviétique ou n’importe quelle autre aventure militaire en Europe ou ailleurs. Dans ces conditions, une croisade anti-soviétique conjointe avec les nazis, ou avec quiconque leur succéderait à Berlin, se révéla être un rêve non concrétisable au printemps 1945, quels que fussent les attraits d’une telle aventure aux yeux de certains dirigeants américains et britanniques.

Les alliés occidentaux se révélaient fascinés par les propositions d’une capitulation allemande uniquement sur le front Ouest. Ces propositions furent sans cesse renouvelées par les Allemands à la condition que la Wehrmachtfût autorisée à poursuivre les combats sur le front Est contre les Soviétiques, lesquels avançaient désormais rapidement vers l’Ouest. Une telle capitulation aurait clairement violé les accords interalliés, mais ses avantages potentiels étaient particulièrement attractifs pour les leaders américains et britanniques. Cette capitulation aurait, par exemple, permis que davantage d’unités de la Wehrmacht soient capturées par les Américains et les Britanniques plutôt que par les Soviétiques, et soient dès lors disponibles pour une croisade contre l’Armée Rouge. Un tel scénario représentait un espoir, non seulement pour Dönitz et d’autres commandants allemands, mais également pour un grand nombre d’officiers haut gradés dans les rangs des alliés occidentaux, qui rêvaient tout haut d’une poussée vers Moscou, coudes à coudes avec la Wehrmacht. Le général Patton, par exemple, qui dans une conversation téléphonique avec le général Joseph T. McNarney, adjoint de Eisenhower, aurait fait cette déclaration :

« Nous aurons à nous battre contre eux [les Soviétiques] tôt ou tard… Pourquoi ne pas le faire maintenant, alors que notre armée est encore intacte ? On botterait l’arrière-train de ces sales Russes et on les renverrait en Russie dans les trois mois ! Nous pouvons le faire facilement avec l’aide des troupes allemandes que nous avons à notre disposition, il suffit de les armer et de les emmener avec nous. Ils haïssent ces salauds. En dix jours, je peux mettre en scène assez d’incidents pour causer une guerre contre ces fils de p… De plus, cela aura l’air d’être de leur faute, nous paraîtrions avoir entièrement raison de les attaquer…»

Patton n’était pas le seul Américain haut gradé qui voyait les choses de cette manière. Les historiens américains Russel D. Buhite et William Christopher Hamel ont écrit que beaucoup d’autres dirigeants militaires et politiques « avaient commencé à penser à une guerre préventive [contre l’URSS] en 1945 ».

Du point de vue des alliés occidentaux, l’offre allemande d’une capitulation sur le front Ouest était terriblement tentante, même si une croisade anti-soviétique ne se produisait pas. Tandis que les Soviétiques devraient continuer à se battre pour éliminer les dernières poches de résistance de la Wehrmacht ou de la Waffen-SS, les Américains et les Britanniques pourraient déjà commencer à se remettre de leurs efforts. Plus les Soviétiques sortiraient affaiblis des hostilités, mieux Washington et Londres se porteraient. Même si Moscou restait un allié, on préférait un allié faible à un allié fort, car il serait plus facile d’arracher à un faible des concessions au cours des négociations à venir sur des questions délicates telles que la modification des frontières nationales, le problème polonais, les réparations allemandes, et ainsi de suite.

Une capitulation allemande complète ne pouvait être acceptée par les Américains et les Britanniques sans la présence du partenaire soviétique, car elle eut constitué une violation trop flagrante des accords interalliés. Mais rien n’empêchait les Américains ou les Britanniques d’accepter des capitulations « locales » ou « partielles ». Les Américains n’attendirent pas les derniers jours de la guerre pour entreprendre des pourparlers avec les Allemands concernant ce genre de capitulations locales. Déjà en mars 1945, par exemple, des négociations eurent lieu à Berne, en Suisse neutre, entre l’agent local des services secrets américains, Allen Dulles, et le général SS Karl Wolff, un criminel de guerre notoire. Ces négociations, autorisées par Washington et connues sous le nom de code d’opération « Lever de Soleil », concernaient une éventuelle capitulation allemande sur le front italien. Les Américains y cherchaient un double avantage qu’ils souhaitaient, de manière fort compréhensible, garder secret vis-à-vis des Soviétiques, et pour lesquels Wolff escomptait, en échange, l’immunité pour ses crimes de guerre. Le double objectif poursuivi par les Américains était, en tout premier lieu, d’organiser la capitulation allemande dans le nord de l’Italie de telle manière qu’elle rende possible l’élimination militaire et politique des partisans communistes avec l’aide des Allemands ; en second lieu, s’assurer qu’une telle capitulation allemande puisse permettre aux armées américano-britanniques d’avancer rapidement dans la direction du nord-est de manière à stopper le progrès des partisans communistes de Tito aux alentours des frontières italiennes (et autrichiennes) de la Yougoslavie.

