Vers la fin de guerre au Levant, un autre Printemps Arabe en préparation pour 2017

Le porte-parole du commandement des forces armées syriennes dans leur version 2.0, le général de brigade Samir Suleiman a annoncé que l’armée gouvernementale contrôle 45 à 50% des territoires d’Alep-est. 

L’avancée de l’armée syrienne, soutenue par ses alliés russes et iraniens, dans la province d’Alep, marque le début de la fin d’un long conflit et l’échec définitif de l’une des plus grandes insurrections armées de l’histoire contemporaine.

Les sponsors occidentaux et arabes de la rébellion, y compris dans ses segments classés comme terroristes,  ne veulent toutefois pas accepter la réalité du terrain. Des dizaines de tonnes d’armes et de munitions sont toujours acheminés vers les groupes armés tandis qu’au niveau politique, ils tentent l’impossible pour prolonger le conflit jusqu’au pourrissement total. 

Mais l’Alliance russo-syro-iranienne vient de mettre un terme à l’ensemble de leurs projets. 

C’est la raison pour laquelle on se prépare à une  seconde opération de type printemps arabe, prévue durant le premier trimestre 2017 et visant 5 pays de la région Afrique du Nord et, fait nouveau, du Golfe arabo-persique. 

Syrie: une guerre volante

En Syrie, après une guerre de plus de cinq années, les tankistes sont en train de se reconvertir en pilotes d’hélicoptères d’attaque. 

Amoindrie, usée et réduite par le conflit, l’armée syrienne est en train d’opèrer une mutation: ses unités blindées, pléthoriques avant la guerre, laisseront place à une aviation légère de soutien à l’Armée de terre. Une évolution imposée par la guerre. 

Le frère cadet du président Al-Assad, un tankiste dans la pure tradition de l’esprit de l’arme blindée-cavalerie (ABC) s’est lui même reconverti en pilote. Il aurait mené des raids à bord d’hélicoptères Mi-24 et Mi-35 à Alep. Les syriens notifiaient les Russes à Hmeimim à chaque décollage de son hélicoptère. 

La guerre en Syrie est quasiment terminée. La majeure partie des combats se concentrent désormais à Alep-est où les rebelles sont assiégés ou encore à Idlib, ou persistent des bastions. l’EI demeure à Riqqua. Mais ses capacités de manoeuvre sont très limitées. 

Les Russes effectuent des raids aériens limités pour éviter les critiques de ce que l’on appelle la communauté internationale mais le gros de l’oeuvre est mené avec le concours décisif de forces spéciales au sol. 

Damas espère sinon en finir mais du moins avoir le maximum de cartes à jouer avant le 20 janvier 2017. Les rebelles, toutes factions confondues, n’arrivent plus malgré leur supériorité numérique (3/2) à  s’adapter aux techniques de combat très asymétriques employées par les forces syriennes, les unités du Hezbollah libanais, les Iraniens et les Spetsnaz russes.

C’est dans ces conditions que le Qatar vient d’affirmer qu’il continuera à armer et financer jusqu’au bout  les rebelles, y compris ceux classés comme terroristes. Paris suivra la même politique, histoire d’engranger quelques pétrodollars. Mais rien de plus. 

Téhéran vient d’affirmer la perte de 1000 de ces combattants en Syrie. Un signe qui ne trompe pas: la guerre est bientôt finie. 

Séoul: des émeutes gigantesques ignorées…

Plus d’un million de manifestants, des heurts dignes d’une charge parfaitement synchronisée de guerriers antiques entre civils organisés en phalanges et unités de maintien de l’ordre, de véritables batailles de rue, des individus prennent d’assaut toute une escouade de policiers anti-émeutes…Cela se passe à Séoul, en République de Corée (Corée du Sud) mais les médias du système préfèrent regarder ailleurs.

Aucun mot non plus sur Park Geun-hye, l’actuelle présidente du pays, fille de l’ancien dictateur corrompu Park Cheung-hee, de sinistre mémoire.

Motus également quand il s’agit du Traité commercial que Séoul a conclu avec Washington, sujet qui a provoqué une véritable explosion de colère au sein des populations coréennes.

