Cogito Ergo Sum…Strategika51 est de retour

Agrégat non cumulés de concepts heuristiques ou de conjectures auto-suggestives, l’élaboration d’un corpus en stratégie contemporaine semble échapper aux sentiers battus européo-centristes depuis la fin du 19e siècle. Nous vivons en effet une période assez fascinante dans la mesure où elle marque de manière définitive la fin d’une époque et le début d’une autre dont les contours semblent de plus en plus incertains et flottants.

Un moment d’histoire inédit que l’on a pas connu depuis le haut Moyen-Âge et le lent déclin de l’Empire Romain d’Occident. Il y eut ce que l’on communément appelé “les Invasions Barbares”; on a actuellement “le Chaos Contrôlé”. Au mépris du temps, les deux faits sont le résultat d’un choix politique et stratégique visant au maintien d’une hégémonie aux visées mondiales. Les conséquences des politiques suivies par les pâles derniers empereurs romains sont connues. Celles que produiront les politiques des élites financières mondiales ne le sont pas encore puisque nous sommes en train d’y assister à la fois en tant que victimes et témoins.

Contrairement à une idée reçue, les élites gouvernant aux destinées des puissances de ce bas-mondes ne suivent pas toujours une rationalité froide et raisonnée. Elles versent de plus en plus dans une supertition puisant ses ressources dans les anciennes prophéties, les textes sacrées ou encore le culte des chiffres, un lointain héritage du pythagorisme et des mystères anciens. 2017 commence à être perçu comme une date-réminiscence: un centenaire de la révolution bolchévique et la destruction de la Russie tsariste. Cela coincide avec une posture ou un potentiel de situation assez étrange où la Russie figure désormais sur la ligne de mire directe de ce que l’on peut dénommer l’ancien empire. En arrière-plan à cette dualité renouvelée entre Moscou et Washington se profile l’ombre imposante d’un dragon chinois à la montée tellement fulgurante que Pékin se voit obligé de truquer à la baisse ses performances économiques, industrielles et militaires (“C’est pourquoi, lorsque vous êtes capables, feignez l’incapacité; actif, la passivité…Proche, faites croire que vous êtes loin; et loin, que vous êtes proche” Sun Tzu, l’Art de la Guerre)

C’est dans ce contexte marqué par une crise multi-forme et multi-dimensionnelle, dans un monde paradoxal où des centaines de millions de personnes arrivent à accéder à de faux besoins crées de toutes pièces sans pour autant bénéficier des minima requis pour une vie normale, en d’autres termes, des hilotes d’un genre nouveau, que nous percevons le besoin de démystifier la narration corrosive d’un système-monde chargé de créer une nouvelle réalité. C’est l’enjeu de toute propagande. Un enjeu majeur d’autant plus que les systèmes de perpetuation du savoir sont pervertis en sous-systèmes de déprogrammation mentale et intellectuelle visant à créer un humain totalement asservi. Soit la négation même de toutes les grandes idéaux ayant animé la grandeur de l’homme depuis les origines.

Strategika51 est de retour.

Guerre en Syrie: mise en échec d’un assaut rebelle sur un aérodrome près d’Alep

Alep-Correspondance particulière/Strategika51

Plus de 102 combattants rebelles ont péri ces dernières 48 heures en tentant de prendre d’assaut l’aérodrome militaire de Kuwayris près d’Alep.

Usant d’une tactique éprouvée, notamment lors de l’attaque du village chrétien araméen de Maaloula, les rebelles des brigades de Jund Al-Haqq (les soldats de la Justice), une branche affiliée à Jobhet Ennosra (Front des Partisans/Al-Qaida) ont tenté de prendre d’assaut la base aérienne  avant-hier à 4h00 du matin (heure de Damas) en forçant le portail d’entrée à l’aide de véhicules piégés conduits par des kamikazes, mais une contre-offensive des unités spéciales de l’armée syrienne soutenues par les Forces de la défense nationale (NDF-une force paramilitaire supplétive de l’armée) et disposant d’un important appui feu aérien a permis une manoeuvre d’encerclement et l’élimination de la force rebelle.

Nos sources soulignent que les rebelles capturés lors de cette opération ont fourni des informations sur leur entraînement en Turquie méridionale par des instructeurs britanniques.

