Cogito Ergo Sum…Strategika51 est de retour

Agrégat non cumulés de concepts heuristiques ou de conjectures auto-suggestives, l’élaboration d’un corpus en stratégie contemporaine semble échapper aux sentiers battus européo-centristes depuis la fin du 19e siècle. Nous vivons en effet une période assez fascinante dans la mesure où elle marque de manière définitive la fin d’une époque et le début d’une autre dont les contours semblent de plus en plus incertains et flottants.

Un moment d’histoire inédit que l’on a pas connu depuis le haut Moyen-Âge et le lent déclin de l’Empire Romain d’Occident. Il y eut ce que l’on communément appelé “les Invasions Barbares”; on a actuellement “le Chaos Contrôlé”. Au mépris du temps, les deux faits sont le résultat d’un choix politique et stratégique visant au maintien d’une hégémonie aux visées mondiales. Les conséquences des politiques suivies par les pâles derniers empereurs romains sont connues. Celles que produiront les politiques des élites financières mondiales ne le sont pas encore puisque nous sommes en train d’y assister à la fois en tant que victimes et témoins.

Contrairement à une idée reçue, les élites gouvernant aux destinées des puissances de ce bas-mondes ne suivent pas toujours une rationalité froide et raisonnée. Elles versent de plus en plus dans une supertition puisant ses ressources dans les anciennes prophéties, les textes sacrées ou encore le culte des chiffres, un lointain héritage du pythagorisme et des mystères anciens. 2017 commence à être perçu comme une date-réminiscence: un centenaire de la révolution bolchévique et la destruction de la Russie tsariste. Cela coincide avec une posture ou un potentiel de situation assez étrange où la Russie figure désormais sur la ligne de mire directe de ce que l’on peut dénommer l’ancien empire. En arrière-plan à cette dualité renouvelée entre Moscou et Washington se profile l’ombre imposante d’un dragon chinois à la montée tellement fulgurante que Pékin se voit obligé de truquer à la baisse ses performances économiques, industrielles et militaires (“C’est pourquoi, lorsque vous êtes capables, feignez l’incapacité; actif, la passivité…Proche, faites croire que vous êtes loin; et loin, que vous êtes proche” Sun Tzu, l’Art de la Guerre)

C’est dans ce contexte marqué par une crise multi-forme et multi-dimensionnelle, dans un monde paradoxal où des centaines de millions de personnes arrivent à accéder à de faux besoins crées de toutes pièces sans pour autant bénéficier des minima requis pour une vie normale, en d’autres termes, des hilotes d’un genre nouveau, que nous percevons le besoin de démystifier la narration corrosive d’un système-monde chargé de créer une nouvelle réalité. C’est l’enjeu de toute propagande. Un enjeu majeur d’autant plus que les systèmes de perpetuation du savoir sont pervertis en sous-systèmes de déprogrammation mentale et intellectuelle visant à créer un humain totalement asservi. Soit la négation même de toutes les grandes idéaux ayant animé la grandeur de l’homme depuis les origines.

Strategika51 est de retour.

Guerre au Moyen-Orient: Damas dégaine ses Mig-25…

Après une série de revers sur le terrain face à Daech et à l’armée de la conquête, culminant par la prise de la région de Palmyre par Daech, consacrant ainsi un important changement de paradigme dans le conflit en cours en Syrie mais également l’ensemble des rapports de force entre les grandes puissances impliquées dans la guerre au Moyen-Orient, l’armée syrienne est repassée à l’offensive en adoptant une nouvelle stratégie: celle de la saturation.

L’armée de l’air syrienne a mis le paquet: huit escadrilles de Sukhoï Su-24 et, pour la toute première fois, de lourds Mikoyan-Gurevitch Mig-25 RBS (version bombardier de reconnaissance) ont fait pleuvoir une nuée de bombes thermobariques sur la base aérienne de Tabqa, entre les mains de Daech, causant l’élimination de 152 éléments du groupe terroriste ainsi que la destruction de 13 “Technicals” armés de canons antiaériens de 23 mm.