Vous croyez encore au journalisme?  Si c’est le cas, je vous conseille une petite balade ces temps-ci près du City Hall de Séoul. Malheur à vous si les gens vous prennent pour un Yankee…

 

Syrie: Al-Assad aurait rencontré le Chef du Hezbollah sur le terrain…

Selon le journal libanais Al-Dyar, le président syrien Bashar Al-Assad aurait rencontré le Secrétaire Général du Hezbollah libanais sous une tente camouflée dans un lieu ultrasecret en Syrie, à 10 kilomètres d’un site où des forces spéciales syriennes et des unités d’élite du Hezbollah menaient une operation de diversion très élaborée. 

Selon la même source, rien n’a filtré de cette rencontre. 

Les méthodes de combat du Hezbollah dont une unité a réussi à tenir seule à Alep-est alors qu’elle était prise au piège entre le noyau dur de  l’Armée du Levant et d’impressionnants renforts rebelles venus d’Idleb suscitent la curiosité des écoles militaires russes et chinoises.

La marine russe en Syrie jusqu’en 2065

La Fédération Russie est en phase de négociations tres avancée avec la République arabe de Syrie pour l’établissement d’une base navale sur le littoral syrien pour une durée de 49 ans, soit jusqu’en 2065. 

Cette base accueillera de groupes de bâtiments de surface mais surtout des submersibles nucléaires russes. 

Des images satellite ont déjà décelé de grands travaux de réaménagement au niveau de la base navale de Tartous. Les russes évoquent une remise à niveau des installations mais personne n’est en mesure de savoir avec exactitude ce que les militaires russes veulent installer en Syrie.  

De la démocratie en Libye

Les combats enragés ayant ensanglanté la semaine dernière la localité désertique de Sebha, au coeur du grand désert libyen, n’ont pas ému grand monde. Peu de médias s’y sont intéressés et pourtant, l’intensité des combats de rue, l’ampleur des moyens employés par les belligérants et le casus belli auraient dû ameuter un Bernard Henry Lévy en manque de publicité. Il n’en a rien été. 

Que s’est-il passé à Sebha ? 

Une bande de jeunes s’amusait avec un singe près d’une échoppe lorsque ce dernier sauta sur des écolières de passage, enlevant à l’une d’elles son couvre-chef. Cela aurait pu s’arrêter là. 

Un proche de la gamine est allé discuter avec le jeune propriétaire du singe. L’animal est déchiqueté par une rafale de fusil automatique. Son propriétaire aussi. Ainsi que deux de ses amis. Il se trouve que le tireur appartient aux Béni Slimane et les victimes aux Gedadfa, les deux plus puissantes milices armées de la region. Le singe, lui, n’a rien demandé. 

Une expédition punitive pour venger les trois jeunes hommes abattus est montée. Le tireur est touché par un sniper. Des combats à l’arme automatique et à la roquette antichar éclatent un peu partout. En peu de temps, des secteurs entiers de la ville sont sous un déluge d’obus et de roquettes. Les Gedadfa reçoivent des chars en renfort; leur adversaires des pièces d’artillerie…  Au premier jour, les services hospitaliers ont denombré plus de 21 morts et 187 blessés.  Les appels au calme des comités des sages ne sont pas entendus. L’un deux échappe de justesse a un tir de canon sans recul. 

Le bilan s’alourdit. On s’entre-tue dans les confins perdus du désert le plus chaud de la planète. 

Les médias occidentaux passent l’info sous silence. Après tout, c’est ça aussi la démocratie promise aux libyens. 

Personne non plus pour s’émouvoir du sort d’un petit macaque pulvérisé par une cinquantaine de balles de calibre 7.62×39 d’un RPD…

Une belle leçon de démocratie et d’humanité. Pendant ce temps, on pompe bien le brut libyen…

 

Le jour où le monde a basculé…

Dans le mythe Babylonien de Gilgamech, le littoral méditérranéen du Levant y est décrit comme le théâtre d’une guerre continuelle, interminable, longue et complexe. Un mythe est presque toujours fondée sur un semblant de vérité ancienne, déformée par le temps et l’imagination des hommes.

