Conflit en Syrie: Un général-major de l’armée syrienne blessé au combat à Deir Ezzor

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Selon des indications recueillies, le général-major Issam Zahreddine, l’un des plus populaires des commandants supérieurs au sein de l’armée syrienne a été blessé au combat à Al-Rushdya à Deir Ezzor. Ce général de la garde républicaine syrienne devait conduire l’assaut visant à libérer Andaan près d’Alep (Nord du pays) mais a été muté à la dernière minute à Deir Ezzor où la situation militaire se dégradait. Le général de la garde a été blessé alors qu’il conduisait une opération de recherche-destruction dans l’un des quartiers les plus chauds de Deir Ezzor.

Ailleurs, les forces syriennes soutenues par des unités du Hezbollah libanais ont complètement investi les localités de Deir Attya et Al-Nabak après de durs combats contre les factions rebelles. L’assaut gouvernemental a été mené par les officiers les plus aguerris en matière de tactique militaire.

Battant en retraite, les extrémistes d’Al-Qaïda ont investi l’hôpital Al-Bassel (du nom du frère ainé décédé du Président syrien) de la ville de Deir Attya et ont systématiquement éliminé à la grenade et au fusil d’assaut l’ensemble des blessés et autres malades s’y trouvant, nonobstant leurs appartenance à l’un ou l’autre camp.

Les unités de l’armée syrienne ayant conduit l’assaut à Deir Attya et Al-Nabak étaient secondées par les milices du parti Baath, les comités de la défense populaire et des éléments du Hezbollah libanais.

Le retrait des rebelles de Al-Nabak a été soudain et s’est déroulé d’une manière désorganisée. Ce retrait a encouragé certains citoyens à prendre les armes contre les rebelles en retraite.

D’autres unités ont pénétré dans la localité voisine de Ain Al-Baydhaa. Des renforts rebelles ont été dépêchés en urgence au Qalamoun depuis Arsaal au Liban. Une décison saoudienne hâtive pour tenter de limiter les dégâts.

La rébellion syrienne a accusé l’armée gouvernementale d’avoir perpétré un massacre à Deir Attya. Elle accuse également Damas d’avoir tiré au moins un missile balistique de type SCUD sur la ville de Qaraa. De fait, un missile a visé un centre de commandement rebelle à Qaraa, provoquant d’immenses dégâts matériels et facilitant l’entrée d’unité de la sécurité intérieure et d’autres relevant des renseignements militaires. Ces dernières ont été freinées par la découvertes de pièges et de bombes artisanales improvisées (Improvised explosive devices ou IED) pesant plus de 80 kilogrammes.

Les combats continuent à Alep où les différentes factions rebelles se battent souvent les unes contre les autres ou font face à l’avancée lente mais progressive des troupes syriennes. Au milieu de ce chaos, les combattants kurdes suscitent l’intérêt de l’ensemble des protagonistes à l’exception des extrémistes islamistes pour lesquels tous ceux qui ne sont pas avec eux sont des hérétiques à éliminer. Les kurdes font l’objet d’un traitement de faveur de la part de Damas mais également de l’Arabie Saoudite. Cette dernière tente de récupérer les kurdes pour les rallier au front anti-pouvoir.

Ce qui se passe en Syrie n’est pas exempt d’un certain déterminisme historique. Aux enjeux géopolitiques contemporains et aux rivalités régionales se superposent d’autres clivages fort anciens.

Les défaites des factions rebelles à Damas et leur situation difficile à Alep n’ont pas eu d’effet notable sur le moral des pays soutenant mordicus et contre vents et marées un changement de régime à Damas. Ryad a déjà ordonné une autre contre-offensive tandis qu’Israël vient de rendre public un rapport sur la situation militaire en Syrie dans lequel il souligne que grâce à l’affaiblissement de l’armée syrienne dans cet interminable conflit, l’armée israélienne peut arriver aux portes de Damas en « quelques heures seulement » alors qu’il fallait plus d’une semaine avant la guerre.

Tel-Aviv estime qu’il est dans son intérêt que la guerre perdure en Syrie car plus le temps passe, plus l’armée syrienne s’affaiblit. Pour les israéliens, la seule force militaire organisée en Syrie n’est plus l’armée syrienne mais le Hezbollah libanais. Une analyse que partagent les Saoudiens.

Sur le terrain, l’ordre initial ordonnant à l’ensemble des personnels des forces armées syriennes de garder l’uniforme ou le treillis de combat, le grade et les insignes pour maintenir la cohésion des troupes et la discipline a été l’une des marques distinctives de ce conflit. L’armée syrienne est certes affaiblie mais l’apport de conscrits du contingents et de volontaires au sein des comités de défense populaires et les milices du parti ont permis de pallier à certaines déficiences comme les défections ou les désertions.

« La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens » selon Clauzewitz . Et cette guerre en Syrie  continue pour obtenir des gains politiques à faire valoir autour d’une table à Genève. En attendant, un des plus beaux pays du Levant subit la destruction sur l’autel d’intérêts géostratégiques n’ayant rien à voir avec le bien-être des populations civiles.

Syrie: l’offensive gouvermentale continue…

Alors que des sources au sein des Nations Unies évoquent la date du 22 décembre 2013 22 janvier 2014 pour la tenue de la Conférence de Genève II, l’armée syrienne continuait son offensive dans la région d’Alep malgré des problèmes survenus sur l’axe Homs (centre) et Damas ayant causé la rupture des approvisionnements en hydrocarbures dans la capitale.

Les rebelles ont ciblé de manière systématique les infrastructures énergétiques et les quelques champs d’exploitation d’hydrocarbures que compte la Syrie.

A Deir Attya, les unités de l’armée syrienne ont pénétré le centre-ville à partir de l’ouest. Les factions rebelles ont tenté de repousser l’assaut mais ont laissé 65 combattants sur le carreau. Une douzaine parmi ces tués étaient des combattants somaliens entrés en Syrie à partir de la Jordanie. Parmi ces derniers figurait un certain Abu Nusseiba Al-Brittany (le britannique), un extrémiste britannique.Un autre mercenaire portant la nationalité US a été tué non loin de ce champ de confrontation.

Après avoir établi leur QG provisoire à l’hôpital Al-Bassel, les unités de l’armée syrienne ont tenté d’avancer vers l’est de la ville mais ont fait face à de multiples embuscades. Des renforts du IIIe Corps d’armée en provenance de Qara affluaient vers la localité.

Au Nord du pays, les unités de l’armée syrienne renforcées par les appelés du contingent et les milices de défense populaire ont réalisé une avancée au milieu du secteur industriel après l’échec d’une contre-offensive de Jobhet Ennosra et leurs alliés de l’Etat islamique d’Irak et du Sham (EIIS). Les combats sont acharnés, notamment autour et à l’intérieur de l’usine d’huile végétale  et les commandants de l’armée syrienne n’excluent pas que des « conseillers » militaires de pays de l’Otan soient parmi les rangs des dizaines de mercenaires étrangers combattant au sein des différentes factions de la rébellion.

L’offensive conjointe de l’armée syrienne et du Hezbollah libanais continue au Qalamoun où les combats se concentrent sur la localité de Jarjir. Le Hezbollah a réussi à couper la zone des combats en deux poches distinctes.

A Damas, des informations faisant état de l’entrée de 8000 combattants rebelles à la Ghouta pour tenter de repousser l’assaut des troupes gouvernementales n’ont pas été confirmées pour l’instant. Cependant, vue l’intensité des combats s’y déroulant, il semble que les poches de la rébellion aient reçu des renforts. L’aviation syrienne bombarde de façon continuelle ce faubourg ainsi que Zara près de Homs et les régions côtière de la province de Lattaquié frontalière avec la Turquie.

Un char de bataille T-62 de fabrication russe de l'armée syrienne tirant des obus explosifs de type OF dans la région de Qalamoun où se déroule l'une des batailles les plus cruciales du conflit en cours en Syrie.
Un char de bataille T-62 de fabrication russe de l’armée syrienne tirant des obus explosifs de type OF dans la région de Qalamoun où se déroule l’une des batailles les plus cruciales du conflit en cours en Syrie.

Conflit au Moyen-Orient: des avions israéliens bombardent la province de Lattaquié

Selon des informations partiellement confirmées par un responsable américain via CNN et rapportées par la chaîne libanaise d’information en continu Al-Mayadeen, des chasseurs-bombardiers israéliens ont bombardé des sites de missiles anti navires syriens à Lattaquié, sur le littoral méditerranéen.

Des missiles SS-N de type Yakhont ont été ciblés par des raids de l’aviation israélienne dans ce qui s’apparente à la sixième intervention flagrante d’Israël dans le conflit en cours en Syrie.

L’aviation israélienne a également bombardé des positions de l’armée syrienne pour couvrir le retrait de commandos israéliens infiltrés au sein des rebelles à partir du littoral pour localiser et identifier les sites de lancement de missiles syriens.

L’armée israélienne offre des facilités directes à des factions rebelles en Syrie. C’est le cas notamment au Golan occupé par Israël où les unités israéliennes ont établi des hôpitaux de campagne, des QG de commandement et un feu de soutien au profit des rebelles pseudo-islamistes en guerre contre le régime syrien.

