Poutine met à nu les pays soutenant le terrorisme international

Les pays occidentaux et Arabes ayant propagé  le chaos au Levant adoptent un profil très bas et pour cause: Vladimir Poutine est furieux et il ne cache plus sa voloté d’atomiser le ou les commanditaires de la destruction de l’Airbus A321 russe de la compagnie Metrojet (Kogalymavia) au dessus de la péninsule égyptienne du Sinaï.

Les russes veulent les commanditaires, ceux qui sont derrière l’émergence et la montée en puissance du phénomène dénommé « Daech » et les mêmes qui crient au loup tout en le nourissant.

On sait que Moscou ne badine pas; des missiles de croisières lancées à partir de bâtiments de guerre russes positionnés en Méditerranée se sont abattus sur des dizaines de cibles de rebelles soutenus par l’Otan en Syrie la veille d’un communiqué rendu public faisant état de la découverte par les services spéciaux russes de traces d’explosifs sur les décombres de l’appareil civil détruit au Sinaï.

Le président russe Vladimir Poutine a mis à nu les pays soutenant le terrorisme international à l’occasion de la Réunion du G-20. Presque simultanément, le représentant de la Syrie aux Nations Unis, Bashar Al-DJafari, condamnant les attaques de Paris, rappelait que certains pays du Conseil -et l’allusion était on ne peut plus claire à la France et au Royaume-Uni, avaient obstrué et bloqué neuf résolutions du Conseil de Sécurité condamnant des attaques meurtrières similaires de Daech contre des civils en Syrie.

Poutine a ordonné à ses forces d’intensifier les opérations en Syrie contre Daech, le front Ennosra et les autres organisations terroristes soutenues par certains pays du G-20 et leurs alliés comme l’Arabie Saoudite, Israël et la Turquie. Le message est clair.

Le Front Ennosra (Al-Qaïda en Syrie) semble être le chouchou de Paris et de Londres car c’est l’organisation terroriste la plus activement soutenue par Tel-Aviv. Le 28 janvier 2013, Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères a poussé l’excès de zèle à l’égard du sionisme international jusqu’à déclarer que le Front Ennosra faisait du bon boulot en Syrie [contre le gouvernement syrien] Deux ans plus tard, les soldats de l’apocalypse que les services spéciaux européens recrutaient à tour de bras dans les banlieues défavorisées des grandes villes d’Europe avant de leur faciliter les déplacements en Syrie via la complicité active du gouvernement turc de Tayep Reçep Erdogan reviennent à la maison pour continuer le bon boulot.

Retournement de situation contre Daech. Du déjà vu. Real Politik selon certains analystes. De l’aveuglement selon nous.

Le Grand jeu continue.

Somalie: Attaque meurtrière contre une base de l’AMISOM

Une attaque reprenant une tactique utilisé par l’organisation DAECH en Irak et en Syrie a visé le 1er septembre une base de la Force de l’Union Africaine en Somalie, l’AMISOM (African Union Mission In Somalia), causant de très lourdes pertes militaires au sein du contingent Ougandais mais également des forces somaliennes.

Des commandos des Shabab somaliens ont lancé une attaque contre une base de l’AMISOM à Janale en coupant les axes de communication en démolissant deux ponts avant de lancer des véhicules piégés sur l’enceinte de la garnison afin d’y forcer un passage. Deux cent éléments armés soutenus par des Technicals se sont engouffrés dans la brèche. Manquant d’armement lourd, retiré de la base pour y être déployé sur d’autres sites, les soldats de l’AMISOM n’ont pu soutenir l’assaut et le bilan des pertes militaires est particulièrement lourd: 75 soldats ougandais tués et une centaine d’autres probablement capturés.

La garnison attaquée n’a pu bénéficié d’un soutien aérien en raison de l’indisponibilité des appareils des armées de l’air de l’Ethiopie et du Kenya, deux pays voisins dont les troupes participent aux opérations de l’AMISOM.

Les assaillants semblent avoir repris une tactique éprouvée en Irak et en Syrie consistant à lancer des véhicules piégés conduits par des kamikazes contre des installations militaires visant à y créer des brèches. Une tactique similaire menée avec des véhicules blindés piégés a permis aux rebelles syriens de capturer en mai 2015 un complexe militaire à Idlib en Syrie après un siège de plusieurs mois.

Maghreb: le Directeur du Renseignement national US à Alger

Le Directeur du Renseignement National américain (Director of National Intelligence) James Clapper a effectué une visite éclair en Algérie.

Peu médiatisée, cette visite s’inscrit dans un contexte fort tendu marqué au niveau géopolitique par une montée des menaces sécuritaires en provenance de Libye et du Sahel.

James Clapper lors d'une intervention devant le Sénat sur les menaces mondiales auxquelles fait face la sécurité nationale des Etats-Unis d'Amérique (Photograhie: Chip Somodevilla/Getty Images)
James Clapper lors d’une intervention devant le Sénat sur les menaces mondiales auxquelles fait face la sécurité nationale des Etats-Unis d’Amérique (Photograhie: Chip Somodevilla/Getty Images)

La visite de Clapper coincide également avec un nouvel épisode d’une féroce lutte de factions rivales au sein de l’appareil d’Etat et des soupçons de putsch militaire contre l’oligarchie très compradore au pouvoir d’un pays faisant face à une baisse des recettes pétrolières et dont l’économie commence à subir  les conséquences d’un immense gaspillage des ressources.

Mis à part un communiqué fort convenu et très aseptisé, on ne sait rien de la visite de James Clapper à Alger. Mais il y a fort à parier que ce déplacement n’a rien de protocolaire et marque le prélude à une intensification de la crise de succession et une possible recrudescence d’actes terroristes à un moment où les services de renseignement semblent subir une véritable purge vindicative à des fins politiques.

 

Les pitreries de Sarkozy, encore et toujours

Le pouvoir agite toujours un Nicolas Sarkozy plus remuant que jamais. Nous avons déjà évoqué ici les prétentions du personnage à revenir au pouvoir. Au mieux, Nicolas Sarkozy est un personnage de vaudeville bourré de complexes avec un tempérament d’escroc de petite envergure (de celle qui pousse un quidam à faire les poches d’une vieille dame invalide) doublé d’un caractère de fripouille notoire (du genre de celle qui quémande, les yeux humides, un peu d’argent à Gaddafi avant de commanditer personnellement son assassinat)

Ancien président de la République, fonction autrefois auguste qu’il a totalement décrédibilisé, Sarkozy a effectué une petite visite en Tunisie en tant que président du parti des « Républicains » (ex-UMP, bien des gens en France devraient l’ester en justice pour ce choix sémantique douteux), une référence sans doute au parti Républicain US pour lequel Sarkozy est toujours en admiration quasi-religieuse, reste à savoir qui singeront les Démocrates. En Tunisie, il est reçu par ses relais francs-maçons de « Nidha Tunis » après avoir obtenu le soutien du Maroc pour son éventuelle candidature en 2017.

Le problème est que le personnage, habitué à la provocation pure et simple, s’en est pris à l’Algérie (ce qui est fort compréhensible venant de lui) et, tenez-vous bien, à la pauvre Libye. Pays qu’il a fortement contribué à détruire. D’ailleurs on rapporte qu’il n’a pas cessé de s’agiter tout le long de la guerre en Libye jusqu’à l’assassinat du Colonel Gaddafi et surtout l’élimination de toutes preuves matérielles compromettantes mettant en lumière les liens troubles qu’il entretenait avec le clan des Sarkozy.

« La Tunisie est frontalière avec l’Algérie et avec la Libye. Ce n’est pas nouveau. Vous n’avez pas choisi votre emplacement. » dixit Sarkozy qui ne peut s’empêcher d’embarrasser ses hôtes à chaque occasion qui se présente. Continuant sur sa lancée, Sarkozy enfonce un autre petit clou en déterrant son Union pour la Méditerranée, un projet de normalisation à peine cachée des relations des pays de la rive Sud de la Méditerranée avec Israël et considéré comme mort-né. L’idée avait à l’époque reçu l’aval enthousiaste de l’Egypte de Moubarak et du Royaume de Jordanie mais totalement et violamment rejetée par la Libye de Gaddafi, qui n’y a jamais adhéré.  L’Algérie quant à elle s’est opposée diplomatiquement et très prudemment à cette Union en rappelant l’existence d’un mécanisme de concertation au sein du groupe 5+5. Or maintenant pour Sarkozy, le devenir incertain de l’Algérie doit être examiné en urgence au sein de cette instance fantôme. C’est la goutte de trop. Aucune réaction officielle d’Alger mais les esprits des Algériens sont chauffés à blanc. Le choix des soutiens (lesquels impliquent des aides financières ou des promesses d’attribution de marchés ainsi que l’influence du vote de certaines catégories de la population française) pour les présidentielles 2017 en France est bien arrêté.

Si les déclarations de Sarkozy n’ont pas suscité de réactions de la part des autorités officielles à Tunis, pas plus qu’à Alger d’ailleurs, elles ont mis le feu sur les réseaux sociaux où les tunisiens ont virtuellement lynché celui qu’ils surnomment le « Nabot ».

De toute évidence, Sarkozy est culotté. Beaucoup plus qu’un Disraeli, à la différence notoire que ce dernier était infiniment plus honnête, poli, objectif et éduqué que lui.

Sarkozy n’est pas content d’avoir détruit le fragile équilibre de la paix en Méditerranée occidentale qui perdurait depuis plus d’un demi-siècle, d’avoir crée le chaos et le vacuum géopolitique libyen duquel a émergé une sorte de Daech ou encore d’avoir provoqué l’un des plus grands exodes humains sur mer Méditerranée depuis des siècles. Le voilà maintenant qu’il se permet des analyses géostratégiques. Problème, Sarkozy n’a jamais été stratège et encore moins philosophe. Loin s’en faut.

On se rappelle qu’après une rencontre avec le président russe Vladimir Poutine durant laquelle Nicolas Sarkozy a voulu se mesurer à lui en le provocant d’une façon très désinvolte, on a vu ce dernier à moitié ivre et visiblement abattu lors d’une conférence de presse où il déblatérait des phrases totalement incompréhensibles. La presse a passé sous silence absolu ce qui c’était passé lors du huis-clos mais beaucoup de gens savaient ce qui s’était réellement produit. Exaspéré par le juif hongrois, Poutine lui a finalement ordonné de se taire et de cesser de jouer au pitre (littéralement: Вы всегда делать клоун? Toujours à faire le pitre?) Certains sont allés jusqu’à raconter que Poutine a tacitement laissé entendre que s’il n’était un Chef d’Etat, il aurait personnellement usé de la coercition physique à huis-clos à l’encontre de Sarkozy mais je n’ai jamais pu avoir confirmation de cette information à partir de témoins non russes.