A Alep, des hélicoptères Mil Mi-17 et Mil Mi-8 emportant des charges thermobariques ont lâché leur cargaison fatale au dessus de positions tenus par Daech et différents groupes rebelles, causant de très importants dégâts. Détail important, s’attendant à des tirs de l’artillerie antiaérienne rebelle, les hélicoptères syriens n’ont rencontré que des tirs d’armes légères.

Des médias internationaux ont critiqué l’absence de frappes de précision de la part de l’aviation syrienne, l’accusant de cibler des zones civiles. En réalité, la plupart des zones sous contrôle de Daech, mis à part quelques bases militaires et des infrastructures industrielles, sont civiles. De plus, on sait par expérience que la notion de frappe chirurgicale, terme spécieux inventé lors de la seconde guerre du Golfe, n’a quasiment aucune existence, d’autant plus que tentant d’éviter l’artillerie antiaérienne (AAA) et les missiles SAM de faible portée, la plupart des bombardiers préfèrent larguer leurs bombes et autres missiles Sol-Air à partir d’une altitude assez élevée.

Des civils ont-ils péris au cours de ces largages de charges thermobariques? Malheureusement oui. C’est inévitable dans les zones où sévit Daech puisque cette organisation terroriste tend à prendre le contrôle de tous les aspects de la vie des populations civiles dans les régions qu’elle investit et occupe, sanctionnant de mort par décapitation ou crucifixion toute personne récalcitrante ou démontrant un enthousiasme “tiède” aux idées de cette armée de l’enfer.

L’usage du Mig-25 par Damas a de quoi surprendre mais renseigne à lui seul moins sur les efforts extrêmes fournis que la volonté d’aller jusqu’au bout animant l’armée syrienne afin de circonscrire l’avancée des groupes armés vers ce que l’on appelle “la Syrie utile”, où s’est replié le gros des forces armées syriennes, des milices paramilitaires loyalistes ainsi que les forces du Hezbollah libanais.

Conçu par les Soviétiques pour contrer le bombardier stratégique US Valkyrie X-70 (projet n’ayant jamais abouti), le Mig-25 est à l’origine un intercepteur lourd d’une agilité très limitée. En 1970, une version RB (Reconnaissance Bomber) de cet avion atypique classé parmi les plus rapides au monde voit le jour. Concernant la variante RB de cet appareil, à distinguer de la variante BM (armée de missiles anti-Radar) non destinée à l’export, peu d’information circule sur ses capacités d’attaque au sol hormis que lors de la guerre d’octobre 1973, des Mig-25 RB russes stationnés en Egypte parvinrent à semer tous les missiles Air-Air tirés par les Phantom israéliens.

Malgré des limitations et des incovénients (faible portée, consommation record de carburant, flexibilité limitée), le Mig-25 a largement démontré sa valeur en tant qu’intercepeur de reconnaissance.

Dans la nuit du 16 au 17 janvier 1991, soit le premier jour de l’offensive aérienne de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis d’Amérique contre l’Irak de Saddam Hussein, un Mig-25 PDS irakien a abattu un F/A 18 “Hornet” américain avec un missile Air-Air R40TD (AA6 “Acrid”). Lors d’un autre engagement au cours du même conflit, un Mig-25 PD irakien a réussi à éviter des McDonell Douglas F-15 “Eagles” américains et s’est attaqué à un avion de guerre électronique EF-111 Raven, le forçant à changer de trajectoire et à se retirer, compromettant ainsi la mission des autres chasseurs-bombardier de l’US Airforce. Cependant, on se rappellera surtout comment deux Mig-25 irakiens pourchassés par des F-15 US parvinrent à les semer grâce à leur capacité à atteindre une très grande vitesse (entre Mach 2.85 et Mach 3) et purent ainsi éviter 10 missiles Air-Air…Enfin très peu de temps avant l’invasion américaine de l’Irak en avril 2003, un Mig-25 irakien a abattu un drone MQ-1 américain, devenant ainsi le premier avion de combat à abattre un drone dans l’histoire.