Le Président syrien Bashar Al-Assad a insisté à plusieurs reprises que le conflit ravageant son pays depuis presque trois ans est une guerre régionale à portée universelle dans laquelle Israël et ses alliés jouent un rôle primordial.

Suicide saoudien

Lâchée par les États-Unis en Syrie, l’Arabie saoudite va t-elle se suicider à défaut de pouvoir vaincre ? C’est ce que l’on pourrait conclure des événements suivants :

Le 31 juillet 2013, le prince Bandar Ben Sultan s’est rendu en Russie où il n’a pas seulement été reçu par son homologue, le chef des services secrets, mais par le président Vladimir Poutine. Il existe deux versions de cette rencontre. Pour les Saoudiens, Bandar s’est exprimé au nom du royaume et des États-Unis. Il a proposé d’acheter pour 15 milliards de dollars d’armement russe si Moscou laissait tomber la Syrie. Pour les Russes, il s’est exprimé avec arrogance en menaçant d’envoyer des jihadistes perturber les Jeux olympiques d’hiver de Sotchi si Moscou persistait à soutenir le régime laïque de Damas, puis en cherchant à le corrompre. Quelle que soit la vérité, le président Poutine a ressenti les propos de son interlocuteur comme des insultes à la Russie.

Le 30 septembre, le prince Saoud Al-Faisal avait été inscrit à l’ordre du jour du débat général de la 68e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, mais furieux du réchauffement des relations irano-US, le ministre saoudien des Affaires étrangères est parti sans s’excuser. Dans sa colère, il a refusé que son discours, préparé et imprimé à l’avance, soit distribué aux délégations.

Le 11 octobre, le secrétaire général adjoint des Nations Unies et ancien responsable du département d’État pour le Proche-Orient, Jeffrey Feltman, recevait une délégation libanaise. Parlant au nom de M. Ban, mais probablement plus encore au nom du président Obama, il n’a pas eu de mots assez durs pour critiquer la politique étrangère saoudienne, faite de « rancunes » et incapable de s’adapter au monde qui change.

Le 18 octobre, l’Assemblée générale des nations Unies élisait, par 176 voix sur 193, l’Arabie saoudite comme membre non-permanent du Conseil de sécurité pour deux ans à compter du 1er janvier 2014. L’ambassadeur Abdallah El-Mouallemi se félicitait de cette victoire qui reflète « l’efficacité de la politique saoudienne marquée par la modération » (sic). Cependant quelques heures plus tard, le prince Saoud Al-Faisan publiait un communiqué aux accents nassériens sur l’incapacité du Conseil de sécurité et le refus du royaume d’y siéger. Si le motif officiel principal évoqué était la question syrienne, le ministre s’offrait le luxe de dénoncer également la question palestinienne et celle des armes de destruction massive au Proche-Orient, c’est-à-dire de désigner comme ennemis de la paix à la fois l’Iran et Israël. Sachant que la critique de la politique syrienne des Nations unies est une mise en cause directe de la Russie et de la Chine, qui y firent usage par trois fois de leurs droits de veto, ce communiqué était une insulte faite à Pékin, bien que la Chine soit le principal client actuel du pétrole saoudien. Cette volte-face, qui plongea l’Organisation dans la consternation, fut néanmoins bruyamment saluée par les présidents de la Turquie et de la France qui déclarèrent partager les « frustrations » de l’Arabie saoudite sur la Syrie.

Le 21 octobre, le Wall Street Journal révélait que le prince Bandar Ben Sultan avait invité à son domicile des diplomates européens en poste à Riyad. Le chef des services secrets leur aurait narré la fureur saoudienne face au rapprochement irano-US et au retrait militaire US de Syrie. Devant ses hôtes interloqués, il aurait annoncé que le royaume allait en rétorsion retirer ses investissements d’Amérique. Revenant sur l’épisode du siège au Conseil de sécurité, le quotidien précisa que, selon le prince Bandar, le communiqué n’était pas dirigé contre Pékin, mais contre Washington ; une précision d’autant plus intéressante qu’elle ne correspond pas à la situation.

Face à l’incrédulité suscitée par ces déclarations et aux commentaires apaisants du département d’État, le prince Turki Ben Faisal expliqua à Reuters que les paroles de son ennemi personnel, Bandar, engageaient bien le royaume et que cette nouvelle politique ne serait pas remise en question. Il n’est donc plus question d’une division du pouvoir entre les deux branches rivales de la famille régnante, les Sudairi contre les Shuraim, mais bien de leur vision commune.

En résumé, l’Arabie saoudite insultait la Russie en juillet, la Chine il y a deux semaines, et maintenant les États-Unis. Le royaume annonce qu’il retirera ses investissements d’Amérique pour se tourner probablement vers la Turquie et la France, même si aucun expert ne voit comment cela serait possible. Deux explications de ce comportement sont possibles : soit Riyad feint la colère pour permettre à Washington de continuer la guerre en Syrie sans en prendre la responsabilité, soit la famille des Séoud commet un suicide politique.

La première hypothèse semble infirmée par la sortie du prince Bandar devant les ambassadeurs européens. S’il jouait en sous-main pour les États-Unis, il s’abstiendrait de venir prêcher la révolution auprès de leurs alliés.

La seconde hypothèse rappelle le comportement des chameaux, animaux fétiches des bédouins saoudiens. Ils sont réputés capables de se laisser animer durant des années par leurs rancunes et de ne pas trouver le calme avant d’avoir assouvi leur vengeance, quel qu’en soit le prix à payer.

Or, la survie de l’Arabie saoudite est en jeu depuis la nomination de John O. Brennan à la tête de la CIA, en mars 2013. Jadis en poste en Arabie, c’est un adversaire résolu du dispositif mis en place par ses prédécesseurs avec Riyad : le jihadisme international. M. Brennan considère que si ces combattants ont fait du bon boulot, jadis, en Afghanistan, en Yougoslavie et en Tchétchénie, ils sont devenus à la fois trop nombreux et ingérables. Ce qui était au départ quelques extrémistes arabes partis faire le coup de feu contre l’Armée rouge est devenu une constellation de groupes, présents du Maroc à la Chine, qui se battent en définitive bien plus pour faire triompher le modèle saoudien de société que pour vaincre les adversaires des États-Unis. Déjà, en 2001, les États-Unis avaient pensé éliminer Al-Qaïda en le rendant responsable des attentats du 11-Septembre. Cependant, avec l’assassinat officiel d’Oussama Ben Laden, en mai 2011, ils avaient décidé de réhabiliter ce système et en firent très grand usage en Libye et en Syrie. Jamais sans Al-Qaïda, Mouamar el-Kadhafi aurait pu être renversé comme l’atteste aujourd’hui la présence d’Abdelhakim Belhaj, ex-numéro 2 de l’organisation, comme gouverneur militaire de Tripoli. Quoi qu’il en soit, aux yeux de John O. Brennan, le jihadisme international devrait être ramené à de faibles proportions et n’être conservé que comme force d’appoint de la CIA en certaines occasions.

Le jihadisme est non seulement la seule force effective de l’Arabie saoudite, dont l’armée est divisée en deux unités obéissant aux deux clans de la famille des Séoud, mais c’est aussi son unique raison d’être. Washington n’a plus besoin du royaume pour se fournir en hydrocarbures, ni pour plaider la cause de la paix avec Israël. D’où le retour au Pentagone du vieux plan néoconservateur : « Jeter les Séoud hors d’Arabie », selon le titre d’un Powerpoint projeté en juillet 2002 devant le Conseil politique du département de la Défense. Ce projet prévoit le démantèlement du pays en cinq zones distinctes, dont trois sont appelées à former des États indépendants les uns des autres et deux devraient être rattachés à d’autres États.

En choisissant l’épreuve de force avec les États-Unis, la famille des Séoud ne leur donne pas le choix. Il est improbable que Washington se laisse dicter sa conduite par quelques bédouins fortunés, mais prévisible qu’il va les remettre au pas. En 1975, ils n’hésitèrent pas à faire assassiner le roi Faysal. Cette fois, ils devraient être plus radicaux encore.

Thierry Meyssan

Voltairenet

Syrie: l’architecte du déploiement militaire syrien au Liban tué au combat à Deir Ezzor

Général Djama DjamaaL’un des architectes du déploiement militaire syrien au Liban de 1976 à 1982 puis de 2003 à 2005, le général Djama Djamaa,  a été tué hier jeudi 17 octobre 2013 au combat à Deir Ezzor, la plus grande ville de l’Est de la Syrie, non loin de la frontière irakienne.

Le général Djamaa dirigeait les renseignements militaires à Deir Ezzor , ville où se déroulent depuis quelques jours de très intenses combats entre l’armée syrienne et une trentaine de groupes radicaux venus d’Irak et de Jordanie.

Les médias syriens ont rapporté l’information mais sans préciser les circonstances dans lesquelles a péri  ce général en froid avec sa hierarchie sur la manière de conduire les opérations militaires contre ce que la Syrie désigne officiellement les forces sionistes mondialisées.