Les Soviétiques furent finalement informés des négociations de Berne, mais leur demande de participation à ces négociations fut rejetée. Un Staline méfiant protesta avec véhémence, et Roosevelt ne voulut pas risquer une confrontation avec Moscou sur cette question. L’opération « Lever de Soleil » fut avortée. Le résultat des négociations de Berne fut que les relations entre les alliés occidentaux et leur partenaire soviétique s’en retrouvaient profondément perturbées. Par la suite, les Soviétiques seront particulièrement soupçonneux chaque fois que la question de capitulations locales sera soulevée. Les Américains et les Britanniques se révéleront néanmoins incapables de résister à la tentation de répondre à de telles offres allemandes, et cela dans le dos de leur allié soviétique. Et, plus la fin approchera pour les Allemands, plus les offres de capitulation locales arriveront aux quartiers généraux des Américains et des Britanniques.

Durant les premiers jours de mai 1945, un commandant américain accepta ainsi une capitulation locale des Allemands sur les rives de l’Elbe. Comme résultat, le gros de la 12e Armée du général Wenck, qui avait jusque-là combattu les Soviétiques, put se glisser derrière les lignes américaines. Cette indulgence américaine procura beaucoup de soulagement à leurs ennemis allemands, qui purent ainsi échapper par milliers à la captivité en Union soviétique, mais elle créa des problèmes pour l’allié soviétique, qui dut affronter la résistance déterminée de l’arrière-garde du général Wenck pendant trois journées supplémentaires. La capitulation, ou plutôt le sauvetage, de l’armée de Wenck n’était pas un incident isolé. Selon le général allemand Kurt von Tippelskirch, « des armées allemandes entières eurent ainsi l’opportunité de se glisser au dernier moment derrière les lignes américaines » durant les derniers jours de la guerre. Selon certains rapports, cela concerna des centaines de milliers de soldats allemands, soit approximativement la moitié de toutes les troupes de la Wehrmacht se battant sur le front Est.

Les questions qui furent discutées lors des négociations plus ou moins secrètes entre les Allemands et les Américano-Britanniques concernaient des sujets tels que les capitulations locales; les manières d’éviter aux unités de la Wehrmacht de tomber prisonnières des Soviétiques; les perspectives d’une entreprise commune contre les Soviétiques; les stratégies pour éliminer (comme par exemple en Italie) des groupes de résistants radicaux et donc indésirables, avant même l’arrivée sur le terrain des libérateurs britanniques et américains; etc. De tels contacts violaient clairement l’esprit des accords interalliés, signés lors de la Conférence de Casablanca et qui interdisaient une négociation séparée avec les Allemands. Or, une reddition allemande sans conditions, aux États-Unis, à la Grande-Bretagne et à l’Union soviétique, devait

finalement être conclue quelque part. Pour des raisons de prestige, les alliés occidentaux préféraient qu’elle ait lieu sur le front Ouest. Les contacts anglo-américains avec les Allemands étaient donc importants, non seulement dans la perspective d’éventuelles redditions locales, mais aussi dans la perspective d’une capitulation générale et sans doute inconditionnelle future ; certains détails importants de celle-ci, comme le lieu de la cérémonie, pourraient ainsi être déterminés à l’avance, en l’absence des Soviétiques.

La  « Grande Guerre », celle de 1914-1918, s’était terminée par un armistice clair et catégorique: une capitulation allemande sans conditions. Elle entra en vigueur à la onzième heure du onzième jour du onzième mois de 1918. La Deuxième Guerre mondiale, par contre, mettait beaucoup de temps pour se terminer, du moins en Europe, et sa fin était empreinte d’intrigues et de confusion, ce qui explique qu’aujourd’hui encore, le moment et l’endroit précis de la reddition allemande sont sujets à discussion. La Deuxième Guerre mondiale se termina, sur le théâtre européen, par une longue série de redditions allemandes, on pourrait même dire par une véritable orgie de redditions.