Sans remonter aussi loin dans l’histoire, du moins celle que l’on croit connaître, il n’y a qu’a constater la persistence des conflits dans cette région strategique du monde : le conflit israélo-palestinien entame sa septième décennie ; un peu plus au nord, la guerre civile libanaise a duré de 1975 jusqu’en 1989. Enfin, la guerre en Syrie est en passe de dépasser, de par sa durée, la seconde guerre mondiale (1939-1945)…

Ce n’est pas un hasard si, à Damas, cette guerre a toujours été présentée comme un conflit mondial. Mais toute proportion gardée, cette guerre déclenchée dans le cadre d’une grande opération hybride mêlant l’ingénierie sociale par le chaos à l’action de forces spéciales formant et appuyant une insurrection armée, n’a pas abouti au résultat escompté, lequel aurait plus contribué à un chaos encore plus grand qu’à un semblant de stabilité. C’est par le chemin de Damas que la Russie est revenue en force sur l’arène des grandes puissances, à coup de missiles de croisière Kaliber et Onyx.

C’est sur les décombres des villes syriennes, sous les yeux de soldats terrorisés par la catastrophe irakienne qu’a sombré toute la politique américaine au Proche et Moyen-Orient.

C’est en Syrie que le destin du monde, tel qu’il a été conçu à Yalta en 1945 et non pas après la chute de l’Union Soviétique, a définitivement basculé.

Du déclin de l’art militaire

L’art de la guerre ou la science militaire sont en net déclin. Sinon personne n’aurait jamais pensé à recourir à des systèmes d’armes partiellement ou même totalement autonomes sur un champ de bataille sans réels points de repères. 

L’usage de robots de combat par des forces spéciales US à Mossoul n’a pas forcé le sort des armes. Pis, ces engins à la forme étrange sont passés sous le feu quasiment inapercus. En témoigne l’histoire de ce sniper retranché dans une maison abandonnée. Il aura fallu recourir à des frappes aériennes et d’artillerie pour l’en déloger. 

La lente progression de l’offensive de Mossoul ne peut s’expliquer uniquement par des motivations politiques sous-jacentes tentant d’exploiter l’épouvantail adverse pour de sordides calculs de basse politique. Il faut finir par reconnaître le déclin de l’art militaire. 

La guérilla n’est plus ce qu’elle était. Les armées professionnelles aussi. Il n’y a qu’à voir ce qui ce passe à Mossoul ou à Alep pour s’en convaincre. 

Who’s Afraid of Donald Trump?

« They don’t want Trump as president, because they can’t control him. He’s unpredictable. They’d love to have Pence, an absolutely down-the-line, conservative, controllable Republican. And I’m quite certain Trump will give someone grounds for impeachment, either by doing something that endangers national security or because it helps his pocketbook. »

Allan Lichtman

« Because they can’t control him… »

But wait…Who’s afraid of Donald Trump?

Those who pushed the invasion of Iraq, the progressive Jews, Netanyahu, the hysterical and grotesque Prime minister of Israel, Saudi Arabia royal family, the banksters, those who wanted Libya war, those who helped terrorists in Syria and elswhere, the French socialists, the Israeli ops behind Pegida movements, the fake feminist movements, the Muslim Brotherhood (the Islamic wing of the freemasonry), The eurocrats, Daesh, and the list is open.

 

 

 

Alep: une nouvelle attaque au chlore vise les troupes loyalistes

Si l’on se réfère à un communiqué officiel émanant du haut commandement militaire syrien, les groupes terroristes retranchés dans la partie Est d’Alep ont une nouvelle fois utilisé des gaz toxiques afin de repousser les forces loyalistes.

Substance toxique utilisée: le Chlore.

Vecteur: obus de mortier.

Zone affectée: Nayreb et sa périphérie. Bilan: le communiqué, aseptisé, évoque des dizaines de victimes civiles et militaires. Sans plus de précisions.

Pour l’armée syrienne, cette attaque intervient après les lourdes pertes infligées aux terroristes au Sud et à l’Ouest d’Alep et par dessus tout l’échec de leurs tentatives visant à briser l’étau autour des quartiers d’Alep-Est, où sont retranchés les groupes armés.

D’après des informations à la disposition de certaines organisations internationales, les groupes rebelles ont pris possession de près de 400 tonnes de chlore après la capture de sites industriels. Le chlore est une substance chimique dangereuse: dans son état gazeux, il irrite le système respiratoire et les muqueuses en induisant des bronchites asmathiques. Dans son état liquide, le chlore brûle la peau.

