De l’eau (méditerranéenne) dans le gaz

L’ennui, avec les sanctions, c’est qu’elles ont toujours un revers. Dans le cas de la Russie, l’Occident c’est vite aperçu que sa sévérité potentiel s’arrêtait aux vannes de gaz. Comment punir Moscou pour son support à la frange pro-russe ukrainienne, sans que cela influe trop sur la livraison du précieux gaz à l’Europe? Même si la majorité des pays européens ont donné leur accord pour les sanctions, l’Allemagne, semblerait-il, commence à réfléchir.

C’est donc dans l’optique de réduire leur dépendance au gaz russe, que les ministres de l’énergie des pays membres du G7 vont se réunir Lundi et Mardi à Rome. Trois pistes seront explorées:
1- La possibilité d’acheminer du gaz nord-américain,
2- Le recours au gaz du Proche-Orient,
3- Une aide US pour les pays de l’Europe de l’Est, afin qu’ils puissent puiser dans leurs ressources, riches en gaz de schiste.

Si on regarde de prés, tout ceci ressemble à s’y méprendre à un emplâtre sur une jambe de bois.
– Le gaz nord-américain? Issu de la fracturation hydraulique, sont avenir est des plus incertain. Sans même parler de son prix; quant à son acheminement par méthaniers, le voyage risque d’être long, donc encore plus coûteux.
– Le Proche-Orient. Suite à l’abandon du projet Nabucco, cette solution a du plomb dans l’aile. Il y a une autre solution, qui ravirait Tel-Aviv, et qui serait l’achat de gaz israélien. Le problème étant que l’usine de liquéfaction la plus proche se trouve en Egypte. Chypre est aussi sur la liste, mais sa proximité des côtes syriennes et libanaises ne plait pas à tout le monde.
De plus, la Syrie refusant de tomber entre les mains des rebelles islamistes, la construction d’un gazoduc reliant les pétromonarchies à la Méditerranée n’est pas pour demain.
– Les gaz de schiste d’Europe de l’Est…Beaucoup s’y sont cassé les dents, excepté les Etats-Unis, bien sûr. Pour plus d’informations, je vous renvoie vers le site de Laurent Horvath.

On peut aisément tirer quelques leçons de cette réunion.
Tout d’abord, il n’est fait mention nulle part de l’Afrique du Nord. Si l’Algérie continue ses livraisons, il n’en est rien pour la Libye. On peut facilement en déduire que l’Occident ne voit aucunes améliorations dans l’avenir de Tripoli.
Dans tous les cas, et si une des mesures envisagées venait à être mise en place, le seul gagnant serait l’Amérique du Nord; et éventuellement Israël.
Enfin, l’Occident est bien conscient que ses sanctions ne valent pas grand chose. D’ailleurs, le ministère de l’économie autrichien et OMV (société d’exploration et de production qui intervient principalement en Roumanie et en Autriche) ont rencontré les dirigeants de Gazprom pour envisager un autre itinéraire pour alimenter les consommateurs de gaz européens en gaz Russe.
Gazprom et la Turquie envisagent d’augmenter la capacité du pipe de gaz Blue Steam de 16 à 19 millions de m3 par an.

Comme on peut le voir, la société gazière russe est loin d’avoir peur des représailles…

Guerre en Syrie: mise en échec d’un assaut rebelle sur un aérodrome près d’Alep

Alep-Correspondance particulière/Strategika51

Plus de 102 combattants rebelles ont péri ces dernières 48 heures en tentant de prendre d’assaut l’aérodrome militaire de Kuwayris près d’Alep.

Usant d’une tactique éprouvée, notamment lors de l’attaque du village chrétien araméen de Maaloula, les rebelles des brigades de Jund Al-Haqq (les soldats de la Justice), une branche affiliée à Jobhet Ennosra (Front des Partisans/Al-Qaida) ont tenté de prendre d’assaut la base aérienne  avant-hier à 4h00 du matin (heure de Damas) en forçant le portail d’entrée à l’aide de véhicules piégés conduits par des kamikazes, mais une contre-offensive des unités spéciales de l’armée syrienne soutenues par les Forces de la défense nationale (NDF-une force paramilitaire supplétive de l’armée) et disposant d’un important appui feu aérien a permis une manoeuvre d’encerclement et l’élimination de la force rebelle.

Nos sources soulignent que les rebelles capturés lors de cette opération ont fourni des informations sur leur entraînement en Turquie méridionale par des instructeurs britanniques.

Les rebelles ont utilisé des engins piégés et plus précisément des camions avec un type militaire d’explosif n’existant pas dans la nomenclature de l’armée syrienne pour détruire les défenses de la bases aérienne pour ouvrir un passage à une force d’assaut rebelle. C’est quasiment le même plan utilisé avec succès à Maaloula où furent utilisés des pneus usagées piégés au TNT et au C4 contre les soldats syriens gardant le village Araméen.

Cependant, cette fois-ci, l’attaque fut mise en échec grâce à l’interception des communications cryptées des rebelles par le renseignement militaire. Les rebelles faisaient référence à cette attaque par le nom de code de « Amir Al-Oumaraa » ou Emir des Emirs (Princeps Principii) dans une possible allusion au Prince Bandar Ben Sultan, Chef des renseignements Saoudiens. Cette opération revêtait une importance très particulière car c’est de cet aérodrome que partent les hélicoptères de combat et les avions d’attaque au sol opérant dans la province septentrionale d’Alep.