Selon l’observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), une officine du MI6 britannique et pro-rébellion  armée, le général Djamaa aurait été atteint par le tir d’un sniper ou de plusieurs snipers rebelles. Ces derniers utilisent de plus en plus des fusils anti-material à très gros calibre (de 12.7 à 30 mm) fournis par leurs soutiens étrangers.

Partisan convaincu de la Grande Syrie et anti-sioniste, le général Djamaa était en froid avec l’Etat-major sur certains points relatifs à la stratégie de défense asymétrique face à la coalition mondiale menée par les Etats-Unis, Israël et l’Arabie Saoudite  s’acharnant sur la Syrie. Il aurait entre autres préconisé un nouveau déploiement au Liban pour divertir les forces israéliennes du Golan.

Syrie: l’aviation gouvernementale intervient dans les combats inter-rebelles

Selon des informations publiques, l’aviation syrienne est intervenue à plusieurs reprises dans les combats acharnés opposant les rebelles de l’armée syrienne libre (ASL) aux phalanges islamistes extrémistes du chef extrémiste  Daesh, de nationalité française.

Sous les yeux étonnées des rebelles de l’ASL, les bombardiers tactiques de l’armée gouvernmentale ont bombardé des convois lourdement armés des islamistes radicaux près de Rif Haska, bien mieux armés et plus puissants sur le terrain.

Les phalanges surarmées de Daesh ont fait irruption en Syrie il y un peu plus d’un mois et se sont caractérisé par leur extrême acharnement à tout détruire et à se battre contre tous les protagonistes. Ils ont mené des combats d’une extrême intensité avec les comités de défense kurde, avant de retourner leurs armes contre les rebelles de l’ASL et d’autres factions d’Al-Qaïda. Ils ont réussi à mettre en échec les forces gouvernementales à plusieurs reprises. Leur extrémisme, leur propension à ne laisser aucun survivant après leur passage et l’absence de tout programme politique a entraîné leur isolement en Syrie. En un mois, ce groupe a réussi non seulement à s’aliéner l’ensemble des protagonistes dans le conflit mais d’autres acteurs régionaux non-étatiques comme le PKK turc.

Le chef de guerre Daesh a été donné pour mort aujourd’hui en début de soirée par des sources gouvernementales. D’après ces informations, il aurait été tué lors d’un bombardement aérien dans la campagne de Lattaquié.

La question qui demeure en suspense est celle de savoir qui a été dernière le phénomène Daesh? Ce groupe inédit dans les annales de la classification des groupes terroristes, dispose des meilleures armes en Syrie. Ses combattants issus de pays dont les populations sont réputés pour leur habileté guerrière continuent leurs déprédations en Syrie sous les regards impuissants des rebelles et des soldats gouvernementaux.

Entretemps, six employés de la Croix Rouge internationale et un membre du Croissant rouge syrien ont été kidnappés en Syrie septentrionale.

Premier résultat du conclave de Ryad: le Conseil National Syrien n’ira pas à Génève

C’était un peu prévisible. Le Conseil National Syrien (CNS) représentant une faction de l’opposition syrienne armée a décidé de boycotter la Conférence de Genève II, prévue en novembre 2013.

Cette décision serait l’un des premiers résultats du conclave de Ryad au cours duquel l’Arabie Saoudite et ses alliés dont en premier lieu la France ont arrêté une nouvelle stratégie visant le torpillage de toute solution négociée et/ou pacifique du conflit syrien.

Le CNS est non seulement à la solde de pays comme l’Arabie Saoudite mais demeure très divisé par un complexe jeu d’influence et de rivalités de chapelles.

Pas question donc d’une Conférence où l’on verra parader les représentants du régime de Damas et leurs alliés régionaux. Pour Ryad aussi bien que Tel-Aviv, seul un changement de régime violentdu type de celui qui a balayé l’ex-régime irakien est à même de représenter la solution idoine. Le jour d’après, on se battra entre bons alliés pour une place au soleil: un régime islamiste pseudo-sunnite et pro-libéral ou un régime doté d’un Premier ministre pro-israélien, c’est selon les desirata des deux plus influents alliés de Washington dans la région.

Une Syrie gouvernée par un Premier ministre aux prérogatives illimitées tournant le dos à la résistance libanaise et à l’Iran tout en acceptant l’occupation d’une partie de son territoire en échange d’une paix en trompe l’oeil avec Israël? Une hérésie à Damas. La guerre continue…

Syrie: l’armée poursuit sa contre-offensive au Sud de Damas

Selon des informations convergeantes, des unités de choc de l’armée syrienne soutenues par des milices populaires et des éléments du Hezbollah libanais ont repris les localités de Husseinyé et de Dyabya dans la banlieue méridionale de la capitale Damas.

Des unités parachutistes ont été larguées au dessus de cette zone où ce trouve un important sanctuaire chiite pour tenter de prendre à revers les forces rebelles. Celles-ci ont opposé une très vive résistance en utilisant des tirs d’artillerie de barrage, des canons antiaériens et des missiles antichar sophistiqués de type Kornet.

Peu d’informations ont filtré sur la participation d’éléments du Hezbollah libanais mais ce qui semble certain est que la stratégie de choc  et  les innovations tactiques inédites utilisées par l’armée syrienne lors des combats portent  bien la trace du mouvement.

Les combats ont été d’autant plus acharnées que l’enjeu semblait se focaliser autour des lieux de pélérinage chiite. Les rebelles appartenant à diverses factions dont des radicaux salafistes  se sont battus à mort contre ceux qu’ils perçoivent comme leurs ennemis hérétiques. Plus de 500 rebelles ont péri dans les combats entre mercredi et aujourd’hui. 119 d’entre eux ont été éliminé par le Hezbollah ces dernières 24 heures.

De lourdes pertes ont été également enregistrées au sein des forces de la défense nationale (Quwwat Al-Difaa Al-Watani) une milice paramilitaire populaire mise sur pied par le gouvernement pour soutenir l’effort de guerre.

Enfin, il est à souligner que des milices irakiennes se battent pour les deux camps, sans aucun doute pour des raisons confessionnelles. Une tendance dangereuse susceptible de nuire à la politique générale de Damas, bien plus modérée que celle du gouvernement en place à Baghdad.

D’après diverses informations, plus de 15000 rebelles sont encore retranchés dans les banlieues périphériques sud de la capitale. L’armée syrienne tente de nettoyer le sud de la capitale afin de prévenir un éventuel blocage des voies de communication avec les provinces méridionales menant vers le Golan et la Jordanie.

Conflit au Moyen-Orient: d’importants convois blindés syriens en route vers le Golan

20131010-034939.jpgDes informations confirmées en provenance de Syrie rapportent que d’importants convois blindés de l’armée syrienne font actuellement route vers la ville de Qunaïtra au Golan, près de la frontière avec Israël.

Dans un développement inédit, l’armée syrienne a fini par dévoiler ses unités d’élite laissées jusque-là en réserve. Nos informations évoquent avoir aperçu une colonne de plus de 200 chars de bataille de type T-72 S se dirigeant vers le plateau du Golan, territoire syrien occupé par Israël en 1967 et annexé en 1981.

Ces mouvements surviennent dans un contexte de trés forte tension, notamment en Israël où trois aéronefs militaires (deux avions de combat et un drone) se sont abattus en moins de 48 heures.

S’agit-il de renforts militaires destinés à la province méridionale de Deraa, berceau de la rébellion, ou est-ce un déploiement en prévision d’un conflit avec Israël?

De toute évidence, l’armée syrienne est en train de procéder à un profond remaniement de ses unités combattantes. Le parachutage massif de troupes de choc sur Jobar et les grandes voies périphériques de la région de Damas  illustrent cette nouvelle approche.

Autre nouveauté. D’ordre sémantique cette fois. Le ministère syrien de la défense commence à utiliser officiellement le terme sioniste et pro-sioniste pour qualifier les groupes islamistes radicaux et la rébellion syrienne.

Au Nord du pays, les unités de l’armée syrienne mènent une contre-offensive sur Salaheddine (Alep) et se battent depuis deux jours autour du krak des Chevaliers. A la frontière turque, syriens et turcs s’affrontent à mort par kurdes et islamistes interposés: les comités de la résistance kurde opposent une lutte acharnée aux cohortes islamistes radicales de Daesh, armés et soutenus par la Turquie par peur d’une extension du conflit kurde. Une extension que Damas encourage au plus point.

Les rebelles toutes factions confondues viennent de recevoir une artillerie plus performantes de la part de l’Arabie Saoudite et la Grande-Bretagne. Disposant de roquettes d’un plus grand rayon d’action, ils les ont utilisé contre des objectifs stratégique comme la raffinerie de Homs (centre du pays).

Au Golan, une unité israélienne a ouvert le feu sur une position de l’armée syrienne après qu’un soldat israélien a été blessé par des tirs d’armes légères.  Les syriens ont riposté et un intense échange de tirs s’en ai suivi. Quelques heures plus tard, les israéliens refusent l’entrée dans leur territoire d’une quinzaine de blessés de l’armée syrienne libre (ASL-Rébellion) craignant sans doute un piège. Car en Syrie actuellement, personne ne sait qui est qui.