En Grande-Bretagne, beaucoup de gens croient fermement, aujourd’hui encore, que la guerre contre l’Allemagne se termina par la capitulation allemande dans le quartier général du maréchal Montgomery, quelque part dans la lande de Lunebourg au nord de l’Allemagne. Or, cette cérémonie eut lieu le 4 mai 1945, donc 5 jours avant le cessez-le-feu général en Europe, et la capitulation qui en résulta concernait seulement les troupes allemandes qui avaient jusque là combattu le 21e groupe d’armées britanniques, commandé par Montgomery, dans le nord-ouest de l’Allemagne. Le lendemain, 5 mai 1945, les troupes allemandes aux Pays-Bays se rendirent au poste de commandement de l’armée canadienne dans la petite ville de Wageningen. C’est pour cette raison que les Hollandais fêtent la fin de la guerre le 5 mai. Aux États-Unis, de même qu’en Europe de l’Ouest, Lunebourg est considéré, avec raison, comme une capitulation strictement locale, même si elle est reconnue comme une sorte de prélude à la capitulation définitive dont on croit qu’elle eut lieu le 7 mai 1945, tôt au matin, à Reims, au quartier général du général Eisenhower, commandant suprême des forces alliées sur le front Ouest. Comme cet armistice ne prenait ses effets que le lendemain 8 mai, les cérémonies de commémoration aux États-Unis et en Europe de l’Ouest ont toujours lieu le 8 mai.

Or, même la capitulation de Reims ne constituait pas la capitulation finale. Avec la permission du successeur de Hitler, l’amiral Dönitz, des émissaires allemands étaient venus frapper à la porte d’Eisenhower en vue d’essayer, une fois de plus, de conclure un armistice séparé avec les alliés occidentaux ou, si cela n’était pas possible, de tenter de sauver encore davantage d’unités de la Wehrmacht des griffes des Soviétiques, par le biais de redditions « locales » sur le front Ouest. Personnellement, Eisenhower n’était plus disposé à consentir de nouvelles redditions locales, et encore moins à accepter une capitulation allemande négociée avec les seuls alliés occidentaux. Mais il reconnaissait les avantages potentiels à ce que, d’une manière ou d’une autre, l’essentiel de la Wehrmacht tombe sous le contrôle des Anglo-Américains plutôt que sous celui des Soviétiques. Pour Eisenhower, il s’agissait là également d’une chance unique pour pousser les Allemands désespérés à signer dans son propre quartier général un document de capitulation générale et inconditionnelle qui serait en conformité avec les accords interalliés. De tels détails pouvaient évidemment contribuer à accroître le prestige des États-Unis.

Dès lors, un scénario byzantin fut mis en place à Reims. Premièrement, un obscur officier de liaison soviétique, le major-général Ivan Sousloparov, fut mandé de Paris pour sauver les apparences de l’indispensable collégialité interalliée. Deuxièmement, alors qu’il fut clairement signifié aux Allemands qu’il n’était pas question d’une capitulation séparée sur le front Ouest, une concession leur fut accordée : les conditions de l’armistice ne seraient appliquées qu’après un délai de 45 heures. Ce délai permit à un grand nombre d’unités allemandes une toute dernière

possibilité de se rendre aux Américains ou aux Britanniques. Les commandants américains locaux acceptèrent dès lors la reddition de troupes allemandes fuyant de l’Est jusqu’à la prise d’effet de la capitulation allemande. On peut donc estimer que l’accord conclu dans la ville champenoise ne constituait pas à proprement parler une capitulation inconditionnelle.

Le document signé à Reims offrait aux Américains le prestige lié au fait que la capitulation générale allemande ait lieu sur le front Ouest, au quartier général d’Eisenhower. Les Allemands, pour leur part, obtenaient un « report de l’exécution » de près de deux jours, ce qui permit à un nombre incalculable de soldats allemands de se ruer vers l’Ouest et de gagner les lignes anglo-américaines, plus hospitalières que celles de l’Armée Rouge. Le texte de la capitulation de Reims ne correspondait donc pas entièrement au scénario de capitulation générale des Allemands, sur lequel tous les alliés –Américains, Britanniques ainsi que Soviétiques – s’étaient auparavant mis d’accord. Des doutes sérieux étaient aussi émis quant à la qualification de Sousloparov à co-signer le document. De plus, il est compréhensible que les Soviétiques aient été mécontents du fait que les Allemands puissent continuer à se battre contre l’Armée Rouge pendant quasi deux jours supplémentaires, alors que, sur le front Ouest, les hostilités avaient pratiquement cessé. Cela créait l’impression que ce qui avait été signé à Reims était en fait une capitulation allemande limitée au front Ouest, donc une démarche qui constituait une flagrante violation des accords interalliés.