Pour revenir au conflit en Syrie, Damas semble à la croisée des chemins. L’Etat syrien s’est retranché dans ce que l’on appelle désormais la Syrie utile: le littoral méditerranéen (Lattaquié, Tartous, etc.), fief des Alaouites ainsi que l’axe Hama-Damas-Suwaida, longeant la frontière libanaise (poumon économique et financier) suite à la rupture des communications avec l’Irak dont la profondeur permettait une continuité avec l’allié iranien. On voit bien que les commanditaires des évènements en Syrie gèrent la guerre en stratèges et le choix de transformer la vague nébuleuse d’Al-Qaïda en Irak d’un certain Al-Zarqawi en une armée de zombies dénommé Etat Islamique en Irak et au Levant répondait à des impératifs hautemment stratégiques.

Le chemin de Damas est un chemin de croix. On peut accuser Hafez Al-Assad, père de l’actuel président syrien, d’être un autocrate impitoyable mais force est de lui reconnaître sa profonde vision stratégique. Il a par dessus tout bâti une armée solide pour un petit pays comme la Syrie, au sein de laquelle l’arme aérienne joue un rôle prépondérant. Bien peu d’armées régulières résisteraient à la déferlante qui s’abat chaque jour sur la Syrie depuis 2011.

L’épilogue définitif de ce que certains publicitaires de l’empire ont pompeusement dénommé “Printemps arabe” peut se résumer à une seule image fort symbolique et ce, quelle que soit l’issue de la guerre en Syrie: celle d’avions de combat Mig-25 , et bientôt de Mig-31 syriens, survolant à très grande vitesse une base aérienne tombée entre les mains de Daech avant d’y larguer des bombes thermobariques…

MIG-25 RB_Syrian Air Force

Syrie: les présidents de la Corée du Nord. De la Russie et du Venezuela félicitent Al Assad

Le président de la fédération de Russie, Vladimir Poutine, l’un des plus ferme allié de Damas ainsi que le leader De la Corée du Nord ont été parmi les premiers chefs d’Etat au monde à transmettre des messages de félicitations au président Syrien Bashar Al-Assad suite à sa réélection pour un troisième mandat en pleine guerre contre une coalition de plus de 60 pays.
Kim Jong Eun a assuré Al-Assad de la poursuite du soutien militaire de la République démocratique de Corée à la Syrie face aux « monstres impérialistes ».
Le président du Venezuela, Nicolas Maduro s’est quand à lui longuement entretenu au téléphone avec son homologue syrien tout en l’assurant du soutien total du Venezuela.
Un peu auparavant, le président de l’Iran ainsi que le premier ministre irakien ont félicité Al-Assad. D’autres pays comme la Chine, le Nicaragua , Cuba et le Zimbabwe considèrent que ce qui se passe en Syrie représentent l’échec définitif de l’unilatéralisme de Washington.

Algérie: Grave dégradation de la santé du Chef de l’Etat

La santé du Président Algérien Abdelaziz Bouteflika se serait soudainement dégradée depuis trois jours. En pleine campagne pour les présidentielles du 17 avril 2014, les proches du Chef de l’Etat ne savent plus ce qu’il y a lieu de faire car la donne est en train de changer. L’absence de candidats fiables et autonomes, la décrédibilisation d’une opposition opportuniste et sans aucune assise populaire ainsi que la lutte feutrée mais non moins acharnée des factions au sein du sérail par presse interposée entravent la lisibilité de la scène politique algérienne. A cela s’ajoute un flux permanent d’information destiné à leurrer les observateurs étrangers.

L’Algérie est le plus grand pays d’Afrique de par la superficie. Il est également l’une des première puissances militaires du continent. Il figure au 11 e rang des pays ayant les réserves de change les plus importantes au monde. Mais une mauvaise répartition des richesses et des dysfonctionnements internes sciemment entretenus par certaines factions liées au monde des affaires empêche le pays de décoller.

Candidat pour un 4e mandat consécutif assez controversé, le Président Bouteflika, celui qui a lancé un jour sa fameuse phrase: « Je ne suis pas un trois-quart de Président! » à l’adresse des vrais cercles dirigeants (une tradition remontant à l’ère des Beylerbeys du 16 et 17e siècles) a usé de toute son ingéniosité pour lutter contre le cabinet de l’ombre. Sa plus grosse erreur a été de s’entourer par des conseillers et un entourage plus qu’incompétents. Il en a payé le prix très fort.

