Conflit au Moyen-Orient: L’assassinat d’un commandant militaire du Hezbollah risque de plonger la région dans une guerre sans limites

L'assassinat par Israël à Beyrouth du commandant Hassan Hulu Alakiss, spécialiste de la guerre asymétrique et des technologies militaires alternatives au sein du Hezbollah libanais risque d'avoir de terribles conséquences dans les semaines à venir.
L’assassinat par Israël à Beyrouth du commandant Hassan Hulu Alakiss, spécialiste de la guerre asymétrique et des technologies militaires alternatives au sein du Hezbollah libanais risque d’avoir de terribles conséquences dans les semaines à venir.

Une journée après un entretien télévisé du Chef charismatique du Hezbollah libanais, Sayyed Hassan Nasrallah où il a accusé l’Arabie Saoudite d’être derrière le groupe terroriste Abdallah Azzam, affilié à Al-Qaïda et lequel a mené des attaques à l’explosif contre l’ambassade de la République islamique d’Iran à Beyrouth, un nouvel attentat très sophistiqué a ciblé l’un des commandants militaires du mouvement de la résistance libanaise: Hassan Hulu Alakiss. Ce dernier, un expert de la guerre asymétrique contre Israël et l’un des spécialistes des technologies militaires alternatives à faible cout a été assassiné près de son domicile à Beyrouth.

Immédiatement, le Hezbollah n’est pas allé par quatre chemins pour désigner le coupable. Doté d’un des plus performants services de renseignements au Moyen-Orient, le mouvement libanais a nommément accusé Tel-Aviv et le Mossad d’être derrière cette opération d’assassinat ciblé.

« L’accusation directe est dirigée contre l’ennemi sioniste qui a tenté d’éliminer notre frère martyr à maintes reprises mais ses tentatives avaient échoué jusqu’à hier soir », a déclaré  le Hezbollah dans un communiqué diffusé mercredi. « Cet ennemi doit assumer l’entière responsabilité et les conséquences de ce crime ignoble ».

Ce n’est pas la première fois que les chefs militaires du Hezbollah libanais font l’objet d’assassinats ciblés. En 2008, son chef militaire, Imad Mognia a été assassiné à Damas à l’aide d’une voiture piégée. En ce temps-là, la Syrie était un pays entièrement sécurisé et calme où il n’y avait quasiment pas d’attentat de ce genre. L’attentat terroriste mené par Israël avait réussi grâce à une coopération efficace avec les services secrets turcs exploitant le haut niveau de confiance à sens unique (au détriment de Damas) qu’avait atteint les relations bilatérales syro-turque en cette année.

Comme de coutume, Tel-Aviv menace tout en faisant semblant de démentir toute implication. « Si le Hezbollah se livre à une attaque contre le territoire israélien, notre réplique sera ferme et douloureuse », a prévenu à la radio militaire le vice-ministre de la Défense, Danny Danon. En réalité, les israéliens connaissent assez bien les capacités miltaires et balistiques du Hezbollah et savent que ce dernier a les moyens de faire très mal en cas de conflit ouvert. Cependant, ils savent également que compte tenu de la guerre en Syrie entre l’ensemble des protagonistes au Moyen-Orient, Israël compris, ni le Hezbollah, ni les israéliens n’ont intérêt que la guerre souterraine et sanglante des barbouzes ne se transforme en une guerre régionale ouverte dont personne ne peut connaitre les contours ni surtout les conséquences.

La guerre au Moyen-Orient semble jusqu’ici limitée d’un commun accord tacite de l’ensemble des protagonistes à l’exception de l’Arabie Saoudite. Mais rien ne garantit qu’il en sera ainsi dans les semaines à venir.

Conflit en Syrie: Un général-major de l’armée syrienne blessé au combat à Deir Ezzor

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Selon des indications recueillies, le général-major Issam Zahreddine, l’un des plus populaires des commandants supérieurs au sein de l’armée syrienne a été blessé au combat à Al-Rushdya à Deir Ezzor. Ce général de la garde républicaine syrienne devait conduire l’assaut visant à libérer Andaan près d’Alep (Nord du pays) mais a été muté à la dernière minute à Deir Ezzor où la situation militaire se dégradait. Le général de la garde a été blessé alors qu’il conduisait une opération de recherche-destruction dans l’un des quartiers les plus chauds de Deir Ezzor.

Ailleurs, les forces syriennes soutenues par des unités du Hezbollah libanais ont complètement investi les localités de Deir Attya et Al-Nabak après de durs combats contre les factions rebelles. L’assaut gouvernemental a été mené par les officiers les plus aguerris en matière de tactique militaire.

Battant en retraite, les extrémistes d’Al-Qaïda ont investi l’hôpital Al-Bassel (du nom du frère ainé décédé du Président syrien) de la ville de Deir Attya et ont systématiquement éliminé à la grenade et au fusil d’assaut l’ensemble des blessés et autres malades s’y trouvant, nonobstant leurs appartenance à l’un ou l’autre camp.

Les unités de l’armée syrienne ayant conduit l’assaut à Deir Attya et Al-Nabak étaient secondées par les milices du parti Baath, les comités de la défense populaire et des éléments du Hezbollah libanais.