Pour celles et ceux qui l’ont un peu oublié, voici une définition du terme « pitre » telle qu’établie par le Centre National des ressources textuelles et lexicales: « Pitre: Bouffon qui fait la parade pour un spectacle de foire, de cirque, qui est chargé d’attirer par ses plaisanteries, ses facéties le public autour des tréteaux d’un charlatan… »

 

 

The Iran Agreement, More Nuclear Theatre

The planet is saved from the brink of war, we are told today. Everyone is weighing in, broken politicians, the walking dead of the geopolitical world hoping their inane observations on the obvious and meaningless might bring an iota of attention their way.

The whole thing is theatre.

There are the simple and inexorable facts, that Iran had halted its military uranium enrichment program in 2003, a fact long observed by both the IAEA and CIA. There has been nothing but agreement on that fact with two National Security Estimates, the first from 2007. From the New York Times, December 3, 2007:

‘A new assessment by American intelligence agencies made public Monday concludes that Iran halted its nuclear weapons program in 2003 and that the program remains on hold, contradicting an assessment two years ago that Tehran was working inexorably toward building a bomb.

The report seems likely to weaken international support for tougher sanctions against Iran and raise new questions about the credibility of the beleaguered American intelligence agencies, while reshaping the final year of the Bush administration, which has made halting Iran’s nuclear program a cornerstone of its foreign policy.

The assessment, a National Intelligence Estimate that represents the consensus view of all 16 American spy agencies, states that Tehran is most likely keeping its options open with respect to building a weapon, but that intelligence agencies “do not know whether it currently intends to develop nuclear weapons.”’

What we have to understand is that there had been no subsequent report from anywhere, not the CIA, not the IAEA, nothing at all indicating that anything contained in the original 2007 report was wrong, quite to the contrary.

Every piece of evidence presented since then not only backed up this report but indicated increasing openness on the part of Iran to disclose more aspects of a nuclear program that had already been under a very high level of inspection for some time.

What does this mean about the current agreement? Well, for sure there are domestic political issues in the United States. The agreement with Iran to save the world from a nuclear attack by a nation with no nuclear program and no nuclear weapons is certainly quite an accomplishment, right up there with the American and British cleansing of Iraq of their non-existent weapons of mass destruction.

Obama can now ride into the sunset having saved the world from weapons that never existed and for killing Osama bin Laden, long exposed as a prime CIA asset who actually died in 2001 after unsuccessful treatments for kidney disease at the Bethesda Naval Medical Center in Maryland, according to highest level sources.

What is the real aftermath likely to look like? First of all, if you are a hotel owner in Tehran, the already heavy influx of western business executives, Israeli’s included, that have taken Tehran by storm, will be dwarfed by what is to come.

You see, not only will sanctions open the door to oil trading, and in the process collapse world oil and gas markets, unless of course those markets have been rigged all along, but Iran has had assets frozen around the world. Billions will flow into Iran, money long owed to Iran. Being a friend of Iran will become much like being a friend of Saudi Arabia.

Toward this end, ISIS and those standing behind that organization, nominally Qatar, Saudi Arabia, Israel and Turkey, can expect major reverses.

The upcoming S300 air defense deliveries, putting Russia’s prestigious reputation behind securing Iran from Israeli and Saudi attack, should quell what have always been empty threats. Soon, Iran will have the air force it has not possessed since the days of the Shah.

With both Israel, Saudi Arabia and the Gulf states buying in on the F 35 or continuing to upgrade their F 15s, an export version of the Sukhoi T50, even “detuned,” would outperform anything in the region, a plane with range capable of dominating the region. Would Iran put an air umbrella or enforce a no fly zone over Yemen?

Another place to look is Hezbollah. Most experts agree that, were Turkey and Qatar, operating out of Hatay, to have secured a more durable foothold for their al Qaeda forces in Syria and were Saudi efforts to mount an offensive in both Bekaa, Lebanon and the Qalamoun –Zabadani region north of Damascus, Israel would have moved into Lebanon in attempt to avenge their 2006 defeat at the hands of Hezbollah.

With Hezbollah off terrorist lists and Iran capable of even more robust financial support for their chief ally, a number of steps can and likely will be taken that will alter the balance of power in the region. It has always been considered a major security risk for Israel were Hezbollah to have a robust air defense system. There is little question now that this will become a reality and that Israeli attempts to curtail installation of this purely defensive capability will be futile.

This will change everything, ending forever Israel’s “Nile to the Euphrates” dream of a “borderless state.”

Since that first report, back in 2007, 8 years have passed. With the potential power base of BRICs taking on Iran as a full partner and the Silk Road projects increasing economic focus on Iran, the Caspian Basin and the Caucasus regions, an inexorable power shift toward not just Tehran but the region as a whole is well in the works.

This will leave the next looming question the fate of the Kurdish people and how long Turkey as we know it, can continue to exist.

Gordon Duff

First appeared: http://journal-neo.org/2015/07/16/the-iran-agreement-more-nuclear-theatre/

Algérie: danger en vue…

Selon le quotidien algérien El-Khabar, un convoi de véhicules militaires de l’armée algérienne se dirigeant vers un poste d’observation situé à Tifrane, à 40 kilomètres de la localité de Tarik Ibn Ziad dans la province d’Aïn-Defla (l’Ouarsenis) est tombé la nuit dernière dans une terrible embuscade tendue par un groupe terroriste lourdement armé.

D’autres sources ont précisé que les membres du groupe terroriste, en nombre élevé, ont miné la route bordant la forêt menant vers un poste avancé de l’armée. Utilisant des mitrailleuses PKM (7.62X54R) et des lances-roquettes antichar RPG-7 ainsi que des bombes artisanales plantées sur le bord du chemin (semblables aux IED) dans une zone boisée, les assaillants ont cherché à anéantir le convoi. Les militaires algériens ont riposté mais ont enregistré la perte de plus d’une dizaine de soldats.

Le groupe terroriste activant entre Médéa (Titteri) et Aïn Defla s’est replié après l’accrochage, fuyant une force rapide de recherche-destruction et serait à présent encerclé.

A 20 kilomètres du lieu de l’attaque, une bombe actionnée à distance a détruit un véhicule civil empruntant un chemin de montagne. Le chauffeur du véhicule a survécu à l’explosion.

Moins d’une semaine après la diffusion par Daech en Syrie d’un enregistrement vidéo dans lequel deux membres algériens de l’organisation terroriste menacaient de porter la guerre en Algérie, dernière étape selon eux, avant de partir guerroyer en péninsule Ibérique, il semble que certains maquis de la guérilla islamiste des années 90 sont en train d’être réactivés et réapprovisionnés en armes provenant de Libye.

Le message vidéo de Daech à partir de sa “capitale” Al-Riqqa en Syrie orientale, aurait pu passer inaperçu tant il semblait anodin. Cependant, il contenait un message codé à l’attention de cellules dormantes situées en Algérie et ce n’est pas par hasard que les deux terroristes évoquèrent une allégeance à Daech de groupes terroristes à Skikda (ex-Philippeville) et l’un des principaux terminaux pétroliers du pays ainsi que le Sahara, le coeur de l’économie algérienne.

L’armée algérienne semble consciente du danger croissant aggravé par le départ en Irak et en Syrie de milliers de combattants tunisiens et l’effondrement étatique en Libye et au Mali où la situation demeure plus que chaotique. De source officielle, on indique que plus de 60 000 soldats algériens sont actuellement déployés aux frontières avec la Tunisie et la Libye et que plus de 32 000 autres sont déployés à l’extrême-Sud du pays. Pour corser le tout, une situation de tension à Ghardaïa a obligé l’armée de mobiliser une force d’attente de 4 000 hommes répartis dans des bases aériennes autour de la préfécture, objet d’une lutte souterraine très complexe au sommet du pouvoir. A cela s’ajoute l’imposant dispositif défensif stationné depuis des décennies face au Maroc. Tous ces déploiements  drainent les capacités d’un pays de 41 millions d’habitants et dont les ressources exploitées en hydrocarbures semblent en voie d’épuisement.

Mais que faire en cas de réactivation d’une dizaine de maquis dormants dans le Nord du pays, ayant cessé l’action armée grâce à de très importants subsides financiers accordés par l’Etat aux terroristes dans le cadre d’une politique d’amnistie que l’on pourrait qualifier de renoncement aux armes contre la garantie d’une ascension sociale grâce à l’argent?

L’armée semble avoir profondément analysé ce qui ce passe en Libye et en Syrie. Le choix du Yak-130 avec des spécifications sur commande le transformant en chasseur-bombardier léger, pouvant éluder une éventuelle zone d’exclusion aérienne et fort maniable semble loin d’être anodin. Le rôle des Aero L-39 Albatros de l’armée de l’air syrienne dans le conflit en Syrie a fini par peser sur certains choix stratégiques “optimaux”. Le choix des hélicoptères d’attaque également.

Durant les années 90, l’armée algérienne a été forcée de s’adapter à une guérilla qui ne semblait connaître aucun répit. Vers la fin du conflit, les forces aéroportées, les hélicoptères et les avions cargo militaires dominaient la scène et il n’était pas rare que des unités engagées dans des opérations de recherche-destruction (couramment appelées “ratissages” en Algérie) à l’extrême Est du pays, se retrouvaient à plus de 1000 kilomètres plus à l’Ouest dans la même journée ou en l’espace de quelques heures. Cette maîtrise de la projection aérienne fut illustrée des années plus tard par l’organisation en un temps record d’un pont aérien “spontané” reliant des villes algériennes au Soudan pour le transport d’une dizaine de milliers de supporters à l’occasion d’un match de football.

Mais le problème auquel fait face l’armée algérienne n’est pas tant Daech que l’oligarchie politico-financière ayant pu s’implanter et imposer ses vues sur les choix économiques et stratégiques du pays. De caractère compradore, elle a oeuvré pour un ultralibéralisme sauvage de la pire espèce en bradant tout ce qui pouvait l’être et en poursuivant un programme que les grands rapaces de la finance transnationale ne pouvaient désavouer (démantèlement de la marine marchande, encouragement de la corruption, choix politique d’interdire une industrie de constructions mécaniques en dehors du monopole, rapprochement avec le géant Monsanto, choix insensé de l’exploitation du gaz de schiste, substitution de l’économie réelle par une économie super rentière d’import-import au profit d’une oligarchie restreinte et enfin rapprochement simultané avec les milieux sionistes de gauche en France et des milieux d’affaires néoconservateurs ou de droite aux Etats-Unis) et les conséquences des politiques irrationnelles d’un gouvernement paraissant très loin des véritables préoccupations d’un pays de la taille de l’Algérie. C’est sur ce terrain précis que tentera de jouer Daech ou toute force hostile. La colère ou la désillusion  des populations ont toujours été un puissant levier. D’où l’urgence de rebâtir un leadership politique capable et efficace. Ce dont manque cruellement l’Algérie.

