Une énième mise en scène macabre de Daech à Riqqa

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Très macabre mise en scène de Daech à Riqqa, où des prisonniers de guerre kurdes, vêtus de la très fameuse combinaison orange de Guantanamo, ont fait l’objet d’une triple exécution. Dans cette étrange mise en scène, des vieux, des jeunes et des gamins armés de Glock (excusez du peu) sont chargés de cette très basse oeuvre.

La mise en scène turque en Syrie

Officiellement l’intervention de blindés turcs à l’extrême nord de la Syrie vise à contrecarrer les avancées des formations kurdes et l’organisation terroriste de l’Etat Islamique en Irak et au Levant. Remarquez l’amalgame que tente de faire la Turquie entre les kurdes et Daech.

Selon la vision turque, l’armée turque est accompagnée dans cette opération par ce que l’on appelle « l’Armée Syrienne Libre » ou ASL, un acronyme couvrant une tout autre réalité.

A Halwanya, une agglomération de la périphérie de la ville de Jaraboulos, 25 chars de bataille de l’armée turque ont fait leur entrée. Dans leur sillage, des éléments des forces spéciales turques, recevaient des combattants vêtus de treillis hétéroclites venus avec armes et bagages des environs. Ces hommes ont la particularité de s’être rasé de près après avoir abandonné des pavillons noirs frappés d’inscriptions en caractères arabes de couleur blanche.

Plus précisément, les combattants de Daech rejoignent l’armée turque en se transformant subitement par la grâce du Saint Esprit en combattants de l’ASL. Cela explique moins l’absence de combats que toute l’arnaque visant à trier les rebelles en factions modérées et radicales. C’est oublier l’extrême versatilité orientale.

L’armée syrienne puis les formations kurdes n’ont jamais réussi à évincer Daech de cette zone frontalière.

Halwanya n’est pas la seule localité occupée par Daech qui est libérée par une armée turque ne pilonnant que des positions kurdes. Ce cas de figure se répète dans toutes les zones frontalières soumises au diktat de Daech. En gros, là où les chars turcs passent, les positions kurdes sont pilonnés et les terroristes de Daech se transforment en combattants de l’ASL « remasterisée » rejoignant en liesse les colonnes turques.

Drôle de guerre.

Au 14e siècle, Ibn Khaldoun soulignait que tout semblant de victoire militaire dépendait de facteurs psychologiques cachés et d’une altération de la perception de l’adversaire. En Syrie septentrionale, nous sommes en face d’une mise en scène.

Extrême Nord de la Syrie: les chars turcs continuent d’affluer…

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Des chars de combat Leopard 2A4 des forces terrestres turques en renfort dans les confins frontaliers syro-turcs. L’intervention de la Turquie dans l’extrême nord de la Syrie vise officiellement à combattre à la fois les YPG kurdes et Daech. Mais l’inconstance d’Ankara et surtout sa versatilité stratégique suscitent la méfiance de Damas et de Téhéran. Pour l’instant, les kurdes à qui on a ordonné d’effectuer un retrait en deçà de la rive gauche de l’Euphrate, évaluent la situation et certains d’entre-eux se sont rapprochés de Damas. Les milices ayant accompagné les chars et les forces spéciales turques n’appartiennent pas à l’Armée syrienne libre (ASL ressucitée à l’occasion) bien qu’ils en revendiquent la dénomination: ce sont des éléments des Loups Gris (groupes ultra-nationalistes de l’extrême droite turque, proche de la mafia) et des syriens réfugiés en Turquie méridionale. Damas a condamné ce qu’il a qualifié de violation de sa souveraineté territoriale par la Turquie. La quatrième division  des forces armées syriennes dont des unités sont déployées dans le gouvernorat d’Alep sera chargé d’évaluer l’évolution de la situation aux frontières.