Le retrait des rebelles de Al-Nabak a été soudain et s’est déroulé d’une manière désorganisée. Ce retrait a encouragé certains citoyens à prendre les armes contre les rebelles en retraite.

D’autres unités ont pénétré dans la localité voisine de Ain Al-Baydhaa. Des renforts rebelles ont été dépêchés en urgence au Qalamoun depuis Arsaal au Liban. Une décison saoudienne hâtive pour tenter de limiter les dégâts.

La rébellion syrienne a accusé l’armée gouvernementale d’avoir perpétré un massacre à Deir Attya. Elle accuse également Damas d’avoir tiré au moins un missile balistique de type SCUD sur la ville de Qaraa. De fait, un missile a visé un centre de commandement rebelle à Qaraa, provoquant d’immenses dégâts matériels et facilitant l’entrée d’unité de la sécurité intérieure et d’autres relevant des renseignements militaires. Ces dernières ont été freinées par la découvertes de pièges et de bombes artisanales improvisées (Improvised explosive devices ou IED) pesant plus de 80 kilogrammes.

Les combats continuent à Alep où les différentes factions rebelles se battent souvent les unes contre les autres ou font face à l’avancée lente mais progressive des troupes syriennes. Au milieu de ce chaos, les combattants kurdes suscitent l’intérêt de l’ensemble des protagonistes à l’exception des extrémistes islamistes pour lesquels tous ceux qui ne sont pas avec eux sont des hérétiques à éliminer. Les kurdes font l’objet d’un traitement de faveur de la part de Damas mais également de l’Arabie Saoudite. Cette dernière tente de récupérer les kurdes pour les rallier au front anti-pouvoir.

Ce qui se passe en Syrie n’est pas exempt d’un certain déterminisme historique. Aux enjeux géopolitiques contemporains et aux rivalités régionales se superposent d’autres clivages fort anciens.

Les défaites des factions rebelles à Damas et leur situation difficile à Alep n’ont pas eu d’effet notable sur le moral des pays soutenant mordicus et contre vents et marées un changement de régime à Damas. Ryad a déjà ordonné une autre contre-offensive tandis qu’Israël vient de rendre public un rapport sur la situation militaire en Syrie dans lequel il souligne que grâce à l’affaiblissement de l’armée syrienne dans cet interminable conflit, l’armée israélienne peut arriver aux portes de Damas en « quelques heures seulement » alors qu’il fallait plus d’une semaine avant la guerre.

Tel-Aviv estime qu’il est dans son intérêt que la guerre perdure en Syrie car plus le temps passe, plus l’armée syrienne s’affaiblit. Pour les israéliens, la seule force militaire organisée en Syrie n’est plus l’armée syrienne mais le Hezbollah libanais. Une analyse que partagent les Saoudiens.

Sur le terrain, l’ordre initial ordonnant à l’ensemble des personnels des forces armées syriennes de garder l’uniforme ou le treillis de combat, le grade et les insignes pour maintenir la cohésion des troupes et la discipline a été l’une des marques distinctives de ce conflit. L’armée syrienne est certes affaiblie mais l’apport de conscrits du contingents et de volontaires au sein des comités de défense populaires et les milices du parti ont permis de pallier à certaines déficiences comme les défections ou les désertions.

« La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens » selon Clauzewitz . Et cette guerre en Syrie  continue pour obtenir des gains politiques à faire valoir autour d’une table à Genève. En attendant, un des plus beaux pays du Levant subit la destruction sur l’autel d’intérêts géostratégiques n’ayant rien à voir avec le bien-être des populations civiles.

Syrie: l’offensive gouvermentale continue…

Alors que des sources au sein des Nations Unies évoquent la date du 22 décembre 2013 22 janvier 2014 pour la tenue de la Conférence de Genève II, l’armée syrienne continuait son offensive dans la région d’Alep malgré des problèmes survenus sur l’axe Homs (centre) et Damas ayant causé la rupture des approvisionnements en hydrocarbures dans la capitale.

Les rebelles ont ciblé de manière systématique les infrastructures énergétiques et les quelques champs d’exploitation d’hydrocarbures que compte la Syrie.

A Deir Attya, les unités de l’armée syrienne ont pénétré le centre-ville à partir de l’ouest. Les factions rebelles ont tenté de repousser l’assaut mais ont laissé 65 combattants sur le carreau. Une douzaine parmi ces tués étaient des combattants somaliens entrés en Syrie à partir de la Jordanie. Parmi ces derniers figurait un certain Abu Nusseiba Al-Brittany (le britannique), un extrémiste britannique.Un autre mercenaire portant la nationalité US a été tué non loin de ce champ de confrontation.

Après avoir établi leur QG provisoire à l’hôpital Al-Bassel, les unités de l’armée syrienne ont tenté d’avancer vers l’est de la ville mais ont fait face à de multiples embuscades. Des renforts du IIIe Corps d’armée en provenance de Qara affluaient vers la localité.