La disparition éventuelle de Bouteflika de la scène politique algérienne risque d’ôter le parapluie dont bénéficiait jusque là l’Algérie de la part de certaines puissances  dont d’influentes  monarchies du Golfe arabo-persique.

Contribution spéciale d’Alger

 

Conflit au Moyen-Orient: L’assassinat d’un commandant militaire du Hezbollah risque de plonger la région dans une guerre sans limites

L'assassinat par Israël à Beyrouth du commandant Hassan Hulu Alakiss, spécialiste de la guerre asymétrique et des technologies militaires alternatives au sein du Hezbollah libanais risque d'avoir de terribles conséquences dans les semaines à venir.
L’assassinat par Israël à Beyrouth du commandant Hassan Hulu Alakiss, spécialiste de la guerre asymétrique et des technologies militaires alternatives au sein du Hezbollah libanais risque d’avoir de terribles conséquences dans les semaines à venir.

Une journée après un entretien télévisé du Chef charismatique du Hezbollah libanais, Sayyed Hassan Nasrallah où il a accusé l’Arabie Saoudite d’être derrière le groupe terroriste Abdallah Azzam, affilié à Al-Qaïda et lequel a mené des attaques à l’explosif contre l’ambassade de la République islamique d’Iran à Beyrouth, un nouvel attentat très sophistiqué a ciblé l’un des commandants militaires du mouvement de la résistance libanaise: Hassan Hulu Alakiss. Ce dernier, un expert de la guerre asymétrique contre Israël et l’un des spécialistes des technologies militaires alternatives à faible cout a été assassiné près de son domicile à Beyrouth.

Immédiatement, le Hezbollah n’est pas allé par quatre chemins pour désigner le coupable. Doté d’un des plus performants services de renseignements au Moyen-Orient, le mouvement libanais a nommément accusé Tel-Aviv et le Mossad d’être derrière cette opération d’assassinat ciblé.

« L’accusation directe est dirigée contre l’ennemi sioniste qui a tenté d’éliminer notre frère martyr à maintes reprises mais ses tentatives avaient échoué jusqu’à hier soir », a déclaré  le Hezbollah dans un communiqué diffusé mercredi. « Cet ennemi doit assumer l’entière responsabilité et les conséquences de ce crime ignoble ».

Ce n’est pas la première fois que les chefs militaires du Hezbollah libanais font l’objet d’assassinats ciblés. En 2008, son chef militaire, Imad Mognia a été assassiné à Damas à l’aide d’une voiture piégée. En ce temps-là, la Syrie était un pays entièrement sécurisé et calme où il n’y avait quasiment pas d’attentat de ce genre. L’attentat terroriste mené par Israël avait réussi grâce à une coopération efficace avec les services secrets turcs exploitant le haut niveau de confiance à sens unique (au détriment de Damas) qu’avait atteint les relations bilatérales syro-turque en cette année.

Comme de coutume, Tel-Aviv menace tout en faisant semblant de démentir toute implication. « Si le Hezbollah se livre à une attaque contre le territoire israélien, notre réplique sera ferme et douloureuse », a prévenu à la radio militaire le vice-ministre de la Défense, Danny Danon. En réalité, les israéliens connaissent assez bien les capacités miltaires et balistiques du Hezbollah et savent que ce dernier a les moyens de faire très mal en cas de conflit ouvert. Cependant, ils savent également que compte tenu de la guerre en Syrie entre l’ensemble des protagonistes au Moyen-Orient, Israël compris, ni le Hezbollah, ni les israéliens n’ont intérêt que la guerre souterraine et sanglante des barbouzes ne se transforme en une guerre régionale ouverte dont personne ne peut connaitre les contours ni surtout les conséquences.

La guerre au Moyen-Orient semble jusqu’ici limitée d’un commun accord tacite de l’ensemble des protagonistes à l’exception de l’Arabie Saoudite. Mais rien ne garantit qu’il en sera ainsi dans les semaines à venir.