Parmi les rebelles éliminés identifiés par les renseignements de l’armée de l’air figurent:

  • Mahmoud Al-Khalil, décrit par l’agence officielle SANA comme un sniper. Ce dernier surnommé le Glaive de Dieu serait derrière un nombre impressionnant d’assassinats de précision ayant visé des militaires de l’armée syrienne;
  • Faarooq Sadreddeen
  • ‘Umar Sadreddeen
  • Fakhri Abu-Karraar
  • « Abu Raafid Al-‘Iraaqi », ressortissant de nationalité irakienne, identité non confirmée;
  • Hussayn Al-Qishta
  • Sindaar Al-Kubaysi
  • Haseeb Al-Mustafaa
  • Hamdu Al-Juma’ah
  • Badr ‘Umar
  • Shukri Istablaji
  • Haatem Muhammadaani
  • ‘Abdul-‘Azheem Dayyoob
  • Hassan Al-Kabaareeti
  • Ahmad Harb
  • Ahmad Hamad
  • Zayn-Al-‘Aabideen Al-A’raj
  • Ibraaheem Al-Malaama
  • Khaleel Al-Zankari
  • Faheem Muhammad
  • Abdul-Waliy Urhanli
  • Faraj ‘Abdul-Hameed
  • ‘Izzedden Al-Shater
  • Rafeq Ballat
  • Dawoud Shalabi
  • Muhammad Jabboor
  • ‘Imad Ihsani
  • Muhammad ‘Abdul-Baaqi
  • Mahmoud Salama
  • ‘Ali Shumaysi
  • Yasin ‘Issaa
  • Ziyad Al-Nuqta

69 autres combattants n’ont pu être identifiés. Les pertes de l’armée syrienne et des NDF s’élèveraient quant à elles à 37 morts et une centaine de blessés.

En raison de la proximité de la frontière turque, l’armée syrienne a mis le paquet dans son offensive pour reprendre le terrain cédé aux différentes factions de la rébellion depuis un an et demi. La Syrie a officiellement accusé, à travers son représentant aux Nations Unies, la Turquie de soutenir les rebelles sur son territoire. La guerre continue. En attendant Genève 2 en janvier 2014.

Attaque de Kuwayris_Alep

Que fera Moscou en cas de changement de régime en Syrie?

Que ferait la Russie en cas où le Président syrien venait à tomber? La question préoccupe au plus haut point l’ensemble des think-tanks et des officines des pays impliqués de près ou de loin dans la crise en cours au Moyen-Orient. La réponse à cette question motive en effet Moscou et explique son intransigeance dans le dossier.

Indubitablement, la Russie n’est pas seule. La chine, dans le plus grand silence, s’active. Ce n’est pas un hasard si est Pékin est montré du doigt depuis des semaines dans des affaires d’espionnage technologique.

D’après les scenarii les plus plausibles, en écartant le scénario plus complexe d’une guerre régionale entre la Syrie et Israël sur le plateau du Golan,  la chute du pouvoir en Syrie ouvrirait la voie à l’établissement d’un pseudo régime parlementaires mal adapté à un pays méditerranéen sous l’autorité suprême d’un Premier ministre ayant la double nationalité et proche de la CIA.

Si le poste de Président de la république serait maintenu, il n’aura qu’une valeur symbolique et formelle (CF. cas irakien et libyen). Réduire la redoutable vieille garde du parti Baâth syrien sera une toute autre affaire. En Irak, malgré une invasion US et une politique de « dé-baâthification », le vice-président irakien Izzet Ibrahim Duri et les survivants de la nomenklatura du parti du temps de Saddam Hussein ont non seulement pu survivre à tous les bouleversement mais n’ont jamais abandonné la résistance. Or, en Syrie, la vieille garde est non seulement plus solide mais plus idéologiquement marquée que celle de l’ancien régime irakien.

Les 500 groupes armés et AL-Qaeda continueront leurs ravages et  conduiront vraisemblablement un nettoyage ethnique et confessionnel. Ils se heurteront certainement aux Chiites et aux Alaouites. Ces derniers se retrancheront probablement entre Tartous et Lattaquié et seront soutenus par l’Iran. A l’instar du Liban entre 1975 et 1989,  la Syrie sera alors un champ de bataille où Saoudiens, américains, israéliens et iraniens régleront leurs comptes via leurs clients respectifs. Moscou pourrait également y participer en soutenant ses alliés locaux.

En cas où sera imposé un pouvoir pro-saoudien et pro-américain à Damas, la Syrie se retournera sans l’ombre d’un doute contre le Hezbollah tout en rompant le partenariat stratégique avec Téhéran. Les principaux objectifs stratégiques d’Israël seront alors atteints: le double isolement de l’Iran et l’étranglement du Hezbollah. Rien n’entravera alors une nouvelle invasion du Liban par les israéliens. Une attaque contre une république islamique d’Iran isolée et sous total embargo en sera grandement facilitée d’autant plus que tous les pays de la région joindront la coalition anti-iranienne.

Un changement de régime en Iran remettra les ressources d’hydrocarbures de l’ancienne Perse dans l’orbite des grandes multinationales anglo-saxonnes et Israël se sera débarrassé de tous ses ennemis à 3500 kilomètres à la ronde. L’ensemble des réserves énergétiques de la Libye, de la péninsule arabique, du Léviathan et d’Iran, soit un pourcentage énorme des réserves mondiales en énergie fossile sera alors interdit aux Russes et aux Chinois. D’un point de vue énergétique, Pékin sera étranglé, ravivant les tensions géopolitiques internes de la Chine (Tibet, Turkestan Occidental, disparités régionales, etc.)

La chute de l’Iran entraînera celle de l’Azerbaïdjan et des républiques d’Asie centrale suivant les tracés des gazoducs et des pipelines. La guerre de Tchetchénie et du Daguestan dans lesquelles les services spéciaux américains, britanniques, arabes et israéliens ont joué un certain rôle de déstabilisation ainsi que celle du Nagorny Karabah seront réactivés sinon encouragés avec l’argent du Qatar.