Au Nord du pays, les unités de l’armée syrienne renforcées par les appelés du contingent et les milices de défense populaire ont réalisé une avancée au milieu du secteur industriel après l’échec d’une contre-offensive de Jobhet Ennosra et leurs alliés de l’Etat islamique d’Irak et du Sham (EIIS). Les combats sont acharnés, notamment autour et à l’intérieur de l’usine d’huile végétale  et les commandants de l’armée syrienne n’excluent pas que des « conseillers » militaires de pays de l’Otan soient parmi les rangs des dizaines de mercenaires étrangers combattant au sein des différentes factions de la rébellion.

L’offensive conjointe de l’armée syrienne et du Hezbollah libanais continue au Qalamoun où les combats se concentrent sur la localité de Jarjir. Le Hezbollah a réussi à couper la zone des combats en deux poches distinctes.

A Damas, des informations faisant état de l’entrée de 8000 combattants rebelles à la Ghouta pour tenter de repousser l’assaut des troupes gouvernementales n’ont pas été confirmées pour l’instant. Cependant, vue l’intensité des combats s’y déroulant, il semble que les poches de la rébellion aient reçu des renforts. L’aviation syrienne bombarde de façon continuelle ce faubourg ainsi que Zara près de Homs et les régions côtière de la province de Lattaquié frontalière avec la Turquie.

Un char de bataille T-62 de fabrication russe de l'armée syrienne tirant des obus explosifs de type OF dans la région de Qalamoun où se déroule l'une des batailles les plus cruciales du conflit en cours en Syrie.
Un char de bataille T-62 de fabrication russe de l’armée syrienne tirant des obus explosifs de type OF dans la région de Qalamoun où se déroule l’une des batailles les plus cruciales du conflit en cours en Syrie.

Conflit au Moyen-Orient: Genève II à partir du 12 décembre 2013?

Les soldats syriens avançant au milieu des ruines des villes reprises aux différentes factions de la rébellion ont eu la mauvaise surprise de tomber sur des labyrinthes de tunnels souterrains et de blockhaus munis d’un système intégré de vidéosurveillance et des capteurs de mouvement. Des mines relativement complexes ont relativement compliqué et retardé les opérations de l’armée syrienne et permis aux rebelles de se replier dans les localités environnantes.

Autre surprise: Outre des nationaux issus des ex-Républiques soviétiques du Caucase, des volontaires indonésiens, érythréens et pakistanais combattent aux côtés des rebelles…

Des tranchées en zigzag ont déjà été découvertes dans plusieurs localités contrôlées par les rebelles. Ces derniers disposent actuellement d’un éventail impressionnant d’armes lourdes et même de missiles antichar assez performants. D’autres informations émanant d’une association américaine affirment que les rebelles auraient reçu des missiles antiaériens portables de type Stinger. Mais l’observation des faits sur le terrain n’a pas encore permis de vérifier cette donne. Tous les aéronefs syriens abattus par la rébellion l’ont été suite à des tirs de DCA, de roquettes et de missiles antiaériens de fabrication russe.

Il ne sera pas aisé de reconquérir Alep sans l’usage d’un grand déploiement de forces. Une concentration de forces que Damas veut éviter afin de ne pas dégarnir d’autres fronts jugés plus sensibles, notamment les alentours de la capitale, le littoral méditerranéen et le Golan. Mais le temps presse. Le journal syrien El-Watan, proche du pouvoir à Damas, a pour la première fois avancé une date pour le début de la tenue de la Conférence internationale de Genève II: le 12 décembre 2013. Sonde ou pas, les délais sont trop courts pour reprendre la totalité de la province d’Alep.

D’autant plus que Damas sait pertinemment qu’il aura à payer l’engagement des kurdes contre ses ennemis d’aujourd’hui. Jusqu’ici, les objectifs des kurdes et du gouvernement ont convergé face à la menace réelle que fait peser une faction de la rébellion dont le seul programme politique est l’exclusion et l’anéantissement de l’autre à cause de différences quelconques (le programme de tous les extrémistes quelle que soient la religion ou l’idéologie). Mais après? Damas sera obligé de renvoyer l’ascenseur aux kurdes. En d’autres termes, leur octroyer une autonomie élargie. Or, la nature de l’État syrien est profondément jacobine. Suivra t-il l’exemple de l’Irak voisin?

Conflit au Moyen-Orient: des avions israéliens bombardent la province de Lattaquié

Selon des informations partiellement confirmées par un responsable américain via CNN et rapportées par la chaîne libanaise d’information en continu Al-Mayadeen, des chasseurs-bombardiers israéliens ont bombardé des sites de missiles anti navires syriens à Lattaquié, sur le littoral méditerranéen.

Des missiles SS-N de type Yakhont ont été ciblés par des raids de l’aviation israélienne dans ce qui s’apparente à la sixième intervention flagrante d’Israël dans le conflit en cours en Syrie.

L’aviation israélienne a également bombardé des positions de l’armée syrienne pour couvrir le retrait de commandos israéliens infiltrés au sein des rebelles à partir du littoral pour localiser et identifier les sites de lancement de missiles syriens.

L’armée israélienne offre des facilités directes à des factions rebelles en Syrie. C’est le cas notamment au Golan occupé par Israël où les unités israéliennes ont établi des hôpitaux de campagne, des QG de commandement et un feu de soutien au profit des rebelles pseudo-islamistes en guerre contre le régime syrien.