Rencontre explosive entre Vladimir Poutine et le Prince Bandar

Le Président russe Vladimir Poutine recevant à Moscou le Prince Saoudien Bandar Ben Sultan, l'un des hommes les plus influents en Occident.
Le Président Russe Vladimir Poutine recevant à Moscou le Prince Saoudien Bandar Ben Sultan, l’un des hommes les plus influents en Occident.

Le président russe Vladimir Poutine a reçu mardi à Moscou le chef du renseignement saoudien, le prince Bandar Ben Sultan, a annoncé le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, cité par les agences russes.

Au cours de leur discussion, les deux hommes “ont souligné la dynamique positive des efforts internationaux pour régler le dossier du nucléaire iranien”, a précisé M. Peskov.

Ryad dit redouter que Téhéran se dote un jour de l’arme atomique sous couvert d’un programme nucléaire à usage civil.

“Par ailleurs, ils ont échangé leurs points de vue sur la situation concernant la Syrie, en particulier dans le contexte de préparation de la conférence Genève-2″, qui doit se tenir le 22 janvier, a-t-il ajouté.

L’Arabie saoudite soutient sans réserve l’opposition armée au pouvoir syrien, tandis que Moscou est un des derniers alliés de ce dernier.

Source: Agences internationales

Conflit en Syrie: Un général-major de l’armée syrienne blessé au combat à Deir Ezzor

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Selon des indications recueillies, le général-major Issam Zahreddine, l’un des plus populaires des commandants supérieurs au sein de l’armée syrienne a été blessé au combat à Al-Rushdya à Deir Ezzor. Ce général de la garde républicaine syrienne devait conduire l’assaut visant à libérer Andaan près d’Alep (Nord du pays) mais a été muté à la dernière minute à Deir Ezzor où la situation militaire se dégradait. Le général de la garde a été blessé alors qu’il conduisait une opération de recherche-destruction dans l’un des quartiers les plus chauds de Deir Ezzor.

Ailleurs, les forces syriennes soutenues par des unités du Hezbollah libanais ont complètement investi les localités de Deir Attya et Al-Nabak après de durs combats contre les factions rebelles. L’assaut gouvernemental a été mené par les officiers les plus aguerris en matière de tactique militaire.

Battant en retraite, les extrémistes d’Al-Qaïda ont investi l’hôpital Al-Bassel (du nom du frère ainé décédé du Président syrien) de la ville de Deir Attya et ont systématiquement éliminé à la grenade et au fusil d’assaut l’ensemble des blessés et autres malades s’y trouvant, nonobstant leurs appartenance à l’un ou l’autre camp.

Les unités de l’armée syrienne ayant conduit l’assaut à Deir Attya et Al-Nabak étaient secondées par les milices du parti Baath, les comités de la défense populaire et des éléments du Hezbollah libanais.

Le retrait des rebelles de Al-Nabak a été soudain et s’est déroulé d’une manière désorganisée. Ce retrait a encouragé certains citoyens à prendre les armes contre les rebelles en retraite.

D’autres unités ont pénétré dans la localité voisine de Ain Al-Baydhaa. Des renforts rebelles ont été dépêchés en urgence au Qalamoun depuis Arsaal au Liban. Une décison saoudienne hâtive pour tenter de limiter les dégâts.

La rébellion syrienne a accusé l’armée gouvernementale d’avoir perpétré un massacre à Deir Attya. Elle accuse également Damas d’avoir tiré au moins un missile balistique de type SCUD sur la ville de Qaraa. De fait, un missile a visé un centre de commandement rebelle à Qaraa, provoquant d’immenses dégâts matériels et facilitant l’entrée d’unité de la sécurité intérieure et d’autres relevant des renseignements militaires. Ces dernières ont été freinées par la découvertes de pièges et de bombes artisanales improvisées (Improvised explosive devices ou IED) pesant plus de 80 kilogrammes.