 

Hommage: Malek Chebel, un grand intellectuel s’en va…

Malek Chebel, né le 23 avril 1953 à Skikda (ex-philippeville, Algérie) et décédé le 12 novembre 2016 à Paris. Anthropologue, philosophe, islamologue et intellectuel d’une grande érudition. Partisan d’une vision élargie et lumineuse de l’Islam, sa disparition est une perte significative pour le savoir universel.

« Les rois jugent la terre, et les sages jugent les rois » Proverbe Algérien.

Alep: Échec de l’opération rebelle visant à briser le blocus

Les forces syriennes et les milices alliées ont mis en échec, non sans d’extrêmes difficultés, à l’opération que Jeich Fath Al-Sham (Armée de conquête du Levant, nouvelle dénomination du Front Nosra) avait lancé le 27 octobre dernier pour l’occupation d’Alep-Ouest. 

Baptisée « La Grande Épopée d’Alep » (  ملحمة حلب الكبرى ), cette opération visait l’occupation de la partie Ouest de la province d’Alep et la capture de l’Académie de guerre. 

Les unités de l’armée syrienne et les milices alliées avaient perdu les localités de Minyane puis celle éminemment stratégique de Dahiet Al-Assad, toutes deux situées à l’Ouest des quartiers d’Alep sous contrôle gouvernemental lors d’un choc initial. 

L’objectif des forces terroristes (elles se sont structurées  en unités militaires similaires par leur organisation à des brigades compactes dotées d’une mobilité supérieure à celle de l’armée syrienne, pourtant allégée) consiste à briser le blocus gouvernemental autour de la partie Est d’Alep sous contrôle rebelle et de pousser vers l’Ouest afin de faire jonction avec les dernières forces rebelles opérant à l’extrême nord de la province de Lattaquié, adossées à une frontière turque plus qu’incertaine. 

Cependant, à l’aide de l’artillerie lourde et surtout des frappes combinées de l’aviation russe et syrienne, les troupes loyalistes avaient réussi à reprendre l’initiative et repousser l’assaut rebelle. Minyane est reprise le 09 novembre et le lendemain, les unités loyalistes se frayaient un passage à Dahiet Al-Assad, face à des troupes rebelles désorganisées et en déroute. C’est à partir de Dahiet Al-Assad que les troupes loyalistes ont lancé une offensive pour reprendre Rachidine, dernier bastion des rebelles à l’Ouest d’Alep. 

C’est ainsi que prend fin la dernière grande opération rebelle à Alep sous la présidence de Barack Obama. L’élection de Donald Trump à la presidence des USA n’est pas du tout appréciée dans le camp terroriste et c’est le moins que l’on puisse dire. 

Les pertes sont lourdes: d’après diverses estimations, elles varient entre 201 à 2500 tués, côté rebelles. Entre 143 et 400 tués du côté gouvernemental. 

Alep, seconde métropole de Syrie constitue l’un des plus grands enjeux de la guerre au Levant.

La Haye: un forcing chimique…

Une nouvelle joute entre Moscou et Washington se joue aujourd’hui, un vendredi, à La Haye, Pays-Bas.

Terrain de jeu : le Conseil exécutif de l’Organisation sur l’Interdiction des Armes Chimiques ou l’OPCW (Organization for the Prohibition of Chemical Weapons).

Enjeu : l’usage présumé d’armes chimiques toxiques dans la guerre en cours en Syrie.

Résultat : Blocage tout azimuts malgré un forcing acharné et ce dernier terme est vraiment faible, des deux côtés.

En se basant sur les conclusions-fort contestées-du Mécanisme d’enquête conjoint (Joint Investigation Mechanism ou JIM) mis en place par le Conseil de Sécuité et l’OIAC, lesquelles font état de l’implication des forces armées syriennes dans trois incidents où des armes toxiques auraient été utilisées, Washington a non seulement présenté un projet de décision musclé au Conseil exécutif de l’OIAC mais a tenté un passage en force balayant toutes les procédures usuelles de cette organisation afin de condamner la Syrie pour violation flagrante de la Convention sur les armes chimiques dont elle est un Etat partie.

C’était compter sans la levée de bouclier russe. Moscou a présenté un contre-projet d’urgence tout en contestant dans le fond et dans la forme les conclusion des rapports du Mécanisme d’enquête conjoint ONU-OIAC. Un échange de bons procédés ayant abouti à un blocage puis une motion pour l’ajournement de deux semaines des travaux du Conseil.