Le Président syrien Bashar Al-Assad a insisté à plusieurs reprises que le conflit ravageant son pays depuis presque trois ans est une guerre régionale à portée universelle dans laquelle Israël et ses alliés jouent un rôle primordial.

Frontière syro-turque: les extrémistes auraient utilisé des armes chimiques contre les Kurdes

Des informations non confirmées rapportent que les factions islamistes extrémistes du chef de guerre français Daech auraient utilisé des gaz de combat contre les forces d’autodéfense kurdes à Hassakeh au Nord-est de la Syrie, près de la frontière turque.

De très durs combats opposent depuis des semaines les extrémistes islamistes relevant d’Al-Qaïda, dirigés par Daech et les comités de la résistance kurde soutenus par le PKK turc et les forces du Kurdistan irakien pour le contrôle des confins frontaliers entre la Turquie et la Syrie.

Possible usage imminent d’armes chimiques en Syrie

Des informations recueillies indiquent un possible usage imminent d’armes chimiques dans les combats en cours entre les unités de l’armée syrienne et les factions rebelles dans la périphérie de Damas.

L’armée syrienne tente actuellement de libérer Mouadamiyat al-Cham, une banlieue au sud-ouest de Damas tenue par les rebelles. En parallèle, une autre offensive gouvernementale est en cours sur la sortie Nord de Damas et sur l’axe Damas-Homs.

La Russie a fait part aujourd’hui de sa vive préoccupation en réaction à des informations faisant état d’un possible usage d’armes chimiques par des éléments extrémistes.

L’Arabie Saoudite, Israël et la Turquie soutiennent directement des factions de la rébellion syrienne et des phalanges de volontaires étrangers combattant en Syrie.

Des trois pays, l’Arabie Saoudite est le pays ayant dépensé le plus dans l’affaire syrienne: 30 milliards de dollars. La Turquie, allié clé de Washington dans la région est allé jusqu’à compromettre son intégrité territoriale et accepter sur son sol des camps d’entraînements d’extrémistes religieux.

Israël qui s’est préparé depuis longue date à une guerre régionale sur plusieurs axes, n’a pas pu digérer les efforts internationaux pour parvenir à une paix négociée en Syrie. La survie du régime Al-Assad et de ses soutiens régionaux  serait fatale pour les objectifs stratégiques israéliens au Moyen-Orient.

Suicide saoudien

Lâchée par les États-Unis en Syrie, l’Arabie saoudite va t-elle se suicider à défaut de pouvoir vaincre ? C’est ce que l’on pourrait conclure des événements suivants :

Le 31 juillet 2013, le prince Bandar Ben Sultan s’est rendu en Russie où il n’a pas seulement été reçu par son homologue, le chef des services secrets, mais par le président Vladimir Poutine. Il existe deux versions de cette rencontre. Pour les Saoudiens, Bandar s’est exprimé au nom du royaume et des États-Unis. Il a proposé d’acheter pour 15 milliards de dollars d’armement russe si Moscou laissait tomber la Syrie. Pour les Russes, il s’est exprimé avec arrogance en menaçant d’envoyer des jihadistes perturber les Jeux olympiques d’hiver de Sotchi si Moscou persistait à soutenir le régime laïque de Damas, puis en cherchant à le corrompre. Quelle que soit la vérité, le président Poutine a ressenti les propos de son interlocuteur comme des insultes à la Russie.

Le 30 septembre, le prince Saoud Al-Faisal avait été inscrit à l’ordre du jour du débat général de la 68e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, mais furieux du réchauffement des relations irano-US, le ministre saoudien des Affaires étrangères est parti sans s’excuser. Dans sa colère, il a refusé que son discours, préparé et imprimé à l’avance, soit distribué aux délégations.

Le 11 octobre, le secrétaire général adjoint des Nations Unies et ancien responsable du département d’État pour le Proche-Orient, Jeffrey Feltman, recevait une délégation libanaise. Parlant au nom de M. Ban, mais probablement plus encore au nom du président Obama, il n’a pas eu de mots assez durs pour critiquer la politique étrangère saoudienne, faite de « rancunes » et incapable de s’adapter au monde qui change.

Le 18 octobre, l’Assemblée générale des nations Unies élisait, par 176 voix sur 193, l’Arabie saoudite comme membre non-permanent du Conseil de sécurité pour deux ans à compter du 1er janvier 2014. L’ambassadeur Abdallah El-Mouallemi se félicitait de cette victoire qui reflète « l’efficacité de la politique saoudienne marquée par la modération » (sic). Cependant quelques heures plus tard, le prince Saoud Al-Faisan publiait un communiqué aux accents nassériens sur l’incapacité du Conseil de sécurité et le refus du royaume d’y siéger. Si le motif officiel principal évoqué était la question syrienne, le ministre s’offrait le luxe de dénoncer également la question palestinienne et celle des armes de destruction massive au Proche-Orient, c’est-à-dire de désigner comme ennemis de la paix à la fois l’Iran et Israël. Sachant que la critique de la politique syrienne des Nations unies est une mise en cause directe de la Russie et de la Chine, qui y firent usage par trois fois de leurs droits de veto, ce communiqué était une insulte faite à Pékin, bien que la Chine soit le principal client actuel du pétrole saoudien. Cette volte-face, qui plongea l’Organisation dans la consternation, fut néanmoins bruyamment saluée par les présidents de la Turquie et de la France qui déclarèrent partager les « frustrations » de l’Arabie saoudite sur la Syrie.