Sur le plan diplomatique, le Chef d’Etat-major des armées russes vient de confirmer les termes de l’accord secret conclu entre Moscou et Damas en échange d’un désarmement (partiel?) de l’arsenal chimique syrien. La Syrie est officiellement sous la protection de la Russie et de son parapluie nucléaire.

Libye: Les Etats-Unis menacent d’intervenir

Il n’a fallu que quelques heures à Washington pour répondre aux rodomontades du Congrès national libyen enjoignant aux Etats-Unis d’Amérique de lui remettre le dénommé Abu Anas Al-Liby, de son vrai nom Abdelhamid Al-Raghie ou Al-Rakie, capturé dimanche dernier en plein milieu de Tripoli par un commando des Navy Seals US opérant avec des habits civils et des véhicules banalisés.

Le message est on ne peut plus clair: un détachement de Marines relevant de la force de réaction rapide a été prépositionné au Sud de la Sicile, à la base de Sigonella, à  moins d’une heure de vol en V-22 Osprey des côtes libyennes occidentales.

L’informaticien de 49 ans soupçonné par les américains d’avoir participé à des opérations terroristes en Afrique de l’Est, notamment les attentats ayant visé les ambassades US en Tanzanie et au Kenya en 1998, serait à bord du bâtiment de surface USS San Antonio, dans les eaux internationales.

Abu Anas est également soupçonné d’avoir des informations sur le chef de guerre Mokhtar Belmkhtar, émir de facto d’un nouveau pays au Sud de la Libye et servant d’intermédiaire entre le Sahel et l’Egypte.

L’intervention des commandos US en Libye n’est pas une surprise en soi. C’est même devenue une pratique assez courante depuis la chute du régime libyen de Mouammar Gaddafi en octobre 2011. Ce qui surprend par contre est le soutien dont bénéficie Al-Liby, présenté comme un membre d’Al-Qaïda auprès des milieux politiques du nouveau pouvoir en Libye et au sein des milices armées. La nouvelle de son kidnapping a d’ailleurs déclenché de violentes émeutes en Libye et un florilège de menaces à l’encontre des intérêts US dans la région.

Autre détail digne d’intérêt, la réaction à la limite du ridicule du gouvernement libyen. Tripoli prétend tout ignorer de cette opération qualifiée de « violation de la souveraineté » du pays. On oublie vite qu’avant et après l’attaque meurtrière ayant visé le consulat US à Benghazi, des forces américaines étaient en action avec l’assentiment tacite des autorités libyennes. Il n’est point exclu donc que Tripoli soit complice de cette opération.

Le Département d’Etat y a répondu par un communiqué d’anthologie évoquant l’insuffisance du cadre servant à la lutte antiterroriste au Maghreb avant que le Pentagone n’enfonce le clou en annonçant le déploiement d’une force de réaction rapide en Sicile.

Par cette opération ou plutôt par la médiatisation de cette opération, les américains tentent de reprendre le contrôle sur un pays riche en hydrocarbures mais qui s’est enfoncé dans un chaos préjudiciable aux intérêts des grosses multinationales pétrolières. En quelques sorte, la guerre de Libye et l’élimination du colonel Gaddafi par des sous-traitants alliés n’aurait finalement servi à rien.

 

Libye: Ali Zeidan demande une opération internationale de police pour rétablir la production pétrolière

Débordé par une situation chaotique dans tous les sens du terme, le Premier ministre Ali Zeidan en est arrivé à demander une opération internationale de police afin de protéger les installations pétrolières de la « Libye utile ».

C’est à David Cameron, Premier ministre de Sa Majesté britannique que cette supplique a été adressée. Ex-agent de la CIA, Ali Zeidan est loin d’être un novice en matière de coups fourrés.  Sa proximité avec des multinationales comme ExxonMobil aura été un facteur déterminant dans le choix de faire appel à une armée de contractors privés pour tenter de contrer les déprédations des milices armées semant le chaos à travers l’ensemble de la Libye. Précision de taille: cette opération de police aura comme objectif prioritaire de dégager les sites de production et les terminaux pétroliers, pris d’assaut par des milices.

De 1600000 barils/jour avant la guerre, la production libyenne de pétrole est tombée en dessous des 225000 barils/jours.  La baisse des revenus s’est faite cruellement ressentir dans un pays dépendant à 98% de la manne pétrolière. D’autant plus que la Libye actuelle n’a  pu rapatrier le moindre dollar des immenses avoirs libyens déposés à l’étranger, dont des comptes en Europe. Personne ne sait ce qu’il est advenu de ces fonds estimés à plus de 180 milliards de dollars US.

Pis, une partie du  sud de la Libye est de facto indépendant et est sous le contrôle d’un chef de guerre Algérien. Le fameux Mokhtar BelMokhtar dit le borgne.

Ali Zeidan qui a qualifié le soutien militaire massif de son pays à la rébellion syrienne d’insigne honneur, n’a sans doute pas fait le lien entre les préparatifs de guerre des USA et de l’Otan en Syrie et l’impossibilité d’une intervention de l’Otan en Libye.  Tout au plus, le Premier ministre britannique l’aurait remercié pour cet avis d’appel d’offres qui suscitera sans aucun doute l’intérêt d’ACADEMI (ex-X, plus anciennement connu sous le sigle de Blackwater) et de ses homologues britanniques. Business as usual…

‘A war the Pentagon doesn’t want’ by Robert H. Scales

The tapes tell the tale. Go back and look at images of our nation’s most senior soldier, Gen. Martin Dempsey, and his body language during Tuesday’s Senate Foreign Relations Committee hearings on Syria. It’s pretty obvious that Dempsey, chairman of the Joint Chiefs of Staff, doesn’t want this war. As Secretary of State John Kerry’s thundering voice and arm-waving redounded in rage against Bashar al-Assad’s atrocities, Dempseywas largely (and respectfully) silent.

Dempsey’s unspoken words reflect the opinions of most serving military leaders. By no means do I profess to speak on behalf of all of our men and women in uniform. But I can justifiably share the sentiments of those inside the Pentagon and elsewhere who write the plans and develop strategies for fighting our wars. After personal exchanges with dozens of active and retired soldiers in recent days, I feel confident that what follows represents the overwhelming opinion of serving professionals who have been intimate witnesses to the unfolding events that will lead the United States into its next war.
They are embarrassed to be associated with the amateurism of the Obama administration’s attempts to craft a plan that makes strategic sense. None of the White House staff has any experience in war or understands it. So far, at least, this path to war violates every principle of war, including the element of surprise, achieving mass and having a clearly defined and obtainable objective.

They are repelled by the hypocrisy of a media blitz that warns against the return of Hitlerism but privately acknowledges that the motive for risking American lives is our “responsibility to protect” the world’s innocents. Prospective U.S. action in Syria is not about threats to American security. The U.S. military’s civilian masters privately are proud that they are motivated by guilt over slaughters in Rwanda, Sudan and Kosovo and not by any systemic threat to our country.

They are outraged by the fact that what may happen is an act of war and a willingness to risk American lives to make up for a slip of the tongue about “red lines.” These acts would be for retribution and to restore the reputation of a president. Our serving professionals make the point that killing more Syrians won’t deter Iranian resolve to confront us. The Iranians have already gotten the message.

Our people lament our loneliness. Our senior soldiers take pride in their past commitments to fight alongside allies and within coalitions that shared our strategic goals. This war, however, will be ours alone.

They are tired of wannabe soldiers who remain enamored of the lure of bloodless machine warfare. “Look,” one told me, “if you want to end this decisively, send in the troops and let them defeat the Syrian army. If the nation doesn’t think Syria is worth serious commitment, then leave them alone.” But they also warn that Syria is not Libya or Serbia. Perhaps the United States has become too used to fighting third-rate armies. As the Israelis learned in 1973, the Syrians are tough and mean-spirited killers with nothing to lose.

Our military members understand and take seriously their oath to defend the constitutional authority of their civilian masters. They understand that the United States is the only liberal democracy that has never been ruled by its military. But today’s soldiers know war and resent civilian policymakers who want the military to fight a war that neither they nor their loved ones will experience firsthand.

Civilian control of the armed services doesn’t mean that civilians shouldn’t listen to those who have seen war. Our most respected soldier president, Dwight Eisenhower, possessed the gravitas and courage to say no to war eight times during his presidency. He ended the Korean War and refused to aid the French in Indochina; he said no to his former wartime friends Britain and France when they demanded U.S. participation in the capture of the Suez Canal. And he resisted liberal democrats who wanted to aid the newly formed nation of South Vietnam. We all know what happened after his successor ignored Eisenhower’s advice. My generation got to go to war.

Over the past few days, the opinions of officers confiding in me have changed to some degree. Resignation seems to be creeping into their sense of outrage. One officer told me: “To hell with them. If this guy wants this war, then let him have it. Looks like no one will get hurt anyway.”

Soon the military will salute respectfully and loose the hell of hundreds of cruise missiles in an effort that will, inevitably, kill a few of those we wish to protect. They will do it with all the professionalism and skill we expect from the world’s most proficient military. I wish Kerry would take a moment to look at the images from this week’s hearings before we go to war again.

Robert H. Scales

Washington Post

06 Sept 2013

Le Pape François appelle le monde à une journée de jeûne pour la paix en Syrie

Très Fermement opposé à toute intervention militaire contre la Syrie, le pape François a appelé le monde entier – catholiques, autres religions et non croyants – à une journée de jeûne et de prière pour la paix en Syrie samedi.