Deux semaines de report. En coulisses, c’est la frénésie. Non, pire. Washington envoie tous ses alliés à l’assaut. Le Canada en tête, avec l’excès de zèle et l’arrogance en plus. Fin de non recevoir de la part de la plupart des pays émergeants. Mais pour qui se prennent-ils donc ces canadiens ?

Les britanniques, beaucoup plus professionnels et expérimentés obtiennent un succès relatif mais personne n’est dupe, à commencer par les britanniques eux-mêmes, qui semblent de moins en moins enthousiastes à sous-traiter pour les américains.

Pour leur part les français tentent de ménager la chèvre (génétiquement modifiée en bouc transexuel) et le chou (définitivement pas celui de Bruxelles). On les comprends à peine. Sous pression de la part de certains pays arabes du Golfe arabo-persique dont l’obssession à se débarrasser du régime syrien a viré en une sorte de pathologie psychiatrique, Paris veut à la fois faire du suivisme atlantiste tout en tenant à s’y distinguer, par exemple en paraissant plus royaliste que le roi d’Arabie ou plus sioniste que Lieberman . Exercice étrange que personne n’a réussi à comprendre. Bref, ils ont été assez intelligents pour ne pas allez en première ligne.

C’est finalement les espagnols qui iront au feu.

Avec l’appui du Pérou et du Chili, excusez du peu, l’Espagne a présenté un nouveau projet de réolution un peu plus edulcoré que le projet US. Il n’y est plus question de condamner explicitement la République arabe syrienne pour l’usage d’armes chimiques mais le texte s’inscrit dans la même logique. Il évoque l’usage par l’armée syrienne et l’organisation terroriste connue sous l’acronyme de Daech d’armes chimiques et appelle à l’extension des procédures d’inspection et de vérification à des installations terrestres et aériennes syriennes (on comprends la colère du délégué syrien dont le teint a viré au rouge plus d’une fois…). Mais tenez-vous bien, parmi ces installations il est fait mention entre autres d’un centre de recherches scientifiques à Jaraya. Cela ne vous ditt plus rien ? Bien. Ce centre a été la cible de plus d’une dizainede pilonnages par les rebelles et surtout de deux raids aériens menés par l’aviation israélienne. Or, maintenant, il est mentionné sur la liste des sites à inspecter, faute de quoi, on passe au Chapitre VI de la Charte des Nations unies et on monte une coalition…Bref on connaît la suite. Cela ne marche plus.

Washington retire son projet et soutient le projet espagnol. Les britanniques un peu moins. Ils affirment le soutenir à contre-coeur vu que le texte ne les satisfait guère. Les Allemands se vantent de leur rôle dans l’élimination des armes chimiques en…Libye ! (Diantre ! Des obus toxiques ont bien été échangés à coups de mortier dans des combats intertribaux dans ce pays bien après la chute de l’ancien régime et cela n’a jamais constitué un « Précédant ») Les français font du lobbying en sa faveur mais sans trop se mouiller (on ne sait jamais par les temps qui courent)…L’objectif des américains et d’éviter les votes neutres (l’abstention) car pour eux, une abstention equivaudrait à un NON à l’avantage des russes. Cela explique leur campagne acharnée auprès des pays du G77, allant jusqu’à leur demander ce qu’il y a lieu de faire pour qu’ils votent en faveur du projet espagnol.

Pauvre OIAC ! Voilà l’exemple type d’une Organisation internationale prise au piège d’un conflit très polarisé.

Or c’est aujourd’hui que se tiendra le vote de ce projet de résolution présenté par l’Espagne. Bon, on connait déjà qui votera en faveur du texte. Ainsi que ceux qui voteront contre. Cependant, le véritable enjeu est l’abstention. Certains pays comme l’Afrique du Sud et l’Inde s’abstiendront. Position probablement suivie par une partie non négligeable des pays du G77.

Le problème est qu’en principe c’est au Conseil de Sécurité de l’Onu de se prononcer d’abord sur les conclusion du JIM mais comme on sait que toute discussion au sein du Conseil verra l’usage d’au moins deux vétos, c’est au sein du Conseil exécutif de l’OIAC à La Haye que Washington et Moscou tentent leurs chances. Cet épisode prélude d’autres joutes au niveau d’autres instances internationales.