Le 21 octobre, le Wall Street Journal révélait que le prince Bandar Ben Sultan avait invité à son domicile des diplomates européens en poste à Riyad. Le chef des services secrets leur aurait narré la fureur saoudienne face au rapprochement irano-US et au retrait militaire US de Syrie. Devant ses hôtes interloqués, il aurait annoncé que le royaume allait en rétorsion retirer ses investissements d’Amérique. Revenant sur l’épisode du siège au Conseil de sécurité, le quotidien précisa que, selon le prince Bandar, le communiqué n’était pas dirigé contre Pékin, mais contre Washington ; une précision d’autant plus intéressante qu’elle ne correspond pas à la situation.

Face à l’incrédulité suscitée par ces déclarations et aux commentaires apaisants du département d’État, le prince Turki Ben Faisal expliqua à Reuters que les paroles de son ennemi personnel, Bandar, engageaient bien le royaume et que cette nouvelle politique ne serait pas remise en question. Il n’est donc plus question d’une division du pouvoir entre les deux branches rivales de la famille régnante, les Sudairi contre les Shuraim, mais bien de leur vision commune.

En résumé, l’Arabie saoudite insultait la Russie en juillet, la Chine il y a deux semaines, et maintenant les États-Unis. Le royaume annonce qu’il retirera ses investissements d’Amérique pour se tourner probablement vers la Turquie et la France, même si aucun expert ne voit comment cela serait possible. Deux explications de ce comportement sont possibles : soit Riyad feint la colère pour permettre à Washington de continuer la guerre en Syrie sans en prendre la responsabilité, soit la famille des Séoud commet un suicide politique.

La première hypothèse semble infirmée par la sortie du prince Bandar devant les ambassadeurs européens. S’il jouait en sous-main pour les États-Unis, il s’abstiendrait de venir prêcher la révolution auprès de leurs alliés.

La seconde hypothèse rappelle le comportement des chameaux, animaux fétiches des bédouins saoudiens. Ils sont réputés capables de se laisser animer durant des années par leurs rancunes et de ne pas trouver le calme avant d’avoir assouvi leur vengeance, quel qu’en soit le prix à payer.

Or, la survie de l’Arabie saoudite est en jeu depuis la nomination de John O. Brennan à la tête de la CIA, en mars 2013. Jadis en poste en Arabie, c’est un adversaire résolu du dispositif mis en place par ses prédécesseurs avec Riyad : le jihadisme international. M. Brennan considère que si ces combattants ont fait du bon boulot, jadis, en Afghanistan, en Yougoslavie et en Tchétchénie, ils sont devenus à la fois trop nombreux et ingérables. Ce qui était au départ quelques extrémistes arabes partis faire le coup de feu contre l’Armée rouge est devenu une constellation de groupes, présents du Maroc à la Chine, qui se battent en définitive bien plus pour faire triompher le modèle saoudien de société que pour vaincre les adversaires des États-Unis. Déjà, en 2001, les États-Unis avaient pensé éliminer Al-Qaïda en le rendant responsable des attentats du 11-Septembre. Cependant, avec l’assassinat officiel d’Oussama Ben Laden, en mai 2011, ils avaient décidé de réhabiliter ce système et en firent très grand usage en Libye et en Syrie. Jamais sans Al-Qaïda, Mouamar el-Kadhafi aurait pu être renversé comme l’atteste aujourd’hui la présence d’Abdelhakim Belhaj, ex-numéro 2 de l’organisation, comme gouverneur militaire de Tripoli. Quoi qu’il en soit, aux yeux de John O. Brennan, le jihadisme international devrait être ramené à de faibles proportions et n’être conservé que comme force d’appoint de la CIA en certaines occasions.

Le jihadisme est non seulement la seule force effective de l’Arabie saoudite, dont l’armée est divisée en deux unités obéissant aux deux clans de la famille des Séoud, mais c’est aussi son unique raison d’être. Washington n’a plus besoin du royaume pour se fournir en hydrocarbures, ni pour plaider la cause de la paix avec Israël. D’où le retour au Pentagone du vieux plan néoconservateur : « Jeter les Séoud hors d’Arabie », selon le titre d’un Powerpoint projeté en juillet 2002 devant le Conseil politique du département de la Défense. Ce projet prévoit le démantèlement du pays en cinq zones distinctes, dont trois sont appelées à former des États indépendants les uns des autres et deux devraient être rattachés à d’autres États.

En choisissant l’épreuve de force avec les États-Unis, la famille des Séoud ne leur donne pas le choix. Il est improbable que Washington se laisse dicter sa conduite par quelques bédouins fortunés, mais prévisible qu’il va les remettre au pas. En 1975, ils n’hésitèrent pas à faire assassiner le roi Faysal. Cette fois, ils devraient être plus radicaux encore.

Thierry Meyssan

Voltairenet

Conflit au Moyen-Orient: d’importants convois blindés syriens en route vers le Golan

20131010-034939.jpgDes informations confirmées en provenance de Syrie rapportent que d’importants convois blindés de l’armée syrienne font actuellement route vers la ville de Qunaïtra au Golan, près de la frontière avec Israël.