L’un des objectifs du printemps arabe est la création d’un collier de gouvernements musulmans extrémistes pro-capitalistes, alliés d’Israël et résolument hostiles à la Russie et à la Chine. Les légions islamistes seront alors lancés par Washington et des alliés contre Moscou et Pékin comme au temps de la guerre d’Afghanistan (1979-1988). Les causes ne manquent d’ailleurs pas: libération des républiques musulmanes du Caucase russe et d’Asie centrale, libération du Turkestan Occidental (Xinjiang), etc. Avec un soutien diplomatique, financier et militaire des riches pays du Golfe arabo-persique et des puissances occidentales. Le vieux mythe paranoïaque d’une hypothétique alliance de l’Islam et du Confucianisme contre l’Occident serait alors transformé en alliance entre Islam et Occident contre la Russie et la Chine…

Ceci entrainera invariablement une sérieuse atteinte à l’intégrité territoriale de la Russie. Moscou serait ainsi obligé de défendre son territoire pour la troisième fois depuis 1919. Une tentative de changement de régime en Russie au moyen de révolution colorée ou de cyberguerre pourrait provoquer une résurgence des éléments les plus extrémistes et les plus nationalistes. Or, la Russie qui dispose d’un potentiel militaire conséquent, notamment un vaste arsenal nucléaire et balistique et surtout une capacité de seconde frappe ne restera pas les bras croisés face à son démembrement.

L’enjeu en Syrie n’est pas tant la nature du régime à Damas que l’Iran avec en ligne de mire la Russie et la Chine. Dans le sillage de cette stratégie du Grand Jeu, Israël cherche à pérenniser son hégémonie régionale au delà de 2048, coïncidant avec le centième anniversaire de sa création.

Moscou pourrait ne pas réagir immédiatement à une éventuelle chute d’Al-Assad. mais sera tôt ou tard forcé d’intervenir avec l’ensemble de ses moyens disponibles pour défendre la survie stratégique de la nation russe telle qu’elle s’est forgée depuis Ivan le Terrible.

L’Algérie refuse l’octroi de facilités aux marines russe et chinoise

D’après le quotidien algérien « Al-Khabar » et des sources généralement bien informées, l’Algérie aurait catégoriquement refusé d’octroyer à la Russie des facilités logistiques et opérationnelles  pour l’accostage des navires et submersibles de la marine de guerre.

Selon les mêmes sources, Moscou aurait demandé à plusieurs reprises à l’Algérie la signature d’un Accord de défense prévoyant des facilités, notamment à la base navale de Mers-El-Kébir, près d’Oran. Ces demandes ont commencé à prendre forme dès la guerre en Libye et se  sont intensifiées depuis le début de la crise en Syrie, où un éventuel changement de régime priverait la Russie de la base navale de Tartous, son unique port d’attache en mer Méditerranée.

Les russes affirment qu’ils ne cherchent pas l’octroi d’une base permanente en Algérie mais souhaitent des « facilités » incluant l’installation d’une base d’écoute avancée, une base logistique pour les submersibles et des relais de ravitaillement. En échange, Moscou s’engagerait à fournir de manière exceptionnelle à l’Algérie une variante d’entrée de gamme destinée à l’export du  bombardier stratégiques Tupolev Tu-160 (nom de code Otan: Blackjack). Les Algériens auraient décliné l’offre, estimant qu’ils n’avaient aucun problème dans leur environnement géopolitique ou géostratégique et que la seule menace à laquelle ils sont confrontés demeurait le terrorisme. Cette menace, selon les Algériens, ne requiert pas le type d’armement offert par les russes.

Le journal algérien Al-Khabar rappelle que la Chine a déjà tenté des demandes similaires en 2002 et en 2003, visant plus particulièrement la base stratégique de Mers-El-Kébir, contrôlant l’entrée en Méditerranée occidentale. En vain, puisque à chaque fois, les autorités algériennes rappelaient leur disponibilité à coopérer avec la Chine dans le respect du Droit international et des Conventions internationales en vigueur sans menacer les pays du voisinage. Les chinois avaient alors promis la livraison de missiles antinavire (SS-N) furtifs et mis en exergue un transfert de technologie. Mais Alger a fait savoir que son refus est définitif.

La Chine et la Russie sont à la recherche désespérée d’un pied-à-terre en mer Méditerranée, notamment après la perte définitive de la Libye et l’éventualité du basculement de la Syrie dans le camp de l’Otan.

Conflit au Moyen-Orient: la Syrie au coeur d’un nouveau conflit mondial

La fin de la bataille de l’aéroport de Damas, entamé le 02 décembre et terminé le 12 décembre 2012, et au cours de laquelle les unités de la Garde républicaine, les unités d’élite, l’aviation, le renseignement aérien et les forces balistiques de l’Etat syrien ont réussi, non sans de  grandes difficultés, à infliger un sérieux revers aux groupes armés composant les différents spectres de la rébellion grâce à l’aide technique discrète mais efficace des services spéciaux russes. Cet épisode a non seulement révélé jusqu’où Moscou est capable d’aller dans le conflit en cours au Moyen-Orient mais également la détermination de la rébellion et de ses sponsors d’en finir une fois pour toutes avec le régime de Damas.

L’armée syrienne perd-elle du terrain ?

La concentration des troupes de l’armée régulière syrienne autour de Damas et des grandes agglomérations urbaines a dégarni les zones rurales d’une présence sécuritaire rendant propice l’évolution de la guérilla et renforçant l’afflux d’armes et d’équipements à partir de pays voisins. Natura non facit saltus, les zones où les unités de l’armée syrienne ne sont pas déployées servent de terrain d’évolution naturel à la rébellion, aux flux de combattants étrangers et aux cargaisons d’armes et de munitions.

A l’extrême Nord du pays, la stratégie du Gouvernement syrien a été de laisser se créer des comités armés de résistance kurde comme une tentative de nuire aux intérêts géopolitiques turcs. Cette stratégie dangereuse se veut comme une réponse à l’activisme et au rôle de la Turquie en tant que membre de l’Otan dans le soutien logistique des groupes rebelles sur son territoire.  C’est une lame à double tranchant. L’annonce d’une création d’une armée autonome kurde relevant du PYD (Parti de l’Union démocratique) kurde syrien et ses accointances avec le PKK (parti des travailleurs du Kurdistan) turc et le Kurdistan irakien alimentent la résurrection d’un nationalisme kurde depuis 80 ans.