Afin de désamorcer une situation potentiellement explosive, il fut décidé d’organiser une ultime cérémonie de capitulation. La capitulation allemande signée à Reims se révélera rétroactivement comme étant une sorte de prélude à la capitulation finale, une sorte de reddition purement administrative, même si les Américains et les Européens de l’Ouest continuent à la commémorer comme la véritable fin de la guerre en Europe.

Ce fut à Berlin, au quartier général du Maréchal Joukov, que la capitulation allemande générale et finale fut signée le 8 mai 1945, avec effets le 9 mai, ou – autrement dit– que la capitulation provisoire de Reims fut ratifiée par tous les alliés. Pour l’Allemagne, les signataires, agissant au nom de l’amiral Dönitz, étaient les généraux Keitel, von Friedeburg (déjà présent à Reims) et Stumpf. Puisque Joukov occupait un rang moins élevé dans la hiérarchie militaire qu’Eisenhower, ce dernier disposa d’une parfaite excuse pour ne pas assister à la cérémonie. Il y envoya son adjoint britannique, le maréchal Tedder, ce qui, bien sûr, enleva quelques lustres à la cérémonie de Berlin.

Pour les Soviétiques et la majorité des Européens de l’Est, la Deuxième Guerre mondiale se termina en Europe avec la cérémonie de Berlin du 8 mai 1945, qui entraîna le dépôt des armes le 9 mai. Pour les Américains et pour la plupart des Européens de l’Ouest, la cérémonie essentielle fut, et reste, la capitulation de Reims, signée le 7 mai et rendue effective le 8 mai. Alors que les premiers commémorent la fin de la guerre le 9 mai, les derniers le font le 8 mai. Que ce qui représente l’un des plus grands drames de l’histoire mondiale se soit terminé en Europe de manière aussi confuse et indigne résulta, comme l’écrit l’historien américain Gabriel Kolko, de la manière dont Américains et Britanniques cherchèrent à exploiter la capitulation inévitable des Allemands à leur profit et au détriment des Soviétiques.

Jacques R. Pauwels 

Site internet: www.jacquespauwels.net

Consulter directement la source de l’article: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=30724

 

Ben Bella: l’hommage de L’Olympique de Marseille

Le décès, le 11 avril 2012, d’Ahmed Ben Bella, premier président de l’Algérie pot-coloniale de 1962 à 1965, à l’âge de 96 ans a suscité un hommage particulier sur le site officiel de l’Olympique de Marseille, son ancienne équipe dans laquelle il joua en tant qu’attaquant réserviste en 1939 et 1940. Sous le titre « Un président buteur s’est éteint… », L’OM rappelle qu’Ahmed Ben Bella à non seulement contribué à la large victoire de l’OM contre FC Antibes le 29 avril 1940 par le score sans appel de 9 buts à 1 mais qu’il est l’un des buteurs de la rencontre.

En Algérie, le gouvernement a décrété un deuil national de huit jours dès l’annonce du décès du membre du Comité des Sages africains qui a eu  droit à des funérailles solennelles. Ce qu’Alger n’ a pas connu depuis longtemps.

Sur son site officiel, l’OM écrit:

Ahmed Ben Bella, qui fut le premier président de l’Algérie indépendante, est décédé le 11 avril, il avait 96 ans. Né le 25 décembre 1916 à Marnia, en Oranie, au sein d’une famille de commerçants, Ahmed BEN BELLA (de son vrai nom Messaoud MEZZANI) a joué une saison sous le maillot olympien (1939/40), mais il ne disputa qu’une seule rencontre, en Coupe de France à Cannes contre le FC Antibes (9-1), le 29 avril 1940. Un match durant lequel cet attaquant réserviste trouva le chemin des filets à une reprise.
Après avoir participé aux campagnes italienne et française et suite aux événements de Setif en mai 1945, Ben Bella rejoint le Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques puis entre dans l’Etat-Major de son organisation paramilitaire clandestine OS (Organisation Spéciale).
Arrêté en 1950, il s’évade en mars 1952 et vit clandestinement en France et en Egypte où il prépare le soulèvement du 1er novembre 1954. Chef historique du FLN, Ben Bella est à nouveau intercepté en 1956. Libéré avec les accords d’Evian (18 mars 1962), il préside le gouvernement avant d’être élu président de la République algérienne le 15 septembre 1963. Renversé par le colonel Boumedienne en juin 1965 et séjourne en prison jusqu’en 1979. Exilé en Europe, il rentre en Algérie en 1990 où il restera jusqu’à la fin. 

Consulter  directement la source : http://www.om.net

Sondage: Quel est d’après vous le meilleur président de l’Algérie entre 1961 à 2012?