Dans un développement inédit, l’armée syrienne a fini par dévoiler ses unités d’élite laissées jusque-là en réserve. Nos informations évoquent avoir aperçu une colonne de plus de 200 chars de bataille de type T-72 S se dirigeant vers le plateau du Golan, territoire syrien occupé par Israël en 1967 et annexé en 1981.

Ces mouvements surviennent dans un contexte de trés forte tension, notamment en Israël où trois aéronefs militaires (deux avions de combat et un drone) se sont abattus en moins de 48 heures.

S’agit-il de renforts militaires destinés à la province méridionale de Deraa, berceau de la rébellion, ou est-ce un déploiement en prévision d’un conflit avec Israël?

De toute évidence, l’armée syrienne est en train de procéder à un profond remaniement de ses unités combattantes. Le parachutage massif de troupes de choc sur Jobar et les grandes voies périphériques de la région de Damas  illustrent cette nouvelle approche.

Autre nouveauté. D’ordre sémantique cette fois. Le ministère syrien de la défense commence à utiliser officiellement le terme sioniste et pro-sioniste pour qualifier les groupes islamistes radicaux et la rébellion syrienne.

Au Nord du pays, les unités de l’armée syrienne mènent une contre-offensive sur Salaheddine (Alep) et se battent depuis deux jours autour du krak des Chevaliers. A la frontière turque, syriens et turcs s’affrontent à mort par kurdes et islamistes interposés: les comités de la résistance kurde opposent une lutte acharnée aux cohortes islamistes radicales de Daesh, armés et soutenus par la Turquie par peur d’une extension du conflit kurde. Une extension que Damas encourage au plus point.

Les rebelles toutes factions confondues viennent de recevoir une artillerie plus performantes de la part de l’Arabie Saoudite et la Grande-Bretagne. Disposant de roquettes d’un plus grand rayon d’action, ils les ont utilisé contre des objectifs stratégique comme la raffinerie de Homs (centre du pays).

Au Golan, une unité israélienne a ouvert le feu sur une position de l’armée syrienne après qu’un soldat israélien a été blessé par des tirs d’armes légères.  Les syriens ont riposté et un intense échange de tirs s’en ai suivi. Quelques heures plus tard, les israéliens refusent l’entrée dans leur territoire d’une quinzaine de blessés de l’armée syrienne libre (ASL-Rébellion) craignant sans doute un piège. Car en Syrie actuellement, personne ne sait qui est qui.

Sur le plan diplomatique, le Chef d’Etat-major des armées russes vient de confirmer les termes de l’accord secret conclu entre Moscou et Damas en échange d’un désarmement (partiel?) de l’arsenal chimique syrien. La Syrie est officiellement sous la protection de la Russie et de son parapluie nucléaire.

Conflit au Moyen-Orient: intense activité aérienne autour de la Syrie et de Chypre

Trois jours après que la chasse aérienne turque ait abattu un hélicoptère Mil Mi17 des forces aériennes syriennes près de la frontière turque au dessus du territoire syrien, le niveau de l’activité aérienne autour de la Syrie et de Chypre a atteint un record  jamais égalé jusqu’à présent.

Outre les vols intensifs effectués par l’aviation israélienne, dont des informations non confirmées indiquent que plus de 25 % des appareils sont en vol à toute heure de la journée, des avions US,  turcs, britanniques, grecs et syriens multiplients les patrouilles armées au point où certains de ces appareils ont évité de justesse de sérieux incidents. Comme ce fut le cas lorsque des avions de combat de la RAF (Royal Air Force) échangèrent quelques bons procédés avec des chasseurs F-16 turcs dans l’espace aérien chypriote ou encore lorsque des avions syriens SU 24 effectuent des approches offensives sur la base d’Acrotiri à Chypre en se gardant toutefois de pénétrer dans l’espace aérien de l’île protégée par des Typhoons britanniques.

L’occupation de la partie Nord de l’île de Chypre par la Turquie et l’installation d’un gouvernement satellite en 1974 ont constitué durant de longues années un facteur de friction avec la Grèce.  Pour faire face à l’accroissement des activités de l’aviation turque au Sud de la Mer Egée, le gouvernement grec multiplie lui aussi les sorties aériennes, malgré une crise économique majeure marqué par une réduction drastique du budget.

En Turquie méridionale, le nombre des sorties aériennes des avions US à partir des bases de Batman et d’Inçirlik aurait été multiplié par trois ces deux dernières semaines. Une autre base secrète abritant des drones et selon toute vraisemblance des chasseurs F-22 aurait été découverte par des médias locaux.

On ne compte plus le nombre de drones furtifs et conventionnels survolant le Liban, le Nord de la Jordanie et la province irakienne d’Al-Anbar. Aucune information n’est disponible sur un éventuel survol de drones du territoire syrien mais il est fort probable que certains drones de nouvelle génération ont pu au moins survoler brièvement une partie du territoire syrien malgré la puissante couverture Radar assurée par les forces de défense balistique russe.