Paradoxalement, l’Algérie est le bouclier du Maroc et de la Tunisie face à Daech tel qu’il a été conçu, c’est-à-dire en tant qu’armée non-étatique capable de capturer et de gérer des territoires pris à des Etats-Nations.  Face à cette menace, aucun pays de la zone connue sous le sigle MENA ne semble à l’abri sauf si se forment des axes de résistance telles que ceux de l’axe Damas-Téhéran-Moscou. Pour cela, il faudra transcender L’autisme et l’esprit bunkériste des pays maghrébins ou cela se fera à leurs corps défendant car le danger est désormais en vue.

 

François Hollande, Israël et la bombe atomique

Le 20 mai 2015, Israël, qui participe à la Force commune arabe, largue une bombe à neutrons au Yémen. Ce type de bombe nucléaire tactique tue les êtres vivants sans détruire les infrastructures.

L’interview traditionnel du président de la République française le 14 juillet, date de la fête nationale, aura été cette année l’occasion pour François Hollande de tenir toutes sortes de propos indécents et aberrants.

Je voudrais juste attirer votre attention sur le passage suivant en réponse à une question de Claire Chazal sur l’accord des 5+1 avec l’Iran :

« La France a été très ferme dans cette négociation et Laurent Fabius l’a conduite avec beaucoup de rigueur et également de fermeté.
Qu’est-ce qu’était ma préoccupation ? Éviter la prolifération nucléaire. Cela veut dire quoi la prolifération nucléaire ? Cela voulait dire que l’Iran puisse accéder à l’arme nucléaire. Si l’Iran accédait à l’arme nucléaire, l’Arabie Saoudite, Israël, d’autres pays voudraient également accéder à l’arme nucléaire. Ce serait un risque pour la planète tout entière. Donc, il fallait empêcher que l’Iran puisse accéder à l’arme nucléaire. » [1]

Ainsi, selon le président Hollande, chef des Armées et à ce titre détenteur de la Force nucléaire, Israël n’aurait pas d’armes nucléaires.

Or, chacun sait qu’Israël est l’une des quatre puissances nucléaires non-signataires du Traité de non-prolifération (avec l’Inde, le Pakistan et la République populaire démocratique de Corée).

C’est en 1956 que le président du Conseil français, Guy Mollet (le prédécesseur de François Hollande à la tête du Parti socialiste), organisa le transfert de technologie nucléaire entre la France et Israël. Pour ce faire, il attribua à l’Hôtel de Matignon un bureau à Shimon Peres (futur président d’Israël) d’où celui-ci supervisa le transfert. La France construisit la centrale de Dimona dans le désert du Néguev, dont Shimon Peres devint le directeur. Israël participa également aux expériences nucléaires françaises dans le désert algérien. Partisan de la colonisation, Guy Mollet s’appuya sur Israël pour lutter contre le FLN algérien et faire la guerre à l’Égypte (« crise » du Canal de Suez).

Cette coopération se détériora sous Charles De Gaulle et prit fin avec la décolonisation de l’Algérie. Lorsqu’en 1967, Israël attaqua ses voisins arabes (théorie de la « guerre préventive »), l’Égypte, la Jordanie et la Syrie, De Gaulle rompit les relations avec Israël. Quelques jours plus tard, les Etats-unis signèrent un accord secret avec Israël l’autorisant à détenir la bombe sous réserve de ne pas en faire la publicité et de ne pas procéder à de nouvelles expérimentations.

Israël poursuivit ses recherches avec l’aide des Britanniques, dans un premier temps —ceux-ci lui fournirent notamment du combustible prêt à l’emploi—. Puis avec l’aide de l’Afrique du Sud à partir de 1975. Il bénéficia notamment des explosions nucléaires sud-africaines, particulièrement en 1979 dans l’Océan indien, sans pour cela violer son accord avec Washington.

Israël détient actuellement entre 80 et 400 têtes nucléaires et un grand nombre de bombes à neutrons. En effet, du fait de la topographie, les bombes nucléaires stratégiques sont impossibles à utiliser dans l’environnement proche d’Israël. Aussi l’État hébreu s’est-il spécialisé dans les bombes à neutrons, dont le rayon d’action est plus petit. Celles-ci sont les armes du capitalisme par excellence car elles tuent les hommes, mais n’endommagent pas les propriétés.

L’ensemble de ce programme fut révélé par un scientifique israélien opposé à l’apartheid, Mordechaï Vanunu, en 1986 dans le Sunday Times [2]. Il fut alors enlevé à Rome par le Mossad, rapatrié en Israël et mis au secret durant 18 ans. Libéré en 2004, mais assigné à résidence, il accorda un entretien à Silvia Cattori et fut immédiatement réincarcéré pour avoir parlé à des journalistes [3].

En 2002, le stratège israélien Martin Van Creveld fit état publiquement de l’arsenal nucléaire et menaça les Européens de rétorsion sur leur sol s’ils persistaient à soutenir les Palestiniens [4]. On parla alors du « complexe de Samson », c’est-à-dire de la menace d’un suicide destructeur israélien plutôt que d’une défaite.

Le 6 décembre 2006, le secrétaire à la Défense états-unien, Robert Gates, admettait lors d’une audition au Sénat qu’Israël détient la bombe atomique. Quelques jours plus tard, le Premier ministre israélien, Ehud Olmert, l’admettait au détour d’une phrase, lors d’un entretien à la chaîne allemande N24.

En 2010, 18 États arabes sont parvenus à faire inscrire sur l’Agenda de l’AIEA (Agence internationale pour l’Énergie atomique) la question des « capacités nucléaires israéliennes ». Les Nations unies organisèrent alors une conférence sur le Traité de non-prolifération au cours de laquelle la République islamique d’Iran proposa de créer « une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient » [5], sur le modèle de ce qui a été fait en Amérique latine ou en Asie centrale. Cependant ce projet échoua du fait de l’opposition d’Israël et des États-Unis. Ces derniers stockant illégalement des armes nucléaires en Turquie.

Récemment, Israël a fait usage de bombes à neutrons à Khiam lors de la guerre de 2006 contre le Liban et au Yémen, le 20 mai dernier. Dans les deux cas, des relevés de radiations ont été effectués.

Pourquoi le président Hollande nie-t-il des faits largement établis ? Par ignorance ou parce qu’il tente de justifier la position française durant les négociations avec l’Iran au point de s’emberlificoter dans sa propre propagande ?

Le 17 novembre 2013, arrivant à l’aéroport Ben-Gourion de Tel-Aviv, François Hollande déclarait « « Tamid écha-èr ravèr chèl Israël » en hébreu, « Je suis votre ami et je le serai toujours  » » [6].

Thierry Meyssan

Lien direct de l’article: Voltairenet

 


 

Notes:

[1] « Entretien de François Hollande pour la fête nationale », par François Hollande, Réseau Voltaire, 14 juillet 2015.

[2] “Revealed : the secrets of Israel’s nuclear arsenal”, The Sunday Times, October 5, 1986.

[3] « C’est parce qu’Israël détient la bombe atomique qu’il peut pratiquer sans crainte l’apartheid », par Silvia Cattori, Traduction Marcel Charbonnier, Réseau Voltaire, 14 octobre 2005.

[4] “The War Game, a controversial view of the current crisis in the Middle East”, Elsevier, 2002, no. 17, p. 52-53, 27 avril 2002.

[5] « Création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient », Réseau Voltaire, 4 mai 2010.

[6] « Déclaration de François Hollande à son arrivée à l’aéroport de Tel-Aviv », par François Hollande, Réseau Voltaire, 17 novembre 2013.

Invictus

Mollah Omar of Afghanistan, supreme leader of the Islamic Emirate of Afghanistan/Le Mollah Omar, chef suprême de l'Emirat Islamique d'Afghanistan.
This is the second known picture of Mollah Omar of Afghanistan, supreme leader of the Islamic Emirate of Afghanistan. The new picture was published in Pakistan media outlets three days ago/Ceci est la seconde photographie connue du Mollah Omar, chef suprême de l’Emirat Islamique d’Afghanistan. Publiée il y a trois jours par l’ensemble de la presse pakistanaise.

On ne lui connaissait qu’une seule photographie, un vague cliché en noir et blanc où il apparaissait nettement plus jeune. Or voici que l’ensemble des médias pakistanais publient à la Une une seconde photographie-couleur- du Mollah Omar, chef suprême des Talibans d’Afghanistan et Commandant de la plus redoutable guérilla au monde.

Le moment semble avoir été choisi avec une minutie extrême par l’ISI (Inter Services Intelligence), les fameux renseignements pakistanais, pour la diffusion de cette photographie: de mystérieuses  négociations de paix entre des émissaires des Talibans Afghans et des représentants de la Haute Commission pour la Paix, un organe dédié mandaté par le gouvernement de Kaboul, se tiennent depuis une semaine à Murree, à 50 kilomètres au Nord-Est d’Islamabad. Des émissaires de Washington et de Pékin y assistent en tant qu’observateurs. Le problème est que personne ne savait avec certitude si le Chef suprême des Talibans a oui non donné son accord pour de telles négociations, étant donné que la légitimité des  émissaires se déclarant représenter le mouvement, dépêchés depuis le bureau des Talibans à Doha, Qatar, semblait rejetée par le haut conseil de commandement des Talibans, mettant en péril les efforts des acteurs régionaux en vue d’éviter un effondrement total du pouvoir de Kaboul. En publiant la photographie du chef charismatique et invaincu des Talibans, la presse pakistanaise rapporte que le Mollah Omar adoubait les négociations en cours et estimait que les émissaires présents y sont légitimes. Mais du côté des Talibans, c’est le silence radio ou presque puisque leurs forces se battent avec acharnement de Helmand à Kunduz sans le moindre répit. Nous sommes en face à une complexe opération psychologique de surface, éludant un autre processus de manipulation à double effet bien plus complexe.