Les rebelles ont utilisé des engins piégés et plus précisément des camions avec un type militaire d’explosif n’existant pas dans la nomenclature de l’armée syrienne pour détruire les défenses de la bases aérienne pour ouvrir un passage à une force d’assaut rebelle. C’est quasiment le même plan utilisé avec succès à Maaloula où furent utilisés des pneus usagées piégés au TNT et au C4 contre les soldats syriens gardant le village Araméen.

Cependant, cette fois-ci, l’attaque fut mise en échec grâce à l’interception des communications cryptées des rebelles par le renseignement militaire. Les rebelles faisaient référence à cette attaque par le nom de code de « Amir Al-Oumaraa » ou Emir des Emirs (Princeps Principii) dans une possible allusion au Prince Bandar Ben Sultan, Chef des renseignements Saoudiens. Cette opération revêtait une importance très particulière car c’est de cet aérodrome que partent les hélicoptères de combat et les avions d’attaque au sol opérant dans la province septentrionale d’Alep.

Parmi les rebelles éliminés identifiés par les renseignements de l’armée de l’air figurent:

  • Mahmoud Al-Khalil, décrit par l’agence officielle SANA comme un sniper. Ce dernier surnommé le Glaive de Dieu serait derrière un nombre impressionnant d’assassinats de précision ayant visé des militaires de l’armée syrienne;
  • Faarooq Sadreddeen
  • ‘Umar Sadreddeen
  • Fakhri Abu-Karraar
  • « Abu Raafid Al-‘Iraaqi », ressortissant de nationalité irakienne, identité non confirmée;
  • Hussayn Al-Qishta
  • Sindaar Al-Kubaysi
  • Haseeb Al-Mustafaa
  • Hamdu Al-Juma’ah
  • Badr ‘Umar
  • Shukri Istablaji
  • Haatem Muhammadaani
  • ‘Abdul-‘Azheem Dayyoob
  • Hassan Al-Kabaareeti
  • Ahmad Harb
  • Ahmad Hamad
  • Zayn-Al-‘Aabideen Al-A’raj
  • Ibraaheem Al-Malaama
  • Khaleel Al-Zankari
  • Faheem Muhammad
  • Abdul-Waliy Urhanli
  • Faraj ‘Abdul-Hameed
  • ‘Izzedden Al-Shater
  • Rafeq Ballat
  • Dawoud Shalabi
  • Muhammad Jabboor
  • ‘Imad Ihsani
  • Muhammad ‘Abdul-Baaqi
  • Mahmoud Salama
  • ‘Ali Shumaysi
  • Yasin ‘Issaa
  • Ziyad Al-Nuqta

69 autres combattants n’ont pu être identifiés. Les pertes de l’armée syrienne et des NDF s’élèveraient quant à elles à 37 morts et une centaine de blessés.

En raison de la proximité de la frontière turque, l’armée syrienne a mis le paquet dans son offensive pour reprendre le terrain cédé aux différentes factions de la rébellion depuis un an et demi. La Syrie a officiellement accusé, à travers son représentant aux Nations Unies, la Turquie de soutenir les rebelles sur son territoire. La guerre continue. En attendant Genève 2 en janvier 2014.

Attaque de Kuwayris_Alep

Genève 2: pour Damas, la Ligue Arabe n’existe plus et sa présence sera un non-évènement!

Les officiels syriens ne sont pas allés de main morte pour qualifier la Ligue arabe de machin fantôme n’ayant aucune importance et que sa participation à Genève 2 est un non-évènement.

Le ministre syrien de l’Information, Al-Zoabi, s’entretenant il y a quelques heures avec la chaine libanaise d’information en continu Al-Mayadeen, a estimé que la Ligue arabe a perdu son identité et sa raison d’être tout en remarquant que son pays ne donnait aucune importance à la participation de cette Organisation aux négociations de Genève 2.

Deux jours auparavant, le Secrétaire général de la Ligue arabe, l’égyptien Nabil Al-Araby, a déclaré à la presse que la poursuite ou non de suspension de la Syrie de l’Organisation panarabe dépendait de l’issue des négociations prévues à Genève.

« Il peut toujours divaguer » a estimé Al-Zoabi qui est tombé à bras raccourcis sur l’Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie. Le ministre syrien a également affirmé que l’Arabie Saoudite devrait être exclue de Genève 2.

Conflit au Moyen-Orient: échanges de tirs au Golan

Au moins un obus de mortier est tombé aujourd’hui à Magdal Chemms, l’une des principales localités du Golan occupée par l’armée israélienne. Des échanges de tirs entre soldats israéliens et militaires syriens ont été rapportés. Un tir d’artillerie israélienne a fait un mort et huit blessés côté syrien. Cet énième accrochage entre israéliens et syriens au niveau du plateau du Golan intervient au lendemain de révélations officielles syriennes sur le degré d’implication d’Israël dans la bataille en cours dans la Ghouta Orientale. Soit aux portes de Damas.