Par ailleurs, le haut commandement des forces armées syriennes ont confirmé que l’hélicoptère abattu dimanche dernier effectuait un vol de reconnaissance de routine près de la frontière turque dans le cadre de la lutte contre les infiltrations terroristes à partir de la Turquie. L’hélicoptère Mil Mi17 a pénétré par erreur en Turquie avant de rectifier son vol mais il a été atteint par un missile Air-Air de courte portée de type AIM 9 Sidewinder tiré par un F16 turc. L’hélicoptère a pu se poser en territoire syrien mais les deux pilotes sortis indemnes du crash ont été capturé par des terroristes islamistes qui les ont aussitôt décapité. Les têtes des deux pilotes syriens ont été emportés comme des trophés et montrés aux journalistes des médias mainstream.

Trois jours après cet incident, des avions de combat syriens survolent à très basse altitude l’ensemble de la bande frontalière avec la Turquie.  Des observateurs syriens estimant que les turcs ont tenu à venger la destruction en juin 2012 d’un F-4 Phantom turc par la défense anti-aérienne syrienne.

Conflit au Moyen-Orient: contre le statu quo, la Turquie tente de provoquer un Casus Belli

D’après des informations rendues publiques, un chasseur turc F-16 de fabrication américaine a abattu un hélicoptère syrien de type Mil Mi-17 (Hip) de fabrication russe à 1127 GMT (1427 heure locale), au dessus du tracé frontalier entre les deux pays ennemis.

D’après le vice-Premier ministre turc, Bulent Arinc, l’hélicoptère syrien aurait violé l’espace aérien turc et aurait été abattu par deux F-16 relevant du centre des opérations aériennes combinées de Dyarbakir (Turquie méridionale). Toujours selon la version turque, l’appreil syrien aurait pénétré sur une profondeur de 2 kilomètres à l’intérieur de la province turque de Hatay.

Un hélicoptère Mil Mi 17 des forces armées syriennes lors d'exercices dans le désert.
Un hélicoptère Mil Mi 17 des forces armées syriennes lors d’exercices dans le désert.

Cependant, le vice-Premier ministre turc en arrive à se contredire en affirmant ne diposer d’aucune information sur le sort de l’appareil puisque ce dernier s’est craché en territoire syrien à plus d’un kilomètre de la frontière avec la Turquie.

De toute évidence, à moins que les F16 turcs aient eu recours au canon à une distance critique de manière assez hasardeuse pour que le Mil Mi 17 en soit seulement partiellement endommagé pour continuer à voler sur une distance de plus de trois kilomètres, la version turque ne tient pas la route.

Le Mil Mi-17 a une vitesse maximale théorique de 250 Km/heure, soit une vitesse bien en deçà de celles d’un chasseur à réaction. Qu’en serait-il si l’hélicoptère réputé pour sa maniabilité réduite et sa lourdeur est chargé ou pire endommagé par un obus? Or selon toute vraisemblance, l’hélico syrien aurait été abattu par un ou plusieurs missiles.

Les turcs mentent. L’appareil syrien a bel est bien été abattu en territoire syrien dans ce qui s’apparente à un acte délibérement hostile de la part laTurquie pour tenter de briser le statu quo induit par l’initiative diplomatique russe et les négociations américano-russes sur une éventuelle Conférence de paix.

La Turquie d’Erdögan s’est tracé une politique de zéro ennemis il y a de cela quelques années. Cette politique a lamentablement échoué puisque ce pays membre de l’Otan est actuellement en très mauvais termes avec l’ensemble de ses voisins (Arménie, Grèce, Irak, Iran, Syrie…) et même avec des pays comme l’Egypte à cause de sa politique d’ingérence.  Un bémol tout de même: vassalisée par Washington, Ankara dispose de solides amitiés avec la France et Israël.

Téhéran transfert le dossier du nucléaire au Affaires étrangères, changement de priorités.

La décision des autorités iraniennes de déléguer le dossier du nucléaire au ministère des Affaires étrangères après avoir été l’apanage exclusif du haut conseil de sécurité indique un changement de priorités dans la politique iranienne. Les négociations sur le programme nucléaire iranien étant désormais secondaires face à la menace imminente d’un conflit régional susceptible de se transformer en troisième guerre mondiale en cas d’attaque contre la Syrie.

Ce dossier sensible est donc confié aux « bavardages » des diplomates. Il y tout lieu de croire que Téhéran continuera à développer ses activités dans le domaine nucléaire.

A Téhéran, on répète de plus en plus souvent que si la Syrie disposait de la bombe, jamais elle n’aurait fait l’objet d’un tel acharnement de la part de l’administration Obama.

Syrie: une armée galvanisée par la menace étrangère et le précédant irakien

« Les forces armées syriennes sont mobilisées et ont le doigt sur la gâchette » a affirmé samedi le Premier ministre syrien Waël Al-Halaki avant de souligner que l’état-major est prêt à faire face à toutes les scenarii.

D’après diverses informations, le gouvernement syrien a ordonné l’accès gratuit aux vivres de première nécessité aux populations tandis que l’armée syrienne a mobilisé 350 000 hommes pour faire face à une agression.

Ces déclarations inhabituelles émanant d’un technocrate intervenaient très peu de temps après le départ des observateurs des Nations Unies  de Syrie en direction de la Haye.