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Un rebelle syrien posant avec un Anti-Material Rifle, une arme inconnue de l’arsenal de l’armée syrienne. Contrairement à ce que l’on tente de faire croire, les différents groupes composant la rébellion syrienne reçoivent des armes plus sophistiquées que celle de l’armée régulière syrienne. Ils bénéficient en outre du renseignement spatial et électronique ainsi que de la formation de la part de pays comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne.

De l’autre côté de la frontière, en Turquie méridionale, les américains et des pays de l’OTAN comme l’Allemagne sont en train d’annoncer officiellement l’envoi de troupes (respectivement 400 et 300) et des batteries de missiles Patriot. Détail révélateur, la déclaration du ministère allemand de la défense relative à l’envoi de troupes en Turquie a devancé l’approbation du Bundestag de la décision de déploiement de ces systèmes d’armes.  Pour Moscou comme pour Téhéran, le déploiement de missiles Patriot en Turquie n’est pas dirigé contre la Syrie mais bien contre eux. D’où la décision de Moscou d’acheminer des missiles balistiques Iskander M dans la région et le transfert par l’Iran de missiles en Syrie.

La Syrie a t-elle utilisé des missiles Scud contre les rebelles ?

Les Etats-Unis accusent la Syrie d’avoir utilisé des missiles balistiques Scud contre les rebelles au Nord du pays, près des frontières turques. Des informations spécifiques font état de la destruction de centres de commandement et de regroupement de la rébellion dans cette zone avec ces missiles.  Ce que le Gouvernement syrien  nie d’une façon catégorique. Des missiles Air-Sol, des FROG’s  (free Rocket over ground) et des missiles Sol-Sol ont bien été utilisés par l’armée syrienne contre des cibles bien déterminées mais nos sources refusent de confirmer ou d’infirmer l’usage de Scud A dans ces opérations. D’autres sources du renseignement militaire libanais indiquent que l’armée syrienne a « mis le paquet » sur la route de l’aéroport international de Damas, où des milliers de rebelles ont tenté une percée après avoir déclaré la région comme zone militaire interdite. On sait que les meilleures unités d’élite de l’armée syrienne ont été mobilisées, y compris celles traditionnellement positionnées au Golan et faisant face à Israël.

On connaît également le rôle crucial de l’aviation, des blindés et du génie dans cette confrontation. Des missiles et des roquettes y ont été utilisés à profusion. Mais aucun missile Scud n’a été utilisé. L’usage des Scud aurait été d’ailleurs d’un apport presque nul puisque la rapidité avec laquelle évoluait la situation sur la route de l’aéroport de Damas et l’exiguïté du terrain rendait l’efficacité d’un missile balistique sujette à discussion. Par contre c’est aux unités de la cyberguerre et de la guerre électronique que revient tout le mérite puisque le brouillage puis la suppression des télécommunications des groupes rebelles les a obligé à utiliser des moyens fort sophistiqués offerts par deux pays de l’Otan. Cela a permis aux militaires syriens de les intercepter et les localiser. La Russie (imagerie satellite, suppression de signal), l’Iran (renseignement et brouillage)et à un degré moindre un autre pays asiatique (stratégie) ont joué un rôle crucial dans la phase de guerre électronique.

Au lendemain de l’échec militaire de la rébellion, une série d’attentats à l’explosif secoue Damas tandis que des campagnes médiatiques se mettent en branle autour de trois thèmes récurrents : armes chimiques, intervention de l’Otan et négociations autour du sort du président syrien, voire son exil dans un autre pays arabe.   Nos sources évoquent avec insistance une nouvelle opération clandestine en préparation pour le 21 décembre que nous n’avons pu confirmer nulle part. Ce plan prévoit trois campagnes simultanées et une grosse opération de guerre psychologique via les médias. Des pays de l’Otan  pourraient le cas échéant bombarder les rebelles avec des armes interdites et en imputer la responsabilité au Gouvernement syrien. Autre casus belli : la capture par le groupe de « Jobhet Ennosra », que le département d’Etat US a mis sur la liste des organisations terroristes, de stocks d’armes chimiques et-c’est nouveau, biologiques ou un putsch militaire à l’intérieur du régime syrien. On évoque enfin une escalade militaire avec la Turquie provoquée par des escarmouches entre les comités de la résistance kurde et l’armée turque ou bien un embrasement au Golan (ce dernier serait le point de déclenchement d’un véritable conflit mondial)

La guerre économique

Le conflit au Moyen-Orient est loin de se limiter au seuls aspects politique et militaire ; l’aspect économique et monétaire constitue un axe majeur de la lutte. Après 21 mois de crise, un blocus qui ne dit pas son nom et une batterie de sanctions, l’économie syrienne est exsangue. Elle n’est pas la seule : à des degrés plus ou moins sévères, les économies de l’Iran, de la Jordanie et de la Turquie sont également touchées. Damas tente tout son possible de relancer trois secteurs stratégiques : l’approvisionnement alimentaire, l’énergie et l’eau. Cibles prioritaires des sabotages de la rébellion. Ces deux derniers moins, le sabotage des pylones de transport de l’énerie électrique à haute tensions et des générateurs a laissé place à des attaques contre les écoles militaires, les bases de défense anti-aériennes et les dépôts d’armes lourdes, contraignant l’état-major syrien à mobiliser d’importants moyens à la surveillance des sites stratégiques. La rébellion utilise donc la guerre d’usure et la guérilla urbaine pour tenter d’étendre les lignes (théoriques) du front à une proportion telle que l’armée syrienne ne sera plus en mesure de pouvoir concentrer ses forces sur un point décisif et multiplier ainsi les failles susceptibles d’être exploitées.