Depuis qu’il est à la tête du Vatican, le pape François démontre chaque jour les preuves de son excellence et de son profond intellectualisme. La première fois quand il a refusé tout amalgame entre François et François Ier.

Syrie: une armée galvanisée par la menace étrangère et le précédant irakien

« Les forces armées syriennes sont mobilisées et ont le doigt sur la gâchette » a affirmé samedi le Premier ministre syrien Waël Al-Halaki avant de souligner que l’état-major est prêt à faire face à toutes les scenarii.

D’après diverses informations, le gouvernement syrien a ordonné l’accès gratuit aux vivres de première nécessité aux populations tandis que l’armée syrienne a mobilisé 350 000 hommes pour faire face à une agression.

Ces déclarations inhabituelles émanant d’un technocrate intervenaient très peu de temps après le départ des observateurs des Nations Unies  de Syrie en direction de la Haye.

Les chefs militaires syriens s’attendaient depuis des mois à une intervention étrangère doublée d’une guerre sur deux fronts: au Nord contre la Turquie et au Sud contre le tandem Israël-jordanie.

L’objectif prioritaire de l’armée syrienne semble désormais d’encaisser une première vague de frappes balistiques et aériennes.

Les chaînes de télévision syriennes passent en boucle depuis hier des images des bombardements atomiques américains sur les villes d’Hiroshima et de Nagazaki en 1945, les bombardements au Napalm et à l’agent Orange sur le Vietnam, les horreurs commises par les forces d’occupation US à Bagdad, Abou Gharib et Falloudjah en Irak ainsi que la torture à Guantanamo. Le commentaire est assez édifiant.  D’autres images inédites d’atrocités démontrant l’usage d’armes prohibées contre des populations civiles irakiennes à Falloudjah en 2004, prises par d’anciens soldats irakiens réfugiés en Syrie sont diffusés à l’ensemble des troupes syriennes.

Des officiels syriens ne se font aucune illusion et se disent galvanisés par la très longue liste d’horreurs et d’atrocités commises par les américains en Irak voisin et qu’ils s’attendaient désormais à une agression à tout moment. Damas tient à rappeler que cette agression non justifiée et illégitime ne passerait pas sans une riposte.

Téhéran: une agression contre la Syrie permettra la libération de la Palestine

Des doutes subsistaient quant à une éventuelle riposte de l’Iran en cas d’agression étrangère en Syrie. Désormais, cela ne fait plus l’ombre d’un doute: la machine de guerre iranienne est en plein branle-bas de combat.

Un disours mystique et eschatologique domine les débats en Iran: pour la première fois, les iraniens évoquent publiquement « l’ultime guerre, celle qui conduira à la libération de la Palestine et l’anéantissement de l’Etat sioniste ».

De toute évidence et parallèlement aux immenses préparatifs de guerre israéliens, l’Iran s’est bien préparé à une guerre régionale totale. Cette donne chamboule non seulement les calculs de Washington et exlique ses hésitations mais également le recours par Obama à une approbation du Congrès pour déclencher ce qui pourrait être l’un des plus grands conflits du siècle.

Vu de Téhéran, l’approbation du Congrès est acquise d’avance, vu l’influence qu’exerce le  puissant lobby pro-israélien sur le pouvoir législatif US.

D’après des indiscrétions, la délégation du Haut Conseil de la sécurité nationale iranienne en visite depuis hier  à Damas aurait remis aux syriens un message secret ainsi que des plans visant à synchroniser une éventuelle riposte en cas d’agression contre la Syrie.

Quelques heures plus tard, le commandant en chef des Niruyeh Moghavemat Bassij (force de mobilisation de la résistance), la plus grande force  paramilitaire d’Iran (de 3 à 9 millions d’éléments), fondée en 1979 et relevant des forces du Corps des Gardiens de la Révolution a annoncé publiquement que toute « agression contre la Syrie conduira à la libération de la Palestine ».

D’autres généraux iraniens de l’armée régulière et des Gardiens de la Révolution ont martelé qu’une intervention occidentale en Syrie déclencherait un conflit qui ne sera pas circonscrit aux seules frontières syriennes.

Au Liban, des analystes proches du Hezbollah libanais estiment quant à eux qu’une éventuelle attaque américano-sioniste contre la Syrie verra la libération de la Palestine septentrionale. Une allusion à peine voilée à l’existence de plans secrets prévoyant l’intrusion de combattants du Hezbollah en Galilée, voire l’investiture d’agglomérations israéliennes. Ce qui serait une première depuis la création d’Israël en 1948.

Un cauchemar pour Obama.

La marine syrienne en état d’alerte

La surprise viendra t-elle de la marine syrienne?
La surprise viendra t-elle de la marine syrienne?

Dans un climat marqué par l’imminence d’une agression étrangère, nos sources à Damas font de plus en plus allusion à une éventuelle surprise qui proviendrait de l’arme la moins connue des forces armées syriennes: la marine.

On possède aucune information sur les capacités-certainement limitées- de la marine de guerre syrienne. Cependant, nos sources, indiquent que l’état-major syrien accorde une grande importance à cette arme en ce moment précis.

Contrairement aux autres armes comme celles de l’arme blindée et des hélicoptères, la marine n’a pas subi de pertes lors de la guerre civile.

Depuis des mois, la marine de guerre syrienne, fondée en 1946, tente de chasser les dizaines de submersibles non identifiés ayant pénétré dans les eaux territoriales syriennes. Non sans un certain succès, puisque au moins un submersible israélien de la classe Dolphin a été endommagé lors d’un incident.

Les missiles antinavires de la marine syrienne représentent une menace non négligeable pour les bâtiments de surface croisant à portée de missile du littoral syrien. Les missiles Yakhont n’ont pas tous été détruits par les raids israéliens.

Les drones maritimes iraniens pourront également jouer un rôle dissuasif.

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Vieilles vedettes lance-missiles de la marine syrienne lors d'un exercice en jullet 2012
Vieilles vedettes lance-missiles de la marine syrienne lors d’un exercice en juillet 2012

Conflit au Moyen-Orient: comme Staline en 41, Poutine se mure dans un silence inquiétant…

La situation au Moyen-Orient a atteint un stade d’une extrême gravité. Tous les ingrédients d’une réaction en chaîne pouvant déboucher sur un conflit mondial sont désormais réunis. La fédération de Russie, qui a défendu avec acharnement la Syrie depuis le début du conflit syrien le 15 mars 2011, semble adopter une posture hésitante et son ministre des Affaires étrangères, l’infatigable Sergueï Lavrov, a récemment déclaré lors d’une conférence de presse que son pays n’ira pas jusqu’à une confrontation militaire (avec les Etats-Unis cela s’entend) en cas d’intervention occidentale en Syrie.

Les signaux en provenance de Moscou sont de plus en plus inquiétants et traduisent moins un certain malaise qu’une sourde volonté à ne rien céder: réunions d’urgence du Conseil de la sécurité nationale, mise en alerte des Armées en Russie du Sud, mise en échec du projet britannique d’une nouvelle résolution contre la Syrie au Conseil de sécurité des Nations Unies, envoi de renforts navals en Méditerranée orientale, notamment le croiseur Moskva et contacts permanents avec l’Iran et la Syrie.

Toutefois, le signe le plus inquiétant est le mutisme actuel du Président russe Vladimir Poutine qui rappelle le fameux retrait de Joseph Staline le 28 juin 1941. Ce mutisme est révélateur à lui seul de l’état d’esprit du maître actuel du Kremlin.

La Russie a t-elle conclu un deal avec Washington via le Prince Bandar afin d’accorder aux américains une sortie honorable de ce conflit comme le prétendent plusieurs analystes? En d’autres termes, la Russie laissera les Etats-Unis effectuer des frappes aériennes limitées et ordonnera à Damas de s’abstenir d’attaquer Israël (facteur qui déclenchera systématiquement la troisième guerre mondiale) et revenir aux négociations après…Rien n’est moins sûr. L’expérience irakienne a démontré qu’une fois la machine de guerre US lancée, elle ne s’arrêtera qu’une fois le pays ciblé est totalement détruit et son régime anéanti.

Que fera alors Poutine qui est toujours en colère après son entrevue avec le Prince Bandar (surnommé Bandar-Bush et Prince des ténèbres), l’un des principaux instigateurs des guerres d’Afghanistan et d’Irak, après que ce dernier l’eut menacé d’un enfer terroriste en Tchétchénie et au Daguestan, au Caucase russe?

Conflit au Moyen-Orient: le Hezbollah, variable inconnue.

500 éléments du Hezbollah libanais effectuant le Salut Romain lors de la commémoration de la journée de la résistance
500 éléments du Hezbollah libanais effectuant le salut Romain lors de la commémoration de la journée de la résistance

Parmi les grands variables à prendre en compte lors de l’évaluation de la situation au Moyen-Orient, il en existe une, quasiment inconnue du public et susceptible de poser pas mal d’entraves aux plans de Washington: il s’agit du Hezbollah libanais.