Les combats continuent à Alep où les différentes factions rebelles se battent souvent les unes contre les autres ou font face à l’avancée lente mais progressive des troupes syriennes. Au milieu de ce chaos, les combattants kurdes suscitent l’intérêt de l’ensemble des protagonistes à l’exception des extrémistes islamistes pour lesquels tous ceux qui ne sont pas avec eux sont des hérétiques à éliminer. Les kurdes font l’objet d’un traitement de faveur de la part de Damas mais également de l’Arabie Saoudite. Cette dernière tente de récupérer les kurdes pour les rallier au front anti-pouvoir.

Ce qui se passe en Syrie n’est pas exempt d’un certain déterminisme historique. Aux enjeux géopolitiques contemporains et aux rivalités régionales se superposent d’autres clivages fort anciens.

Les défaites des factions rebelles à Damas et leur situation difficile à Alep n’ont pas eu d’effet notable sur le moral des pays soutenant mordicus et contre vents et marées un changement de régime à Damas. Ryad a déjà ordonné une autre contre-offensive tandis qu’Israël vient de rendre public un rapport sur la situation militaire en Syrie dans lequel il souligne que grâce à l’affaiblissement de l’armée syrienne dans cet interminable conflit, l’armée israélienne peut arriver aux portes de Damas en « quelques heures seulement » alors qu’il fallait plus d’une semaine avant la guerre.

Tel-Aviv estime qu’il est dans son intérêt que la guerre perdure en Syrie car plus le temps passe, plus l’armée syrienne s’affaiblit. Pour les israéliens, la seule force militaire organisée en Syrie n’est plus l’armée syrienne mais le Hezbollah libanais. Une analyse que partagent les Saoudiens.

Sur le terrain, l’ordre initial ordonnant à l’ensemble des personnels des forces armées syriennes de garder l’uniforme ou le treillis de combat, le grade et les insignes pour maintenir la cohésion des troupes et la discipline a été l’une des marques distinctives de ce conflit. L’armée syrienne est certes affaiblie mais l’apport de conscrits du contingents et de volontaires au sein des comités de défense populaires et les milices du parti ont permis de pallier à certaines déficiences comme les défections ou les désertions.

« La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens » selon Clauzewitz . Et cette guerre en Syrie  continue pour obtenir des gains politiques à faire valoir autour d’une table à Genève. En attendant, un des plus beaux pays du Levant subit la destruction sur l’autel d’intérêts géostratégiques n’ayant rien à voir avec le bien-être des populations civiles.

Chine: le survol de la zone d’identification aérienne par deux B52 US suivi par 600 radars de la défense antiaérienne chinoise…

Zone chinoiseComme d’habitude, Pékin est demeuré silencieux suite au survol de sa nouvelle zone d’identification aérienne par deux bombardiers stratégiques lourds B52 non armés de l’US Air Force à partir de l’île de Guam. Cependant, quelques petits détails commencent à émerger côté chinois. Selon des informations soigneusement filtrées sur la blogosphère « officielle » chinoise, le vol de ces appareils mythiques de la formidable puissance de frappe nucléaire US a été suivi en temps réel et simultanément par 600 radars de la défense antiaérienne et spatiale chinoise.

La Chine reste consciente de son infériorité technologique par rapport aux États-Unis. D’où son choix délibéré de substituer la quantité à la qualité. C’est le cas en ce qui concerne l’immense quantité de missiles en possession de la République populaire de Chine (l’une des tactiques chinoises visant l’anéantissement des portes-avions US et leurs groupes de défense en cas de conflit dans le détroit de Taïwan consiste à saturer leurs défenses et autres contre-mesures par un nombre impressionnant de missiles). Dans le cas du défi lancé par Washington en faisant survoler la zone d’identification chinoise, les chinois se sont contentés de suivre les deux appareils sans les verrouiller ni tenter de brouiller leurs émissions électromagnétiques par un nombre impressionnant de systèmes de défense antiaérienne et de défense antimissile…Sans donner l’impression d’avoir eu un comportement ouvertement défiant.

C’est le survol de plus en plus fréquent de drones furtifs et d’autres appareils très sophistiqués au dessus des îles controversées de Daoyu (Senkaku pour le Japon) et la multiplication des provocations US et japonaises près du littoral chinois qui ont motivé la décision de Pékin d’instaurer une large zone d’identification aérienne en Mer de Chine orientale.