La situation au Golan est pour le moins très instable depuis le début de la guerre en Syrie. Les blessés des factions rebelles syriens et volontaires étrangers sont fréquemment évacués en Israël à partir du Golan, provoquant des tirs limités de l’armée syrienne.

Les deux pays semblent redouter une escalade au niveau du Golan, d’autant plus qu’une telle éventualité signifierait le début d’une guerre régionale dont personne ne connait exactement les conséquences.

Les meilleures unités d’élite de l’armée israélienne sont stationnées au Golan: les unités Golani. Renforcées par l’unité 8002  de cyberguerre et de guerre électronique et des escadrons de chasseurs-bombardiers F-15 Soufa. En face, malgré un conflit de plus de deux ans et demi et une rupture assez fréquente des voies d’approvisionnements, les syriens gardent sur place leurs meilleurs régiments et un complexe réseau de tunnels dans lesquels ils ont installé leurs artillerie, s’inspirant en partie de la Corée du Nord et des méthodes du Hezbollah libanais.

Israël et la Syrie sont officiellement en guerre depuis 1973. Les israéliens ont occupé 1200 kilomètres² du plateau stratégique du Golan en juin 1967 et ont annexé ce territoire en 1981 en dépit de la communauté internationale, laquelle n’a jamais reconnue ce fait accompli. Les syriens ont tenté de reprendre ce territoire hautement stratégique durant la guerre d’octobre 1973 et furent stoppés net par la menace d’une frappe nucléaire. La Syrie garde néanmoins le contrôle de 500 kilomètres ² où fut déployée  la majeure partie de leur armée avant la guerre en Irak en 2003 et la dégradation des relations avec la Turquie en 2011.

Carte_Golan

Conflit en Syrie: Un général-major de l’armée syrienne blessé au combat à Deir Ezzor

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Selon des indications recueillies, le général-major Issam Zahreddine, l’un des plus populaires des commandants supérieurs au sein de l’armée syrienne a été blessé au combat à Al-Rushdya à Deir Ezzor. Ce général de la garde républicaine syrienne devait conduire l’assaut visant à libérer Andaan près d’Alep (Nord du pays) mais a été muté à la dernière minute à Deir Ezzor où la situation militaire se dégradait. Le général de la garde a été blessé alors qu’il conduisait une opération de recherche-destruction dans l’un des quartiers les plus chauds de Deir Ezzor.

Ailleurs, les forces syriennes soutenues par des unités du Hezbollah libanais ont complètement investi les localités de Deir Attya et Al-Nabak après de durs combats contre les factions rebelles. L’assaut gouvernemental a été mené par les officiers les plus aguerris en matière de tactique militaire.

Battant en retraite, les extrémistes d’Al-Qaïda ont investi l’hôpital Al-Bassel (du nom du frère ainé décédé du Président syrien) de la ville de Deir Attya et ont systématiquement éliminé à la grenade et au fusil d’assaut l’ensemble des blessés et autres malades s’y trouvant, nonobstant leurs appartenance à l’un ou l’autre camp.

Les unités de l’armée syrienne ayant conduit l’assaut à Deir Attya et Al-Nabak étaient secondées par les milices du parti Baath, les comités de la défense populaire et des éléments du Hezbollah libanais.

Le retrait des rebelles de Al-Nabak a été soudain et s’est déroulé d’une manière désorganisée. Ce retrait a encouragé certains citoyens à prendre les armes contre les rebelles en retraite.

D’autres unités ont pénétré dans la localité voisine de Ain Al-Baydhaa. Des renforts rebelles ont été dépêchés en urgence au Qalamoun depuis Arsaal au Liban. Une décison saoudienne hâtive pour tenter de limiter les dégâts.

La rébellion syrienne a accusé l’armée gouvernementale d’avoir perpétré un massacre à Deir Attya. Elle accuse également Damas d’avoir tiré au moins un missile balistique de type SCUD sur la ville de Qaraa. De fait, un missile a visé un centre de commandement rebelle à Qaraa, provoquant d’immenses dégâts matériels et facilitant l’entrée d’unité de la sécurité intérieure et d’autres relevant des renseignements militaires. Ces dernières ont été freinées par la découvertes de pièges et de bombes artisanales improvisées (Improvised explosive devices ou IED) pesant plus de 80 kilogrammes.