Comment voter « Non » aux armes nucléaires 

Les États-Unis viennent de faire rejeter —par leurs alliés au sein du Premier comité de l’Assemblée générale de l’Onu— une proposition visant à l’élimination totale des armes nucléaires. Cependant, il est possible pour les États abritant illégalement des bombes atomiques états-uniennes d’en exiger leur retrait de leur territoire en application de l’article 2 du Traité de non-prolifération.

« Merci, président Obama. L’Italie va continuer avec une grande détermination son engagement pour la sécurité nucléaire » : c’est ce qu’écrivait le Premier ministre Matteo Renzi dans un message tweeter historique. Six mois après, aux Nations Unies, Renzi a voté « Oui » aux armes nucléaires. Se mettant à la queue des USA, le gouvernement italien s’est rangé contre la Résolution, approuvée à grande majorité dans le premier comité de l’Assemblée générale, qui demande la convocation en 2017 d’une conférence des Nations Unies pour « négocier un outil légalement contraignant pour la prohibition des armes nucléaires, qui amène à leur élimination totale ».

Le gouvernement italien a ainsi mangé son chapeau sur ce qu’il avait promis à la Conférence de Vienne, il y a deux ans, aux mouvements antinucléaires « exigeants », en les assurant de sa volonté d’opérer pour le désarmement nucléaire en jouant un « rôle de médiation avec patience et diplomatie ». Ainsi tombe dans le vide l’appel « Exigeons le désarmement nucléaire total », dans lequel on demande au gouvernement « la poursuite cohérente de l’engagement et de la lutte pour la mise au ban des armes nucléaires », dans un parcours « humanitaire et juridique vers le désarmement nucléaire », dans lequel l’Italie pourrait jouer « un rôle plus qu’actif, possiblement de pointe ».
Par conséquence tombent dans le vide aussi les motions parlementaires de la même teneur. Les appels génériques au désarmement nucléaire sont facilement instrumentalisables : il suffit de penser que le président des USA, artisan d’un ré-armement nucléaire de 1 000 milliards de dollars, a été décoré du Prix Nobel de la Paix pour « sa vision d’un monde libéré des armes nucléaires ».
Le mode concret à travers lequel en Italie nous pouvons contribuer à l’objectif du désarmement nucléaire, énoncé dans la Résolution des Nations Unies, est celui de libérer notre pays des armes nucléaires états-uniennes. À cette fin il faut non pas en appeler au gouvernement, mais exiger qu’il respecte le Traité de non-prolifération (TNP), signé et ratifié par l’Italie, qui à l’article 2 stipule : « Chacun des États militairement non nucléaires, qui soit Partie au Traité, s’engage à ne pas recevoir de quiconque des armes nucléaires ou autres engins nucléaires explosifs, ni le contrôle sur de telles armes et engins explosifs, directement ou indirectement ». On doit exiger que l’Italie cesse de violer le TNP et demande aux États-Unis de retirer immédiatement toutes leurs armes nucléaires de notre territoire et de ne pas y installer les nouvelles bombes B61-12, fer de lance de l’escalade nucléaire USA/Otan contre la Russie, ni d’autres armes nucléaires. Il faut exiger que des pilotes italiens ne soient plus entraînés à l’utilisation d’armes nucléaires sous commandement états-unien.

C’est l’objectif de la campagne lancée par le Comité No Guerra, No Nato et d’autres sujet. La campagne a obtenu un premier résultat important : le 26 octobre, au Conseil Régional de la Toscane, a été approuvée à la majorité une motion du groupe Sì Toscana a Sinistra (Oui, Toscane à gauche) qui « engage la Junte à demander au Gouvernement de respecter le Traité de non-prolifération des armes nucléaires et faire que les État-Unis retirent immédiatement toute arme nucléaire du territoire italien et renoncent à y installer les nouvelles bombes B61-12 et autres armes nucléaires ». À travers ces initiatives et d’autres on peut créer un vaste front qui, avec une forte mobilisation, impose au gouvernement le respect du Traité de non-prolifération.

Il y a six mois nous demandions sur les pages du Manifesto s’il y avait quelqu’un au Parlement disposé à exiger, sur la base du TNP, le retrait immédiat de l’Italie des armes nucléaires états-uniennes. Nous sommes encore en attente de la réponse.

Manlio Dinucci (Il Manifesto)

Traduit par Marie-Ange Patrizio et publié en sa version fr par Voltairenet. Lien direct à l’article ici.