La personnalité du Mollah Omar demeure fort mystérieuse. En guerre depuis 14 ans contre les armées des Etats-Unis d’Amérique, celles de l’ensemble des pays de l’Otan et les forces mercenaires de dizaines de pays comme l’Albanie, la Bulgarie, les Emirats Arabes Unies, la Jordanie ou la Turquie, il demeure invaincu et plus assuré que jamais de remporter la lutte. Tout le monde sait ici* que le retrait de proportions limitées des forces combattantes de l’ISAF et de l’OTAN-un remake presque identique au retrait Soviétique de 1989-a permis aux Talibans de capturer l’ensemble des bases évacuées par les forces étrangères, en dépit d’efforts presque surhumains déployés par les unités de l’ANA (Armée Nationale Afghane) pour ralentir l’avancée des rebelles.

Washington qui a perdu plus de 707 milliards de dollars USD dans cette guerre sans aucun objectif (et dont une bonne partie de ce pactole est allée alimenter les méga-circuits de la corruption au sein des opérateurs privés du complexe militaro-industriels et ses affiliés) paraît à court de solution. Le plan britannique prévoyant d’injecter l’Etat Islamique (Daech) près des bases de l’ISAF évacuées pour déclencher un nouveau conflit semble grippé.

Contrairement à Daech, les Talibans d’Afghanistan, bien que Sunnites, n’adhèrent nullement à l’idéologie Wahhabite et ont réussi à avoir des relations cordiales avec les minorités chiites et même à nouer des liens avec l’Iran. Le Mollah Omar a même transmis une lettre à Daech en Irak dans laquelle il rappelle que son mouvement ne s’est jamais ingéré dans les affaires du Levant ou d’Irak, qu’il ne reconnaissait pas les modalités de désignation d’un Calife à Bagdad et  qu’il est la seule puissance souveraine en Afghanistan. A deux reprises, Daech a tenté de se mesurer militairement aux Talibans; d’abord dans la province occidentale de Farah puis à Jalalabad dans l’extrême Est non loin de la ligne Durand. Le résultat fut sans appel: les forces de Daech, équipées d’un materiel flambant neuf, ont failli être anéanties jusqu’au dernier par des Talibans aguerris et ayant déjà subi toute la panoplie de l’armement US, y compris NBC (nucléaire, biologique et chimique)

Depuis les combats de Jalalabad dans le Nungarhar, les éléments de Daech ont remis leurs armes et se sont investis dans l’aide aux villages démunis, dans une nouvelle stratégie visant à conquérir les populations rurales.

Le gouvenement du président Ashraf Ghani est conscient que seule l’intégration des Talibans dans le processus politique et éventuellement son association dans la formation d’un gouvernement d’union nationale pourrait conjurer une effondrement des structures politiques mises en place sous l’occupation. Le Mollah Omar a déjà posé ses conditions: Aucun accord de cessez-le-feu au préalable avant le retrait de l’ensemble des forces militaires étrangères d’Afghanistan ainsi que tous les coopérants techniques.

En dépit d’une armée de 380 000 hommes, Kaboul demeure plus que jamais convaincu que le Mollah Omar est désormais incontournable. La Chine, l’Iran, le Pakistan et la Russie pensent exactement la même chose. Les américains ont fini par s’y résigner, en maudissant ceux qui les ont mis dans la plus grande nasse de leur histoire.

C’est dire qu’ils n’ont absolument rien retenu  de l’histoire de ce pays d’Asie centrale, fossoyeur de tant d’empires…

 


 

*Votre serviteur s’apprête à quitter cette région du monde.

 

 

 

Guerre en Syrie: l’armée syrienne repousse une solide offensive blindée rebelle sur Derâa

Derâa (Syrie méridionale): les unités de l’armée régumière syrienne défendant la ville de Derâa ont pu mettre en échec trois tentatives d’assaut consécutives des forces de  l’armée de la conquête composées de 33 unités évoluant sur cinq axes.

Première bataille de chars: utilisant des chars T-55, T-62 ainsi que quelques T-72 et évoluant en provenance du Nord de la Jordanie, les forces rebelles ont été prises à partie par les chars T-72S des unités blindées syriennes. La bataille de chars qui s’en est suivie a duré plus de trois heures. La plupart des chars rebelles ont été mis hors de combat. 11 chars rebelles ont été détruits par des obus-flèches (APFSDS: Armour Piercing Fin-Stabilized Discarding Sabot) tirés d’une distance à inférieure à 4000 mètres par les canons à âme lisse des chars de l’armée syrienne tandis qu’une vingtaine d’autres chars rebelles ont été déchiquetés par les missiles antichar tirés par des soldats des unités de l’infanterie mécanisée.

Des chars de l’armée régulière ont été détruits par des missiles TOW rebelles.

Il ne fait plus aucun doute que l’opération « Tempête du Sud » déclenchée par l’état-major rebelle installé dans une salle de commandement conjointe sise en Jordanie, s’avère être un fiasco pour Washington et Ryad. Plus de 269 rebelles ont trouvé la mort devant les remparts de Derâa en trois jours.

Berceau présumé de ce que les rebelles et leurs alliés occidentaux et arabes appellent « la révolution syrienne », la ville de Derâa est défendue par l’armée syrienne depuis plus de quatre années consécutives.

Connaissant bien le terrain, l’armée syrienne a pu contrer une dizaine d’assauts majeurs sur cette province-dont les trois offensives rebelles survenus cette semaine. Ce qui a conduit les chefs rebelles à s’accuser mutuellement de trahison et d’intelligence avec les « forces du régime ».  Cet échange d’accusations entre les chefs des groupes rebelles s’est vite transformé en un échange d’obus et autres roquettes. Jusqu’à l’heure où nous écrivons ces lignes, des affrontements féroces opposent des factions rivales de l’armée rebelle en retrait des environs de Derâa.

Le mécontentement des rebelles à l’égard de « ceux qui se cachent dans des bureaux climatisés » en Jordanie tout en les envoyant au casse-pipe, ne cesse de croître. Certains commandants rebelles sont exaspérés de l’attitude des conseillers militaires US et britanniques (et autres de la coalition), préférant gérer le champ de bataille derrière des écrans d’ordinateurs bien au frais en Jordanie sans se soucier des lourdes pertes accusées parmi les rebelles à chaque opération.

Obus-flèche BK-14M avec son sabot.
Obus-flèche BK-14M avec son sabot. Poids du projectile: 19.8 kgs. Vitesse initiale: 905 m/seconde.

Guerre en Syrie: SITREP du 07/07/2015

Sitrep/Strategika 51/ 07072015/ 0314Z

Syrie/Zabadani———Voir carte.

Adoptant une nouvelle stratégie pour répondre à la révolution tactique des différents groupes rebelles en Syrie, dont la coalition dénommée « Armée de la conquête », les forces armées syriennes continuent à consolider leurs avancées sur l’axe stratégique du Qalamoun, commandant les confins syro-libanais, avec pour enjeu l’interdiction des lignes d’approvisionnement en hommes et matériel rebelles, la sauvegarde des communications avec le Liban et plus particulièrement la logistique et les communications du Hezbollah libanais entre les deux théâtres. Enfin, circonscrire une propagation des combats ou une irruption rebelle au Liban.

La ville de Zabadani, une localité de 40 000 habitants relevant du Gouvernorat de la grande périphérie de Damas, située au Sud-Ouest de la Syrie à la frontière avec le Liban, occupée par l’armée du Front Ennosra (Al-Qaida renforcée et militarisée) depuis janvier 2012, est devenue l’objet d’une solide offensive syrienne.

L’Avancée des unités syriennes, soutenues par les unités spéciales du Hezbollah Libanais à partir des axes Ouest et Sud a été facilitée par l’artillerie et l’aviation. Des troupes de choc syrienne se sont inflitré derrière les lignes rebelles.

Les informations en provenance du terrain confirment l’effondrement des défenses rebelles et repli des principaux groupes.

Les combats se focalisent actuellement au centre de la localité à moins de 200 mètres de l’hôtel de ville sis à une altitude de 1100 mètres au dessus du niveau de la mer. Les forces combinées font face à une guérilla urbaine caractérisée par une présence affirmée de snipers, l’usage intensif de roquettes antichars contre les véhicules blindés d’infanterie mécanisée BMP et l’emploi des forces spéciales lesquelles doivent avancée dans une zone urbanisée difficile parsemée de pièges et de mines.

Quelques temps avant l’avancée des troupes au sol, l’aviation syrienne a procédé à des lâchers de bombes et de roquettes en plein agglomération densément urbanisée.

La recapture de la ville par l’armée syrienne est presque acquise.

La prise de la localité de Zabadani permettra à l’armée syrienne de:

Renforcer le contrôle du Qalamoun et des confins syro-libanais;

Etendre la zone de contrôle sur la plaine de Zabadani donnant sur les plaines de Homs à l’Est en Syrie centrale (selon un axe Nord-Sud) et mettre cette zone à la portée de l’artillerie syrienne;
Fortification du troisième cercle défensif de la région de Damas et l’axe menant de Djebel El-Cheick à Quneïtra.

Gouvernorat de Homs:

Plus à l’Est, dans le gouvernorat de Homs, les unités de l’armée syrienne sont violemment accrochées par une coalition de groupes armées dont les forces d’Ennosra, notamment autour de la localité de Talbissa. Des rebelles ont réussi à saboter un gazoduc alimentant le Sud-Ouest de la Syrie dans la région de Firkliss, à l’Est de Homs. Le feu fait toujours rage et les éléments du Génie de l’armée syrienne ne parviennent toujours pas à investir les lieux.

Idlib:

Des hélicoptères de l’armée syrienne ont lâché des barils thermobariques sur la localité de Kafr-Aouid et de Mozra dans la région de Zaouia ainsi qu’autour de la base militaire aérienne d’Abu-Dhuhur, encerclée par d’importantes forces rebelles.

Derâa (Sud):

Combats continuels sur l’ensemble des axes de la province. Intervention d’unités spéciales syrienne au Nord de Qunaïtra et raids aériens sur Derâa. Information sur l’élimination de conseillers militaires étrangers au sein des troupes de l’armée de la Conquête (armée rebelle constitué par un conglomérat de douze milices rebelles et dont la salle des opérations est sise en Jordanie)

Décès de Tarek Aziz, ex-Vice Premier ministre irakien

Une des figures de l’Irak de Saddamm Hussein, Tarek Aziz, de son vrai nom Mikhaïl Yohanna, est décédé le 05 juin 2015 en détention dans un hôpital de la ville d’Al-Naciria en Irak suite à de graves complications cardiaques. Il était âgé de 79 ans.