Les chefs militaires syriens s’attendaient depuis des mois à une intervention étrangère doublée d’une guerre sur deux fronts: au Nord contre la Turquie et au Sud contre le tandem Israël-jordanie.

L’objectif prioritaire de l’armée syrienne semble désormais d’encaisser une première vague de frappes balistiques et aériennes.

Les chaînes de télévision syriennes passent en boucle depuis hier des images des bombardements atomiques américains sur les villes d’Hiroshima et de Nagazaki en 1945, les bombardements au Napalm et à l’agent Orange sur le Vietnam, les horreurs commises par les forces d’occupation US à Bagdad, Abou Gharib et Falloudjah en Irak ainsi que la torture à Guantanamo. Le commentaire est assez édifiant.  D’autres images inédites d’atrocités démontrant l’usage d’armes prohibées contre des populations civiles irakiennes à Falloudjah en 2004, prises par d’anciens soldats irakiens réfugiés en Syrie sont diffusés à l’ensemble des troupes syriennes.

Des officiels syriens ne se font aucune illusion et se disent galvanisés par la très longue liste d’horreurs et d’atrocités commises par les américains en Irak voisin et qu’ils s’attendaient désormais à une agression à tout moment. Damas tient à rappeler que cette agression non justifiée et illégitime ne passerait pas sans une riposte.

Téhéran: une agression contre la Syrie permettra la libération de la Palestine

Des doutes subsistaient quant à une éventuelle riposte de l’Iran en cas d’agression étrangère en Syrie. Désormais, cela ne fait plus l’ombre d’un doute: la machine de guerre iranienne est en plein branle-bas de combat.

Un disours mystique et eschatologique domine les débats en Iran: pour la première fois, les iraniens évoquent publiquement « l’ultime guerre, celle qui conduira à la libération de la Palestine et l’anéantissement de l’Etat sioniste ».

De toute évidence et parallèlement aux immenses préparatifs de guerre israéliens, l’Iran s’est bien préparé à une guerre régionale totale. Cette donne chamboule non seulement les calculs de Washington et exlique ses hésitations mais également le recours par Obama à une approbation du Congrès pour déclencher ce qui pourrait être l’un des plus grands conflits du siècle.

Vu de Téhéran, l’approbation du Congrès est acquise d’avance, vu l’influence qu’exerce le  puissant lobby pro-israélien sur le pouvoir législatif US.

D’après des indiscrétions, la délégation du Haut Conseil de la sécurité nationale iranienne en visite depuis hier  à Damas aurait remis aux syriens un message secret ainsi que des plans visant à synchroniser une éventuelle riposte en cas d’agression contre la Syrie.

Quelques heures plus tard, le commandant en chef des Niruyeh Moghavemat Bassij (force de mobilisation de la résistance), la plus grande force  paramilitaire d’Iran (de 3 à 9 millions d’éléments), fondée en 1979 et relevant des forces du Corps des Gardiens de la Révolution a annoncé publiquement que toute « agression contre la Syrie conduira à la libération de la Palestine ».

D’autres généraux iraniens de l’armée régulière et des Gardiens de la Révolution ont martelé qu’une intervention occidentale en Syrie déclencherait un conflit qui ne sera pas circonscrit aux seules frontières syriennes.

Au Liban, des analystes proches du Hezbollah libanais estiment quant à eux qu’une éventuelle attaque américano-sioniste contre la Syrie verra la libération de la Palestine septentrionale. Une allusion à peine voilée à l’existence de plans secrets prévoyant l’intrusion de combattants du Hezbollah en Galilée, voire l’investiture d’agglomérations israéliennes. Ce qui serait une première depuis la création d’Israël en 1948.

Un cauchemar pour Obama.

La marine syrienne en état d’alerte

La surprise viendra t-elle de la marine syrienne?
La surprise viendra t-elle de la marine syrienne?

Dans un climat marqué par l’imminence d’une agression étrangère, nos sources à Damas font de plus en plus allusion à une éventuelle surprise qui proviendrait de l’arme la moins connue des forces armées syriennes: la marine.

On possède aucune information sur les capacités-certainement limitées- de la marine de guerre syrienne. Cependant, nos sources, indiquent que l’état-major syrien accorde une grande importance à cette arme en ce moment précis.

Contrairement aux autres armes comme celles de l’arme blindée et des hélicoptères, la marine n’a pas subi de pertes lors de la guerre civile.

Depuis des mois, la marine de guerre syrienne, fondée en 1946, tente de chasser les dizaines de submersibles non identifiés ayant pénétré dans les eaux territoriales syriennes. Non sans un certain succès, puisque au moins un submersible israélien de la classe Dolphin a été endommagé lors d’un incident.

Les missiles antinavires de la marine syrienne représentent une menace non négligeable pour les bâtiments de surface croisant à portée de missile du littoral syrien. Les missiles Yakhont n’ont pas tous été détruits par les raids israéliens.

Les drones maritimes iraniens pourront également jouer un rôle dissuasif.

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Vieilles vedettes lance-missiles de la marine syrienne lors d'un exercice en jullet 2012
Vieilles vedettes lance-missiles de la marine syrienne lors d’un exercice en juillet 2012