Le Hezbollah est un acteur non-étatique, un parti politique doté d’une puissante milice armée organisée comme une secte fermée au sein d’une autre secte. Il est né des ruines fumantes de l’invasion israélienne du Liban en 1982. Il a acquis une très grande expérience dans la guerre asymétrique et l’usage de techniques de combat inconnues jusque-là. Il dispose d’étonnantes capacités de renseignement puisque ses réseaux d’espionnages ont réussi à inflitrer les services de renseignements militaires de l’armée israélienne à plusieurs reprises. Ses membres ont le meilleur équipement militaire individuel de toute la région du Moyen-Orient et cultivent le culte absolu du secret, se reconnaissent entre-eux par une série de signes.  Ils ont adopté le salut romain qui terrifie tant les israéliens. Le Hezbollah a été classé par Washington puis tout récemment par l’Union européenne comme une organisation terroriste.

Dirigée par un chef charismatique, Sayed Nasrallah, le Hezbollah a réussi l’exploit d’avoir fait fuir Israël du Sud-Liban en 2000 et d’avoir résisté, avec l’aide active de la Syrie à une tentative d’invasion du Liban en juillet 2006.  Lors de cette guerre, les éléments du Hezbollah ont fait voler en éclats le mythe d’invincibilité du char de bataille lourd israélien Merkava, un monstre hybride réunissant le meilleur des technologies de char US, Allemande et Britannique. La milice a tiré dès le début du conflit un missile antinavire fourni par la Syrie contre un bâtiment de surface de la marine israélienne doté d’une protection électronique hyper-sophistiquée, le touchant de plein fouet. Un nouveau équilibre stratégique s’est alors mis en place au Nord d’Israël.

Gratitude oblige, le Hezbollah est venu au secours de la Syrie en difficulté en 2013. Rarement on a assisté à un tel cas de figure: une milice défend un pays très faible, le Liban et se porte au secours d’un pays assez puissant d’un point de vue militaire dans le monde arabe. Bête noire de l’Arabie Saoudite à cause de son obédience chiite et donc hérétique du point de vue de Ryad, le Hezbollah a tenté de soutenir les factions de la résistance palestinienne, notamment le mouvement islamiste Hamas. Mais ce dernier s’est retourné contre lui et a rejoint la rébellion syrienne dans sa guerre contre le pouvoir à Damas.

Le Hezbollah comptabilisait entre 3000 et 5000 combattants en 2006 et d’un arsenal de quelques 40 000 roquettes. Aujourd’hui, cette milice vouée aux gémonies disposerait de quelques 100 000 roquettes et missiles, des drones et d’unités réduites mais très disciplinées qui pourrait poser un sérieux problème aux israéliens en cas d’une intervention étrangère en Syrie. C’est la grande inconnue des stratèges israéliens. Et il n’est pas exclu que le Hezbollah dont l’allié, le mouvement chiite Amal, se faisait pilonner par l’armée syrienne en soutien aux phalanges chrétiennes maronites en pleine guerre civile libanaise (1975-1988), ne puisse encore une fois porter secours à Damas.

Le Moyen-Orient est complexe.

Corps des Gardiens de la Révolution Iranienne: « Nous nous réservons le droit légitime et indéniable de nous défendre »

Le jour que tout le monde redoutait et attendait est arrivé.  Les iraniens avaient depuis juillet 2012 une information selon laquelle leur pays allait faire l’objet d’une attaque en septembre 2013. Or, pour arriver à cette fin, il fallait briser l’axe stratégique Beyrouth-Damas-Téhéran. L’axe n’est pas brisé mais l’un de ses maillons, la Syrie, est grièvement affaiblie par un plan de destabilisation. A Téhéran, l’état-major s’est préparé, non sans une certaine dimension messianique, à une guerre ultime considérée comme celle de la fin des temps. Le commandant en chef du Corps des Gardiens de la Révolution Islamique (CGRI), armée d’élite du régime, le général Mohamed Ali Jaafari, vient d’effectuer une visite d’inspection au détroit d’Hormuz où il a déclaré que son armée « suit avec une extrême attention les agissements menaçants » de leurs ennemis dans la région et que le « processus des évolutions régionales et internationales nécessite une vigilance…deux cent fois renforcée » avant de marteler que « Les incidents sanglants de la région révèlent, de jour en jour, l’implication du régime sioniste (Israël), mais ce qui est certain, c’est qu’ils ne sont pas, en fin de compte, dans l’intérêt de ce régime »,

« Nos comportements sont subordonnés aux prises de position et actions de l’ennemi et nous n’avons jamais agressé quelque pays que ce soit, mais si les agissements de l’ennemi nous menacent, directement ou indirectement, nous nous réservons le droit légitime et indéniable de nous défendre » a conclu le chef du Corps des Gardiens de la Révolution, une armée d’élite parallèle et mieux équipée que les forces armées iraniennes.

Au Liban, le Hezbollah se prépare à l’ultime épreuve. Celle de sa survie. D’autant plus que tous les éléments indiquent que les Etats-Unis et Israël sont maintenant en possession de nouvelles armes pour contourner le défi posé par la dernière génération des systèmes d’armes russes et chinois.

Certains observateurs soulignent qu’une attaque sur la Syrie et l’Iran pourrait résoudre la question de savoir si l’Iran possède ou non des armes nucléaires fonctionnelles.

Une guerre au Moyen-Orient verrait un usage inédit et massif de missiles balistiques par l'Iran, le Hezbollah et la Syrie contre Israël, l'Arabie Saoudite et des cibles US dans la zone.
Une guerre au Moyen-Orient verrait un usage inédit et massif de missiles balistiques par l’Iran, le Hezbollah et la Syrie contre Israël, l’Arabie Saoudite et des cibles US dans la zone.

Iran: « Dures conséquences si Washington franchit la ligne rouge » en Syrie

Une attaque militaire américano-israélienne sur la Syrie serait perçue comme une attaque généralisée contre la République islamique d’Iran. Le Chef adjoint de l’Etat-Major des forces armées iraniennes, le général Messaoud Jezayeri a explicitement averti de dures conséquences si Washington décide de franchir la ligne rouge en Syrie.

Les américains et les israéliens le savent depuis le début mais attendaient patiemment le changement de deux variables: primo, un affaiblissement suffisant des forces armées syriennes et de son économie; secundo, l‘arrivée de nouveaux systèmes d’armes capables de rendre obsolètes les systèmes d’armes russes, chinois et iraniens. Ce qui semble être fait vu les déclarations belliqueuses des Chefs d’Etats alliés des Etats-Unis.

Cependant, nul ne pourra prévoir ce qui adviendra au lendemain de l’incendie. Car, ne vous y trompez pas deux fois: une attaque américano-israélienne sur la Syrie et l’Iran marquera non seulement l’épilogue et l’échec définitif de ce que l’on a appelé « Printemps arabe » (jeu de mot signifiant « destruction arabe » en hébreu) mais également le début de la troisième guerre mondiale. Ironie du sort, celle-ci a toutes les chances de se déclencher à la veille de la commémoration du centenaire de la première guerre mondiale…

Photos du jour: le Président Assad de Syrie au front, à Darya!

Image inédite du Président syrien Bashar Assad sur le terrain des opérations, aujourd'hui 01e août 2013, à l'occasion du 68e anniversaire des forces armées syriennes. En visite auprès des unités opérationnelles à Darya, dans la périphérie Sud de Damas, l'une des zones les plus dangereuses en Syrie. Il a fallu sept mois d'assauts ininterrompus à l'armée syrienne sur cette localité pour venir à bout des 6000 insurgés qui y étaient retranchés.
Image inédite du Président syrien Bashar Al- Assad sur le terrain des opérations, aujourd’hui 01e août 2013, à l’occasion du 68e anniversaire des forces armées syriennes. En visite auprès des unités opérationnelles à Darya, dans la périphérie Sud de Damas, l’une des zones les plus dangereuses en Syrie. Il a fallu sept mois d’assauts ininterrompus à l’armée syrienne sur cette localité pour venir à bout des 6000 insurgés qui y étaient retranchés. Sur cette photo diffusée il y a une demi-heure par la chaîne satellitaire syrienne, Al-Assad échange quelques mots avec de simples soldats d’un bataillon d’infanterie mécanisée.
Al-Assad au milieu de la troupe à Darya, il y a quelques moments. "Je suis fier de vous en tant que soldats...L'histoire retiendra que vous avez combattu jusqu'au bout dans l'ordre et la discipline. la Syrie fait face à l'une des plus sauvages agressions de l'histoire contemporaine et vous avez montré au monde entier que vous n'étiez pas une armée fantôche...Nous vaincrons!"
Al-Assad au milieu de la troupe à Darya, il y a quelques moments. « Je suis fier de vous en tant que soldats…L’histoire retiendra que vous avez combattu jusqu’au bout dans l’ordre et la discipline. la Syrie fait face à l’une des plus sauvages agressions de l’histoire contemporaine et vous avez montré au monde entier que vous n’étiez pas une armée fantôche…Nous vaincrons! »
Al-Assad avec un officier de la police militaire dans les rues de Darya. Au même moment, le commandant des forces aéroportées russes a déclaré que ses forces sont prêtes à intervenir en Syrie en soutien à l'armée syrienne en réponse à toute tentative US d'imposer une zone d'exclusion aérienne.
Al-Assad avec un officier de la police militaire dans les rues de Darya. Au même moment, le commandant des forces aéroportées russes a déclaré que ses forces sont prêtes à intervenir en Syrie en soutien à l’armée syrienne en réponse à toute tentative US d’imposer une zone d’exclusion aérienne.