Les Etats-Unis et l’Union Européenne imposent depuis mars 2011 des trains de sanctions économiques et commerciales sur la Syrie visant les sociétés, les administrations, les pétroles, les armes et les avoirs bancaires. Des opérations clandestines, visant l’effondrement monétaire du pays, ont été menées à diverses reprises avec l’aide de services de renseignement de pays de la région. La Syrie a évité un effondrement de sa monnaie in extremis avec l’intervention de l’Iran, non sans risque puisque la crise monétaire s’est propagé dans ce pays également.

Perspectives immédiates

Le conflit syrien se retrouve à la croisée des chemins. Le chemin de Damas semble passer par Téhéran et Moscou. Faut-il dès lors fomenter un putsch en Russie (on murmure sur des tentatives très sophistiquées d’éliminer le président russe Vladimir Poutine) et un changement de régime à Téhéran pour changer les lignes de fractures ? Paradoxe puisque c’est le chemin de Damas qui devait paver la voie à un isolement de l’Iran en vue d’y accélérer un changement de régime. Dilemme stratégique résultant de jeux à sommes nulles.  La poursuite du statu quo et la stagnation de la situation sur le terrain devaient permettre aux pays occidentaux et à Israël d’attendre un affaiblissement suffisant de l’Etat syrien pour entamer une phase plus active porteuse de tous les dangers. Sur le plan diplomatique, la reconnaissance par les Etats-Unis d’Amérique de la coalition syrienne formant l’opposition au régime lors de la réunion des « Amis de la Syrie » à Marrakech  n’a fait qu’avaliser un processus de légitimation à une implication beaucoup plus étendue de l’Otan dans sa guerre clandestine contre l’Etat syrien. Dans ce jeu complexe de géostratégie appliquée menée par des acteurs globaux, la porte est ouverte à tous les aléas, y compris un nouveau conflit mondial.

Des roquettes palestiniennes atteignent Tel-Aviv et Jérusalem

L’embrasement de la situation à Gaza à la veille d’une velléité de reconnaissance palestinienne aux Nations Unis a été planifié par l’état-major israélien sauf que ce dernier vient d’être surpris moins par la portée des roquettes palestiniennes dont les plus efficaces sont de fabrication iranienne et d’approvisionnement syrien que l’efficacité très limitée du système d’interception balistique connu sous le nom de code « Iron Dome ».

Trois roquettes tirées de Gaza ont atterri, vendredi 16 novembre 2012, sur des colonies israéliennes sises dans la périphérie de Jérusalem. Un peu plus tôt, une roquette-la deuxième en moins de 24 heures-a atterri dans le voisinage de Tel-aviv.

La chute d’un chasseur bombardier F-16 israélien, touché par un missile Sol-Air provenant des stocks de l’ancienne armée libyenne, a contraint le gouvernement sécuritaire restreint d’Israël à mobiliser jusqu’à 75 000 réservistes et à allouer près d’un milliard de dollars US supplémentaires au bouclier balistique. Une intervention terrestre dans la bande de Gaza ne semble pas exclue. Sauf que dans le contexte régional marqué par la situation très critique au Golan où les escarmouches entre soldats syriens et soldats israéliens sont devenus quotidiens depuis le tir d’un missile antichar israélien de type Tammuz sur un blindé syrien et de tirs de chars Merkava MK4 sur une position d’artillerie de campagne, la situation semble des plus explosives. Au Sud-Liban, le Hezbollah suit attentivement l’évolution de la situation et se tient prêt à toute éventualité. Son dirigeant, Hassan Nasrallah, n’a pas caché qu’en cas d’embrasement généralisée de la région, ses troupes tenteront de forcer la frontière et pénétrer au Nord d’Israël.

En Jordanie, le refus du Roi Abdallah II de certaines demandes relatives à la situation en Syrie et en Ci-Jordanie lui ont valu des déclarations incendiaires de la part des Etats-Unis pour lesquels la contestation populaire née de la hausse des prix des carburant est une revendication légitime pour un changement de régime.

Enfin, Ryad et Doha ne sont pas en reste puisqu’ils viennent de dépêcher le Premier ministre égyptien et le MAE tunisien à Gaza dans une tentative visant moins à canaliser la colère extrême de la rue arabe mais à contrecarrer l’influence de l’axe Damas-Téhéran. En Iran, la détérioration de la situation à Gaza et la panique du gouvernement israélien-qui se prépare depuis des mois à une guerre régionale généralisée sur plusieurs front et incluant des attaques balistiques-pour renforcer ses activités nucléaires à Fordo et à Natanz.

Dans tous les cas de figure, la situation demeure explosive et susceptible de déboucher à tout moment sur un conflit mondial.

La nouvelle stratégie de l’Otan en Syrie

Officiellement, les dirigeants des pays de l’Otan impliqués dans le conflit syrien affirment qu’il n’est aucunement question d’une quelconque intervention de l’Otan en Syrie. Sur le terrain, L’Otan a adopté une nouvelle stratégie consistant à isoler les unités militaires syriennes dans le Nord du pays et les réduire de proche en proche en utilisant les technologies de gestion des systèmes d’information géographique et la reconnaissance spatiale.
LA Turquie dont les forces armées constituent la deuxième armée de l’Otan joue un rôle de premier plan dans cette nouvelle stratégie.
Les militaires syriens redoutent cette nouvelle stratégie visant à anéantir leur réseau de logistique et d’isoler ainsi les unités positionnées près des frontières turques. Cette nouvelle approche contraint le commandement syrien à user de son aviation d’une manière intensive pour détruire les regroupements rebelles au sol qui disposent du meilleur renseignement de l’Otan sur le champ de bataille. C’est les américains et les allemands qui choisissent en priorité les cibles à attaquer par l’armée libre syrienne (ASL) en se basant sur les données fournies par leurs satellites, des drones de reconnaissance et des navires d’écoute. Les britanniques et les français se sont spécialisés dans l’accompagnement tactique des rebelles et plus particulièrement les groupuscules se réclamant du courant religieux radical.