De confression chrétienne d’Orient, Tarek Aziz s’est rendu aux forces d’occupation américaine fin avril 2003. Il a occupé les postes de ministre de l’information, de Vice-Premier ministre (1979-2003) et ministre des Affaires étrangères (1983-1991) sous les différents gouvernements irakiens durant la présidence de Saddam Hussein.

En mars 2009, il est condamné par un tribunal irakien au terme d’un procès d’opérette à 15 années de réclusion pour « crimes contre l’humanité » sur son rôle présumé dans l’exécution de 42 gros spéculateurs et usuriers de la pègre financière irakienne en 1992. A l’époque, en plein embargo international, le gouvernement irakien menait une guerre sans merci contre les spéculateurs et ceux que l’on qualifiait de « saboteurs de l’économie ».

Le 26 octobre 2010, une autre cour irakienne condamne Tarek Aziz et deux autres ex-hauts responsables irakiens à la peine capitale par pendaison pour leur rôle présumé dans la « suppression de partis religieux » et la répression qui s’était abattue sur un parti Chiite après une tentative d’assassinat de Saddam Hussein à Dijjil en 1982, en pleine guerre avec l’Iran de la Révolution Islamique.

Homme d’une intelligence exceptionnelle, diplomate jusqu’au bout et appartenant à une vieille famille issue d’une des plus anciennes minorités chrétiennes au monde, Tarek Aziz a été livré par les américains aux pires factions extrémistes d’une secte chiite. Son fils Ziad n’a pas été informé de son décès et les nombreuses chaînes de télévion irakiennes ont délibérément ignoré l’information.

Diplomatie: Envoyer l’armée d’abord et réfléchir ensuite…toujours

De par sa situation géographique, le Yémen a une importance non négligeable. Surtout pour l’Arabie Saoudite, mais aussi pour tous les navires empruntant le canal de Suez. Si le pays venait à basculer dans ce que Riyad appelle le côté obscur de l’Islam – le chiisme – sûr que le ciel ne manquerait de tomber sur la tête des princes saoudiens. Pour éviter cela, l’Arabie Saoudite a décidé; de façon quasi unilatérale; d’apporter son soutient au pouvoir en place et de lancer une campagne de bombardements des positions rebelles (auquel s’est allié l’ancien président Salah).

Mais voilà, même si Riyad à relancé et obtenue l’idée d’une force armée des États Arabes, la mise en place de celle-ci ne sera pas opérationnelle avant quelques semaines, au mieux, sinon vers la fin de l’année. Et malgré l’emploi de munitions par wagons entiers, les rebelles Houthis continuent d’avancer et de menacer Aden, la capitale du Sud.

même si l’Arabie Saoudite a envoyé sur le terrain quelques forces spéciales, la tâche est bien trop grande pour un seul pays. Seule solution pour Riyad, demander une assistance militaire, mais pas à n’importe qui, à Islamabad. Le fait que les princes saoudiens fassent une demande aux dirigeants pakistanais n’est pas une action irréfléchie, loin s’en faut. Ce n’est un secret pour personne que l’Arabie Saoudite emploie un nombre assez conséquent de mercenaires pakistanais dans son armée; de plus, Islamabad ne fait pas partie de la Ligue Arabe, ni même des pays observateurs, ce qui pourrait éviter des tergiversations diplomatiques sans fin.

Enfin, le Pakistan est voisin de l’Iran; grand ennemi de l’Arabie Saoudite – et nouvellement auréolé d’une certaine gloire depuis la signature de l’accord sur le nucléaire (accord qui laisse le peuple plus que dubitatif*) – et je suppose qu’Islamabad sert de diplomate non officiel entre Téhéran et Riyad. La Turquie aussi semble faire partie des tractations.

En effet, Mardi, le président turc – Recep Tayyip Erdogan – devrait se rendre à Téhéran pour une visite officielle. Au lendemain de ce déplacement, le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, est attendu à Islamabad afin de discuter de la situation au Yémen. Et quelques jours plus tard, Nawaz Sharif (pakistanais) sera en visite à Ankara.

Cependant, si on réfléchit un tant soit peu, cette demande pourrait mettre à mal les tractations entre l’Iran, le Pakistan et la Turquie. Le maillon faible, dans cette histoire étant Téhéran, bien entendu. Surtout que l’assistance demandée ne porte pas que sur des munitions; Riyad demande, ni plus ni moins, que des troupes au sol, des avions et des navires militaires. quand on connait les achats annuels d’armes de l’Arabie Saoudite, une telle demande fait un peu sourire. A moins que la lutte contre les Houthis s’éternise…

*Dans l’accord sur le nucléaire iranien, ce qui étonne le plus les observateurs est le fait que les sanctions économiques pourraient être levées. Bien entendu, si cela venait à arriver Téhéran rouvrirait les vannes des oléoducs, dans un marché où l’offre excède la demande laissant le prix du baril au plus bas depuis presque un an maintenant. Et ça, une partie du peuple iranien l’a bien compris…

La ceinture et les bretelles

Pour certains dirigeants musulmans, notamment au Moyen-Orient, il existe trois risques majeurs d’être renversés:
1- Une intervention étrangère;
2- Des hordes de terroristes qui viendraient camper sous leurs fenêtres (compatible avec le N°1);
3- Le peuple qui se rebelle, pour de bonnes raisons ou pour répondre aux désirs du N°1.

Bashar al-Assad en connait un rayon puisqu’il est lui-même sous le coup de ces trois fléaux. Certains présidents démocratiquement élus (pour reprendre une expression chère aux dirigeant occidentaux) n’ont pas eu le temps de défaire leurs valises et sont passés à la trappe. C’est le cas pour les chefs d’état issus des Frères Musulmans. Tous sauf un, mais il est vrai qu’à l’époque ou ses homologues se faisaient détrôner il n’était que Premier ministre; je veux, bien entendu, parler de Tayyep Recep Erdogan.

Après avoir consciencieusement préparé son élection à la tête de la Turquie – le palais présidentiel n’étant que la partie visible de l’iceberg – le dirigeant turc n’a pas l’intention de lâcher le pouvoir aussi rapidement que ses anciens homologues. A ce titre, il a pris soin de ne froisser personne. Ouvrant ses frontières aux extrémistes sensés libérer la Syrie, il a aussi autorisé l’OTAN à déployer ses missiles Patriot sur son territoire (sous couvert d’une éventuelle attaque syrienne), et laisser les navires US se ravitailler et réparer dans les ports de la mer Noire. Cette liste étant, vous vous en doutez, non exhaustive; puisque je ne parle pas des troupes de renseignements occidentales réparties le long de la frontière avec la Syrie, ni même des coups de main que l’armée turque a donné, de temps en temps, aux rebelles lorsque ceux-ci se trouvaient en fâcheuse posture.

Les deux premiers risques étant momentanément écartés, Erdogan s’attaque donc au peuple. On ne sait jamais, un accident étant vite arrivé, le dirigeant turc juge plus sage de réfréner les velléités de liberté que pourraient avoir ses citoyens. Car les troubles ne sont pas rares en Turquie; les manifestations étudiantes de 2013, celles des mineurs il y a un an; toutes violemment réprimées par le régime ont laissées des traces. Si la guerre en Syrie à permis à l’ancien Premier ministre d’atteindre le pouvoir suprême (en jouant sur la sécurité, mais en ventant aussi le plein emploi; un peu comme le feraient des candidats occidentaux), il n’oublie pas que si une solution venait à être trouvée pour régler ce conflit, le peuple pourrait bien lui demander des comptes. D’autant plus que la question kurde n’est toujours pas réglée…

Pire, la Turquie a un système parlementaire et lorsque l’on veut devenir tout puissant une seule option s’offre à vous: passer à un régime présidentiel, ce qui vous laisse beaucoup plus de libertés. Pour cela, Erdogan doit réformer la constitution. Cependant, avant toute refonte il faudra attendre le résultat des élections législatives du 7 juin prochain et surtout Erdogan et son parti – l’AKP (Parti de la justice et du développement) – devront posséder au moins les deux tiers des 550 sièges du parlement. Mais la rue pourrait ne pas être d’accord avec cette réforme…

Aucun souci, Erdogan a pensé à tout. Il vient de faire voter par les députés turc une version raccourcie du projet de loi très controversé de sécurité intérieure du gouvernement incluant les principales mesures destinées à renforcer les pouvoirs de la police.
Le texte voté permet aux policiers de fouiller domiciles ou véhicules sur la base de simples soupçons ou de retenir des suspects en garde à vue pendant quarante-huit heures, contre vingt-quatre auparavant, sans supervision d’un magistrat. Il punit aussi de quatre ans de prison les manifestants porteurs de cocktails Molotov ou de feux d’artifice.

Il autorise également les policiers à utiliser leurs armes à feu contre les porteurs de cocktail Molotov et interdit aux manifestants de cacher leur visage, sous peine de cinq ans de prison.

Avec ça, les manifestants sont prévenus. Des manifestations oui, à la rigueur; mais la chienlit, non!
Au fond, avec cette loi liberticide, Erdogan rejoint le groupe des dirigeants à la limite de la dictature. Et dire qu’il montre du doigt Bashar al-Assad depuis le début de la guerre syrienne.
Une déclinaison de la parabole de la paille et de la poutre, certainement…

Syrie : Comme un vent nouveau…

Lorsque John Kerry a annoncé, il y a quelques jours, que la fin du conflit en Syrie passait par un dialogue avec Bashar al-Assad; je suis resté dubitatif, pour le moins. Je n’ai pas osé y croire, les coups tordus dans cette guerre ont été si nombreux et si vils que j’y voyais plutôt une sorte de piège. J’attendais donc la suite, l’information qui pourrait me faire espérer… Et aujourd’hui je suis tombé sur deux infos, plus ou moins complémentaires.

La première émane de l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH) et reprend une nouvelle de la télévision officielle : « Au moins 12 personnes ont été tuées et 30 blessées lundi par des obus tirés par les rebelles sur des zones contrôlées par les forces gouvernementales à Alep. »
Certes, l’OSDH n’est pas ce qui se fait de mieux en matière de pertinence des informations, mais ce qui peut paraître étonnant c’est le fait qu’elle reprenne une info de la chaine de télévision officielle. Plus stupéfiant encore, ladite info tire à boulets rouge sur la rébellion. Bon, l’OSDH ne donne pas de nom. Mais il faut quand même saluer le geste qui consiste à dénoncer la rébellion comme étant responsable d’atrocités et de tirs de roquettes en aveugle; après cinq années à agonir le régime pour les mêmes crimes, c’est une nouveauté.