Les combats continuent à Alep où les différentes factions rebelles se battent souvent les unes contre les autres ou font face à l’avancée lente mais progressive des troupes syriennes. Au milieu de ce chaos, les combattants kurdes suscitent l’intérêt de l’ensemble des protagonistes à l’exception des extrémistes islamistes pour lesquels tous ceux qui ne sont pas avec eux sont des hérétiques à éliminer. Les kurdes font l’objet d’un traitement de faveur de la part de Damas mais également de l’Arabie Saoudite. Cette dernière tente de récupérer les kurdes pour les rallier au front anti-pouvoir.

Ce qui se passe en Syrie n’est pas exempt d’un certain déterminisme historique. Aux enjeux géopolitiques contemporains et aux rivalités régionales se superposent d’autres clivages fort anciens.

Les défaites des factions rebelles à Damas et leur situation difficile à Alep n’ont pas eu d’effet notable sur le moral des pays soutenant mordicus et contre vents et marées un changement de régime à Damas. Ryad a déjà ordonné une autre contre-offensive tandis qu’Israël vient de rendre public un rapport sur la situation militaire en Syrie dans lequel il souligne que grâce à l’affaiblissement de l’armée syrienne dans cet interminable conflit, l’armée israélienne peut arriver aux portes de Damas en « quelques heures seulement » alors qu’il fallait plus d’une semaine avant la guerre.

Tel-Aviv estime qu’il est dans son intérêt que la guerre perdure en Syrie car plus le temps passe, plus l’armée syrienne s’affaiblit. Pour les israéliens, la seule force militaire organisée en Syrie n’est plus l’armée syrienne mais le Hezbollah libanais. Une analyse que partagent les Saoudiens.

Sur le terrain, l’ordre initial ordonnant à l’ensemble des personnels des forces armées syriennes de garder l’uniforme ou le treillis de combat, le grade et les insignes pour maintenir la cohésion des troupes et la discipline a été l’une des marques distinctives de ce conflit. L’armée syrienne est certes affaiblie mais l’apport de conscrits du contingents et de volontaires au sein des comités de défense populaires et les milices du parti ont permis de pallier à certaines déficiences comme les défections ou les désertions.

« La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens » selon Clauzewitz . Et cette guerre en Syrie  continue pour obtenir des gains politiques à faire valoir autour d’une table à Genève. En attendant, un des plus beaux pays du Levant subit la destruction sur l’autel d’intérêts géostratégiques n’ayant rien à voir avec le bien-être des populations civiles.

Art de la confusion: Ryad tente de créer une version chiite de « Jobhet Ennosra »

Exclusif: Ce post comporte une information brute de première main, inédite et  non encore passée dans le domaine public.
 
 

Changement de paradigme dans la stratégie sous-traitante de Ryad. Après avoir financé et soutenu des myriades de groupuscules d’obédience sunnite, les renseignements saoudien sous la houlette du prince Bandar Ben Sultan adoptent les techniques avancées de double manipulation et l’ingénierie du chaos en tentant de créer et de financer des groupes chiites militants avec pour objectif de relancer le clivage Sunnites-Chiites dans l’ensemble de l’espace moyen-oriental et au-delà. Avec une seule restriction: ces groupes formés à l’image de Jobhet Ennosra en Syrie devront s’abstenir de mener des action à l’intérieur du territoire de la République islamique d’Iran.

C’est de bonne guerre! Le rapprochement entre Israël et le clan le plus néoconservateur de la dynastie des Saoud a déjà un premier résultat concret: la création d’une Qaïda chiite! Trois groupes inconnus sont ainsi passé à l’action au Pakistan lors de la fête rituelle de Achoura il y a une semaine.

Un plan secret prévoyant la création de points de tension entre les confessions est ainsi à l’œuvre en Afghanistan, en Irak, au Liban, au Pakistan, en Syrie et au Yémen. Des attentats kamikazes ou des actions spectaculaires sont prévus à cet effet selon un agenda bien précis.

La création de groupes terroriste chiites servant les intérêts de l’axe stratégique Washington-Ryad-Tel Aviv est donc la dernière trouvaille en termes d’ingénierie du chaos. Comme les précédents outils géostratégiques basés sur des variantes du Sunnisme, ce nouvel outil risque d’ajouter à la confusion ambiante et créer bien des amalgames.