Le récent massacre de soldats de l’armée régulière syrienne, capturé par des éléments de l’ASL après la prise de leur position ainsi que la multiplication des attaques rebelles contre les bases aériennes sont l’une des conséquences de cette nouvelle stratégie.

Syrie : l’Otan vise le gazoduc

La déclaration de guerre, aujourd’hui, n’est plus d’usage. Pour faire la guerre il faut par contre encore trouver uncasus belli. Comme le projectile de mortier qui, parti de Syrie, a fait 5 victimes en Turquie. Ankara a riposté à coups de cannons, tandis que le parlement a autorisé le gouvernement Erdogan à effectuer des opérations militaires en Syrie. Un chèque en blanc pour la guerre, que l’Otan est prête à encaisser.

Le Conseil atlantique a dénoncé « les actes agressifs du régime syrien à la frontière sud-orientale de l’Otan », prêt à déclencher l’article 5 qui engage à assister avec la force armée le pays membre attaqué. Mais déjà est en acte le « non-article 5 » —introduit pendant la guerre contre la Yougoslavie et appliqué contre l’Afghanistan et la Libye— qui autorise des opérations non prévues par l’article 5, en dehors du territoire de l’Alliance.

Éloquentes sont les images des édifices de Damas et Alep dévastés par de très puissants explosifs : œuvre non pas de simples rebelles, mais de professionnels de la guerre infiltrés. Environ 200 spécialistes des forces d’élite britanniques SAS et SBS —rapporte le Daily Star— opèrent depuis des mois en Syrie, avec des unités étasuniennes et françaises. La force de choc est constituée par un ramassis armé de groupes islamistes (jusqu’à hier qualifiés par Washington de « terroristes ») provenant d’Afghanistan, Bosnie, Tchétchénie, Libye et autres pays. Dans le groupe d’Abou Omar al-Chechen —rapporte l’envoyé duGuardian à Alep— les ordres sont donnés en arabe, mais doivent être traduits en tchétchène, tadjik, turc, en dialecte saoudien, en urdu, français et quelques autres langues.

Munis de faux passeports (spécialité de la CIA), les combattants affluent dans les provinces turques d’Adana et du Hatay, frontalières de la Syrie, où la CIA a ouvert des centres de formation militaire. Les armes arrivent surtout par l’Arabie saoudite et le Qatar qui, comme en Libye, fournit aussi des forces spéciales. Le commandement des opérations se trouve à bord de navires Otan dans le port d’Alexandrette. Pendant ce temps, sur le Mont Cassioum, au bord de la Syrie, l’Otan construit une nouvelle base d’espionnage électronique, qui s’ajoute à la base radar de Kisecik et à celle aérienne d’Incirlik.

À Istanbul a été ouvert un centre de propagande où des dissidents syriens, formés par le Département d’État US, confectionnent les nouvelles et les vidéos qui sont diffusées par des réseaux satellitaires. La guerre de l’Otan contre la Syrie est donc déjà en acte, avec le motif officiel d’aider le pays à se libérer du régime d’Assad. Comme en Libye, on a fiché un coin dans les fractures internes pour provoquer l’écroulement de l’État, en instrumentalisant la tragédie dans laquelle les populations sont emportées.

Le but est le même : Syrie, Iran et Irak ont signé en juillet 2011 un accord pour un gazoduc qui, d’ici 2016, devrait relier le gisement iranien de South Pars, le plus grand du monde, à la Syrie et ainsi à la Méditerranée. La Syrie où a été découvert un autre gros gisement près de Homs, peut devenir un hub de couloirs énergétiques alternatifs à ceux qui traversent la Turquie et à d’autres parcours, contrôlés par les compagnies étasuniennes et européennes. Pour cela on veut la frapper et l’occuper.

C’est clair, en Turquie, pour les 129 députés (un quart) opposés à la guerre et pour les milliers de gens qui ont manifesté avec le slogan « Non à l’intervention impérialiste en Syrie ».

Pour combien d’Italiens est-ce clair, au parlement et dans le pays ?

Manlio Dinucci

Source: Voltairenet

Biélorussie: Des généraux limogés pour avoir failli à contrer une provocation de l’OTAN

Le président de la Biélorussie, Alexandre Loukachenko, est très en colère après que ses systèmes de défense antiaérienne ait échoué à intercepter une énième provocation aérienne de l’OTAN.  Résultat: les généraux Dmitri Pakhmelkine et Igor Rachkovski, commandant respectivement la défense aérienne et les gardes frontières ont été démis avant-hier de leurs fonctions.

Face à l’expansionnisme de l’OTAN à l’est et à l’offensive actuelle en règle sur certains pays rétifs du monde musulman Alexandre Loukachenko ne badine plus avec la défense aérienne: il sévit à la moindre carence…

Le 04 juillet dernier, une société-écran immatriculée en Suède ayant des liens avec une des nombreuses agences du renseignement américain a affrété un avion qui a pénétré dans l’espace aérien biélorusse et largué 800 ours en peluche portant des messages en langue locale près de la ville d’Ivenet appelant les autorités biélorusse à respecter les droits de l’homme. Une énième opération de provocation calculée visant ce que la presse occidentale dans son ensemble qualifie de dernier régime autocratique d’Europe.  Il va sans dire qu’à  ces « nounours » en peluche peuvent fort bien se substituer des bombes bien mortelles. Le président Loukachenko n’a pas digéré cette dernière « insulte » venant de ces « détraqués » contrôlant la vie de centaines de millions d’européens comme il aime à le répéter.  Furieux, le président biélorusse s’est demandé jeudi dernier pourquoi l’avion, qui a été repéré à temps, n’a pas été intercepté en jurant que les coupables de telles carences auront à rendre des comptes.