Plus fort encore, la deuxième dépêche nous vient tout droit de New-York et est signée Human Rights Watch (HRW); ONG présente sur tous les conflits où les USA ont un intérêt quelconque. La voici : « Des groupes d’opposition attaquent sans distinction des civils ». Et, cerise sur le gâteau, parmi les groupe rebelles dénoncés (Front al-Nosra, Daech) figure la très officielle Armée Syrienne Libre (ASL pour les intimes).
Diantre! La rébellion numéro un, celle-là même qui a les faveurs des occidentaux, celle qui – il y a encore quelques mois (avant l’apparition de l’EI) – trustait toutes les aides létales ou non, celle dont les dirigeants passaient leur temps dans avions qui les transportaient aux quatre coins du monde afin de réclamer plus de moyens financiers et surtout humains… Bref, LA Rébellion, avec un « R » majuscule.

Mais au juste, de quoi est accusé l’ASL? D’avoir tué des civils dans le but de créer la terreur, et ce à l’aide de voitures piégées. Mais pas n’importe où, uniquement dans des zones dont l’armée syrienne (la vrai) était absente. Du terrorisme de bas étage…

Je tiens quand même à vous rassurer, HRW n’est pas devenu pro Assad – pas encore, mais si Barack Obama ou John Kerry le leur demandaient, cela pourrait arriver – il n’empêche que la rébellion en prend pour son grade; car d’après l’ONG : « Nous assistons à une véritable course à l’abîme avec des rebelles qui s’alignent sur la cruauté des forces gouvernementales« . Gouvernement coupable (toujours selon HRW) de bombardements aveugles, d’actes de torture et d’utilisation d’armes chimiques, encore et toujours…

Je peux me tromper (des évènements pas toujours heureux m’ont tenu éloignés de mon clavier durant quelques semaines (mois?), j’espère que vous me pardonnerez…), mais je vois une sorte de vent de changement qui passe sur les médias. Car après tout, après avoir soutenu pendant des années que l’homme à abattre était Bashar al-Assad, il faut bien que le citoyen moyen soit au courant – à partir d’aujourd’hui – que le président syrien fait partie du paysage géopolitique, comme Vladimir Poutine, et que même si on ne l’aime pas il faut faire contre mauvaise fortune bon cœur et négocier avec lui…

PS. En parcourant le site de l’OSDH, je suis tombé sur ceci : « About 2000 including women and children, killed and wounded in 6 months of coalition air strikes » (Environ 2000 personnes, femmes et enfants compris, ont été tués et/ou blessés durant les six mois de frappes aériennes de la coalition)
La question est de savoir si ces victimes sont comptabilisées parmi les plus de deux cent mille morts de la guerre syrienne.

Syrie: la logique rationnelle de Washington contre l’irrationalité de Londres et de Paris

L’annonce par le Secrétaire d’Etat US John Kerry sur la nécessité de dialoguer avec le président syrien Bashar Al-Assad est un aboutissement logique et par dessus tout la consécration des efforts inlassables fournis par des centaines d’officiels américains anonymes et patriotes croyant dur comme fer qu’il est possible de contrer l’influence sioniste et de l’expurger du processus d’élaboration et de prise de décision en matière de politique étrangère US (Decision-Making and Decision-Taking Processes)

Des mois avant l’annonce de John Kerry, la plupart ds analystes US éloignés de l’influence israélienne et travaillant sur la Syrie sont arrivés à la conclusion selon laquelle il serait hautement préférable d’éviter un effondrement des structures de l’Etat syrien afin d’éviter une situation totalement chaotique susceptible d’échapper à tout contrôle. L’arrogance monstrueuse dont ont fait preuve les israéliens envers les Etats-Unis d’Amérique, notamment à travers leur premier ministre Benyamin Netanyahu, le peu de discrétion dont ont fait preuve leurs soldats en s’affichant ouvertement avec les terroristes d’El-Nosra devant les caméras ou encore l’obssession de leurs politiciens à vouloir humilier Washington ont mis à nu un allié « stratégique » fort  instable, peu loyal, ingrat et dangereux.

A l’opposé de l’ouverture d’esprit qui a toujours caractérisé les Américains, Londres et Paris persistent à faire de l’excès de zèle vis à vis du sionisme mondial. Les déclarations officielles des britanniques et des français sont depuis un certain temps totalement illogiques, éloignées des réalités et empreintes d’un certain ridicule concernant des questions comme la Syrie ou l’Ukraine.

Pour la Grande-Bretagne, cela pourrait se comprendre vu l’histoire du démantèlement de l’Etat britannique. Pour la France, le cas semble s’être aggravé par l’arrivée d’un certain Nicolas Sarkozy avant d’être consacré par les errements idéologiques d’une gauche sioniste d’une virulence inouïe en plein déni du principe de réalité. Dans tous les cas, le jeu continue…

Irak: des chasseurs-bombardiers non identifiés bombardent des positions de l’armée irakienne à Al-Anbar

D’après des informations publiques, des chasseurs-bombardiers non identifiés ont bombardé aujourd’hui une dizaine de position de l’armée et des milices irakiennes dans la province d’Al-Anbar (Ouest)  alors qu’une coalition formée par des milices encadrées par l’Iran tente de reprendre les territoires conquis par Daech dans la province de Salaheddine.

Les unités irakiennes visées par des missiles Air-Sol et des roquettes font partie du dispositif offensif géré par les stratéges des Gardes de la Révolution iranienne afin de reprendre Mossoul des mains de Daech et tenter de rompre le continuum de cette organisation en Syrie orientale.

L’espace aérien irakien est survolé ces derniers mois par des dizaines d’appareils de combat appartenant à au moins huit pays. Outre l’aviation iranienne et celles de la coalition internationale menée par les Etats-Unis d’Amérique participant à une campagne de bombardement anti-Daech, des avions de combat syriens, turcs et jordaniens ont fréquemment pénétré en Irak pour y effectuer des raids ponctuels sur des objectifs croisés.

La Syrie utilise des chars T-80 dans sa bataille pour le contrôle du Golan et de la ligne de démarcation avec Israël

Jamais l’armée syrienne n’a jeté tout son poids dans une bataille aussi décisive que celle en cours dans la province de Deraa. Prinicpal enjeu: la reprise des territoires capturés par le Front d’Ennosra dans le Golan syrien et la rupture du soutien israélien aux groupes de la rébellion syrienne.

Les unités de la IIIe et de la Ve Divisions blindées de l’armée syrienne, accompagnées par des unités de la VIIe Division d’infanterie mécanisée et du 100e Régiment d’artillerie de la Garde Républicaine, soutenues par les unités spécialisées du  Hezbollah libanais et des unités d’élite du Corps des Gardiens de la Révolution iranienne tentent d’éliminer de manière définitive le territoire tampon crée par Ennosra entre les territoires sous contrôle syrien et les territoires sous contrôle israélien.

Le front Ennosra issu de l’ancienne Al-Qaïda est fortement soutenu par l’armée israélienne, laquelle n’avait pas hésité à lui fournir un appui feu et un soutien logistique à plusieurs reprises durant les derniers dix-huit mois.

L’Iran dont l’implication militaire s’étend de plus en plus dans la région a clairement mis en garde Tel-Aviv que toute nouvelle tentative de fournir un appui feu direct à El-Nossra pourrait entraîner une intervention plus massive des troupes iraniennes en Syrie.

Sur le terrain, aux côtés des chars T-55 et T-72 M, l’armée syrienne vient d’utiliser des dizaines de chars T-80 B dont l’armée syrienne n’avait jamais fait l’acquisition mais lesquels pourraient avoir été livrés en urgence par la Russie pour remplacer les pertes subies durant le conflit. Cependant, il s’avère que de plus en plus d’unités blindées de l’armée syrienne sont en train de remplacer le T-72 M par le T-80 B, une alternative mieux équipée.

La vaste opération militaire menée par Damas avec l’aide des forces iraniennes dans le Sud de la Syrie coïncide avec l’entrée en force des forces iraniennes en Irak contre Daech, notamment à Tikrit, terre natale de l’ex-Président irakien Saddam Hussein, dans la province de Salaheddine et c’est grâce aux iraniens que les milices irakiennes ont pu reprendre du terrain à Daech.

Israël a commis la plus grave erreur stratégique de toute son histoire

Il semble que Tel-Aviv vient de commettre ce qui s’apparente à la plus grave erreur stratégique de son histoire avec l’attaque perpétrée à Qunaïtra dans la partie du Golan sous contrôle syrien au cours de laquelle ont péri des hauts cadres du Hezbollah et un général iranien.

De manière totalement inattendue, l’attaque israélienne contre des hauts cadres du Hezbollah en Syrie a provoqué un rapprochement historique entre le Hamas et le Hezbollah et la fusion de ce dernier dans la profondeur stratégique syro-iranienne. Soit une unification de l’ensemble des fronts de la frontière égyptienne jusqu’aux monts Taurus et de la mer Méditérranée jusqu’à Téhéran.

La Visite de Fahd Jassem Freij, le ministre syrien de la défense, à Qunaïtra est un fait hautement inhabituel et intervient à un moment crucial dans la guerre en cours dans l’ensemble du Moyen-Orient. Le déplacement d’un faucon parmi les faucons de Damas en plein Golan a suscité une très forte colère en Israël.

Israël a vivement condamné la visite du ministre syrien de la Défense au Golan, que les médias officiels syriens ont décrit comme une visite d’inspection au « FRONT SUD » face à « l’entité terroriste d’Israël ». Le ministre syrien en treillis de combat n’a d’ailleurs pas mâché ses mots en appelant les troupes syriennes, lesquelles combattent depuis bientôt quatre années des centaines d’organisations terroristes soutenus par des pays étrangers à « redoubler d’efforts pour combattre les groupes takfiristes terroristes et leur principal sponsor et allié, l’Etat terroriste d’Israël ».

De source sûre, Damas est en train de renforcer le dispositif de défense méridional face à son ennemi israélien où ont toujours été positionnées les meilleures unités de l’armée syrienne. Depuis 1973, la Syrie est en guerre technique avec Israël et ce dernier n’a pu arrêter alors une offensive syrienne sur le plateau du Golan qu’en usant de la menace nucléaire.