 

Genève II: Ryad exige le retrait du Hezbollah de la Syrie

De source diplomatique arabe, l’Arabie Saoudite dont les renseignements gèrent certains aspects de la guerre en Syrie, aurait exigé de la Russie le retrait du Hezbollah libanais du territoire syrien comme préalable à une éventuelle participation du royaume à la Conférence internationale de Genève II.

D’après les mêmes sources, Ryad aurait également demandé la réduction de l’aide russe destinée à l’Iran en soulignant son refus total de toute influence iranienne sur le Moyen-Orient.

Côté saoudien, c’est le Prince Bandar, chef des renseignements du royaume, qui aurait transmis ces doléances au Président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine.

D’après un diplomate arabe en poste à Moscou, le Prince Bandar a rappelé au Président Poutine que l’Arabie Saoudite avait les moyens de saboter Genève II tout en lui affirmant que Ryad serait prêt à acquérir des systèmes d’armes russe dans le cadre de contrats très lucratifs pour la partie russe pour peu que celle-ci adopte une position plus neutre dans le conflit en cours en Syrie.

Selon des informations jamais confirmées, l’Arabie Saoudite serait prête à dépenser jusqu’à 250 milliards de dollars US pour faire réussir un changement de régime à Damas.  Du point de vue des Saoudiens, l »installation d’un régime pro-saoudien en Syrie serait susceptible d’isoler et le Hezbollah au Liban et L’Iran et par conséquent affaiblir notablement l’influence iranienne sur le croissant fertile.  Cet Objectif coïncide avec les objectifs stratégiques prioritaires d’Israël dans la région.

Conflit au Moyen-Orient: de la révolution 2.0 aux bombardements orbitaux?

1. Malgré un nouvel afflux notable d’hommes et de matériel, la rébellion syrienne peine non seulement à se maintenir en dehors des zones rurales isolées mais accentue ses divisions intrinsèques du fait de profonds clivages idéologiques et politiques.  En réalité, la rébellion syrienne, toutes tendances confondues, ne s’est jamais remise de sa défaite stratégique à Al-Qussayr (non loin de l’antique Meggido). Sur le terrain, les rebelles sont boutés hors des cités périphériques de Damas, écrasés à Homs et à Lattaquié, pourchassés près de la zone de cessez-le-feu au Golan et mis en échec à Alep où le blocus mis en place par des groupes extrémistes armés depuis le début du mois sacré du Ramadan vient d’être percé par les unités d’élite de l’armée syrienne.

Cet ascendant des forces armées syriennes et des milices populaires permet à Damas de focaliser sur un autre aspect non moins dangereux du conflit en cours en Syrie: la guerre économique. Depuis des mois, des campagnes organisées de spéculation monétaire et financière ont grandement nui à l’économie syrienne et à la valeur de la livre syrienne. Cette spéculation est accompagnée par diverses pratiques telles que la contrebande, la fuite massive de capitaux, l’organisation de fausses pénuries, le sabotage d’infrastructures, l’introduction de fausse monnaies, la corruption et une hausse anormale des produits de base. Pour y faire face, le Premier ministre syrien Wael Al-Halaki a mis en place toutes une série de mesures de protection. Cependant fort insuffisantes. Le recours à des experts iraniens, aguerris par le blocus auquel leur pays fait face, a permis d’éluder l’effondrement de la monnaie nationale syrienne.

Le gouvernement syrien a beau mettre en place un système de rationnement en temps de guerre, impossible de stopper les pratiques spéculatives. En vertu du système de rationnement, chaque personne adulte a le droit à 300 grammes de thé par mois mais ce produit s’échange sous le manteau à des prix rédhibitoires et est surtout exporté en masse vers des pays voisins. La situation est telle que l’armée syrienne commence à cibler les milieux de la spéculation. Néanmoins, contre toute logique, l’économie syrienne tient toujours. Les liens commerciaux officieux avec l’Irak et l’Iran (ce dernier ne parvient ou ne veut plus payer ses créances internationales) ainsi que ceux bancaires avec le Liban expliquent en partie mais pas totalement la survie surprenante du système économique d’un pays non producteur d’hydrocarbures dont l’économie est basée essentiellement sur l’agriculture et le textile.

2. Des indications receuillies laissent entendre que les populations civiles et les unités militaires assiégées à Alep ont pu être ravitaillées par l’armée syrienne qui a du intervenir alors que son plan ne préconise pas un mouvement vers le Nord avant le mois de d’octobre afin de parer à toute nouvelle attaque combinée sur Damas comme ce fut le cas en juillet 2012. Le blocus imposé par les groupes les plus extrémistes de la rebéllion n’a pas tenu, moins par la vigueur de l’offensive loyaliste que par l’éclatement de conflits armés entre, d’une part, les groupes liés à Al-Qaïda et des factions de l’armée syrienne libre, et, d’autre part, le front d’Ennosra et les milices kurdes. La situation semble prendre un virage inattendu au Nord de la Syrie et en Turquie méridionale avec l’éventualité de la déclaration d’une entité kurde indépendante. Cette éventualité est fort redoutée par Ankara.

3. Plus au Sud, près du plateau stratégique du Golan, des accrochages ont encore opposé des militaires syriens et israéliens. Des unités de l’armée syrienne pourchassant des groupes armés liés à l’armée du Cham (pays de Sem, autre appellation du Levant regroupant la Grande Syrie, c’est-à-dire, la Syrie, le Liban, la Palestine et la Jordanie) près de la ville de Qunaytra, ont poursuivi les rebelles jusqu’à un poste militaire israélien désaffecté situé à l’intérieur de la zone contrôlée par Israël, provoquant une riposte israélienne. Mais les deux pays, soumis à d’intenses pressions internationales pour éviter toute escalade, n’ont pas donné plus d’information. Ce qui est certain est que du côté israélien, une nouvelle brigade chargée du Golan est en train d’être constituée à la hâte tandis que les meilleures unités de l’armée israélienne se massent en Galilée. Le Liban et les confins syro-jordaniens sont survolés par un nombre impressionnant de drones. Au point que la défense antiaérienne israélienne en a abattu un le prenant pour un appareil du Hezbollah. D’autre part, des information jamais confirmées et non-vérifiables font état du déploiement par Israël de missiles nucléaires tactiques non loin du Lac Tibériade. Si cette information est vraie, cela renseigne sur le degré d’inquiétude que suscite l’évolution-défavorable jusqu’ici pour la stratégie de Tel-Aviv-de la crise syrienne dont le théatre d’opération s’étend désormais de la province irakienne d’Al-Anbar à l’Est jusqu’au littoral libanais sur la Méditerannée à l’Ouest.

4. L’évolution défavorable de la crise syrienne suivant les intérêts géostratégiques américains et par voie de conséquence israéliens à re-évaluer l’ensemble de la stratégie arrêtée jusque là. La rencontre du Chef des services de renseignement israéliens avec ses homologues US aux Etats-Unis a pour principal objet une redéfinition de cette stratégie à la lumière des derniers développements régionaux. Si des officiels US tels que le Secrétaire d’Etat John Kerry martèlent publiquement et sans conviction qu’il est encore impossible d’établir une zone d’exclusion aérienne au-dessus d’une partie du territoire syrien, des chefs militaires au Pentagone évoquent pour la première fois la possibilité de recourir à une nouvelle arme: les bombardements orbitaux ou frappes cinétiques. En d’autres termes de lâcher à partir de l’espace ou plus précisément d’une orbite déterminée, une pluie de micro-météorites artificielles qui viendraient s’écraser à très grande vitesse sur une surface déterminée de la planète et, en l’occurrence ici, du territoire syrien. On sait presque rien sur cette nouvelle technique qui rappelle les lancer de fléchettes au dessus des tranchées de la première guerre mondiale  mis à part l’existence d’un programme assez ancien dénommé Thor. La chute d’objets métalliques (matériaux spéciaux) ou autres, lâchés à partir d’une orbite proche et tombant à la vitesse des météores sur le sol syrien serait quasiment impossible à intercepter par les moyens actuels de la défense aérienne ou des des moyens d’interception balistique. Chinois et Russes semblent très inquiets et travaillent d’arrache-pied à des contre-mesures. Un des points faibles de cette technique est son impossibilité à acquérir des cibles précises puisqu’elle dépends de plusieurs variables de la chute libre, de la gravitation et de la rotation terrestre. Ce qui en résulte un phénomène de dispersion plus ou moins important.

La chute de météorites en Russie en février 2013 causant des dégâts dans l’Oural et dans le centre de la Russie a alimenté pas mal d’hypothèses dont la plus tonitruante a été émise publiquement par l’homme politique russe Vladimir Zhirinovsky qui a nommément accusé les Etats-Unis d’avoir testé un système de bombardement cinétique au dessus de l’Eurasie. Une hypothèse que les médias n’ont pas jugé relever et ont classé comme une autre théorie du complot paranoïaque. Ce qui est certain, c’est que l’US Air Force a testé en Irak, durant la période s’étendant de 1998 à 2003, soit l’invasion de ce pays, toute une série de nouvelles armes telles que les bombes à béton (non-explosives), des masses d’acier, des bombes à émission électromagnétiques et d’autres.