Après une enquête approfondie ayant touché l’ensemble des structures sécuritaires, le service de presse de la présidence à Minsk a rendu public un communiqué martial indiquant que les généraux sus-mentionnés ont été limogés « pour avoir failli dans leur mission de protection de la sécurité nationale ». En Biélorussie, on est persuadés depuis longtemps que les thématiques liées aux droits de l’homme brandies en toutes occasions  par certaines puissances contre certains pays ne sont que des outils de pression et d’hégémonie au service exclusif de ces puissances.

Dans un communiqué publié hier, le service de presse de la présidence précise que les généraux Dmitri Pakhmelkine et Igor Ratchkovski ont été limogés «pour avoir failli dans leur mission de protection de la sécurité nationale». D’autres responsables ont également été sanctionnés.

Au pouvoir depuis 1994, le président Loukachenko est fréquemment la cible de campagnes médiatiques occidentales. Son pays, soumis à un embargo qui ne dit pas son nom  a échappé à plusieurs reprises à des tentatives de « révolution colorée » puis de  » révolte spontanée » ou encore de chaos social programmé. Ses prises de position en faveur de la Serbie, de  l’Irak de Saddam Hussein au moment où ce pays se faisait envahir en 2003, son opposition à la guerre en Libye et à l’assassinat sanglant de Kadhafi ou encore sa solidarité avec la Syrie contre les eurocrates de Bruxelles et la finance de Londres  font de lui la bête noire des médias incorporés mondiaux.

Syrie: l’ère des Technicals

Le doublement des fonds alloués à l’armement des rebelles syriens a conduit à l’apparition de Technicals en Syrie.  Cela peut paraître paradoxal dans un pays comme la Syrie où s’activent près d’une quarantaine d’agences de renseignement.

Un Technical est un véhicule 4×4 ou pick-up, voire une grosse berline sur lequel on monte une mitrailleuse lourde, un canon sans recul ou un domino de tubes lance-roquettes. Avec l’expérience des combats, des plaques de blindages sont ajoutées à la tôle du véhicule.

Les rebelles syriens comptent dans leurs rangs de nombreux volontaires arabes et turcs. Près de 60 % des volontaires arabes proviennent de Libye. On y a également relevé des saoudiens, des yéménites, des tunisiens, des djiboutiens, des algériens, des jordaniens, des libanais et des marocains.

La crise syrienne s’est transformé en guerre. Israël, l’Iran,  le Hezbollah, la Turquie suivent de très près l’évolution de la situation et sont tous convaincus qu’une déflagration généralisée est inévitable. Malgré les efforts de Hillary Rodham Clinton en vue de convaincre les israéliens de s’abstenir de tout acte unilatéral contre l’Iran, il semble bien qu’un des scénario en cours soit une attaque contre l’Iran au cours du chaos suivant la chute de Damas.

Des combattants arabes armés de fusils d’assaut FN FAL 7.62 mm et vêtus de tenues de combat d’importation sur un pick-up de fabrication japonaise de l’ASL près d’ Idleb (Nord-ouest de la Syrie, non loin des frontières avec la Turquie)

Syrie: jeux de guerre

Il semble de plus en plus évident que la perception des dirigeants syriens de la crise qui secoue depuis plus de 17 mois leur pays est celle d’un double conflit régional sur lequel se superposent d’anciens réglements de compte, notamment avec l’Arabie Saoudite et Israël.

La Turquie est le grand joker de ce pokeur-menteur: le rapporchement entre Ankara et Damas lors des cinq dernières années était tactique du point de vue turc. Isolés sur quatre fronts, les syriens exploitent l’ouverture turque dont l’impact s’est faite ressentir jusque dans le cinéma et la culture. Jeu subtil d’alliance et de mésalliance. Paradoxalement, les soap-opéra turcs envahirent le monde arabe via le bouquet saoudien MBC avec un doublage à l’accent syrien…La Turquie utilisa la Syrie comme tête de pont de pénétration culturelle d’un monde arabe qu’elle abhorrait il y a tout juste deux décennies et cette opération de séduction atteignit son apogée en 2009 avec la géniale mise en scène d’un Tayep Reçep Erdogan quittant le Forum de Davos après un échange peu diplomatique avec le président israélien Shimon Perez. Le ministre turc des Affaires étrangères, M. Davutogli évoque alors un néo-osmanlisme et la nécessité de se rapprocher avec le monde arabe et musulman. En tentant d’exploiter les souffrances des populations de Gaza, Erdogan put ainsi devenir une sorte de leader. Euphorie de courte durée. Car la crise syrienne vient de faire perdre à la Turquie l’ensemble de ses atouts diplomatiques et régionaux. La chute d’un de ses avions de combat consacre une véritable humiliation pour cette nation belliqueuse.

En Syrie, une contestation populaire éclate dans la foulée des révoltes dites du printemps arabe. Cependant, la nature des rapports de force régionaux, la complexité intrinsèque du Moyen-Orient et la superposition d’intérêts de superpuissance réduisent cette contestation à une sorte de vendetta susceptible de servir de détonateur à un conflit régional et mondial. La contestation en Syrie se militarise de plus en plus et la grille de lecture des dirigeants syriens semble sans appel: il s’agit d’une guerre externe fomentée par les ennemis traditionnels de la Syrie en vue de continuer le projet mis en oeuvre en Irak une décennie plus tôt. En gros Tel-Aviv et Ryad semblent déterminés à éliminer le maillon faible qu’est la Syrie avant de frapper l’Iran.

La vieille garde syrienne est hantée par une dizaine de scenarii allant du simple embargo et de la zone d’exclusion aérienne à l’assaut amphibie et aéroporté des forces de l’OTAN et leurs alliés arabes.