Cet épisode de friction entre la Chine et les États-Unis illustre assez bien  les enjeux réels de la géostratégie en cours marquée par le décalage vers le Pacifique de la focalisation stratégique US dont les plans eurasiatique, africain et moyen-orientaux ne sont que des étapes dans le grand jeu visant à contenir l’émergence du dragon chinois sur la scène mondiale d’ici les trente prochaines années.

Reste à savoir ce qu’aurait fait Pyongyang si les B52  se seraient approchés un peu trop près de l’espace aérien Nord-Coréen?

Art de la confusion: Ryad tente de créer une version chiite de « Jobhet Ennosra »

Exclusif: Ce post comporte une information brute de première main, inédite et  non encore passée dans le domaine public.
 
 

Changement de paradigme dans la stratégie sous-traitante de Ryad. Après avoir financé et soutenu des myriades de groupuscules d’obédience sunnite, les renseignements saoudien sous la houlette du prince Bandar Ben Sultan adoptent les techniques avancées de double manipulation et l’ingénierie du chaos en tentant de créer et de financer des groupes chiites militants avec pour objectif de relancer le clivage Sunnites-Chiites dans l’ensemble de l’espace moyen-oriental et au-delà. Avec une seule restriction: ces groupes formés à l’image de Jobhet Ennosra en Syrie devront s’abstenir de mener des action à l’intérieur du territoire de la République islamique d’Iran.

C’est de bonne guerre! Le rapprochement entre Israël et le clan le plus néoconservateur de la dynastie des Saoud a déjà un premier résultat concret: la création d’une Qaïda chiite! Trois groupes inconnus sont ainsi passé à l’action au Pakistan lors de la fête rituelle de Achoura il y a une semaine.

Un plan secret prévoyant la création de points de tension entre les confessions est ainsi à l’œuvre en Afghanistan, en Irak, au Liban, au Pakistan, en Syrie et au Yémen. Des attentats kamikazes ou des actions spectaculaires sont prévus à cet effet selon un agenda bien précis.

La création de groupes terroriste chiites servant les intérêts de l’axe stratégique Washington-Ryad-Tel Aviv est donc la dernière trouvaille en termes d’ingénierie du chaos. Comme les précédents outils géostratégiques basés sur des variantes du Sunnisme, ce nouvel outil risque d’ajouter à la confusion ambiante et créer bien des amalgames.

Un observateur averti de la scène moyen-orientale constatera qu’un plan ourdi et structuré est derrière la fuite des chrétiens d’Orient. Dans les seules villes d’Alep et de Homs en Syrie, plus de 25000 familles chrétiennes d’Orient ont quitté le pays. Idem en Irak où les clivages interconfessionnels sont entretenus à des fins d’hégémonie géopolitique. Ces bouleversements dans la géopolitique religieuse du Moyen-Orient sont trop importants pour qu’ils ne soient le résultat de plans à effet papillon.

En Iran, le pays est encerclé par une série de pièges géopolitiques: Question Balouche au Sud-Est, fausse question de la minorité sunnite, des juifs iraniens, le sort réservé aux autres minorités non visibles, le faux mouvement de la révolution colorée verte avortée, etc. En parallèle, Téhéran subit depuis des années les effets terrible de trains de sanctions internationales superposés. Et désormais, l’Iran se verra accusé de soutenir des groupes terroristes propageant un violent prosélytisme militant dans son voisinage immédiat et au-delà. Voilà qui fera les affaires de Ryad et de Tel-Aviv.

Une Qaïda chiite composée d’étudiants en théologie ayant fréquenté les villes saintes de Qom et de Karbalah financée par le prince Bandar et soutenue par le renseignement israélien? Il fallait bien y penser un jour. Pour Israël, l’important est de voir l’image de l’Islam en tant que civilisation et religion se dégrader davantage aux yeux du reste du monde; pour l’Arabie de la dynastie des Saoud, une Qaïda chiite justifierait une nouvelle guerre sainte contre ce qu’ils perçoivent comme l’hérésie suprême et permettrait de dédouaner le Salafisme et autre Takfiristes de l’accusation de terrorisme. Par dessus ces considérations à portée régionale, les intérêts stratégiques à long terme de Washington dans la région centrale du monde: faire perdurer l’hégémonie et la renforcer dans un effort de contrer puis de paralyser la Chine et la Russie.