Quoi qu’il en soit, les déclarations d’officiels US telles que celles du Secrétaire d’Etat John Kerry sur l’impossibilité d’imposer une zone d’exclusion aérienne sur une partie du territoire syrien ou celles encore plus lénifiantes de responsables européens niant toute volonté d’armer les rebelles cache mal la préparation de plans alternatifs assez novateurs pour tromper la vigilance des alliés de la Syrie. Ce n’est point un hasard si le Chef d’état-major des Armées des Etats-Unis d’Amérique, le général Martin Dempsey, évoque pour la première fois la possibilité d’utiliser des frappes cinétiques (Kinetic strikes) en Syrie.  Si cette éventualité se réalise, le conflit au Moyen-Orient et ses multiples avatars high-tech dénommés sous le nom générique de printemps arabe, auront connu l’usage de l’ensemble des technologies préfigurant le monde de demain (l’arme nucléaire n’en est pas une et figure parmi les techniques du passé) allant des révolutions 2.0, versions plus perfectionnées des premières révolutions colorées aux bombardements orbitaux en passant par de nouvelles techniques d’ingénierie sociales et informationnelles à travers un contrôle total de l’Internet et des moyens de télécommunication. Bien que toutes ces nouvelles techniques soient à leur balbutiement, elles auront un rôle déterminant dans les conflits futurs.

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Le conflit syrien verra t-il l'usage inédit d'armes spatiales?
Le conflit syrien verra t-il l’usage inédit d’armes spatiales?

Tribune libre: Printemps arabe ou l’échec de la démocratie en Orient?

L’armée égyptienne est finalement intervenue pour déposer le président Mohamed Morsi, pourtant premier président démocratiquement élu du pays. Le printemps arabe, né en Tunisie fin 2010, a atteint l’Egypte dès le début 2011 et a abouti au départ du président Moubarak qui dirigeait l’Egypte depuis trente ans.

Les revendications d’une grande partie de la jeunesse égyptienne qui a mené cette révolution dite du Nil ou du Papyrus sur la place centrale du Caire (la place Tahrir) ont abouti à des élections libres qui ont vu une déferlante islamique.

En effet, aux premières élections législatives de l’après Moubarak, qui a vu une participation de 55%, les frères musulmans ont obtenu 44.6 % des voix, concurrencés seulement par les plus radicaux qu’eux, les salafistes, qui ont obtenu 22,5% des voix, le premier parti pseudo libéral  obtenant seulement 7,8% des voix. A l’élection présidentielle de 2012, la scission du pays en deux (Islamo-conservateurs contre réformistes) était palpable et l’élection s’est résumée à un duel politique entre un homme de l’époque Moubarak et le candidat des frères musulmans, le scientifique Mohamed Morsi, qui a notamment étudié aux Etats-Unis. Celui-ci remportera l’élection avec 51,73 % des voix (la participation s’élevant à seulement 45%) et sera investi en juin 2012.

Un an plus tard, il sera donc déposé par l’armée après de nouvelles et immenses manifestations (plusieurs millions de personnes) place Tahrir et ailleurs en Egypte. Les opposants lui reprochent principalement sa piteuse gestion de la situation économique du pays. Ce Week-end, plusieurs centaines de milliers de partisans du président déchu sont eux aussi descendus dans la rue, invoquant eux à juste titre le respect des urnes et la démocratie. Les manifestations ont tourné à l’affrontement entre partisans de Mohamed Morsi et l’armée et en ce 10 juillet 2013 on parle déjà de dizaines de morts et de centaines de blessés.

Il y a là des dilemmes visiblement insolubles pour l’Egypte, pour les pays du printemps arabe et pour la communauté internationale.

La démocratie du printemps arabe a vu l’émergence et la prise de pouvoir de mouvements islamo-conservateurs (principalement les frères musulmans) qui étaient soit interdits, soit tenus à l’écart de la vie politique par les anciens pouvoirs laïcisants issus de la guerre froide. Ce retour au pouvoir des clergés et d’un Islam politique a accentué les batailles d’influences trans-territoriales entre confréries, menant à la situation que l’on connaît par exemple en Syrie. Ce pays fait en effet face à une guerre au niveau régional et confessionnel, ou le courant sunnite régional le plus radical tente de mettre à mal le croissant chiite en s’attaquant à sa composante la plus hérétique selon lui mais aussi la plus laïque selon les critères occidentaux. La Syrie est ainsi devenue le champ de bataille par ricochet d’une coalition Russo-chiite qui est en conflit ouvert avec un axe Occidentalo-sunnite.

Le mythe d’un Islam compatible avec la démocratie semble remis en cause.

Les victoires électorales des Frères musulmans en Egypte, en Tunisie ou en Libye, qui auraient pu amener à des cohabitations entre charia et démocratie, ne semblent plus viables. Il y a une crise culturelle profonde qui traverse les sociétés arabo-musulmanes. Les nouveaux régimes issus des élections semblent avoir du mal à bien intégrer la pluralité, qu’elle soit ethnico-culturelle, religieuse ou comportementale. Hormis en Tunisie ou les islamistes composent, la situation économique de tous les pays concernés par ces nouveaux régimes est d’ailleurs plus que catastrophique et qui semble inévitablement génératrice de protestations dans un avenir proche, comme c’est le cas en Egypte aujourd’hui.

Les coups d’état militaires et les juntes au pouvoir ont toujours été fermement condamnés par les pays occidentaux, que ce soit en Birmanie, en Grèce ou en Argentine. La mollesse des réactions occidentales face au coup d’état militaire en Egypte démontre bien le dilemme, entre armée et islamisation. Le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu a lui tenté d’empêcher une intervention de l’armée contre le président égyptien, en avertissant les capitales européennes hébétées mais cela a échoué.

L’armée apparaît pourtant de plus en plus comme un nouveau pouvoir (ou contre pouvoir) seul à même de maintenir une forme d’équilibre national et de protéger l’équilibre communautaire (et les minorités) face à une islamisation à outrance des pays concernés. Cette tendance n’est pas nouvelle. En Algérie, la victoire des islamistes fut annulée en 1991, plongeant le pays dans une guerre civile de 10 ans durant laquelle l’Armée affronta, jusqu’à sa victoire en 2002, divers groupes islamistes. En Turquie, Recep Erdogan, depuis son élection en 2003, a lui mené d’intensives campagnes pour désactiver l’armée et faire mettre en prison les officier qui auraient pu s’opposer à l’islamisation lente que le pays connaît, entrainant l’inquiétude des minorités et des laïcs qui ont manifesté récemment. En Syrie, l’armée parait être aujourd’hui le seul garant du rétablissement de l’ordre constitutionnel mis à mal.

Parmi les nombreux manifestants Egyptiens place Tahrir, certains brandissaient aussi des drapeaux syriens et des portraits de Bashar-El-Assad, traduisant ainsi leur bonne compréhension des événements géopolitiques régionaux mais aussi peut être leur profonde intuition que Syrie et Egypte doivent être unis et non en guerre. Il faut se souvenir qu’historiquement, Egypte et Syrie ont déjà été un seul et même état, pour faire face a la menace communiste d’un coté (qui n’existe plus aujourd’hui) et américaine de l’autre. Est-ce la raison pour laquelle de nombreux manifestants place Tahrir brandissaient également des pancartes dénonçant le soutien américain au candidat Morsi?

Il est certain que des groupes radicaux ne vont pas tarder à menacer l’armée Egyptienne d’un conflit pour le rétablissement du pouvoir islamique arrivé au pouvoir par les urnes. On peut se poser la question de savoir si l’Egypte va désormais connaître une guerre civile larvée sur le modèle de l’Algérie quand les élections de 1991 ont été annulées par l’armée.

Alors que le monde arabo-musulman risque de traverser au cours de ce siècle sa grande guerre interne, politique, confessionnelle et générationnelle. Pour les américains, il semble que l’agenda de remodelage du grand moyen orient soit remis aux calendes grecques. Il faut maintenant essayer d’imaginer quelles seront les conséquences directes des ces bouleversements pour les états de la région, et les conséquences possibles et imaginables pour la France, l’Europe et la Russie.

Alexandre Latsa

Photos de la semaine: les hélicoptères de l’armée égyptienne illuminés par les Lasers de la foule

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Les pilotes de l’armée de l’air égyptienne ont vécu trois jours de cauchemar: A chaque mission de survol des rassemblements de foule réclamant le départ de l’ex-président Mohamed Morsi (déposé et arrêté par l’armée dans la nuit du 02 au 03 juillet 2013), ils devaient faire face à la convergence inattendue de centaines de faisceaux Laser émanant de pointeurs utilisés par les protestataires…Désorienté, un pilote d’un hélicoptère d’attaque de type Apache a failli perdre le contrôle de son appareil au dessus d’une masse humaine à cause de ces gadgets…

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