Il y a quelques jours, l’armée syrienne a organisé les plus grands exercices militaires depuis le début de la contestation. La seule leçon à tirer de ces exercices est que l’armée syrienne est encore bien alerte et constitue-malgré la vétusté de quelques systèmes d’armes comme le Mig-21 ou le Mig-23-une force de frappe conventionnelle qu’il serait dangereux de sous-estimer.

En 1982 au Liban, les syriens utilisèrent assez bien des hélicoptères Gazelles armés de missiles antichar HOT pour ralentir l’avancée des chars de l’armée israélienne.

Ci-dessous, un extrait de la télévision syrienne sur Youtube montrant une partie des derniers exercices militaires de l’armée syrienne:

F-4 turc abattu en Syrie: les corps des deux pilotes retrouvés

Le commandement des forces aériennes turques a annoncé aujourd’hui  avoir retrouvé les corps des deux pilotes de l’avion de combat  turc abattu par la DCA syrienne au-dessus du littoral syrien ont annoncé mercredi les médias internationaux. Il s’agit du Capitaine Gokhan Ertan et du Lieutenant Hasan Husayn Askoy, portés disparus depuis le 22 juin 2012.

Capitaine Gökhan Ertan, l’un des deux pilotes turcs tués lors de l’incident du 22 juin dernier avec la Syrie.

Vendredi  22 juin, un avion de combat turc RF-4E a disparu des écrans radars une heure et demie après avoir décollé de la base d’Erhac, dans la province de Malatya (sud-est de la Turquie). La Syrie a déclaré avoir abattu l’avion dans son espace aérien. En effet, l’épave de l’appareil a été localisée le 24 juin dans les eaux territoriales syriennes, à 1.300 mètres de profondeur.
Le président syrien Bashar Al-Assad a affirmé regretter l’incident et affirmé que ses forces armées croyaient avoir affaire à un avion de guerre israélien.

Poutine absent au G8

L’absence du président russe Vladimir Poutine à la Réunion du G8 à Camp David où il a délégué son premier ministre Dimitry Medvedev souligne les nouvelles priorités de la Russie, résolument tournée vers l’Est et probablement une sorte de mépris envers un des plus mauvais présidents que les Etats-Unis ont jamais eu depuis leur indépendance: Barack Obama.

C’est un signe fort qu’envoie le nouvel homme fort du Kremlin au lendemain de son investiture à la présidence de la fédération pour la troisième fois au terme d’un roque avec Medvedev.

Poutine sait que l’administration américaine actuelle n’est pas étrangères à la vague de contestation qui secoue quelques milieux russes protestant contre sa ré élection. Comme il doit certainement garder en tête les tentatives de sabotage de la transition de pouvoir en Chine à travers l’incroyable feuilleton de Bo Xilai autour duquel gravitaient des proches de l’ex-ambassadeur US en Chine et des « conseillers » britanniques ou encore la tension maritime avec Manille, à l’instigation de Washington.

Sur un plan plus personnel, le soutien inédit et  risqué du président Obama au mariage homosexuel-thème très controversé aux Etats-Unis- a fini par complètement déconsidérer le « falot » personnage aux yeux de Poutine.

Depuis son élection grâce à un usage exceptionnel des réseaux sociaux et l’internet, Barak Obama n’a pu tenir aucun engagement et malgré le prix Nobel de la paix que lui a attribué arbitrairement le Comité d’Oslo dés le début de son mandat, il a continué à cautionner la guerre d’Afghanistan, même si les forces US se sont formellement retiré d’Irak pour mieux se repositionner en Israël, en Jordanie, dans les monarchies du Golfe arabo-persique et au Pacifique. Il a été le premier président US à user du double langage en lançant une offensive sous-traitée par ses alliés britannique et français sur la Libye et cherchant à se positionner autour de la Syrie et par dessus tout l’Iran avec en arrière-plan, les plaines de l’Asie centrale. Plus encore, Obama ne cache plus ses visées sur la région Pacifique en annonçant une concentration des forces dans cette région du monde pour contrer la montée fulgurante de la Chine populaire et son alliance énergétique avec la Russie.

Le budget militaire chinois dépassera la barre des 100 milliards de USD en 2012

Confrontée comme l’ensemble des pays du monde à un contexte international de plus en plus volatile, voire menaçant, la Chine est en train de fournir de gros efforts pour la modernisation de ses capacités de défense. Pour la première fois dans son histoire contemporaine, le budget militaire chinois dépassera cette année la barre symbolique des 670 milliards de Yuans, soit un peu plus de 100 milliards de dollars US.

Ce chiffre a été évoqué par le premier ministre chinois Wen Jiabao le 5 mars 2012.

Une escadrille de chasseurs Jian-11 chinois au sol

Ce montant est encore très loin du gigantesque budget militaire américain mais démontre la volonté des dirigeants chinois à se doter au plus vite d’une défense moderne non seulement en accord avec le nouveau statut de puissance économique globale de la Chine mais pouvant faire face aux nouveaux défis auxquels Pékin est confronté aussi bien dans sa sphère d’influence régionale traditionnelle que dans des zones aussi éloignées que le golfe d’Aden ou la corne de l’Afrique.

Il n’est un secret pour personne que la nouvelle stratégie américaine au Pacifique fait grincer des dents à Pékin.

Cependant, le réarmement massif de certains pays occidentaux et le développement de nouvelles ogives nucléaires plus performantes par des pays comme le Royaume-Uni et la France; les « révolutions high-tech »  dans la majeure partie du monde Arabe et le changement de régime par la force intervenus dans certains pays arabes et africains prouvent pour certains analystes chinois que le monde est bien moins sûr que ce qu’il était il y a deux décennies.

Un indice révélateur de cette prudence excessive de Pékin : le taux de croissance du budget militaire est plus élevé que le taux de croissance du Produit intérieur brut…Si vis pacem para bellum.