Un observateur averti de la scène moyen-orientale constatera qu’un plan ourdi et structuré est derrière la fuite des chrétiens d’Orient. Dans les seules villes d’Alep et de Homs en Syrie, plus de 25000 familles chrétiennes d’Orient ont quitté le pays. Idem en Irak où les clivages interconfessionnels sont entretenus à des fins d’hégémonie géopolitique. Ces bouleversements dans la géopolitique religieuse du Moyen-Orient sont trop importants pour qu’ils ne soient le résultat de plans à effet papillon.

En Iran, le pays est encerclé par une série de pièges géopolitiques: Question Balouche au Sud-Est, fausse question de la minorité sunnite, des juifs iraniens, le sort réservé aux autres minorités non visibles, le faux mouvement de la révolution colorée verte avortée, etc. En parallèle, Téhéran subit depuis des années les effets terrible de trains de sanctions internationales superposés. Et désormais, l’Iran se verra accusé de soutenir des groupes terroristes propageant un violent prosélytisme militant dans son voisinage immédiat et au-delà. Voilà qui fera les affaires de Ryad et de Tel-Aviv.

Une Qaïda chiite composée d’étudiants en théologie ayant fréquenté les villes saintes de Qom et de Karbalah financée par le prince Bandar et soutenue par le renseignement israélien? Il fallait bien y penser un jour. Pour Israël, l’important est de voir l’image de l’Islam en tant que civilisation et religion se dégrader davantage aux yeux du reste du monde; pour l’Arabie de la dynastie des Saoud, une Qaïda chiite justifierait une nouvelle guerre sainte contre ce qu’ils perçoivent comme l’hérésie suprême et permettrait de dédouaner le Salafisme et autre Takfiristes de l’accusation de terrorisme. Par dessus ces considérations à portée régionale, les intérêts stratégiques à long terme de Washington dans la région centrale du monde: faire perdurer l’hégémonie et la renforcer dans un effort de contrer puis de paralyser la Chine et la Russie.

Encore une autre ruse digne d’être recensée dans le livre des ruses (Kitâb Al-Hyal كتاب الحيل) ou dans les stratagèmes antiques de Polyen…

Syrie: Moscou bouge un pion, le Grand jeu continue

Une flottille russe de deux destroyers et trois navires de transport et de débarquement de troupes ont quitté leurs bases d’attache en Arctique et en Mer noire et il se précise que certains de ces bâtiments de guerre de la marine russe se dirigent vers les eaux chaudes de la Méditerranée orientale.

Après avoir été mise en situation d’échec depuis 2003, la Syrie risque fort de se retrouver en échec et mat. Un tel cas de figure menace directement l’Iran mais également la Russie.

La Russie a annoncé hier qu’une flotte de 11 navires de guerre se dirige actuellement en Méditerranée orientale, avec une escale dans un port syrien. Des centaines de fusillers-marins sont à bord des navires de transport de troupes.

La présence au sein de cette flotte d’un chasseur de sous-marins pourrait être une première réponse à la multiplication de submersibles de pays de l’OTAN en face des côtes syriennes.

Ce n’est pas la première fois que la Russie envoie des détachements navals en Syrie où elle dispose de facilités au niveau du port de Tartous. Entre Décembre 2011 et février 2012, le plus grand porte-avions nucléaire russe l’Amiral Kuznetsov y a fait escale. La Méditerranée orientale est devenue un enjeu depuis la découverte de gisement de gaz au large du littoral syro-libanais et chypriote (Léviathan) que les Etats-Unis, Israël et la Turquie convoitent.

Mais c’est bien la première fois depuis le début de troubles en Syrie que la Russie fait montre d’un étalage de force. Ce mouvement est considéré comme un message clair de la part de Moscou à destination des capitales soutenant les rebelles syriens que la Russie tient fermement à conserver son rôle pré-éminent dans une quelconque résolution de la crise syrienne, quel que soit le résultat.

Ce nouveau mouvement russe dans l’échiquier fort complexe de la Méditerranée orientale intervient alors que des officiels à Moscou ont déclaré publiquement interrompre les livraisons d’armes à la Syrie jusqu’à la résolution de la crise. La crainte d’un embargo aérien et maritime contre la Syrie ont conduit les russes à prendre les devants dans un jeu dont l’enjeu dépasse largement le cadre régional moyen-oriental puisqu’il relève d’un cadre mondial dans lequel les intérêts des plus grandes puissances mondiales sont menacés.