Fait impensable il y a trois ans, le Hamas palestinien vient de renouer avec le Hezbollah et la Syrie. L’aile militaire du mouvement Hamas, dont les combattants ont pu tenir tête à une très brutale offensive israélienne sur l’enclave assiégée de Gaza en juillet et août 2014, a déclaré non seulement son soutien au Hezbollah mais sa coordination totale avec le mouvement libanais et la Syrie en cas de guerre avec Israël. La reprise des relations entre le Hamas et la Syrie, rompues lors du début de la guerre en Syrie et l’implication de certains combattants palestiniens aux côtés des rebelles syriens a été un des grands objectifs d’Israël.

L’intégration de l’ensemble des forces d’élite du Hezbollah et de l’armée syrienne est achevée et des experts s’accordent à dire que la Syrie et le Liban feront front commun face à toute attaque israélienne. D’ailleurs l’un des objectifs des cadres du Hezbollah et des officiers iraniens au Golan était de former une nouvelle organisation populaire armée à l’instar de celle du mouvement libanais au Sud-Liban au Golan et de forcer les israéliens à évacuer le plateau comme ils ont été forcés d’évacuer le Liban Sud en 2000.

A Téhéran, l’heure est aux représailles intelligentes. L’axe stratégique Damas-Téhéran-Hezbollah semble déterminé à reprendre le plateau du Golan occupé par Israël depuis 1967 et annexé illégalement en 1981. Le Hamas palestinien a affirmé depuis Gaza qu’il soutiendrait toute action en ce sens.

Les iraniens privilégient à cette fin une approche très assymétrique semblable à celle, réussie, des comités de défense du Donbass en Ukraine ou à celles des milices de défense populaire en Irak et à Kobané en Syrie.

La perte par les israéliens du plateau très stratégique du Golan signifie à terme la fin d’Israël. Une panique soudaine s’est emparée des israéliens et même les américains semblent exaspérés par leurs attitudes jugées puériles et surtout « ingrates ». Les critiques américaines devront s’accroître car le gouvernement de guerre de Netanyahu est en train d’accumuler non seulement des bévues de toutes sortes mais désormais des erreurs stratégiques fatales.

La géopolitique pour les nuls

Aux États-Unis, le peuple peut se reposer sur CNN et Fox News pour se tenir informer, en France, nous avons BFMTV et même si cette chaine n’est pas aussi conséquente que ses consœurs nord-américaines, elle devient incontournable pour ceux qui ont un message à faire passer. Et BFMTV ne recule devant rien pour faire de l’audience, allant même jusqu’à téléphoner aux ennemis publics numéro un du moment – les frères Kouachi, responsables du massacre commis à Charlie Hebdo.

Chérif Kouachi (affilié à Al-Qaïda au Yémen) a pu s’expliquer sur son geste. Ainsi, il a expliqué avoir voulu venger le prophète Mahomet, objet des caricatures de « Charlie Hebdo », et a réfuté avoir tué des « civils », accusant les Occidentaux de tuer des femmes et des enfants en Irak, en Afghanistan et en Syrie.

De son côté, Amedy Coulibaly, auteur de la tuerie commise en même temps que celle du journal satirique, a lui téléphoné à la chaine d’informations – juste avant l’assaut des forces de l’ordre. Il aurait déclaré: « On s’est synchronisé (avec les frères Kouachi) pour faire les opérations. On s’est synchronisé pour le départ, cela veut dire qu’eux ont commencé par ‘Charlie Hebdo’ et moi j’ai commencé par les policiers ».

Il a ajouté avoir pris des otages pour défendre les musulmans opprimés notamment en Palestine, et a justifié le choix d’un magasin casher parce qu’il ciblait des juifs. Selon BFM TV, il a précisé avoir reçu des instructions de l’EI et a affirmé qu’il y avait « quatre morts » dans la supérette, un bilan confirmé après l’assaut.

Donc, si j’ai bien tout compris, l’État Islamique se bat contre les sionistes (c’est sans doute pour endormir la vigilance de Tsahal qu’ils ont envahi l’Irak et la Syrie, et que leur but ultime n’est pas de faire tomber les gouvernements de Bagdad et de Damas, mais bel et bien d’envahir Israël, en passant par le Golan); et Al-Qaïda sa bat contre les Occidentaux qui tuent femmes et enfants au Moyen-Orient (zut! Moi qui pensais que c’était justement les hommes d’Al-Qaïda qui massacraient des civils en Syrie).

Pour ceux d’entre-vous qui connaissent notre vision de la politique internationale, ces propos sont totalement ineptes. Mais dites-vous bien que la majorité de la population n’aura pas d’autre son de cloche, et que la seule information qu’ils retiendront est que les Musulmans sont dangereux, la preuve, non seulement ils s’attaquent à un symbole (!) de la liberté d’expression de la France, mais en plus ils tuent des juifs innocents… Et comme ils se réfèrent à Al-Qaïda, à la Syrie et à l’EI, il n’y a qu’une réponse possible: Il faut libérer Damas!

Treize années d’occupation, jusqu’à 130 000 hommes déployés, 50 nations présentes, plus de 4 000 morts… Pour rien!

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Le dimanche 28 Décembre, l’OTAN a fait ses adieux à l’Afghanistan. Enfin, ses adieux, pas tout à fait, puisque 12 500 hommes vont rester sur place pour assurer la formation des forces de sécurité afghanes. Mais au-delà de la propagande distillée par les Médias occidentaux, la situation sur place n’a guère évoluée.

Lors du lancement de la guerre en Afghanistan par les USA et leurs alliés (en 2001, suite aux attentats du 11 Septembre), l’objectif était de libérer le pays des Talibans. Si le début du conflit a vu des victoires rapides et nombreuses de la part de l’Occident, la suite a été nettement moins glorieuse; et pour cause, l’Afghanistan fait partie de ces pays où les armées extérieures s’y cassent les dents. Les Talibans eux-mêmes n’ont jamais réussi à conquérir l’ensemble du territoire.

D’ailleurs, un peu plus de treize ans après la « reconquête » l’objectif tant recherché n’a toujours pas été atteint. Même si les Talibans ne gouvernent plus, ils font néanmoins régner un régime de terreur sur l’ensemble du territoire. Pire, la sécurisation tant vantée des principales villes n’est qu’une illusion, comme le montre les récents attentats qui ont marqué ces derniers mois. Pour vous donner un ordre d’idées, l’armée afghane et la police ont perdu plus d’homme durant les dix premiers mois de cette année, que la coalition occidentale depuis le début de la guerre.

Certes, les Talibans ne sont plus tout à fait aussi nombreux qu’avant, mais ils ont su modifier leur tactique, et se sont spécialisés dans la guérilla et la résistance armée – comme bon nombre de groupes armés dans le monde lorsqu’ils sont en lutte contre un ennemi plus nombreux et mieux armé.

Quant aux femmes afghanes, dont le sort – interdiction de fréquenter les écoles et les universités, interdiction de travailler, et port de la burka (voile intégral recouvrant tout le corps) avait ému l’ensemble du monde, si elles ont retrouvé un semblant de liberté, elles ne sont pas aussi indépendantes que les médias main stream veulent bien nous le faire croire. Car si les Talibans ne sont plus à la tête du pays, la peur qu’ils ont instillé et qu’ils entretiennent à coup d’attentats n’est pas prête de disparaître.

La doctrine occidentale peut se résumer à ceci: Je suis venu, j’ai vu, j’ai brouillé les cartes et je suis reparti…

Détente?

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Peut-on, sans crainte du ridicule, vouer aux gémonies une nation toute entière, et dans le même temps se tourner vers cette même nation afin de sauver la sienne? A n’en pas douter, certains philosophes pourraient en écrire tout un chapitre, mais je vais tenter de faire plus court.

L’Ukraine, car il s’agit bien de ce pays, est en proie à une pénurie de charbon. Ce charbon a trois utilités aussi importantes l’une que l’autre:
1- approvisionner les centrales électriques,
2- approvisionner les chauffages urbains,
3- acheter la paix sociale.

Tout est partie d’une loi votée par le parlement de Kiev et qui déclare criminel tout achat de marchandises et/ou de services aux provinces autonomes de Donetsk et Louhansk, petit souci, le charbon utilisé dans les centrales ukrainiennes provient de ces deux régions; donc, impossible d’en acheter. Et l’hiver est là…

Dans un élan de compassion, Moscou vient de proposer aux dirigeants pro-occidental de Kiev de leur vendre la précieuse marchandise. Cette initiative est à mettre au crédit du président russe lui-même. D’après son porte-paroles – Dmitri Peskov – Vladimir Poutine a parlé d’un geste de bonne volonté, ajoutant que la Russie n’exigerait pas de paiement préalable. « Poutine a pris la décision d’entamer les livraisons en raison de l’urgence de la situation (…) et malgré l’absence de pré paiement »

La livraison porte d’ors et déjà sur 500 000T/mois et pourrait doubler en cas d’accord durable. A n’en pas douter les dirigeants ukrainiens vont sauter sur l’occasion – au mois jusqu’au dégel – et lâcheront peut-être un peu de lest. Il est aussi à noter que cette transaction a été officialisée le lendemain d’un échange de prisonniers entre Kiev et les séparatistes de l’Est; 145 militaires ukrainiens ont été échangés contre 222 rebelles, le plus gros échange depuis le début des hostilités.

Lors de la Guerre Froide, deux épisodes ont été qualifiés de « Détente ». Le premier débuta après la crise de Cuba (1963) et prit fin avec les prémices de la guerre d’Afghanistan (1979); le deuxième commença avec l’arrivée de Mikhaïl Gorbatchev à la tête du Kremlin en 1985 et vit la chute de l’URSS (1991).
Vladimir Poutine serait-il en train d’instaurer une troisième « détente » au sein de cette Guerre Froide 2.0? Mais surtout, l’Occident saura-t-il saisir la balle au bond? Pas certain. Quand à Kiev, je ne me fais aucunes illusions; coincé entre le bloc atlantiste et le peuple (qui pourrait demander des comptes aux dirigeants nouvellement élus en cas de pénurie effective de charbon), Porochenko et ses ministres n’ont pas fini de jouer aux girouettes; d’autant plus qu’il y a quelques semaines de ça, le président ukrainien exprimait sa volonté de posséder la plus grande armée d’Europe – en plus d’intégrer l’OTAN…

Nucléaire iranien, une excuse comme une autre…

Une excuse, voilà ce qu’est pour moi la « crise » occidentalo-iranienne à propos du nucléaire. Pour ceux qui auraient raté un épisode, cela fait quelques années que les USA, Israël, et tous leurs alliés (France, Angleterre…) cherchent à tout prix à déposséder Téhéran de son nucléaire civil. La raison invoqué est la possibilité pour l’Iran de parvenir à fabriquer des armes atomiques – remarquez au passage, que pour une fois, l’expression « Arme de destruction massive » n’a pas été utilisée – ce qui selon eux équivaudrait à laisser un enfant jouer avec un AK-47.