Encore une autre ruse digne d’être recensée dans le livre des ruses (Kitâb Al-Hyal كتاب الحيل) ou dans les stratagèmes antiques de Polyen…

Algérie/Défense: des missiles S-400 et des systèmes Tor-M1 pour la défense aérienne

Un système de défense antiaérienne Tor-M1 de l'armée iranienne en action. De source crédible, l'Algérie vient de réceptionner des dizaines d'exemplaires de ce système destiné à renforcer les batteries de missiles SAM S-400 Triumph.
Un système de défense antiaérienne Tor-M1 de l’armée iranienne en action. De source crédible, l’Algérie vient de réceptionner des dizaines d’exemplaires de ce système destiné à renforcer les batteries de missiles SAM S-400 Triumf.

Bien qu’elle n’ait jamais eu à utiliser ses missiles S-300 PMU2, l’Algérie vient de passer à la vitesse supérieure en exprimant son très fort intérêt pour les missiles S-400 Triumf auprès de Moscou. En attendant, les premiers exemplaires des systèmes antiaériens Tor-M1 sont en train d’être réceptionnés. Ces derniers renforceront les systèmes Pantsyr déjà opérationnels.

La défense antiaérienne du territoire fait l’objet d’une attention très particulière en Algérie puisqu’elle a été érigée comme une arme à part aux côtés des armées de terre, l’aviation et la marine.

Strategika 51 change de ton

Vu les récents développements tragi-comiques de l’actualité stratégique dans le monde, la profonde décadence affectant les relations internationales et la prédominance imposée d’une nouvelle langue de bois (ou une novlangue pour reprendre le terme d’Orwell) sous couvert du politiquement correct, Strategika 51 change de ton: désormais il abordera-toujours sélectivement-des faits de l’actualité stratégique avec humour et dérision. C’est le moins que l’on puisse faire en ces temps de fin du monde.

Donc le blog passe au mode Code Carbone. Il n’en demeure pas moins que les thèmes traités seront soumis à une froide analyse, sans prétention aucune toutefois, vu que la plupart des évènements obéissent à des ressorts cachés inconnus du grand public et de la plupart des observateurs (thèse défendue par Ibn Khaldoune au 14ème siècle déjà).

Pour ce qui est de l’actualité, on retiendra le feuilleton rocambolesque et quasiment comique de l’écartement du général David Petraeus, patron du renseignement US et l’un des plus brillants stratèges américains, le ciblage du général Allen, en charge du commandement militaire en Afghanistan (pour cause d’une relation…épistolaire!!!) et les échanges de tirs de plus en plus violents entre l’armée israélienne et les unités militaires syriennes au Golan sur le front occidental. Sur le front septentrional face à la Turquie, les duels continuent. La ré-élection fort prévisible d’Obama a donné le signal à un renforcement spectaculaire des réseaux d’armement des rebelles syriens, qui s’attaquent -et c’est inédit-aux radars de la défense aérienne de leur propre pays…Un cas d’anthologie.

Sur le plan politique, la constitution d’un front uni (en façade) de l’opposition syrienne sponsorisée par le Qatar et la Turquie a entrainé la reconnaissance trop prévisible de cette dernière par des pays comme la France et bientôt les trois-quart des pays de la Ligue arabe.

Sur le terrain, l’affaiblissement économique de l’Iran et le pourrissement de la situation aussi bien en Syrie qu’au Liban et en Turquie méridionale ne présagent rien de bon. Le risque d’une guerre régionale généralisée est plus élevé qu’on le croit et Israël, dont les dirigeants persistent à croire à la réussite de leur plan global, savent que la moindre erreur leur coûtera une guerre dont personne ne risque d’en sortir indemne.