Bien que le Guide suprême religieux iranien ( l’Ayatollah Ali Khamenei) se défende de vouloir posséder le feu nucléaire, rien n’y fait, les pays occidentaux ne veulent rien entendre. Les iraniens doivent produire de l’électricité avec du charbon, du pétrole, des éoliennes ou alors en pédalant dans les caves, mais en aucun cas, ils ne doivent avoir de centrales nucléaires sur leur territoire même si elle était commandée à une entreprise occidentale. Par contre, les pays du Golfe, Arabie Saoudite en tête, peuvent en construire autant qu’ils le veulent, nonobstant le fait que ce sont eux qui fournissent les armes aux rebelles de tout poil qui ravagent le Moyen-Orient.

Ce n’est pas tant l’impossibilité pour Téhéran de produire de l’électricité à moindre coût qui pose problème ici, mais bel et bien l’embargo imposé par l’occident. L’interdiction d’exporter du pétrole ou du gaz a mis à genoux l’économie iranienne; la pénurie de médicaments n’arrange pas les choses, non plus; et tout ça pour quoi? Pour rien! Juste pour faire plaisir à Tel-Aviv.

Car depuis quelques mois, des négociations ont lieu, régulièrement, entre l’occident et l’Iran. Ces réunions dites à 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) tentent de trouver une solution, mais c’est peine perdue. La Russie et la Chine faisant corps avec l’Iran, les USA, la France et l’Angleterre appliquant les ordres d’Israël, il n’y a guère que l’Allemagne qui tire son épingle du jeu en vendant son armement à chaque participant…

Il y a eu des progrès notables, surtout depuis l’élection du nouveau président iranien, un peu moins matamore que l’ancien, plus réfléchi, et surtout plus posé. Une partie de l’embargo avait été levé, et il semblait que l’on se dirigeait vers une solution. Mais voilà, lors de la dernière réunion, rien de bien intéressant n’est ressorti. Pourtant, les pays occidentaux commençaient à faire du pied à l’Iran, doucement, sous la table afin de compter sur l’appui aérien pour la lutte contre Daech; car il ne faudrait pas oublier que Téhéran a été le premier pays frontalier à bombarder les sites détenus par l’EIIL en Irak, en Syrie aussi, et cela dès le mois de Juillet. Et pourtant, rien…

Heureusement, le fin mot de l’histoire nous vient de Washington où c’est tenu le Saban Forum sur le Proche-Orient. Lors de cette réunion, un enregistrement du premier ministre israélien à été diffusé, et nous en savons donc plus sur ce qui c’est passé là-bas:

Israël a joué un rôle clé pour éviter un mauvais accord entre les grandes puissances et l’Iran sur le programme nucléaire de Téhéran le mois dernier.
(…)
(Notre) voix ainsi que nos inquiétudes ont joué un rôle décisif pour éviter un mauvais accord.
(…)
Un tel accord aurait véritablement permis à l’Iran d’être au seuil de devenir une puissance nucléaire.
(…)
Le but d’Israël ést à présent de travailler à un accord qui démantèlerait toute capacité de Téhéran de fabriquer des armes.

Vous noterez qu’il n’est pas fait mention du type d’armes, ce qui laisse une assez grande liberté d’interprétation. Quand on sait que le lancé de caillou est interdit en Israël, les carrières pourraient elles aussi être bombardées…
Mais le problème n’est pas là, non, il se situe aux États-Unis où le Congrès pourrait voter une loi qui imposerait des sanctions conditionnelles contre Téhéran, ce qui aurait pour effet immédiat (je cite l’administration US): « De faire capoter la voie diplomatique… »

Que reste t-il lorsque la voie diplomatique est une impasse?
Une excuse… Une excuse minable pour faire tomber un pays de plus dans le chaos…

Du pétrole, comme s’il en pleuvait

L’information ne vous a certainement pas échappée, le prix du baril de brut (WTI pour les USA et Brent pour la Mer du Nord) est en chute libre. Si cela ne peut que réjouir les consommateurs que nous sommes – même si la répercussion de la baisse à la pompe ne suit pas la même courbe que celle de la bourse – cette donne risque de changer pas mal de choses sur le plan géopolitique/stratégique.

L’effondrement des courts a débuté au mois de juin, en cause une surproduction d’or noir. Si les experts ont pointé du doigt le ralentissement de l’économie mondiale ou la production toujours plus importante de pétrole non conventionnel (schiste aux USA, sables bitumineux au Canada), la cause semble être plus simple: la manipulation des marchés.

Certes l’économie mondiale n’est pas au mieux de sa forme, et un baril à 100$ n’est pas ce qui se fait de mieux pour la relancer; mais cela ne date pas d’hier, d’ailleurs le prix du baril de brent n’est pas descendu sous cette cotation depuis presque quatre ans. D’un autre côté, certains se réjouissaient de ce prix, les pays producteurs de pétrole.

On pense immédiatement à l’OPEP, mais les USA, la Russie et les autres nations non membres de l’Organisation de Pays Exportateurs de Pétrole se frottaient les mains, eux aussi. Les États-Unis y voyaient une aubaine afin de pouvoir produire leur pétrole et gaz de schiste – dont le prix d’extraction se situe aux alentours de 85$/baril – idem pour le Canada et Moscou vendait son gaz à l’Europe.

Les économistes ont retenu leur souffle, la semaine dernière, lorsque l’OPEP s’est réuni pour statuer sur le futur. Et là, coup de théâtre! les pays membres ne toucheront pas à la production, qui restera donc au même niveau qu’elle est en ce moment. Ce qui semblerait signifier que cela arrange tout le monde. Pas si sûr! Alors que l’Arabie Saoudite envisageait, il y a quelques mois, un baril à 200$, elle fait désormais machine arrière et n’est pas loin de vanter les mérites d’un prix avoisinant les 70$. Étonnant, surtout que les pétromonarchies du Golfe ont basé leur politique sur l’Or noir. Elles ont, par la même occasion, acheté la paix sociale – un peuple (tout du moins, une certaine classe sociale) qui vit dans l’opulence ne pense pas à se rebeller… On pourrait presque parler de suicide politique, surtout avec les idées propagées par l’EIIL et qui pourraient trouver un terrain fertile dans les régions désertiques du Golfe.
Et il en va de même dans bon nombre de pays, principalement les pays producteurs qui subventionnent le prix à la pompe (Algérie, Venezuela…). Il est à noter que depuis quelques mois, des pays producteurs ont fait machine arrière et vendent l’essence à son prix, parmi eux, l’Égypte, le Maroc et dernièrement l’Indonésie.

Nous voici donc avec une production égale, une consommation en berne – due au fait que les consommateurs que nous sommes ont modifiés leurs habitudes de déplacement (en cause le prix des carburants et la crise économique de 2008) et surtout à une économie mondiale qui tourne au ralenti – tout en sachant que certains pays ne sont plus en course (l’Irak, la Libye…) et que si leurs productions devaient revenir à leurs anciens niveaux, cela ne ferait qu’accentuer la chute des courts.

D’aucuns pensent que l’on assiste à une attaque en règle du gaz de schiste US par l’Arabie-Saoudite, mais je suis perplexe. Si cela était vrai, ce serait comme de vouloir jouer à la roulette russe (avec un automatique, de surcroit), et je ne connais pas beaucoup de dirigeants qui seraient prêt à sacrifier son pays juste pour enfoncer un concurrent…

Une autre possibilité serait que le pays visé soit la Russie. En plus des sanctions économiques qui l’étranglent déjà, attaquer sa plus grosse richesse reviendrait à la mettre à genoux, mais les contrats juteux nouvellement signés avec la Chine (400 milliards de Dollars pour le dernier, sur 25 ans), et surtout le fait que Moscou se détourne un peu plus de jour en jour de l’Europe pour se focaliser sur l’Asie font que cette possibilité est douteuse.

La possibilité du Peak Oil (pic pétrolier, terme désignant le sommet de la courbe de production d’un puits, d’un champ pétrolier ou d’une région de production) a elle aussi était envisagée. Cependant, même si certains puits se tarissent plus vite que prévu, je ne pense pas que l’on en soit déjà arrivé là.

Reste que la baisse du prix du baril pourrait servir les majors pétrolières; en effet, à la fin du XIXième siècle, aux Etats-Unis, John D. Rockefeller – fondateur de la Standard Oil – avait mis en place une technique économique agressive qui consistait à faire baisser les prix, mettant les petits producteurs sur la paille et assainissant ainsi le marché du pétrole et de son raffinage. D’ailleurs, une majorité des majors pétrolières ont fait machine arrière et ont suspendu, sinon arrêté, les forages les moins rentables ou la prospection si dispendieuse; sans compter les licenciements et les restructurations internes.

Sinon, il est possible que nous assistions à une tentative mondiale afin de relancer ce qu’il reste d’industrie, de commerce, et d’économie…

Des musées de Crimée poursuivent les Pays-Bas pour séquestration illégale de trésors archéologique

Des musées de Crimée ont décidé d’ester en justice un musée d’Amsterdam qui a décidé de ne pas restituer des trésors archéologiques prêtés pour une exposition.

La décision du musée en question, Allard Pierson, est loin d’être neutre ou autonome mais dictée tout en s’inscrivant dans le cadre d’une vaste politique de représailles menée par les Pays-Bas contre la Russie sur fond de guerre de barbouzes et de coups bas plus ou moins ébruités.

Moins hystériques et paranoïaques envers la Russie que les pays baltes, la Pologne ou la Suède, les Pays-Bas sont engagés dans le cadre de l’Otan dans une drôle de confrontation avec la Russie. Passage à tabac de diplomates par des « inconnus », vol à l’arraché visant des officiels, braquages, tentatives d’homicide à la voiture fantôme, espionnage tout azimuts, gel d’avoirs bancaires, expulsion d’enfants d’officiels, sabotages et au final accusations à l’encontre de Moscou d’être derrière le crash du vol MH17 de Malaysian Airlines au dessus de l’Ukraine ont fini par tendre les relations entre les deux pays au plus haut point. Ceci avant la séquestration en plein jour de trésors archéologiques de Crimée, donc techniquement russes. Inutile de dire qu’un retour de manivelle est attendu côté russe. Reste à savoir où et sous quelle forme.

La valse à trois temps continue.